Chapitre 34

Me montrer à mon avantage


A.T : Coucou les gens !

Bon j'ai pas grand chose à dire cette semaine, à part, merci à tous, encore pour vos encouragements et vos compliments, ça me fait encore et toujours, énormément plaisir. Bisous à tous et

Enjoy !


Disclaimer : On va pas passer 300 ans dessus, donc c'est pas à moi, sauf la trad (et je tiens à préciser que je n'ai toujours aucunes nouvelles de l'auteure, et donc toujours pas d'autorisation)


Encore une autre année à Poudlard était terminée et l'été ne faisait que commencer. Et Merlin sait combien j'ai de projets pour cet été, pensa Harry, en ricanant derrière son bouquin, son esprit tourné un instant vers les designs théoriques de balais dans son sac, enfin terminés.

Harry faisait les cents pas devant le bureau privé de James au manoir Potter depuis environ une heure et demie. D'habitude, le garçon de treize ans faisait preuve d'une patience que la plupart des Gryffondors lui enviaient, mais sous ses circonstances particulières, il était prêt à tenter de démolir le mur. Il y était presque habitué pourtant, Adrian recevait en général une grande partie de l'attention de ses parents. Mais pour une fois, pensa Harry, il espérait qu'ils lui accorderaient suffisamment d'attention, écouteraient ce qu'il avait à dire avant de s'opposer.

Il savait qu'il ne devrait vraiment pas être aussi nerveux. Ce n'était pas comme s'il allait demander quelque chose que ses parents refuseraient, en théorie, et il ne leur avait jamais vraiment demandé quoi que ce soit avant. Mais, Merlin, qu'est-ce qu'il le voulait ! Et tout ce qui le séparait de son but était l'accord de son père. Il soupira et fixa la porte, attendant impatiemment que la réunion avec Dumbledore soit finie. Ils étaient en train de parler de l'entraînement d'Adrian depuis plus d'une heure déjà. De combien de temps avaient-ils besoin à la fin ? Pour patienter, il se remémora les évènements de ce dernier mois qui l'avaient mené à ce point.

Son retour de l'école l'avait rapidement conduit à quitter le manoir Potter pour Silbreith, ses parents désireux de commencer l'entraînement d'Adrian plus tôt cette année. James était ravi du développement de la magie d'Adrian pendant que Lily en avait l'air plutôt inquiète et cela semblait avoir rajouté une tension supplémentaire entre eux. Dans l'ensemble, Harry avait été heureux de partir pour le château qu'il appelait 'maison'. Minnie, à qui Severus avait dû révéler toute son anxiété après la dernière combine d'Harry, ne l'avait jamais gâté avec autant de gâteaux au chocolat et Severus l'avait même forcé à se prendre un peu de temps libre et à lâcher ses études pour se relaxer. Après s'être plaint pendant quelques jours du retard qu'il prenait, et quelques tentatives pour se faufiler dans la bibliothèque, le jeune garçon avait fini par céder et avait essayé de se reposer pendant quelques semaines. Mais, incapable de juste se poser et ne rien faire, il s'était concentré sur son projet de balais. En plein milieu de l'été, quelques jours avant son anniversaire, le balai était fini.

Harry s'était juste reculé et avait regardé son projet fini, pour la première fois. Cela lui avait pris un an de conception et il avait du faire plusieurs essais et échouer de nombreuses fois, mais il l'avait fait. En face de lui, flottant à une hauteur parfaite pour être monté, se trouvait le fruit de sa création. En toute honnêteté, il avait été plus choqué d'avoir créé un balai de course que la pierre Philosophale. La Pierre avait été le produit d'années d'études avec un Alchimiste qui savait personnellement comment faire une Pierre et qui l'avait doucement poussé dans la bonne direction. Mais le balai ? Harry avait regardé le prototype achevé devant lui avec émerveillement tandis qu'une sensation de fierté s'était emparée de lui. Il avait fait tout cela par lui-même.

Ne perdant pas plus de temps, il avait récupéré les plans de son balai, complétés de ses notes et était allé voir Severus, en laissant le vrai balai dans la pièce. Le maître de Potions ne pouvait absolument pas se douter qu'Harry avait déjà réussi à en faire un puisqu'il s'était replongé dans une nouvelle piste sur sa potion Tue-loup. De ce qu'il pouvait en savoir, Harry en était encore au stade de l'expérimentation. En faisant pratiquement tout le chemin jusqu'au labo de Potions en courant, le garçon aux yeux verts avait toqué à la porte avec jubilation.

