Bien le bonsoir! Voici le chapitre du jour, avec un avant-goût de la scène que vous attendez tous : les têtes des gens quand ils découvrent Krokmou. Dans ce chapitre, vous voyez comment réagissent les patrouilleurs classiques. Dans le prochain, vous découvrirez comment réagissent les dirigeants, et Stoïck, bien entendu.
Réponse au commentaire :
Jessica Lmx : Bien sûr que je réponds au commentaire! Dès ma deuxième fic, je me suis engagée à répondre à tous les commentaires, même s'il m'arrive de le faire en retard ou d'oublier pour certains auxquels je ne répondre de suite. Tu prends le temps de lire la fic et de laisser un avis, il est normal que je prenne quelques minutes pour te remercier et te répondre. Ah, je suis contente d'avoir pu toucher les gens avec le sort d'Angus, c'est la preuve que mon histoire a bien pris racine! Angus te remercie de ton inquiétude!^^ Pour l'indignation de Rustik, tu devras attendre au prochain chapitre. Merci pour ton commentaire.
Merci, comme toujours, pour votre soutien et vos commentaires. Bonne lecture!
- Je pense que je devrais arrêter ton apprentissage et te donner à Jenny, commente Rand.
- Vous ne feriez jamais ça! s'exclame Harold.
- Je l'envisage très sérieusement. Vu comment tu t'es introduit dans le réseau des patrouilleurs et comment tu as dirigé ta petite armée pour t'enfuir de la base, tu ferais un espion de premier ordre.
- Agent de renseignement, dit Harold.
- C'est la même chose. Jenny serait vraiment ravie de t'avoir à sa disposition.
- Je ne veux pas, je veux juste être un Guide, vous le savez.
- D'un autre côté, poursuit Rand sans tenir compte de la remarque de son apprenti, ça pourrait être dangereux. Jenny est déjà effrayante mais si jamais on lui donne une personne aussi douée et intelligente, mais qui manque de sens commun, ma chère épouse pourrait se mettre dans la tête de conquérir le monde et rien ne pourrait l'arrêter. Oui, tout bien réfléchi, il est préférable de te garder en tant qu'apprenti.
- Je ne sais pas si je dois me sentir honoré ou insulté, commente Harold.
- Honoré, très certainement.
- J'ai un sérieux doute.
- Monsieur Oneur, nous allons conduire le cauchemar à l'aire de soins, continuez tout droit, vous devriez trouver la base de commandement sans problème.
- Compris. Merci pour votre aide.
Le patrouilleur assit sur un dragon vipère salue Rand puis s'éloigne avec ses collègues. Quatre dragons portent prudemment un filet dans lequel est installé Angus. Rand et Harold regardent les patrouilleurs s'éloigner avant de reprendre leur chemin. Lame et Krokmou, indifférents à l'état de la ville, volent tranquillement tandis que leurs partenaires examinent les dégâts infligés à la capitale. La plupart des bâtiments sont endommagés, certains sont carrément écroulés. Les maisons individuelles semblent s'en être tirées à bon compte, juste quelques fenêtres brisées ou des morceaux de toits manquants. Les routes sont en mauvais état et le goudron est fissuré à de nombreux endroits, quand il n'est pas tout simplement absent. Les espaces verts de la ville ont pour la plupart été réduits en cendres. Il n'y a aucun humain ni dragon dans les rues, pas même un rongeur ou un oiseau, et le silence qui y règne est lourd.
- J'ai l'impression d'être dans un film apocalyptique, dit Harold en secouant la tête.
- Ce n'est pas une impression. Et ce n'est pas un film, non plus. Nous sommes en plein Ragnarök.
- Oh, c'est rassurant. Les dieux ne vont pas tarder à arriver, dans ce cas. Après tout, il ne peut pas y avoir de fin du monde sans un combat divin.
- Garde ton sarcasme pour plus tard, je pense que tu en auras besoin. Je voulais simplement dire que lorsque nous aurons repoussé le Sharkgrifs, les journalistes et historiens s'empresseront de faire des références à la fin du monde. Je dois admettre que ça y ressemble fortement.
