Disclaimer : L'histoire appartient à Sarrah-Angel et les personnages à J.R.R Tolkien.
Mot de la traductrice : Bonjour à tous ! Voici le nouveau chapitre. Je m'excuse pour l'attente, je suis débordée ces derniers temps...
Je remercie Dee Mill, qui traque les fautes, m'aide et me soutient.
Je remercie aussi TrollingTauriel, James75 et Dee Mill pour vos reviews, auxquelles j'ai répondu ainsi qu'à leurs questions ! Vous êtes géniaux... :)
Place aux reviews anonymes!
Jane : ma fameuse Jane... mais je ne t'en veux pas du tout de ne pas avoir commenté le chapitre précédent, voyons! Les reviews ne sont pas une obligation même si elles sont fortement appréciées, bien entendu ! :p Pour répondre à ta question, oui j'ai déjà songé à traduire la suite alternative de cette fiction et je t'annonce en exclusivité que je compte la traduire après avoir terminé celle-ci, ce qui ne saurait tarder ! :) Merci pour ta review et tes compliments, qui ravissent toujours autant mon cœur ! Bonne lecture... :)
Cassou : je te remercie pour ta review, Cassou... Vraiment, elle m'a fait très plaisir! Mais je me demande... tu n'as pas de questions à me poser? Au chapitre précédent, j'autorisais les lecteurs à me poser une question, n'importe laquelle, pour les remercier mais dans ta review, je n'en vois pas alors... En aurais-tu une? Je te promets d'y répondre au chapitre suivant ! :) Dans tous les cas, je te remercie et te souhaite une bonne lecture!
Yuna : coucou, Yuna! Merci beaucoup pour ta review, qui me fait toujours très plaisir ! Pour répondre à ta question et sans trop te dévoiler la suite (ce ne serait pas marrant sinon...), je pense que la réponse oui et non convient parfaitement ! *rigole* c'est en tout cas mon ressenti quand j'ai fini la traduction. Mais je te promets une belle fin ! A toi d'en juger si tu trouves celle-ci épique ;) Je te souhaite une agréable lecture !
Kira : ma chère Kira, tout d'abord un grand merci pour ta review et tes compliments qui, comme d'habitude, me ravissent ! Sache que je comprends tout à fait tes craintes et que j'ai moi-même commencé sur ce site en tant qu'auteur donc je peux très bien imaginer comment tu te sens. Je peux te dire une chose : que tu te poses ses questions dénote déjà que tu as à cœur de fournir un travail de qualité aux lecteurs qui te liront et c'est déjà très positif. Mon seul conseil serait de t'amuser. Pars du principe que si tu écris, tu écris avant tout pour toi et ton plaisir. Le partage vient après. N'hésites pas à poser les idées par papier, à faire une trame précise pour ton histoire, te permettant de savoir où tu veux mener tes personnages, quelle profondeur tu veux leur donner et surtout quel rôle tu veux leur voir jouer ;) l'intrigue se ficèlera autour ! :) sois méthodique et passionnée par ce que tu écris. Et ne perds pas de vue que la clé pour écrire, c'est avant tout d'en avoir envie. Si tu as l'envie et tu souhaites partager ce que tu écris (ton imagination, une petite part de toi aussi), alors peu importe le reste, ton histoire sera digne d'être lue, comme toute histoire qui se respecte. J'espère avoir répondu à ta question et j'espère aussi que j'ai pu t'éclairer. N'hésites pas, si tu as besoin d'aide. Bisous et bonne lecture!
Je dois dire que je suis agréablement surprise que vous ayez tous joués le jeu ! Vous aimez ça, avouez!? :p J'espère que vous ne serez pas déçus de mes réponses et que ce chapitre vous plaira, comme il m'a plu de le traduire!
Amicalement vôtre,
Manelor.
Oo°oO
POV Deirdre
« Quoi ? » Répondit Aragorn, faisant halte en me regardant fixement avec une expression embarrassée sur son visage.
« Le pendentif de l'Étoile du soir. Donnez-le-moi. » répétai-je comme si c'était la chose la plus simple au monde.
Le visage d'Aragorn se mua en étonnement et les seuls bruits dans la pièce provenaient des respirations de chaque personne présente. Ils devaient penser que je venais de perdre la raison et me regardaient tous fixement. Pourquoi me regardaient-ils ainsi ?
