Merci les amis pour vos messages qui me font très plaisir !
Aalana : désolée de ne pouvoir t'inclure dans cette fic !
Ssssssy : j'avais peur d'être un peu hors-sujet, étant donné que je ne suis pas maman, mais je me suis imaginée la réaction que je pourrais avoir si je l'étais et voilà le résultat. Je suis contente qu'elle te plaise :)
Hila : c'est un plaisir pour moi de partager mes écrits avec vous, et c'est aussi un plaisir d'avoir vos commentaires me permettant de continuer.
POV de Jane
Les mois s'écoulaient et Teresa ne cessait de rayonner. Elle venait d'atteindre le huitième mois, et avait quitté le bureau depuis un peu plus d'un mois, malgré ses protestations. Bertram avait dû intervenir pour qu'elle cède. Depuis, elle passait ses journées à vérifier la chambre et les affaires du bébé ou à trainer « son gros ventre » comme elle aimait l'appeler, dans la maison. Ne plus pouvoir être en activité pour une femme de terrain telle que Teresa était une torture, mais elle s'était faite une raison.
Je me souvenais d'un jour particulier, Teresa entrait juste dans son cinquième mois.
Flashback
J'étais rentré plus tôt un après-midi, sachant que Sarah n'avait pas cours, afin que nous puissions nous balader un peu tous les trois. Je n'avais pas signalé ma présence et, après avoir remarqué leur absence au rez-de-chaussée, je rejoignis l'étage sans bruit. Suivant les voix qui me parvenaient, je ne pus m'empêcher de sourire : Teresa passait tellement de temps dans ce bureau transformé en chambre pour le bébé. Je m'arrêtai au seuil de la porte, celle-ci entrebâillée, et écoutai. Sarah et elle discutaient énormément avant sa grossesse, mais depuis, je devais souvent pousser Teresa à lui parler. Je ne doutais pas de l'amour qu'elle portait à Sarah, mais elle était bien trop focalisée sur le bien-être du bébé. Je ne pouvais le lui reprocher, cet enfant était un miracle, et elle tenait à ce que tout se passe bien.
- Décide-toi, je ne vais pas porter ce machin toute la soirée ! C'est lourd en plus ! Râle Sarah.
- J'hésite… près du lit ou près de la fenêtre ?
- Près de la fenêtre, c'est ce qu'il y a de mieux, comme ça tu pourras regarder dehors quand tu l'allaiteras.
Silence. J'eus du mal à ne pas me trahir en riant. Teresa et moi n'avions pas encore parlé de ça. L'allaitement était contraignant et je savais qu'elle tenait assez à son boulot pour pouvoir le reprendre dès que possible, chose que l'allaitement entravait.
- Je suis de l'avis de Sarah, dis-je en pénétrant dans la pièce.
- Pourquoi ça ne m'étonne pas ? Soupira Lisbon. Tu ne devais pas être sur une enquête ?
Bien qu'elle ne fût plus sur place, elle me tarabustait pour connaître les cas que nous rencontrions.
- Résolue. Comment vas-tu ? M'enquis-je, l'embrassant et posant la main sur son ventre.
- Très bien ! J'ai réussi à marcher jusqu'au supermarché et à revenir sans faire de pause.
- Tu veux une médaille ? Lança Sarah, le regard baissé sur son portable.
Surpris par cette remarque insolente, Lisbon l'interrogea.
- Ca veut dire quoi ça ?
Aucune trace de colère, aucune remarque quant à son comportement. Ca aussi c'était nouveau chez elle.
Sarah nous regarda tour à tour et confirma de ce fait ce que je pensais.
- Tu m'as aimée pour mieux m'abandonner, lâcha-t-elle d'une voix cassée.
