Titre Original: Never Alone, Never Again

Titre français : Plus jamais seul, plus jamais

Auteur : Bored Beyond Belief

Bêta traductrice : Essaidel

Bêta correctrice : Liselou

Chapitre traduit par : Patmolcornedrue

Rating : T

État de la fic original : Fini (42 chapitre)

État de la fic en français : 34 ; Traduit : 38 à 41 ; En cours : 37, 42

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Nous avons l'accord de l'auteur

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& note d'Onarluca &

Voilà enfin la suite de cette fic, ce fut difficile, elle était devenue maudit, ce chap je l'ai donné à 4 traductrices différentes :

L'une à disparu sans rien dire.

Une autre a décidé de m'informer qu'elle ne traduirait pas le chap au moment ou elle devait me rendre le chap.

La troisième à tout laissé tombé pour aller au japon, bien sûre plusieurs jour après que normalement elle aurait du me rendre le chap.

Et enfin notre sauveuse Patmolcornedrue qui est là depuis presque le début du groupe et qui nous à sauver un nombre incalculable de fois. Merci ma toute belle.

Aujourd'hui je vous mets un chapitre de cette fic car c'est elle qui a remporté le vote/nombre de review's/messages

Il y a 2 autres chapitre de prêt après ce chap, après faudra attendre septembre pour lire la suite.

& fin de note d'Onarluca &

Bonne lecture et à demain pour …. À vous de voter !!!!!

Eni et Onarluca

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Chapitre 34

Arthur était profondément reconnaissant du fait que les membres les plus vulnérables de sa famille soient de retour à Poudlard, en sécurité, aux bons soins de Dumbledore. L'enfer était sur le point de voir le jour, et la dernière chose qu'il souhaitait était bien que le Terrier, et plus particulièrement ses enfants, ait été tous en danger tandis qu'il préparait une insurrection contre le ministère de la magie. Il leurs avait assuré qu'ils auraient toujours une maison où revenir. Mais il avait été particulièrement difficile de convaincre Ron de retourner à l'école. Cependant, lorsque Molly avait précisé toutes les chances pour Harry de finir par être ramené à l'infirmerie, il s'était montré plus coopératif. Poudlard pourrait bien être la dernière barrière s'élevant contre le ministère, si les choses ne se passaient pas bien…

« Molly, je t'en prie… Je me sentirais bien mieux si tu allais rendre visite à tes parents, jusqu'à ce que nous en ayons fini » dit Arthur, tandis qu'il sentait une tasse de thé se glisser entre ses mains. Il regarda ses doigts forts et calleux, mais n'osa pas la regarder dans les yeux. Il savait ce qu'il y verrait.

Il était toujours sous le choc des dernières instructions que Dumbledore lui avait donné. Il est temps. Maintenant. Toutes vos préparations, tout le subterfuge, la planification… Vous avez les pièces du puzzle. Êtes-vous prêt à mener une rébellion ouverte contre les personnes mêmes pour qui vous avez travaillées durement pendant toutes ces années ?

Arthur connaissait déjà la réponse, bien avant que la question ne lui fut posée. Naturellement je le suis… Comme cela avait été aisé, dernièrement, de jeter aux oubliettes toutes ses croyances en la moralité, en ce qui n'est véritablement ''juste '', et non pas faire tout de façon facile.

Pauvre Harry… Tout ce pour quoi il s'était battu pour le construire, n'aurait pu être sacrifié pour une seule vie, jusqu'à Harry, et Arthur savait que cela compterait probablement le jour où il devrait expliquer ses choix à ses enfants. Mais il ne devait pas penser à cela, ou même à Harry pour le moment. Le destin d'Harry repose entre les mains de Dumbledore. Le destin du ministère repose entre les miennes, pensa Arthur, conscient de l'ironie du sort.

Molly fit doucement courir ses doigts le long de sa nuque, brossant les quelques cheveux qui s'y trouvaient. Il ferma les yeux un instant, laissant ces mains chaudes apaiser ses craintes, temporairement, tandis qu'il la voyait en pensée essayer de coiffer ses cheveux comme elle l'entendait, essayant de le faire ressembler à quelque chose pour une fois.

« Je ne vais nulle part, chéri. Je resterai en dehors de ton chemin, mais tu ne me laisseras pas en arrière » dit-elle simplement. Il hocha la tête, s'inclinant. Cela valait mieux que de l'y contraindre. Elle laissa ses bras glisser autour de son cou puis vint y enfouir son visage, son souffle chaud caressant son menton.

Elle lui avait toujours semblé si forte. Cela faisait si longtemps que Ginny était née… Il les avait presque perdues toutes les deux. La terreur de cette terrible nuit s'était évanouie, elle ne restait plus qu'un lointain écho, dernièrement ravivé lors de l'attaque du Terrier par les Aurors, lorsqu'il l'avait vue… Ne penses pas à cela pour le moment, Arthur. Il l'aimait et détestait qu'elle insiste pour rester à ses côtés. Il n'y avait rien d'autre qu'il aurait souhaité avoir, mais déjà…

« Tu peux le faire Arthur. Tu le sais » dit doucement Molly, se redressant et l'embrassant sur la joue. Doucement elle écarta ses bras et repartit de nouveau vers la cuisine, où les parfums qui s'y répandaient n'avaient pour une fois rien à voir avec de la nourriture, mais tout avec des effluves de potions. Potions curatives. Arthur priait pour qu'il n'en ait pas besoin, puis s'appuyant sur la chaise, il posa un genou à terre, près de la cheminée. Il avait déjà envoyé Percy au ministère. Au travail le plus tôt possible, comme d'habitude, pour ne soulever aucun soupçon.

Arthur fit courir sa main dans ses cheveux… essayant de garder un minimum de dignité comme toujours. Et pas pour ressembler à un de ces coqs en pâtes du ministère, mais pour inspirer confiance à ses troupes… et profitant juste de ces derniers instants, son cœur battant fort contre sa poitrine, sa bouche sèche. Cela se produit vraiment.

Les premières pièces du puzzle étaient déjà en place. L'assaut contre la Division Draconienne avait exigé un effort de coordination entre les moldus et les sorciers.

« Des hommes vêtus de longues robes et munis de bâtons pointus ne vont pas inspirer beaucoup de respect aux moldus, qu'importe la réalité » les avait informés Ellis de manière désabusée. Ellis, une des mystérieuses connaissances de Remus Lupin, avait été d'un aide précieuse, soutenant Arthur, l'aidant à se démêler des manigances de Fudge depuis qu'il était devenu ministre, et même avant.

C'était une véritable conspiration, totalement démesurée, telle qu'Arthur n'en avait jamais pris conscience durant ces trois dernières années. Il avait été aveugle, complètement, et l'ironie du sort est que c'était Arthur lui-même qui avait insisté pour attendre d'avoir des preuves évidentes à rassembler contre Cornélius Fudge.

