Bonjour,
Un petit cadeau de noêl en avance !
Désolée pour l'espace entre chaque chapitre…Je ne vous oublie pas (et cette histoire non plus !).
Il reste environ 6 chapitres, ensuite Nuvole Bianche sera terminée (il devrait y avoir une suite mais je dois y réflechir, parce que j'aimerais éviter de vous faire attendre autant que pour celle-ci…). J'essaie de publier le prochain bientôt.
J'essaie de la finir au plus vite, merci beaucoup aux lecteurs qui s'accrochent et à ceux qui laissent des reviews !
Très bonnes fêtes de fins d'année !
Bonne lecture !
Le retour fut aussi silencieux qu'à l'aller. Entre Rafael qui dormait et Nantizo qui réfléchissait les yeux fermés, elle n'eut pas à se creuser les méninges pour trouver un sujet de conversation. Finalement, elle dormit.
Le vampire la réveilla quand l'avion commençait à piquer du nez vers le sol.
Rafael se fit particulièrement remarquer durant l'atterrissage où il mugit en continu, la perte soudaine d'altitude lui vrillant les oreilles.
Une vieille dame assise dans la rangée de l'autre côté du couloir fit une réflexion sur « ces jeunes mères qui ne savent même pas élever leur mioche ». Et d'autres remarques suivirent tout aussi agréables (« de mon temps, jamais on ne lui aurait permis de mettre un pantalon, ah non… »). Liadan ne comprit pas toutes les subtilités parce qu'elle parlait en anglais mais elle en saisit l'idée. Elle fit semblant de ne pas entendre et tenta de calmer Rafael, sous les sifflements de la femme.
Nantizo, jusque là invisible aux yeux de sa bruyante voisine se pencha en avant. Elle se tut à la seconde où elle croisa son regard. Et que celui-ci dévoila ses dents avec son fameux sourire moqueur-mais-porteur-de-toutes-les-menaces-du-monde. Elle détourna la tête, subitement pâle et ils ne l'entendirent plus de tout le vol.
Na. Elle n'avait qu'à vérifier que le terrible père n'était pas à proximité avant de s'attaquer à la jeune mère.
Ça avait du bon de voyager avec un vampire effrayant parfois.
Mais elle perdit rapidement son sourire en pensant amèrement que les points négatifs prenaient de beaucoup le pas sur les points positifs.
Leur voisine âgée les laissa passer loin devant lors de la sortie de l'avion. Quand ils arrivèrent au niveau de la zone d'arrivée, Nantizo leva la tête, comme un chien suivant une piste.
-« Nous avons un comité d'accueil ».
Liadan fronça les sourcils. Et balaya les personnes attendant à l'aire d'arrivée pour voir au loin un ours lever les bras au ciel, les humains respectant avec précaution un certain périmètre de sécurité autour de lui.
Elle sourit. Enfin un peu de normalité.
Emmett et Jasper étaient présent de l'autre côté de la barrière. Elle était contente de les revoir. Les Cullen étaient vraiment des vampires inestimables. Jusqu'ici c'était les seuls qui l'avaient acceptée en tant qu'humaine, accueillant un Volturri sous leur toit sans montrer de signe de dérangement. Elle espérait que ca ne leur poserait jamais de problème de les avoir accueilli parmi eux.
Emmett mis fin a ses pensées en la broyant dans une étreinte serrée, parodiant les humains à leurs côtés. Rafael émit un hoquet de protestation contre le pull du vampire.
Il tapa l'épaule de Nantizo.
« Alors, tu leur a mis la pâtée aux ritals ? »
Quelques personnes se retournèrent vers eux, avec curiosité.
Un autre effort non négligeable que faisaient les Cullen, c'était de parler en français.
Elle sourit puis se tourna pour dire bonjour à Jasper, qui resta plus mesuré.
-« Le voyage s'est bien passé ? »
Elle haussa les épaules.
-« Il aurait pu être pire Et nous aurions pu devoir rester là-bas. »
Rafael remua dans ses bras.
-« Rentrons au manoir, vous nous raconterez quand nous serons tous rassemblés. »
Salon des Cullen. Une heure après leur arrivée, une collation pour Rafael et Liadan. Et une heure après un monologue du Prince.