« Bonjour Harry. » l'avait salué Severus avec un sourire. « J'étais sur le point d'aller à l'étage pour un thé glacé. Tu m'accompagnes ? »

« Bien sûr ! » avait acquiescé Harry, plus qu'enthousiaste. « Et j'ai quelque chose à te montrer aussi ! » Severus avait observé le garçon qui sautillait presque d'excitation et les parchemins roulés qu'il tenait dans la main.

« Allons-y alors. » avait confirmé Severus, sa curiosité piquée. « Donc, qu'est-ce que tu voulais me montrer ? » avait-il demandé, une fois assis dans le salon, attendant leurs thés.

« Tu es bien au courant que j'essayais de créer un design pour un balai ? » avait demandé le garçon avec un sourire immense.

« Oui, bien sûr. » avait répondu Severus en hochant la tête pendant que Minnie posait deux verres de thé sur la table basse. « Merci, Minnie. » l'elfe de maison s'était incliné et avait quitté la pièce.

« Et bien je l'ai fini. » avait déclaré le garçon en déroulant les plans et en les tendant au professeur de Potions. Severus avait lancé un regard confus vers Harry avant de tourner son attention vers le design. Quelques instants plus tard, ses yeux s'étaient écarquillés et il avait regardé à nouveau le garçon. Harry avait eu un air suffisant sur le visage.

« C'est… Je veux dire ces calculs… et le design en lui-même… » Il avait relu à nouveau les notes sur le parchemin. « Si tu réussis à faire fonctionner un balai comme celui-ci, tu pourrais bien te retrouver avec le meilleur balai de course existant dans les mains. » avait déclaré le maître de Potions choqué. Certaines idées sur le design d'Harry nécessitaient de la magie avancée et la plupart des fonctionnalités ajoutées étaient carrément des nouveautés, témoignant du génie du garçon. Il l'avait regardé avec fierté.

« Si je fait fonctionner un balai comme ça ? » avait demandé le garçon avec un rictus. « Accio ! » avait-il crié, en pensant au prototype toujours sans nom dans sa chambre. Le balai était arrivé en volant dans la pièce, s'arrêtant juste devant Harry. La mâchoire de Severus s'était décrochée.

« Tu en as fait un ? » avait murmuré l'adulte incrédule.

« Voici le prototype basé sur le design que tu as vu. » avait présenté Harry. « Le manche est en frêne et les brindilles de la queue sont en bouleau. Les repose-pieds sont fait d'acier que j'ai crée dans mon laboratoire d'Alchimie et c'est indissociable. Il a été traité avec du vernis aussi solide que du diamant. Il est capable de monter de 0 à 240 km/h en dix secondes, le Sort de Freinage que j'ai installé est incassable et je te défie de tester son équilibre. » Severus avait regardé le balai puis Harry avec admiration avant d'attraper le prototype et de se diriger vers les portes du balcon. Sans dire quoi que ce soit, il était monté sur le balai et avait décollé.

L'expérience avait été incroyable. Peu importe ce qu'avait fait Harry, ça avait marché. C'était comme si le balai obéissait à ses pensées plutôt qu'à ses mouvements et la vitesse maximale donnait le tournis. Il avait manœuvré, plongé droit vers le sol avec une excitation non contenue en ne freinant qu'à la dernière minute. Harry l'avait simplement regardé depuis le sol, le sourire de son Père assez contagieux pour le faire rire doucement aussi.

« Tu t'amuses bien là-haut ? » avait joyeusement demandé le garçon aux yeux vert. Severus s'était tourné vers lui et fonça vers le sol, ne freinant qu'une fraction de seconde avant de s'écraser par terre. Il était souplement descendu du balai juste devant Harry. Ses cheveux étaient ébouriffés et il souriait comme un gamin après avoir mangé un paquet de bonbons.

« Tu es un génie ! » s'était-il exclamé, en tenant le balai avec révérence pendant qu'il reprenait son souffle. « Donc, tu as déjà choisi une compagnie ? » avait demandé le maître de Potions une fois son éloge enthousiaste du balai terminée.

« Compagnie ? » avait demandé Harry, perdu. Severus l'avait regardé d'un air ahuri, clignant deux fois des yeux.

« Tu vas commercialiser ça, non ? » avait expliqué Severus, l'incrédulité perceptible dans sa voix en voyant l'expression choquée d'Harry.

« Tu penses vraiment que quelqu'un aimerait l'acheter ? » avait demandé Harry doucement.

