Bonjour mes amours ! :D
Exceptionnellement, je vous publie ce chapitre maintenant, parce que je serai en formation ce soir. J'ai hâte, même si mon petit doigt me dire que la fatigue se fera sentir.
Ça me fait bizarre de publier alors que cette histoire est loin derrière moi. Ce qui est bien, c'est que j'ai pris de recul. Quand vous taperez sur mon chéri d'amour Mattheys, je serai déjà loin mouhahah
Je n'ai grand-chose à raconter, si ce n'est que je suis bien lancé-e dans la Drarry. Je ne pense plus qu'à ça ahah
Concernant ce chapitre... vous allez enfin comprendre la réaction étrange d'Hermione. (a)
Réponse aux reviews anonymes :
Eva : Coucou ! Han, je suis désolé-e que tu te sois sentie si mal pour Drago ! Je crois que tu comprendras bien ses réactions, du coup. :p Mais j'aime bien les montagnes russes, c'est rigoloooooo ahah Je suis vraiment content-e que tu ais ressenti leur malaise dans la conversation ! Pas parce que je suis sadique (pas cette fois), mais parce que je voulais bien montrer que cette conversation était difficile pour Drago et, au-delà de ça, que c'est juste plus forts qu'eux : ils ne devraient pas être ensemble, mais ils s'aiment. J'ai hâte de savoir si tu avais trouvé la véritable raison ! Han et tu as même triste pour Scorpius. Comme d'habitude, je suis ravi-e que tu analyses les deux points de vue, que tu comprennes autant Hermione que Drago ! C'est génial. Bon venons-en au dernier paragraphe... qui m'a ému-e aux larmes. C'est vraiment magnifique tout ce que tu me dis, et je suis extrêmement touché-e que mon histoire puisse avoir cet effet sur toi. J'ai toujours du mal à croire qu'elle puisse passionner. Et puis c'est toujours magique d'avoir une telle connexion avec quelqu'un-e ! Merci pour tes retours à chaque chapitre. Bisous !
Cecile : Coucou ! Tu as vu comme ça passe vite ? Tu ne vas pas en revenir dans la suite, je crois ahah Élia est très heureuse, oui. :p Comme tout le monde, on dirait... mais, oups les tensions ne sont pas loin. (a) mouhahah Je suis content-e que ça te plaise toujours de semaine et semaine ! Et ne t'en fais pas pour la review tardive, prends ton temps. :) Bisous !
Merci à NathanaelleS.
How am I supposed to breathe?
Comment suis-je supposé respirer ?
I try to relax. I touch your still frame
J'essaie de me détendre. Je touche ta peau
So I can watch you closer
Ainsi je peux t'observer de plus près
And study the ways I believe I belong to you
Et étudier les différentes manières qui font que je t'appartiens
I scratch at your waist line... your doll hair
J'effleure ta taille…tes cheveux de poupée
I dig up the thought of how your eyes glow
Je découvre comment faire briller les étoiles à tes yeux
So I make you my religion, my collision, an escape goat
Ainsi je fais de toi ma religion, ma collision, mon échappatoire
So have I found your secret weak spot, baby?
Ai-je trouvé l'endroit de tes faiblesses cachées, bébé ?
.
Can you pretend I'm amazing?
Peux-tu prétendre que je suis stupéfiant ?
I can pretend I'm amazing...
Moi je le peux…
Instead of what we both know
Malgré ce que nous savons tous les deux
I cut to the punch line baby
On a coupé court à la mascarade
.
Amazing, Blue October.
Chapitre 35 : Amazing (Stupéfiant)
Hermione avait eu de la chance. Lorsqu'elle était arrivée à la gare des Portoloins de Londres, elle avait pu avoir un trajet direct jusqu'à Paris. De là, elle avait contacté Sébastien, qui lui avait proposé de la loger. Elle était justement assise dans son salon, discutant avec lui.
« Alors, c'est du sérieux avec Drago ? Depuis le temps que vous deviez vous retrouver », assura-t-il, sûr de lui, tout en affichant un doux sourire. « Je suis content pour toi, Hermione. Tu le mérites. »
Elle lui rendit son sourire, mais le sien était chargé de culpabilité.
« Je me sens quand même responsable, tu sais. Entre ce silence sur l'existence d'Élia, durant toutes ces années, et notre relation. Vis-à-vis de toi, ce n'était pas très juste. »
Il haussa les épaules, toujours clément et compatissant.
