Auteur : Kristen Hudson

Titre original : Slave Child

Traductrice : Dyneen

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.

Genre : Relation père/enfant SR/HP

Rating : T

Avancée de la traduction : 37 chapitres (sur les 61 en anglais)


L'Enfant esclave

Chapitre 36


Ron et Hermione les rejoignirent environ une heure après. Harry, Neville et Luna avaient passé le temps en discutant de leurs vacances d'été. Ou pour être plus proche de la vérité, Harry avait la plupart du temps écouté le récit de Neville sur sa visite à son grand-oncle Algie à Londres et celui de Luna qui avait raconté que son père et elle avaient passé quelques semaines en Suède à chercher des Ronflaks Cornus.

« Bien sûr, nous n'en avons pas réellement vu. Ils deviennent invisibles chaque fois que des gens s'approchent trop près d'eux vous savez, mais nous avons vu beaucoup de signes montrant leur présence, comme de l'herbe piétinée aux endroits où ils étaient passés et des tas de brindilles là où ils construisent leurs nids, » indiqua Luna avec satisfaction.

Harry cligna des yeux. « Hum, c'est super, » répondit-il avec hésitation.

Puis Neville et Luna voulurent entendre le véritable récit de son combat contre Voldemort et bien qu'il était fatigué de se répéter, Harry pensa que ces deux amis méritaient de l'entendre de sa bouche, particulièrement après qu'ils aient tous deux été à ses côtés lors de la bataille du Ministère au printemps dernier.

Il venait juste de finir quand Ron et Hermione les rejoignirent et s'installèrent près de Harry.

« Je ne peux pas croire qu'il ne me l'ait pas dit ! » s'exclama Ron, en s'affalant sur le siège près de Harry. « Oh, salut, les gars. » Il fit un signe de tête à Neville et Luna.

« Qui ne t'a pas dit quoi ? » demanda Harry, en regardant Ron puis Hermione.

Hermione s'assit de l'autre côté de Ron, dit bonjour à tout le monde et répondit, « Eh bien, nous avons découvert qui sera le nouveau professeur de Défense lors de notre réunion. »

« Qui ? » l'interrogèrent Harry, Neville et Luna d'une seule voix.

« Mon frère Bill, » leur révéla Ron. « Et il n'a rien laissé filtrer durant les vacances, ce petit enfoiré. Bien que pour être honnête, je n'ai pas beaucoup eu l'occasion de voir Bill cet été. Il était en France pour finir un travail pour Gringott's. »

« J'espérais que ce puisse être Remus une fois encore, » dit calmement Harry, mais il trouva ensuite que cela pouvait paraître grossier vis-à-vis de Ron donc il se dépêcha d'ajouter, « mais ce sera vraiment bien avec Bill aussi. »

« Eh bien, tu savais que Remus ne pourrait probablement pas revenir. Je veux dire, maintenant que les gens savent qu'il est un loup-garou, beaucoup de parents seraient révoltés s'il enseignait de nouveau, » remarqua Ron.

« Mais c'est tellement injuste, » Harry se renfrogna en pensant à tous ces parents inconnus qui empêchaient Remus de redevenir leur enseignant.

« Remus ne serait probablement pas revenu de toute façon, même si Dumbledore lui avait offert la place. Il a quitté Poudlard de lui-même, rappelez-vous. Il était plus contrarié que n'importe qui quand il a oublié de prendre la Potion Tue-loup, » ajouta Hermione.

« C'est juste que ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu, » soupira Harry.

Hermione demanda doucement, « Pourquoi ne lui écrirais-tu pas, Harry ? »

Harry y avait déjà pensé, mais en vérité, il avait peur de le faire. Il savait que Remus le blâmait probablement pour la mort de Sirius. Pourquoi ne le ferait-il pas ? Harry était à blâmer. Il ne faisait aucun doute pour Harry que c'était la raison pour laquelle il ne l'avait pas contacté depuis si longtemps. Sans compter que, s'il lui écrivait une lettre et que Remus lui répondait en retour en lui disant combien il le détestait, que c'était sa stupidité et son inattention qui avaient réellement tué Sirius…, et bien ce serait vraiment trop douloureux pour Harry qui ne pourrait sûrement pas le supporter. La seule chose qui pourrait être pire que ça, serait que Remus ne lui réponde même pas.