« Pouvez-vous juste me faire confiance pour cette fois ? Je vous expliquerai après votre petite conversation avec Sauron. » dis-je avant que l'on ne puisse me demander de me répéter.
Après un autre moment de silence, Aragorn secoua la tête et marcha lentement vers l'extérieur. Sa main hésita légèrement alors qu'il défaisait la mince chaîne, le posant dans ma paume. Après une brève réflexion, Aragorn soupira et quitta le hall, se dirigeant lentement jusqu'au palantir. Tous me regardaient alors que la porte du hall se refermait en un grand bruit sourd.
« Je vais seulement vous expliquer une fois, après vous devrez attendre qu'Aragorn revienne. » annonçai-je, essayant d'ignorer les regards confus des personnes présentes.
Ainsi, au lieu de les regarder, j'observai le pendentif brillant dans ma main. Il avait l'air si fragile. J'étais réellement stupéfaite qu'il ne se soit pas brisé à force des nombreuses batailles auxquelles Aragorn avait participé. Mais il semblait assez fort pour tenir le coup, au moins pour un temps.
Le temps passa lentement alors que nous attendions le retour d'Aragorn pour qu'il nous dise comment Sauron avait pris la nouvelle de cette déclaration de guerre. Ils semblaient tous encore extrêmement curieux quant à la raison pour laquelle j'avais toujours en main le pendentif Evenstar d'Aragorn. Legolas se mit derrière moi après quelques minutes d'attente et nous fit asseoir tous deux sur un banc, pour que je puisse me pencher contre lui.
Une éternité avait apparemment passé quand les portes du hall s'ouvrirent encore une fois, révélant un Aragorn légèrement stupéfié. Ses sourcils étaient froncés, comme si ses pensées étaient troublées. Il s'assit alors à côté de Legolas et de moi, sur le banc.
« Sauron sait que nous venons à présent. » déclara Aragorn, ignorant les regards fixes des autres alors qu'il était toujours perdu dans ses pensées. « Deirdre ? »
Cela me prit un moment pour savoir ce qu'il me demandait, mais je réussis à percuter rapidement. Je lui tendis la main qui tenait toujours le pendentif et je lui remis.
« C'est vrai, désolée pour ceci. C'est juste bien trop joli et brillant pour être brisé. » lui expliquai-je.
D'une façon ou d'une autre, ma phrase réussit à attirer tous les regards curieux et confus des personnes présentes. C'était vraiment impressionnant, considérant qu'il n'y avait pas un grand nombre de personnes dans cette même pièce. Néanmoins, l'intensité de leurs regards suffisait.
« Vous nous devez quelques explications, Deirdre. » m'informa Gandalf, brisant le silence.
« Très bien. A l'origine, Aragorn était censé se retrouver devant le palantir, lançant un défi à Sauron par l'intermédiaire de l'épée de Narsil, alors que Sauron aurait répliqué en lui montrant une image d'Arwen mourante. Maintenant, d'après ce que je sais, le pendentif de l'Etoile du soir serait tombé du cou d'Aragorn à cause de sa stupéfaction quant à cette image. Et en tombant au sol, celui-ci se serait brisé en mille morceaux. » leur expliquai-je, le récit légèrement décousu.
Il y eut un silence durant quelques minutes, chacun assimilant les paroles que je venais de prononcer. Aragorn fut le premier à répondre et à rompre le silence, quelque chose dans quoi il semblait être assez bon en vérité.
« Ainsi, l'image d'Arwen n'était qu'un leurre de Sauron pour me déstabiliser. Elle n'était pas réelle ? » demanda-t-il, l'espoir perceptible dans sa voix.
« Désolée, Aragorn. Mais l'image qu'il vous a montrée était réelle. C'est le destin d'Arwen. Si l'anneau n'est pas détruit et que le mal s'étend en Terre du Milieu, elle mourra. » répondis-je, sachant qu'il fallait que je sois franche.
Je le vis prendre une expression d'horreur et de profond chagrin avant qu'une détermination sans faille ne prenne place, le faisant grimacer légèrement.