« Moi oui ! » s'était exclamé Severus. « Et n'importe quelle compagnie de balais du monde ! » Mais au lieu d'avoir l'air excité par ce commentaire, les yeux d'Harry perdirent leurs étincelles tandis que le garçon baissait la tête.

« Mais je ne peux pas. » avait répondu Harry. « On fait profil bas pour ne pas attirer l'attention, tu t'en souviens ? » Severus, après avoir réalisé où se trouvait l'essence du problème avait juste éclaté de rire. Donc c'était pour ça qu'Harry n'avait même pas pensé à ce qu'il ferait de son balai une fois terminé ? « Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? »

« Harry, tu n'as pas à avoir ton nom publié en tant que créateur du balai. Il sera commercialisé sous le nom de la compagnie que tu choisiras. »

« Mais je n'ai que 12 ans. » lui avait rappelé Harry. « Tu penses vraiment que quelqu'un voudrait financer un projet venant de moi ? »

« Tu auras 13 ans dans quatre jours. » l'avait contré Severus. « Selon la loi magique, si tu as la permission du chef de ta famille, James dans ton cas, tu seras autorisé à travailler n'importe où. Et tu n'as pas besoin de préciser ton âge lorsque tu leur enverras les plans de base et la description pour la première fois. Je serais là, avec toi lorsque tu les rencontreras si tu veux et on peut insister sur le fait que, s'ils veulent le balai, ton nom doit rester secret aussi longtemps que tu le voudras. Les contrats magiques sont géniaux pour ça. »

« Et dire à Cornedrue que je veux commercialiser un balai de course que j'ai fabriqué ne fera pas péter notre couverture ? » avait demandé Harry, toujours peu convaincu.

« Tu lui demanderas la permission de trouver un job d'été. Tu n'as pas à spécifier lequel. » avait expliqué Severus, prouvant encore une fois qu'il était le Directeur de Serpentard pour une bonne raison. Un sourire en coin s'était dessiné sur les lèvres du garçon.

« Tu penses que ça pourrait marcher ? » avait demandé Harry, plein d'espoir. Severus avait simplement eut un petit sourire.

« J'ai géré les biens de ma famille pendant des années sans l'aide de personne. » lui avait pointé Severus. Harry avait souri. « Maintenant, dis-moi en plus sur ce sort de Freinage que tu as crée. »

« Et bien, c'est une variation du sort de Freinage de Horton-Keitch… » avait expliqué Harry.

Tout s'était déroulé comme l'avait prédit le maître de Potions. Ils avaient envoyé les plans de base ainsi que la description du balai et ce qu'il pouvait faire à la Société des Balais de Course Nimbus & Co. et le jour même, Harry avait été demandé pour un rendez-vous qu'il avait joyeusement fixé pour la semaine suivante. Severus avait même fait encore plus d'efforts et avait réussi à attribuer un représentant Gobelin pour les démarches financières d'Harry. Ils le rejoindraient au Chemin de Traverse et Severus avait insisté que personne n'était mieux placé pour dissuader les businessmen qui essayaient de profiter de vous qu'un consultant gobelin.

Donc, il était là, le jour de son treizième anniversaire, à attendre que ses parents lui accordent quelques minutes de leur temps. Il avait besoin de la permission de James, pour la première fois. Il entendit du mouvement de l'autre côté de la porte, les chaises se déplaçaient et des pas se firent entendre, quelqu'un était sur le point de sortir du bureau. Et effectivement, les portes s'ouvrirent et le Directeur, souriant doucement, marcha vers Harry.

« Bon anniversaire, mon garçon. » lui souhaita-t-il en passant à côté de lui.

« Bonjour professeurs, et merci. »

« Heureux d'avoir ta famille de retour avec toi pour ton anniversaire ? » demanda Dumbledore pendant que le reste de la famille d'Harry les rejoignaient dans le hall.

« Oui, beaucoup, Monsieur. » confirma Harry. James regarda son plus jeune fils avec un sourire.

« Tu voulais me demander quelque chose, pas vrai ? » demanda-t-il en s'approchant de lui.

« Oui, si tu as un peu de temps. » répondit diplomatiquement Harry.

« Bien sûr, Harry. » répondit chaleureusement son père. « Laisse moi simplement escorter Albus à la cheminée et je suis tout à toi. » Harry hocha la tête avec un petit sourire, souhaitant encore une bonne journée au Directeur. Adrian se tourna vers Harry, une expression fatiguée sur le visage.

