Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! En avance... mais j'ai passer une très mauvaise journée... donc j'avais besoin de faire quelque chose de positif donc: CHAPITRE ! ^^

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Réveil au lendemain des événements du chapitre dernier. Je vous promets du Clexa, nous reviendrons à Luna un peu plus tard...

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

I could've chose anybody J'aurais pu choisir n'importe qui

But I chose you Mais je t'ai choisi toi

Help me get better, Tu m'aides à aller mieux,

You pull me right out of the blue Tu me sors de mon blues.

James Arthur ft Emeli Sande - Roses

Chapitre 36 : Celle que tu es pour moi

Je me réveille en sursaut alors que les voix de Angus & Julia Stone monte dans la pièce. Je bondis sur mon téléphone alors que Julia a à peine le temps de prononcer le premier mot de la chanson Main Street. Je scanne la pièce que je sais remplie et remarque avec soulagement que je n'ai réveillé personne. Je passe une main dans mes cheveux en bataille en étouffant un bâillement. Passer une nuit sur un matelas gonflable entouré de cinq autres personnes dans moins de vingt mètres carrés, n'était pas des plus reposant.

Je frotte mes yeux dans l'espoir de ne plus sentir les picotements qui brûlent mes rétines. Je soupire. Les quatre petites heures de sommeil que j'ai réussi à grappiller ne vont jamais suffire pour m'aider à survivre à cette journée. J'ai conscience que j'aurais pu rentrer à n'importe quel moment mais rester avec Lexa me semblait être une bien meilleure option. Rien que de penser à son nom me fait sourire. J'aime de plus en plus cette nouvelle relation sur laquelle nous rebâtissons notre histoire.

Mais en fait … je n'ai peut-être réveillé personne dans cette pièce mais Lexa n'y est pas. Je fronce les sourcils en me levant. Je peste contre le bruit monstrueux que fais le matelas sous mon poids. Je prends mon sac et sors de la pièce non sans un dernier regard pour Luna qui s'est endormie dans les bras de Raven, une main dans celle de Nangila et en ayant certainement donné quelques coups de pieds à Elijah.

J'avais oublié que hormis la pièce dans laquelle nous avons dormi, tout le reste n'est que ruine. Jamais je n'aurais pu imaginer qu'il y ait pu avoir ce gigantesque studio au-dessus du bar de Kasia. J'imagine que c'est ici que Lexa veut vivre et que c'est ce qui explique qu'il y ait quelques endroits moins miteux. J'avance vers ce qui devait être par le passé la cuisine. Plusieurs touches de peintures habitent un des murs représentant cinq couleurs : le rouge, le jaune, le bleu, le violet et le gris. Je pense qu'elle essaye de choisir le ton qu'elle va donner à cette pièce.

Je sens mon portable vibrer dans ma main. Je soupire. Je n'ai pas besoin de regarder l'écran pour savoir que c'est ma mère. Samedi oblige, je dois me rendre à notre repas de famille et éviter d'être en retard. Ma mère déteste que je me fasse attendre. Mais avant de rejoindre la maison qui a habitée mon enfance, il faut que : un, je boive un café, deux, je rentre pour prendre une douche et changer de vêtements. Il est hors de question qu'elle me voit avec les mêmes fringues que la veille. Il s'en suivrait une longue discussion remplie de spéculations infondées.

Je descends au rez-de-chaussée. Quand je pousse la porte qui mène au bar, je repère tout de suite Lexa derrière le comptoir. Un torchon est placé sur son épaule alors qu'elle range des verres en hauteur. Je m'approche silencieusement en espérant pour une fois réussir à la surprendre. Je souris en percevant la musique à peine audible, du jazz pour changer. Je m'appuie sur le bois vernis et demande doucement :

-Je peux savoir qui chante ?

-Helen Merrill, en continuant à me tourner le dos.

-Et la chanson ?

-Beautiful Love.

-C'est plutôt jolie.

-Plutôt jolie, répète Lexa en me faisant face. Ce n'est clairement pas de cette manière que je définirais cette chanson. Tu ne peux pas dire ça, les paroles sont magnifiques.

-Tu as raison, je cède. Qu'est-ce que tu fais là ? Tu devrais dormir, non ?

