Coucou les girls!
Un grand merci pour vos messages! Merci à Lyra de prendre autant de temps à me relire, mon niveau d'orthographe est équivalente à celui d'un enfant de 8 ans donc vous imaginez le boulot! Merci Mutine pour le reste! Merci à toutes les autres d'être toujours là! merci merci ... Des bisous!
SBR
Chapitre 35
Edward
A l'heure du dessert dans la Bipo, l'ambiance est très décontractée: l'alcool a coulé à flot et tout le monde est vraiment détendu. Le niveau sonore n'a pas cessé de monter crescendo à mesure que les bouteilles de vin français tombaient.
Emmett ainsi que le père de Jasper ont une descente impressionnante. A l'inverse, ce n'est pas le cas de Leah, Alice et Irina qui après seulement deux verres ne cessent de glousser. Le père de Jasper est en grande partie responsable de leurs hurlements de rire. Il n'y a pas à dire, il sait s'y prendre avec les femmes.
Il est exactement comme Bella le décrit: c'est un grand gamin. D'ailleurs il a passé la majeure partie du dîner de notre côté de la table, celui des « jeunes », à débiter des blagues stupides qui auraient sûrement fait rire les jumeaux de deux ans s'ils n'étaient pas couchés dans une des chambres du deuxième étage depuis plus de trois heures.
Julian Whitlock est complètement insondable, c'est un paradoxe à lui tout seul, probablement la personne la plus complexe que je n'ai jamais rencontrée. Quand on sait qu'il dirige un des cabinets d'architecture les plus en vue et les plus réputés de la planète, quand on sait qu'il est à la tête d'une colossale fortune et qu'on connaît sa réputation de directeur intransigeant, c'est extrêmement déstabilisant de voir cet homme aussi simple, ouvert et bon vivant. Autant il m'impressionne, autant je l'admire et autant il me rend furieusement jaloux quand il parle avec Bella seulement avec ses yeux. Et pourtant, ce type est vraiment sympathique.
Je participe peu aux conversations, préférant l'observer, mais je dois dire qu'il sait mettre les gens à l'aise et particulièrement les femmes. Je suis certain que si Irina avait plus de vingt et un ans, il lui aurait déjà glissé sa carte et je ne parle pas de la professionnelle, non, la magnétique qui déverrouille sa chambre d'hôtel.
Bella elle, de son côté, joue son rôle d'hôtesse à la perfection, demandant de l'aide tantôt à son fils et Alice tantôt à ses amies. Angela et Rosalie mettent la main à la pâte pour débarrasser les assiettes entre les plats. Plats que ma jolie brune a particulièrement réussis, personne ne s'est privé de lui dire et j'ai vu à quel point elle s'en sentait flattée.
Si je me demande depuis plusieurs semaines pourquoi elle a toujours ce besoin d'être reconnue et de se sentir utile, je comprends aujourd'hui pourquoi. Vivre dans l'ombre de Julian Whitlock, quand on a le caractère de Bella a dû et doit encore être extrêmement compliqué pour elle. Mais dans le fond ça a aussi dû être un moteur, si elle s'est autant investie dans sa vie professionnelle et qu'elle a tenu le rôle de mère avec autant d'entêtement, c'est sûrement pour lui prouver qu'elle pouvait faire aussi bien que lui. Parce qu'il faut bien l'admettre, on se sent petit face à Whitlock père et mon côté compétiteur me crie qu'il faut que je fasse tout, pour un jour, avoir plus que lui. Sûrement un truc de mec, ce besoin de prouver que j'en ai une plus grosse, ce n'est peut-être même pas le cas, mais c'est pour imager.
En tout cas, à la différence de Julian, si j'arrive à accrocher Bella, moi je ne la laisserai pas partir, jamais. Ce qu'il a pu être stupide !
Je me crispe un peu quand il lui jette un nouveau coup d'œil. Je n'arrive pas à savoir ce qu'il pense quand il la regarde, mais je sais que si j'étais à sa place, je ferais tout pour la reconquérir et ça n'a peut-être rien à voir avec ça pour lui, mais ça me fait me tendre. Je ne peux pas imaginer, quand bien même avec sa vie incroyable, qu'il ne peut pas regretter de l'avoir perdue. Elle est tellement exceptionnelle. Et puis, de ce que m'en a dit Jasper, il est toujours célibataire, il n'a été officiellement avec aucune femme depuis qu'il a trompé Bella et qu'elle a demandé le divorce.
