Salut les loulous !
Voici le chapitre où tout s'éclaire ! Enfin, où une bonne partie de l'histoire s'éclaire…
J'espère que ça vous plaira…
Bonne lecture et surtout, faites-moi savoir ce que vous en pensez !
Draco sortit de la salle de réunion le dernier et referma la porte derrière lui, découragé. Il avait su que cela finirait ainsi ; il n'avait aucune raison de déprimer, puisqu'il n'avait jamais eu aucune raison d'espérer. Et pourtant, il avait espéré… Et il était déçu.
Poussant un profond soupir, il s'apprêtait à se diriger vers les appartements de sa femme pour la prévenir lorsqu'il remarqua une haute silhouette qui se tenait droite dans le couloir, appuyée contre un mur, le regard tourné vers quelque chose. Severus… Il n'avait donc pas pu attendre que Draco vienne lui annoncer les résultats de ses négociations. C'était peut-être aussi bien ainsi…
Il commença à ouvrir la bouche pour l'interpeller, mais l'homme, sans se tourner vers lui, lui fit signe de garder le silence d'un bref mouvement de la main. C'est alors que Draco s'aperçut que son parrain était tendu comme une corde. Il avait les mains plaquées contre le mur derrière lui, ses doigts étaient crispés, et sur son visage se lisait l'expression d'un effort violent pour… pour quoi, au juste ?
Le jeune roi tourna la tête et découvrit enfin ce que son parrain fixait avec une telle intensité : sa femme, endormie à même le sol, blottie dans une position fœtale, l'air fragile et anxieuse même dans son sommeil. Avec un léger sourire, il s'approcha silencieusement.
« Tu devrais peut-être la réveiller, commença-t-il dans un murmure qui se voulait moqueur. Comme ça elle ne sera pas surprise quand tu lui sauteras dessus.
- Dis-moi d'abord… siffla l'homme, toujours sans le regarder.
- Ca n'a pas fonctionné.
- Ils veulent qu'elle reste ta femme.
- Oui. Ils ne m'aiment pas. Elle, ils l'adorent.
- …
- Je suis désolé, Severus, fit-il, mal à l'aise.
- Ne le sois pas, répondit ce dernier d'une voix sourde. Je vais simplement devoir me passer de leur autorisation, c'est tout.
- Comment ça ? s'alarma Draco. Tu veux l'enlever ?
- Ai-je un autre choix ? répliqua-t-il d'une voix amère.
- Severus ! Ne fais pas ça !
- Et pourquoi ? Tu préfèrerais la garder pour toi ? »
Cette fois, il tourna la tête vers lui. Il paraissait fou de rage. Draco réprima un frisson de terreur.
« Ca n'a rien à voir. Réfléchis ! Est-ce vraiment ce que tu veux ?
- Je la veux.
- Mais à ce prix-là ? Réfléchis, continua-t-il en se donnant l'impression d'être un monstre. Veux-tu vraiment la contraindre à vivre dans la clandestinité, l'illégalité, avec tous les risques que cela engendre ? Veux-tu passer le reste de ta vie à craindre pour la sienne ? A regretter de l'avoir séparée de tous ceux qu'elle aime ? A ne pouvoir lui offrir un foyer stable, une sécurité ? Réfléchis, par Merlin !
- Elle… Elle est d'accord… dit Severus d'un ton hésitant.
- Bien sûr qu'elle est d'accord ! Elle est aussi aveugle que toi ! Souhaites-tu vraiment cette vie pour elle, alors qu'elle pourrait avoir bien plus ? »
Severus ne répondit pas. Il observa la jeune femme endormie durant un long moment, pendant lequel Draco retint son souffle. Il se faisait l'effet d'un bourreau. Il venait de briser le cœur de son parrain. Il savait qu'après cela, Severus allait partir, et ne reviendrait plus jamais. Les événements se précipitaient à présent ; il allait devoir faire vite. Et s'il échouait…
Severus se tourna à nouveau vers lui. Ses yeux s'étaient éteints.
« Tu as raison, dit-il d'une voix atone. Je ne peux pas être égoïste à ce point-là… De toute façon, j'ai toujours su que cela finirait ainsi.
- Tu vas partir ? demanda Draco, connaissant parfaitement la réponse.
- Oui.
- Dis-lui au revoir, alors, se força-t-il à articuler. Il le fallait. Pour que son plan fonctionne.
- Je ne…
- Ne pars pas sans rien lui dire, Sev. Ne fais pas ça.
- Non…
- Je vais la réveiller, si tu ne le fais pas.
- Non ! Je vais le faire.