Mais il voulait revoir Remus. Il avait toujours aimé cet homme, même s'il n'avait jamais laissé Harry devenir trop proche de lui. Et Remus était son dernier lien avec ses parents et Sirius.

Eh bien, c'était une chose à laquelle il devait encore réfléchir, mais Harry ne voulait pas en discuter maintenant, devant Neville et Luna. Car même s'ils étaient de bons amis, il y avait des choses qu'il ne voulait pas partager, excepté avec Ron et Hermione.

Et Severus.

Peut-être qu'il pourrait parler avec son père sur la possibilité de contacter Remus. Ce n'était pas le grand amour entre Severus et Remus, Harry le savait, mais il pensait que si ça lui tenait à cœur, son père essaierait de l'aider.

Mais pour le moment, il inclina juste la tête en disant, « Je pourrais effectivement. »

« Eh, Bill doit aussi être un enseignant vraiment compétent, puisqu'il a travaillé comme Briseur de Sorts pendant dix ans, » rajouta Hermione après quelques secondes.

Ron acquiesça avec enthousiasme. « Ouais ! Vous vous rappelez quand nous sommes allés en Egypte il y a deux ou trois ans ? Bill nous a montré une caverne où il a aidé à tuer un Nundu. Il avait détruit un village entier de Moldus avant qu'ils ne l'attrapent. Bien sûr, les Moldus pensaient que les morts étaient dus à une maladie. Et il y a eu aussi cette pyramide qui était infestée de croquemitaines suceurs de sang et c'est Bill qui était le sorcier qui dirigeait l'équipe qui les a capturées. »

Ils parlèrent des exploits de Bill Weasley et spéculèrent sur les techniques qu'il pourrait leur enseigner pendant quelques temps puis ils commencèrent à déballer leurs déjeuners. Il y avait de nombreuses tourtes à la viande, des sandwichs, des fruits et des biscuits et il y eut beaucoup d'échanges avant que chacun ne soit satisfait.

Alors qu'ils finissaient de manger et que Hermione faisait disparaître leurs déchets, Ron remarqua, « Vous savez, je n'ai pas encore vu Malefoy. Peut-être qu'il ne reviendra pas à Poudlard. »

« Non, il est ici. Je l'ai vu, » le détrompa Harry.

Ron et Hermione le regardèrent brusquement.

« Tu l'as vu ? Où ? Quand ? » Exigea Ron tandis que Hermione s'approchait de lui et demandait calmement, « Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? »

Harry secoua la tête. « Non, j'ai été un peu déçu en fait. Nous nous sommes retrouvés face à face dans le couloir, mais il est juste rentré dans un compartiment, celui qui se trouvait le plus proche de lui en fait et a fermé la porte. Nous ne nous sommes même pas parlés. »

Harry s'aperçut que Neville et Luna les observaient et se rendit compte qu'ils en faisaient peut-être un peu trop sur le fait d'avoir vu le garçon blond. Il haussa les épaules avec une feinte indifférence. « Ca n'a pas vraiment d'importance. »

« C'est plutôt étrange, » murmura Hermione. « Il devait être tout seul, parce que nous avons vu Crabbe et Goyle s'installer avec Pansy Parkinson et quelques autres Serpentards dans un autre compartiment, mais Malefoy n'était pas avec eux. C'est pourquoi nous avons pensé qu'il pourrait ne pas revenir finalement. »

« Pourquoi Malefoy ne reviendrait pas ? » demanda Neville. « Et n'était-il pas à la réunion des préfets ? Il est l'un des préfets de Serpentard. »