-Je sais et j'aimerais dormir mais je n'y arrive pas.

-Tu fais toujours des insomnies ?

-Ça m'arrive. Et toi, quelle est ton excuse ? Madame je suis capable de dormir douze heures d'affilées ? Tu peux pas savoir comme je te jalouse…

-Repas hebdomadaire chez les Griffin.

-Les Griffin et le Kane, souligne Lexa avec amusement.

-Ouais… s'ils continuent à ce rythme, ce sera chez les Kane et une fois par semaine la Griffin.

Je fais semblant de me plaindre mais en réalité, j'adore l'idée qu'ils se soient enfin trouvés. Et puis, ils sont mignons tous les deux. Sauf quand je les surprends dans une cuisine avec très peu de vêtements sur eux, là ça craint ! Et c'est définitivement traumatisant.

Lexa éclate de rire, je relève les yeux légèrement. Elle est tellement belle quand elle rit. Je mordille ma lèvre inférieure alors que mon cœur se met à battre plus fort. J'ai dû être sacrément vernis au moment où l'on distribue les cartes pour notre avenir. Sinon, comment expliquer que j'ai eu la chance de la rencontrer ?

Imperceptiblement, mon regard devient plus doux. Depuis hier, j'ai remarqué que par plusieurs fois elle a utilisé ses capacités sans en ressentir une profonde honte. Je suis heureuse pour elle. Lexa s'accepte enfin dans son ensemble. Comme tout être, il y a chez elle une part d'ombre et de lumière, et depuis des années ce sont les ténèbres qui recouvraient son cœur mais depuis quelques temps, elle les laisse se dissiper pour enfin irradier entièrement.

-Lexa ?

-Hum…

-Non, laisse tomber. C'est une mauvaise idée.

Je me rattrape in-extrémis. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Je suis suicidaire ou quelque chose dans le genre ? Nous venons juste de nous retrouver. Ce n'est pas le moment de faire quelque chose d'irréfléchie.

Ouais… ça partait d'une bonne intention de ma part. Malheureusement c'est comme quand on essaye de rattraper un verre qui nous échappe des mains avant qu'il ne se brise : inutile ! Quoi que l'on fasse, la catastrophe arrive et je vous laisse deviner : ça n'a pas manqué !

-Tu veux que je t'accompagne chez tes parents ? demande Lexa d'une voix blanche.

Voilà, c'est ça. C'est exactement ça que je voulais éviter ! Lexa est en train de paniquer, tout ce que je ne voulais pas. Je suis mal. Comment je vais réussir à lui faire comprendre que ce n'est pas important, que je n'y ai pensé qu'une seconde ?

-Lexa…

-Tu le veux ?

-Je… je crois que j'aimerais que tu sois là mais nous savons toutes les deux que c'est une mauvaise idée.

-Mais tu le veux, insiste-t-elle.

-Lexa, je bougonne, tu ne m'aides pas là.

A la fin de ma phrase, elle fait pire que de me poser trois fois de suite la même question ! Si, si… il y a pire. Elle me fixe avec ses magnifiques yeux et porte sur moi un regard qui veut clairement dire : pas la peine de me mentir ou de dévier la conversation, je sais et tu sais que je sais, que tu veux que je vienne avec toi.

Et puis merde ! Évidemment que je veux qu'elle vienne ! Rien que l'idée de la quitter plus d'une minute m'angoisse au plus au point. Je veux passer chaque heure, chaque minute, chaque seconde qui m'ait été données à ses côtés. C'est celle que j'aime à la fin !

Je m'apprête à lui répondre que ce n'est pas parce que c'est ce que je veux que nous devons le faire mais soit, elle a disparu comme par magie, soit, elle est devenue invisible. Je me retourne… soit, elle est partie chercher une veste, son sac et ses clefs. Je soupire en secouant la tête quelque peu amusée par son comportement. A croire que Lexa non plus ne peut plus se passer de moi.

Je m'avance avec le sourire. Je suis à sa hauteur quand elle me tend ma veste. Je lui prends des mains avant de la plier en deux et de la placer sur mon avant bras. J'inspire un bon coup avant de tenter un dernier coup :

-Tu ne devrais pas rester avec Luna ?

