Milou: Et toi, es tu sûre que ça va espèce de cagouille x). Et sache pour ta gouverne que la NASA est le premier centre de recherches aérospatiales mondiales. Bref, t'as un réel problème avec les choux je crois. Enfin, chacun son truc. Et oui je suis bien en internat. Et pour les maths, t'as posé la question à ne pas poser. On va dire que je suis comme Yuffie. Je suis une brêle. J'ai toujours trois chapitres de retard sur les autres, alors que je comprends à peu près et que je connais tout mon cours, mais je monte des raisonnements que je suis la seule à comprendre, alors en S, ça aide pas. Vraiment pas. M'enfin, c'est pour ça que je vous cuisine tout mes cours dans cette fic. Je me venge.

Ps: Et bien, je ne te vois pas avec ton pc ou portable sous la douche. Ou peut être dans un bain ?

Eclipse1995: Et moi c'est le jeudi les trois heures de maths, et quatre heures de SI le vendredi, alors on se plein pas x). Bref, merci, et un besou :)


Chapitre 36 :

- Je te jure, ton projet la prochaine fois, tu te le colle où je pense...

Je sentais mes doigts craquer sous la charge que je soulevais. Je peinais même à refermer ma mâchoire après ces aimables paroles. Perdue au milieu d'un couloir du bâtiment technologique, à l'étage des quatrièmes années, je trimbalais en compagnie de Cecil un énorme morceau de je ne sais quoi, en forme de je ne sais quoi, et qui servait à je ne sais quoi. Pourquoi ? Suite à mon cours de combat, ayant occupé toutes nos charmantes heures de cette après midi, j'avais eu l'idée lumineuse de passer par ce bâtiment. Tifa étant attendue à l'administration, j'avais accepté d'aller lui chercher Cecil. Mais ce dernier avait mis la main sur moi avant même que je ne le trouve, et m'avait embauché contre ma volonté pour l'aidé à transporter leur fameux projet qui envahissait le couloir. Enfin, une pièce. J'étais donc à moitié écrasée par cette chose, ne voyant que mes pieds, guidée par le bon vouloir de Cecil, qui manquait de me faire tomber en omettant de me prévenir aux virages. Et j'étais plus qu'épuisée. Après une après midi entière à me battre, je n'avais envie que de dormir après une douche brûlante. Mais non. Je n'en avais apparemment pas le droit. Foutu quatrième année. Je leur ferais manger leur projet, un jour.

Finalement, au bout d'une quinzaine de minutes qui me semblèrent atrocement longues, Cecil s'arrêta et il me sembla qu'il ouvrait une porte. En même temps, naviguant à l'aveugle, je n'étais pas sûre de grand chose. Le jeune homme reprit la marche, et abaissa la chose jusqu'à poser son côté par terre.

- Yuffie, on arrête la, tu peux...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le poids énorme du truc m'entraînait avec lui. Je me retrouvais par terre, le nez contre le parquet, à moitié aplatie sur leur projet. Cette espèce de chose difforme dont j'ignorais totalement la fonction et qui me sortait déjà par les yeux.

- J'avais remarqué, grommelai-je en me massant le visage.

Cecil esquissa un petit désolé confus avant de me tendre une main bienveillante. Je la saisis avec violence, et la tirais suffisamment pour que lui se retrouve par terre et moi debout. Telle était ma vengeance. Certes, j'aimais beaucoup Cecil. Dire le contraire aurait été mentir. Il était attentionné, tout ce qu'il y a de plus fidèle, et d'un grand secours. Mais là, il ne fallait pas pousser mémé dans les orties. Ma douche d'après guerre, c'était sacré. Alors il méritait la mort pour m'avoir fait faire des heures supplémentaires. La prochaine fois que Tifa m'enverrait chercher son copain, j'allais savoir quoi lui répondre.

Cecil haussa les sourcils en se relevant. Il semblait comprendre que troubler ma petite paix était passible de pendaison. Il ne se vexait pas, c'était un des avantages à être Cecil. Gentil Cecil. Ce qui restait moyen dans cette histoire, en plus de cette chose qui m'avait détruit les épaules, c'était tous les autres quatrièmes années rangeant leur foutoir. D'accord, j'aimais bien les autres, et j'étais loin d'être insociable. Mais le soir, c'était le soir, et voir toutes ces têtes peu connues bourdonner autour de moi, sans façon.