Ron secoua la tête, d'un air supérieur. « Plus maintenant. Blaise Zabini a pris sa place. »

« Je suppose que Dumbledore a pris cette décision après qu'il ait jeté un sort inconnu sur Harry, » dit tranquillement Luna. « Mais cela semble un peu dur. » Elle regarda spéculativement Harry. « À moins qu'il y ait plus sur ce charme que ce que nous savons. »

Pendant une seconde, Harry cessa de respirer. Malgré son air constamment rêveur, Luna avait un don pour découvrir la vérité. Il se força à se détendre et à se montrer insouciant. « Non, mais jeter un sort inconnu sur quelqu'un est contre la loi. Comment avez-vous appris cela, de toute façon ? »

Neville lui jeta un regard perplexe. « Eh bien, tu es resté inconscient à l'infirmerie durant les deux derniers jours avant les vacances, Harry. Il aurait été plutôt difficile de ne pas le noter. Nous sommes tous montés te voir, tu sais. Ron et Hermione vivaient pratiquement à l'infirmerie. Nous nous sommes tous vraiment inquiétés pour toi, mais Dumbledore a dit que tu irais mieux. »

« Et je vais mieux, » dit fermement Harry. Puis il leur sourit. « Mais merci pour m'avoir rendu visite et… vous savez, de vous être inquiétés. »

« Bien sûr que nous nous sommes inquiétés, Harry. Tu es notre ami, » indiqua Luna avec une douce simplicité.

Harry sentit ses joues rougir. « Vous êtes également mes amis. » dit-il calmement tout en étant heureux que la sorcière poussant le chariot de friandises choisisse cet instant pour passer.

Ils choisirent un assortiment de Fondants du Chaudron, de Patacitrouilles, de Dragées Surprises de Bertie Crochue et de Chocogrenouilles et passèrent le reste de leur après-midi à grignoter, tout en jouant aux Bavboules, à la Bataille Explosive et en bavardant sur des sujets quelconques de l'école.

Le train poursuivait sa route vers le nord, suivant les rails qui le dirigeaient entre des champs et des bois. Ils laissèrent la pluie derrière eux et la lumière d'un pâle soleil se fit entrevoir entre les nuages avant que l'obscurité due à la fin de l'après-midi ne le remplace.

Hermione vérifia l'heure. « Nous devrions mettre nos robes. Nous arrivons bientôt. »

Luna et elle partirent vers les toilettes et quand elles revinrent peu de temps après en portant leur uniforme de Poudlard en dessous de leur robe, les garçons avaient également terminé de se changer. Quelque temps après, le train ralentit et arriva à la gare de Pré-au-Lard.

Harry se leva et aida Neville avec sa malle… Neville avait les mains pleines en essayant de retenir son crapaud Trevor… et ils sortirent dans le couloir, rejoignant la foule des autres étudiants. Severus sortit d'un des compartiments et même si le couloir était bondé, les étudiants s'écartèrent pour le laisser rejoindre Harry.

« Je suppose que tu souhaites faire la fin du chemin avec tes amis ? » demanda Severus.

Harry hocha la tête et Hermione offrit, « Vous pourriez monter avec nous, monsieur, si vous le désirez. »

Neville la regarda bouche bée, mais Severus ne le remarqua pas ou s'abstint de le mentionner. Au lieu de cela il inclina simplement la tête en direction de Hermione.

« Merci, Miss Granger, mais je vais Transplaner aux portes de l'école une fois que je vous aurai tous vu monter dans votre calèche. »

Trevor choisit ce moment pour se tortiller avec force et il parvint à s'échapper des mains de Neville. Le crapaud sauta dans l'air, rebondit contre le torse de Severus et tomba au sol, où il resta assis, apparemment content de lui, sur les bottes brillantes du professeur.

Neville devint aussi blanc qu'un fantôme. « Désolé, Professeur Rogue, » dit-il d'une voix étranglée pendant qu'il se saisissait à la hâte de son animal familier.