-Je vois très bien ce que tu essayes de faire, m'accuse Lexa.

-Ah oui ?

-Je vais venir avec toi parce que tu as envie que je vienne. Luna est très bien entourée. Je ne m'inquiète pas et si elle avait en effet besoin de moi, elle m'enverrait un sms.

-Ça se tient.

Je crois que je n'ai plus qu'à baisser les armes. Lexa a gagné et haut la main qui plus est. Je soupire pour la forme mais en vérité, je suis heureuse qu'elle vienne avec moi. Mais il me manque quelque chose. Rien de grave mais c'est tout de même important.

J'ai besoin de savoir.

Je me redresse légèrement pour éviter de gesticuler. Je peux voir Lexa froncer les sourcils. Je devine par son attitude qu'elle n'a pas deviné qu'elle est ma prochaine demande. Parfait. J'aurai bien eu besoin d'un petit coup de pouce. Un sourire crispé vient étirer mes lèvres. C'est peut-être trop tôt. Je n'ai pas envie de l'effrayer. J'ai besoin de Lexa.

Mes dents viennent légèrement pincer ma lèvre inférieure alors que mon regard s'ancre dans le vert si unique qui compose les iris de Lexa. Les yeux de Lexa m'ont toujours semblé être le centre de l'univers. Je pourrais revivre grâce à son regard et dépérir à en être trop éloigné. Cette nuance éclatante de menthe est mon souffle de vie.

-Qu'est-ce que nous sommes ? Qu'est-ce que j'ai le droit de dire ?

Je peux lire la surprise se dessiner sur le visage de Lexa avant qu'elle ne s'avance pour me voler un baiser. Une douceur enivrante. Une perfection presque insolante. Elle murmure :

-Je n'existe que pour t'aimer, je suis pour toi tout ce que tu veux que je sois.

Mais sérieusement, qui dit ce genre de choses ? C'est pas humain ! Mon palpitant est au point de rupture. Je suis presque sûre que je suis au bord de la crise cardiaque. Ce n'est pas si insensé. Les gens peuvent bien avoir littéralement le cœur brisé après une rupture alors pour quelle raison ne pourrait-on pas mourir de bonheur ? Ce ne serait que justice…

Sauf que je refuse de mourir. Je serais incapable de laisser Lexa seule. Comme je l'ai dit, j'ai besoin d'elle. Je comble l'espace qui nous sépare pour la serrer dans mes bras. Je colle mon oreille contre sa poitrine et je peux distinguer son cœur qui lui aussi semble fou.

-Je t'aime tellement, je murmure.


Après un passage éclair au duplex où nous nous sommes douchées et changées, sans oublier un commentaire désobligeant sur le fait que Meeko est devenu énorme de la part de Lexa, nous venons de nous garer devant la maison de mon enfance. Aucune de nous n'ose bouger, c'est à peine si Lexa a eu le courage de couper le moteur. Je ne le sens pas ce déjeuner, je ne le sens pas du tout !

Je suis certaine que nous pouvons encore faire demi-tour. Ce n'est pas comme si ma mère avait des sonars à la place des oreilles tous les samedis... Elle serait capable d'entendre la voiture dans laquelle je suis arrivée à quinze kilomètres !

Je jette un œil au cadran de ma montre. Génial… en plus nous sommes en retard. Je soupire. Non vraiment, c'est une mauvaise idée. J'entends la portière côté conducteur s'ouvrir. Non mais qu'est-ce qui lui prend ? Lexa est devenue folle ? Je saute presque hors de la voiture et la rattrape avant qu'elle ne franchisse le portail.

-Non mais je peux savoir ce que tu fais ?

-Je m'éloigne de la panique que tu représente.

-Parce que tu n'es pas effrayée peut-être ?

-Bien sûr que si.

-Alors quoi ? Tu vois le boss final alors que tu n'es qu'au niveau un et tu fonces ?

-Depuis quand tu fais des références aux jeux vidéos ?

-Depuis… d'accord c'est le seul exemple que j'ai trouvé mais ce n'est pas une raison pour courir vers le danger. Je… nous devrions prendre le temps d'y réfléchir.

