36
L'étoile de saphir
Allongé sur le gazon au pied du château, Kakashi pratiquait son activité préférée, à savoir la sieste. La fainéantise du ninja copieur égalait presque celle de Shika, et il s'amusait souvent à prétendre que c'était en fréquentant cette dernière qu'il avait été contaminé.
En réalité, il n'en était rien. Depuis toujours, on l'avait décrit comme une loque humaine, passant son temps à dormir, à se reposer et à glander. Mais Kakashi se moquait bien de ce que pensaient les gens. C'était sa façon de profiter de la vie, et il ne comptait pas changer de sitôt.
En pensant à Shika, un petit sourire s'installa sur son visage. Après moult excuses, et une demi-journée passée à argumenter devant la porte de la Nara, il avait finalement obtenu le pardon de celle qu'il aimait.
Gai comme un pinson, Kakashi s'était alors empressé de rejoindre Itachi, à qui il avait proposé sa méthode, à savoir délivrer une montagne d'excuses jusqu'à obtenir le pardon de l'être aimé. Itachi avait qualifié la soi-disante méthode de « harcèlement », et l'avait gentiment envoyé baladé. Contrairement à Kakashi, il avait cassé avec Sakura de son plein gré, et ne comptait pas réparer les dégâts.
« Quel idiot… » songea Kakashi. « Cette Sakura est bien foutue pourtant… »
Lorsque Shika surgit de nulle part pour s'installer à côté de lui, il sursauta. Fort heureusement, la kunoichi n'était pas capable de lire dans les pensées, mais elle gratifia tout de même son petit ami d'un regard un brin soupçonneux.
« Celui-là… J'ai pas intérêt à le lâcher d'une semelle… » songea Shika, tandis que son homme reprenait sa lecture d'un simple -elle avait vérifié- Shônen.
Non loin de là se tenait un autre couple. En effet, Tsunade et Hashirama voulaient eux aussi profiter de cette journée ensoleillée qui, ils en étaient bien conscients, risquait fort d'être leur dernière. Chaque jour, Amaterasu s'attendait à être assaillie par l'Akatsuki, et les shinobis vivaient dans un état de stress permanent.
Posant sa tête sur le torse de Hashirama, Tsunade regarda le ciel tout en s'efforçant de ne pas penser au futur, et de se contenter de l'instant présent. Elle était cependant tiraillée par un sentiment de culpabilité à l'idée de partir se dorer au soleil tandis que les autres mettaient le paquet pour trouver le deuxième parchemin ou réparer l'autel. Elle était allée voir Itachi, qui lui avait néanmoins certifié que son aide n'était pas nécessaire. Sasori se débrouillait seul avec l'Autel, et l'iceberg avait d'ores et déjà été localisé par Kakashi.
Ce dernier goûtait donc à un repos bien mérité après deux heures de recherches intensives sur la Toile qui lui avaient valu de trouver un article qui parlait de la découverte récente, au milieu de l'océan arctique, d'un iceberg en forme de pointe de flèche. Fait troublant, l'iceberg était entièrement lisse et symétrique, et n'avait pas été répertorié auparavant. Il semblait avoir surgi du néant.
Kakashi avait noté que l'article datait de quelques années, plus précisément du jour de la libération des pouvoirs des shinobis. Tout le monde avait rapidement compris ce qu'il en était. Jiraya avait taillé et camouflé l'iceberg, et fait en sorte qu'il soit révélé le moment venu.
Cependant, ce fait avait plongé Itachi dans la perplexité. Bien que le premier parchemin ait été d'une importance vitale, le deuxième était nettement mieux protégé. Ce dernier nécessitait à la fois la découverte du premier parchemin ainsi que la compréhension de deuxième indice, tout en étant encore moins accessible. Itachi en était venu à deux conclusions possibles. Ou bien le parchemin présentait une importance encore plus vitale dans la quête de l'élu, ou bien il était dangereux. Très dangereux…
- Mes amis, veuillez vous asseoir.
Les huit Ombres obéirent, dissimulant avec peine leur étonnement. D'ordinaire, le chef était nettement moins courtois.
« Déjà que ces temps-ci il était de bonne humeur… A voir sa tête il doit avoir gagné au loto… » pensa Minato, un rictus moqueur sous son capuchon.
