CHAPITRE 36 - Petite mise au point
Le général O'Neill regardait droit devant lui. En salle de briefing il était à hauteur de la Porte. Carter était loin mais au moins, il n'aurait pas de torticolis en l'observant. Il était fou de rage qu'elle se mette en danger alors qu'elle s'était cogné le crâne moins d'une semaine plus tôt mais surtout à quelques jours de leurs dix ans de mariage, alors qu'elle portait leur enfant. Il ignorait ce qui le mettait le plus en colère...
Il savait qu'il ne devrait pas le prendre personnellement mais... c'était sa femme avant d'être son lieutenant-colonel. Pourtant, elle ne faisait que son devoir, le travail pour lequel elle était douée, même amnésique.
Elle sembla contente d'elle quand elle décida de quitter sa Porte bien-aimée. Jack serra les dents tout le temps de sa descente en rappel, assurée par Siler. Elle se rendit en salle de contrôle après avoir jeté un oeil vers lui. Elle avait esquissé un sourire mais elle le perdit quand elle avait croisé son regard : noir et froid. Il ne la retrouva pas dans la salle sous ses pieds, attendant qu'elle vienne lui faire son rapport. Il quitta la pièce pour reprendre possession de son bureau. Il était rangé et seule une pile de dossiers laissait entrevoir qu'elle avait travaillé ici.
Jack prit les dossiers déposés par Harriman dans sa bannette des papiers à signer et s'appliqua à ne pas penser à elle. Il entendit la Porte s'activer et le bruit bien connu du vortex en formation se fit entendre. Sam avait réussi, il devait lui reconnaitre ça.
Elle contacta SG1 et 3 pour leur signifier que la Porte était à nouveau opérationnelle. Carter prit son courage à deux mains et monta faire son rapport à son supérieur. Elle frappa à la porte du bureau et entra une fois invitée.
-"Mon général, ravie de vous revoir" commença-t-elle.
-"Je suis content d'être rentré pour vous voir faire des acrobaties à six mètres du sol, colonel !"
-"Je ne risquais rien, monsieur."
-"Ah ? Et si la Porte avait été activée ?"
-"Impossible, j'avais coupé le cristal maître. Aucun vortex, entrant ou sortant, ne pouvait se former."
-"On peut faire ça ?" demanda Jack, surpris.
-"Oui, mon général."
-"Ouais bon, ça n'excuse pas votre comportement irréfléchi et suicidaire colonel !"
-"Avec tout le respect que je vous dois, ce n'était pas suicidaire et parfaitement réfléchi, monsieur !" s'indigna Sam.
-"Nous jouer une représentation du Cirque du Soleil vous appelez ça comment ? Et je ne parle pas de votre... état !"
-"Mon général, le problème est-il personnel ?"
-"Pas du tout Carter ! Mais je pensais qu'une femme intelligente, comme vous, pourrait faire la part des choses et je ne vous savais pas inconsciente au point de risquer votre vie !"
-"C'est vous qui ne savez pas faire la part des choses, monsieur. Il me semble me souvenir que je suis là en tant qu'experte de la Porte des étoiles. Mon travail est de trouver comment la faire fonctionner, comment la réparer quand elle est en panne et trouver de nouvelles applications à son utilisation ! N'était-ce pas mon travail que je faisais, monsieur ?"
-"Vous êtes lieutenant-colonel, vous devez trouver des solutions et vous devez déléguer ! En tout cas, apprendre à le faire ! Et quant à ma manière de faire la part des choses, très bien ! Je vais changer !"
Sam déglutit avec difficultés suite à la menace à peine voilée.
-"Excusez-moi monsieur, mes paroles ont dépassé ma pensée."
-"Non Carter, c'est vous qui avez raison. On m'a fait la même remarque à DC" dit Jack, sur un ton sans appel.
Il allait congédier Carter, le temps pour lui de reprendre son calme. Cependant, il tomba sur la facture prévisionnelle de Siler.
-"Carter, c'est quoi ça ?" demanda-t-il, en lui tendant la feuille.
-"Hum..."
-"Pas la peine d'expliquer, je pense avoir saisi mais merde ! Vous avez fait exploser la moitié de l'étage, vous avez vu la note ?"
Jack était hors de lui, à nouveau.
-"J'ai déjà du mal à faire passer les budgets pour les dépenses courantes, où croyez-vous que je vais trouver une telle somme ?"
Sam baissa la tête.
-"Je ne sais pas monsieur" répondit-elle, en regardant ses mains croisées devant elle.
Il ne l'avait pas invitée à s'asseoir, elle était donc debout, les mains croisées devant elle, ses pouces se touchant à hauteur de son nombril.
-"Il est tard, je vous conseille de rentrer chez vous et de vous reposer."
Elle allait répondre qu'elle ne savait pas comment elle allait faire pour rentrer chez eux mais c'était à son mari qu'elle devait confier cela, pas à son supérieur. Aussi en colère que pourrait être Janet, elle ne refuserait pas de la consoler ni de la raccompagner. Elle ravala ses larmes en se rendant à l'infirmerie. Janet voulait lui faire la morale en la voyant arriver mais vu son visage, elle garda ses remarques pour elle, le général était passé avant elle.
-"Mon colonel ?"
-"C'est Sam !" répondit-elle, pleine de hargne.
Son mari venait de lui faire comprendre que le protocole serait remis en vigueur entre eux au travail, pas besoin que son amie fasse pareil.
-"Peux-tu me raccompagner s'il te plait ? Le général veut que je rentre..."
-"Oui, bien sûr. Va prendre une douche et te changer. Je te rejoins dans les vestiaires."
Sam obéit et Janet se dirigea vers le bureau de Jack.
-"Mon général, permission de quitter la base pour raccompagner le colonel Carter ?"
-"Pourquoi ?"
-"Parce qu'elle n'a pas de voiture et que c'est moi qui l'ai déposée hier, monsieur."
-"Ah oui. Euh bien sûr. Et, doc ? Ne soyez pas trop dure avec elle, j'y suis déjà allé un peu fort..."
-"Ce n'était pas intention, monsieur."
Jack hocha la tête, remerciant silencieusement le ciel d'avoir ramené Janet auprès de Sam.