- Pourvu qu'il n'y ait pas de zombies, marmonne Harold en frissonnant. J'ai horreurs de ces choses.
- Nous avons déjà des dragons tout droit sortis des Enfers, pourquoi ajouter des zombies?
- C'est moi ou vous êtes cynique aujourd'hui?
- Tu te fais des idées.
La conversation est coupée court quand les dragons émergent de la rue sur une large place encombrée de tentes militaires et de matériel. Une aire est aménagée et dégagée pour permettre aux dragons de s'y reposer alors que les humains circulent entre les tentes. Un bâtiment est également utilisé, sa porte étant ouverte et des gens ne cessant d'y entrer ou d'en sortir. Quand Lame et Krokmou arrivent, presque personne ne s'en aperçoit. Cependant, cela change au fur et à mesure que les deux dragons s'approchent de l'aire dégagée. Les gens s'immobilisent et délaissent leurs occupations pour regarder les dragons passer, en particulier Krokmou. Bien que les furies nocturnes soient considérés comme un espèce éteinte, des illustrations sont encore présentes dans les manuels scolaires, donc tout le monde sait à quoi ils ressemblent. Harold s'agite sur sa selle lorsqu'il entend des murmures incrédules ou excités qui s'élèvent suite au passage de son partenaire.
- Arrête de gigoter autant, gronde Rand.
- Désolé. On aurait pas pu arriver autrement? En faisant un détour ou en attendant la nuit?
- Non. Krokmou a été vu, c'est trop tard pour faire machine arrière.
- Mais on aurait pu leur demander de garder le secret. Au mieux, ils n'étaient qu'une trentaine, ça aurait été faisable. Alors que là, ils sont des centaines à voir Krokmou, et ils ne vont certainement pas se taire.
- Je sais. Les circonstances ne nous permettent pas d'agir autrement. Ce serait trop compliqué de prendre chaque personne à part et de leur faire signer un document de confidentialité.
- Et le Conseil dans tout ça? Nous n'avons pas leur autorisation.
- Tout comme tu n'avais pas l'autorisation de t'enfuir de la base, réplique Rand. Je m'occuperais du Conseil en temps voulu.
- On peut accélérer? J'en ai vraiment assez de tous ces regards. Et je veux mettre Krokmou à l'abri des curieux.
- Krokmou se portera très bien, les furies nocturnes aiment être le centre de l'attention.
- Pas moi.
- Je sais, c'est pour ça que tu devrais être reconnaissant du fait que je t'ai conseillé de garder ton casque jusqu'à ce que nous soyons dans un lieu où il y aura moins de gens. Si personne ne sait qui est le partenaire du furie nocturne, tu ne seras pas ennuyé. Ce n'est pas grand chose mais c'est tout ce que je peux faire pour t'aider.
- J'apprécie votre conseil et votre aide, dit Harold. J'aimerais juste être très loin d'ici.
- Ce n'est pas ce que j'avais cru comprendre. Après tout, tu t'es enfuis d'une base de patrouilleurs pour venir ici, non?
- C'est bon, j'ai compris que vous m'en voulez pour ça, pas la peine de remettre le couvert toutes les trente secondes!
- Je te prépare juste à ce que tu vas affronter dans quelques minutes. Je doute que ton père et dirigeants des patrouilleurs soient très contents de tes exploits.