- Comme vous le savez sans doute déjà, Kakuzu est finalement parvenu, avec l'aide conjuguée de Zetsu et Kimimaro, à percer le secret du tatouage d'Amaterasu.
Un murmure d'assentiment parcourut la pièce, puis Madara reprit :
- Nous pouvons désormais le reproduire à volonté, aussi, dès ce soir, tous les membres d'Akatsuki recevront le tatouage.
Une des Ombre, en l'occurrence Kisame, grogna.
- On est obligé ? Je le trouve plutôt moche ce truc…
- Vous n'êtes pas obligés, le coupa Madara. En revanche, ne pas le porter signifierait ne pas pouvoir participer à l'assaut du château d'Amaterasu, et donc équivaudrait à une trahison. Le châtiment serait alors la mort.
Madara mit fin au long silence sui suivit en ajoutant :
- Mais vous êtes tout à fait libres de refuser…
Tobirama retint à grand peine un fou rire. Le boss savait faire de l'humour, finalement… Bien sûr, on ne risquait pas de le voir danser sur le bureau, mais ce n'était déjà pas si mal.
Hanzou, qui avait perçu son hilarité, le gratifia d'un regard amusé. La bonne humeur de Madara était contagieuse, et c'est tout Akatsuki qui se détendait peu à peu.
- Bien, je pense que tu choisiras le tatouage, Kisame ?
L'interpellé hocha la tête, soumis.
- Je me ferai tatouer dans le dos, ce ne sera pas trop voyant, marmonna ensuite l'homme-requin.
Le Zetsu blanc ricana.
- Un tel tatouage ne ferait que t'embellir, Kisame ! A ta place, je me le collerais en plein sur le visage. Ressembler un peu moins à un poisson pourri… N'est-ce pas une occasion inespérée ?
Tout le monde -à l'exception du concerné- éclata de rire, ce dernier se levant, un air menaçant inscrit sur le visage.
- Tu t'es regardé, le cactus ? grogna Kisame en levant Samehada.
Madara se racla la gorge, ce qui eut pour effet de le stopper dans son élan. Kisame reposa son épée à côté de son siège, tout en mitraillant Zetsu du regard.
- Imbécile… chuchota le côté noir de ce dernier. Chercher des noises à Kisame, ce n'était pas très intelligent. Nous ne recommencerons plus, Madara-sama, ajouta-t-il à voix haute.
Le chef de l'Akatsuki leva les yeux au ciel, avant de reprendre son exposé.
- Très bien. Passons ensuite au deuxième sujet qui nous intéresse. Le parchemin du Yondaime…
Kakuzu plissa les yeux, puis répondit bêtement :
- Le parchemin ? Mais je croyais que vous l'aviez brûlé…
- Il existe un deuxième parchemin, pour les quelques autistes qui ne seraient pas au courant, soupira Minato.
Kakuzu et Kisame lui jetèrent un regard noir, ce qui fit sourire Minato.
- Tiens, la poiscaille, pourquoi ce regard ? Tu te sens visé ?
Kisame dut faire appel à toute sa force mentale pour ne pas abattre son immense sabre sur la tête de l'importun. Mais cela n'aurait été que vaine tentative, il le savait. Si le jeune homme avait été moins puissant, il y a longtemps que Kisame l'aurait fait taire… à jamais.
- Après quelques recherches de la part de Zetsu, ce deuxième parchemin a été localisé au Pôle Nord.
Les Ombres échangèrent des regards blasés. Aucun d'entre eux n'avait envie de partir là-bas pour se les cailler.
- Et… Euh, qui va aller le chercher ? demanda Minato, formulant la question que tous se posaient, et appréhendaient.
Madara ne se fit pas prier pour répondre.
- Voyez-vous, si ce parchemin possède les pouvoirs auxquels je pense, il nous le faut absolument. De plus, vous les Ombres n'avaient rien à faire en attendant la bataille finale contre Amaterasu.
- Ce qui signifie ? l'interrompit Minato. J'aimerais une réponse claire, Madara-sama…
Madara toussota, puis se tourna vers l'assemblée.
- Mes chers amis, vous m'accompagnerez au Pôle Nord. Tous autant que vous êtes.