C'était une recherche qui coulait de source, étant donné son rôle au ministère : « contrôle des détournements de l'usage de la magie ». Et aussi par son rôle d'homme de confiance dans l'organisation secrète de Dumbledore, l'Ordre du Phoenix. Comment Fudge avait pu avoir vent de l'enquête, Arthur n'en avait toujours pas la moindre idée. Mais une campagne de calomnies conçue pour diffamer Arthur à chaque étape avait commencé à voir le jour, et tout semblait indiquer qu'elle venait de Fudge. À plusieurs reprises il avait essayé de briser la crédibilité d'Arthur et de l'expulser du ministère avant que ses recherches n'aboutissent. Et il a presque réussi…

Arthur ne pouvait pas plus se rappeler quand « exactement » une petite voix ressemblant fortement à celle de Dumbledore, l'avait incité à commencer à s'interroger sur les agissements de Fudge… Quelque chose d'insignifiant, sans aucun doute, et n'ayant aucun rapport avec le reste… Une légère plainte au sujet d'une perte constante d'objet ayant un rapport avec Grindelwald, et des inquiétudes exprimées concernant les pauvres âmes qui trouveraient par la suite ces objets.

Naturellement les vols avaient tracassé Dumbledore. En tant qu'homme qui avait défait Grindelwald, Dumbledore était fort averti des pouvoirs du sorcier sombre. Une conversation vide de sens… Stupéfiant où cela m'a mené. Dumbledore n'avait alors rien sous-entendu, mais l'entretien avait planté une petite graine dans l'esprit d'Arthur… Mais l'essence même du problème n'était-il pas là ? Quelque chose d'autre avait dû intervenir, quelque chose que son esprit avait alors ignoré, l'écartant de ses pensées.

Tout ce dont Arthur se souvenait, c'était du grand nombre de disparitions d'objets de l'inventaire qui avaient coïncidé avec la légère plainte de Fudge au sujet de Grindelwald. Personne n'avait jamais fait le lien sur ces sujets à l'époque, mais Arthur l'avait remarqué, l'écartant de sa mémoire comme par hasard. Il avait même fait un commentaire sec à Molly au sujet de Fudge prenant des objets du ministère avec lui pour se porter chance.

Les objets maudits n'ont jamais refait surface dans la communauté sorcière, mais Arthur avait commencé à entendre des rumeurs soupçonneuses déclarant que certains des objets pourraient bien fonctionner de manière inattendue dans le monde moldu. Naturellement, il était le mieux placé pour étudier la question. Tout ce dont il avait besoin, c'était quelqu'un qui pourrait l'aider à se fondre dans le monde moldu, pour étudier les rumeurs, et ce qu'elles pouvaient bien cacher. Dumbledore avait envoyé Arthur voir Remus Lupin.

Remus s'était avéré avoir un panel intéressant « d'associés » à sa disposition. Des gens qui pouvaient rassembler un grand nombre de données sur les moldus avec un minimum d'informations préalables. Des gens qui avaient refusé de dévoiler leurs sources, ou même de parler de ce qu'ils avaient découvert des « rumeurs » dans le monde moldu. Après que cinq des objets de Grindelwald aient été récupérés avec succès, Arthur avait commencé à avoir des « troubles de la mémoire » effrayants, sur la manière dont ces objets avaient été acquis. Il avait alors embrassé l'idée des sortilèges de mémoires, l'arme de prédilection de Fudge pour régler les problèmes, et avait commencé à voir le jour d'une conspiration.

Fudge avait fait un pas en avant dans son rôle de ministre, comme tous les précédents ministres avant lui ; il avait nettoyé le ministère, et remplacé toutes les positions principales par des hommes de son choix. Des gens qui de toute évidence n'auraient rien contre l'idée d'utiliser les moyens professionnels mis à leur disposition pour résoudre des problèmes plus personnels.

« Ellis a-t-elle relevé des décès sans cause évidente ? » avait poliment demandé Remus lorsqu'Arthur avait mentionné ses soupçons au sujet des objets maudits. La logique de Remus l'avait alors terrifié. « C'est à creuser. Si tu suspectes Fudge d'utiliser des sortilèges pour camoufler certaines choses, après tout quels sorts, autres que les sorts de mémoires, pourrait-il bien utiliser ? Quels sont les sorts les plus simples à détourner de leur utilisation première, de manière suffisamment ambiguë pour ne pas alerter la documentation de contrôle ? Les objets maudits sont des choses rusées. Mais les sorts de mémoire sont plus terribles encore. Si Fudge fait en sorte que les uns agissent par rapport aux autres dans le monde moldu, en distribuant des objets dangereux, quel en ait la raison ? » l'avait interrogé Remus.

« Il n'a jamais été excessivement fan des moldus » lui avait répondu Arthur. Il avait vu le mépris de Fudge pour la plupart des moldus immédiatement, alors que Fudge n'était encore qu'un tout jeune membre du ministère, au département des catastrophes magiques. Remus avait hoché la tête.

« Aussi il ne s'inquiète pas de savoir si les moldus sont blessés par ce qu'il leur donne. Mais pourquoi le fait-il ? Amusement ? Pouvoir ? » l'avait questionné Remus.

« Cela semble peu probable. Il occupe le plus au poste du ministère de la magie. Je ne vois pas ce que le monde moldu pourrait lui offrir qu'il ne puisse déjà avoir ici » avait observé Arthur.

« Que penses-tu de la richesse ? » avait proposé Remus. C'était une bonne possibilité. Arthur commençait bien à voir la cupidité de Fudge. Il était totalement capable de se « rabaisser » au niveau des moldus tout en s'arrangeant pour devenir de plus en plus riche qu'eux. Il avait également cette réputation d'ajuster ses opinions en fonction des revenus de la personne en face de lui, allant jusqu'à sucer jusqu'à la moelle les sorciers et sorcières qui en avaient les moyens et les besoins plus que douteux. En particulier auprès de Lucius Malfoy.

Ellis s'était montrée efficace sur tous les domaines. Et bientôt un nombre choquant et récent de décès politique du côté moldu avait commencé à apparaître. La phrase : « il est mort paisiblement dans son sommeil » avait pris une nouvelle et surtout sinistre signification, la plupart des suspects ayant commencé à travailler à partir de la nomination de Fudge en tant que ministre. » Plus Ellis et ses associés poursuivaient les recherches, plus les pièces du puzzle semblaient parfaitement s'emboîter entre les « tués » et les individus qui avaient donnés les objets maudits de Grindelwald.

