Salut les gars! Alors, tout d'abord...
Flash info:
J'ai un compte Tumblr! Depuis deux jours! En fait, concrètement, on s'en tape, je vous en parle juste parce que j'ai posté un dessin d'Alice, donc si la curiosité vous prend d'aller jeter un coup d'œil:
Après, je comprends aussi que vous préfériez garder l'image que vous vous êtes imaginée d'elle, je me suis juste dis que si certains était intéressés bah... Voilà quoi! ^^ Et si vous voulez, je peux prendre les requests, donc si vous avez envie de voir un autre personnage de ma fic, ou n'importe quoi d'autre en fait, je peux m'y coller avec plaisir et acharnement (même si j'ai encore des milliards de progrès à faire en dessin, et qu'il y a des billards de personnes plus compétentes que moi, mais bon, moi j'aime ça alors... C'est vous qui voyez!).
Voili voilou, c'était l'info du jour, j'aime pas trop faire de la pub pour mes propre trucs comme ça, mais je voulez vous prévenir quand même (rapport à ce foutu dessin d'Alice... J'en aurais pas fait, vous l'auriez sûrement jamais su, que j'avais un compte Tumblr. Donc c'est de sa faute, blâmez-la elle! Pas moi, ELLE!)
Passons aux choses sérieuses (HAHAHA!), nous allons assister à la fin du terrible "sermon de l'homme-rat" (dixit Minho je rappelle), et dans le prochain chapitre, on se lancera corps et âme dans un périple sans fin que Jamessounet à nommé lui-même: LA TERRE BRÛLÉE! (putain, ça en jette trop un max quoi!)
Donc, bonne lecture, MERCI POUR LES REVIEWS (je me suis transformée en fontaine en voyant le nombre que j'avais reçu à peine deux heures après la publication du chapitre!^^) et n'oubliez pas: Newt is good! (genre, really really good! Le top du good je dirais même). Et gloire à James Dashner pour avoir écrit la Terre brûlée tout seul comme un grand.
Je m'en doutais. J'étais certaine qu'ils nous préparaient encore un coup bien vache. C'était couru d'avance. Il y eut un long silence, puis l'autre hurluberlu se rassit et continua son petit speech. Apparemment, la terre avait été ravagée par les éruptions solaires, et une maladie inconnue avait fait surface. La braise. Les gouvernements survivants s'étaient alliés pour créer le WICKED. Et notre rôle dans tout ça ? Facile, on était les cobayes, ceux qui serviraient à établir leur stupide schéma divin pour sauver le monde. Comme si un schéma pouvait aider les malheureux atteint ! Qu'est-ce qu'ils comptaient faire une fois ce truc établis ? Modifier le cerveau de chaque être humain pour ressembler à celui du dessin ? Débile !
-… Malheureusement, chacun de vous est porteur du virus.
-Keuwah ? m'exclamai-je, tout comme beaucoup d'autre
L'homme-rat nous fit signe de nous taire et reprit :
-Du calme, du calme ! Ne vous inquiétez pas. Il y a toujours un délai entre le moment où on contracte la braise et le déclenchement des premiers symptômes. De toute façon, à l'issue des épreuves, vous bénéficierez du remède et vous n'aurez pas à subir les… Conséquences pénibles de la maladie.
-Minute papillon ! l'interrompis-je, si vous avez déjà trouvé un remède, alors pourquoi est-ce que vous nous faite encore rôtir sur le grill ? Qu'est-ce que vous attendez pour en faire profiter la populace et nous foutre la paix ?!
-Bien dit Alice ! Alors, qu'est-ce que vous avez à répondre à ça, face de rat ? s'écria Minho
La face de rat en question me fixa d'un air mauvais, décidément je crois qu'ils ne m'aimaient pas beaucoup au WICKED… Puis il sorti une excuse minable :
-Tout le monde ne peut pas s'offrir le médicament, vous savez ? De plus nous avons encore besoin de travailler un peu dessus, c'est pourquoi il nous faut recueillir encore quelques schémas.
