Voici mon message d'Adieu : allez tous vous faire mettre !

Mon cher fusil est retourné dans son royaume de vêtments perdus et Sirius et moi rejoignons la grande salle, bras dessus bras dessous.

-Alors, comment tu te sens ?

-De quoi ?

-Bah ... de quittez poudlard, de savoir que c'est notre dernier bal ... tout ça ?

-Franchement : j'en ai rien à branler.

Il soupire.

-Tu peux pas dire ça avec un peu plus de finesse ?

-Bah non, parce que c'est vraiment comme ça que je me sens. J'ai passé sept années de ma vie à être méprisées et méprisables. Maintenant, je veux commencer ma vrai vie dans le monde des adultes.

-Je vois ... Moi je dois dire, que de toutes nos années passées ici, c'est celle-là, la dernière, qui m'a le plus marqué.

-Tu m'étonnes. Qui aurait cru que le play-boy de Poudlard allait finir avec la Pauvre Mochetée Chiante ?

-Carrie, t'as jamais réalisé que t'étais l'une des filles les plus belles de ce monde ?

-Mais ouais bien sûr : mes cheveux sont ternes à faire pleurer et on voit pas mon visage tellement mes lunettes sont énormes.

-C'est ça le problème. T'as jamais vraiment vu ton visage.

-Hein ?

-Tien, mets ça.

Il me tend une petite boîte. Ce sont les lentilles que Lily m'avait préparé.

-Oh non.

-Tu peux les enlever après si tu veux.

-Tu me feras chier jusqu'au bout, n'est-ce pas ?

-Toujours.

Je lui passe mes lampadaires et mets les verres compactes.

-Et merde ! Ca pique les yeux !

-Regarde toi dans la fenêtre.

Je me tourne vers la vitre, et ouvre la bouche de stupeur. Vous vous rappellez ma mère ? Pareil, voire mieux. C'est la première fois que je vois mon visage sans mes lunettes, et franchement, j'ai rien à envier aux tops models qu'on peut voir dans les magazines. Au moins maintenant je sais que j'ai des yeux marrons ...

-Dis ... Depuis quand tu sais que je suis comme ça ?

-Depuis la St-Valentin. Tu te rappelles l'épisode de la salle de bain ?

-Oh oui. Même que Dumbledore a pas encore cicatrisé.

Rire sadique.

-Attends ! T'es tombé amoureux de moi, après m'avoir vue ?!

-Non, je suis tombé amoureux de toi quand j'ai réalisé que t'étais une fille à part entière, pas qu'une taupe en jupe. Que malgré ton caractère de merde, ta mauvaise foi et ta force de catcheur, tu étais bel et bien physique, et que je devais arrêter de ne voir que la chieuse de l'école. Que tu portes ou pas tes lunettes, j'en ai rien à foutre.

-Heureusement pour toi parce que ...

J'enlève les lentilles et les jettes par terre, tendant la main pour récupérer mes verres.

-Je suis bien tel que je suis, et c'est pas parce que je correspond pas aux critères de tout le monde que je vais changer. On m'aime ou pas pour ce que je suis, et ceux à qui ça plait pas je les emmerde.

-Voilà. On y va ?

-Ouais ... qu'on en finisse.

Il rit, et ontre dans la grande salle. Les autres arrivent vers nous.

-Ca y est ? Les pulsions meurtrières de Carrie sont calmées ?

-Heureusement pour toi, sinon c'est sur ta tête que je les calmerai.

-Elle va beaucoup mieux.

-C'est pas un vieux pervers qui va me traumatisée.

-Qu'est-ce qui te traumatiserait ?

-Tu crois vraiment que je vais parler de mes faiblesses ? Aussi mineures soient-elles ?

-Nan, ce serait stupide.

-Et comme je ne le suis pas, tu peux toujours rêver.

-J'avais compris.

-Bien. Bon, où est Dumbledore ?

-ICIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!

Oh putain il m'a fait peur ce con !

-Je vous rappelle que vous devez ouvrir le bal avec moi ! Et que vous me devez quelque chose.

-Je sais, je sais. Bon, on y va ?

-Voui, voui.

Il est tout heureux, il sautille dans sa robe vertes à rayures violettes, un grand sourire sur le visage, me tirant par la main vers la piste de danse. 'tain, je suis sûre que c'est un grand boulet ...

Nous nous postons au milieu de la salle, avec tous les murmures amusés autour de nous.

-C'est une valse, Miss Carrie.

-Sérieux ? Et merde ...

-Mais non voyons. Je suis très bon danseur.

Il pose sa main gauche sur mes hanches, pas trop bas, mais pas trop haut non-plus, pil poil au bon endroit, et de son autre main il saisi délicatement la mienne. Un peu surprise par la grace de ses mouvements et leur précision, je pose ma main sur mon épaule.

-Musique, je vous prie.

Aussitôt, le son de trois violons s'élèvent dans les airs, et nos pieds commencent à bouger. La mélodie est incroyablement douce, mais en même temps entrainante. Mes pas sont maladroits, tandis que ceux du Directeur sont précis et fluides. Je retire ce que j'ai dis : il danse vachement bien !

-Laissez-vous aller, Miss Carrie. Fermez vos yeux, et laisser la musique vous guidez.

-Chut, me déconcentrez pas !

-Oui, oui.

Je les fermes néanmoins et écoutent plus attentivement le rythme des archets. Je capte peu à peu les subtilités de la mélodie, et mes pieds commencent à bouger d'eux mêmes, s'accordant parfaitement avec ceux de Dumbledore. Je rouvre les yeux. Nous voilà, moi et mon taré de dirlo, au milieu de la grande salle, dansant parfaitement. Je sens que la chanson va finir, donc je sourirs très légèrement, mais alor très, très, très légèrement à Dumbledore, pour lui faire comprendre que ... même s'il m'a bien nemmerdé durant ces sept années, je l'apprécie beaucoup.