-« Si je résume, Il existe un Pacte qui notifie qu'il faut qu'un Héritier naisse d'un descendant de chacun des trois Rois ? »
-« Pour perpétuer la lignée et régner sur le monde vampirique en cas de besoin, oui. »
Carlisle hocha la tête.
Edward fronça les sourcils.
Nantizo grinça littéralement des dents quand il prit la parole.
-« J'ai deux questions. »
Il n'attendit pas que Nantizo signifie son attention pour continuer.
-« Pourquoi Rafael ne convient pas ? Il peut très bien développer son pouvoir plus tard, comme Jasper. Ou peut-être qu'il n'a pas encore eu l'occasion de montrer ce que c'était. »
Nantizo attendit quelques instants.
-« Le Pacte est clair, l'Héritier doit présenter un pouvoir dès la naissance et montrer tous les signes d'un être vampirique. Certains Roi – ou Princes- donnent naissance à des humains. Dans ¼ des cas, si on en croit Mendel. Ces enfants doivent disparaître. Dans les autres cas naissent des vampires sans pouvoir. Ils peuvent vivre mais n'ont aucune prétention au trône. Et enfin naisse des vampires avec un pouvoir, dignes Héritiers. »
Liadan ne disait rien mais c'était assez primairecomme pensée.
Nantizo ne laissa personne poser de question et enchaina ausitôt :
-« Tu avais une deuxième question ? »
-« Oui. Un roi est censé régner en personne neutre sur son royaume, aider les sujets dans le besoin, les protéger. Tu es d'accord avec moi ? »
Son vis-à-vis acquiesça.
-« Hors je n'avais jamais entendu parler du Royaume des vampires avant ton arrivée ici avec ton humaine coincée. Quand Aro nous a déclaré la guerre, personne n'ayant du sang royal n'est venu nous aider alors qu'il était clair qu'il abusait de ses droits. »
Un sourire grandissant au fur et à mesure du discours d'Edward était né sur les lèves de Nantizo. Esmée lui adressa un regard de reproche quand il qualifia Liadan de coincée mais celui-ci resta inaperçu sauf de la susnomée qui lui fit signe de laisser couler.
-« C'est assez ironique que tu n'en ai jamais entendu parler parce que…tu es de sang royal Edward. »
Tout le monde dans la pièce s'étranglât.
Carlisle devança toute les questions.
-« Comment peux-tu l'affirmer ? »
-« A cause de Renesmée. Aucun vampire, excepté les descendants royaux ne peut se reproduire avec une humaine. Un fait observé depuis longtemps, je ne saurai t'expliquer pourquoi, mais c'est comme ça. »
Carlisle prit la parole.
-« Edward était humain. C'est moi qui l'ai transformé. »
Nantizo sourit.
-« Ca n'aurait jamais du arriver parce qu'Edward aurait du être achevé dès sa naissance. »
Il y eu un remue ménage dans la pièce. Bella gardait sa main sur le bras d'Edward en lui parlant à l'oreille trop rapidement pour que Liadan comprenne quoique ce soit. Instinctivement, pour protéger Rafael elle s'était éloignée de Nantizo, qui était l'épicentre de la colère des Cullen.
-« Edward doit être un des fils d'un des rois ou princes, le quart nés humains. Quelle était la probabilité qu'il ne soit pas tué et soit transformé en vampire ? Insignifiante. Et pourtant cela s'est passé. Une erreur, une lâcheté de la part d'un vampire en est responsable. »
Edward se leva, tous crocs dehors. Nantizo ne broncha pas, le regardant juste d'un air mortellement sérieux.
-« Tu ne peux pas énoncer des horreurs pareilles. Ca ne change absolument rien pour toi que j'existe et que Renesmée soit née ! ».
-« Ca change que tu es le père d'un hybride. Et qu'Aro en a été envieux et a voulu en créer aussi. Ca change que des dizaines d'humaines ont transités dans les souterrains de Volterra et y sont mortes, fautes de donner naissance à des hybrides. Liadan chérie, tu as l'explication du pourquoi tu as été enlevée sous tes yeux. »
Un silence complet suivit la déclaration de Nantizo.
