Chapitre 33 La Tragédie humaine
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Leur douleur était une douce musique à son oreille. Lord Voldemort se tourna vers la famille qui geignait à ses pieds depuis maintenant une heure.
- Où est-ce ? Où ?
Détacher les syllabes, comme détacher les membres était un délice.
Raphaël de Valentin et cet écrivaillion avaient connu l'emplacement de l'Objet… Si ni ses descendants, ni les spécialistes en littérature magique et moldue n'avaient la réponse… Il faudrait l'obtenir des lèvres du maître.
- Changement de programme, nous allons au Ministère.
- Au Ministère? répéta Bellatrix, troublée par ce changement soudain de cible. Peut-on savoir où, exactement… maître ?
- Au Département des Mystères.
Un rayon vert nettoya la scène et un transplanage acheva de la vider.
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- Peter ? Embrassé ? Sous le gui ? Mais par qui ?
- Une fille de Durmstrang… Une Meliflua.
Lily avait suffisamment entendu Sirius récriminer contre sa famille pour reconnaitre ce nom. Elle supposait que toutes les cousines de Sirius n'étaient pas si méchantes que ça, finalement.
- D'autres nouvelles ?
Alice était toujours bien tenue au courant, par le biais de Frank.
- Le Ministère minimise toujours ce qui se passe, mais Maugrey a laissé entendre qu'il avait repéré trois disparitions suspectes dans le Nord du pays… trois agents du Ministère qu'on n'a pas revus depuis leur passage sur le Chemin de Traverse… Il soupçonne qu'on les ait enlevés au coin de l'Allée des Embrumes…
- Qui ? Je n'ai vu aucun article dans la Gazette… ?
- Le Ministère ne pense pas que le fait qu'ils ne donnent pas de nouvelles soit un mauvais signe… c'étaient des Langues de Plomb, donc des gens très secrets, et ils sont parfois chargés de missions sur lesquels ils ne donnent aucune information, même au Ministre, pour le bien général…
- Qu'est-ce que Voldemort pourrait vouloir demander à des Langues de Plomb ?
- Des tas de choses… Le Département des Mystères est un endroit très… mystérieux, c'est le cas de le dire. Personne ne sait vraiment ce qu'on y fait, mais les lieux sont ensorcelés pour respecter le secret défense, et pour qu'on puisse y mener des expériences physiques et magiques de grandes envergures… il y a relativement souvent des accidents, mais le Ministère reste très discret à ce sujet… je crois que la Gazette a dénoncé ça il y a quelques articles, mais le Ministre de l'époque avait demandé au père de Frank d'étouffer l'affaire…
Lily hocha la tête en signe de compréhension.
Le Département des Mystères… Si tout et rien pouvaient s'y trouver, comment savoir si cette espèce de Salle-sur-demande officielle ne renfermait pas une arme, ou si on n'y développait pas quelque chose pour le compte de Voldemort ? Comment savoir jusqu'à quel point le Ministre était au courant de ce qui se passait dans un lieu clos, sur lequel il n'avait pas vraiment de prise ?
Le bon vieux sentiment d'insécurité qu'elle avait réussi à évacuer récemment fut ravi de reprendre sa place, juste sous la poitrine, où il s'installa en lui comprimant désagréablement le cœur.
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- Ecoutez-ça ! Il y a eu un nouvel attentat ! dit Chiara en entrant en trombe dans la Bibliothèque, sous le regard sévère de Mme Pince. Des Mangemorts sont entrés au Département des Mystères !
Lily et Alice n'eurent même pas besoin d'échanger un regard d'un bond, elles se levèrent de leurs chaises et s'approchèrent de la jeune fille blonde.
- Quand ?
- Qu'est-ce qu'ils voulaient ?
- Il y a des blessés ?
Même les travailleurs les plus sérieux (et la bibliothécaire elle-même) ne pouvaient dissimuler leur curiosité.
- Apparemment, il ne manque rien d'autre qu'un Retourneur de Temps… en fait, ils n'ont pas eu le temps de prendre autre chose, parce que les alarmes se sont déclenchées et la cavalerie est arrivée à temps…
- Le Ministère doit être rassuré, avec les élections qui approchent, fit Remus, pensif. Une attaque de maîtrisée sur… beaucoup de ratés…
- Ils ont arrêté quelqu'un ? demanda Lily.