A d'autres. Ils avaient des fonds colossaux, non ? Eh bien qu'ils s'en servent intelligemment pour aider les plus démunis ! A la vérité ils n'avaient sûrement pas trouvé de remède du tout oui, sinon pourquoi est-ce qu'ils continueraient de gaspiller leur fric pour voir des gamins agoniser dans le simple but de faire un dessin ? Tssk. Et le pire c'est que tout le monde semblait marcher. Est-ce que j'étais la seule à prendre autant de recul dans cette histoire ?
-Mais je ne veux pas vous faire perdre votre temps avec un cours d'histoire, reprit-il. Nous vous connaissons, maintenant. Tous. Peu importe ce que je pourrais vous dire, ou les motivations du WICKED. Vous ferez ce qu'il faut. Là-dessus, nous n'avons aucun doute. Parce que si vous accomplissez ce qu'on vous demande, vous vous sauverez-vous-même en permettant de découvrir le remède que tant de personnes désespérées attendent.
J'étais sur le point de lui rappeler qu'il nous avait dis y'avait pas cinq minutes avoir déjà le remède, et nous le donner quand on serait arrivé au bout de la phase deux, mais Newt et son sixième sens infaillible le détecta et m'asséna une pichenette sur la tête pour me faire comprendre que j'avais plutôt intérêt à la boucler.
-Bien. continua l'homme rat en lisant une feuille, Phase 2 : le Terre Brûlée. Les épreuves commenceront officiellement demain matin, à 6 heures. Quand vous entrerez dans cette salle, vous verrez un transplat dans le mur derrière moi. Ça ressemble à une surface grise scintillante. Vous aurez cinq minutes pour y entrer. Je répète, le transplat s'ouvrira à 6 heures et se refermera cinq minutes après. C'est bien compris ?
Gros moment de solitude pour l'homme-rat devant l'absence de réaction des blocards. Bien fait pour lui !
-Je sais que vous n'êtes pas sourds. Alors est-ce que… Vous m'avez bien… Compris ?
Non mais il nous parlais vraiment comme à des débiles ! Sale type ! Pour toute réponse je lui tirai ouvertement la langue.
-T'es ingérable. fit Newt en m'assénant un nouveau coup sur la tête
-Parfait. A ce stade, les épreuves de la terre brûlée auront commencé. Les règles sont très simples. Sortez à l'air libre, et dirigez-vous plein nord sur cent soixante kilomètres. Atteignez le refuge en moins de deux semaines et vous aurez bouclé la phase 2. A ce moment-là, et à ce moment-là seulement, on vous guérira de la braise. Vous aurez deux semaines à compter de la seconde où vous mettrez le pied dans le transplat. Si vous échouez, vous êtes condamnés.
Il n'y eut aucuns commentaires. Juste le silence. Puis cet escroc de bas étage nous fit comprendre qu'en gros, ou on réussissait à survivre à la phase deux, ou on mourrait. Logique quoi… Tout le monde commença alors à poser mille et une questions pendant que je profitais du joyeux bazar pour maugréer des menaces terrible contre ce parfait connard et ses acolytes.
-Vos gueules, bande de tocards ! intervint Minho, cette ordure ne vous dira rien, pas la peine de gaspiller votre salive.
Bien parlé mon coco ! Pensai-je alors.
L'homme-rat nous répéta une dernière fois ses indications, puis il fit mine de partir. Mais il se retourna au dernier moment et nous informa que si on refusait de prendre le transplat, on serait exécutés sur place. Et sur ces bonnes paroles, il disparut dans une brume blanche. Quand elle se dissipa, tout avait disparut.
