Chapitre 36
PDV de Jeff Clarke
Il manque un homme au 51 et j'ai accepté d'aller faire un remplacement, mon équipe au 25 a été relevé de la garde d'aujourd'hui pour un incendie difficile. Katsa dormait encore quand je suis parti ce matin.
« Squad 3, Echelle 81, Engin pompe 51, Ambulance 61, Bataillon 25 véhicule accidenté. »
On se rendit sur place, une voiture est rentrée dans un arbre, la portière conducteur est totalement enfoncée, il y a peu de chance qu'il est survécu.
-Reculez. Fis-je en emmenant des gens plus loin.
-Les gars ça urge ! C'est Katsa là-dedans ! S'exclama Severide
Katsa ? Dedans ? Oh mon dieu ! J'accouru jusqu'au véhicule pour voir le visage ensanglanté de ma petite amie reposait contre le volant.
-J'ai un pouls Clarke. Souffla Kelly pour me rassurer.
-Les filles sont prêtes à la réceptionner. Informa Casey
On mit vingt minutes à réussir à la sortir de là, un détail cloche, elle avait une main liée au volant et puis ce n'est pas son coin par ici.
-On la perd. Lança Brett
-Je choque.
Elles récupérèrent un pouls, Brett l'intuba avant d'écouter le cœur des bébés. Une fois au Chicago Med ils la montèrent directement au bloc. J'avais averti son frère tout de même.
-Antonio ? Lança Casey
-Des nouvelles de Katsa ?
-Toujours au bloc.
-Clarke est-ce que tu avais déjà vu cette boîte ? On la trouvait caché…
-Sous le plan de travail ? Je l'avais vu, mais elle est toujours fermée à clé, je ne sais pas ce qu'il y a dedans. Et j'ai peur de la perdre en lui demandant. Je me suis dit que c'était peut-être des souvenirs de Lindsay.
-On l'a ouverte. Ce sont des lettres de menaces. Est-ce que tu sais qui pourraient lui en vouloir ?
Je resté sans voix, des lettres de menaces ? Pourquoi elle ne m'a rien dit ? Et qui en a après elle ?
-Tellement de gens, tu sais avec l'armée…
-On va creuser et trouver le coupable ne t'en fait pas. Je vous tiens au courant. Déclara-t-il en s'éloignant.
C'est un enfer, on ne pourra finalement jamais vivre en paix tous les deux ? Au bout d'une heure Will et un collègue à lui arrivèrent.
-On a fini de l'opérer, les bébés n'ont rien. La grossesse va pouvoir se poursuivre. Fit le Docteur Rhodes
-Mais ? Lança Gabby
-Elle est dans le coma. On ne sait pas quand et si elle se réveillera. Intervint Will
Mon cœur se brisa, ne supportant plus je m'éloignai de la salle d'attente, des gens de la caserne.
-Tu ne dois pas perdre espoir, elle va s'en tirer. C'est pour son bien si elle est dans le coma. Fit le Lieutenant Casey
-Katsa est une battante, elle ne baissera pas les bras comme ça. On sera tous là pour t'épauler. Souffla Kelly en posant une main sur mon épaule
-Tu peux compter sur ta famille du 51.
-J'veux pas la perdre…Elle représente tout pour moi… Fis-je en ne retenant pas mes larmes.
Je sentis les deux Lieutenants m'attirer contre eux pendant que je pleurais pour la vie de ma petite amie. Si je chope le salaud qui lui a fait ça, il ne reverra plus jamais le soleil.
-Allez retournons avec les autres. Souffla Kelly
On retourna dans la salle d'attente, Erin venait d'arriver avec Sophia.
-Hey, tu tiens le coup ? Demanda la jeune détective en m'étreignant
-Pas vraiment.
-On a des nouvelles d'elle ?
-Non, elle vient de retourner au bloc, juste que les bébés vont bien. Intervint Brett
-Comment ça elle vient de retourner au bloc ?! M'exclamais-je paniqué
-On a vu les infirmières s'affolaient et ils ont emmené Katsa, en hurlant qu'il faut la montrer au bloc immédiatement et de biper son frère. Expliqua Hermann
-Elle va s'en tirer. Souffla Severide en posant une main sur mon épaule.