- Bien. Je vous laisse. »
D'une démarche qu'il s'efforça de montrer assurée, Draco s'éloigna, tandis que Severus s'approchait lentement d'Hermione et s'agenouillait devant elle.
Une fois hors de vue, il se mit à courir. Quelqu'un, il lui fallait trouver quelqu'un, n'importe qui !
Une silhouette avançait dans les couloirs, allant dans sa direction. C'était Gregorian. Parfait. Draco cessa de courir, et avança calmement vers son ennemi, tentant de se composer une attitude digne. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, celui-ci lui lança un regard mauvais.
« Mr Gregorian, vous tombez bien ! dit tout à coup le roi, comme si une idée venait juste de lui traverser l'esprit.
- Vraiment ? demanda l'homme d'un ton sinistre.
- Oui. Je crois que j'ai oublié certains dossiers dans la salle de réunion. Puisque vous semblez aller par là, voudriez-vous aller me les chercher ?
- Mais bien sûr, votre majesté. Tout de suite, fit-il narquoisement.
- Je vous remercie. Je vous attends dans la salle du trône immédiatement. »
Ignorant le regard meurtrier que lui décochait Gregorian, Draco se dirigea tranquillement vers la salle en question, tentant d'apaiser son cœur. Gregorian était parfait. Ayant été évincé du gouvernement, il avait du quitter la salle de réunion, et n'avait donc pas entendu la demande du roi concernant son épouse. Et il le haïssait. Si ses déductions étaient bonnes, il ferait tout pour atteindre Draco. La situation dans laquelle il trouverait Hermione et Severus lui paraîtrait idéale pour porter un coup fatal à son souverain, se dit-il en s'asseyant sur son trône, sans prêter attention à ses nouveaux conseillers qui le regardaient avec un mélange de gratitude et de suspicion. Il ne restait plus qu'à prier pour qu'il soit suffisamment rusé pour arrêter Hermione avant que Severus n'aie le temps d'agir. Et suffisamment pervers ou honnête pour ne pas tuer Hermione immédiatement, mais la lui amener d'abord comme preuve de son déshonneur.
Cela faisait beaucoup de conditions. Soudain, Draco eut l'impression qu'il venait de faire une monstrueuse erreur. Il avait peut-être condamné son parrain et meilleur ami, ainsi que sa femme, au pire des châtiments. Mais il était trop tard à présent. Il ne pouvait plus rien faire.
« Vous vous sentez bien, Sire ? demanda quelqu'un à sa droite.
Parfaitement bien », répondit Draco en essuyant la sueur qui coulait sur son front.
Puis il se mit à prier.
Hermione sentit qu'on lui caressait doucement la joue. Tendrement. Elle ouvrit les yeux, heureuse de savoir que Severus était là, et lui sourit. Puis elle vit son visage, son expression, et son sourire s'effaça.
« Ça n'a pas marché, comprit-elle immédiatement.
- Non, souffla-t-il.
- Ça ne marchera jamais…
- Non.
- Très bien. Alors nous partons. Donne-moi juste le temps de récupérer quelques affaires, dit-elle en se levant. Mais il la retint par le bras, les yeux toujours aussi vides.
- Non, dit-il pour la troisième fois.
- Il n'y a pas le temps ? » tenta Hermione, mais un affreux pressentiment l'envahit.
Il la regarda intensément pendant de nombreuses secondes, sans bouger. Dans ses yeux morts, une lueur apparut mais elle ne traduisait que la douleur.
« Tu m'avais dit que tu m'emmènerais… » souffla désespérément la jeune femme.
Il ne répondit pas, mais la lueur s'intensifia. Hermione sentit qu'elle perdait pied. Il la rejetait encore. Pour la dernière fois. Définitivement.
« Je t'aime, dit-elle, en ayant l'impression de se planter un poignard dans le ventre.
- Je t'aime », répondit-il avec effort.
La lueur s'éteignit. Hermione sentit les larmes couler sur ses joues, mais ne tenta pas de les arrêter. Elle ferma les yeux : elle ne voulait pas le voir partir.
Et tout à coup, elle se retrouva dans ses bras. Il la serrait contre elle, lui caressait le visage, enfouissait ses mains dans ses cheveux, lui murmurait des paroles incompréhensibles. Alors elle se blottit fort contre lui.
Ils restèrent très longtemps ainsi, et les pleurs d'Hermione se calmèrent, tandis qu'un nouvel espoir venait grandir en elle. Si elle lui disait… Si elle lui disait ce qu'elle avait voulu lui cacher, pour ne pas avoir l'impression de le faire chanter… Alors peut-être la prendrait-il avec elle en fin de compte. De toute façon, elle n'avait aucun droit de lui taire cela plus longtemps.