-Ce n'est qu'un déjeuné, sourit-elle.

Lexa ne se rend définitivement pas compte des risques qu'elle prend. Et si ma mère était horrible ? Et si elle lui faisait du mal ? Et si les pensées très visuelles de ma mère créaient un choc terrible à Lexa ? Et si je n'arrivais pas à la protéger ? Et si…

-Clarke, souffle-t-elle. Je sais dans quoi je mets les pieds.

-Non tu ne sais pas, je contre.

-Okay. D'après ce que je connais d'Abby après l'avoir analysé jusque là, il y a trois réactions qu'elle peut avoir. Hypothèse une : elle me gifle ce qui serait douloureux mais furtif. Hypothèse deux : elle nous claque la porte au nez en nous voyant ensemble, moment de solitude pour nous deux et très gênant. Hypothèse trois : elle se renferme dans le silence, ce qui est la pire option parce que nous savons toutes les deux que ce ne sera en aucun cas "silencieux" pour moi.

-Je ne pense pas que…

-Clarke, de quoi as tu peur ?demande-t-elle doucement.

J'écarquille les yeux. De quoi est-ce que j'ai peur ? Pas la moindre idée. La seule chose qui me bouffe c'est l'idée que quelqu'un puisse faire du mal à Lexa, la briser un peu plus si possible. Et, ma mère peut-être terrible.

Ou alors…

-Ou alors ? me demande avec tendresse Lexa.

-Non.

-Clarke ?

-Ça ne peut pas être ça, j'en suis sure.

-Pourquoi ?

-Mais parce que je n'ai jamais cherché son approbation dans aucune de mes relations.

Et pourtant c'est bien ça. La simple idée que ma mère puisse rejeter Lexa me comprime le cœur. Je ne supporterai pas qu'elle refuse la présence de celle que j'aime. Ce serait… un véritable déchirement. Personne avant Lexa n'a été assez important pour que je ressente cette peur.

-Tout va bien se passer, m'assure Lexa en caressant amoureusement ma joue.

-Mais et si…

-Nous aviserons à ce moment.

-D'accord, je murmure en glissant ma main dans la sienne.

J'ouvre le portail et nous avançons jusqu'à la porte d'entrée. Là, j'hésite encore. Juste encore une minute ou deux… je me tourne vers Lexa. Je lève mon index pour l'empêcher d'intervenir. Je veux juste un dernier moment de paix.

-Je suis sûre que tu peux trouver une chanson pour ce moment.

-Une chanson, elle hausse un sourcil.

-Ouais ! Vas-y, du tac-au-tac, qu'est-ce qui te viens,, maintenant, tout de suite ?

-Euh… c'est plus une chanson sur l'amour que sur "nous allons fièrement affronter maman Griffin" mais je dirais Scare Me de Kenny Chesney.

-Pas la moindre idée de ce que peut-être cette chanson. Tu sais qu'avant de te connaître, j'étais persuadée d'avoir une bonne culture musicale ?

Elle rit doucement, ce que je peux aimer son rire. J'en frissonne à chaque fois. Elle me rapproche, me prend dans ses bras. Ses lèvres sont presque collées à mon oreille alors qu'elle chantonne quelques paroles de la chanson.

Ain't seen nothin' that could hold me Je ne vois rien qui puisse me retenir

Say good-bye and don't look back Dire au revoir et ne pas regarder en arrière

Running, always ready Courir, toujours près

Feel as strong and steady Se sentir aussi fort et stable

But you scare me Mais tu me fais peur.

La voix de Lexa semble glisser sur moi et me caresser. Jamais je n'aurais pu imaginer qu'elle puisse aussi bien chanter. C'est magnifique. Elle s'éloigne en ancrant son regard dans le mien. Je lui souris en hochant doucement la tête. Je suis prête.

Sans plus réfléchir, je laisse mon poing toquer sur la porte d'entrée. Il faut à peine trente secondes à ma mère pour nous ouvrir. Elle est encore habillée de son tablier. Je vois qu'elle est prête à me reprocher mon retard avant que sa mâchoire ne tombe. Je crois que si elle continue de regarder Lexa avec son menton qui tend un peu trop vers le bas, il va finir par tomber violemment contre le parquet. Je tente de dire quelque chose mais je n'ai le temps de rien faire.