« Je suggère que vous appreniez à contrôler cette bête, Longdubat, avant qu'elle ne finisse dans mon stock d'ingrédients de potions, » dit froidement Severus. Il jeta un regard noir à un groupe d'étudiants qui s'était arrêté à quelques pas d'eux pour les regarder. « Déguerpissez ! »

Comme ils arrivaient au bout du couloir et se préparaient à descendre du train, Severus posa sa main sur l'épaule de Harry. « As-tu passé un agréable moment ? »

Harry hocha la tête et lui sourit. « Oui. » Il aperçut un mouvement du coin de l'œil et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour voir Drago Malefoy, se tenant seul dans le couloir maintenant vide derrière eux, les observant avec une expression étrange sur son visage pâle.

Mais il n'eut pas le temps de s'appesantir sur Drago Malefoy. Le quai était bondé par les étudiants qui couraient de partout et Severus conduisit rapidement Harry et ses amis dans une calèche tirée par des sombrals.

« Je vous verrai au château, » leur dit Severus avant de Transplaner.

Leur calèche commença à bouger, élément d'une longue file qui avançait sur le chemin menant à Poudlard. Harry vit Hagrid appeler les premiers années pour qu'ils le suivent jusqu'aux barques pour la traditionnelle traversée du lac et il le salua avant de s'appuyer contre le dossier de son siège. Bientôt le grand château entra dans leur champ de vision, ses tourelles se détachant en noir sur le ciel qui s'assombrissait alors que ses fenêtres lumineuses semblaient leur souhaiter la bienvenue.

Quand leur calèche s'arrêta devant les portes, Harry et ses amis sortirent et suivirent les autres étudiants à l'intérieur. Severus, avec les autres professeurs, se tenait dans le hall d'entrée. Bill Weasley était parmi eux, ses longs cheveux regroupés en une queue de cheval alors qu'il portait une robe marron foncé. Il semblait bien plus professionnel que les autres fois où Harry l'avait vu.

Ron fonça vers lui. « Bill ! Pourquoi ne nous as-tu rien dit ? »

Bill sourit. « Eh bien, je n'étais pas vraiment sûr d'avoir ce travail jusqu'à ce qu'il y a quelques jours. En fait, je ne pensais pas que je l'aurai. Il y avait plusieurs autres candidats avec plus d'expérience en enseignement. Et puis ça me semblait honteux de ruiner la surprise. Et c'est Professeur Weasley maintenant. »

Ron gémit et se tourna vers Harry et Hermione. « Donnez-leur un peu de pouvoir et il leur monte à la tête. »

« Si vous vous dépêchez, vous aurez de meilleures places, » leur dit Bill. « Je vous verrai en classe demain. »

Harry s'approcha de Severus. « Tu ne me l'as même pas dit non plus. »

« Je ne savais pas jusqu'à aujourd'hui que Bill Weasley ferait partie du personnel, » répondit Severus. « Albus prend toujours beaucoup de plaisir à nous présenter le professeur de Défense à la dernière minute. Maintenant faites comme il l'a dit et trouvez-vous des places. »

Harry put sentir le regard de son père fixé sur lui jusqu'à ce qu'il soit caché en sécurité à la table des Gryffondors, entouré par ses amis. Pendant un moment la Grande Salle ne fut qu'un bourdonnement de discussions et de rires alors que les étudiants retrouvaient leurs amis et s'appelaient les uns les autres. Harry ne pouvait pas s'empêcher de penser au dernier repas de rentrée auquel il avait participé et à son humeur complètement différente à ce moment-là.

Finalement, Dumbledore, resplendissant dans sa robe vert émeraude, mena les professeurs à l'intérieur de la Grande Salle, excepté la Professeur Chourave… Harry supposa que ce devait être à son tour de conduire les premières années. Les derniers étudiants encore debout se dirigèrent vers leurs tables. Harry avait gardé un œil sur la porte menant au hall, observant son père discuter avec ses collègues. Il nota que Drago Malefoy, toujours tout seul, était resté caché dans les ombres près de la porte. Quand Severus apparut, le garçon blond l'approcha et commença à parler, mais Severus sembla le couper brusquement et fit des gestes pour qu'il rejoigne les autres Serpentards avant de se diriger vers la table des Enseignants.