Malheureusement, il n'y avait aucun corps '' frais '' afin de rechercher une trace de magie noire. Et aucun des suspects n'avait rattaché Fudge à tout cela. Tout n'était toujours que suppositions et spéculations. Comme tout semble toujours l'être. L'homme est aussi glissant qu'une anguille. Bien que discrètes, les propres enquêtes d'Arthur n'avaient indiqué aucune trace d'activité étrange au niveau d'aucuns comptes de Fudge à Gringotts et au sein du ministère. Il était évident qu'il y avait deux camps : les fidèles qui s'esquivaient et les terrifiés par l'homme.

« Que tu ne trouves rien de concret ne signifie rien Arthur. Il s'avère simplement que Fudge n'emploie pas Gringotts dans ses affaires. Il semble raisonnable qu'il n'essaye pas de cacher l'argent qu'il tire des moldus dans une banque sorcière. Mais plutôt à l'abri de tout public. Mettons Ellis sur la piste, allons voir du côté des comptes bancaires moldus » avait suggéré Remus.

Il s'est avéré que Remus s'en était chargé lui-même, ce qui avait intrigué Arthur. Remus semblait participer beaucoup plus à la vie des moldus que la plupart des sorciers ne le faisaient. L'ancien professeur avait par le passé admis qu'être un banni de la société l'avait également rendu capable de traverser les mondes magique et moldu, car il n'était membre de ni l'un ni l'autre.

Ils avaient bientôt appris ce que faisait Fudge des comptes des moldus. Evidemment juste quelques uns d'entre eux. Mais comme toujours, qu'avait montré les enquêtes d'Arthur ? Spéculation, incrimination, mais de toute évidence non inexplicables. Rien de concret. L'enquête d'Arthur au sujet du vol et de l'abus des objets maudits était devenue un possible abus de pouvoir dans le département d'intervention magique accidentelle, mais c'était toujours presque inutile face au manque de preuves irréfutables.

« Bien. Changeons de direction vis-à-vis de notre cheminement d'enquête. Les comptes bancaires ne nous indiquent rien. Aussi je suppose que les prochaines questions devraient être : les moldus sont morts de ce que nous supposons être un massacre par les objets maudits. Qui a fait ce massacre ? Fudge lui-même ou l'un de ses sous-fifres ? Est-ce un employé du ministère ? Et si oui, comment ? » lui avait murmuré Remus alors qu'il était au bord de la déprime. Cela avait eu lieu tout récemment. Juste au début de l'été.

Et la réponse avait été brusquement évidente. Qui au sein du ministère avait les mains relativement libres pour faire ce qui était nécessaire ? Qui n'avait jamais eue à s'inquiéter des objets maudits et des enquêtes ? Qui était parfaitement équipé pour le faire et pratiquer tous les Impardonnables, et était même autorisé à le faire ? Autorisé à tuer ?

Si les décès mystérieux étaient en effet faits par des sorciers qui avaient probablement transplanés et utilisés la malédiction des objets sur leurs victimes durant leur sommeil…qui avait été formé à la discrétion et était suffisamment adroit pour agir indépendamment des services d'autorité ? … Des responsables ayant sauvés trois individus… dont un étant le ministre de la magie lui-même ? Les langues de plomb.

Malheureusement, il n'avait rien pu prouver. La seule spéculation qu'Arthur avait pu faire était que le niveau de conspiration et de corruption au ministère n'avait jamais été aussi élevé. C'était devenu sans précédent. Et puis ce n'était qu'un lointain et minuscule rapport de vol. Comment relier cela au fait que Fudge était en train de donner des objets maudits à de simples moldus… Comment ? Il n'en n'avait aucune idée, jusqu'à ce qu'il tombe sur les premières photos qui furent publiées, les unes après les autres, de Fudge et Lucius Malfoy. Et là Arthur avait eu sa réponse. « Évidemment ! » Lucius Malfoy ne pouvait qu'être impliqué vu qu'il ne s'agissait que d'exploitation, de corruption et de meurtre sur des moldus. Bâtard.

Lucius Malfoy… Arthur senti ses lèvres se courber en un rictus mauvais rien qu'en pensant à lui. Dans le meilleur des cas, même si c'était peu probable, il n'aurait pu y être relié que dans le but de limiter les dégâts causés à la société moldue. Un monstre qui a les nerfs assez solides pour essayer les objets par lui-même sur un autre être humain. Le rapport nouvellement trouvé avec le ministre Fudge expliquait sans doute pourquoi Malfoy avait choisi de viser Ginny avec ce maudit journal intime deux ans auparavant.

Lucius avait dû '' connaître '' Fudge pendant les investigations d'Arthur. Il avait alors visé son plus jeune enfant, sa petite fille, avec des sorts de magie si sombre qu'elle se réveillait toujours en hurlant ; son amour-propre était tellement dévasté que cela a pris des années pour qu'elle ne revienne en apparence là où elle en était avant cela.

Ginny était presque morte à cause d'un souvenir, de la seule « mémoire » d'un homme tellement obscure qu'il était interdit de prononcer son nom. Son bébé avait vécu avec ce monstre, à l'intérieur de sa tête à cause de Lucius. Le souvenir l'avait attaquée en se servant de ses craintes et de l'insécurité des pensées innocentes de Ginny. Il était tellement corrompu que pendant des mois elle n'était plus sûre de savoir distinguer ce qui était des pensées véritables, de celles qu'ont lui avait implantées.

Naturellement, Arthur ne pouvait pas prouver cela ! Comme il ne pouvait rien prouver d'autre, de toute manière. Juste laisser sous-entendre… Fumée et miroirs. Maintenant vous voyez qu'il… maintenant, vous ne ferez pas… Dumbledore avait raconté à Arthur ce qu'Harry avait vu dans la chambre des secrets, mais uniquement après lui avoir extorqué un serment stipulant qu'il n'essaierait pas de venger sa fille. Et je ne l'ai pas fait. Mais ça ne veux pas dire que je ne peux pas le faire. Il n'y a que deux hommes dans cette vie sur lesquels il n'aurait absolument aucun remord à se servir des Impardonnables, tous, sans exception. Ok, peut-être trois.

Arthur avait vu plus que sa part, ses camarades de classe (et les Serpentard, plus particulièrement) de Poudlard qui aimaient '' être cruel '', même mauvais. Savoir à quel point ils n'avaient aucune conscience, ils ne s'en inquiétaient même pas. Habituellement, cela n'avait que pour seul but de cacher une mauvaise action, ou encore la manière dont ils l'avaient commise. Lucius lui ne feignait pas. Il restait la première personne véritablement mauvaise qu'Arthur n'ait jamais rencontré, de manière tout à fait malsaine, pendant sa jeunesse, il restait la première personne. Il y avait des enfants à l'école qui l'avaient fait se sentir inconfortable, qui l'avaient énervé, mais jamais qui l'avaient effrayé à ce point pour la vie de ses propres enfants. Personne avant Lucius.