L'hypothèse deux de Lexa se réalise. La porte claque violemment. J'écarquille les yeux en me demandant si ma mère vient réellement d'accomplir une suite de geste aussi immature. Je me mets de biais pour mieux observer Lexa. Elle a une main coincé dans ses cheveux, l'autre qui triture la monture de ses lunettes et ses joues sont gonflées d'air.

-A quoi ma mère vient de penser ?je demande légèrement en colère ?

-Je préfère garder ça pour moi.

-Lexa, je menace.

-Qu'elle allait chercher un scalpel dans la trousse de secours pour me faire la peau.

-Mon dieu, je me tourne vers la porte, ça ne faisait partie d'aucune de tes hypothèses, j'ouvre violemment la porte, MAMAN, je hurle, lâche ce scalpel immédiatement ! Je te préviens, si tu penses ne serait-ce qu'à lui faire du mal, je te ferai vivre un véritable enfer ! À côté, la réaction de O quand tu lui a annoncé qu'elle ne pouvait plus faire de sport pour les prochains mois sera une vrai balade de santé ! Ah, salut Marcus, je prononce poliment en passant à côté de lui. MAMAN, je cris de nouveau en n'ayant pas de réponse.

Je n'arrive pas à le croire. Elle va vraiment m'obliger à monter. J'oublie la politesse et les règles d'hygiènes de la maison et grimpe les marches deux par deux, mes baskets toujours bien lassées à mes pieds. Je me retrouve à batailler contre une porte fermée à clef. Je peste. Et après, c'est moi l'enfant de la maison ? Vraiment n'importe quoi !

Je donne un coup de pied dans la porte, je grimace la seconde d'après. Je ne pensais pas avoir été si violente dans mon geste. Je jure que si elle ne m'ouvre pas dans la seconde, je fais un scandale ! Je grogne un "maman" à peine audible en serrant les dents. J'expire une bouffée d'air gigantesque avant de concevoir :

-J'aurais peut-être pu te prévenir que…

La porte s'ouvre brusquement. Ma mère me pointe avec le scalpel. Je n'arrive pas à croire qu'elle soit vraiment allée le chercher. Elle le fait gesticuler dans tous les sens. C'est pas grave, ce n'est pas comme si s'était aussi tranchant qu'un sabre laser, tout va bien, je ne suis pas du tout en danger. Elle arrête de mouvoir son poignet armé comme s'il était désarticulé en soulignant :

-Tu aurais me prévenir qu'elle serait là.

-Maman, je soupire. Lexa et moi, nous sommes de nouveau ensemble.

-Non. Je refuse, c'est hors de question.

-Je ne te demande pas ton avis, je dis calmement.

Je ne sais pas si c'est le ton ou le contenu mais ma mère semble enfin mis sur pause. Elle écarquille les yeux avant de froncer les sourcils. J'aimerais bien pouvoir suivre le cheminement de ses pensées même si Lexa a souligné de nombreuses fois à quel point il était flippant d'entrer dans la tête de ma mère.

Elle me pointe de nouveau avec le scalpel. Je sursaute. Il va vraiment falloir qu'elle arrête de faire ça. C'est super dangereux ! Elle ouvre la bouche une première fois. Je vois presque les mots mourir sur ses lèvres. Le geste se répète une seconde fois puis encore et encore et encore. Très bien, j'ai compris, c'est à moi de prendre les rênes.

-Je sais que tu crois devoir être en colère parce qu'elle m'aurait fait du mal.

-Elle t'a fait du mal, me corrige-t-elle.

-Pas plus que je lui en ai fait,je souffle tristement. Je te l'ai dit un bon million de fois mais cette séparation, aussi douloureuse a-t-elle été, il n'y a pas qu'une et unique fautive. Je… ce que j'ai fait est même sûrement pire.

-Je ne pense pas que…

-Maman, je la coupe le plus poliment possible, elle est partie au milieu de nulle part au Ouganda, en Afrique, j'ajoute alors que je sais que c'est inutile. Tu arrive à t'imaginer assez désespérée pour partir à l'autre bout du monde ?