« Tu sais, parfois je ne vois même pas l'intérêt de mon entraînement. Ma magie ne semble faire son truc que lorsque je suis sur le point de mourir. » Harry eut un sourire en coin.

« Et bien puisque je n'ai pas un Seigneur Noir sous la main, on peut juste dire à maman que tu as cassé son vase chinois. » le taquina Harry.

« Mais je ne l'ai pas fait. » se défendit Adrian, un peu perdu.

« Elle ne sait pas ça. » s'expliqua Harry. « Et s'il y a bien une chose qui te mettra en situation de vie ou de mort, c'est bien ça. » Adrian explosa de rire au moment où James et Lily accompagnés de Sirius et Remus qui se chamaillaient pour Merlin savait quoi, rentraient vers le bureau.

« Qu'est-ce qu'on a loupé ? » demanda Lily en voyant ses deux fils avec un grand sourire.

« Oh, fallait être là. » détourna Harry, pensant que parler de casser son vase de Chine, même si c'était une blague, n'irait pas en sa faveur à ce moment.

« Donc Harry, qu'est-ce que tu voulais me demander ? » demanda James pendant qu'ils rentraient tous dans le bureau.

« Et bien j'ai beaucoup réfléchit… » commença Harry en regardant par la fenêtre ouverte. Le bureau de James avait vue sur le terrain de Quidditch dans le domaine et Harry rassembla son courage. « Vous êtes tous absents cet été pendant que je suis là à ne rien faire. » déclara-t-il. Lily intervint.

« Harry, si c'était sûr de t'emmener avec nous, on le ferait, mais si, que Merlin nous en garde, il t'arrivait quelque chose… » Harry rit légèrement et lui fit signe de s'arrêter.

« Non, Maman, ce n'est pas ce que je voulais dire. » Il se tourna pour faire face à se famille arborant un sourire rassurant. La dernière chose qu'il voulait faire était de les suivre là où ils entraînaient Adrian. « Je comprends pourquoi je ne peux pas venir avec vous, ne t'inquiète pas. » Ou, pensa-t-il pendant que Lily souriait, je comprends pourquoi vous pensez que je ne puisse pas venir avec vous.

« Alors quoi, gamin ? » demanda Sirius, en grignotant un cookie qu'il avait piqué d'une assiette sur le bureau de James.

« Et bien, j'aimerais faire quelque chose de constructif pendant mes étés, moi aussi, et puisque je viens d'avoir 13 ans… En fait, j'espérais que vous pourriez me donner la permission de me trouver un boulot pendant les vacances. » Peu importe ce à quoi sa famille s'attendait, ce n'était certainement pas ça.

« Un boulot ? » demanda James confus, en regardant Sirius qui partageait son regard exorbité. Adrian le fixait comme si une troisième tête lui était poussée pendant que Remus et Lily souriaient.

« Mais, pourquoi ? » demanda Sirius.

« Bah, ça me donnera de l'expérience, ce qui pourra toujours être utile pour moi, lorsque j'aurais fini l'école et j'aurais quelque chose à faire au moins, pendant que vous serez tous partis. » éclaira Harry.

« Et tu penserais travailler où ? » demanda Lily, souriant fièrement à son plus jeune fils.

« Je pensais peut-être un des magasins du Chemin de Traverse. Vous saviez qu'ils demandent même de l'aide à Nimbus & Co ? » Cette déclaration lui apporta un hochement de tête de la part de Sirius, James et Adrian.

« Quidditch, maintenant je comprends. » plaisanta James. Harry s'était douté que Cornedrue serait plus enclin à donner sa permission si le Quidditch était mentionné et en plus, il ne pouvait simplement dire qu'il travaillait dans un magasin sur le Chemin de Traverse et ne jamais y aller. Quelques questions simples au propriétaire, et sa couverture volerait en éclats.

« Tu es sûr que tu veux travailler pendant les vacances ? » demanda prudemment Remus. « Tu travailles déjà dur pour l'école. »

« Et je ne veux pas que tu commences à mettre tes devoirs de côté… » ajouta Lily.

« J'ai déjà fini tous mes devoirs pour l'été et je voudrais vraiment avoir autre chose à faire que de traîner toute la journée. » insista Harry. « En plus, c'est même pas sûr que je me trouve un travail, je veux juste essayer. » Le sourire de sa mère revint. « Alors ? » demanda Harry, en se tournant vers son père.

« Et bien, j'imagine que je peux pas vraiment dire non quand mon fils me supplie vraiment pour pouvoir travailler. » accepta James, un petit sourire se dessinant sur son visage, les yeux pétillants.