« Hé ! Je savais dans quoi je m'engageais. On ne s'était jamais rien promis », la tranquillisa-t-il. « Je savais que tu ne partageais pas mes sentiments. »
« Tout de même. Je n'ai pas été claire envers toi. »
« Ça n'a pas empêché d'apprécier ce qu'on a vécu. D'ailleurs, nous sommes quand même des ex. Qu'est-ce que pense ton cher et tendre de ta présence ici ? » releva-t-il, plus dans le but de la taquiner que pour réellement l'ennuyer.
Malgré tout, Hermione leva les yeux au ciel.
« Je fais encore ce que je veux », répondit-elle un peu trop durement, s'étonnant elle-même de son ton. « De toute façon, c'est pour le boulot. Il ne manquerait plus que je ne puisse plus agir à ma guise, après tant de liberté. »
« Tu te protèges », affirma-t-il, marquant plus un état de fait que sa propre opinion.
Hermione soupira. Il n'avait sans doute pas tort. D'autant plus que, derrière la virulence de sa réponse, il y avait un manque. Elle sentait dans la distance physique. Rentrer en France, c'était, et ça le restait, symbolique pour elle.
« Je n'ai pas peur de m'engager », assura-t-elle. « C'est juste que… Il bouleverse mes habitudes, et j'ai peur de trop me familiariser avec lui, d'en faire mon quotidien. Parce que s'il part… »
S'il partait, elle se sentirait seule et démunie.
« C'est déjà trop tard, Hermione, ne t'en déplaise », coupa-t-il court à ses craintes. « Tout ce que tu risques, c'est de lui donner l'impression de fuir ou, pire, de t'éloigner. Comme si tu ne voulais plus de lui. Mais je ne te dis pas non plus de le considérer comme acquis. »
Hermione grimaça, pensive.
« Qu'est-ce que je dois faire, alors ? »
« Laisse les choses venir. De toute façon, on ne peut pas tout prévoir », lui certifia-t-il.
Elle acquiesça. C'était plus facile à dire qu'à faire, mais elle devait bien admettre qu'il avait raison. Elle avait besoin de Drago, d'une façon qu'elle ne pouvait expliquer.
OoOoO
À Londres, Drago et Élia se promenaient sans but précis. Marchant ainsi dans les rues, se perdant même du côté moldu, ils avaient fini par entrer dans une galerie d'exposants, l'une des rares occupations possibles un dimanche après-midi.
« Je suis contente qu'on passe du temps rien que tous les deux », dit Élia, alors qu'elle regardait une peinture abstraite, composée de multiples couleurs. « J'adore quand on est avec maman, grand-mère ou Scorpius, mais ça m'avait quand même manqué. »
Drago sourit. Il en pensait tout autant, et il s'étonnait même de constater à quel point sa fille avait grandi. Il se souvenait encore de la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. Elle n'avait alors que onze ans, elle en aurait bientôt quatorze. Il espérait vainement qu'elle arrêterait un jour de grandir. Déjà qu'elle avait eu un petit ami, qu'est-ce que ce serait la prochaine fois ?
Il n'était pas prêt pour ça, c'était encore son bébé.
« Élia, princesse ? » l'appela-t-il, prudent.
« Mmmh ! Oui ? » répondit-elle distraitement, concentrée sur son examen de la toile.
« Ce garçon qui t'avait fait du mal, tu le vois encore ? » se risqua-t-il, tendu à l'idée que ce fût toujours le cas.
« Mmmh mmmh », fit-elle en secouant la tête. « Non, juste quand je le croise dans les couloirs, parfois. Ou quand je vais…heu non, rien. »
Drago se figea, alerté.
« Quand tu vas quoi ? » releva-t-il.
Élia était mal à l'aise, il le voyait. Elle n'osait pas regarder dans sa direction.
« Eh bien ! Euh… Enfin… Peut-être que tu es déjà au courant, en fait », hésita-t-elle, son cerveau fumant sous les yeux de son père.
D'un regard appuyé, il l'incita à continuer.
« En fait…, le jeudi soir, on va dans les appartements du professeur Zabini », avoua-t-elle, alors que Drago fronçait les sourcils. « Le professeur Weasley est là aussi. Ils nous parlent… de plein de trucs, en fait. Mais surtout de nous, qui on est, de nos relations. C'est surtout pour les gens comme Teddy, en fait… différents. Et Mattheys y va aussi. »
Drago ne savait que penser de ce que venait de lui dire Élia. Il n'était absolument pas au courant de telles réunions, Blaise ne lui en ayant jamais fait part. Mais ce qui l'intriguait, c'était l'emploi du terme, « différents », et ce que sa fille pouvait bien avoir à faire là-bas.