Je joue avec le bord de mes manches en méditant tout ça quand les lumières s'éteignent subitement. Le silence se fait dans la pièce et Alice apparaît, portant un grand gâteau rectangulaire couvert de bougies. Bella la suit de près, comme si elle se tenait prête à rattraper les dégâts en cas de chute. Imposant gâteau ne rime pas toujours bien avec escarpins. Bella est prévenante.
Le traditionnel « happy birthday to you » est repris par l'assemblée. Quand Alice dépose délicatement le gâteau devant Jasper, je vois Bella s'arrêter un peu en retrait sur le côté de la table. La lumière des bougies éclaire son regard d'un voile de tristesse.
-Joyeux anniversaire mon amour, dit Alice en enroulant ses bras autour de Jasper. Quelques flash d'appareil photo et mon pote prend une grande inspiration pour souffler ses dix neufs bougies en riant.
Quand les lumières se rallument, Bella est toujours plantée droite comme un « i ». Elle contemple son fils avec nostalgie et je crois savoir ce qu'elle ressent à ce moment précis. Elle a peur pour lui, elle se sent vieille et inutile.
Je souhaiterais que tout le monde parte, simplement pour la prendre dans mes bras et lui dire que tout va bien aller, qu'elle est une femme magnifique et qu'elle n'est pas seule. Je sens un sourire amer s'étirer sur mes lèvres, pour ce qu'elle en a faire de ma présence !
Elle reprend vie quand Julian propose à son fils d'ouvrir les cadeaux et elle se précipite vers le meuble pour amener une partie des paquets. Seth lui donne un coup de main, il y en a plus d'une vingtaine.
Jasper est heureux, ça se voit dans ses yeux mais il ne le montre pas trop, peut-être la gêne d'être au centre de l'attention. J'aime sa retenue et son humilité, il n'est pas qu'un gamin pourri-gâté, ça se voit, ça le touche toutes ces attentions.
Il déchire les emballages multicolores. Je pense à ma mère, je revois ses doigts longs et fins courir sur le papier doré de nos cadeaux de Noël, la façon qu'elle avait de nous aider à les ouvrir pour ne pas les déchirer. Elle les réutilisait avec les enfants de sa classe pour faire des collages.
-Merci mec ! La grande main de Jasper s'abat sur mon épaule, me faisant un peu sursauter. Il tient le boîtier et le casque étanche pour iPod que je lui ai achetés.
-Je t'en prie, dis-je la voix un peu surprise. J'ai dû me perdre dans mes pensées un moment. Il continue son déballage anarchique et moi je regarde les objets qu'il a déjà découverts. Il y a beaucoup de vêtements, beaucoup que j'ai choisis. Il y a aussi des cd, des livres et une putain de magnifique montre Bulgari. Je me penche en avant pour admirer le bijou dans l'écrin noir ouvert face à lui. Tyler qui est plus près de Jasper me tend la boite pour que j'aie une meilleure vue.
-Bordel, elle est stupéfiante, dis-je dans un souffle.
-Il se fera sûrement couper le bras s'il porte ça à Rio.
Un sourire étire mes lèvres en entendant le filet de voix hargneux et cynique de Bella à côté de moi. Leah a quitté la table et ma jolie brune a visiblement prit sa place pour observer de plus près les festivités.
J'en profite pour glisser ma main sous la table et je presse son genou, souhaitant seulement être un peu réconfortant. Je sens qu'un truc cloche avec elle depuis un petit moment. Mais le contact de sa peau nue, douce et chaude sous ma paume m'électrise et mon pouce se met à faire des petits ronds sur sa délicate articulation. Elle est raide comme un piquet maintenant et quand je tourne imperceptiblement la tête vers elle, son regard noir me dissuade de continuer dans cette voie.