« Merci, Cornedrue ! » s'écria Harry, en serrant son père dans ses bras – c'était presque bizarre, il ne lui avait pas fait de câlins depuis ses 6 ans.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi tu ne voudrais pas simplement te relaxer pendant l'été. » Adrian hocha la tête à cette déclaration.

« T'es pas le seul, Papa. » déclara ce dernier, la noisette rencontrant la noisette, dans un regard de compréhension.

« Qu'est-ce que je peux dire ? » répondit Harry en haussant les épaules. « Je suis accro au travail. » Sirius acquiesça vigoureusement.

« Donc, je vais devoir contacter Gringotts pour le document nécessaire et… » Harry interrompit James en quittant le bureau et en revenant quelques secondes plus tard avec quelques parchemins.

« J'ai pris la liberté d'amener les contrats directement. Tout ce dont on a besoin c'est ta signature, la mienne et celle de deux témoins, et je suis paré. » clarifia Harry pendant que Remus et Sirius ricanaient devant l'expression choquée de James.

« Tu veux vraiment ça, pas vrai ? » demanda James et remontant ses lunettes devant ses yeux avant de parcourir le contrat des yeux. C'était un contrat standard de Gringotts proposé pour ce genre de cas, déclarant que le Chef de la Famille autorisait un membre mineur de sa famille à rechercher un emploi et à garder le contrôle sur la somme d'argent qu'il gagnerait par ses efforts, tant qu'ils étaient déposés dans un coffre sous leur propre nom et pas celui de la famille. « Tu auras besoin d'un coffre avant de chercher un boulot… »

« Déjà fait. J'ai demandé au professeur Snape de m'emmener à Gringotts il y a quelques jours pour ces contrats et pour un nouveau coffre. » Lily rit tandis que James regardait son fils, incrédule.

« Très bien alors. » répondit-il avant de se tourner vers ses deux meilleurs amis. « Moony, Patmol, si vous voulez bien venir signer ça… » Harry sourit, son cœur battant à toute vitesse. Il n'arrivait pas à croire que ça se passait vraiment. « Harry, tu dois signer aussi. » Le jeune garçon se déplaça et signa son nom sur le contrat, plus qu'heureux.

« Merci beaucoup. » dit-il en se tournant vers ses parents.

« Pas la peine de nous remercier, Harry. » le contra Lily, en le prenant dans ses bras. « Maintenant, qui veut du gâteau ? » Harry se porta joyeusement volontaire et quitta le bureau avec les jambes tremblantes, le contrat dans la main en pensant qu'un peu de sucre dans son estomac lui ferait plus que du bien. Demain, il irait au Chemin de Traverse avec Severus et en finirait avec tout ça. Mais aujourd'hui, il était entièrement préparé à profiter de son anniversaire. Neville viendrait aussi dans l'après-midi. C'était la toute première fois qu'il avait invité un ami chez lui et la grand-mère de Neville l'avait autorisé à rester dormir. Les choses s'amélioraient, pensa Harry, en se lançant dans une conversation sur ses chances de se faire engager à Nimbus pendant l'été, avec son frère.

Pendant ce temps, au moment même où cette conversation était tenue, une fille aux cheveux roux flamboyants regardait les sables du désert, au loin, par la fenêtre de sa chambre d'hôtel. Partir en voyage en Egypte était la meilleure chose qui pouvait m'arriver en ce moment, pensa Ginny. Cela faisait deux mois depuis le jour où elle s'était réveillée sur le sol froid de la Chambre des Secrets, Riddle n'était maintenant plus qu'un mauvais souvenir, littéralement. Cependant, en ce moment, elle n'avait pas l'impression que ce soit juste un souvenir.

Les premières semaines après son réveil dans la Chambre de Secrets avaient principalement été constituées de jours brumeux. En prenant la potion de Sommeil Sans-Rêves tous les soirs et en restant dans l'atmosphère joviale du château, avec les étudiants pétrifiés revenus à la normale et les examens annulés, cela avait été assez facile de se glisser dans une routine stable et de prétendre que rien ne s'était passé. Et quand, le dernier jour du trimestre, le professeur McGonagall l'avait convoquée dans son bureau et lui avait demandé si elle avait réfléchi sur les évènements de cette année, elle avait tout simplement répondu que non. Et à ce moment-là, elle n'y avait pas réfléchi. La Directrice de Gryffondor avait simplement eut un sourire triste et lui avait offert une tasse de thé, en lui rappelant que la porte de son bureau était toujours ouverte si elle avait, un jour, besoin de se confier. Ginny avait hoché la tête, en pensant qu'elle n'en aurait pas besoin. Maintenant, elle comprenait à quel point elle était naïve.