Bill, durant sa première année à Poudlard, avait accidentellement trébuché sur le passage de Lucius, assistant au sortilège de l'Endoloris qui frappait un autre de ses camarades de classe. Lucius avait bien sûr était acquitté. Bill avait été stupéfait et accablé, ses croyances ayant été ébranlées par ce qu'il avait vu. Et n'étant qu'en première année, son directeur de maison avait soigneusement écarté son témoignage, le considérant comme '' trop jeune et trop impressionnable, ayant par-dessus tout une imagination débordante ''. L'étudiant qui s'était vu frappé par le sort, Peter Pettigrow, avait par ailleurs refusé de porter plainte. Et comme Peter était en septième année, on avait décidé de les laisser régler cette affaire entre eux.

L'expérience avait changé la manière de voir les choses de Bill : pour avoir vu le mal à l'état pur, pour avoir été témoin de quelqu'un qui avait réellement pris du plaisir à la douleur d'une autre personne… C'était un tournant clé dans la personnalité de son fils aîné, et tout autant pour Arthur. Arthur s'était juré qu'il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour s'assurer que ses enfants ne vivraient pas dans la terreur et la paranoïa vis-à-vis des Mangemorts, des sorciers sombres, des préjudices et de l'injustice. Malheureusement, aux vues des expériences passées, Arthur suspectait fort que cela aurait pu tout aussi bien définir la vie de Peter.

Que Lucius soit finalement bel et bien un Mangemort n'était pas un choc en soit. Lorsqu'il avait su pour la première fois ce qu'était un Mangemort, Arthur avait immédiatement pensé que Lucius devait en être un, avec son snobisme de sang-pur, son penchant pour la cruauté, et sa vision de tout ce qui n'était pas un sorcier comme lui étant inférieur. C'était pratiquement inscrit sur son front. Mais Arthur avait appris bien plus tard que Lucius n'avait pas pactisé avec Fudge. Non, il n'avait fait que l'embobiner au point de le tenir dans le creux de sa main. Lorsque les attaques de Mangemorts ont commencé à devenir plus sérieuses, et que les rêves d'Harry étaient de plus en plus mauvais, Fudge avait commencé une campagne pour discréditer Harry, bien plus efficace que tout ce que les Mangemorts auraient pu espérer.

Arthur n'arrivait toujours pas à comprendre Fudge. Ce n'était pas raisonnable. Même avec tout ce que Fudge avait fait, et tout ce qu'il avait peut-être fait d'autre, il avait tout à perdre si le seigneur des ténèbres gagnait, n'est-ce pas ? Evidemment Fudge ne pensait pas ainsi. Le principe même de Fudge était de toujours trouver un bouc émissaire pour gagner du temps et permettre de maintenir un statu quo le plus longtemps possible. Harry Potter. Et pour combien de temps ?

Avec une certaine appréhension, Arthur se demanda ce qu'ils allaient tous devenir. Fudge savait sans l'ombre d'un doute que Vous-Savez-Qui était de retour. Peut-être que Fudge pensait pouvoir émettre un deal avec Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Après tout, il était plus connu pour être un ministre au service des avantages que celui des responsabilités. Mais malgré toutes les photos et les enquêtes sur les moldus, Arthur n'avait toujours aucune preuve concrète que c'était bien Fudge qui était derrière les disparitions et les dissimulations. Il ne pouvait pas s'avérer que le ministre était corrompu, c'était bien trop déplacé. Ce qui le menait à cet instant…

L'assaut du Terrier était une insulte aux dommages. Malgré tout ce qu'Arthur savait sur le ministre, il ne pouvait toujours pas l'atteindre. Cependant il avait finalement la clé… La division draconienne et la fondation pour le retour de Grindelwald.

Arthur avait récemment appris que Dumbledore lui-même, peu de temps après la défaite de Grindelwald, avait catalogué tous les articles qu'il avait récupérés, scellant et archivant magiquement tous les documents dans les catacombes du bâtiment principal. Arthur avait déjà vu ces tiroirs, et savait déjà que Fudge les avait trifouillés pour camoufler son forfait. Il avait falsifié la mémoire des sorts. Mais ils pourraient toujours être identifiés comme différents de ceux que Dumbledore conservait intacts et inchangés… permettant aux sorts de dissimulation de Fudge d'être révélés. Enfin une évidence. Et les empreintes magiques ne pouvaient être changées.

Quant à la division draconienne… Seules les cendres étaient nécessaires, et elles menaient directement à Fudge. Ajoutant à cela la possibilité d'utiliser… euh… la vid-é-o ??? Un instrument moldu dont Percy avait suggéré l'utilisation, et qu'Arthur avait transmis par relais à Ellis, qui avait parue surexcitée par la nouvelle.

C'est évident, l'avait assuré Ellis. « Vous devriez être en mesure de voir qui est venu, ce qui a disparu et ce qu'il en a fait. » Cette connaissance semblait renforcer son point de vue selon lequel les techniques moldues pendant une investigation n'étaient pas simplement utiles, mais essentielles, et qu'une coopération entre moldus et sorciers pouvait se montrer très efficace.

Plus que deux étapes finales à mettre en marche. Une incursion dans le ministère lui-même pour arrêter Fudge au cas où il voudrait s'échapper. Qu'il essaye simplement. Et la dernière étape, le pire des cas envisagé : Vous-Savez-Qui programmant un assaut d'Azkaban pour gagner les détraqueurs à sa cause. Deux groupes avec deux directives bien distinctes entreraient alors en jeu : l'un pour aider les gardes qui seraient la première ligne de défense contre les Détraqueurs, et l'autre pour sauver et rapporter Harry Potter, s'il n'était pas déjà trop tard. Nous serons bientôt là, Harry. Tiens bon, juste encore un petit moment…

Arthur était satisfait des témoins que, avec l'aide de Percy, il avait pu entendre et convaincre de témoigner au sujet de l'interrogation brutale d'Harry par le ministère. Dumbledore avait fait cesser les sorts de mémoire appliqué à la ruelle Albright, ainsi que sur l'enregistreur du ministère présent pendant l'interrogation, il y a environ une semaine, et l'homme était désespéré de trouver un moyen d'aider. La petite fille… Anne… Fudge s'était arrangé pour mettre Harry au premier plan, puis avait interrogé sa tante et son oncle au sujet de la petite fille pour savoir ce qu'elle avait vu, et avait finalement approché Dumbledore quelques jours après que Harry ait été emprisonné.