Mais ce serait tout de même du chantage, lui murmura sa conscience, surtout maintenant.
C'était vrai. Elle ne pouvait pas lui faire ça, agir de façon si égocentrique. S'il pensait qu'il était mieux pour lui de la quitter, elle ne pouvait l'obliger à la garder avec lui. Alors l'espoir mourut en elle, et elle se dégagea des bras de Severus.
« Arrêtez-la. »
Hermione sursauta. Une dizaine d'hommes les entouraient, leur baguette braquée sur elle. Ils avaient été si discrets que même Severus ne les avait pas entendus s'approcher.
Elle vit son amant faire un geste pour sortir sa baguette, mais un éclair jaillit de celle de l'homme qui avait parlé, et il s'écroula.
« Non ! s'exclama-t-elle.
- Mrs Hermione Malefoy, je vous arrête pour infidélité envers votre époux et roi, Draco Malefoy. Veuillez me suivre pour entendre votre jugement. »
Sur ces mots, l'homme, Gregorian, s'empara de la baguette de Severus, toujours à terre, et s'en fut d'un pas victorieux.
La jeune femme ne réagit pas lorsque des mains s'emparèrent d'elle et la trainèrent en direction de la salle du trône.
Ainsi, c'était terminé. Tant mieux, songea-t-elle obscurément. Elle ne voulait pas continuer à vivre de cette façon ; la mort la libérerait. Ils entrèrent dans la salle où siégeait son mari.
Sans ménagement, elle fut poussée en avant et manqua tomber devant le trône. Elle leva les yeux vers Draco, pour lui faire comprendre qu'elle était désolée que cela finisse ainsi, mais resta muette d'étonnement en voyant son expression. Il avait l'air soulagé. Il avait même l'air satisfait.
Draco, murmura-t-elle intérieurement, tu nous as trahis ?
OoO
Draco regarda les hommes avancer avec son épouse, avec un sentiment d'intense soulagement. Elle était encore vivante. L'amour des traditions, si puissant dans ce royaume, avait empêché Gregorian de la tuer avant qu'elle ne soit jugée.
« Sire, commença Gregorian avec un air triomphant, nous venons de surprendre votre épouse en compagnie d'un autre homme, en flagrant délit d'adultère. Il y a plusieurs témoins.
- Je vois, répondit Draco après un moment, en triturant le parchemin dans sa poche. L'homme parut décontenancé par son manque de réaction.
- Vous devez délivrer un jugement, Sire. C'est la loi.
- Je sais, Mr Gregorian, je sais. Et je vais le faire. Assurément, il semble évident que ma femme ne m'est pas fidèle… » dit-il en se levant et en s'approchant d'Hermione.
Celle-ci le regardait d'un air effaré, trahi. Ne t'en fais pas, Hermione, j'ai la situation en main.
A cet instant, la porte s'ouvrit à la volée et Severus se précipita dans la pièce.
« C'est lui, Sire ! s'exclama Gregorian. Elle vous trompe avec lui !
- C'est faux, énonça calmement son parrain en venant se placer devant Hermione. Elle n'est responsable en rien. Je l'ai forcée.
- Menteur ! hurla l'ancien conseiller des Malefoy. Je vous ai entendus. Elle lui a dit qu'elle l'aimait, Sire.
- Elle était sous Imperium, continua Severus, imperturbable.
- C'est faux !
- Je pense également que c'est un mensonge », intervint Draco.
Severus tressaillit, et braqua son regard sur lui. Le roi put y lire la terreur la plus pure. Intérieurement, il lui envoya un message rassurant, le priant de lui faire confiance, pour une fois encore.
« Draco… fit le maître des potions d'un ton voilé.
- Ne mens pas, Severus. Je sais ce que vous faites quand j'ai le dos tourné.
- Vous devez juger votre femme, Sire ! aboya Gregorian, impatient.
- Juge-moi, non elle, dit soudain son parrain d'un ton pressant. Elle n'est pas responsable.
- Tu voudrais que je te condamne à mort ? Pour une faute qu'elle a commise ?
- Nous étions deux, murmura-t-il.
- Mais elle est la seule à être mariée au roi. C'est donc elle qui doit être jugée.
- Non… »
Mais Draco s'était déjà détourné de Severus. Il fallait en finir maintenant. Il ne pouvait supporter de torturer son ami plus longtemps. Il s'approcha d'Hermione. Celle-ci, les yeux fermés, semblait attendre que l'épée de Damoclès lui tombe sur la tête. Elle ne bougeait pas. Draco prit une profonde inspiration et se lança.