-Jay enquête ? Demandais-je en me tournant vers Erin
-Il le faisait avec l'équipe mais apparemment le Commandant Fisher les a envoyés sur un autre truc.
-Lequel ? Intervint Casey
-Des tensions encore avec la population, il leur a ordonné d'aller contrôler, calmer la foule. Je suis en repos une semaine à cause du coup à la tête. Explique-t-elle
Les gars de la caserne prirent Sophia pendant que je m'assis sur un des fauteuils, Erin vint s'asseoir à côté de moi. Les secondes commencèrent à s'écouler lentement, du coin de l'œil j'aperçus la jeune femme se masser les temps en fermant les yeux.
-Ça va ? Demandais-je
-Ouais, juste mal à la tête.
Je passais un bras autour de ses épaules et l'attira vers moi.
-Elle va s'en tirer Clarke. Elle va s'en tirer. Elle est forte. La plus forte que je connaisse. Souffla-t-elle
On reçut un appel pour un incendie, je ne veux pas quitter l'hôpital, je n'ai vraiment pas le moral à ça mais je le dois c'est mon devoir et Katsa ne serait pas d'accord.
-J'ai redirigé cet appel, c'est important qu'on reste là. Déclara Boden
-Merci chef. Soufflais-je
On passa la nuit ici à attendre des nouvelles de Katsa qui ne vinrent pas. Gabby et Brett arrivèrent le matin avec du café pour tout le monde, je bus une gorgée avant d'apercevoir Will un peu plus loin. Je me levais rapidement et le rejoint.
-Tu as des nouvelles de Katsa ? Demandais-je
-Une infirmière n'est pas venue te voir ?
-Non. On attend sans aucune nouvelle depuis qu'elle a été ramenée au bloc.
-Elle est sortie du bloc il y a deux heures, elle est dans le coma comme on vous l'avait dit.
-Mais après vous l'avez remonté au bloc pourquoi ?!
-Elle a commencé à avoir un saignement interne, et une pression au niveau du cerveau. Mais elle va bien, son état est critique mais nous somme optimiste. Ma sœur est une battante, ne t'en fait pas.
J'essuyais rapidement mes yeux, j'ai horreur de montrer que je suis faible. Mais la vérité c'est que j'ai la trouille, trouille de perdre celle que j'aime, trouille de me retrouver privé d'elle, de son sourire, de sa joie de vivre, de ses câlins... Celle qui a donné du sens à ma vie.
-Je peux la voir ? Demandais-je
-Bien sûr. Par ici. Ce n'est pas normal que personne ne soit venu te le dire.
On entre dans une chambre et mon cœur s'arrête de battre en la voyant allongée inerte dans ce lit d'hôpital. Elle paraît tellement minuscule et fragile. Un énorme bandage lui recouvre une partie du front et des cheveux, un autre bandage encercle son bras gauche, et une bosse au niveau de la poitrine fait comprendre qu'elle a un bandage là également.
-Deux côtes lui ont perforés le poumon. Elle est sous-respirateur pour l'aider à respirer.
-Les…Les côtes brisées…c'est…c'est dû à l'accident ? Demandais-je
-Non, certes l'accident n'a pas arrangé mais elles étaient enfoncées avant l'impact. Je pense, et mes collègues sont du même avis, que quelqu'un lui a appuyé sur la poitrine. Elle va avoir besoin de toi, je suis sûr que te sentir à ses côtés, t'entendre l'aidera. Si tu as besoin de n'importe quoi fait le moi savoir.
Il pose une main sur mon épaule avant de sortir, me laissant seul avec elle.
Comment ? Comment on peut écraser la poitrine de quelqu'un au point de lui briser les côtes ? Comment on a pu lui faire ça ? Comment on peut s'en prendre à une personne aussi magique qu'elle ?
Je m'approche doucement tirant un fauteuil près de son lit et prit délicatement sa main dans la mienne.