Malefoy le regarda fixement partir, avec cette même expression qu'il avait eue dans le Poudlard Express, avant que ses épaules ne s'affaissent, juste pendant un instant. Ensuite il releva le menton et rejoignit la table des Serpentards où il s'assit près de Crabbe et de Goyle.

Harry détourna les yeux de lui cependant quand Dumbledore commença son discours.

« Bonsoir. Je suis enchanté de tous vous revoir. Nous allons naturellement commencer par souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres de la famille de Poudlard. Professeur Chourave, faites entrer s'il vous plaît les nouvelles premières années. »

Le dodu Professeur Chourave fit entrer les premières années en colonne tandis que Hagrid rejoignait le reste du corps enseignant et que le Professeur McGonagall apportait l'antique Choixpeau. Rapidement, le processus de répartition commença. Gryffondor acquit sa part de nouveaux membres, de même que les trois autres Maisons.

Quand le dernier des minuscules premières années se dépêcha de s'asseoir à la table des Poufsouffles, Dumbledore se leva de nouveau avant de s'adresser à tout le monde. « Bienvenue à Poudlard. Je sais que j'ai toujours de la difficulté à prêter attention aux choses avec l'estomac vide, donc voici dès à présent : le repas. »

Il tapa dans les mains et d'énormes plateaux de nourriture apparurent sur la table : des côtelettes d'agneau, du rôti de porc, du poulet et du poisson grillés, différentes sortes de légumes, des pichets de jus de citrouille puis des plats de gâteaux et des tartes à la mélasse. Chacun se servit et après quelques secondes, les conversations reprirent.

Quand tout le monde eut enfin suffisant mangé, Dumbledore fit son discours d'ouverture. Il présenta les enseignants, rappela aux étudiants qu'ils devaient rester loin de la Forêt Interdite et donna les dates des qualifications de Quidditch.

Enfin, il capta le regard de Harry et se racla la gorge. Harry baissa rapidement les yeux sur la table à présent vide. Il savait ce qui venait et le redoutait. Il ne voulait vraiment pas que Dumbledore parle de sa victoire contre Voldemort mais il supposa que le directeur se devait de dire quelque chose sur la fin de la guerre.

« Nous avons une occasion spéciale à célébrer cette année. Je suis sûr que vous avez entendu parler à ce jour de la façon dont Mr. Potter a fait face et a battu Voldemort. Je sais qu'il ne veut aucune attention supplémentaire, mais nous serions tout des plus ingrats si nous ne reconnaissions pas le courage de Mr. Potter et nous ne lui montrions pas notre gratitude, au moins une fois. »

Dumbledore commença à taper dans ses mains et un battement de cœur plus tard tous les autres professeurs, y compris Severus le rejoignirent. Puis les étudiants… la plupart d'entre eux, du moins… commencèrent à le féliciter. Une partie des Serpentards lui jeta un regard noir tout en maintenant leurs mains sur leurs genoux. Harry jeta un coup d'œil à leur table et fut étonné de voir que Malefoy n'était pas l'un de ceux qui le regardaient furieusement, mais restait tranquillement immobile, regardant devant lui dans le vague.

Les applaudissements continuèrent pendant plusieurs longues minutes et Harry souhaita pouvoir se fondre dans le sol. Il fut heureux quand Dumbledore fit un geste pour demander le silence.