« Comme vous le savez tous, vous qui connaissez les lois des Aryos depuis bien plus longtemps que moi, lorsqu'un membre du couple royal est reconnu coupable d'adultère, la sentence est la mort, inévitablement.
- Non ! » hurla Severus en s'élançant. Mais Draco avait anticipé ses réactions. Il pointa sa baguette sur lui et l'immobilisa avec un bouclier invisible.
- Reste tranquille, Severus. Je ne veux pas que toi, tu aies des ennuis. Je ne pourrais pas t'aider. Je disais donc, reprit-t-il après un moment, que la sentence est inévitablement la mort.
- C'est bien cela, Sire, fit Gregorian d'un ton suffisant.
- Toutefois, continua Draco en sortant le parchemin de sa poche, je suis par hasard tombé sur un vieil édit, que voici, qui propose une alternative à cette sentence, dans certains cas, et sous certaines conditions.
- De quoi parlez-vous ? fit l'homme, soudain suspicieux.
- Avant de vous laisser prendre connaissance du contenu de cet édit, que vous semblez ignorer, je tiens à préciser que j'ai fait analyser et authentifier ce parchemin par huit experts différents. Il est donc tout à fait valide… et applicable dans le cas qui nous occupe.
- Viens-en au fait, serpent, grinça Severus.
- Je vais maintenant vous lire ce texte. »
Il s'éclaircit la voix, prit une pose théâtrale, et se lança :
"Femme de roi trompant son mari
Dans la journée aura péri
Mais si enfant porte en son sein
Aura droit à la pitié des siens
Alors la prison pour l'éternité
Ou le bannissement du royaume à jamais
Deviendront son miséricordieux destin
Selon le bon vouloir de son souverain"
Un silence de mort se fit dans la salle. Severus s'était pétrifié, et fixait Hermione sans comprendre, ou sans oser comprendre. Quant à celle-ci, elle ouvrit brusquement les yeux et braqua son regard sur Draco, stupéfaite.
« Tu savais, murmura-t-elle.
- Oui, répondit-il simplement. Puis, d'une voix plus forte, il reprit : Il se trouve que ma femme, ici présente, est actuellement enceinte. Vous pouvez vérifier si vous le désirez, vous connaissez tous le sort qui permet de s'en assurer, je pense. »
Une dizaine de baguettes se braquèrent sur Hermione, et celle-ci eut un léger frisson de frayeur, cependant que Severus tentait avec rage de percer le bouclier qui l'emprisonnait.
Un halo de lumière blanche apparut au dessus de la tête de la jeune femme, et progressivement devint bleu, signe qu'elle était effectivement enceinte. Draco ne put réprimer un soupir de soulagement. Il avait vérifié une bonne centaine de fois, bien sûr, lorsqu'elle lui tournait le dos ou était distraite, mais on ne savait jamais…
Gregorian s'avança d'un pas menaçant vers lui.
« Faites-moi voir ce papier, dit-il sèchement.
- Je vous en prie, allez-y. Rappelez-vous simplement qu'il existe plusieurs copies de ce texte, toutes aussi authentiques que celle-ci… »
Avec un marmonnement rageur, l'ancien conseiller lui arracha le parchemin et se mit à le parcourir avidement, à la recherche d'une quelconque faille. Bien entendu, il ne trouva rien. Il le lui rendit de mauvaise grâce, reconnaissant toutefois sa défaite.
« Par conséquent, acheva Draco d'un ton victorieux, je décide de condamner ma femme, ici présente, à l'exil éternel de l'île d'Aryos. Tu peux faire tes bagages, Hermione, tu t'en vas dès ce soir. Le mariage sera annulé très vite, et tu pourras reprendre ton nom de jeune fille, ou tout autre nom que tu désires porter... »
Sur ces mots, Draco lança un regard narquois à Gregorian, qui tentait de se concilier avec l'idée qu'il venait de se faire manipuler, et, d'un geste nonchalamment étudié, il relâcha le bouclier de Severus.
Ce dernier bondit vers Hermione et l'arracha aux mains des gardes qui, éberlués, la gardaient toujours prisonnière. Il la tint un instant dans ses bras, l'air hésitant, puis la relâcha, recula et se tourna vers Draco.
Hermione jeta un regard douloureusement étonné en direction de son amant, mais ne dit pas un mot.
Draco comprit, au regard brûlant de son parrain, qu'il allait devoir fournir des explications. Cependant, la situation n'était pas adaptée… Il leva une main pour imposer le silence dans la salle.
« Sortez tous, commanda-t-il. Maintenant. »
Lentement, les spectateurs de la scène qui venait d'avoir lieu se retirèrent