« En quoi est-ce que ça te concerne ? » lui demanda-t-il, laissant percevoir son inquiétude.
« En rien », assura-t-elle en haussant les épaules. « J'y vais juste pour Teddy. Enfin, j'y allais juste pour ellui, mais je m'y sens bien. »
Se pinçant les lèvres, il y passa la langue.
« Quel genre de personnes vont à ces réunions ? »
« Mmmh », réfléchit-elle. « Les gens en dehors des normes. Genre les homo, les bi, les trans, tout ça, quoi. »
Drago plissa les yeux, à la fois surpris de l'entendre parler de cette manière - elle était visiblement mal à l'aise à l'idée de lui en faire part -, et toujours déconcerté par l'existence de ces réunions.
« Je vois. Plus de garçon en vue, alors ? »
Élia leva les yeux au ciel.
« Papa ! » râla-t-elle, peu encline à aborder le sujet avec lui.
« Je suis sérieux », insista-t-il d'une voix calme, mais pressante.
« Il y a bien ce garçon », avoua-t-elle évasivement. « Mais on n'est pas ensemble, juste… on fait nos devoirs tous les deux. »
Drago se promit de demander à Blaise de surveiller sa fille, peu ravi de savoir qu'il n'en avait pas terminé avec ces histoires.
OoOoO
Allongée dans la chambre d'amis, Hermione avait le tournis. Depuis la veille au soir, elle se sentait nauséeuse. Elle imaginait mal que cela puisse être le transport, ou même la nourriture, ayant été habituée aux mets locaux. Elle devait avoir attrapé un microbe quelconque. Quoi que, elle trouvât tout de même étrange le fait qu'elle ne puisse pas supporter l'odeur du poisson et des fruits de mer, alors qu'elle avait toujours adoré ça.
Et puis, elle avait envie de pâtisseries. De pains au chocolat, de croissants, de cornets avec de la crème anglaise… Oh oui ! De la crème anglaise, avec ce saupoudrage en sucre glace. Rien qu'à cette idée, elle en salivait. Pourtant, elle n'était pas particulièrement friande de sucreries, à l'exception faite du chocolat chaud. Et de l'île flottante qu'avait préparée Drago le jour de l'opération de sa mère…
Elle sortit de ses pensées lorsque quelqu'un frappa à la porte. Il s'agissait de la femme de Sébastien, qui lui déposa une soupe au bouillon de poulet sur sa table de nuit.
« Merci », dit Hermione, alors qu'elle s'apprêtait à repartir sans un mot. « Je suis vraiment désolée de ne pas rester en votre compagnie. »
La concernée l'observa, puis força un sourire.
« Ici, ou dans mon salon, ça m'est égal, en réalité », affirma-t-elle, avant de marquer une pause. « Si ça ne tenait qu'à moi, vous seriez à l'hôtel. C'est Sébastien qui a insisté. Moi, je vois d'un très mauvais œil vos relations. Je pensais que je serais tranquille, après votre départ. Mais vous êtes venue passer vos vacances ici, vous lui avez permis une promotion, et maintenant vous débarquez chez nous. Non, décidément, je ne suis pas très enthousiaste à l'idée de votre présence. Au point que je préférerais que son contrat ne soit pas reconduit. »
Hermione encaissa le coup, ne s'attendant pas à de telles révélations. Elle sentit une colère sourde monter en elle, presque instantanément, mais elle s'abstint, guidée par un pressentiment, un appel au calme.
« Autant être honnête avec vous, il y a peu de chance que ça arrive. Il est vraiment doué dans ce qu'il fait. En revanche, je peux vous promettre de mettre une distance avec lui. Je ne voudrais pas perturber la tranquillité de votre couple. »
Lucie acquiesça, ouvrit la bouche, la referma, puis la rouvrit à nouveau, marquant son hésitation.
« Vous savez, je n'ai rien contre vous. Je veux juste m'assurer que votre histoire ne risque pas de reprendre », exprima-t-elle plus gentiment, mais d'une voix tendue. « Surtout sous mon propre toit. »
« Et je le comprends bien », lui assura Hermione, d'une voix posée. « Ne vous en faites pas, dès la fin de sa présentation, je m'en irai. Je suis de toute façon attendue de mon côté… »
Lucie acquiesça derechef, se dirigeant vers la sortie, avant de s'arrêter dans l'encadrement de la porte.