- C'est bon, je peux disposer ?râlai-je.

- Oui, merci, me répondit Cecil.

Qu'il aille au diable. Que Tifa et lui aillent au diable. Je ne passais pas une seconde de plus loin de ma douche. Alors il débrouillerait pour retrouver sa belle. Je n'allais quand même pas le traîner à ses pieds. Bien que l'idée de faire ramper Cecil derrière moi méritait réflexion.

- Au fait, je vous rejoins dans cinq minutes, reprit Cecil alors que je passais la porte.

Voilà qui était mieux. Mais qu'il ne croit pas que j'allais me retourner pour lui sourire. J'avais mes limites. Et là, j'avais pris la décision de ne pas être aimable avec lui jusqu'à ce que j'ai ma douche.

Je traînais des pieds dans le couloir, lessivée. Si jamais je croisais Vincent dans un tel état, il était parfaitement inutile que je retente la moindre manœuvre de séduction. Toute transpirante que j'étais, je devais au mieux ressembler à une éponge. Oui oui, une éponge. Toute jaune, toute rouge, toute puante. Miam. Et d'une humeur peu réjouissante, en plus. La femme parfaite, je vous le dis. Enfin, peu importait ce que j'étais, le couloir me semblait interminable. D'une longueur pas possible, et soulever mon corps si lourd toute la route était une rude épreuve. La prochaine fois, Cecil mangerait ses cheveux, c'était sûr.

ooo

J'eus l'impression de m'écrouler comme une véritable loque lorsque j'atteins enfin ma douche. J'ignore combien de temps j'y ais passé, mais je sais juste que j'ai loupé le dîné, et que je m'y suis à moitié endormis. Ce qui a inquiété Reno outre mesure, qui s'est donc senti dans l'obligation de me ramener une montagne de pain, alors qu'il savait qu'une montagne de nourriture se cachait dans nos placards. Enfin, je ne pouvais pas lui reprocher de prendre soin de moi, même s'il me rappelait un peu une mère poule. Reno la mère poule. Mon dieu.

Enfin, à présent, nous étions tous réuni, sur nos habituels coussins, au milieu de notre chambre. Tifa n'arrêtait pas de parler, faisait rire la pauvre Elena, qui crut mourir. Elle était littéralement pliée en deux sur le sol, riant à en pleurer. Moi, je bâillais autant que je riais, alors je vous laisse imaginer ma tête. Une beauté. Avec mon t shirt trop grand et affreux, mes cheveux mal peignés, et mes sourires démesurés. Je n'avais cessé de lancer des regards assassins à Cecil, qui les avait accueillit sans rien dire. Il se gardait bien de m'adresser une quelconque vacherie qui aurait pu me décider à enfin l'égorger. Par égard pour Tifa, je me tenais tranquille.

- Bon alors, Yuffie, il paraît que t'as fait des heures sup ?s'exclama alors la brune d'un ton moqueur.

Finalement, je n'allais peut être pas rester de marbre très longtemps. Cecil leur avait très certainement dit au repas. Grave erreur. Je me levai, me mettait ainsi en position de supériorité.

- A cause de ton copain que tu m'as gentiment envoyé chercher, répliquai-je.

- C'était trop adorable de ta part de ta part ma petite Yuffie, railla Tifa en se levant elle aussi. Mais que ferait on sans toi.

Je la toisai méchamment, et saisit violemment ma brosse à dent rester à côté de mon lit. Bon, je ne devais pas avoir l'air très menaçante à brandir comme ça une brosse à dent comme s'il s'agissait d'un sabre. Mais c'était mieux que rien.

- Je suis armée, fais gaffe, menaçai-je en souriant.

Tifa me lança un regard plein de défis, et me tira puérilement la langue.

- C'est vrai que t'es vachement impressionnante là, petite Yuffie, lâcha-t-elle en s'approchant de la porte.

C'en était trop. Voyant les autres plus que concentrés sur notre petit jeu, je me jetai sur la brune, qui se débattit avec rage. Riant autant qu'elle grognait, elle ouvrit la porte pour s'enfuir dans le couloir.

- C'est ça, fuis pour ton salut !criai-je en me ruant à sa poursuite.

