Chapitre 35 : Toujours, je m'enfonce un peu plus / POV Harry Potter
L'Ordre m'avait ramené au 12, Square Grimmaurd où je passais quelques jours avant de retourner à Poudlard.
Soit-disant c'était pour que je me repose après « les sévices » que je devais avoir subi chez Voldemort … En réalité, Dumbledore voulait surtout m'interroger avant que je ne retourne à l'école. Et j'imagine qu'un endroit familier fait plus causer …
Je passais de longues heures avec lui, ne disant pas le moindre mot au départ. Le vieux fou n'insistait pas, du moins pas à l'aide de mots. Car je pouvais sentir son esprit s'approcher tout près du mien. Au moins, l'Occlumencie que m'avait enseigné Tom allait servir à quelque chose.
Tom … C'était tout ce à quoi je pensais. Où était-il ? Me cherchait-il ? Est-ce que je lui manquais ? Son coeur saignait-il autant que le mien ?
J'avais mal, tellement mal. C'était comme une vilaine blessure qui ne voulait pas guérir. Il me manquait atrocement. Je n'avais jamais fait attention à ça au Manoir Riddle. Peut-être parce qu'on se voyait très souvent. Mais maintenant … Mon coeur semblait avoir perdu quelque chose … comme un morceau sans lequel il ne pouvait fonctionner normalement …
Par moment, ce manque se transformait réellement en douleur, me transcendant de l'intérieur. Je finissais très souvent par en vomir.
Au QG, tous les membres de l'Ordre était persuadé que le « véritable Harry » était de retour. Mes yeux vides et ma maigreur avaient du suffirent à les convaincre que j'étais resté prisonnier un long moment. Et je n'avais pas cherché à démentir ce qu'ils pensaient. A quoi bon de toutes façons ? Je voulais juste oublier. Oublier les derniers mois et reprendre le semblant de vie normale que je vivais avant. Je voulais l'oublier lui … quitte à m'oublier moi.
Aussi, à la vieille de mon retour à Poudlard, je servis à Dumbledore tout ce qu'il voulait entendre : que j'avais été kidnappé à l'école par les Serpentards avant d'être enfermé dans les cachots. L'attaque sur le Manoir Riddle avait déstabilisé le Mangemort qui me surveillait et j'avais donc pu m'enfuir.
C'était tellement n'importe quoi que j'étais au départ persuadé que le vieux fou ne plongerait pas là-dedans. Et pourtant … C'était à croire qu'il n'attendait que cela ! Il se mit à me raconter ce que le « faux Harry » avait fait en mon absence : j'avais quitté mes amis Griffondors pour emménager chez les Serpentards, j'avais renié Hermione et Ron au profit de Draco et de sa bande, et surtout (comble de l'horreur selon Dumbledore visiblement …) j'avais affirmé préféré les hommes.
« Alors que, Harry, tout le monde sait que tu aimes les femmes. Surtout la petite Weasley …
Son regard pétillant de malice n'avait fait qu'accentuer la nausée que j'avais déjà. J'étais parti vomir dès la fin de notre échange.
Mon mensonge avait plu à tout le monde. Surtout à Hermione et Ron qui ne pouvaient cacher leur joie de m'avoir « enfin retrouvé ». Et, comme Ginny était présente, je poussais le truc encore plus loin en allant l'embrasser très langoureusement. Au final, c'était moins pénible que ce je pensais … si on oublie le fait que mon coeur cessa presque de battre lorsque mes lèvres touchèrent les siennes …
Au milieu de tout ça pourtant, il y en avait un qui ne cru pas un mot de mon histoire : Sirius. Plusieurs fois avant mon départ, il m'intercepta dans les couloirs, me demandant comment j'allais. C'était compliqué de lui mentir à lui … Je préférais donc retourner à Poudlard le soir même, histoire d'éviter de parler avec lui de ma « nouvelle relation avec Ginny ».
A Poudlard, je ne pus que constater que j'avais bel et bien retrouvé ma vie « d'avant » : j'étais retourné au dortoir des Griffondors et, lorsque Draco et les autres réintégrèrent l'école, nos joutes verbales reprirent, plus violentes qu'elles n'avaient jamais été. Et il y avait aussi le cours de potions, où Snape me faisait vivre un véritable cauchemar. A croire qu'il m'en voulait …
Je pensais que j'irais mieux. Que le fait de « réintégrer » mon ancienne vie me permettrait d'oublier. La réalité était toute autre …
Ron et Hermione n'étaient que des abrutis, égocentriques et étroits d'esprit, qui se pavanaient devant les Serpentards, fier d'avoir récupérer le « Sauveur ». Lorsque j'étais avec eux, ils ne faisaient que de me raconter leur vie (surtout sexuelle) ou alors ils s'embrassaient. Je simulais ma joie … et je pleurais le soir venu lorsque j'étais seul dans le dortoir.
Mais le pire, c'était avec Ginny. Le moindre contact avec elle me déclenchait des crises de douleurs aiguë. Pire qu'un Doloris. Pomfresh m'avait préparé des potions anesthésiantes, pensant que je souffrais de blessures internes. J'en prenais une avant chaque rapport sexuel … et, très franchement, une potion de sommeil aurait été plus indiquée. C'était un horrible coup. Une sorte de petite pute qui ne faisait que gémir et dire des choses obscènes. On se serait cru dans un mauvais porno. Du coup, la plupart du temps je n'arrivais à rien. Mais c'était pas grave, parce que d'après elle « il fallait encore que je me remettes de mon emprisonnement » … Elle se satisfaisait des préliminaires … pour l'instant. Et lorsqu'elle partait, j'allais vomir.
Tom me manquait. Draco et les autres me manquaient. Et maintenant j'étais enfermé dans ce mensonge …
Me relevant de la cuvette des toilettes, où je venais une nouvelle fois de rendre mon déjeuner, je m'arrêtais au niveau du miroir de la salle de bain. J'avais vraiment une sale gueule.
Je commençais à tanguer et me rattrapais à l'évier, consolidant ma position face à mon reflet. Celui-ci me rappela Tom. C'est vrai que physiquement, on se ressemblait.
Les larmes me montèrent aux yeux.
« Tu me manques Tom … Je n'aurais pas du partir …
Je m'effondrais au sol.