PDV Externe
-Hey ma puce. Je sais que tu ne peux pas me répondre, mais sache que je suis là. Et je ne te lâcherai pas, il faut…il faut que tu tiennes le coup que… Que tu restes en vie ! Je...je sais que tu peux y arriver! Tu es forte, tu es une battante, tu as toujours dépassé tes limites ! Alors bat toi s'il te plaît, je t'en supplie mon cœur, bats toi, pour moi pour nos filles... Elles ont besoins de leur maman Kat... Tu ne peux pas nous laisser sans toi. Tu verrais dans quel état sont Jay et Erin...Continua le jeune pompier alors que sa voix se brisait
-Je n'arriverai pas vivre sans toi, je...tu es la femme de ma vie, sans toi je ne suis rien, tu es mon oxygène, celle qui donne du sens à cette existence. Je t'aime et je ne pourrai pas continuer si tu n'es pas à mes côtés, je t'aime tellement Katsa ! Je t'en prie réveille-toi ma perle rare... Fini-t-il dans un sanglot tout en attrapant la main inerte et froide de sa bien aimée
Il resta quelques minutes silencieuses à dessiner des cercles sur la paume de la main de la jeune femme. Cette scène aurait brisé le cœur à n'importe qui.
-J'ai…J'ai survécu à…à l'armée grâce à toi… Avant ce…ce n'était que la perceptive de revoir Liza même si je savais qu'elle voyait quelqu'un d'autre…Mais…mais ça me faisait tenir…Et puis…Et puis tu es apparu. Tu étais blessée car tu avais répondu à notre appel à l'aide parce qu'on était tombé dans un piège et ils t'avaient eu aussi… Ce jour-là j'ai eu peur de voir un de mes frères d'arme tombé devant moi… Mais j'ai aussi vu la plus belle femme au monde. Même dans ce cas extrême, battue, torturé tu es restée forte et tu te souciais plus pour moi que pour toi. Depuis ce jour…je…je n'arrêtais pas de repenser à toi…A imaginer de nouveau ton visage dans ma tête, ces beaux yeux bleus azur si expressif, ce sourire à faire damner n'importe qui.
Le jeune homme s'arrêta un moment, essuya d'un geste vif les larmes de son visage et pressa doucement la main de sa perle rare comme il l'appel avant de reprendre.
-J'espérais tellement te revoir à chaque fois que je revenais à la base, ça en devenait presque une obsession. Les mois se sont écoulés sans que je te revoie, mais ça me faisait tenir, d'imaginer tous les scénarios d'une éventuelle rencontre. Et puis il y a eu ces quelques jours à Kandahar, enfin quelques jours de repos après des mois de missions. J'avais…j'avais cette stupide coupure à l'avant-bras, ce n'était rien, mais avec le sable c'était mieux de la faire soigner. Et là j'ai entendu quelqu'un pestais contre une femme médecin, le docteur Gordon. Je me souviendrai toujours…je…je me suis stoppais net en entendant cette voix. Ta voix. Et tu es apparu dans le petit couloir, le médecin t'interdisait de partir mais tu ne voulais rien entendre. Mon cœur a eu un raté en te voyant, en revoyant ce magnifique visage, un visage d'ange. Et tu m'as vu, et… tu es arrivée directement vers moi. Et tu m'as gratifié d'un magnifique sourire avant de m'enlacer en disant que tu étais contente de me voir.
Il caressa doucement la joue de la jeune femme, il ne supportait pas de la voir comme ça au bord des portes de la mort. Elle s'était tellement donnée pour son pays et pour ceux qu'elle aime.
-Tu te souviens ? Après…après les échanges banaux, tu…tu m'as demandé si…si je prévoyais quelque chose pendant ma permission…et tu…tu m'as proposé qu'on passe cette permission ensemble. Et je suis retourné en mission tout comme toi, c'était notre boulot, mais j'avais l'impression d'être plus léger. Et pendant plus d'un an on a fait le chat et la souris, à se croiser pendant nos permissions, nos jours de repos… Entre deux ravitaillements au camp, et tu avais toujours ce sourire. J'en étais dingue. Et il y a eu ce fameux soir, une journée normale, on avait mangé avec tous les gars, mais je n'avais pas cessé de te regarder. Tu souriais et rigolais avec tout le monde, tu as finis par te lever car tu avais un appel de ton frère… Je t'ai…je t'ai suivis des yeux… Et je suis sorti également, tu contemplais la lune qui était grosse et énorme, comme si elle était sur le point de percuté la Terre. Tu as proposé qu'on aille grimper sur la colline en face pour mieux voir. On était en train de regarder le ciel… il y avait un peu de vent, je me souviendrai toujours…une étoile filante est passée devant nous. Tu as fait un vœu avant de me dire de faire la même chose… Et tout ce que j'ai fait à ce moment… je ne le regretterais jamais… ça me démangeait depuis tellement de temps… j'ai posé mes lèvres sur les tiennes…Et j'ai été l'homme le plus heureux au monde quand tu as…quand tu as répondu à mon baiser.