« Cependant, Sauron est presque autant un maître en tromperie que Morgoth l'était, d'après ce que j'ai pu lire. » lui dis-je, ce à quoi il me jeta un regard confus. « Je ne suis sûrement pas la seule ici qui connait l'histoire de Hurin et de la chute de Gondolin. »
Mon esprit se concentra sur les histoires que j'avais lues après être devenue fan des travaux de Tolkien et de l'histoire sur les anneaux. Comment Hurin avait dû regarder sa famille tomber en morceaux et vivre la trahison apparente des parents adoptifs de son fils. Mais tout ceci n'avait été que duperie de Morgoth, qui avait voulu non seulement torturer Hurin, en l'informant que sa famille allait souffrir, mais il avait aussi voulu lui faire chercher où Gondolin était alors que Morgoth avait su exactement où celle-ci se trouvait.
Cette lueur de compréhension s'alluma dans presque tous les regards des personnes présentes, à part dans celui de Saffy. Cette lueur était présente dans le regard de Gimli car, bien que ce soit une vieille histoire concernant les Hommes et les Elfes, les Nains y avaient leur place aussi.
« La connaissance est non seulement puissante, mais peut être extrêmement dangereuse. » concluai-je, faisant acquiescer et sourire Aragorn.
« À l'aube, nous irons en Mordor. » déclara Aragorn, se levant du banc. « Eomer, il vous appartient de décider si vous et votre armée viendrez en guerre à nos côtés. Mais dès que les premiers rayons du soleil toucheront la terre, mes hommes et moi iront combattre. »
Et avec cela, Aragorn sortit de la pièce, appelant un garde pour qu'il puisse transmettre son message. Demain matin, les troupes se mettront en mouvement pour aller vers une mort quasi certaine. Mes yeux se posèrent sur le nouveau roi du Rohan, dont le visage semblait presque aussi déterminé que celui d'Aragorn.
« Allez-vous, vous et vos hommes, venir vous battre avec nous demain, Eomer ? » lui demandai-je, sentant les bras de Legolas se raffermir autour de ma taille de façon inconfortable.
« Vous pensez réellement que je vais rester ici et vous laisser en tirer toute la gloire ? » me demanda-t-il avant de rire. « De plus, je dois m'assurer que vous soyez bien fidèle au poste. Il semblerait que votre présence remonte le moral aux troupes. »
« Cela fait plaisir à entendre. » lui répondis-je avec un sourire. « Eh bien, je vous verrai demain. Je crois que quelqu'un ici présent souhaite me parler. » Je tournai légèrement la tête vers Legolas, qui n'avait toujours pas desserré sa poigne.
Je me sortis de ses bras et je me levai du banc, le traînant presque jusque dans ma chambre, à la maison des guérisseurs. Dès que la porte se referma, il commença à parler.
« Qu'entendais-tu par 'nous' ? Pensais-tu réellement qu'après ce qui s'est passé la dernière fois, je te laisserais te remettre en danger ? Particulièrement quand l'espoir que nous y survivions est si mince ? » me demanda Legolas, marchant rapidement dans la pièce, me jetant de temps en temps des regards mélangeant confusion et colère.
« Eh bien, je pense que mes propos sont assez éloquents, à moins que tu ne parles plus le langage commun. » lui dis-je, essayant d'atténuer la tension entre nous.
« Tu ne viens pas en Mordor demain et ceci est mon dernier mot. » annonça-t-il, sa voix difficilement maîtrisée et laconique.
« Legolas Thranduilion, ne pense même pas me dire ce que je dois faire car j'ai eu le malheur de tomber au combat la dernière fois. Je suis plus que capable de me battre. La seule raison pour laquelle je me suis retrouvée blessée, c'est parce que cet abruti a carrément implosé, ce qui n'arrivera pas lors de cette bataille-là. » grondai-je, la colère commençant à monter en moi.
« Cela te parait-il si absurde que je ne veuille pas que tu sois blessée ? Tu es presque morte. Je ne veux pas te perdre ! » hurla-t-il, ce qui me fit ouvrir la bouche en grand, alors que je me retrouvais bouche bée.
« Mon amour, ce n'est pas parce que je veux aller me battre que tu vas forcément me perdre. Je ferai tout ce qu'il faut pour rester à tes côtés, peu importe les conséquences. Je suis assez forte pour me tenir à tes côtés et combattre. Je te le promets, tout ira bien. Je serai là quand Sauron tombera. » dis-je en m'approchant lentement de l'elfe furieux debout au centre de la pièce.