- Cinq Aurors jurent avoir retiré le masque d'Evan Rosier, mais ce soir, quand ils se sont rendus à son domicile, il a eu l'air tout à fait disposé à les suivre au Bureau de la Police magique… s'il montre patte blanche, ils concluront à un Imperium ou à une accusation sans fondement…
Lily savait que Maugrey avait Rosier dans le collimateur depuis un moment. Elle doutait que l'Imperium ait quoi que ce soit à voir avec la malice pure.
- Vous croyez qu'ils voulaient seulement un Retourneur de Temps ?
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Liv.
- Un artefact magique qui te permet de remonter dans le temps.
- De combien ?
- Plusieurs heures.
- Plusieurs années, si on le détourne avec de la magie noire, répliqua James d'un air sombre.
Lily quitta le cercle et sortit dans le couloir, tandis que les autres continuaient d'animer vivement le débat, à un niveau suffisamment bas pour que Pince ne puisse pas les expulser de la Bibliothèque. Comme elle s'y attendait, James la suivit.
- C'est vrai ? Des années ? Donc il ne pourrait pas … tuer Dumbledore au berceau ou quelque chose comme ça ?
- Non… s'il recule aussi loin dans le temps, il devra être sur une autre ligne temporelle que la sienne, ou ça deviendrait trop dangereux pour son soi futur… mais il pourrait très bien rencontrer quelqu'un qui est mort aujourd'hui et lui soutirer des informations, oui. Le problème, c'est qu'on ne peut pas savoir jusqu'où il veut remonter…
- Je ne vois rien dans les évènements récents qui soit stratégique pour lui.
- Tu veux écrire à Dumbledore ?
- Oui.
- Demande à Alice. Abélard est un fin livreur de courrier.
Le gros chat ne payait pas de mine, mais contrairement aux hiboux, que les sorciers ciblaient en priorité pour intercepter des lettres importantes, le chat pouvait traverser le château sans heurt et rejoindre le Directeur (qui n'avait alors plus qu'à décacheter la lettre cachée dans le collier du gros matou).
Mais Dumbledore, comme souvent, les avait devancés. Le soir même, dans les paquets de linge propre posés sur leurs lits, les Maraudeurs, Lily, Emmeline et Alice trouvaient une enveloppe à leur nom, qui était écrit avec l'écriture arrondie du directeur.
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- Mes informations sont en fait relativement faibles, Mr Pettigrew… Mr Fletcher (un espion qui travaille pour l'Ordre) nous a informés que Voldemort et ses adeptes ont rendu des visites régulières et très… bruyantes au gérant de la boutique Barjow et Burke, mais je ne peux pas encore en tirer des conclusions…
Seul Sirius n'avait pas tiqué au nom de la boutique. Lily était presque certaine qu'il ne s'agissait pas d'une échoppe du Chemin de Traverse.
- C'est un magasin de l'Allée des Embrumes, qui vend des artefacts de magie très noire, expliqua Sirius aux autres, en mordillant un de ses ongles.
- Pourquoi est-ce que je ne suis pas étonnée que tu le connaisses ? fit Emmeline.
Lily était surprise que la pique ne soit pas venue d'elle. Preuve qu'elle avait vraiment changé d'attitude envers Sirius.
- Mes parents y allaient et m'y emmenaient quand j'étais petit, et non, je ne peux pas changer mes parents ! répliqua Sirius, avec une certaine agressivité.
Emmeline eut l'air plutôt honteux, et Lily eut de la compassion pour elle.
- C'est normal qu'elle s'interroge, dit-elle doucement. Mais quel genre d'objets on trouve là-dedans ?
- Le genre très noir, très dangereux, très… létal, grommela Sirius en fuyant leur regard
Ils se demandèrent vaguement si les parents Black l'y avaient emmené pour acheter ou pour vendre des objets…
- Tout ce qui peut servir à Voldemort, donc…
- Qu'a dit Barjow ? demanda Alice, sourcils froncés.
- Uniquement ce qu'il savait… peu, vu la colère de Voldemort… notre espion n'a pas pu tout entendre, mais il a été question d'un livre, de la France et d'un nombre limité d'artefacts existants…
- Je suppose que vous avez enquêté du côté français, professeur ? fit timidement Emmeline.
Le sourire du Directeur s'élargit.
- Vous vous doutez bien que le voyage à Beauxbâtons proposé par mon cher Filius n'avait pas pour seul but de vous éveiller aux beautés du Sud de l'Hexagone et de la langue française ?