Le jeune pompier posa sa main sur le ventre arrondie de la jeune femme, et ne put s'empêcher de sourire en imaginant les deux bébés en train de grandir à l'intérieur.
-Ca faisait 8 mois qu'on sortait ensemble…Que tu me rendais heureux. Que j'avais enfin quelque chose qui avait du sens…On allait partout ensemble…A chaque permission on…on se retrouvait et… et on partait voyait… je me souviendrai toujours…cette permission en Nouvelle-Calédonie…On marchait sur la plage…le soleil était en train de descendre…on s'est finalement assis dans le sable…tu t'es…tu t'es tournais vers moi en souriant…et a murmuré ces trois mots « Je t'aime »…c'est…c'est comme si le monde avait arrêté de tourner…on se l'était toujours fait comprendre mais…mais jamais dit oralement…j'avais…j'avais peur de te faire fuir en te le disant… et…tout ce que j'ai réussi à faire…ça…ça a été de t'embrasser… avant de te le souffler à l'oreille pendant…pendant que tu t'endormais contre moi… Et je suis resté là comme un idiot, à te tenir contre moi…à t'observer dormir…tu avais l'air si paisible…et je ne faisais que de caresser tes cheveux, de les dégager de ton visage…me disant que j'avais entre les bras la plus belle et la plus douce femme au monde, une perle rare…ma perle rare. Et puis…il y a eu cette fois-là où on était en permission à Pearl Harbor… on se promenait sur Waikiki Beach…et tu m'as lâché la main brusquement avant de t'éloigner…Je ne te l'ai jamais dit mais j'ai paniqué à ce moment-là…J'avais peur que tu me dises que…que tu veuilles qu'on se stoppe. Tu t'es retourné un sourire immense au visage avant de m'annoncer que tu étais enceinte. Et là fois, tu étais rentrée de mission bien avant moi…Lindsay avait quoi…4-5ans…ça faisait 2 mois que tu étais rentrée au pays…profiter d'elle…de ton frère…et j'avais planifié ça avec Jay car je voulais te surprendre…Je suis rentré dans cet immense carton cadeau. Lindsay avait hurlé en me voyant à l'intérieur avant de me sauter au cou…Et toi…et toi tu pleurais. Cette permission là…je vous ai emmené à Los Angeles…tu étais magnifique…j'ai appris à surfer à Lindsay. On a fait les quatre coins du pays tous les trois. J'étais le plus heureux des hommes…J'avais une fille extraordinaire et une petite amie magnifique…Quand…quand Jay m'a dit…m'a dit que tu étais de retour…J'étais heureux…heureux et soulagé…J'avais tellement peur qu'il te soit arrivé quelque chose…Quand je t'ai vu entrer chez Molly…Je me suis dit…que…que même si tu me repoussais de nouveau…je te protégerai…Bats-toi je t'en supplie…ne nous laisse pas…ne me laisse pas…je te promet que plus personne ne te feras du mal…
Le jeune homme sanglota, la tête posée sur l'épaule de sa petite amie. Le détective qui était venu voir sa petite sœur, avait assisté à la scène, aux discours du pompier, et avait senti les larmes monter tant l'émotion était immense, et les paroles belles…poignantes…Il se retourna sans faire de bruit, sachant qu'il n'a plus à avoir peur, à s'inquiéter pour sa petite sœur, qu'elle est maintenant entre de bonnes mains…qu'elle a quelqu'un de sincère sur qui compter…s'appuyer… Une personne qui l'aime sincèrement et plus que tout au monde.