« Vous devriez également faire attention à votre propre ménage. Je mettrais ma baguette au feu que votre compagnon n'apprécie pas énormément votre séjour ici. Assurez-vous de lui ôter ses doutes de l'esprit », la prévint-elle, quittant cette fois définitivement la chambre.
Hermione se figea. Certes, elle avait bien senti que le comportement de Drago était étrange, mais elle avait associé ça à son départ impromptu. Se pouvait-il qu'il s'inquiète des liens qui l'unissaient à Sébastien ? Pour elle, c'était de l'histoire ancienne.
Elle se promit cependant d'y faire attention à son retour. L'idée que Drago puisse douter d'elle la tiraillait plus que de raison…
OoOoO
Drago avait envoyé un hibou à Blaise, souhaitant le retrouver pour discuter d'Élia et de ses fréquentations. Celui-ci l'avait invité dans ses appartements à Poudlard, où ils buvaient une Bierraubeurre, avachis dans le canapé comme des Goules… avec plus de style, évidemment.
« Par Salazar, je me serais fait endoloriser pour cette bière », commenta Drago. « Ça m'avait manqué une soirée comme ça, comme du temps de la fac. »
Blaise s'esclaffa.
« Il ne tient qu'à toi de venir ici plus souvent. Mais tu es trop pris par Granger », railla-t-il. « Pour sûr, elle doit te faire subir une autre sorte de torture, elle… »
« Et par ma fille », grogna Drago en réponse, sans réagir au sous-entendu sexuel.
Il était peu enclin à admettre l'importance d'Hermione dans sa vie. Bien que, si une seule personne devait être au courant, c'était bien Blaise. Enfin, il ne devait pas, mais il le savait, sans que Drago ait besoin de dire quoi que ce soit.
« Tu ne nies pas. Alors, à quand le mariage ? »
Drago lui lança un regard noir, tandis qu'il était pris d'hilarité.
« Arrête de te fiche de moi. Moi, vivant, on ne m'y reprendra pas », râla-t-il, avant de reprendre une gorgée de sa bière. « Un mariage, ça m'a suffi. »
« Vous êtes un couple libre ? » se moqua à nouveau Blaise.
Drago s'étouffa avec sa gorgée.
« T'es malade ? Je ne pourrais pas supporter l'idée qu'un autre… »
Il s'arrêta, conscient qu'il avait dit exactement ce que son meilleur ami voulait entendre. Il jouait avec ses pieds, et lui marchait en plein dedans. Nom d'un gobelin, qu'est-ce qu'Hermione pouvait bien lui avoir fait ? Non, il ne répondrait pas à cette question. Y compris pour lui-même.
« Tu fais une de ces têtes, Drago. C'est bon, je te charrie. T'imagines Granger aller voir si l'herbe est plus verte sur un autre terrain de Quidditch ? Moi, pas du tout », continua-t-il, plus sérieusement.
Mais Drago se renfrogna, et Blaise le remarqua. Il n'avait pas d'autre choix que de cracher le morceau. Il fallait que ça sorte, d'une façon ou d'une autre. Et serait moins ridicule face à Blaise que face à Hermione. Du moins, il l'espérait.
« En ce moment même, elle est avec son ex. En France. Pour tout le weekend. Tu crois qu'ils font quoi ? Du coq au vin ? dit-il d'une voix amère, en utilisant du français pour le plat traditionnel.
Depuis le départ d'Hermione, il ne cessait de se demander comment elle occupait son temps. Elle était parfaitement libre de ses déplacements, jamais il ne l'en priverait. Mais…
« Tu es jaloux », affirma Blaise sans plus de cérémonie.
« Tu ne le serais pas à ma place, peut-être ? » répondit Drago, qui ne songea même pas à le contredire.
Blaise leva ses mains en signe de reddition.
« Je n'ai jamais dit le contraire. J'énonce juste une évidence que tu aurais de toute façon eu du mal à admettre de toi-même… à toi-même. »
Drago grogna derechef. Il avait raison. De ce fait, il n'était pas prêt à le formuler à voix haute non plus.
« Tu sais quoi, Blaise ? Fuck you », lâcha-t-il vulgairement.
Blaise le dévisagea avec des yeux ronds, avant d'exploser de rire.