Itachi marchait sur l'eau en sifflotant. Bien que relativement simple, l'opération restait impressionnante.
« Finalement, Jésus n'était pas si fort que ça… » songea le Seigneur des Corbeaux en regardant ses pieds se coller à la surface de la mer.
Cette pensée le ramena aux recherches qu'il avait effectué sur le sujet. En effet, il s'était interrogé sur la relation entre certains personnages légendaires, tel Jésus, et le monde de Naruto. En effet, le messie de la religion chrétienne aurait été capable de marcher sur l'eau, et possédé un pouvoir de guérison. Ainsi, tout porterait à croire que Jésus soit originaire de l'autre monde, et qu'il ait été un ninja médecin particulièrement puissant.
« Et Jésus n'est pas monté au ciel, il a emprunté une porte interdimensionnelle, qui l'a renvoyé chez lui. Ça se tient ! » se réjouit l'Uchiha.
Mais la validité de cette hypothèse n'avait que fort peu d'importance, et Itachi abandonna bientôt ce débat inutile.
« Il y a plus important que ça… Que Jésus ait été un ninja ou non, il ne peut plus nous aider de toute façon. »
Une fois qu'Itachi mit pied sur la plage du petit îlot, il se retourna pour admirer la vue. A quelques kilomètres de là se tenait le château majestueux, l'invincible bastion d'Amaterasu.
Quelques minutes plus tard, ses pieds quittèrent le sable chaud pour le sol froid de la grotte.
La grotte se tenait au centre de ce petit îlot, une petite bande de sable entourant le refuge rocheux.
- Je suis de retour ! s'exclama Itachi en entrant dans la salle de l'Autel.
Sasori se releva, puis se tourna vers l'Uchiha en tendant la main.
- Vite, j'ai la dalle.
Itachi lui lança deux baguettes de pain garnies de Nutella que Sasori dévora sans attendre.
- Tu as fini les masques ? demanda le brun.
- Ouaip, répondit Sasori entre deux bouchées. Le premier, pour Eclipse, est en forme de Yin et Yang. Mais pourquoi tu n'as pas voulu que je perce des trous pour les yeux ?
- Il n'en a pas besoin, ricana Itachi. C'est un Hyûga, et une tel masque sèmera le doute chez l'ennemi…
- Chi tu le dis…
- Et l'autre ? reprit Itachi.
- Une pure merveille ! s'extasia Sasori qui en oublia son goûter. Le masque de rêve se décline en plusieurs couches de vagues bleues, de la plus claire à la plus foncée.
- Génial, reconnut Itachi en regardant le masque. Il est protégé comme les autres ?
- Absolument ! Protégé contre les Genjutsus, et pleins d'autres trucs utiles.
Itachi le remercia, puis en revint à l'autel.
- Et bien ! Tu n'as pas chômé, commenta le Seigneur des Corbeaux.
Sasori ne répondit pas, et Itachi continua son examen.
L'autel reprenait peu à peu vie. La plupart des pièces avaient été réparées, et la moitié étaient déjà assemblées.
- Tu n'as pas eu de problèmes pour les réparer ?
Sasori acheva d'engloutir la première baguette, puis répondit :
- Non, ça va. Certaines étaient complètement brûlées, et j'ai dû les reconstruire à partir de rien. Pour cela, j'ai tout simplement fait un plan.
Itachi ramassa le plan, et ouvrit de grands yeux.
- Simplement, hein… Comment as-tu fait pour dessiner ce plan ? C'est impossible sans toutes les pièces et…
- Impossible n'est pas Sasori, c'est tout. J'ai un don pour comprendre ce genre de choses. Sasori croqua dans sa deuxième baguette.
- Heureusement, le cœur de la machine est intact. Tout le reste est facilement réparable. Je devrais avoir fini dans quelques heures…
Itachi leva un sourcil.
- Dans quelques heures…
- Les marionnettes me font gagner du temps, expliqua Sasori. Elles me permettent de multiplier mes bras, tout en gardant une précision émérite.
- Je vois. Et tu es sûr de ne pas vouloir faire de pause ? Tu es quand même là-dessus depuis quatre heures…
- Je veux finir avant ce soir ! Alors fous-moi la paix et laisse-moi travailler.