La chanson est enfin finie, et tout le monde aplaudit. Dumbledore fait une grande révérence, j'hausse les épaules en retournant voir les autres.

-Hep, hep, hep !

-Ah c'est vrai.

Il s'est penché et tapote sa joue du doigt en faisant une moue avec ses lèvres. Je fronce les sourcils.

-Arrêtez de faire cette face imméditement ou je me barre en courant.

-Oui, oui ... Mon bisou !

Je lève les yeux au ciel et lui fais une rapide bise sur la joue.

- !!!!!! Minerva ! Minerva, j'ai gagné mon pari !

-Incroyable. Je n'en reviens pas.

-Vous pariez sur moi maintenant ?

-Ooh, depuis longtemps. Grace à vous Miss Render, je viens de perdre un week-end. Je vais devoir partir en voyage avec Albus pour deux jours ininterrompus de bowling en Amérique. Mon Dieu ...

-Je compatis ... Mes pensées sont avec vous M'dame.

-Merci Miss. Vous allez me manquer.

-Ouais, moi aussi. Un petit peu.

Un petit sourire complice et je retourne voir les autres.

-Magnifique cette danse.

-Ferme-la.

-Roh, fais pas la tête Elisabeth !

-Hein ?

-Laisse tomber.

-T'es bizarre Potter.

La vraie soirée commence enfin. Tout le monde dance, chante, mange ... Pas boit, on est encore à l'école. Eh, faut pas déconner non-plus.

Pendant que tout le monde s'amuse, moi je me suis isolée dans un coin, et j'ai fermé les yeux. Je repense à tout ce qui s'est passé cette année, et avant. En fait, je suis un peu triste de partir. Je n'aurai plus cette excitation de savoir qu'il y aura toujours un problème. Je vais passer dans le monde stressant des adultes. Je sais même pas ce que je veux faire de ma vie.

Quelqu'un s'assoit à côté de moi : c'est Sirius. Il a posé la tête contre le mur froid et il me regarde.

-Tu t'amuses pas ?

-Le seul moment amusant et intéressant de cette fête s'est terminé avec le baiser de Dumbledore. Je reste là pour gacher la vue.

-Irrécupérable ...

Je ferme à nouveau les yeux et pose ma tête contre son épaule.

-Je me dis juste ... fini les années peinardes.

-Faut pas t'en faire.

-Mouais ... Je vais retourner dans mon quartier avant de commencer à réfléchir de l'avenir.

Sirius s'éclaircit la gorge.

-Euh ... Tu te rappelles que j'ai été viré de chez moi.

-Oui. Et ?

-Bah ... J'ai bien envie de revoir Marcel et tout le monde.

-Evidemment, tu viens avec moi. Tu croyais quand même pas que t'allais retourner cez toi et me laisser toute seule ? Pas fou l'autre ...

Il me sourit, j'exerce une petite pression sur son bras.

-On va vivre ensemble dans mon quartier le temps que tu deviennes vraiment Auror, et moi ... je trouverais un truc pour m'occuper, je ferais des petits boulots le temps de trouver ce que je veux vraiment faire.

-Ca me va très bien. Du moment que je suis libre d'être avec qui je veux et où je veux, pour faire ce que je veux, toute condition de vie fera l'affaire.

Je ne réponds pas, je regarde tous les élèves dansés, rires, s'amusés ... Maintenant, je pourrai plus les protéger de ce monde pourrav. Va falloire qu'ils fassent sans moi.

-J'espère que ça ira ...

-Hein ?

-Rien, je vais me coucher.

-Je ne te rejoins pas toute de suite, j'ai encore des gens à voir.

-Hmm.

Je fais un signe de la tête et me dirige vers l'immense porte. Avant de quitter la salle, je jette un dernier regard aux élèves. Ca fait sept ans que je les connais, que je dis que je les aimes pas ... mais ils vont quand même tous me manquer énormément. Je soupire, détache mes cheveux qui tombent en cascades dans mon dos, et quitte la grande salle.

Le ciel est parsemé de petits nuages, mais sinon il est d'un bleu clair limpide, et le soleil vient directement frapper le château de ses rayons. Tandis que je passe ma valise à Potter, mes yeux ne peuvent quitter les tours qui se dressent fièrement. C'est la première fois de ma vie que je trouve ce château beau. Une main se pose sur mon épaule, et je reconnais sans peine l'odeur de Sirius.

-Faut y aller.

J'hoche la tête et le suis dans une cabine où tout le monde est déjà assit. Je m'assieds près de la fenêtre et regarde l'école d'un oeil morne. Soudain, Lily se lève.

-Poudlard, tu vas me manquer. T'es cours, tes salles, tout. J'espère que mes enfants seront aussi heureux que nous quand nous vivions ici. Au revoir.

Elle se rasseois, une toute petite larme au coin de l'oeil. A sont tour, Potter se lève.

-Adieu Poudlard. Ce sont nos escapades la nuit dans tes couloirs qui vont me manquer. Certainement spet des meilleures années de ma vie.

Tous se lèvent, tous disent quelque chose. 'fin, à peu près la même chose, mais pas de la même manière. C'est à mon tour, tout le monde me regarde. Je fais un grand sourire, et fais un doigt au château.

-Au revoir mon salaud, à moi aussi tu vas me manquer.

Je me retourne, et j'explose de rire quand je vois leur visage choqué. Poudlard et moi, c'était une grande histoire d'amour.