-« Je croyais que vous vous étiez rencontré par hasard… » lâcha Alice.
-« Aro a fait quoi ? » Carlisle fronça les sourcils.
-« Edward n'est en rien responsable du triste sort de Liadan, argumenta Bella, retenant toujours son époux de bondir sur Nantizo.
Nantizo leva une main toujours assis, ne jetant pas un regard a Edward a un mètre de lui, toujours toutes dents découvertes, un grondement sourd sortant de sa poitrine a chaque expiration.
-« C'est pour ça que les Rois ne se sont pas déplacés. Nous ne pouvions aider Edward. Et par la suite, nous n'avons pu intervenir auprès des Volturris. Ca n'aurait pas été juste. »
-« Et ca servait tes intérêts, les expériences d'Aro. » Rosalie parlait pour la première fois de la soirée.
Nantizo haussa les épaules.
Rosalie enchaina.
-« Que va devenir cet Héritier une fois né? Et Liadan et Rafael ? »
Liadan se pencha en avant, la réponse la concernant directement.
Nantizo se leva. Elle eu l'impression qu'une bourrasque de vent enflait dans la pièce bien que rien ne bougea.
-« Assez. Je déciderai ce qu'il advient de ma compagne et du premier enfant. L'Héritier doit être éduqué en conséquence. Je ne sais pas encore ce qu'il en adviendra. Nous n'en sommes pas encore là. Je n'ai pas de compte à rendre.»
Puis, sans transition, il annonça :
-« Je vais chasser.»
Emmett se leva.
-« Seul. »
Le Cullen se rassit avec empressement, l'air de se demander ce qui lui tombait dessus.
Liadan fronça les sourcils. Jusqu'ici Nantizo n'avait que peu abusé de son statut. A présent, sa voix prenait les inflexions doucereuses de ceux qui veulent être obéi. Elle n'en était pas sure mais la visite à Volterra et les « princes » à toutes les sauces n'avaient visiblement pas fait du bien au vampire. De plus, il avait revelée des choses qui demandaient des précisions et connaissant les Cullen, les non-dits n'allaient pas le rester longtemps.
Elle se leva également, diminuant la tension qui montait doucement entre les vampires. Elle ne voulait pas assister à la suprématie de Nantizo sur leurs hôtes. Toutes les têtes se tournèrent vers elle, excepté Edward qui grondait toujours, en transe.
-« Je vais monter coucher Rafael et dormir, les voyages en avion ne sont pas réputés pour être reposants. »
Elle leva les yeux vers Nantizo.
-« Et les vampires royaux non plus. »
Elle regarda Esmée, lui sourit puis se dirigea vers leur appartement.
En montant les escaliers, elle retint un soupir.
Non seulement elle n'avait rien à dire sur son rôle mais en plus Nantizo ne lui disait rien. Il fallait bien le patriarche des Cullen pour qu'il aborde ses origines…Elle avait remarqué que Carlisle avait relevé la remarque sur les expériences humano-hybrides. La question risquait fort d'être abordée dans les jours à venir…Elle esperait qu'elle n'allait pas subir d'interrogatoire.
Sa bouche lui parut sèche alors qu'elle déglutissait.
Rafael ne dit rien et s'endormit aussitôt posé dans son lit. Elle le contempla quelques secondes. Ce qu'elle l'aimait….
Elle songea à la proposition de Nantizo. Partir après la naissance du second héritier avec Rafael… C'était tentant. Elle n'arrivait pas à trouver à place dans ce monde, restant sous tension à toutes heures. Mais laisser son enfant et partir…en serait-elle capable ? Sacrifierait-elle sa famille- aussi bizarre soit-elle pour revenir a sa petite vie d'avant ?
Elle serra les dents en connaissant la réponse. Elle voulait être égoïste, pour une fois. Ne plus faire partie de ce monde, revoir sa famille. Elle baissa les yeux sur son fils en se mordant les lèvres. N'être qu'une poule pondeuse n'empêchait pas les sentiments.