N'ayant pas la force de dessouder mes doigts de son épiderme, je serre sa cuisse plus fermement. L'animation autour de l'ouverture des cadeaux est suffisamment importante pour que l'attention de tout le monde soit focalisée sur le bout de la table et personne ne l'entend, à part moi souffler entre ses mains.
-Cette foutue soirée ne va jamais finir.
Je tuerais pour la serrer contre moi et la rassurer.
-Sois patiente, dis-je en chuchotant, sans la regarder.
-Reste jusqu'à la fin, je t'en prie. Elle glisse son avant-bras sous la table, feignant de se pencher en avant pour mieux voir et ses petits doigts se mêlent aux miens.
Je hoche la tête pour lui signifier que c'est entendu, je resterai jusqu'au bout et elle soupire de soulagement. Ma Bella regagne sa chaise quand Leah réapparait.
Une nouvelle heure passe et le champagne augmente encore le taux d'alcoolémie des convives. Bella a disparu dans la cuisine depuis un petit moment, je monte lui proposer mon aide mais je suis stoppé dans l'escalier par Rosalie qui m'assure qu'elles ont la situation bien en mains. Alors je rejoins Jasper et ses copains près de la piscine. Je m'assois sur le bout d'une des chaises longues, j'essaie de reprendre le fil de leur discussion mais le père de Jasper ne m'en laisse pas le temps et s'assoit près de moi.
-Alors ? Edward, c'est ça ? Demande-t-il.
-Exact. Dis-je en me tournant un peu vers lui.
-T'es à sec ? Il avise ma coupe de champagne. Je hausse les épaules.
-Je pense avoir eu ma dose.
-Je fumerais bien un joint, me glisse-t-il en marmonnant, la bouche sur le côté. Tu en es ? J'arque un sourcil, pas sûr d'avoir bien compris.
-T'es le seul vrai majeur ici susceptible de consommer, viens, fais pas ton timide, je ne le dirai pas à ta mère ! Il se lève d'un bon, me faisant signe de suivre. Jasper m'encourage du regard et je pars à la suite de Julian vers l'escalier du fond.
Il se retourne seulement quand on est en haut des marches et qu'il ouvre le bureau de Bella.
-Elle va nous tuer si elle nous chope ici ! Ricane-t-il quand je le dépasse pour entrer dans la pièce. Il referme derrière nous. Je fourre mes mains dans mes poches, ne sachant pas trop quoi faire de mon corps et tentant, tant bien que mal, de masquer ma nervosité.
-Alors ? Tu es le tuteur de Jasper ? Dit-il en s'installant dans le fauteuil derrière le large bureau.
-Oui, exact.
-Comment se débrouille-t-il ? Demande-t-il en sortant un sachet de weed et un paquet de cigarettes.
-Il se débrouille bien, je prends la chaise de l'autre côté et le regarde faire son petit mélange dans une longue feuille de papier à rouler.
-Bien, tant mieux et toi ? Il parait que tu es doué et que tu cherches un stage pour ton mémoire de fin d'études ?
-C'est vrai, Jasper vous en a parlé ?
-Ouais, il l'a fait, tutoie-moi Edward. Si tu veux, je pourrais… il s'interrompt pour lécher la feuille et terminer de rouler son joint. Je pourrais avoir une place pour toi, au bureau de New York à la rentrée prochaine. Si tu es intéressé.
-Je le suis ! Dis-je tout de suite, sans hésitation. Mes mains deviennent subitement moites et je refrène mon sourire. Enfin, vous auriez besoin de quelqu'un pour quel type de mission ?
Le père de Jasper fronce les sourcils en me toisant une seconde.
-Ça dépend de ce que tu as envie de faire. Il allume son pétard et prend une bonne grosse taffe avant de souffler une épaisse fumée grise en l'air. Je voudrais voir tes travaux, il parait que tu es un tueur, je n'ai eu que de bons échos à ton sujet. Même Bella t'a encensé et crois-moi, cette femme n'est pas facilement impressionnable. Est-ce que tu pourrais venir à mon bureau, ici à San Francisco lundi ?
-Je travaille lundi, mais je pourrai m'arranger avec madame Swan, je pense.