Clairement, c'était ce qu'ils avaient tous pensé, vu leurs regards gênés.
- Les contacts, le réseau, ça, ce sont des éléments clé pour battre Voldemort. Avoir les moyens de le comprendre, des informations, sont nos seules chances d'avoir des coups d'avance sur lui…
- Alors vous savez comment il a continué ses recherches en France ? dit Remus, qui avait toujours détesté le suspense.
- Hé bien, les Mangemorts sont contre les principes du Code international du Secret magique de 1682, donc ce n'est pas vraiment difficile de les pister. Plusieurs moldus ont été torturés dans des circonstances floues… rien ne les relie ente eux, si ce n'est qu'ils sont des spécialistes de la littérature du XIXe siècle… mais je doute que Voldemort leur ait demandé des conseils de lecture… Et plusieurs antiquaires du monde magiques ont également été violentés, mais on en ignore les raisons, ils sont tous en Soins intensifs après avoir été victimes d'Oubliettes… Là encore, je vois mal ce qui les relie… je suis ouvert à toute supposition…
La pièce resta cependant silencieuse. Emmeline s'éclaircit la gorge.
- Avec ces Retourneurs de temps, est-ce que Voldemort ne pourrait pas ramener un objet du passé ? Peut-être qu'il interroge tous ces gens parce que l'objet est perdu dans le présent, mais qu'il ne l'était pas dans le passé… et donc, en cherchant bien, il veut retrouver sa trace dans des archives que ces gens ont trouvés… ?
- Juste. Très possible, même. La question est « quel est l'objet en question »…
- Monsieur, est-ce que vous sauriez évaluer la période que Voldemort pourrait vouloir atteindre ? demanda Alice.
- Je pense qu'il va tenter d'augmenter la portée du Retourneur de Temps avec la magie noire, de façon à rejoindre un temps lointain, la partie du temps qui est normalement assez stable, et même fixe…
- On parle de combien d'années ?
- Les Retourneurs de temps les plus puissants permettent de retourner un an en arrière. Avec la Magie noire, c'est plus dur à dire… ça peut se compter en siècles…
- En siècles ?
- Vous connaissez l'Arithmancie, miss Evans… je doute tout de même qu'aller au-delà d'un siècle en arrière soit possible sans détruire le Retourneur de Temps et son porteur…
- Un siècle, monsieur, c'est déjà énorme ! Les dégâts qu'il peut causer… Avec tout votre respect !
- Le Tom Jedusor que j'ai connu connaissait parfaitement les règles de la magie. Il veut les repousser, mais pas les remettre en cause. Il ne s'aventurera pas hors de la ligne temporelle choisie et il ne fera pas de changements majeurs dans le temps où il arrivera… Je pense que Miss Vance a raison, c'est des informations qu'il veut, pas des actes…
- On ne pourrait pas le rattraper, en modifiant un autre Retourneur de Temps ?
- Le Ministère a renforcé leur protection, et de toute façon, ça ne nous apporterait rien… il vaut mieux l'attendre de pied ferme ici que de tenter un voyage incertain dans le Temps…
Ils se regardèrent en silence. Attendre, donc. Comme toujours.
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- Un artefact magique… mais pourquoi la littérature du XIXe siècle ? Et pourquoi diable les Français ?
Remus haussa les épaules.
- Margot aurait peut-être une idée ?
Remus évita son regard.
- Tu t'es encore disputé avec elle ? Par Circé, Remus !
Lily laissa tomber les fiches de Potions qu'ils révisaient et se planta devant lui, bras croisés.
- Okay, ok-ay ! Elle a encore dit que je devrais faire un atout de la lycanthropie, et comme d'habitude, elle est montée sur ses grands chevaux… Elle a une façon si différente d'envisager les choses… Pour elle, c'est de la malhonnêteté de ne pas dire qu'on est loup-garou à la cantonnade… pour moi, c'est la seule façon de m'intégrer un tant soit peu, de faire des études, et…
Remus serra les lèvres. Elle posa une main réconfortante sur son épaule.
Elle savait qu'il était déçu d'avoir enfin trouvé une fille qui lui plaisait et à qui il plaisait, une fille que sa nature lupine ne rebutait pas, mais avec qui il ne se voyait aucun avenir, parce qu'elle ne le comprenait pas.
- Hé... il a fallu six ans avant que James et moi nous comprenions, et encore, on trouve tous les jours un nouveau sujet de désaccord...