Elle aurait voulu partir loin, loin de cet obsédant vampire qui lui faisait faire des choses dans lesquelles elle ne se reconnaissait pas. Mais elle ne pouvait se résoudre à tourner le dos à son enfant. Et dire que la naissance d'un deuxième était planifiée…
Elle se redressa mue par une impression étrange et scanna la pièce. Le Volturri était assis sur un appui de fenêtre et regardait au dehors, l'air absent.
Elle se leva et se dirigea vers la salle de bain. Sur le seuil elle se retourna.
-« Ne t'avise pas de rentrer. »
Le vampire garda le silence.
Etonnamment, elle pu prendre sa douche et s'habiller en toute tranquillité. Elle s'attendait à ce qu'il lui saute dessus dès leur arrivée, mettant en route le second dès que possible pour respecter au mieux ce fichu pacte qui semblait régir sa vie.
Elle passa vérifier que Rafael dormait bien –ce qui était le cas.
Elle n'en revenait toujours pas de sa vitesse de croissance. Il n'avait même pas trois mois et il avait l'air d'en avoir neuf.
Il ne savait pas encore tenir debout, mais adorait quand un adulte le mettait en position assise, contre un fauteuil et qu'il pouvait surveiller ce qu'il se passait. Par contre, il vocalisait de plus en plus, et adorait quand on prenait part à sa discussion en gazouillant gaiement. Rosalie lui avait dit qu'il commencerait à bientôt parler.
Une des rares fois où son fils semblait amuser Nantizo, c'était quand il prenait ses orteils en bouche. Le petit sacripant le savait et dès que Nantizo apparaissait, il le faisait. Puis il riait de son rire clair.
Quand il était dans les bras de son père, on ne doutait pas qu'ils avaient un lien de parenté. Le visage de Rafael s'amincissait imperceptiblement jour après jour, les traits apparaissant révélant un visage aristocratique ressemblant à celui du vampire. Ses yeux bleus devaient provenir du côté paternel, Liadan ne connaissait personne de sa famille n'ayant les yeux de cette couleur là. S'il n'avait pas eu une tignasse brune en broussaille tenant lieu de chevelure, elle aurait douté avoir participé à sa création. Mais il avait hérité du charme des vampires. Il était à égalité avec Renesmée quand il s'agissait de subjuguer les gens. Ne lui manquait qu'un pouvoir…
Elle sortit de sa rêverie et caressa la joue de son fils qui se replia sur lui-même dans son sommeil.
Elle jeta un coup d'œil au vampire qui n'avait pas bougé d'un iota et alla s'asseoir dans le salon, un livre pris au hasard dans la bibliothèque à la main.
Elle ouvrit la page, bien décidée à profiter de ce moment mais au bout de 2 minutes de tentatives infructueuses pour se concentrer sur les lignes devant elle, elle abandonna. Elle posa le livre en un geste sec sur la table basse et se leva sans grâce pour retourner dans sa chambre. Le Volturri n'avait toujours pas bougé. Elle était horripilée mais elle ne savait pas exactement pourquoi. Par contre, elle savait très bien à cause de qui.
-« Tu vas bientôt arrêter de faire ton vampire torturé par la vie et venir discuter de ce Pacte et de ce que ça signifie pour nous ? »
Il ne fit pas le moindre geste pour indiquer qu'il l'avait entendu.
Elle se rapprocha, vaguement inquiète mais surtout énervée.
Elle s'arrêta à une longueur de bras du vampire, qui était tourné de trois quart vers la fenêtre. Et se perdit dans sa contemplation.
C'était étonnant qu'il soit figé dans son physique. Elle aurait aimé voir ses cheveux pousser ou voir une barbe de quelques jours apparaitre sur ses joues.