-Eh bien, ça promet, murmura Minho
-Quel sale type ! m'exclamai-je
Un brouhaha sans nom emplit la pièce. Je vis Thomas partir en direction de mon dortoir initial. Il avait sûrement besoin d'un peu de calme pour réfléchir posément, ce que je concevais parfaitement. Moi, la visite de l'homme-rat m'avait plus frustrée qu'autre chose. Il n'avait fait que nous énoncer des vérités qu'on connaissait déjà, nous apprendre qu'on allait encore morfler à partir de demain, nous confirmer que le WICKED se servait de nous, qu'on n'avait pas de vie, et qu'en plus ils passaient leur temps à nous mentir pour mieux nous avoir dans la poche ! Quelle bande de petits hypocrites !
-JE NE SAIS PAS CE QUI M'A RETENUE DE NE PAS LUI AVOIR DÉFONCÉ SA TRONCHE DE RONGEUR RATE A CELUI-LA ! hurlai-je, interrompant momentanément le vacarme des conversations
-OUAIS, CARREMENT ! LA PROCHAINE FOIS QU'ON LE CROISE, JE PROPOSE QU'ON LUI REFASSE TOUS LE PORTRAIT ! ajouta Minho
-TOPE-LA MON POTE !
-CA MARCHE ! QUI EST AVEC NOUS ? demanda-t-il en se tournant vers la foule
Il y eut un silence blasé et tout le monde reprit ses conversations en nous ignorant royalement. Je me tournai vers Minho :
-Bah, c'est pas grave. De toute façon, nous deux réunis, il aura aucune chance ce pauvre naze !
-Bien parlé la miss ! On lui fera la peau à cette saleté !
-Il en aura pour son argent !
-Ça vous arrive de discuter sérieusement tous les deux… demanda Newt en s'incrustant dans notre conversation
-Mais on est on ne peut plus sérieux ! m'indignai-je
-C'est ce qui me fait peur… soupira-t-il en roulant les yeux. En tout cas il semblerait que tes prémonitions étaient fondées Alice, on s'est bel et bien fait embobiner par le WICKED avec leur sauvetage l'autre jour…
-C'est l'instinct féminin mec. On peut pas comprendre. expliqua Minho d'un ton détaché
Je lui décochais un coup de coude dans les côtes.
-J'espère que t'as mieux que ça, parce que c'est pas avec ça qu'on mettra l'homme-rat à terre. me rétorqua-t-il
-Bon, on devrait peut-être songer à s'organiser, non ? Il semblerait qu'on ait une longue marche qui nous attende demain… fit remarquer Newt
-Moi je ne marche pas. déclarai-je
Ils me regardèrent tous les deux avec des yeux ronds.
-Comment ça tu ne marche pas ? demanda Newt perplexe
-Hors de question de continuer à servir ces faux-cul du WICKED qui se foutent de notre gueule depuis le début. A mon avis, personne n'a chopé la braise, il a dit ça pour nous convaincre de venir. Il est clair qu'ils n'ont pas de remède. Sinon pourquoi ils s'échineraient à perdre leur temps avec une bande d'adolescents mal élevés ? Je ne rentrerai pas dans leur combine. Demain, je prends mes clics et mes clacs, j'entre dans leur transplat à la noix, je sors « à l'air libre », et après je me casse n'importe où sauf au nord. déclarai-je calmement
-Mais t'es une vraie cinglée ! s'écria Minho, tu crois vraiment leur échapper aussi facilement ? Et tu fais quoi si t'as vraiment la braise ? Et crois-tu vraiment survivre toute seule dans un lieu qui s'appelle « la terre brûlée » ?
-Au moins je ferais ce que moi j'ai envie de faire, pas ce qu'un type tout de blanc vêtu m'aura demandé d'exécuter ! J'en ai marre de leur servir de feuilleton télévisé ! Ils passent leurs temps à nous observer ! Je suis sûre qu'ils font des paris devant leurs écrans pour savoir lequel d'entre nous survivra le plus longtemps ! Si tu crois que je vais me laisser faire comme une marionnette tu te fourre le doigt dans l'œil !