Quand je l'atteignis enfin, je me hissai sur la pointe des pieds et je l'embrassai doucement, essayant de le réconforter du mieux que je le pouvais essayant de lui assurer que je serai à ses côtés pour toujours. Alors, je l'attirai à moi et je le fis tomber sur le lit.
Oo°oO
Beaucoup trop tôt, le soleil fut visible à l'horizon, ses rayons rougeâtres caressant la terre et nous sortant, Legolas et moi, de l'inconscience. Je m'étirai dans le lit et je me serrai fortement contre le torse de Legolas.
« Bon matin, melethnin. » murmura-t-il contre mes cheveux, enveloppant ses bras autour de mon corps nu.
« Bon matin, amour. » répondis-je, appuyant mes lèvres doucement contre son cou. « Je veux ne jamais sortir de ce lit. »
« Désolé, mais nous devons nous lever. Aragorn et l'armée quittent Minas Tirith bientôt et j'ai l'intention d'aller avec eux. » me dit-il, se déplaçant lentement d'en dessous de moi pour qu'il puisse sortir du lit et se préparer pour la journée.
« Bien, je me lève aussi, alors. Je souhaite toujours venir avec vous, je n'ai pas changé d'avis. » lui répondis-je.
Je me levai du lit et je ramassai la robe que j'avais fait tomber sur le sol la veille au soir. La soulevant légèrement, le corset à la main, je me relevai rapidement et je fis face à Legolas qui s'était déjà rhabillé et qui attachait toutes ses armes.
« Je ne suis toujours pas certain que cela soit une bonne idée que tu viennes avec nous. » me dit Legolas alors que ses mains voyageaient jusqu'à ses cheveux, faisant les tresses elfiques que portaient les guerriers.
« Ne t'inquiète pas autant. Rien de mal ne va se passer. Je serai à tes côtés durant toute la bataille. » le rassurai-je tandis que je marchais jusqu'à lui et que j'enveloppais mes bras autour de sa taille.
« Personne ne va être blessé ? » me demanda-t-il, sérieux, reculant légèrement pour me regarder dans les yeux.
« Pas d'après ce que je sais. » lui répondis-je, me reculant et l'embrassant doucement. « Tu sais où je peux récupérer mon armure ? Je ne l'ai pas retrouvée depuis la bataille. »
Un petit sourire satisfait apparut sur son visage alors qu'il baissait les yeux.
« Deirdre, ton armure est en morceaux suite à l'implosion du cavalier noir, et tes épées n'ont pas aidé non plus. »
« Oh, eh bien, où puis-je obtenir une nouvelle armure ? Et où sont mes épées ? » lui demandai-je, arquant les sourcils.
« Allons-y, melethnin. » Après ces paroles, Legolas me prit la main et commença à me traîner jusqu'à la porte, pour que nous allions à l'arsenal.
Apparemment, en Gondor il était presque impossible de voir autre chose que des cottes de mailles, bien que celles-ci ne se trouvaient pas spécifiquement qu'ici. Heureusement, nous réussîmes à fouiller dans le désordre monstre qui régnait dans l'arsenal. Considérant le fait que beaucoup d'hommes étaient déjà venus s'armer plus tôt dans la matinée, le désordre n'était pas surprenant et je trouvai un simple gilet en cuir noir. Après l'avoir mis, et alors que Legolas était parti pour prendre mes épées ainsi que mon arc et le carquois que j'utilisais depuis notre arrivée au Rohan, nous sortîmes de l'arsenal, prêts à entrer en guerre.
Dans les écuries, nous réussîmes à trouver mon cheval Bladen ainsi qu'un cheval pour Legolas, car Arod s'était enfui quand ils étaient arrivés devant l'entrée des morts. Nous avons tous deux chargé les chevaux avant de les sortir des écuries pour trouver Aragorn, Saffy, Gandalf, Nimiwen, Gimli, Eomer et les hobbits à l'extérieur, en une masse compacte, prête à aller marcher vers le Mordor. Saffy me lança un sac qui était rempli de nourriture et d'un sac de couchage alors que Nimiwen lançait le sien à Legolas.
« Il semble que vous aviez oublié de les prendre. » Nous expliqua Saffron tandis qu'elle montait sur son cheval qu'elle avait trouvé en Gondor.
« Merci, tu as raison. » répondis-je, montant Bladen rapidement et m'installant dans la selle.