Mon amie riait à gorge déployée dans tout le couloir, sautillant à une vitesse incroyable. Moi, toujours armée de ma brosse à dent, je lui courais après, en proie à une rage vengeresse presque réelle. Elle allait payer pour son copain, que ma brosse à dent en soit témoin.

Après, vous pouvez appeler ce qu'il s'est passé comme vous voulez. Le destin, l'avenir, la mal chance, la chance. Tout ce que vous voulez. Moi, sur le coup, j'appellerais ça la plus belle preuve d'emmerdement maximum. Karma pourri un jour, karma pourri toujours. Alors que je courais avec une brosse à dent dans la main, l'air menaçant, mon pyjama hideux flottant gracieusement autour de moi, échevelée, mon sourire fondit immédiatement à la vue d'un grand brun marchant dans le sens opposé au notre. Tifa galopait toujours comme une folle, moi sur ses talons, mais ne semblait pas voir le regard carmin se posant sur nous avec étonnement. Et amusement. Son regard carmin. Suivi de celui de notre surveillante, avec laquelle il parlait très certainement. Pour qui, pour quoi, aucune idée. Je savais juste qu'il me voyait dans la position du ridicule ultime. Et ça, ça ne figurait pas vraiment dans mes plans. Combien y avait il de chance pour qu'un prof se retrouve à notre étage au moment précis où nous jouions au plus débile ?

Je rougis violemment lorsque Vincent se mit à sourire. Je me sentais trembler. A un tel point que mes jambes se dérobèrent sous mon corps.

- Tu crois que tu me fais peur avec ta brosse à dent ?cria alors Tifa en ralentissant légèrement.

Je n'eus pas le temps de faire attention à ce qu'elle me disait. Je trébuchais brusquement, entraînée dans mon élan. La tête rouge écrevisse, toujours tournée vers Vincent, je vis mon horizon basculée. Si bien que je me retrouvais à rouler sur un ou deux mètres, pour finir étalée sur la pauvre Tifa. Complètement assommée, sonnée, et étourdie, je ne me rendis pas bien compte de ce que je faisais dans cette position. J'en voyais même flou. Un léger cris étouffé me fit réaliser ce qu'il se passait. J'étais allongée au milieu du couloir sur ma meilleur amie, après avoir chuté en faisant la débile devant l'homme de ma vie. Armée d'une brosse à dent, ne l'oublions pas. Avec le cliché ultime de se casser la figure en fin de course à cause d'un sourire. Je ne pouvais pas juste lui adresser un regard, non ? Mais non, parce que j'étais Yuffie Kisaragi, et que je ne faisais rien comme tout le monde. Et que j'étais maladroite. Et que j'avais un karma pourri. Surtout ça.

Tifa me poussa légèrement pour se relever. Elle n'avait pas l'air amochée, mais elle en riait encore plus.

- Et bien, c'est l'idée de voir ton chéri pendant deux heures demain matin qui te fait perdre la tête ou quoi ?s'exclama-t-elle.

Comme si ça ne pouvait pas être pire. Elle me tendit une main, mais je restais interdite. Elle n'avait pas pu dire une telle chose en sa présence. Je devais rêver.

- Ce serait bête que tu sois toute cabossée, quand...

La brune ne finit pas sa phrase, laissant sa main en suspend. Le regard rivé vers le fond du couloir, elle venait de comprendre. Elle venait de les voir, lui et Lulu. Ils s'étaient rapprochés afin d'avoir connaissance de notre état suite à cette violente chute. Mais, là, c'était plutôt mon état cardiaque qui m'inquiétait. J'étais plus qu'en surchauffe. Autant que j'étais glacée. Tifa avait fait la plus belle gaffe de toute l'histoire de l'humanité. Les yeux baissés, je ne savais même pas quoi faire. Je n'avais plus qu'à oser un regard dans sa direction à lui. Croisant ses beaux yeux carmins, je crus me prendre une porte en plein visage. Tout amusement s'en était échappé. Il était encore plus fermé que d'ordinaire. Et presque même surpris. Autant que blessé. En vérité, je ne parvenais pas à comprendre ce qu'il pensait en cet instant précis. Alors je baissai de nouveau les yeux. Je n'avais que ça à faire.