-Mais… Euh… Newt, dis quelque chose ! s'offusqua Minho devant le manque de réaction de son ami
-Alice, tu vas venir avec nous sans faire d'histoire.
Je m'apprêtais à lui ré-expliquer mon point de vue mais il ne me laissa pas l'interrompre.
-Non, écoutes-moi s'il te plait. Je ne te demande pas de venir avec nous pour faire plaisir à l'autre guignol de tout à l'heure, ni même parce qu'il y a la moindre chance qu'on ait la braise et qu'ils puissent nous sauver, même si je sais que tu n'y crois pas. Je te dis de venir parce qu'on doit rester ensemble. On ne peut pas se permettre de se séparer, pas après ce qu'on a vécu. On est tous dans le même bateau. Et on a perdu assez de tocard comme ça. Alors, ou tu viens avec nous jusqu'au bout, ou je t'assomme et je te transporte moi-même.
Je le regardai d'un air consterné. J'avais momentanément oublié à quel point il pouvait être convaincant. N'est pas sous-chef qui veut.
-Mais, Newt… protestai-je, même si je sentais qu'il avait déjà gagné
-Non, ne discute pas. Tu peux penser ce que tu veux de cette histoire, mais on ne se sépare pas ! Sous aucuns prétextes. On a tous besoin de toi, et tu as besoin de nous tous. Tu comptes faire comment une fois seule contre le monde entier dont tu ne connais rien, sans plus aucuns repères. Au moins avec nous, tu nous as nous. On reste ensemble, d'accord ?
Il avait prononcé la dernière phrase d'une voix douce, avec un de ces sourires à la Newt qui aurait fait fondre une pierre. Je soupirai.
-Très bien. Je viens. Pour vous. Mais je te préviens, je ne me gênerais pas pour exprimer mon mécontentement envers le WICKED !
-Je ne vois pas en quoi c'est censé être une nouveauté… grommela Minho
Oui, j'allais rester avec eux, parce qu'ils étaient mes amis. Plus important encore que ma propre vie. C'est bien pour ça que j'allais les suivre. Pour les protéger du mieux que je le pourrais, et pour qu'on se soutienne mutuellement. On arriverait à rien tout seul, pas après ce qu'on avait vécu. Rien que pour notre santé mentale il fallait qu'on reste ensemble. Je les aimais, moi, ces tocards. Chacun d'eux. Les vivants comme les morts. Il fallait que je tienne le coup, que je dépasse mon désir personnel de m'enfuir loin du WICKED et de leur conneries, pour eux. C'était tout ce qui comptait désormais.
J'inspirais une grande bouffée d'air.
-Apparemment ce n'est pas demain la veille que vous vous débarrasserez de moi, finis-je par dire en leur faisant un sourire moqueur
-Grand bien te fasse ! répliqua Minho en me donnant une tape sur l'épaule
-J'aimerais autant que ça continue dans ce sens. ajouta Newt avec un sourire en coin made in lui-même.
-Huhu, j'ai comme l'impression que vous êtes bien incapables de vivre sans moi.
-N'inverse pas les rôles, tocarde ! s'indigna Minho
-En fait vous êtes comme mes petits toutous que je trimbale partout ! continuai-je
-Eh, dis, c'est quand que tu te la ferme ? soupira-t-il
-Hé vous trois, je m'occupe de gérer la nourriture, Il faudra qu'on répartisse ça en part égale pour notre voyage, je vais avoir besoin d'un coup de main. Des volontaires ? nous demanda Poêle-à-frire en faisant irruption sous notre nez
-Ah, super ! On peut toujours compter sur toi là-dessus, tocard ! répondit Newt, enjoué
-Euh, vous n'avez pas vu Thomas ? Je vais aller le chercher, hein ! s'écria Minho, soudain très pressé
Il parti sans plus de façon en direction du dortoir. Newt me lança un regard navré et je soupirai.