« Et maintenant une autre passionnante année se dessine devant nous. Mais il se fait tard et les classes commencent tôt demain. Bonne nuit à tous. »

Tout le monde se leva et s'avança vers la porte pour rejoindre leur dortoir respectif. Hermione appela les premières années de Gryffondor tandis que Ron se penchait près de Harry et indiquait à voix basse, « Je sais que tu dois vivre avec Ro… le Professeur Rogue, mais penses-tu que tu pourrais rester à la Tour jusqu'à l'heure du couvre-feu ? »

« Je vais lui demander, » lui dit Harry et ils fendirent tous deux la foule pour atteindre la table du personnel. Severus avait apparemment prévu sa demande parce que dès que Harry ouvrit la bouche pour poser la question, son père lui glissa tranquillement un petit sac dans la main.

« Poudre de Cheminette, » indiqua Severus. « Je préférerais pour tu ne traînes pas seul dans les couloirs, particulièrement dans les cachots. Fais cependant attention à l'heure s'il te plaît. Le couvre-feu est dans une heure. »

« Merci. » Harry rayonnait de joie pendant que Ron le dirigeait vers la sortie.

« Oui, merci, Professeur, » s'exclama Ron par-dessus son épaule.

Ils rattrapèrent les autres Gryffondors et les suivirent jusqu'à leurs dortoirs dans la Tour. Harry apprit que le mot de passe de ce début d'année était Semper Virtus et la Grosse Dame lui offrit également ses félicitations.

Une fois à l'intérieur les étudiants plus âgés s'approprièrent les canapés et les chaises de la salle commune et l'heure suivante se passa dans une bruyante et joyeuse ambiance. Chacun s'était installé autour de Harry, pour parler de leurs vacances et de l'année à venir et malgré avoir mangé un copieux dîner, ils mangèrent encore des bonbons tout en buvant des Bièraubeurres que Seamus Finnigan avait apportées.

Harry ne se rendit pas compte de la vitesse à laquelle le temps s'était écoulé et il fut étonné quand Hermione lui poussa légèrement le bras.

« Harry, je n'essaye pas de jouer les trouble-fêtes, mais c'est presque l'heure du couvre-feu, » dit-elle avec regret.

Il soupira et se leva. « Ouais, je devine que je vais devoir y aller, alors. »

Certains des autres Gryffondors n'avaient évidemment pas entendu les nouvelles comme quoi il vivrait avec Severus dorénavant.

« Y aller ? Où est-ce que tu vas aller ? » Demanda Lavande Brown, alors que des mines perplexes s'affichaient chez certaines personnes.

Harry se rendit compte qu'il n'avait pas vraiment envie de s'expliquer de nouveau… De donner de fausses explications en plus. Il détestait leur mentir, mais il ne voyait aucune autre façon de le faire sans devoir révéler les conséquences du charme et il n'était sûrement pas près de le faire.

Il s'avança vers la cheminée. « Ron et Hermione peuvent vous expliquer, » dit-il, en leur lançant un regard suppliant. Ils hochèrent la tête et Harry partit.


Severus était assis dans le canapé quand Harry dégringola hors de la cheminée dans leur salon. L'horloge sur le mur sonna et Severus lui sourit.

« Pile à l'heure. »

Harry hocha la tête. « Oui, je suis de retour. »

Il se dirigea vers sa chambre, y entra et s'assit sur le lit. Il n'y avait pas vraiment de raison à cela mais il se sentait un peu bouleversé de devoir quitter la Tour et il ne voulait pas que son père le voie.

C'était juste idiot et Harry s'étonnait lui-même de sa soudaine mélancolie. Il avait été de bonne humeur toute la journée. Ca avait été amusant de revoir tous ses amis et de débuter une nouvelle année scolaire. Il ne savait pas pourquoi il se sentait si triste soudainement. C'était idiot parce qu'il aimait Severus ; il aimait la chambre que Severus avait créée pour lui ; et il aimait avoir un père et une véritable maison. Ca valait un million de fois mieux que son sacrifice de ne pas vivre dans le dortoir.

Mais juste pour cette nuit il aurait souhaité pouvoir rester là-haut dans la Tour avec tous les autres.

Il aurait pu, si seulement il n'avait pas été un esclave.