Itachi voulut ajouter quelque chose, mais Sasori lui lança un tournevis qui lui frôla la joue. Par conséquent, il jugea plus judicieux de laisser l'artiste finir son boulot.
- A plus, je reviens dans deux heures ! lança Itachi en marchant vers la sortie.
Il n'eut aucune réponse, mais il savait très bien que l'autre avait entendu.
En sortant de la grotte, il faillit percuter quelqu'un et s'excusa aussitôt. Il reconnut alors Tayuya, qui était suivie d'un cortège d'une dizaine de kunoichis moins gradées.
« Il doit y avoir la quasi-totalité des jeunes filles de l'organisation », constata Itachi. « Mais que font-elles ici ? »
Avant qu'il puisse leur poser la question, Tayuya le salua d'une voix chantante.
- Oh, c'est vous Itachi-sama !
- San, la corrigea Itachi. Je…
- Nous sommes venus voir le nouveau, ce fameux Sasori ! Il paraît qu'il est super canon !
- Mais…
- Il est bien dans cette grotte ?
- Oui mais…
- Merci merci !
Tayuya s'apprêtait à entrer dans la grotte lorsqu'elle se souvint d'une chose.
- A ce propos, c'est vrai que tu as cassé avec Sakura ?
Itachi, acquiesça, et fut aussitôt la cible de nombres regards gourmands. Il déglutit difficilement. Jusqu'à présent, ce genre de regards était plutôt réservé à son frère.
« Vive le célibat », songea-t-il sombrement.
- Mais euh… Je ne compte pas trouver une autre fille tout de suite, ajouta-il précipitamment en se grattant la tête.
Les kunoichis parurent déçues, et Itachi reprit la parole.
- Et euh… Au sujet de Kakashi, tu n'es pas trop…
- Bah, il aime Shika, je n'y peux rien… répliqua Tayuya en haussant les épaules. Et puis il y a tellement de beaux gosses au château, il y a le choix ! s'exclama-t-elle en lui jetant un regard appuyé.
Itachi rougit, puis décida de changer de sujet.
- Pour en revenir à Sasori, il est assez occupé. Il répare l'autel de l'élu et…
- Bah, rien ne presse, non ? Il ne peut pas faire ça plus tard ? fit une des kunoichis.
Itachi dut lutter contre l'envie d'étrangler la fille. Rien ne presse ? Alors que la guerre était à leur porte, et qu'il ne lui restait que quelques mois à vivre ?
- C'est d'une importance primordiale ! tonna Itachi. Vous pourrez lui tourner autour autant que vous voudrez, mais seulement lorsqu'il aura fini !
Les filles baissèrent la tête avec honte, mais l'une d'elle fit une ultime tentative :
- Mais peut-être qu'on pourrait juste le regarder travailler ? Ça ne le dérange pas ?
- Ça ne me dérange pas, fit la voix de Sasori.
Le marionnettiste rejoignit le petit groupe dans l'embrasure de la grotte, provoquant moult cris aigus de la part de la gente féminine.
Cerné par les regards, Sasori ne laissait cependant paraître aucune gêne, et semblait de marbre.
- Tu es sûr que tu ne seras pas dérangé ? l'apostropha Itachi.
- Ne t'inquiète pas, j'aurai fini dans les temps… Et les entendre crier est plus dérangeant que de les laisser regarder. Suivez-moi les filles, et ne touchez à rien…
Itachi les regarda partir, amusé, puis retourna sur la plage, avant d'utiliser son jutsu de déplacement rapide pour regagner le château.
Une fois parvenu devant la lourde porte en bois, il jeta un bref coup d'œil aux deux couples qui bronzaient sur l'herbe, puis posa sa main sur la porte. Il allait la pousser lorsqu'il vit une silhouette sur les remparts du château. Cette dernière se tenait debout sur les créneaux, et le sang d'Itachi ne fit qu'un tour. Tout portait à croire que ce type voulait se suicider.
Ni une ni deux, il fut au sommet des remparts, et agrippa aussitôt le poignet de ce qui s'avéra être une jeune fille. Lorsqu'il reconnut Chiyo, il s'écria :
- Chiyo ? Qu'essayais-tu de faire ?
Cette dernière se tourna vers lui, surprise.