-Elle n'y verra pas d'inconvénient, j'en suis sûr. Est-ce que tu as des propositions ? Des trucs concrets qu'on pourrait mettre en place ?
-Certainement, qu'est ce que vous cherchez ?
-Je ne cherche rien, j'ai tout ce qu'il me faut, les meilleurs architectes du pays bossent pour moi alors je veux un truc qui m'assoit le cul par terre ! Je veux que tu me vendes du rêve. Tu penses avoir ça en stock ?
-Je l'espère.
Il me scrute quelques secondes, comme s'il essayait de me sonder et attrape une petite coupe remplie de trombones. Il l'a retourne d'un coup sec et tapote son cône sur le bord pour faire partir la cendre. Il reprend la parole en me dévisageant encore.
-J'ai ouïe dire que tu avais accroché les Denaly, tu sais que c'est un des plus gros clients de mon cabinet ici.
-Je sais oui.
-Tanya ne tarie pas d'éloge à ton égard, l'as-tu sautée ?
-Non ! Ris-je.
-Vraiment ? Il mordille l'intérieur de sa bouche en sondant mon regard.
-Non, je ne l'ai pas sautée, non ! J'aurais dû ?
-Putain, non ! Bien joué ! J'ai dû la sortir au moins trois fois avant qu'elle signe chez moi cette garce ! Elle est plus facile au lit qu'en affaires, crois-moi ! Est-ce que tu veux fumer ? Il me tend son joint et je ne me sens pas de refuser.
Je tire quelques lattes sur son pétard. Je sursaute quand la porte émet un petit cliquetis. Je suis tenté de dissimuler le joint mais aucune cachette ne me saute aux yeux, la pièce est pleine de fumée de toute façon et Bella est déjà dans l'encadrement de la porte.
-Je rêve ! Sourit-elle en secouant la tête.
-Punky Babe ! Tu arrives à point nommé. Edward, fais tourner ! Incertain, je tends le pétard à Bella qui vient de refermer la porte derrière elle.
-Non merci Edward, ricane-t-elle en se dirigeant vers la fenêtre. Julian grimace en la regardant passer devant nous.
-Je t'ai connu plus joueuse que ça Punky.
-Je t'ai connu plus sage Julian. Grogne-t-elle. Elle ouvre la fenêtre en grand et se tourne vers nous.
-N'est-elle pas charmante ? Se moque Julian en récupérant le joint que je lui tends.
-Sûr. Dis-je tout à fait honnêtement.
-Qu'est ce qu'il t'arrive donc bébé ? Tu as l'air énervée et pourtant tu resplendis, ai-je loupé quelque chose ?
-Je ne veux même pas savoir ce que ça peut signifier. Marmonne-t-elle en agitant ses mains pour chasser la fumée.
-Ça veut dire que je suis certain que tu me caches quelque chose, tu as l'air différente.
-Différente de quoi Conan ? Grince-t-elle en lui arrachant des mains sa coupelle à trombones.
-Différente ! S'exclame-t-il en se laissant aller en arrière dans son fauteuil.
Il relève ensuite ses jambes pour poser ses pieds sur le meuble quand Bella tourne le dos pour disperser les cendres par la fenêtre.
-T'as l'air bien plus épanouie que d'habitude, tu ne veux pas fumer, j'en déduis que tu n'es pas défoncée alors quoi ? Tu baises avec quelqu'un ? Putain non ! Je sais ! T'es enceinte !
Bella éclate littéralement de rire en sortant un large cendrier en cristal du meuble laqué près de la porte. Elle repasse devant moi en roulant des yeux.
Je me sens foutrement mal à l'aise, comment fait-il pour dire ce genre de chose, sans aucune pudeur ni respect pour la vie privée de Bella ?
-Bien sûr Julian, je suis enceinte oui ! Elle se tourne vers moi en roulant des yeux, l'air de dire « ce type est taré ». Tu devrais arrêter la fumette ! Non mais tu te crois où ? Crie-t-elle quand elle lui fait de nouveau face. Elle attrape rapidement une pochette plastifiée et frappe un grand coup sur ses pieds, sautant pratiquement par-dessus le bureau.
Julian repose ses pieds au sol en grimaçant, vexé d'être ainsi rabroué.