Avec arrogance elle pensait pouvoir être en mesure de résister a présent, après tout elle avait fait le tour du personnage sous toute les coutures, le connaissait par cœur – du moins physiquement. Mais non, pathétiquement elle se rendit vite à l'évidence. Concernant son attirance physique, rien n'avait changé depuis ce fameux jour dans les cachots où elle l'avait croisé pour la première fois. Certes, elle était moins effrayé, à ses yeux il était plus, et bien, humain que jamais. Mais à l' instant où il tourna la tête et que ses yeux se posèrent sur elle, les secondes s'éternisèrent. De ses cheveux en bataille, à sa mâchoire masculine dessinée avec une précision d'orfèvre, deux fossettes marquants ses joues, son nez droit et ses yeux qui reflétaient toute sa sauvagerie…elle en oublia de respirer, épinglée par ses yeux de fauve à l'affut. Il était plus Magnifica Felinidae que jamais.
Il ouvrit enfin la bouche.
-« Tu disais ? »
Elle reprit difficilement ses esprits et le cours de la conversation. Elle avait chaque fois cette impression de perdre pied quand il la regardait vraiment. Il était dangereux. Elle s'enfonçait comme dans un sable mouvant. Il lui fallait du calme, du contrôle et de la patience pour en sortir. Le souci était que, sournois comme il l'était, elle n'était encore jamais arrivée à s'en extirper complètement. En inspirant par le nez, elle se rendit compte que pour son bien, elle devait s'éloigner de lui.
Un sourire horripilant commençait à apparaitre sur le visage du vampire. Elle aurait bien hurlé.
-« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? »
Mais pourquoi posait-elle cette question là ? Au lieu de le questionner sur le pacte, sur les Volturri et les Cullen, sur l'avenir de Rafael – et le sien. Sur ce second héritier et son destin.
Le vampire se déplaçait vers elle. Elle n'eut pas le temps de reculer qu'il l'attrapa par le menton.
-« Tu le sais aussi bien que moi, mon cœur. »
Elle se jeta dans le feu de ses yeux.
-« Je ne suis pas ton cœur, on le sait tous les deux. »
Il la transperça de son regard. Elle dégagea son menton, les larmes lui montant soudain aux yeux. Elle chuchota.
-« Je ne suis qu'une porteuse d'Héritier. »
Il se contenta de l'embrasser pour toute réponse.
Elle ne lutta pas mais ses baisers avaient un goût salé de défaite.
Il faisait de plus en plus froid. Si Rafael n'avait pas été présent, elle aurait sans doute attendu quelque temps avant de demander si on pouvait allumer le chauffage. Mais la présence du petit garçon changeait la donne. Donc, dans le manoir, la température était correcte, lui permettant d'uniquement mettre un pull.
Le mois de décembre débutait et de la neige éparse était déjà tombée. Rafael avait brièvement marché dans la neige, soutenu par Rosalie et sa mère. Quand elle avait fonduu il avait fait une scène pour qu'elle revienne. Liadan surveillait activement la météo depuis ce jour-là.
Elle avait brièvement abordé noël et la fin de l'année avec les Cullen et avait appris que ceux-ci le fêtaient avec enthousiasme. Normalement Jasper, Emmett, Nantizo et elle devaient faire leurs courses de noël dans la semaine. Alice avait décliné l'invitation à l'instant où la présence de Liadan avait été confirmée. Quand après maintes hésitations elle avait abordé la question du financement, Nantizo avait brandi une carte bancaire et la lui avait confiée, ainsi que le code. Elle avait évidemment levé les yeux au ciel (tout en empochant précieusement la carte et en se promettant de dépenser sans remords).
Jusque là, personne n'avait abordé son séjour chez les Volturri, mais Nantizo avait passé de nombreuses heures dans le bureau de Carlisle. Elle avait surpris plus d'une fois le regard mélancolique de celui-ci posé sur Rafael et elle.
Elle venait de donner son biberon à Rafaël et ils jouaient à présent sur un tapis devant le feu quand Rafael et Emmett revinrent d'une petite virée en ville.
Emmett débarqua dans la pièce en sautillant comme un gamin. Nantizo suivait, plus mesuré.
-« J'ai une surprise pour Rafael. »
Elle haussa les sourcils. Depuis quand ça arrivait ?
-« Je suis conscient que votre fils grandit. »
Ah, c'était une première ça.
-« Et qu'il se nourrit de sang. »
Mais encore…
-« Or, il ne trouvera pas toujours de biberons rempli dans sa vie. »
Elle plissa les yeux, voyant où il voulait en venir.