Tout avait commencé le jour suivant son retour au Terrier. George et Fred taquinaient Percy sur sa petite amie pendant le petit-déjeuner, et avaient finalement amené leur frère, d'habitude calme et réservé, à son point d'ébullition.

« Elle aurait pu mourir, vous savez ! » avez hurlé Percy. « Et tout ce qui vous intéresse c'est si je la bécotais pendant les patrouilles de Préfets ! » Puis il était partit en trombe vers sa chambre, et Mme. Weasley était arrivée pour châtier les deux jumeaux. Fred et George avaient fini par admettre qu'ils voulaient simplement qu'il se détende et leur dise quand Pénélope et lui s'étaient mis ensemble et s'étaient excusés profusément. Molly avait par la suite déclaré que son Percy avait bien grandi, Ron avait ricané à son commentaire par-dessus ses céréales et Ginny était restée immobile, stupéfiée, sentant comme si une tonne de brique lui étaient tombées sur le cœur et l'avait écrasé.

« Elle aurait pu mourir, vous savez ! » C'est ce qu'avait dit Percy. Une fois le petit déjeuner terminé, elle prétendit avoir une migraine et se retira dans sa chambre. Sa mère lui lança un regard inquiet mais, son devoir de tout organiser pour le voyage en Egypte et le sourire de sa fille la rassura que c'était seulement un mal de tête et rien d'autre, l'avaient fait passer à autre chose.

Ginny avait grimpé les escaliers, doucement fermé la porte derrière elle, l'avait verrouillée et s'était assise sur un coin de son lit. « Elle aurait pu mourir, vous savez ! » résonnait encore dans sa tête. Oui, Pénélope aurait pu mourir. Et Hermione aussi. Et tous les autres étudiants qui avaient été pétrifiés. C'était un miracle que personne ne soit mort. Et qui aurait été responsable dans ce cas ? En y repensant elle pouvait bien voir que, même pendant ses deux semaines d'engourdissement, elle avait blâmé les autres, essayant de ne plus penser à ce qu'il s'était réellement passé.

Elle avait blâmé Tom, pour être lui-même et l'avoir possédée, la manipulant à sa guise. Lucius Malfoy pour lui avoir donné le journal. L'elfe Dobby - que Ron avait mentionné en racontant comment il avait été libéré et comment il avait essayé de prévenir Adrian – pour ne pas leur avoir dit tout de suite qui était l'Héritier de Serpentard. Même son propre frère, Percy, pour l'avoir empêchée involontairement d'avouer qu'elle était possédée à la fin.

Mais au fond d'elle, elle avait su, elle avait toujours su, que tout avait été de sa faute. Elle avait grandi en écoutant les histoires de son père sur les objets enchantés avec leurs volontés propre et pourquoi on ne pouvait pas leur faire confiance. Et quelle avait été la première chose qu'elle avait faite en en trouvant un ? Elle avait déversé son âme dedans. Avait-elle été si seule ? Avait-elle été si désespérée que quelqu'un l'écoute tout simplement ? Elle aurait dû mieux savoir, mieux régir. Il n'y avait personne d'autre qu'elle à blâmer, décida-t-elle à ce moment là. Elle avait passé le reste de la matinée à pleurer.

Lorsqu'elle était ressortie de sa chambre, elle souriait à nouveau. Ma famille a dû traverser déjà beaucoup trop de choses à cause de moi, pensa Ginny, ils n'ont pas en plus besoin de partager ma culpabilité. Peut-être que, l'année prochaine, elle prendrait le conseil de McGonagall et irait lui parler après tout. A partir de ce moment, tous les jours avaient été une lutte permanente. Elle affichait un masque courageux face à sa famille, mais ses nuits étaient entièrement peuplées de cauchemars. Elle avait arrêté de compter le nombre de fois qu'elle se réveillait, étouffant ses cris dans son oreiller. La mort était partout dans ses rêves. Ses mains étaient couvertes de sang et elle se retrouvait encore dans la Chambre. Tom souriait encore, les coins de sa bouche tournés cruellement.