- Itachi-san… Je ne faisais qu'admirer la vue et…
- Pas de ça avec moi. Tu ne serais pas montée sur les créneaux. Et je sais très bien que tu as le vertige… Pourquoi es-tu venue ici ?
L'élève de Sasuke lui rendit un regard fuyant, et Itachi la souleva pour la déposer sur le chemin de ronde.
- Réponds-moi s'il te plaît. Allez, déballe ton sac…
La kunoichi parut hésiter, puis passa sa main dans ses cheveux noirs.
- Je le… Je les regardais, c'est tout.
- Qui ça ?
Itachi ne comprenait goutte, et préféra attendre que l'égyptienne explicite un peu.
- Tsunade et Hashirama, répondit-elle soudain.
Le Seigneur des Corbeaux ne dissimula pas son étonnement.
- Tu les regardais ? Et euh... Pourquoi ? Enfin je veux dire, ils sont mignons comme ça, mais…
Ces mots provoquèrent une crise de larmes chez Chiyo, sous les yeux d'un Uchiha complètement dépassé.
- Elle est amoureuse d'Hashirama… Il ne faut pas être sorcier pour comprendre…
Itachi sursauta en voyant arriver Ino, et Chiyo lança un regard noir la nouvelle arrivante.
- Tu étais censée garder le secret !
- Je l'ai dit pour ton bien ! Tu vas mal et ça se voit ! Tu passes ton temps à les épier, à regarder Tsunade avec jalousie, et à penser au suicide. Je m'inquiète pour toi !
Itachi les regardait bêtement, complètement perdu. Il comprenait peu à peu, mais tout cela était si soudain…
- Euh…
- Itachi-san, va-t-en s'il te plaît. C'est une discussion entre filles, le coupa Ino.
- Mais je…
- Ouste !
Itachi quitta prestement le chemin de ronde. Congédié par une de ses subalternes… Ah il était beau le chef d'Amaterasu !
« Je n'aurais jamais soupçonné une chose pareille… Pauvre Chiyo, i rien de pire qu'un amour à sens unique. Mais de là à penser au suicide… Diable ! »
Toutes ces émotions avaient vidé Itachi, et il regagna son bureau en traînant des pieds. Quelle journée ! Celle-ci était loin d'être finie, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle possédait son lot d'amour et de sentiments. Une lueur d'espoir malgré cet océan de haine…
« Et dire que l'on est en guerre… Notre organisation fait allure de colonie de vacances… »
Il s'affala sur son fauteuil, ses yeux vitreux rivés sur la feuille blanche qui trônait au milieu de son bureau.
- Il est plus que temps d'écrire ce foutu testament… murmura-t-il en empoignant son stylo plume.
Au moment où il se mit à écrire, la porte de son bureau s'ouvrit à la volée. Itachi ne jugea pas utile de relever la tête. Konan était la seule à entrer sans frapper, les concepts de politesse, de grades, ou de règlement lui étant tout à fait étrangers.
- Bonjour Konan… murmura Itachi en croisant ses doigts. Que puis-je faire pour toi ?
- Je vous rappelle que vous devez choisir les ninjas qui partiront au Pôle nord pour chercher le parchemin, lâcha une Konan blasée.
Itachi hocha la tête, et se mit à réfléchir. Il allait un peu faire tourner l'effectif, cette fois-ci.
- Bien, ceux qui partiront seront les équipes Silence, Amertume, Absolution et Apocalypse.
Konan, interloquée, lui fit répéter.
- Vous voulez les envoyer toutes les quatre ?
- Absolument. Il nous faut ce parchemin, même si j'ignore ce qu'il contient. Nous avons besoin de toute l'aide possible pour la bataille qui aura bientôt lieu. Si ce parchemin contient une arme, il nous la faut, et l'ennemi ne doit pas mettre la main dessus.
Konan se concentra, puis onze bouts de papier s'envolèrent vers leur destinataire.
- J'ai envoyé les « invitations », dit-elle en souriant.
- Très bien, merci Konan.
Itachi retourna à son testament, avant de se rendre compte que Konan ne partait pas.
- Oui ?
- J'ai une requête à faire, commença la kunoichi.
Itachi s'étira, puis se balança sur son fauteuil.
- J'écoute.
- J'aimerais participer à cette mission, moi aussi.