Notre groupe se plaça en tête de l'armée marchant vers l'est, vers les nuages sombres qui étaient visibles au-dessus du Mordor. Durant notre voyage de quatre jours, notre groupe rattrapa son retard. Apparemment, bien que la plupart de notre groupe ait chevauché avec nous, beaucoup ne savaient pas ce que nous avions fait. Par exemple, Merry expliquait comment il était allé à la guerre avec Eowyn et tout ce qui s'était passé durant son voyage, alors que puisque j'avais été séparée d'Eomer avant que la bataille n'ait même commencé, je ne savais pas trop ce qu'il avait bien pu faire.
La troisième nuit, tandis que nous étions sur la route vers le Mordor, notre groupe s'était rassemblé près du feu et cela me rappela presque les feux de camps dans mon monde, alors que nous campions avec nos amis, partageant des histoires ensemble.
« Bon, quelle est la chose la plus embarrassante que vous n'ayez jamais faite ? » déclarai-je, étant décidée à obtenir un peu de saleté sur la famille royale tout autour de moi.
« Di, pourquoi tu veux faire ce jeu, au juste ? » me demanda Saffy, roulant des yeux alors qu'elle se penchait en arrière, se calant dans les bras de Nimiwen.
« Allez, Saffy. Tu as peur de parler du moment le plus embarrassant de toute ta vie ? » lui demandai-je.
« Cela m'est égal, je le ferai si tout le monde consent à le faire aussi. » me répondit-elle, jetant un rapide coup d'œil aux personnes présentes autour du feu.
Cependant, au grand dam de Saffy, ils semblaient tous plus ou moins d'accord pour partager le pire moment de leur vie et une fois que je fus sûre de cela, leur affirmant que j'allais moi-aussi leur en faire part, nous commençâmes à partager le pire moment de notre vie.
« Qui veut commencer ? » demandai-je au groupe. Bien sûr, personne ne se manifesta et ils me regardèrent fixement. « Bon, je vais commencer, alors. Une fois, j'étais en classe d'art et je revenais vers ma place, qui était au fond de la salle. Je n'ai pas vu le sac que quelqu'un avait posé près de son siège. J'ai trébuché sur le sac, fait tomber deux tabourets et je suis tombée sur une table, les bras et jambes écartés. Puis, je me suis redressée pour m'asseoir à ma place de la manière la plus honorable que je connaissais alors que l'ensemble de la classe, y compris mon professeur, riait de moi. » leur avouai-je, contant une des nombreuses situations maladroites dans lesquelles je m'étais trouvée dans ma courte vie.
Les hobbits riaient de moi, me faisant monter le rouge aux joues. Legolas déposa un léger baiser sur ma joue chaude alors qu'Eomer essayait de réprimer son rire.
« Ceci n'est vraiment arrivé qu'une seule fois ? » me demanda Saffy, le rire dans sa voix.
« Oui. » répondis-je, baissant la tête.
« Ton tour, Saffy. »
« Bien. Je pense que mon moment le plus embarrassant, c'était probablement quand j'ai dû taguer les murs de notre vieux collège. » expliqua Saffy, ses joues rougies me faisant rire.
« Je m'en rappelle. Mais ne t'inquiète pas tu n'étais pas la seule ce soir-là à qui ils ont demandé de taguer les murs de l'école. Souviens-toi, j'y suis passée avant toi. » lui dis-je en riant sous cape, me penchant légèrement vers elle pour lui tapoter la main.
« C'est juste. Pourquoi ce n'est pas ton moment le plus embarrassant, alors ? » demanda-t-elle.
« Parce que ce n'était rien comparé à d'autres situations dans lesquelles je me suis retrouvée. » raisonnai-je, me retournant pour faire face à Legolas.
« Est-ce vraiment mon tour ? » demanda-t-il à haute voix, recevant un signe de tête de tout le monde dans le cercle. « Mon moment le plus embarrassant… Lorsque j'étais plus jeune, je suis passé en courant dans le palais de Mirkwood alors que le sol venait tout juste d'être nettoyé. J'ai trébuché sur le sol humide et j'ai glissé jusque dans la salle à manger où un des serviteurs était en train de porter un bol de baies. Je lui ai foncé dessus et nous avons terminé tous les deux sur le sol, plein de jus de baie. »
Avec un sourire sur mon visage, je me déplaçai jusqu'à son cou, déposant un léger baiser contre la peau chaude. Les autres membres du groupe se mirent à rire, avant que nous continuions le jeu.