- Bien sûr que non, voyons ! Qu'est-ce qui te fait penser ça ? Je sais que je ne peux pas faire de sorties ou d'après-midi shopping avec toi en ce moment mais je…
- C'est tout le temps, Maman, tout le temps ! Fulmina-t-elle. Il n'y a plus que lui qui compte, ajouta-t-elle en pointant du doigt l'abdomen de Lisbon. Tu ne me poses plus de questions sur mes journées, tu ne t'intéresses qu'à la déco de la chambre de bébé Jisbon ! Tu ne parles que de lui ! Lui, lui et toujours lui ! Termina-t-elle avant de s'enfuir de la pièce sous nos yeux stupéfaits, et de claquer la porte de sa chambre.
- Qu'est-ce qui vient de se passer, là ? Je ne suis pas sûre de comprendre.
- Elle est amoureuse, répliquai-je naturellement.
- Sarah ? Amoureuse ? Depuis quand ?
- Environ trois semaines, et à mon avis le sms de tout de suite ne lui a pas plu.
- Elle ne m'a rien dit.
- Elle a essayé. Souviens-toi de l'après-midi cinéma et glace qu'elle voulait faire avec toi, ou encore de l'après-midi piscine, ou…
- C'est bon j'ai compris. Pourquoi ne t'en a-t-elle pas parlé ?
- Teresa, tu te doutes bien qu'il y a des choses qu'une jeune fille ne peut confier qu'à sa mère ou à une amie. Sarah n'est pas encore assez proche de ses copines pour leur en parler.
- Je suis pourtant la dernière personne à qui on vient demander conseil quand il s'agit de sentiments.
- Peut-être mais tu es la seule femme « expérimentée » qu'elle connaisse, fis-je en mimant des guillemets. Elle t'admire, tu sais, même si elle ne le dit pas, et elle a raison.
- Tu parles ! Je n'ai plus rien de la femme que j'étais, je ne suis même plus capable de courir quelques mètres sans être essoufflée !
- Tu verras, dans quelques mois, tu auras retrouvé ta taille normale, et, en prime nous aurons un bébé Jisbon, fis-je en posant mes bras autour de sa taille.
- Pourquoi Jisbon d'ailleurs ?
- Jisbon, comme Jane et Lisbon, elle a contracté nos deux noms pour que ça n'en forme qu'un seul.
Elle resta silencieuse un moment, sa tête contre mon torse, alors que je lui caressais les cheveux.
- Jisbon, ça sonne bien, déclara-t-elle finalement en relevant le visage, cherchant mon approbation.
- Voilà son surnom jusqu'à sa naissance : bébé Jisbon, ajoutai-je, sentant des coups sous ma main.
- Je te laisse quelques instants, il faut que j'aille me faire pardonner et parler de trucs de… femmes ! dit-elle en esquissant une grimace. J'ai horreur de ça !
Je souris, en la regardant s'éloigner, et observai la pièce. Nous n'avions pas encore peint la chambre, et, à part ce détail, tout était en ordre. La layette― aux couleurs neutres évidemment bien qu'il y ait du bleu― était rangée dans l'armoire, quelques peluches se trouvaient dans le berceau, le chat gagné à la fête au niveau de la tête. Sarah avait finalement déposé le fauteuil près de la fenêtre, à quelques mètres du lit. Et dire que l'enfant, notre enfant, occuperait bientôt ce petit nid actuellement vide.
Je m'approchai, et me penchai, frôlant dans une caresse l'animal en peluche, imaginant déjà à quoi ressemblerait notre « bébé Jisbon ».
Il serait parfait, sans aucun doute.
Fin Flashback.
Depuis, notre bébé Jisbon n'avait cessé de croître, accentuant les formes de Teresa. Elle peinait à marcher et à s'asseoir, mais le sourire ne quittait jamais son visage.
Tout allait pour le mieux.
Enfin presque.
Ces derniers jours étaient de plus en plus éreintants pour Lisbon. J'avais tenté à plusieurs reprises de la convaincre de dormir au rez-de-chaussée ou de l'aider à rejoindre la chambre, mais têtue comme elle était, elle m'avait rabrouée. S'il y avait une chose que j'avais apprise ces derniers mois, c'est qu'une Lisbon en colère était dangereuse, mais une Lisbon enceinte l'était encore plus !