-« Ne me dis pas que… »
Avant qu'elle n'ait fini sa phrase, le Cullen brandit une boule de poil vaguement noire et brune sous une couche de crasse dans sa main gauche.
Elle entendit à peine Emmett (« tadâââ »), par contre, elle eu un aperçu du regard intéressé de Rafael. Elle se leva.
-« Non, Nantizo. Je ne veux pas ! »
Elle aurait voulu chuchoter mais sous le coup de la colère, elle parlait haut et fort.
-« Carlisle m'a conseillé de l'habituer dès maintenant à tuer des animaux. S'il goûte ton sang, il risque vite de marquer une préférence, et ce n'est pas ce que nous voulons. »
-« Nantizo, réfléchis deux secondes. Il boit du sang humain depuis qu'il est petit. Il peut continuer.»
En vérité elle était horrifiée. Elle ne voulait pas que son fils tue le chiot.
-« Du sang dans des pochettes et froid. Il ne doit pas s'habituer à mordre la chair humaine. C'est trop dur de résister. »
-« Tu as trop dur. »
Il fronça les sourcils, étonné.
-« Je n'ai pas touché à un seul humain depuis que j'ai posé les pieds en Amérique. »
Elle inspira, à court d'argument.
-« Il ne touchera pas ce chien. »
-« C'est ce qu'on verra. »
Nantizo la dépassa et posa le chiot devant Rafael.
-« Le diner est servi ! »
-« Non ! »
Liadan essaya de passer à côté de Nantizo pour sauver le petit animal, mais Nantizo l'attrapa par la taille, la tira vers lui et passa sa main libre derrière sa nuque. Le nez contre son torse, elle était immobilisée, n'ayant plus de vue sur Rafael.
Elle essaya de desserrer la prise du vampire mais abandonna rapidement. Elle trembla d'innombrables secondes. Elle savait qu'ils tuaiet des animaux pour se nourrir, mais elle n'avait jamais été là (depuis les Volturri, mais elle préférait oublié ces épisodes de diner malheureux). Et elle préférait ne pas voir. Et c'était un chiot, pour l'amour du ciel ! Pourquoi ne voulait-il pas l'entrainer sur des animaux dehors. Loin de sa vue de préférence.
Et c'était son fils, son bébé. Il était trop petit pour tuer. Elle se doutait que le jour où Rafael tuerait pour se nourrir arriverait mais elle n'était pas prête à intégrer la mise à mort et son bébé dans la même scène.
Nantizo la relâcha. Elle resta tendue plusieurs secondes. Elle n'avait entendu aucun bruit.
-« C'est bon, tu peux regarder. »
Elle hésita.
-« Il ne l'a pas tué. »
Elle se retourna. Rafael la regardait, l'air inquiet. La boule de poil noire et feu aux poils emmêlés à côté de lui n'avait pas bougé.
-« Qu'est-ce que tu fais ? »
Nantizo s'avançait vers eux.
-« Je lui montre. »
-« Non ! »
Sa voix résonna dans ses oreilles, tellement elle avait crié. Un jappement aigu retentit dans la pièce.
Sous son injonction, Rafael avait attrapé le chiot et le serrait contre lui, en toisant son père du regard. Nantizo s'immobilisa.
Rafaël en profita pour se détourner et la regarder, et tendre une main vers elle.
Elle bondit, attrapant l'enfant et le chien.
Elle leva la tête vers Nantizo. Celui-ci n'avait pas l'air affecté le moins du monde. Il haussa les épaules. Emmett qui avait assisté à toute la scène ouvrit la bouche.
-« De toute façon, il puait ce clebs. Son sang aurait dégouté Rafael d'essayer d'autres animaux. »
Le cœur tambourinant contre sa poitrine, elle emporta son fils et le chiot vers la salle de bain de leur appartement, l'un comme l'autre ayant besoin d'un bon bain. Le chiot se tortilla puis lui lécha la joue.
Elle soupira.
Un membre de plus à rajouter dans leur étrange famille.
Voilà, un petit avis/critique est évidemment le/la bienvenu(e).
A bientôt !