Évidemment le Dr. Happensdam, l'homme qui s'était chargé pour Fudge d'administrer le Veritaserum, était actuellement suspendu de Sainte Mangouste, en attendant les résultats d'une recherche sur l'essai inadéquat sur des personnes. Arthur en tremblait rien que d'y penser. MERLIN, Harry. Et les gens disent que tu as de la chance ? Happensdam, aussi, avait fait parti de la fondation, en même temps que Fudge… Des vieux amis. A quel point sont-ils proches ? Se demanda Arthur. Assez pour commettre des crimes ensemble ?

Dumbledore avait ramené près de trois spécialistes de Sainte Mangouste, des hommes de confiance, et les avaient placés à l'infirmerie de Poudlard, les informant sur ce qu'il fallait faire, et se tenant près pour le sauvetage d'Harry des affres d'Azkaban ainsi que pour les blessés éventuels qui résulteraient de l'assaut en lui-même. Les instructions de Dumbledore étaient explicites : ramener Harry à Poudlard à n'importe quel prix, et de quelque manière que ce soit. Arthur chassa de son esprit les terribles images de l'état dans lequel Harry était arrivé au Terrier, sachant déjà qu'il serait désormais en plus mauvais état encore avec ce petit séjour forcé en prison. Concentre-toi Arthur. Et sort le de là.

« Forrest, Ellis, Charlie, Bill, Clifton, Ivan, Augusta, Sherman… C'est Arthur Weasley » dit-il après avoir mis la tête dans le feu, sa maîtrise retrouvée et le ton neutre. Il était temps désormais qu'ils agissent tous ensemble. Avec une rapidité qui fut presque choquante, tous les visages qu'il avait appelés se retrouvèrent en format réduit face à lui, au milieu des flammes.

« Monsieur ? » demanda Forrest Pickering, la voix sûre et efficace. Merci Merlin, les enfants n'étaient pas là, pensa Arthur, tandis que l'un des hommes qui avaient attaqué le Terrier quelques jours auparavant avait répondu à son appel. Ils ne faisaient qu'obéir aux ordres, c'est leur travail, Ron, mais je sais que tu ne comprendras jamais cela. D'une façon ou d'une autre, fils, je pense que tu es bien meilleur que lui.

« Il est temps, Forrest. Combien de temps vous faut-il pour rassembler vos hommes pour contre-attaquer l'assaut d'Azkaban par Voldemort ? » demanda Arthur, nommant le seigneur noir. Le seul bruit qu'émis Forrest fut un léger sifflement avec ses dents, tandis que ses yeux voyageaient distraitement sur la localisation de chacun de ses hommes.

« Deux heures, Arthur. Je suppose que vous souhaitez que nous passions à l'action le plus rapidement possible ? » demanda t-il ensuite, toujours aussi efficace.

« La logique veut qu'il ait déjà envoyé des émissaires aux Détraqueurs, et qu'il cherche désormais à consolider leur alliance » dit Arthur.

« De mieux en mieux ! » indiqua Forrest, plein d'ironie, tandis qu'il hochait cependant la tête pour montrer qu'il avait bien compris. « Pouvons nous compter sur une quelconque aide du ministère ? » demanda t'il franchement. Arthur hocha la tête.

« Vous pouvez, mais pas beaucoup. Il y aura du grabuge pendant un moment, jusqu'à ce que j'arrive à m'imposer. Vous pourriez au moins attendre pendant quatre heures avant de voir des renforts arriver » lui répondit Arthur.

« Des Mangemorts en feront aussi parti, j'en suis sûr… » demanda Forrest. Arthur hocha la tête.

« Naturellement. Le dernier compte nous indique que seulement vingt-cinq hommes restent dans son environnement proche constamment, mais cela n'indique pas s'ils peuvent apporter leur aide » énonça Arthur.

« Que pensez-vous des portes et des portoloins ? Prioritaires ? » demanda Forrest.

« Les portes devront rester intactes jusqu'à ce qu'IL ait ouvert une brèche. Aucune échappatoire possible sur ce sujet. Je sais que cela va interférer avec votre arrivée. Il pourrait aussi y avoir deux autres hommes, un qui est assez « familier » de l'endroit, pour quitter l'île » expliqua Arthur, tandis qu'une brève conversation avec Dumbledore lui avait apprise que Sirius Black et Remus Lupin pourraient être présent sur l'île.

« Une quelconque possibilité que le ministère travaille contre nous ? » demanda Forrest. Arthur secoua la tête.

« Non, pas directement. Soyez juste clair en vous identifiant. Par chance, les Mangemorts portent des uniformes » répondit Arthur, un rictus ornant ses lèvres.

« Deux directives, également impératives, dont nous devons discuter ? Le garçon et les renforts pour les gardes ? » interrogea Forrest. Arthur hocha la tête. « Que pensez-vous des prisonniers ? Y a-t-il des soucis de résistance à se faire ? »

« Pas au début. Avec le temps, quand les Détraqueurs seront partis, ils peuvent regagner leurs corps, mais pas tout de suite… Sirius Black n'était pas, à proprement parler, un prisonnier type, mais vous voyez bien ce que cela a donné » dit Arthur. Les yeux de Forrest étaient vides, et soudainement, Arthur se rappela que Forrest avait fait parti de l'escouade d'Aurors chargés de l'arrestation de Sirius. Les deux, Sirius et Harry. Quelle gloire à retirer de tout ceci ? Réalisa Arthur.

« Deux heures tout au plus. Mon équipe et moi-même seront sans doute prêt pour le déploiement dans une heure-et-demie. Avez-vous des choses à me coordonner simultanément ? » demanda Forrest. Arthur hocha la tête.

« Oui, mais pas avec votre équipe. Ça dépend de Voldemort, pas de nous. Soyez juste prêt à Azkaban aussi rapidement que possible, et informez-moi de là bas » lui indiqua Arthur. Forrest hocha la tête. Il y avait un troisième ordre du jour, mais pas aussi important, et dont il n'allait certainement pas parler devant les autres. Forrest serait le plus à même d'approcher Lucius Malfoy, et il savait tout le mal qu'Arthur lui voulait. Il ne devait pas passer à côté d'une telle occasion. Mort ou vif. Cela n'a aucune importance à mes yeux.

« Bonne chance, Arthur » lui dit Forrest, son regard emprunt de détermination.

« A vous aussi » lui répondit sincèrement Arthur, bien conscient que l'équipe de Forrest était la plus susceptible d'être touchée par la plupart des incidents.

« Faites part de mes respects à Molly » lui dit Forrest avec un faible sourire. Arthur lutta pour garder le ton de sa voix intact face à ses sentiments, heureux d'être en mesure de conserver son calme.

« Elle dit qu'elle vous attend pour dîner la semaine prochaine » lui dit Arthur. Forrest grimaça.

« Peut-être que le thé serait plus sûr, pour maintenant… et j'apporterai le thé et l'eau » observa t-il sèchement, puis il disparut du feu.