« Même moi, qui ai des mœurs libérées, je ne voudrais pas coucher avec toi. Ce serait vraiment trop bizarre », commenta-t-il avec naturel. « En plus, ce n'est pas habituellement moi qui me fait pénétrer. Même si ce n'est pas désagréable de temps à temps, je te l'accorde. »
Drago leva les yeux au ciel face à la décontraction de son meilleur ami. Depuis le temps qu'il était au courant de sa bisexualité, il avait eu tout loisir d'entendre parler de ses préférences sexuelles. Malgré tout, cela eut au moins le mérite de lui rappeler l'objet initial de sa visite.
« Dis, Blaise… », commença-t-il, affichant un sourire malicieux.
« Mmmh ? »
« C'est quoi cette histoire de club pour LGBT je ne sais plus trop quoi ? »
S'il ne le connaissait pas aussi bien, il n'aurait jamais remarqué qu'il avait des sueurs froides.
« Par la barbe de Dumbledore, comment est-ce que tu en as entendu parler ? » s'exclama-t-il alors.
« Moi, je suis déçu que tu ne m'en aies pas parlé », mentit-il, s'amusant de la situation.
« Tu es un enfer, Drago. Comment ? » insista-t-il.
Drago savoura encore son emprise pendant quelques secondes, avalant une nouvelle gorgée de sa bière, avant de lâcher le morceau.
« Élia, évidemment. Mais ne lui en veut pas, j'ai voulu savoir ce qu'il en était avec ce Mattheys, et ça lui a échappé », avoua-t-il, en tournant en ridicule le prénom de celui qui avait brisé le cœur de sa princesse.
« Mattheys ? Qu'est-ce qu'il s'est passé avec lui ? Par Merlin, je lui avais dit de se tenir à carreau, à seize ans, on ne s'intéresse pas à une enfant de treize ans », s'écria Blaise, visiblement indigné par la nouvelle.
Drago, quant à lui, manqua à toutes les grâces : il recracha le contenu de sa cavité buccale.
« Je te demande pardon ? Seize ans ? Si ma fille… », menaça-t-il, subitement hors de ses gonds. Il ne riait plus du tout.
Il fut interrompu par Blaise, qui l'avait fermement attrapé par les poignets pour attirer son attention. Sans s'en apercevoir, Drago s'était levé et avait agrippé le col de chemise de Blaise.
« Mec, calme-toi, si j'avais eu vent de quelque chose, je l'aurais remis à sa place », tenta-t-il.
Drago se rassit mollement dans le canapé, se sentant complètement dépassé par la situation. Certes, Élia allait avoir quatorze ans le mois prochain, mais elle était trop jeune. À seize ans, on a d'autres envies…
Drago grinça des dents, ayant lui-même une envie : celle de refaire le portrait à cet adolescent. À la moldue, avec ses poings. Non, mais quelle idée de s'intéresser à elle ? Elle était trop jeune. Et elle était surtout sa fille.
« Et l'autre qu'elle fréquente, il a seize ans aussi, ou y'a un autre gamin qui veut savoir de quelle baguette je me chauffe ? » mordit-il.
Pour une fois, même Blaise n'avait pas envie de rire. Il restait sur ses gardes.
« L'autre ? À part Teddy Lupin, je ne… Ah ! Si, peut-être le Serpentard. C'est un troisième année. Kenneth Englebert », répondit-il.
« Mais qu'est-ce que ma fille a avec les Serpentard ? » gémit-il. « Elle va me rendre Focifère. »
Blaise pouffa.
« Nous sommes les meilleurs, que veux-tu », se pâma-t-il.
OoOoO
Le grand jour était arrivé pour Sébastien. Malgré tout, comme elle l'avait promis à sa femme, Hermione avait préféré garder ses distances. Le matin même, elle avait prétexté vouloir relire, seule au Ministère, le document que Sébastien avait remis à tous les Grands manitous. Un regard avec Lucie lui avait confirmé qu'elle avait compris le stratagème, et qu'elle l'approuvait, sans aller jusqu'à la remercier.
Sur le trajet, Hermione s'était arrêtée dans une boulangerie, où elle avait pris un copieux petit-déjeuner, se persuadant que, de toute façon, elle ne trouverait pas d'aussi bons choux à la crème en Angleterre. Ensuite, elle s'était roulée jusqu'au Ministère de la magie français, prête à écouter la défense de son ami.