Il dut bien admettre qu'elle avait raison et rit.
- Je lui demanderai, dit-il d'un air décidé. Mais j'ai peur qu'elle comprenne que la question n'est pas désintéressée, et Dumbledore veut qu'on reste discret…
- Re-mus.. tu écris mieux que Shakespeare, quand tu veux. Fais-toi confiance, comme je te fais confiance. Et interroge-moi sur la Fiche 17… celle sur les associations de poudres et de mucus animaux…
- A vos ordres, ô divinissime Lily…
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- Hé ! Les activités monétarisées sont interdites pendant la période scolaire dans l'enceinte de l'école ! Article 122 du règlement intérieur !
Un club de poker organisé au beau milieu des toilettes de Mimi Geignarde… elle aurait vraiment tout vu ! Ah, ça, le laxisme récent des Préfets-en-chef avait habitué certains élèves à un train de vie discutable.
- Accio monnaie !
Elle se serait frappée. Bien sûr que l'argent frappée par les Gobelins ne se laissait pas affecter par un vulgaire sort d'attraction, ou il serait aisé de voler n'importer quel porte-monnaie ou cassette à son propriétaire. Au contraire, on aurait dit que les pièces n'en rutilaient que davantage, comme pour la narguer.
Elle n'était vraiment pas d'humeur.
- Quinze points en moins et une retenue, cha-cun.
Les six étudiants eurent cet air grimaçant qui signifiait « McGonagall l'a bien formée, celle-là… », mais rentrèrent dans leur Salle Commune, sans proférer davantage que les protestations d'usage.
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Les bannières « Joyeux anniversaire » étaient de sortie, une année de plus. C'en était presque sobre, comparé à d'autres 30 janvier.
Un beau gâteau au petit déjeuner, des cartes et des félicitations de ses amis. Elle ne demandait rien de plus. Mais bien sûr, il y eut les cadeaux.
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- C'est…
- Lily, indéniablement, fit Sirius, doctement. Compare la taille de main à la sienne.
- Elle ne t'a vraiment pas loupé…
- Merci de votre sollicitude, les gars.
- Je t'avais dit que ce cadeau était une erreur…
James massa sa joue, où la trace de la main de Lily était clairement imprimée. Remus l'avait en effet prévenu qu'offrir de la lingerie à sa petite-amie n'était pas le message le plus délicat qui soit. Surtout qu'il avait insisté pour qu'elle l'ouvre au milieu de la Grande Salle, à l'heure de pointe du petit déjeuner.
- Vas t'excuser, James, soupira Remus.
- Quoi ? C'était de la lingerie française, c'est un très beau cadeau…
- Va t'excuser. Je suis sérieux.
- D'accoooord…
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Lily était douée pour bouder. Mais pas pour se cacher. Comme il l'avait deviné, elle était dans la salle de travail numéro 8. Sa préférée, parce qu'il y avait un petit tableau représentant une coupe de vin, dans un coin, qui permettait d'accéder aux cuisines. Idéal pour ses fringales d'étudiante.
Il passa sa tête dans l'embrasure de la porte. Au grincement des gonds, il vit la pile de dossiers posée face à Lily se transformer en d'innocents livres de cours. Lily lui lança un regard perçant, plutôt ennuyé qu'hostile.
Il referma doucement la porte.
- Tu fais quoi ?
- J'étudie les dossiers que nous a passés Dumbledore… les notes d'études et les CV des victimes françaises…
- Hm… fit James, qui n'avait posé la question que pour lancer la conversation. Ecoute, je suis désolé pour ce matin…
- Je ne suis pas sûre que tu sois vraiment désolé, ni même que tu doives l'être…
Nouveau silence, troublé uniquement par le grattement de la plume sur le parchemin.
- Je suis si repoussant que ça ? sourit-il, mais avec un peu d'amertume.
Elle haussa les sourcils et posa le dossier qu'elle tenait.
- C'est ça qui t'inquiète ? Tu es très beau, James… ou, en tous cas, tu es à mon goût, si c'est la question… Tu ne t'es pas dit que c'était peut-être moi qui n'étais pas sûre de mon… sex appeal ?
Visiblement, lui n'en avait jamais douté. Mais il l'écoutait sérieusement. Elle soupira.