-Le lâche… marmonna Poêle-à-frire, il essaie toujours de se défiler quand je demande de l'aide pour surveiller la nourriture…
-Ça l'ennui, expliqua Newt
-Ne t'en fais pas Poêle-à-frire, moi je veux bien t'aider ! dis-je dans un grand sourire
-Oh, merci Alice ! Tu es adorable ! me dit-il en me tapotant la tête
Newt nous regarda d'un air franchement choqué. Je passai une main devant ses yeux.
-Euh… Newt ? Est-ce que tout va bien ?
-… Ce que vous pouvez être niais tous les deux… marmonna-t-il simplement
-Espèce de…
-Bon je vais voir Minho ! s'empressa-t-il d'ajouter en tournant les talons
Je soupirai profondément ainsi que Poêle-à-frire.
-Bon, tu viens Alice ? On va mettre les points sur les I. dit-il d'un ton ferme en se dirigeant vers le monticule de nourriture
Je le suivis et le regardai virer tous les goinfres d'un air amusé. Puis on commença à trier le tout. Un tas de tout ce qui était emballé, et une autre de ce qui ne l'était pas. On mit de côté une petite ration pour ce soir, et on rangea le reste dans les sacs que les blocards avaient confectionnés avec les draps, en plus des vêtements de rechanges qu'on avait reçu. Je regrettais nos sac à dos du labyrinthe, et particulièrement parce que le mien était rempli de baumes, potions et herbes médicinales qui auraient pu s'avérer utiles… On garda les sachets de ce qui était emballé pour faire des gourdes qu'on ferma avec des rubans de rideau déchiré. On ne pouvait pas mieux faire vu le peu de temps qu'on avait, il faudrait bien que ça tienne.
Entre temps, Newt et Minho nous annoncèrent que l'asiatique serait notre chef officiel. Ça me paraissait un bon choix, bien que Minho soit un peu trop tête brûlée (la tête brûlée s'en va dans la terre brûlée! WOUAHAHA!). Les gars l'écoutait et le respectait, il ne se laissait pas aveugler par les émotions (ce qui ne voulait pas dire qu'il était insensible hein, entendons-nous !) et savait garder la tête froide. Il l'avait déjà démontré durant notre escapade dans le labyrinthe. Je n'étais pas mécontente que les choses reprennent un semblant d'ordre, on en avait tous besoin. Au bloc, c'est ce qui permettait de ne pas déprimer en évitant de se laisser aller, et ça nous avait bien manqué ces derniers jours. Il était plus que temps qu'on se reprenne en main, et pour ça, rien de mieux qu'un bon chef pour nous mettre tous d'accord et poser les choses au clair.
Une fois que tout fut prêt, on alla tous au lit sur les coups de neuf heures. J'avais remis ma montre à l'heure et m'étais glissé dans mon petit cocon pour une dernière nuit. Je mis un temps fou à m'endormir. J'avais une boule au ventre en pensant à ce qui nous attendait demain et en me remémorant tout ce que j'avais appris aujourd'hui. C'était singulièrement déprimant. La seule chose qui me réconfortait était la présence de mes amis, tout n'était pas encore perdu. Et puis, au bloc, j'avais passé mon temps à me dire que même si c'était pire dehors, je continuerai à me battre et à avancer. Même si je devais y passer ma vie, j'arriverai bien à quelque chose un jour. J'étais sur le point de trouver le sommeil en me repensant à la fois où j'avais dessiné un paysage enneigé sur les murs du bloc, quand j'entendis un froissement de couverture et qu'une voix m'appela doucement :
-Hé, Alice, je peux venir ?
Je soupirai.
-Vas-y, installe-toi profite bien parce que c'est notre dernière nuit ici.
Newt ne se fit pas plus prier et s'incrusta dans ma petite chambre. Il laissa retomber les couvertures derrière lui et remua un peu jusqu'à trouver une position qui sembla lui convenir. C'est-à-dire que ses pieds s'adossaient sur mes genoux.