Harold gémit en se laissant tomber sur Krokmou qui tourne sa tête d'un air interrogateur. Harold le tapote au-dessus du cou pour signifier qu'il va bien et le furie nocturne ramène son attention vers l'avant. Lame et Krokmou sont installés près d'une fontaine et Rand discute brièvement avec le patrouilleur en charge des rations des dragons. Quand le Guide a fini de parler, il fait signe à Harold de le suivre. Le jeune garçon caresse Krokmou, qui lui donne un coup de tête affectueux, et rejoint Rand sans enlever son casque, préservant ainsi son anonymat. Le Guide et son apprenti traversent le labyrinthe de tentes pour arriver jusqu'au bâtiment de l'autre côté de la place. Les gens les regardent passer et ne prennent pas la peine de baisser la voix pour parler d'eux. Les regards sont pour la plupart braqués sur le jeune garçon qui baisse la tête et marche rapidement. Rand, saisissant le malaise de son apprenti, accélère le pas. Ils arrivent au bâtiment et un patrouilleur à l'entrée les arrête pour vérifier leur identité. Rand se présente et se porte garant pour Harold, sans dévoiler son nom. Le patrouilleur hésite mais les laisse passer. Le Guide se dirige avec assurance vers une cage d'escaliers qui mène à l'étage supérieur. Là, il prend le couloir de droite et marche sans hésitation vers la porte se trouvant au fond. Quand il entre dans la pièce au-delà de la porte, il laisse passer Harold puis referme la porte et la verrouille. Rand se tourne alors vers les personnes présentes. Une dizaine de patrouilleurs de haut rang sont assis autour d'une table en forme de U. Devant la table, des rangées de chaises sont disposées et d'autres patrouilleurs ainsi que des civils y sont assis. Sur le côté, sous étroite surveillance, se trouvent les jeunes qui ont accompagné Harold dans son voyage depuis la base. Varek et Alix affichent un air apeuré, Edwin et les jumeaux semblent insouciants, Rustik paraît impressionné et un peu effrayé, Arik donne l'impression d'hésiter entre l'amusement et le remords, Merim est visiblement ébranlée et agitée et Astrid arbore une expression calme et provocatrice.
- Rand Oneur, dit le patrouilleur assis à la place d'honneur. Nous ne vous attendions pas. Puis-je savoir ce qui vous amène? Et qui est votre compagnon?
- Désolé de débarqué ainsi, général, s'excuse le Guide, je vous aurais prévenu si je l'avais pu. Je suis venu pour rattraper mon apprenti et ses amis qui se sont enfuis de la base dans laquelle ils étaient hébergés. Et ce jeune homme est mon apprenti, Harold Haddock.
Tout en parlant, Rand fait signe à Harold d'enlever son casque et ce dernier s'exécute à contrecœur, surtout quand il voit la large silhouette de son père parmi les civils assis.
- Ah, les jeunes gens qui sont arrivés depuis les montagnes, dit le général avec sévérité. Je n'ai pas encore reçu tous les rapports mais ils ont semé la pagaille. Nous avons été obligés d'envoyer un bataillon leur porter assistance pour éviter qu'ils ne se fassent réduire en charpie. La situation est déjà très tendue, nous n'avons pas besoin d'enfants qui courent dans tous les sens.
- J'en suis conscient, approuve Rand, c'est pourquoi je vais ramener les jeunes à la base dès demain, après une nuit de repos.
- Quoi?! s'exclame Harold. Non! On a pas fait tout ce chemin pour repartir!
- C'est vrai! s'insurge Astrid. Maintenant que nous sommes là, autant rester.
- Silence! tonne le général. Quand je vous demande de parler, vous restez muets et maintenant où personne ne demande votre avis, vous vous exprimez? Typique des adolescents!
- Puisque vous êtes enclins à parler, dit Stoïck, vous pourriez peut-être nous raconter ce qui vous a poussé à quitter la base où vous étiez à l'abri pour vous jeter dans la gueule du loup? Et comment vous vous y êtes pris?
Les jeunes frissonnent sous le regard sévère du Chef et se tournent d'un même ensemble vers Harold. Le jeune garçon leur envoie un regard trahi mais déglutit et se tourne lentement vers son père.
- Ah, salut, papa. Je... Euh, comment tu vas?
- Pas très bien pour l'instant, répond Stoïck avec calme. Mais je suis sûr que ça ira bien mieux quand tu auras raconté ton histoire. Qu'en dis-tu?
- Tu es certain? Parce que c'est une histoire vraiment très inintéressante, tu risques de ne pas l'aimer du tout. Donc, euh, ce serait mieux de ne pas en parler, non?
- J'attends, dit Stoïck.
- Ah, ouais, d'accord, tu veux en parler. Genre, tout de suite, maintenant, devant tout le monde.