Je sais que la réponse est non. Même après la mort de mon père, le plus loin qu'elle soit allée, c'est la frontière de New-York et encore, je n'en suis même pas sûre. Elle a trouvé un autre moyen de s'évader : son boulot. Peut-être que Lexa aurait fait pareil si l'affaire Nia Queen ne lui avait pas explosé à la figure au même moment. Peut-être…

En vérité, je me rends compte que d'une certaine façon, nous avions besoin de cette séparation. Au début, elle nous a anéanti mais elle nous a permis d'évoluer. Il n'y a qu'à voir ce qu'à fait Lexa hier. Elle a été merveilleuse. Mais la vérité, c'est qu'avant ces six mois, jamais elle n'aurait eu assez de confiance en elle pour se jeter dans une telle confrontation, pas même pour Luna. Et moi… j'ai conscience d'avoir aussi changé, je le vois dans les yeux de Lexa. Je ne sais pas à quel point j'ai évolué mais je sais que sans son départ, je ne serais pas celle qui se tient aujourd'hui devant ma mère pour nous défendre.

-C'est l'amour de ma vie maman. Je ne la perdrai pas, pas même pour toi.

-Je vois.

-Vraiment ?

-Hum hum…

-Tu peux être plus explicite ?

-Tu n'as jamais pris la peine de défendre qui que ce soit comme tu viens de le faire. J'ai très bien compris que je n'avais rien à redire. Je vois que tu l'aimes Clarke mais… comment savoir si…

-Tu pourrais commencer par poser ce scalpel, oublier toutes les façons de la tuer, descendre et lui demander.

-Très bien.

-Je suis sérieuse maman, ne pense plus à la tuer.

-Je vais essayer.

-Non, je gronde, tu le fais.

Je ne sais pas s'il existe réellement un moyen pour l'empêcher de penser à d'éventuels meurtres une fois qu'elle sera devant Lexa mais il fallait que j'essaie. Peut-être que ma petite amie sera moins perturbée. Mon cœur tressaute… c'est la première fois depuis qu'elle est revenue que je pense à elle de cette façon. Je ferme les yeux pour apprécier la sensation.

Je souris en me souvenant de ce qu'elle m'a dit au bar. Elle sera tout ce que je veux qu'elle soit. De toute évidence, je veux qu'elle soit ma petite amie alors, c'est ce qu'elle sera.

Je n'ai pas le temps d'apprécier le moment pour la simple et bonne raison que j'ai complètement oublié que Lexa était encore à la porte quand je suis entrée dans la maison en trombe. Jamais, elle n'aurait oser entrer seule, sans permission.

-Merde.

Je dévale les escaliers, manque de trébucher sur l'avant dernière marche. Mon souffle se coupe alors que je me rattrape maladroitement à la rambarde. Okay… il faut que je ralentisse, enfin, juste un peu. Je me précipite jusqu'à l'entrée. Je blanchis au moment où je découvre la porte fermée. Je jure de nouveau dans ma barbe, j'ouvre avec fracas la planche de bois avant de tomber de haut en réalisant qu'il n'y a personne.

Lexa ne serait tout de même pas partie sans me dire au revoir. Cette idée me semble stupide pourtant sans aucune explication, je m'avance et me sens infiniment rassurée en voyant sa petite voiture rouge toujours garée devant chez moi. J'entre de nouveau dans le hall et réfléchis.

Je souris en réalisant que mon héro à sûrement une nouvelle fois frappé. Évidemment que Marcus n'a pas laissé Lexa seule. Je m'avance jusqu'au salon le plus discrètement possible. J'ai à peine posé un pied dans la pièce que Lexa se retourne pour me sourire. Je sais que ça ne devrait plus m'étonner qu'elle sache toujours avec exactitude où et quand j'apparais mais tout de même… je reste surprise à chaque fois.

Je tends mon bras pour déposer ma main sur son épaule. J'effectue une petite pression comme pour lui assurer que tout va bien et lui sommer de ne pas s'inquiéter. Je me perds quelques secondes dans ses yeux avant de m'installer à ses côtés. Je réalise seulement à ce moment qu'elle est seule. Je me demande où est mon preux chevalier. Naturellement, nos mains s'enlacent. Je m'apprête à demander à Lexa si elle sait où est Marcus quand elle chuchote :

-Dans la cuisine, vérifier que le poulet ne brûle pas. Comment va ta mère ?