-Vire tes pattes de mon bureau ! Crie-t-elle. Tu es comme ton fils toi, incapable de garder tes pieds au sol.
-Ne change pas de sujet bébé, d'où te viennent tes couleurs et tes yeux pétillants ?
-Ça ne te regarde pas ! Est-ce que vous comptez enfumer mon bureau encore longtemps ?
-Tes seins sont plus gros non ?
-Non ! Mes seins ne sont pas plus gros non ! S'énerve-t-elle et je suis sur le point d'intervenir mais Julian ne m'en laisse absolument pas le temps.
-Alors tu vois quelqu'un ! Je le sais ! Il tape sa main bien à plat sur son bureau avant de la pointer du doigt. Dis-moi qui c'est ? Dis-moi !
-Tu fabules Julian ! Bella très mal à l'aise, tente de se diriger vers la porte mais il se lève rapidement, écrasant son joint au milieu des trombones et il lui bloque le passage.
-Pas si vite Punky, on a pas fini de parler !
-Laisse-moi tranquille Julian, ce n'est pas le moment de parler de ça ! Le père Whitlock me jette un regard, comme si je dérangeais alors il attrape le bras de Bella et la tire hors de la pièce. Je me lève d'un bond quand je vois Bella essayer de s'extirper de sa poigne.
-Arrête putain ! Qu'est-ce qui te prend ?
-Faut qu'on parle Punky, viens !
-Mais non ! Je n'ai rien à te dire ! Laisse-moi tranquille ! Elle arrache son bras et recule de deux pas, son dos heurte mon torse et je dois faire appel à tout mon self contrôle pour ne pas enrouler mes bras autour d'elle.
-Excuse-moi Edward, marmonne-t-elle en me contournant pour se réfugier derrière son bureau. Julian dans l'encadrement de la porte la regarde avec stupeur.
-Bella, bébé, excuse-moi ! Dit-il en entrant de nouveau dans la pièce. Hé chérie ? Pardon ! Il me contourne pour la rejoindre et je voudrais lui barrer le chemin.
-Julian, va voir ton fils, c'est son anniversaire, va le voir !
-Bien ! Comme tu veux, je ne sais pas ce que tu as mais si jamais tu changes d'avis, tu sais où me trouver !
-Ne rêve pas ! Aucune chance ! Elle roule des yeux et se frotte le front quand il quitte la pièce.
-Si tu changes d'avis à propos de quoi Bella ? Dis-je très vite en fermant la porte. Je veux être certain que je ne suis pas en train de me faire un film.
-D'après-toi Edward ? Elle me jette un regard courroucé et je sens qu'elle est à deux doigts de pleurer.
-Il t'a fait des avances ? Je contourne le bureau et m'accroupis près d'elle en faisant pivoter son fauteuil vers moi. Elle me fait signe que oui et je sens mes poings se contracter se resserrant sur les accoudoirs.
Heureusement que les mains de Bella se posent délicatement de chaque côté de mon visage, douces et fraîches, apaisantes.
-Je me sens tellement mal quand il est là ! Souffle-t-elle.
-Il va bientôt partir Bella, ne t'inquiète pas. Il est juste stupide, ignore-le.
Je me sens sourire amèrement, c'est ce qu'elle m'a dit il y a quelques heures et je n'ai pas le souvenir que ça m'ait beaucoup convaincu.
-Tu as raison, chuchote-t-elle en caressant mon arcade sourcilière. Je ne peux pas me retenir de l'embrasser, mes deux mains glissent le long de ses cuisses et remontent jusqu'à sa taille. Ma bouche recouvre la sienne et j'avale son souffle en la ramenant contre moi. Elle se laisse aller quelques secondes en soupirant de bien-être.
-Je suis contente que tu sois là, chuchote-t-elle contre mes lèvres. Edward, je crois que je ne vais pas tenir.
-Tenir quoi ? Je m'inquiète énormément pour elle, je caresse son visage, la pressant de me dire ce qui se passe. J'ai peur qu'elle me dise qu'elle va céder à ses avances.