-Alors concrètement, t'es bien gentil tocard, mais là ça va pas être possible… Tu vires tes petits petons de là !
-Hé, moi j'ai (presque) rien dis quand tu dormais sur mon ventre !
-Parce que ça ne te gênais pas tant que ça ! Alors que moi, ça me gêne !
Il soupira et ôta ses pieds.
-Merci !
Il répondit par une sorte de grognement désappointé.
-Bon, et sinon pourquoi t'es là ? T'as fais un cauchemar ?
-Précisément. Et toi ? Pourquoi tu dormais toujours pas ?
-J'étais sur le point d'y arriver quand tu as débarqué… C'est malin, va falloir que je recommence à compter les moutons depuis le début… Alors… Un.
-Deux.
-Trois.
-Quatre.
-…
-Après, quatre c'est cinq.
-Je sais, tocard ! C'est juste que j'hésitais à continuer à voix haute, ça me déconcentre d'avoir ta voix qui fait écho !
Il re-soupira d'un air lassé.
-En tout cas je crois qu'on devrait vraiment essayer de dormir la miss. C'est pas qu'on a de la route à faire demain, mais bon, quand même un peu.
-Moi je ne demande que ça ! C'est toi qui viens m'emmerder en plein milieu de la nuit !
-Et moi qui recherchais juste un peu de réconfort ! se plaignit-il d'une voix exagérément blessée
Je ris un peu.
-pauvre Newtie qui avait plein de malheur.
-Voui. C'est trop injuste. Moi tout ce que je voulais c'était souhaiter la paix dans le monde.
-Que d'ambition pour un si petit être !
-Je fais le double de ta taille pauvre débile…
-Hé ! Va falloir changer quand tu t'adresses au maître du monde !
-Ah, ça faisait longtemps que tu ne l'avais pas ressorti ce délire !
Je lui donnai un coup de pied au hasard et il me répondit tout aussi au hasard.
-AÏEUHEU! m'exclamai-je
-Bien fait pour toi! Na!
-Non mais sérieux Newt, t'as quel âge?
-Avec toi je dois environner les cinq ou six ans maximums...
-C'est bien ce que je craignais...
-Je ne fais que me mettre à ton niveau.
-Mais quel goujat! Tu manque pas de culot quand même!
-Ah parce que toi tu pèse tes mots peut-être?
-... Je n'ai pas à me justifier! En plus t'es chiant, t'arrête pas de parler, moi je veux dormir!
-Ben t'as qu'a pas me répondre.
-Parfait, c'est ce que je vais faire.
-Parfait.
-Parfait.
-Parfait!
Il y eut un long silence. Que Newt finit par briser en murmurant d'une voix douce:
-Quand même, il va me manquer ce petit cocon...
-Moi aussi...
Puis après un autre silence j'ajoutai:
-Newt?
-Quoi?
-Je crois que j'ai peur...
Et là, Newt eut la réaction la plus vexante du monde: il commanda un hot-dog! ... Non, en fait, il explosa simplement de rire...
-Hé, c'est pas drôle! m'indignai-je
-Désolé, c'est juste que c'est la première fois que tu dis ce genre de chose aussi ouvertement! Venant de toi, c'est franchement inattendu! Mais où est donc passé ta si légendaire fierté?
Je ne répondis pas et me mis à bouder. Mais qu'est-ce qui m'avait pris de dire ça aussi moi?
-Alice, on a tous peur. C'est normal. finit-il par me dire doucement
-Je sais... Mais alors comment ça se fait que malgré ça je suis quand même excitée et curieuse de savoir ce qui nous attends et de bouger un peu?
-Pffrt... C'est... Tellement toi...
-Newt! Si tu recommence à exploser de rire, je te descends en bonne et due forme!
-Désolé... Pffrt... HAHAHAHA!
-NEWT!