« Ellis, Charlie, vos équipes sont elles préparées à ouvrir une brèche dans la division draconienne ? » demanda Arthur. Charlie hocha vivement la tête. Arthur retint une grimace, tandis qu'il imaginait la réaction de Charlie face au dragon que Percy avait trouvé.

Il avait donné autant d'instructions et de détails à Charlie dans l'optique de le préparer au mieux, mais il avait toujours à l'esprit le fait que son fils pourrait être incapable de se retenir face à une injustice aussi flagrante. Il ne pensait pas pour autant que Charlie perdrait de vue leur objectif principal. J'espère que non. Charlie était idéalement qualifié pour mener cette incursion, mais Arthur se rendait également compte à quel point la passion de son fils pour les dragons était profonde, et à quel point celle-ci pourrait interférer dans le bon déroulement de la mission.

« Papa, j'y arriverai, je te le promets. Le pauvre a enduré cela depuis de longues années, il pourra survivre encore un tout petit peu plus longtemps » lui dit Charlie, voyant clair dans l'hésitation de son père. Arthur hocha la tête. Cela devrait aller. « Mon équipe et celle d'Ellis ont était formé il y a plus de six heures désormais. Nous serons prêts dès que le moment sera venu. »

« Mon équipe est également prête. Bien que je doive dire que ce fut laborieux étant donné l'état risible de certains de mes compagnons. Je n'avais pas la moindre idée d'un tel cynisme de leur part » lui dit Ellis de manière désabusée. Arthur sourit. Ils avaient discuté la semaine dernière de la meilleure manière d'instruire les membres de l'équipe moldue qu'Ellis avait choisi pour intervenir dans le monde magique. « Nous sommes prêts désormais. Vous n'avez plus qu'un mot à dire » lui dit Ellis, de nouveau revenue à leurs affaires. Arthur hocha la tête, satisfait.

« Bill, Clifton, êtes-vous prêts ? » demanda Arthur. Bill hocha la tête, presque totalement efficace. Seule la flamme dans ses yeux se distinguait de son comportement calme et réfléchi. Il devait intérieurement bouillonner et jeter mentalement des malédictions nombreuses et variées à Fudge, et à tous ses acolytes pour avoir créé la fondation pour le retour de Grindelwald, et Arthur savait qu'il avait été qualifié pour ce poste uniquement pour ses capacités à détecter les signatures magiques les plus anciennes, même celles datant de plusieurs siècles. Arthur savait que Bill voulait rendre la monnaie de sa pièce à Fudge et lui faire payer le mal qu'il avait fait à Harry, et ce travail ne pouvait donc que lui revenir.

Clifton, d'autre part, le regardait, presque ennuyé. En tant qu'Auror vétéran et fatigué, Clifton avait considéré cette incursion comme bien trop douce et il était loin d'apprécier, mais il coopérait néanmoins. Ce qu'il n'avait pas tout de suite réalisé, c'était combien il était essentiel de tous collaborer, afin que les accusations d'Arthur puissent être corroborées par des faits. Si les protestations de Fudge n'étaient pas immédiatement piétinées, le ministre pourrait avoir assez de temps pour couvrir ses arrières ou pour faire paraître un démenti dans la presse pour contrer certaines accusations d'Arthur. C'était un risque qu'Arthur n'était pas prêt à courir.

« Dites juste le mot, gouverneur. » lui dit franchement Clifton. Arthur hocha la tête.

« Ivan, Augusta, Sherman, êtes vous prêts à avoir la plus haute dose de publicité de toute votre vie ? » demanda Arthur dans une grimace. Augusta renifla, incitant Sherman à soulever un sourcil surpris et perplexe.

« Oui, eh bien, moi je vois déjà la plume de Rita Skeeter se mettre sur mon dos, aussi je prévois surtout les photos les plus désavantageuses de ma vie et les articles qui vont avec ! » observa-t-elle. Arthur sourit légèrement.

« Si cela peut t'apporter une once de satisfaction, sa plume à papote à été confisquée » lui annonça chaleureusement Arthur.

« Qui a dit qu'elle était incapable d'écrire sans elle ? » interrogea Sherman, véritablement surpris.

« Est-il erroné d'admettre combien j'ai aimé ces articles ? Je sens le retour de l'énonciation bon marché » ajouta Ivan de sa plus belle voix de fausset.

« Idiot » lui rétorqua Augusta, et Ivan lui tira la langue très élégamment. Il était toujours étrange de constater les échanges entre les trois langues de plomb, jouant sur les mots clés, et indiquant à quel point Fudge avait inconsciemment rempli ses rangs, non pas uniquement de simples Mangemorts, mais aussi de certains témoins de ses entourloupes, à l'aspect certes cyniques et sinistres, mais ayant un rapport aux moldus bien plus adéquat que celui de Fudge et qui étaient par-dessus tout capable de plaisanter sur eux sans méchancetés.

Ils étaient apparus il y a tout juste deux jours à Arthur. Les pièces manquantes du puzzle. Les témoins oculaires de l'injustice au Veritaserum de Fudge. Ils étaient simplement venus à sa rencontre, écœurés par le fait que les petits copains de Lucius Malfoy viennent renflouer leurs rangs, observant et apprenant tout ce dont ils étaient capables.

En fait, il s'était avéré que la majorité des Aurors présents lors de l'interrogatoire d'Harry étaient en fait des Langues de Plomb récemment nommées par Fudge, des associés de Lucius Malfoy. Le seigneur des ténèbres avait quasiment était informé instantanément du destin d'Harry.

Ivan, Augusta et Sherman savaient qu'ils n'étaient personne d'important, ainsi, ils avaient gardé la tête baissée et c'étaient juste débrouillés pour ne pas être mêlés à des tâches immorales. Ils avaient étaient bannis par leurs pairs et avaient reçus des menaces pour les inciter à participer. Les farces et mauvais tours contre eux s'étaient multipliés, et étaient devenus de plus en plus cruels et directs : la mort de leurs animaux de compagnie, leurs familles recevant des objets et des lettres étranges, d'où ressortaient clairement les menaces…

Arthur n'avait pris aucun risque, les interrogeant chacun intensivement avec Veritaserum, avant de les intégrer dans leurs projets, et l'image que chacun d'eux véhiculait était tout simplement impressionnante. Trois amis, trois collègues, qui avaient observé autour d'eux les menaces et les « accidents » afin de coopérer. Ils avaient fait un pacte pour réagir lorsque le bon moment serait venu, s'arrangeant pour cacher leurs familles et leurs amis, et pour passer à travers les mailles des enquêtes du ministère qui se produiraient inévitablement dans la division des Langues de Plomb. Comment avaient-ils su que le moment était venu, Arthur ne le savait toujours pas, mais personnellement, il suspectait que Dumbledore pourrait bien avoir quelque chose à voir là-dedans.