Merry et Pippin partagèrent quelques unes de leurs farces, nous disant qu'il était impossible de savoir quel était le moment le plus embarrassant de leur vie. Ils nous parlèrent du jour où Pippin avait tellement bu qu'il était parti chercher Frodon, proclamant accidentellement son amour éternel à maître FierPied au lieu de la jolie fille qui marchait en bas de la route.
Gandalf dut être longuement sollicité pour nous faire part d'un des moments les plus embarrassants de sa vie. Après tout, il était magicien. C'était l'un des membres les plus prestigieux de notre groupe. Cependant, il céda et reconnut finalement quelques petits événements comme celui où il avait foncé dans une porte et qu'il s'était accidentellement frappé le front avec son bâton en voulant tourner trop vite.
L'histoire d'Aragorn se situait quand il était encore à Fondcombe, en présence des fils jumeaux d'Elrond, lorsque les jumeaux lui avaient fait une blague alors qu'il sortait du bain. Sans réfléchir, il leur avait couru après, sans penser à mettre des vêtements d'abord. Il avait terminé sa course en plein milieu de Fondcombe, taquiné sur sa nudité dont il ne s'était pas aperçu.
Gimli fut aussi difficile à persuader que Gandalf, mais finalement il nous parla du temps de sa jeunesse. Son histoire se passait à l'époque où il commençait à fumer. Il avait laissé tomber sa pipe dans sa barbe et celle-ci avait prit feu.
Eomer nous dit que, quand il était jeune, il avait essayé d'impressionner une fille d'Edoras en faisant des prouesses sur son cheval. Cependant, au lieu d'impressionner la fille, il était tombé et avait terminé couvert de crottin de cheval.
Nimiwen fut la dernière de notre groupe à faire partager son histoire. Elle nous parla de sa première garde aux frontières de la Lothlorien. Elle nous confia avoir entendu du bruit suspect aux alentours et avoir dégainé son épée, avant de se rendre compte que c'était Haldir. Après s'être aperçue qu'elle venait de menacer son officier supérieur, elle s'était confondue en excuses et s'était rapidement éloignée, avant de tomber et d'atterrir plus bas, sur le sol.
Alors que les histoires se terminaient, nous retournâmes tous à nos tapis de couchage séparés pour obtenir un peu de repos car nous arriverions aux portes noires du Mordor demain midi. Je me pelotonnai sous les étoiles avec Legolas à mes côtés et j'espérai que demain n'apporterait pas trop de sang et de mort de notre côté.
Oo°oO
Maudite aube. Je m'étais habituée à dormir sur le sol encore une fois, bien que mon corps se languisse toujours des doux matelas de Minas Tirith. Mais alors, je réalisai que c'était le jour de la bataille finale entre nos forces et celles du Mordor. Ce fut à ce moment-là que je réalisai que ce soir, Frodon et Sam seraient avec nous.
Au moment où le soleil fut au plus haut dans le ciel, mais caché par de sombres nuages qui y persistaient, nous atteignîmes les portes noires. Notre groupe recouvrait le premier rang de notre armée. Nous patientâmes à l'extérieur des portes dans un silence maladroit, attendant que quelque chose ne se passe.
« Où sont-ils ? » demanda Pippin, brisant le silence qui s'était posé sur notre groupe et traversant les murmures inquiets de l'armée derrière nous.
Aragorn jeta un coup d'œil à Pippin, qui était assis devant Gandalf, avant de se tourner vers les portes noires.
« Que le seigneur de la Terre Noire s'avance. » dit Aragorn en regardant les portes. « Justice lui sera faite. »
Lentement, l'édifice métallique massif s'ouvrit en grinçant et une silhouette en sortit, cheval noir surmonté par un cavalier noir. La majeure partie de son visage était recouverte d'un casque noir, qui était semblable à ceux ornant les têtes des cavaliers noirs vus à la tour de Barad-dur. Cependant, la partie du visage découverte nous permettait de voir une bouche énorme, des lèvres presque inexistantes et ensanglantées, avec derrière des dents gargantuesques, aiguisées et jaunes. Un frisson me parcourut quand je pensai à ce que ce serait d'avoir ces dents dans ma propre bouche. Un mot : Aïe.