- Ça va les filles ?nous demanda Lulu en me saisissant par les épaules pour me remettre sur pied.

- Ou...oui, balbutiai-je.

Heureusement que le choc pouvait justifier ma petite perte d'assurance. Mais je sus rien qu'en le regardant que Vincent n'était pas aussi dupe que je l'aurais souhaité.

- On a connu pire, repris-je, ne me démontant pas plus.

Enfin, j'essayais. J'avais l'impression, pour tout avouer, que mon cœur s'effritait, et que son rythme atteignait les deux milles battements secondes. A ce point.

- Bande de casses coups, soupira Lulu.

Tifa se chargea de finir la conversation. Moi, je n'en étais pas capable. Vincent me toisant aussi discrètement que possible, il m'était impossible de prononcer le moindre mots. Son regard ne m'échappait pas. Comment aurait il pu. Pourtant, il n'avait pas l'air en colère, ou méprisant. Il avait comme l'air de réfléchir aux autres personnes qui pourraient être concernées par cet aveu involontaire. Mais il n'y avait pas trente six personnes que je pouvais voir pendant deux heures uniquement le mardi matin.

ooo

Jamais je n'avais autant cherché à m'enterrer de toute ma vie. Même si je l'avais pensé souvent, cette fois ci, c'était vrai. J'en étais réduite à me planquer derrière un livre, en attendant que ma copie de devoir ne parvienne jusqu'à mon bureau. Mon merveilleux chef d'oeuvre. Mais c'était bien le dernier de mes soucis. J'étais atrocement gênée. A un tel point que j'étais incapable de faire comme si je ne l'étais pas. Vraiment incapable. Pour une fois dans ma vie, je me sentais démontée.

A côté de moi, Tifa ne souriait pas. Au contraire, elle se mordait la lèvre, consciente de mon malaise qu'elle avait elle même provoqué. Elle n'était en rien fautive de cela, mais elle l'avait dit. Elle l'avait dit sans avoir conscience de sa présence. Alors peut être que cela ne changerait rien. Ou très peu de chose. Je savais Vincent bien trop renfermé pour aborder un tel sujet. Mais j'avais peur qu'il le soit encore plus après cela. A moins qu'il n'ait décidé d'interpréter ça de la bonne manière. A savoir, comme une moquerie stupide de collégienne, par rapport à un quelconque sentiment inventé juste pour emmerder le peuple. Il y avait une petite chance pour cela. Une toute petite, mais elle était là. Allez, on y croit. Comme des idiotes.

- Yuffie, ouvre les yeux, me souffla Tifa.

Ma copie serait elle arrivée ? Ma note catastrophique était parvenue à destination. Lentement, j'ouvris donc un œil. Pour finalement écarquiller les deux, et lâcher un glapissement ahuris. Non, je n'étais pas dans les négatifs. Au contraire. Toute heureuse, Tifa me lança un sourire bien sincère.

- KYAAAAAAAAH, m'écriai-je en saisissant ma copie avec une telle rage que j'en déchirai le coin.

Tous les regards se tournèrent vers moi. Je n'avais pu retenir mon cri. Tout mes petits problèmes s'étaient d'ailleurs envolé avec lui. Pourquoi ? Parce que j'avais la moyenne. Ni plus ni moins, juste la moyenne. Je sentais mes mains trembler sur la feuille. J'allais la mettre en vitrine. Tournant mon regard médusé vers le tableau, je vis Vincent m'adresser un sourire que j'étais la seule à pouvoir déceler. Puis je reportai mon attention sur la classe. Tout le monde me regardait. Absolument tout le monde. Ni tenant plus, et prise d'un désir immense de faire vivre ma victoire au monde entier, je me jetai debout sur ma chaise, et fis un bond pour atterrir sur la table. Les pieds dans nos feuilles de cours, je serrai les points, retrouvant le sourire.

- Cher tous !criai-je. J'AI EU LA MOYENNE !

Beaucoup se mirent à rire. D'autres m'applaudirent, dont Tifa, Reno, Cloud et Elena. Mais il n'y en a qu'un qui m'a regardé, les lèvres légèrement courbées d'un sourire amusé et surpris. Surpris par mon effusion si soudaine de joie alors que j'étais mordue de honte. Et amusé parce que j'étais debout sur une table entrain de le regarder.