Mais les trois amis qui plaisantaient maintenant par espièglerie étaient aussi dangereux qu'ils pouvaient avoir l'air sympathique, et étaient certainement plus que qualifiés pour avoir si rapidement fait carrière. Ils étaient parfaits pour Arthur. Il avait voulu s'équiper le mieux possible, dans sa main d'œuvre contre Fudge, sachant que l'homme pourrait chercher à se défendre s'il venait à constater l'ampleur des charges contre lui. Ce serait en adoptant un profil haut, et l'image d'Arthur serait transmise au reste du monde sorcier aussi bien par le « comment » que par le « pourquoi ». Des douzaines de sorciers le pourchassant, avant de l'arrêter définitivement, n'étaient pas une image qu'il souhaitait voir à la une de la Gazette des Sorciers.

« Dites le mot, Arthur » lui dit Sherman, revenant brusquement à leurs affaires.

« Nous sommes prêts à mettre un point final à nos carrières avec ce coup » lui confirma sèchement Augusta, les reflets durs de ses yeux promettant la crédibilité de ses mots.

« Bien, mesdames, messieurs, le mot est donné. Faites attention, soyez précis, et réglons cela une bonne fois pour toutes ! Tout commence maintenant » leur dit Arthur, avant d'observer les visages disparaître de la cheminée, laissant le doux craquement des flammes sur les bûches de bois redevenir le seul son identifiable dans la pièce. Le cœur lourd sachant ce qui les attendait à présent, toutes les pièces étaient en place, la partie venait de commencer.

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Cornélius Fudge n'était pas un homme totalement idiot. Il savait que les murs commençaient à se refermer sur lui. Il pouvait sentir les regards glisser sur sa peau, tandis qu'il parcourait les couloirs du ministère. Serait-ce cette vermine de Weasley ? Se demanda t-il tandis qu'il se dirigeait vers son bureau. Pour un homme aussi maladroit, plus proche du bouffon que de l'homme d'affaire, Arthur Weasley avait néanmoins démontré qu'il était aussi tenace qu'un bulldog sur sa proie. Mais même les meilleurs chiens d'attaque laissaient des marques de leurs passages, des cicatrices. Il pouvait voir les signes ; la visite « secrète » de Dumbledore au garçon Potter à Azkaban, la disparition de trois de ses Langues de Plomb dont la fidélité était plus qu'incertaine, et naturellement ces stupides articles sanglants…

« Bon après-midi, monsieur le ministre » lui offrit sa secrétaire, avec le strict minimum de courtoisie tandis qu'il traversait son bureau pour se diriger vers le sien. Lucius n'était pas le seul sur qui les hiboux se déchaînaient apparemment, et Shirley commençait à en avoir plus qu'assez de les voir envahir son bureau. De plus en plus difficile. Il hocha la tête mais ne se donna pas la peine de répondre.

Ces articles avaient prouvés qu'ils étaient bien une menace. La seule chose qu'il pouvait craindre, c'était que cette sale petite fouineuse de journaliste soit réellement dans les parages ; s'il devait s'avérer être un « fait », alors elle avait réussi à passer outre les services de sécurité du ministère. Il avait suivi ces articles durant des années et savait pertinemment qu'elle n'avait jamais fait un véritable article. Il aurait pu parier la totalité de son coffre à Gringotts que la majeure partie de ce qu'elle exposait comme étant des « faits », seul Dumbledore les lui avait fournis.

Il était cependant bien ennuyé d'avoir perdu le contrôle de son meilleur agent de désinformation. Avec tous les endroits qu'elle avait parcourus durant l'été, elle devait bien avoir déniché un scoop. Lucius évitait les hiboux, et les seules personnes qui avaient réussi à « l'arrêter » récemment étaient celles qu'il n'avait pas envie de voir.

Il avait tout prévu. Survivre de justesse en tant que ministre de la magie sans avoir pour autant à traiter la guerre dans sa totalité, se retirer ensuite sur une certaine île tropicale sorcière, et offrir le bateau en plein naufrage au pauvre abruti qui aurait le courage de prendre sa place au sein du ministère. Il avait pensé que cela serait long et difficile… Le monde moldu s'était révélé être un endroit des plus propice pour un sorcier manipulateur sans pour autant qu'il ait besoin d'employer la magie, en particulier dans le domaine des finances.

Tout aurait été beaucoup plus simple s'il avait pu « tolérer » les moldus. Si Cornélius n'avait jamais prévu de disparaître dans le monde moldu, il aurait alors été à la une de la Gazette des Sorciers. Cependant, il était pour l'instant hors de question qu'il abandonne sa place légitime en tant que sorcier. Et il s'était donné beaucoup de mal, au cas où le pire devait se produire, à s'assurer de bien couvrir ses arrières.

Amos Diggory, dans un stratagème pathétique de sympathie pour le ministère, avait désigné pour son remplacement Barty Croupton Sr. en tant que chef du département de la coopération magique internationale. Encore hier, Diggory s'était toujours présenté à un poste beaucoup moins connu d'agent de liaison avec les Langues de Plomb. Il n'arrivait pas à croire qu'ils aient pu travailler en coopération avec Amos durant des mois. Néanmoins, dans la mesure où les enregistrements avaient disparu. N'importe quels types de communications, orales ou écrites, avaient toujours été signés par Diggory, comme par magie naturellement. La liaison d'origine pour les Langues de Plomb aurait du être le chef du département des Aurors, mais Fudge avait fait exprès de retarder toutes les nominations à ce poste ; il avait pu ainsi rester le premier intermédiaire par intérim.

C'était finalement accidentel, si Croupton avait choisi de faire évader son fils des mois avant qu'il ne périsse. Il avait été si facile de le pousser, de le manœuvrer. Cornélius avait été horrifié d'apprendre la présence de son fils dans la maison du père. Barty Jr. pourrait très bien avoir surpris les processus d'intimidation de Fudge sur Croupton, et il avait donc du abandonner ses projets de le mettre à la tête du commandement des Langues de Plomb. Il n'avait par-dessus tout pas pu laisser passer une aussi bonne occasion de faire taire définitivement le fils Croupton. Il avait demandé aux Détraqueurs de lui donner un baiser avant même qu'il n'entre dans la pièce. Que cela empêche tout témoignage sous Veritaserum au sujet du retour de Vous-Savez-Qui était par ailleurs une excellente sécurité.

