Deux jours plus tard, Russell Kerban recontacte Patrick Jane qui accepte le marché. Sa démence lui répond.
-Vous n'aurez pas à le regretter !
-Maintenant, dites-moi tout sur John Le Rouge !
-Ce sera étape par étape. et raccroche.
Ne pouvant le cacher, le FBI est prévenu le lendemain matin. Ils conviennent qu'aucune habitude ne doit rester inchangée afin de ne pas éveiller de soupçon vis-à-vis du tueur qui pourrait guetter. Le chef espère un résultat mais ne souhaite de drame.
-Si le but est que l'agent Ganaëlle ici présente, sert d'appât pour ainsi lui tendre un piège afin de lui tomber dessus, je suis prêt à vous couvrir mais pitié, épargnez-moi un bain de sang ! puis s'adresse à la profileuse. Dès ce soir, vous serez sous protection. Bien évidemment, nos hommes ne devront pas se faire repérer par ce malade. L'équipe de surveillance sera divisée en cinq groupes de deux agents. Chaque voiture se fondra dans la masse, garée dans votre rue. Vous serez équipé d'un micro afin de garder le contact avec nous. Comme ça, en cas de problème, nous interviendrons.
-Je connais le principe.
-Nous mettrons tout ça au point en fin de journée.
Le chef demande à l'agent Ganaëlle ainsi qu'au mentaliste de se montrer très prudents. Réactif, Jane répond avec un sens commun.
-Cela va de soi !
Alors qu'ils quittent le bureau, le patron du FBI interpelle celui-ci dans le couloir.
-Oui !
-Je pense que l'agent Ganaëlle ne sait pas trompé à votre sujet.
-Je croyais que vous me dépréciez !
-Mauvais jugement de ma part !
Le consultant hausse les épaules, souriant respectueusement.
-Tout le monde peut se tromper !
Dans le pool, Mancini près de son bureau, fait preuve de piété envers Lana.
-Je sais que nous ne sommes pas en très bon terme parfois mais vu les circonstances….
Celle-ci, distante néanmoins.
-Tu veux dire comme chien et chat ?
-Ouais !
-Des regrets ?
-J'ai de l'estime pour toi.
Cette confidence la cloue sur place.
-Heureusement qu'il y a une chaise à proximité autrement je me serais cognée le cul par terre ! Comment ça se fait que tu ne sois pas avare de compliment ?
Jane répond ouvertement en s'incrustant dans la conversation d'une manière inattendue, avec culot.
-Il tâte le terrain afin de voir si il peut gagner ta confiance.
Mancini n'apprécie pas.
-Pourquoi vous contestez systématiquement ? Cela ne vous est pas venu à l'esprit que les gens peuvent être sincères ?
-Oh, bien sûr ! Mais vous concernant, ce qui serait représentatif de votre personnalité pencherait vers une tendance de lèche-botte.
-J'en ai rien à cirer de la façon dont vous me percevez !
Le mentaliste devient provocateur.
-Faux-cul !
L'agent Ganaëlle s'ingère.
-Jane, ça suffit !
Mancini se montre agressif, grossier sans lui sauter à la gorge comme il aurait pu en être capable auparavant.
-Allez vous faire foutre ! Vous n'êtes qu'un connard !
Il persiste cependant dans sa provocation.
-Beau chapelet ! C'est étonnant que je n'ai pas encore reçu votre poing dans la figure ! Vous en mourrez d'envie ! Vos narines gonflent, votre respiration bruyante s'entend jusque- ici. Vous ressemblez à un taureau prêt à foncer sur sa cible.
Lana demande ce qu'il cherche. L'agent fédéral décide de ne pas répondre à cette provocation.
-Laisse tomber ! rajoutant. Vous êtes une fouille merde ! Je vous plains !
Le mentaliste reste égal à lui-même.
-Il n'y a vraiment pas de quoi !
-Vous ne ferez pas long feu parmi nous, je vous le garantis !
-Oh ! Je retomberais sur mes pattes ! Vous vous en êtes bien sorti finalement.
-Vous me pompez l'air ! Qu'est-ce que vous voulez sous-entendre ?
-Je suis sûr que vous n'avez pas tellement défendu votre coéquipier lorsque vous avez été convoqué ensemble.
-Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?
-Après l'altercation, je ne vous ai pas trouvé alarmé. Vous pensez à votre petite personne.
La mâchoire de Mancini se contracte, le regard rempli de fureur sans détourner celui de Jane.
-C'est faux !
-Vous avez eu peur que l'on vous reproche votre laxisme. C'est mieux de se faire taper sur les doigts et de ne pas la ramener afin de ne pas avoir un blâme du chef.
-Mais où voulez-vous en venir ?
-L'agent Ganaëlle pourra-t-elle être en sécurité avec vous durant sa protection si cela dégénère ?
-Vous croyez que je risquerais de mettre en perdition la vie d'un agent ? Vous êtes plus malade que je ne le pensais ! Parlons de votre petite personne à présent ! Cela a eu un effet dévastateur, coûtant la vie à votre femme et votre fille. Alors pas de moralité !
Celui-ci déculpe la culpabilité du consultant qui est déjà bien présente puis s'en va. Patrick marmonne, blessé comme si on lui aurait planté un poignard dans le cœur.
-C'est bien fait ! Dent pour dent !
Lana exaspérée, l'emmène dans son bureau.
-Tu veux provoquer un duel ? Une épée ça t'irait ?
-C'est assez noble pour combattre.
-Jane ! Je ne plaisante pas !
-Bon ! J'admets que j'ai poussé le bouchon un peu loin mais c'était aussi par légitime défense.
-Je t'en foutrais de la légitime défense ! C'est toi qui as commencé !
-C'est parti tout seul.
-Ce n'est pas le moment de le rendre encore plus haineux envers toi sinon on risque de tout faire capoter à cause de cette animosité et le boulot sera bâclé ! Je tiens à en sortir vivante !
Concerné par ce qu'elle dit ainsi ce qui pourrait lui arriver.
-Moi aussi !
-Alors essaye de minimiser tes provocations en public malgré qu'il soit prédisposé à la crétinerie lorsqu'il s'agit de porter des attaques blessantes, gratuites pour renforcer ta culpabilité ! Comme tu l'as si bien dit par rapport à Mancini, c'est dent pour dent.
Le mentaliste se raisonne.
-Je ferais un effort. puis avant de sortir. Tu serais un très bon chef. Un peu trop autoritaire, pète-sec à mon goût mais bon chef quand même.
-C'est ça ! esquissant un sourire.
Il entrebâille la porte du bureau et par un signe de la main, sourit effrontément.
-A tout à l'heure, alors !
A dimanche donc pour la suite!