-Jasper va partir, j'ai tellement peur pour lui. S'il lui arrive…
-Il ne lui arrivera rien Bella ! Dis-je en la serrant contre moi. Chérie, je sais que tu t'inquiètes mais il est presque adulte, il est responsable.
-J'ai peur Edward.
-Je sais, mais tu dois prendre sur toi, ça va bien aller. C'est normal que tu t'inquiètes mais ne laisse pas l'angoisse te ronger. Il faut que tu sois forte.
-Julian pense que je suis cinglée, que j'en fais beaucoup trop.
-Julian est inconscient chérie, tu ne serais pas une bonne mère si tu ne t'inquiétais pas, mais tu ne peux pas garder ton fils sous cloche et te rendre malade ne changera rien. Il n'est pas moins en sécurité dans les beaux quartiers de Rio que n'importe où ici àFrisco, c'est juste la distance entre vous qui te fait cet effet. Relativise Bella.
-J'essaie, mais il a l'air si insouciant. J'ai demandé à Julian de lui dire de faire attention, mais il ne veut pas, il dit qu'il doit faire ses expériences et moi il ne m'écoute pas, il pense que j'en fais trop.
-Je lui parlerai Bella, je lui dirai de faire attention.
-Tu crois qu'il t'écoutera ?
-Oui, je pense, mais arrête de te ronger les ongles Bella, ton fils n'est pas insouciant. C'est l'air qu'il se donne, tu le connais !
-Je sais ! Mais j'ai tellement peur pour lui, j'ai l'impression qu'il ne va jamais revenir.
-Bella ! Ne sois pas paranoïaque, il va revenir, arrête !
-Je deviens folle, je crois. Elle enroule sa main autour de ma nuque et me tire vers elle. Je sens son nez s'enfouir dans mon cou. J'embrasse sa tempe délicatement et je caresse son dos.
-Ça va aller Bella, je t'assure tout ira bien pour lui !
-Tu lui parleras avant qu'il parte ?
-Oui ! Je lui parlerai, je dois le voir demain, on va faire un baseball.
-Un Baseball ?
-Oui, avec Julian, Seth et Tyler. Ils ont proposé ça à table tout à l'heure, je ne voulais pas y aller mais ça sera le bon moment pour coincer Jasper et lui parler.
-D'accord, merci Edward, merci de faire ça.
-Tu peux compter sur moi Bella, tu le sais ?
-Oui, je le sais, tu es adorable.
-Hum… toi aussi, surtout dans cette petite robe, t'ai-je dit qu'elle te va vraiment bien ?
-Non, mais merci, ravie qu'elle te plaise.
-Elle me plairait plus si elle gisait au sol quelque part par là mais sur toi elle est pas mal non plus.
-Oh pitié, ne commence pas, je vais mourir. Gémit-elle en plantant ses ongles à l'arrière de ma tête.
-Mourir ? Ris-je, mourir de quoi ?
-Tu vas me tuer, j'ai pensé à toi toute la semaine, tu m'as trop manqué.
-Oh bébé, ne dis pas ça, ça me tue aussi !
-En plus, il ne faut pas qu'on reste trop longtemps tous les deux seuls ici, mes invités vont se poser des questions.
-Ouais, tu as raison, mais je ne veux pas te laisser quand tu es dans cet état, avec l'autre énergumène qui rôde dans le coin, je ne suis pas sûr de pouvoir me tenir loin de toi.
-Alors reste dans le coin, jusqu'à ce que tout le monde parte. Peut-être que quand Jasper et Alice iront se coucher… Elle m'offre un sourire malicieux et pose un petit baiser sur mes lèvres.
-Ok, je vais rester dans le coin alors.
-Oui, mais il faut qu'on redescende Edward.
-Ouais, tu as raison. Une dernière chose Bella, lundi ça ne pose pas de problème que je prenne mon après-midi ? Julian veut que je vienne le voir à son bureau.
-Non, aucun problème Edward, je me servirai de ça comme excuse si on me demande ce qu'on faisait ici.
-Ok ! Je vole un dernier baiser sur ses lèvres et l'aide à se relever. Elle me serre dans ses bras et après un long soupir, elle me relâche, affichant un sourire parfaitement faux, mais il donnera le change jusqu'à la fin de la soirée.