- Je ne vais pas coucher avec toi parce que tu me le demandes, James… Ca arrivera quand ça arrivera … C'est un cap important… pour une fille, ça n'arrive qu'une fois de la manière que ça arrive pour la première fois… et je ne tiens pas à accélérer les choses par principe.
- Ça me va. Vraiment, dit-il devant son air étonné. Considère que ce matin … était une espèce de mauvaise blague… même si elle m'a coûté beaucoup de Gallions… je peux me rattraper avec ça ?
Il lui tendit un sac de bonbons, une nouveauté de Honeydukes, idéal pour les pyjama-partys. Toujours selon l'emballage, les pastilles en forme de petits monstres contenaient du Véritasérum à dose minime, calculée pour que celui qu'elle affecte ne soit pas obligé de répondre à une question trop personnelle mais si les confiseries « Spécial Soirée confidences » ne forçaient pas à dire la vérité, elles coloraient la langue des menteurs…
- Pourquoi on m'offre toujours à manger ? rit Lily. Abigail m'a envoyé des cookies maison, Sirius des bonbons, et maintenant ça ?
- Une intuition ? Je ne sais pas, moi ! rit-il.
Elle lui tendit le paquet avec un air de défi. Il enfourna un gobelin en sucre et mâchonna en la regardant dans les yeux.
- Qui est Marcus Dermany?
James faillit s'étouffer.
- Qui t'as parlé de lui? Sirius, je parie !
- Je ne révèle pas mes sources… rit-elle.
- A ton tour…
- Quoi ? Non, on a du boulot…
- Un seul, pour me faire plaisir.
Elle leva les yeux au ciel, avala un Botruc au nougat et attendit.
- C'est vrai que tu me trouves beau ?
- Oui.
- Ouh, c'est flatteur… Est-ce que tu m'as toujours trouvé beau ?
- Non.
- Tire la langue… Menteuse ! Je le savais ! rit-il. En même temps, avec Rogue comme seul élément de comparaison…
Lily fronça les sourcils. Elle détestait qu'il critique le physique de Severus. Après tout, les traits du Serpentards n'étaient peut-être pas canoniques, mais ils étaient réguliers. Quant à ses cheveux… eh bien, c'était en partie à cause des Maraudeurs qu'ils étaient si gras. Ils lui avaient fait une mauvaise blague en première année (ils lui avaient teints les cheveux en bleu pétrole), et à l'époque, Lily et lui donnaient encore dans les potions expérimentales, sans véritablement penser aux conséquences. Les cheveux de Severus ne s'étaient jamais remis de l'espèce de dissolvant magique qu'ils avaient appliqué dessus pour faire disparaître la teinture. Lily ne l'avoueraient jamais à James, mais ça ne l'empêchait pas de lui jeter un regard noir.
Mais James et son détecteur à orage lilyen savaient toujours quand il fallait changer de sujet de conversation...
- Je peux t'aider à faire quelque chose ? fit-il avec un geste vague vers la paperasse organisée.
- Oui… lire ces trucs et noter les mots clé … les auteurs par exemple, parce que Voldemort cherchait quelqu'un de précis…
Margot n'avait pas répondu directement à la dernière lettre de Remus, mais elle lui avait renvoyé un livre français d'Histoire littéraire de la magie, écrit par un de ses professeurs de Beauxbâtons. James disait que c'était un coup de pub', et Lily une excellente idée. Mais après tout, seuls Remus et elles s'étaient jamais intéressés aux cours de Binns… Elle ne doutait pas un instant que les fiches de cours propres et ordonnées du loup-garou aient tourné parmi les Maraudeurs, et les aient tous sauvés des rattrapages…
Le travail était fastidieux : les sorts de traduction étaient lents et Lily avait beau tenter d'en inventer de nouveaux (sous le regard impressionné de James, qui était plus doué pour employer des sorts existants dans des domaines d'application farfelus, qu'en inventer de toute pièce), il fallait beeaaaucoup de patience.
Mais finalement, Lily s'inspira des statistiques pour mettre au point un sort permettant de classer les mots par ordre de fréquence, et au bout d'une heure de plus, ils obtinrent un résultat concluant (il avait fallu éliminer tous les verbes et conjonctions que le sorts repérait comme récurrents …).
- J'ai trouvé ! Le point commun !
James releva le nez de Cent écrivains moldus du siècle passé qui ont parlé de la Magie dans leur œuvre, à leur insu.
- Honoré de Baaa-lzac, déclara fièrement Lily.
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Accio reviews ! ^^