C'était un de ces cauchemars qui l'avait réveillée cette fois encore. Elle avait essayé de faire une petite sieste puisqu'ils Bill leur avait demandé à toute la famille de venir voir une sorte de spectacle local, plus tard dans la soirée. Sa sieste avait été écourtée par un autre de ses rêves à propos de la Chambre, pourquoi avait-elle espéré quelque chose de différent ? Par contre, Tom avait parlé dans son rêve, cette fois.

« Tu les as tous tués ! » Et il avait désigné du doigt les cadavres des membres de toute sa famille, de ses amis et des étudiants pétrifiés de l'année passée. « Tout est de ta faute, petite idiote. » Et il avait rit, le son de sa voix froide accompagné des sifflements du Basilic, et c'est à ce moment qu'elle se réveilla, tremblante et transpirante dans son lit.

Il n'est plus là, bordel ! Jura-t-elle mentalement en regardant le désert au loin. Il n'existe plus et le journal est réduit en cendres et ce maudit serpent est mort ! Elle soupira et plaqua son dos contre le mur. Il y avait ça aussi. Comment, par l'enfer, était mort le Basilic ? Une fois qu'elle était revenue à elle dans la Chambre, le serpent mort avait été la première chose qui avait attiré son attention. En même temps, c'était logique, puisque son corps immense reposait là, au milieu des débris, et que du sang s'échappait de sa blessure. Puis, après quelques secondes passées à s'émerveiller d'être encore en vie, elle avait détourné les yeux du Basilic et avait pris le temps d'examiner la Chambre. Elle avait été à moitié démolie, avait-elle découvert, sous le choc.

Et là, juste à côté du cadavre du serpent et d'un Adrian Potter évanoui, se tenait un autre garçon. Il était grand avec des cheveux noirs de jais et il tenait dans les mains une épée étincelante. Sa main droite et son T-shirt blanc de Poudlard étaient couverts de sang sombre. Il regardait un oiseau couleur flamme – qu'elle avait plus tard reconnu comme étant Fumseck, le Phénix du Directeur – et lui avait demandé de les faire sortir d'ici. Puis il avait soupiré et s'était tourné vers elle. Ginny avait agi par réflexe et avait fermé les yeux. Ensuite elle avait entendu un bruit métallique sur la pierre et le léger bruissement produit lorsqu'on jetait un sort. Elle avait rouvert les yeux avec hésitation, juste à temps pour apercevoir brièvement le jeune garçon disparaître dans les airs. Le bruit métallique avait du venir de l'épée incrustée de bijoux qu'il tenait à la main, lorsqu'il l'avait lâchée par terre, puisqu'elle était désormais dans les mains d'Adrian. Ce dernier avait l'air de s'être tout juste réveillé, et fixait le cadavre du Basilic d'un air perdu. Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Et pourquoi ce garçon étrange ressemblait aussi étrangement à Harry ?

Parce que – après y avoir énormément réfléchi – ça devait être Harry, bien qu'il ne lui ressemblait pas du tout. Ginny ne pouvait pas en être sûre, elle était à ce moment encore prise de vertiges et trop désorientée lorsqu'elle s'était vraiment réveillée pour confirmer ses doutes, mais si Harry avait eu l'air changé cette nuit-là, il restait néanmoins reconnaissable. Mais très différent. De un, il était plus grand. Bien plus grand que dans ses souvenirs, ou lorsqu'elle l'avait revu le lendemain.

De deux, il y avait juste autre chose en lui. La manière dont il se tenait, droit et sûr de lui, comment il avait parlé à Fumseck comme si le Phénix n'était pas perché sur un Basilic mort. Même la manière dont il avait disparu avait été un indice. Ron parlait souvent de la Cape d'Invisibilité d'Adrian et de combien ils s'en servaient pour se faufiler dehors le soir. Puisqu'Adrian ne la portait pas, pourquoi Harry n'aurait pas pu l'avoir ? Ce n'était pas comme si une Cape d'Invisibilité était quelque chose de commun à trouver ! C'était plus qu'improbable que plus d'un élève en ait une en sa possession. Mais si Harry avait été là, cela voulait dire que c'était lui qui avait fait face à Tom.

Et voilà une autre partie de la nuit qui la rendait folle d'une manière que le journal n'avait jamais réussi à faire. Harry avait été celui qui avait tué le Basilic. Elle l'avait vu tenir l'épée et l'avait entendu la jeter à côté de son frère dans les vapes avant de disparaître. Puis il était parti et Adrian se réveillait et elle était là à se demander ce qu'il s'était passé, au nom de Merlin !