Il était à présent l'heure des adieux, après une présentation réussir et une reconduction de contrat plus que méritée. Sébastien la serra contre lui, la mettant mal à l'aise. Ce n'était pas tant par rapport à la discussion qu'elle avait eue avec sa femme… c'était physique. Comme si son corps faisait rejet, lui criant que seul Drago pouvait la toucher. C'était ridicule évidemment, ce n'était qu'une étreinte amicale, et ils ne se reverraient pas avant une longue période de temps.
« Tu embrasseras Élia de ma part. Et prends soin de toi. Je ne sais pas ce que tu couves, mais tu as besoin de repos », affirma-t-il d'une voix douce.
Hermione lui sourit, avant de lui promettre de faire attention. Elle s'éloigna alors de lui, entrant dans la salle où une boîte de conserve rouillée l'attendait. Elle rentrait en Angleterre, après une longue journée d'impatience. Cela n'y paraissait pas, mais, trois jours, cela pouvait être très long.
Hermione arriva à la station de Londres à dix-huit heures, fuseau horaire local. Il était temps de rentrer pour préparer le repas, et envoyer un hibou à Élia, pour lui signifier qu'elle pouvait revenir à la maison quand elle voulait. Avec Drago, de préférence… mais cela, elle ne l'écrirait pas.
Lorsqu'elle ouvrit la porte d'entrée, elle sentit immédiatement une odeur alléchante lui titiller les narines. Ce n'était ni plus ni moins qu'une senteur de tomates épicées, mais, immédiatement, une image de spaghettis bolognaise lui vint à l'esprit, la faisant saliver d'avance.
Mais cela signifiait surtout qu'elle n'était pas seule.
Elle laissa sa valise dans l'entrée, avant d'entrer dans le salon, où Drago lisait un roman. Il ne réagit même pas à son approche. Elle vint se positionner face à lui, le regardant plus qu'autre chose.
« Qu'est-ce que tu lis ? » demanda-t-elle, aussi intéressée par la lecture, qui suscitait tant son intérêt, que frustrée par le fait qu'il ne daigne même pas en lever les yeux.
« Rien », dit-il en haussant les épaules, puis renfermant enfin le livre, sans pour autant tourner son regard vers elle. « Un livre que j'ai trouvé dans ta bibliothèque. »
« Mmmh. Et ma fille, elle est où ? »
« Elle prend sa douche. Elle voulait être ici pour ton retour », expliqua-t-il pour justifier sa présence.
Il ne la regardait toujours pas. Hermione songea à ce que lui avait dit Lucie, à propos de Drago, qui n'avait sans doute pas apprécié qu'elle aille rejoindre son ancien petit-ami. Elle songea également à ce que Sébastien lui-même lui avait dit : il ne fallait pas lui donner l'impression qu'elle s'éloignait ou qu'elle voulait le fuir.
Si c'était le cas, son absence avait dû être difficile plus lui. Et elle ne voulait pas qu'il pense une seule seconde qu'elle avait mieux à faire en France.
Par Godric, elle n'était pas Gryffondor pour rien, après tout !
Sans prévenir, elle débarrassa Drago de son roman, qu'elle déposa sur le fauteuil, avant de s'asseoir à cheval sur lui. Cette fois, il daignait enfin poser ses yeux sur elle, l'observant faire. Elle prit son visage en coupe pour aviser ses pupilles anthracite.
« Tu m'as manqué », lâcha-t-elle de but en blanc. « Je… En fait, je… Tu resteras pour la nuit ? »
Elle avait pris peur. Elle aurait voulu lui dire plus, lui dire qu'elle le voulait avec elle, tout le temps… Mais c'était ridicule. Enfin, elle n'en savait rien, en fait. Cela faisait deux mois qu'ils étaient ensemble, ils fusionnaient encore… Ou bien, elle, elle se faisait des idées sur ce qu'était un vrai couple.
« Mmmh ! Ça peut se faire », murmura-t-il, lui adressant finalement la parole.
Il glissa ses mains sur ses hanches pour l'attirer à lui, rapprochant son visage du sien. Ils lièrent leurs lèvres dans un échange doux et prometteur.
OoOoO
Pendant le repas, Hermione leur avait parlé de l'adorable famille que formaient Sébastien, Lucie et leur petite fille, Mélanie. Drago ne savait pas pour quelle raison, mais il avait l'intuition qu'elle ne leur disait pas tout.