-Comment tu vas toi ?

-Hypothèse deux, répond-elle en haussant les épaules.

-Lexa, ce n'est pas parce que tu t'y attendais que c'est moins douloureux.

-Je vais bien, me rassure-t-elle. Mais dis-moi pour Abby.

-Elle a laissé tomber son scalpel.

-Elle ne m'aurait jamais fait de mal, affirme-t-elle en riant doucement.

-Je t'assure qu'Abigail Griffin peut-être très imprévisible par moment.

-Je veux bien te croire. Mais, contre-t-elle avant de s'avancer à mon oreille pour que je sois la seule à entendre, tu sais très bien que la partie est truquée, c'est comme jouer avec des dés pipés, être imprévisible avec moi c'est… compliqué.

Mouais, je ne suis pas certaine à cent pour cent que Lexa ne risque rien avec ma mère. Rien que de les savoir dans la même pièce m'angoisse. Je suis certaine qu'elle va trouver un moyen d'embêter ma petite amie et ça ne me plaît pas du tout. Qu'est-ce qui m'a pris de vouloir qu'elle vienne avec moi ? Je le savais pourtant que ce serait un véritable désastre !

-Clarke, murmure Lexa, calme toi, je t'en prie.

-Je fais ce que je peux, je réponds les dents serrées.

Je perçois un soupir s'échapper des lèvres de Lexa. Je tourne mon regard vers la cuisine en entendant un bruit tout sauf rassurant. Je suis sûre que Marcus à encore claqué la porte du four, heureusement que ma mère n'est pas là, elle l'aurait incendié. D'ailleurs…

Lexa murmure mon prénom. Je me retourne prête à formuler de nouvelles excuses. Je fais ce que je peux pour contrôler mes inquiétudes pourtant un nombre fulgurant de pensées diverses fusent dans mon esprit torturé. Je suis prise complètement au dépourvu quand les lèvres de la brune viennent caresser les miennes. Je me sens sourire alors qu'elle s'éloigne un peu trop tôt à mon goût. Je m'apprête à protester mais elle trouve les mots parfaits pour éviter d'argumenter quoi que ce soit de plus :

-Abby arrive.

On est d'accord, mieux vaut éviter qu'elle nous trouve bouche à bouche collées à l'autre pour le moment. Je viens à peine de réussir à la calmer. Ce serait dommage qu'elle change d'avis et qu'elle souhaite à nouveau la mort de Lexa.

La brune ferme les yeux en grimaçant avant d'inspirer profondément. Je me demande si tout va bien pour elle. Elle fait glisser son pouce et son index sur ses tempes comme pour chasser une vilaine migraine. Je caresse son épaule en espérant que le contact lui permettra de se raccrocher à la réalité, de revenir vers moi.

Un infime sourire étire ses lèvres alors qu'elle relève ses cils me permettant de détailler ses magnifiques iris. Elle semble aller bien. La brisure dans ses yeux ne semble pas prédominer. J'aimerais pouvoir la prendre dans mes bras pour l'aider mais comme elle vient de le souligner : ma mère arrive.

Le pas traînant de ma mère se stoppe brusquement, pour un peu, on aurait le droit à une musique d'ambiance de film d'horreur type Psychose. Rien que de l'imaginer, j'en ai des frissons. Je me tourne lentement, juste pour m'assurer qu'elle a bien laissé son arme à l'étage. Je ne distingue rien dans ses mains. Je me racle la gorge avant de demander :

-Tu compte rester là ? Parce que c'est flippant.

-Non bien sur que n… où est Marcus ?

-La cuisine.

-Très bien, soupire-t-elle, dans ce cas, nous allons commencer sans lui.

Ma mère vient s'installer juste en face de nous. En une seconde, elle arrive à passer du regard tendre pour moi à meurtrier pour Lexa. D'ailleurs, la brune à mes côtés se tend légèrement. Sans réfléchir, je viens glisser ma main dans la sienne et effectue une petite pression pour la soutenir du mieux que je peux. Les yeux de ma mère se fixe alors sur nos mains, elle semble surprise par le geste.