La direction des Langues de Plomb avait été considérablement ralentie. Les ressources gaspillées. Cornélius avait changé tout cela, sous les conseils et l'aide active de Lucius… Cornélius sourit méchamment en pensant à la tête que son collègue avait du faire en se rendant compte que la majeure partie de la documentation du ministère, qui serait utile à l'incrimination, mènerait par la suite directement jusqu'au domaine Malefoy. Lucius était un des plus hauts snobs, et Cornélius était heureux de pouvoir finalement observer sa déchéance dans l'ombre tandis que ses « ennemis » prendront finalement le dessus, sirotant tranquillement sa petite eau-de-vie et poussant de manière élégante une exclamation réprobatrice, avec cette lueur dans les yeux, inconscient de l'évidence qui finirait par tomber sur ces épaules, dirigée par Cornélius, d'abord Croupton, puis Diggory, et enfin Lucius Malefoy. Et dire que vous pensiez me manipuler !

Oui, il savait qu'une tempête se préparait, et il avait bien l'intention d'y survivre. En outre, au vue de la situation, Dumbledore avait de bien plus gros poissons à s'occuper. A moins que tu n'aies pris son merveilleux garçon. Pas de chance, mais c'était nécessaire. La Gazette faisait bien trop de bruit avec la disparition des sorciers, il avait besoin d'un bouc émissaire.

Trois mois déjà. Trois mois qu'il n'était pas revenu au ministère, et sincèrement, il ne s'inquiétait pas du tout de ce qui avait pu s'y produire. Son domaine était en règle, et bien qu'il ne sache pas ce que fasse Vous-Savez-Qui, il comptait bien rester le seul à être au courant de son retour. C'est tout ce qui compte. J'ai eu besoin d'un bouc émissaire, et Vous-Savez-Qui doit depuis longtemps savoir le sort qui a été réservé au garçon. C'était tout ce qu'il souhaitait savoir sur les affaires du ministère ; ce qu'il pouvait avoir, et ce qu'il pouvait éviter.

Il était tout à fait fier de tout ce qu'il avait mis en marche, et à cet instant, il ne remarqua pas que quelqu'un d'autre se trouvait dans son bureau, du moins pas avant d'avoir refermé la porte derrière lui.

« Petrificus Totalus » énonça clairement une voix tirée à quatre épingles, et Fudge ne put que regarder fixement devant lui, surpris, tandis qu'il basculait en arrière, lui donnant brusquement une magnifique vue du plafond de son bureau. Des cheveux roux entrèrent dans son champ de vision, tandis que son jeune assistant bien trop présomptueux se penchait sur lui. « Il semblerait que vous n'ayez pas pensé à tout, n'est-ce pas ? » demanda Percy Weasley tandis qu'il était penché au-dessus du corps stupéfié de Fudge. Même ses poils de nez sont roux, pensa Cornélius, perplexe. Il l'observa, commençant à vraiment s'énerver tandis que Percy lui retirait sa baguette d'une de ses poches, souriant légèrement. Je vous ferais renvoyer pour ça. Vous ne travaillerez plus jamais au ministère.

« Je ne pense pas qu'il y ait le moindre risque d'évasion maintenant » dit une voix que Cornélius identifia comme venant de derrière lui.

« Oui, mais je voulais qu'il sache qui tenait les commandes désormais » lui répondit Percy, tout en observant Cornélius. Il se remit à genoux, son visage se rapprochant petit à petit de celui de Cornélius, et lui chuchota, « Honte sur vous qui essayez de faire porter le chapeau à un homme qui pleure encore la perte de son fils. Oh, nous avons trouvé… Et les sorts de mémoire posés sur la ruelle et sur moi-même ? Et seulement pour ce que vous avez fait à Harry, j'espère que vous obtiendrez LE baiser. »

Percy Weasley rassembla ses robes autour de lui, tendit qu'il se redressait, comme s'il essayait de rassembler un peu de sa dignité perdue, ses mains serrées fermement autour de son corps. L'assistant « en formation » ne jeta plus le moindre regard à Cornélius ; il hocha simplement la tête à la personne, qui qu'elle soit, qui se tenait derrière Cornélius, puis tourna les talons et sortit du bureau.

« Bien le bonjour, chéri. Il me ressemble de plus en plus, vous ne trouvez pas ? » énonça une voix féminine qu'il parvint finalement à identifier comme celle de la plus espiègle de ses Langues de Plomb. Augusta.

« C'était l'un des fils d'Arthur, n'est-ce pas ? » demanda une voix masculine. Toujours stupéfié, Cornélius n'avait d'autres choix que de regarder devant lui, incapable de voir les visages des personnes qui discutaient allègrement de lui.

« Avec de tels cheveux ? Naturellement. Il se nomme Percy » énonça une troisième voix plus reconnaissable. Oh. Les trois Langues de Plomb manquants. Celui-ci doit être Sherman. Ils avaient des ordres provenant directement de moi. Ils ont donc des témoins oculaires. Avec leur aide tout pourrait leur devenir plus facile. Ils ne doivent pas être des saints. Ce sera leur parole contre la mienne. Mais, il y a la ruelle aussi ? Mauvais. Mauvais. Mauvais. Mauvais.

« J'ai entendu dire… » commença à dire l'autre homme, avant de s'arrêter.

« Nous avons tous fait des choses dont nous ne sommes pas fiers, Ivan. Au moins il essaye… » l'interrompit Augusta solennellement, puis son visage entra dans son champ de vision. « Quant à vous, monsieur le ministre. Nous allons faire en sorte que vous puissiez être inquiété » lui promit-elle doucement, l'observant durement, impitoyable.

Comment Weasley a-t-il su pour les sorts de mémoire ? A quel point avait-il des ennuis ? Cornélius pouvait sentir les battements de son cœur s'accélérer, comme ceux d'un lapin pris au piège, son esprit s'emballant pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait. Cornélius ne connaissait qu'une personne à même de passer outre un sortilège de mémoire. Dumbledore. Il senti qu'il s'élevait dans les airs, tandis qu'il se voyait flotter dans son bureau. Un regard rapide jeté à sa secrétaire, Shirley, lui donna la dernière pièce du puzzle. Mais qui a bien pu établir un lien entre moi et Diggory ? Il emporta avec lui le visage fermé et le regard satisfait qu'elle arbore à cet instant. Elle les a aidés. Ma secrétaire m'a trahi.

« Vous vous souvenez de la petite fille dont vous vous êtes servi pour l'interrogatoire d'Harry Potter ? Anne est ma nièce. Il vaudrait mieux pour vous qu'il soit encore vivant » lui siffla-t-elle rageusement, ses yeux le parcourant avec une certaine joie malsaine tandis qu'il quittait la pièce. « Félicitations ! » l'acclama-t-elle, et Cornélius sentit son château de carte s'effondrer tandis que tous ses précieux plans se démêlaient. Il n'y avait plus d'échappatoire possible désormais.

À suivre