Ce n'était pas tant qu'il voulait tout savoir… c'était plutôt qu'il pressentait qu'elle évitait délibérément d'aborder quelque chose. Il trouvait son comportement étrange, par moments. Il devait bien l'admettre, son tempérament de lionne l'effrayait un peu. Mais ce qui était encore plus effrayant, c'était lorsqu'elle contenait certaines choses, dans une espèce de colère sourde ou de tristesse maladroitement dissimulée.
La vérité, et elle était difficile à admettre, c'était qu'il était amoureux d'elle, et qu'il s'en souciait. À chaque fois qu'il la regardait, il en avait le souffle coupé. Il essayait de se détendre, de respirer normalement, mais ses pupilles le happaient, tout entier, dans un paradis chocolaté. Ensuite, c'était son corps qui prenait le contrôle, brûlant d'envie de la toucher, d'effleurer sa peau du bout des doigts, pendant qu'il observait son visage de plus près.
Elle avait des taches de rousseur, de minuscules pois boucanés par le soleil du Sud. Celles-ci se dispersaient sur son nez et un peu sur ses joues, et lui donnaient l'irrésistible envie de les embrasser. Elle riait doucement, à la manière d'un carillon effleuré par le vent, et ses yeux comme remplis de milliers de Lumos.
Alors, il se disait qu'elle était à lui. Qu'elle lui appartenait, enfin. Même si sa respiration se bloquait encore, à l'idée de tous ces sorciers qui lui tournaient autour, attendant leur chance.
Oh ! Il les avait vus. Il n'y avait pas que l'autre imbécile de Walden, ou encore ses anciens petits amis. Il n'y avait pas que Harry, même s'il le savait au fond de lui, entre eux, il n'y avait qu'une indéfectible fraternité. Mais c'était plus fort que lui : il la voulait, et rien que pour lui.
À cette idée, il resserra son étreinte autour de sa taille, et elle plongea d'elle-même sur ses lèvres, comme si elle s'était retenue de le faire pendant un temps. Et Merlin, il aimait cela. Elle ne s'en apercevait sans doute pas, mais elle le dévorait des yeux, comme si elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau.
Ce qui était probablement le cas. Franchement, passé la trentaine, il était sensationnel. Il avait encore de beaux jours devant lui. Et être avec Hermione l'aidait bien en ce sens, à vrai dire. Avec elle, il avait éternellement dix-neuf ans. Si ce n'était qu'il était père.
Il soupira longuement, dévisagé par deux pupilles chocolat.
« Ça va ? » lui demanda Hermione, soucieuse.
« Mmmh ! Tout va bien, oui », lui répondit-il évasivement.
Elle le fixa quelques instants, avant de laisser tomber. Elle se dégagea de son étreinte, et il la suivit du regard alors qu'elle se rhabillait.
« J'ai une faim de loup-garou ! » s'exclama-t-elle, l'intriguant. Il la voyait plutôt oublier de manger, pas déclamer sa voracité. « J'ai envie de pancakes. Avec du chocolat à tartiner. Oh oui ! Quelle bonne idée. »
Elle disparut par la porte, laissant Drago seul et nu comme un Véracrasse. Et surtout, sonné. Il n'arrivait pas à mettre des mots sur ce qu'il venait de se passer, si ce n'était qu'il trouvait cela étrange. Par Merlin, qu'est-ce qui arrivait à Hermione Granger ?
Il se leva à son tour, croisant Élia dans le couloir. Elle lui sourit d'un air ensommeillé, le visage encore chiffonné par sa nuit.
« Tu as bien dormi, princesse ? »
Elle acquiesça.
« Ça fait du bien de se réveiller à la maison. Avec vous deux. Et, en plus, ça sent bon », répondit-elle, le regard pétillant.
Ils dirigèrent ensemble vers la cuisine. La bonne humeur était perceptible.
Il ne fallut pas très longtemps avant que des odeurs de vanille et de cannelle emplissent la pièce, et Drago s'étonna de sa propre impatience. Ça lui donnait faim.
« Je n'aurais pas cru que tu auras ce genre de fringale, Hermione », admit-il en regardant les disques de pâtes épais.
Elle le regarda, tous sourires.
« Oh ! Il y a plein de choses que tu ne sais pas à propos de moi », se flatta-t-elle. « Peut-être que… mmmh… ! »
Elle s'arrêta, hésitant visiblement à terminer sa phrase.
« Peut-être que… ? » l'invita-t-il à poursuivre.
Son regard fuit et ses fossettes se colorèrent légèrement. Son propre cœur s'accéléra. Il la dévisagea avec amusement.