Je ne sais pas à quoi elle pense en ce moment, mais Lexa tente de se dégager. Plutôt mourir, je serre un peu plus mes doigts avant de lancer un regard d'avertissement à ma mère. Il va falloir qu'elle s'y fasse, à partir de maintenant, c'est Lexa et moi. Il n'y a pas de négociation possible, c'est ma vie, en soit une dictature pas une démocratie et même si ça l'était, une certaine personne qui se vantait de m'avoir donné la vie, n'aurait pas le droit de vote. Du moins, je lui demanderais de s'abstenir tant qu'elle ne fera pas d'effort avec Lexa.

-Alors comme ça, débute ma mère, vous êtes de nouveau ensemble, sans plus y réfléchir. Un claquement de doigts et c'est tout ?

Je vais la tuer. Je suis obligée de la tuer. Elle m'avait promis qu'elle ferait des efforts. Pourquoi est-ce qu'elle agit comme ça ? C'est presque pire que le scalpel !

-Ce n'est en rien une décision prise sur un coup de tête, intervient Lexa.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle intervienne. J'ai bien remarqué que depuis son retour, elle parlait un peu plus mais de là à adresser la parole à ma mère… ça je ne l'avais pas vu venir. Je suis tellement fière d'elle. Mon regard est empli d'admiration pour elle et ma colère s'estompe immédiatement.

Hurler "je t'aime", depuis le haut d'un immeuble, j'ai de nouveau envie d'accomplir cette folie. A la fin de cette pensée, je distingue de légères rougeurs tintées les joues de Lexa. Je suis contente qu'elle ait entendu parce que c'est vrai. Je serais même capable de m'égosiller là, au milieu de ce salon, devant ma mère.

Lexa se tourne brusquement vers moi. Ses yeux sont écarquillés au possible alors que sa tête se balance de droite à gauche. Elle semble effrayé alors que ses lèvres miment un : je te l'interdis. J'éclate de rire. Je ne suis pas toujours obligée de me plier à sa volonté.

De la terreur, vraiment, c'est de la terreur qui habite maintenant ses parfaites émeraudes. Je lui souris. Je la vois presque me supplier de ne pas faire ça. Mais il le faut. Elle essaye encore de me convaincre de ne rien dire. J'inspire. Je n'ai pas le choix.

-Celle que tu es pour moi, c'est l'amour de ma vie et ma mère doit le savoir.

Le bruit du verre brisé aurait pu détacher nos regards mais ce ne fut pas le cas. Les noms d'oiseaux qui fusent depuis la bouche de Marcus auraient dû nous sortir de notre bulle mais il n'en est rien. L'exclamation de ma mère à peine exagérée aurait certainement dû nous permettre de nous reconnecter à l'instant T mais il n'y avait que l'autre.

Lexa est mon monde.


You're my world, Tu es mon monde,

You're every breath I take Tu es chaque souffle que je prends
You're my world, Tu es mon monde,

You're every move I make Tu es chaque mouvement que je fais
Other eyes see the stars, up in the sky D'autres yeux voient les étoiles, dans le ciel
But for me, they shine within your eyes Mais pour moi, ils brillent dans tes yeux

Tom Jones – You're my world

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Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Le début de l'affrontement avec Abby est lancé ! Des suggestions pour la suite ? Après le scalpel, quelles autres idées farfelues pourrait-elle avoir ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Il n'y a que des musiques aujourd'hui… n'oubliez pas la playlist sur Youtube ! ;)

Note n°1 : James Arthur ft Emeli Sande – Roses est la chanson d'ouverture du chapitre.

Note n°2 : Angus & Julia Stone – Main Street

Note n°3 : Helen Merrill – Beautiful Love

Note n°4 : Kenny Chesney – Scare Me

Note n°5 : Tom Jones – You're my world est la chanson de clôture de ce chapitre.

Demandes:

Pour fêter les futurs 800 reviews, j'aimerai vous écrire un OS vous avec un ship préférer ? Clexa, Ranya, Wayhaught, Supercorp...? Un sujet peut-être?

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : A quoi tu penses ?

GeekGirlG.