Comment Adrian, le Garçon-qui-a-Survécu, pouvait être inconscient per terre, pendant que son frère cadet faisait tout le travail à sa place ? Et il ne s'en attribuait pas le mérite non plus, avait réalisé Ginny. Elle avait été trop perturbée pour dire quoi que ce soit, cette nuit, dans le bureau du Directeur, et lorsqu'elle avait été sur le point de demander au Directeur comment il pouvait être certain qu'Adrian avait bien tué le monstre de Serpentard étant donné qu'il ne se souvenait de rien, elle avait croisé le regard perçant de Fumseck. Elle s'était arrêtée net et ça la frappa d'un coup, même dans sa confusion. Fumseck, le compagnon de Dumbledore, était témoin du rôle d'Harry dans cette histoire, cependant, il avait décidé de garder le secret du garçon. Le Phénix soutenait Harry, avait-elle réalisé, et qui était-elle pour en faire autrement ?

Néanmoins, elle était un peu confuse et qu'elle soit maudite si elle prétendait ne pas être également extrêmement curieuse. Harry cachait quelque chose, et c'était quelque chose d'immense. Elle secoua sa tête étourdie et soupira en regardant les gens se déplacer dans le bazar, en dessous d'elle. Elle avait connu le sorcier aux yeux verts depuis presque toujours et elle n'avait jamais remarqué quoi que ce soit qui pouvait indiquer qu'il décimait des monstres pendant son temps libre. Mais encore une fois, pensa Ginny, à quel point peut-on connaître un garçon qui est à peine là ?

Ca, avait-elle remarqué, c'était un des traits prédominants chez Harry : il n'était pas . Il était toujours avec sa famille pendant les vacances et les anniversaires, bien sûr, mais, en toute honnêteté, Ron passait plus de temps au manoir Potter qu'Harry lui-même. Et où était ce dernier pendant tout ce temps ? Ron avait laissé échapper une fois, qu'il restait chez le professeur Snape. Snape d'entre tous ! Sa tête commença à tourner sous tout ce que cette histoire impliquait. Harry avait une vie entière cachée de sa famille et aucun d'eux ne le remarquait. Et si le garçon lui-même ne voulait pas que ça se sache, elle savait qu'elle n'avait aucune bonne raison d'agir contre sa volonté. Pas que qui que ce soit puisse la croire en plus…

Mais une chose était certaine. Harry était une des personnes les plus intéressantes qu'elle avait jamais rencontrée. Et elle lui devait également sa vie. Elle pouvait définitivement essayer de passer plus de temps avec lui, pour apprendre à le connaître. Et elle le ferait l'année suivante, se promit-elle. Même, si c'était uniquement pour essayer de trouver un moyen de le remercier pour lui avoir sauvé la vie. Pas qu'il ne l'admette un jour, bien sûr. Elle se claqua mentalement de son essai enfantin d'essayer de lui faire avouer dans le train : « Je peux garder un secret, Harry. » avait-elle dit, ou quelque chose du même goût. Elle était immensément reconnaissante que le garçon semble penser à autre chose à ce moment et qu'il n'ait pas porté plus d'attention que ça à ses mots. La dernière chose qu'elle désirait était de passer pour une harceleuse. Elle secoua à nouveau la tête et soupira. Ce qui était fait, était fait. Elle inspira profondément et essaya de se calmer. Elle devait dormir un peu si elle voulait rester éveillée pendant le show où Bill les emmenait. Connaissant son frère, ça allait être spectaculaire et elle ne voulait le louper pour rien au monde.

Elle retourna dans son lit, priant pour être épargnée de cauchemars pendant un moment, même si elle doutait mériter ça. Elle avait tout fait de travers cette année. Elle avait été tellement stupide. Mais elle allait essayer, se promit-elle, de s'améliorer. Elle savait qu'elle referait des erreurs dans le futur mais elle se refusait de laisser les autres souffrir à cause d'elle. Et elle garderait la promesse qu'elle avait faite à Harry, même si cette promesse avait eu l'air étrange. Ses secrets lui appartenait à lui seul, et il lui avait sauvé la vie. Elle n'avait aucune raison de le dire à qui que ce soit.

Et quelque part, très très loin, dans un pays hors du temps, une Prophétesse sourit en voyant une autre partie de la prophétie, qu'elle avait faite il y avait bien longtemps, commencé à entrer en mouvement. Bientôt, réalisa-t-elle en allant informer son mari de cette dernière évolution, toutes les pièces seraient en place. Bientôt.


Voilà, passez une bonne soirée, en espérant que ça vous a plu et je vous dit à la semaine prochaine !