-Oui, oui, pardon pardon. réussit-il à dire après s'être un peu calmé
On échangea encore quelques mots et le sommeil finit par nous emporter loin, bien loin au pays des rêves.
Un bip bip régulier me tira des brumes du sommeil. Je fixai un instant mon petit chez moi sans comprendre d'où venait ce bruit désagréable, puis tout me revint d'un coup quand Newt geignit parce que le bruit était plutôt pas mélodieux. Je finis par trouver ma montre à tâtons et l'éteignit. Puis je restai un instant pensive, à profiter une dernière fois du seul endroit où je m'étais enfin senti chez moi, et fini par sortir le cœur lourd. Newt me suivit en silence. Le réfectoire n'était pas encore allumé, les autres devaient toujours être dans le dortoir. Je me dirigeai un peu au pif pour essayer de trouver l'interrupteur, butant dans plusieurs tables et jurant comme un charretier à chaque fois (ce qui provoquait des rires et des encouragements moqueurs de la part du sous-chef en chef). Au bout d'un moment j'atteignis enfin ma pauvre victime et l'écrasai sans aucuns scrupules. La lumière jaillit, me faisant cligner des yeux. Je parti en direction du dortoir vide, et monopolisait la salle de bain afin de prendre une douche rapide. J'en profitai au maximum, ne sachant pas quand viendrait la prochaine. Je frottai chaque parcelle de mon corps comme si je me rendais à un bal de promo, lavai abondamment mes cheveux et sorti propre comme un sou neuf. Je passai mes vêtements à la va-vite, attachai mes affligeantes bouclettes en une tresse vite faite mal faite avec un des rubans dont on s'était servi pour les gourdes (je l'avais piqué exprès) et sorti de la salle de bain en me tirant la langue quand je passai devant le miroir.
Puis je retournai dans le réfectoire. La quasi moitié des blocards était déjà là, les conversations filaient bon train. Je m'approchai de Clint, ça faisait un bout de temps qu'on ne s'était pas reparlé, depuis notre escapade du bloc en fait. J'avais encore du mal à réaliser que Jeff n'était plus là, et ne le serait plus jamais. Je ne les voyais jamais l'un sans l'autre d'habitude, pour moi ils étaient inséparables, alors voir Clint tout seul… Ça me brisait le cœur.
-Yo ! Comment va ?
-Comme tout le monde, stressé à mort… répondit-il, et toi ?
-Mes plantes me manquent…
-C'est vrai qu'on à pas vu beaucoup de végétation depuis qu'on a quitté le bloc…
-Pas vraiment, non.
-Moi j'aurais bien aimé avoir des bandages… C'était ce que je préférais faire. Si quelqu'un est blessé on ne pourra même pas lui appliquer de soins rudimentaires… soupira-t-il
-… Petit génie ! m'exclamai-je
-Oui, mais pourquoi ? demanda-t-il perplexe
-Il nous reste combien de temps avant de partir ?
-Environ une demi-heure, dit-il en consultant sa montre
-Parfait, viens !
Je me précipitai vers le dortoir le plus proche et déchirai le reste des rideaux. Je lui en tendis quelqu'un un et commençais à déchirer des bandes dans les miens. Il comprit ce que je faisais et en dix minutes, on avait un tas de bandelettes primitives qui pourraient s'avérer fort utiles en cas de blessures. On les fourra dans nos sacs avant de rejoindre le groupe. Tout le monde était là désormais. Je m'assis à même le sol, comme les autres, et attendis patiemment, bien que j'avais l'estomac noué par la peur de ce qui nous attendait, et également par une certaine impatience de sortir et de bouger, et évidemment, de la curiosité. Les trois ingrédients indispensables de l'aventurier lambda selon moi. Ils auraient du m'appeler Leif Erikson plutôt qu'Alice Liddell (même si c'est quand même la classe d'être comparé à cette nana).
Plus que cinq minutes…