« Harry ? Est-ce que ça va ? »

Harry se tourna pour voir Severus debout près de la porte. Apparemment il n'était pas très bon pour dissimuler des choses.

Il se força à sourire. « Oui. C'est juste que… je cherche mon pyjama. »

« Oh. Puis-je entrer ? »

Harry inclina la tête. « Bien sûr. »

Severus s'approcha et s'assit près de lui. « Tu sais que le charme te permet d'être loin de moi trois mois par an. Il y a des moments où tu peux rester là-haut durant la nuit. »

Harry réfléchit à cela, avant de secouer finalement la tête. « Mais nous avons déjà dit aux autres que je devais être surveillé chaque nuit. Tout le monde pense que c'est la raison de ma présence ici. Est-ce que ça ne semblerait pas étrange si je pouvais dormir ailleurs quelques nuits mais pas tout le temps ? »

« Nous allons y réfléchir, » promit Severus. « Nous pourrons peut-être trouver une raison plausible. »

Son père était si déterminé à l'aider, si déterminé à le rendre heureux, que Harry s'en sentit bouleversé.

Il se retourna et entoura Severus de ses bras.

« Je t'aime, Severus. »

Severus sembla troublé, mais il lui retourna son étreinte. « Je t'aime aussi, Harry. »

Harry se rassis et le dévisagea d'un air sérieux. « Et j'aime vivre avec toi. Vraiment. J'aime avoir ma propre maison ici… et être avec toi… c'est tout ce que j'ai toujours rêvé. Et ça n'a pas d'importance pour moi si je vis ici au lieu de la Tour, du moins ça ne me dérange pas le reste du temps. C'était juste ce soir, alors qu'on se retrouvait tous après une longue période… qu'il m'a été un peu difficile de devoir partir. »

Severus inclina la tête. « Je comprends et je suis désolé. »

Harry le serra de nouveau contre lui, voulant être sûr que son père le comprenne vraiment. « Mais j'aime vivre avec toi. »

Severus lui tapota le dos. « C'est bon, Harry. J'ai compris ce que tu voulais dire. Je ne suis pas triste que tu veuilles passer plus de temps avec tes amis pour ta première nuit à l'école. C'est très normal et compréhensible. »

Harry s'appuya contre lui. « Merci, Severus. »

« Pourquoi ne retournerions-nous pas au salon pour prendre une tasse de chocolat avant d'aller dormir ? »

Harry repensa à tous les bonbons qu'il avait mangés aujourd'hui et pour une fois, le chocolat chaud ne l'attirait pas vraiment. « J'aimerais revenir au salon avec toi, mais nous pourrions peut-être garder le chocolat pour une autre nuit. »

« Oh, certains étudiants se sont bourrés de chocolats et de bièraubeurre, j'ai l'impression. » commenta Severus. « C'est un mystère pour moi de savoir comment vous faites pour ne pas être malades comme des chiens avant que l'école ne commence réellement. Les avantages de la jeunesse, je suppose. »

Plus tard durant la nuit, Harry s'allongea somnolent dans son lit, au chaud en se sentant bien mieux. Ca l'avait beaucoup aidé de savoir que Severus l'aimait et voulait le rendre heureux.

Il attendait avec intérêt les classes du lendemain matin et il repensait distraitement aux événements de la journée quand il se rappela de l'expression sur le visage de Drago Malefoy quand il avait vu Severus et Harry ensemble dans le Poudlard Express et même plus tard, quand il avait essayé de parler avec Severus et que le Maître des Potions l'avait renvoyé. Après ces deux épisodes, le Serpentard avait semblé perdu et seul, et… autre chose. Il avait eu une lueur dans le regard que Harry avait reconnue, un regard hanté par une peine et une douleur insupportables.

Mais non, il devait avoir tort. Si Drago Malefoy était bouleversé par quelque chose, c'était probablement par les ennuis qu'il avait avec Dumbledore. C'était tout.

Sûrement.

A SUIVRE

Petit mot de la traductrice :

Voili, voilou… Bon Week !