« Mon maître Sauron le Grand vous souhaite la bienvenue. » nous dit la bouche, nous souriant de façon tordue. « Y a-t-il quelqu'un qui ait autorité pour traiter avec moi ? »
« Nous ne sommes pas venus pour traiter avec Sauron, perfide et maudit. Dites à votre maître ceci. Les armées du Mordor doivent se disperser. Il doit quitter ces terres et ne jamais y revenir. » dit Gandalf alors qu'il regardait la silhouette devant nous.
Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander où diable Gandalf pensait que Sauron irait. Je veux dire, il ne pouvait aller nulle part, sachant qu'il était un œil. Et, en outre, où pourrait-il aller même s'il le pouvait. Je ne pense pas qu'il pourrait réussir à atteindre Valinor et il ne pouvait pas revenir à ses anciennes Terres. Où pouvait-il donc aller ?
« Oh ! Vieille barbe grise. » gronda la voix de Sauron, me sortant de mes réflexions. « J'ai là un souvenir que j'ai été chargé de te montrer. »
Il sortit la chemise en mithril que Frodon portait et qui l'avait protégé dans les mines de la Moria. Ayant retiré la chemise, des halètements se firent entendre de la part des deux hobbits, qui étaient affreusement tristes à la pensée de la mort de Frodon.
« Frodon ! » cria Pippin dans son chagrin avant de pouvoir tenir sa langue. La chemise fut alors jetée vers Gandalf, atterrissant sur ses genoux tandis qu'il la regardait, la mine choquée. « Frodon ! »
« Silence ! » le réprimanda Gandalf, faisant apparaître un petit sourire satisfait sur la bouche du monstre.
« Non ! » cria Merry, de derrière Eomer.
« Silence ! » ordonna une nouvelle fois Gandalf, essayant de calmer les hobbits.
« Le semi-homme vous était cher à ce que je vois. Sachez qu'il a enduré mille tourments entre les mains de son hôte. Qui aurait cru qu'un si petit être pourrait supporter tant de souffrance ? C'est pourtant le cas, Gandalf, il l'a fait. » dit la bouche, se moquant du magicien.
« Et nous sommes supposés vous croire juste parce que vous avez une petite chemise brillante qui a une fois appartenu à un hobbit que nous connaissons et cela devrait suffire à nous montrer que vous l'avez tué ? » lui demandai-je d'un ton dur, la tête du monstre se tournant vers moi. « La supposée preuve que vous nous offrez est pathétique. Vous ne voulez tout simplement pas admettre que le semi-homme vous a échappé, après sa capture. Et qu'en plus du fait qu'il se soit enfui, il ait réussi à réchapper à la plupart des gardes qui étaient à Cirith Ungol. »
Les coins de sa bouche s'affaissèrent alors que je riais. Je me sentais comme quand j'étais en Isengard, réagissant de la même façon que là-bas, en réponse aux négociations avec une attitude froide et impassible.
« Donc vous êtes la Maîtresse déshonorée d'Isengard. La faible. » dit-il avec dédain, donnant mon 'titre' avec dégoût.
« En chair et en os. » lui répondis-je, souriant d'un air satisfait. « Pourquoi voudrais-je un jour marcher aux côtés de Sauron quand vos gardes sont tellement incompétents qu'ils n'arrivent même pas à retrouver la trace d'un malheureux petit hobbit, les mains attachées ? »
« Il est choquant de voir que vos prétendus amis soient enclins à aller combattre avec une telle manipulatrice à leurs côtés. » fit-il remarquer avant de regarder fixement Aragorn. « Et qui est-ce ? L'héritier d'Isildur ? Il faut plus pour faire un roi qu'une épée Elfique brisée. »
Aragorn se rapprocha avant de sortir son épée et de décapiter le monstre. Sa tête roula sur le sol en un bruit sourd dégoûtant et son corps tomba du cheval. Aragorn revint ensuite vers nous.
« Voilà qui met fin à la négociation. » bougonna Gimli en s'adressant à Legolas.
« Je ne crois pas à ses dires. Je n'y croirai jamais ! » s'exclama Aragorn.
Mon esprit était cependant davantage concentré sur le cadavre tombé de la bouche de Sauron, qui se trouvait des deux côtés de là où le cheval était précédemment debout.
« Pour être qualifiée de personne qui a autorité à négocier, il faut plus qu'une bouche... » fis-je remarquer avec un sourire. « ...Il faut un cerveau. »