« Eh bien ! Mmmh ! Peut-être que si je te libérais un tiroir, tu pourrais éviter de toujours repasser par le Manoir pour rester ici… Et, comme ça, tu en saurais plus sur moi », expliqua-t-elle d'une voix vacillante.
Elle avait peur, il pouvait s'en rendre compte au son de sa voix. Lui-même s'était figé, loin d'imaginer cette proposition. Le fait était que, depuis le début, ils n'imaginaient rien. Si elle ne semblait clairement pas savoir comment agir dès qu'elle commençait à utiliser son cerveau, il n'en menait pas large non plus.
Avec Astoria, ça avait été facile. C'était une histoire de conventions, tout était planifié. Chez les Sang pur, le sorcier devait courtiser la sorcière, multipliant les attentions. Passé un certain temps, il devait demander la main de la dame à son père. Ensuite, ils passaient une année à s'afficher, à préparer le mariage. Enfin, ils se mariaient et, dès le lendemain, emménageaient dans le domicile conjugal.
La seule entorse qui était tolérée concernait les relations sexuelles. Dorénavant, il était plus qu'exceptionnel qu'un des époux n'ait pas goûté au plaisir de la chair, que cela se soit produit dans une précédente relation ou avec le partenaire actuel. La seule chose, c'était que cela devait rester discret, cela ne pouvait être révélé publiquement.
Avec Hermione, c'était différent. Rien n'était prévu, tout était à faire, à penser. Comment savoir quelle devait être la prochaine étape ? La raison lui soufflait qu'il fallait y aller par étape, prendre son temps, alors qu'il n'avait qu'une envie : quitter sa vie d'adulte-de-retour-chez-sa-mère et former à nouveau une famille.
« Quand est-ce que tu penses que je pourrais apporter mes affaires ? » lui demanda-t-il avec un apparent flegme.
Deux prunelles pétillantes et exprimant la surprise vinrent se poser sur lui. Il lui sourit.
« Eh bien ! Ce soir, déjà, si tu veux. Je m'en occuperai en rentrant du Ministère », avança-t-elle d'une voix fluette.
Apparemment sous le choc, mais avec un air rêveur sur le visage, elle s'assit alors face à sa propre assiette de pancakes.
Sauf qu'elle n'y toucha pas, ce qui finit par attirer son attention.
« Hum ! Hermione, je croyais que tu avais une faim de loup ? » s'amusa-t-il.
« Mmmh ! Oui. Juste… je me sens un peu nauséeuse, là », annonça-t-elle d'une voix blanche.
Aussi blanche que son teint. Elle semblait perdue dans une concentration extrême pour comprendre ce qu'il se passait.
« Et ça t'est venu aussi soudainement ? » la questionna-t-il, sceptique.
Elle secoua la tête, avant de grimacer et de fermer les yeux.
« Non, ça fait quelques jours. Ça vient, ça part… Je dois avoir attrapé un microbe quelconque, ce n'est rien », minimisa-t-elle.
« Tu devrais peut-être faire une analyse sanguine pour t'en assurer », se soucia-t-il.
Et il ne la quittait pas du regard, réellement inquiet.
« Hum ! Je pense peut-être à quelque chose », énonça Élia, se manifestant pour la première fois depuis le début du petit-déjeuner. Visiblement, elle commençait à se réveiller, tout comme ses neurones.
Ses yeux se posèrent sur elle, tout ouïe. Elle s'éclaircit la gorge.
« En fait, c'est tout bête. Quand maman était avec Sébastien, je regardais parfois si… ». Elle s'arrêta, gênée. « S'il y avait des préservatifs dans la poubelle de sa chambre. Je voulais un petit frère… Mais il y en avait parfois un et, tous les mois, je la voyais stériliser sa coupe menstruelle, preuve que… enfin voilà, elle avait eu ses règles. Et là… Il n'y a pas de poubelle dans la chambre de maman, et celle de la salle de bain… Enfin, je regarde pas pour ça, je jette mes affaires dedans, et… vous avez compris quoi. »
Drago cligna plusieurs fois des yeux. Hermione avait levé la tête dans sa direction, avec une expression franchement apeurée.
Oh oui. Ils avaient compris.
Ce rire sadique qui naît en relisant la dernière scène mouhahaha Alors, est-ce que vous vous y attendiez ?
Je publie ce chapitre et je file en stage ! Je suis impatient-e de lire vos réactions. Paillettes de licorne sur vous.