Rand pose une main sur l'épaule d'Harold pour le calmer. Le jeune garçon prend un profonde inspiration et raconte, pour la seconde fois de la journée, les préparations pour la fuite de la base et le trajet jusqu'à la capitale. Quand il raconte la confrontation avec les Sharkgrifs, il prend soin de glisser le nom des dragons ennemis aussi souvent que possible afin que les patrouilleurs en prennent note. Il voit avec satisfaction que plusieurs personnes hochent la tête, semblant apprécier le nom. Il constate aussi que deux patrouilleurs, un homme et une femme, sont sur le côté et retranscrivent son récit avec attention. Au moment de citer Krokmou, Harold hésite puis décide d'en parler de façon détourner, ne prononçant jamais son prénom ou sa race. Au fur et à mesure de son récit, les têtes se tournent vers le jeune garçon avec stupeur ou incrédulité. Stoïck affiche une expression neutre, ne laissant rien transparaître de ses émotions. Les hauts gradés quant à eux arborent un air sombre depuis la partie où leurs collègues ont succombé à une diversion animale, même s'ils n'étaient déjà pas ravis en apprenant qu'un jeune garçon de quinze ans s'est introduit dans un réseau sécurisé à l'aide d'une simple tablette et avec l'aide d'une jeune fille qui a détourné l'attention de spécialistes de la communication. Lorsque Harold se tait, un silence pesant s'installe dans la pièce. Le jeune garçon regarde autour de lui avec hésitation. Les autres jeunes ne bougent pas et évitent soigneusement de croiser son regard. Merim semble plus calme depuis qu'elle a entendu que son partenaire a été transporté à une zone de soins. Un claquement fait sursauter les jeunes et tous tournent la tête vers le général qui cogné son classeur sur la table d'un geste rageur.
- Je ne sais pas si je dois féliciter ces jeunes gens pour leurs actes téméraires ou pleurer devant l'incompétence de certains patrouilleurs, commente le général. Cette histoire est tellement ridicule qu'elle ne peut qu'être vraie. Jeunes gens, nous n'avons pas le temps de nous occuper de vous. Sachez que ce que vous avez fait est très grave et, en temps normal, vous feriez face à de lourdes répercussions. Malheureusement, nous ne pouvons organiser un procès ou autre. De ce fait, j'accorde au Chef, Stoïck Haddock, les pleins pouvoirs pour décider de votre punition et veiller à ce que vous compreniez la portée de vos actes.
- Je m'assurerais que ces jeunes reçoivent une punition à la hauteur de leurs agissements, assure Stoïck.
- J'ai toute confiance en vous. Et si je peux me permettre : votre fils devrait avoir droit à une punition supplémentaire. Arès tout, c'est lui qui a tout orchestré.
- J'avais déjà l'intention de me montrer plus sévère à son égard, je vous l'assure.
- D'un autre côté, ce plan était admirable, autant dans sa préparation que dans son exécution, dit l'un des patrouilleurs se trouvant à la table. Il serait peut-être plus judicieux de garder le jeune garçon à nos côtés et de mettre ses talents à profit. Il semble aussi être capable de prendre de bonnes décisions dans des moments critiques. C'est plus qu'on ne peut dire pour certains officiers.
Tout en parlant, l'homme adresse un regard à l'un de ses collègues assit de l'autre côté de la table qui lui renvoie une grimace menaçante.
- Soyez sérieux, je vous pris, colonel, gronde le général. Votre proposition est irréaliste.
- C'est bien dommage, soupire le colonel. Dites-moi, jeune homme, j'ai remarqué que vous vous êtes abstenu de nous donner le nom ou la race de votre partenaire. Pouvez-vous nous éclairer à ce sujet?
Harold jette un coup d'œil à Rand qui se contente de hausser les épaules. Sous le regard insistant de son apprenti, le Guide finit par hocher la tête. Harold se retourne vers l'assemblée et adresse un bref coup d'œil à son père avant de répondre.
- Je, euh. Pour commencer, sachez que ce n'est pas moi qui ai choisi son prénom, il l'a fait lui-même. Il, hum, il s'appelle Krokmou. C'est un furie nocturne.