Itachi éclata de rire, ce qui eut le don d'énerver Konan.
- Vous pensez que je n'ai pas le niveau ?!
Itachi lui fit signe de se calmer, puis s'expliqua.
- Je suis désolé, c'est juste que je ne pensais pas que quelqu'un se porterait volontaire pour aller au Pôle Nord. Ce n'est pas ce que j'appellerais une destination de rêve…
Konan n'eut aucune réaction.
- Je le sais, mais j'aimerais participer aux missions. J'ai le niveau d'un élève de capitaine, et pourtant je ne fais que le messager ou le porte parole. J'aimerais me battre, Itachi-san. S'il vous plaît.
Itachi faillit en tomber de sa chaise. Itachi-san ? S'il vous plaît ? Venant de Konan, cela équivalait presque à une déclaration d'amour !
Cependant, il devait reconnaître que la kunoichi avait raison.
- C'est d'accord.
Pendant quelques secondes, Konan abandonna son masque de froideur et eut un sourire sincère, mais qui disparut bien trop vite.
- Je vous remercie.
La porte-parole d'Amaterasu sortit de la pièce, et Itachi put enfin se mettre sérieusement à la rédaction du testament qu'il s'efforçait d'écrire depuis des mois.
Deux heures plus tard, il sortit de son bureau tout bouillant d'excitation, et d'appréhension. Il priait pour que Sasori ait réussi, sans quoi l'avenir de l'organisation s'assombrirait plus encore.
La peur au ventre, il se rendit à la grotte, puis se dirigea vers la salle de l'autel, au fond de celle-ci. Alors qu'il approchait du but, il entendit une foule de voix.
« Les filles sont encore là ? » s'étonna l'Uchiha.
Lorsqu'il fit irruption dans la pièce, il vit Sasori en train de discuter avec une pléiade de filles, celles de tout à l'heure.
Il leva les yeux au ciel, puis toussota.
- Sasori ?
Aussitôt, le brouhaha disparut, et Sasori dispersa son harem.
- Yo Itachi ! Quel bon vent t'amène ?
- L'autel, banane… Tu as réussi ?
Le sourire de Sasori disparut instantanément, et il emmena le Seigneur des Corbeaux jusqu'à son œuvre.
L'autel était flambant neuf, et le cœur d'Itachi se gonfla d'espoir.
- Magnifique Sasori ! Tu…
- J'ai échoué, le coupa l'artisan. Je suis désolé, Itachi-san ? J'ai tout essayé, mais ça ne marche pas. Attendez, je vais vous montrer…
Itachi, particulièrement déçu, suivit Sasori, qui s'accroupit devant l'autel.
Autour d'eux, les filles avaient cessé de bavarder, ayant sans doute perçu la gravité de la situation.
Sasori ouvrit le base de l'autel, et en montra l'intérieur à Itachi.
- Tu vois cette sphère ? C'est en quelque sorte le moteur de ce machin, ce qui lui fournit de l'énergie. Cependant, malgré tous mes efforts, ce maudit moteur ne veut pas démarrer. Je ne comprends vraiment pas… Le pire, c'est que je ne peux même pas le dévisser pour regarder à l'intérieur…
Sasori ôta la sphère de son socle, puis la lança à Itachi qui l'attrapa adroitement. Il l'examina, et fut aussitôt envahi par le désespoir. Comme l'avait dit Sasori, il n'y avait aucun moyen de l'ouvrir.
Lorsqu'Itachi activa machinalement son sharingan, il poussa une exclamation de surprise.
- Hey ! Il y a du chakra là-dedans ! Il forme une sorte de spirale…
Itachi posa son doigt sur la sphère, et parcourut la spirale en son entier. Mais rien ne se passa.
- Essaie avec du chakra, lui suggéra la réincarnation du nukenin de Suna.
Itachi obéit, et parcourut une nouvelle fois la spirale avec son doigt. Mais cette fois-ci, lorsqu'il parvint au bout, la sphère s'ouvrit dans un bruit mat.
Sasori se précipita vers la sphère, et les deux shinobis poussèrent un cri de stupeur.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? fit Itachi en regardant l'intérieur, ébahi.
- Ce qui est sûr, c'est que c'est bien différent d'un moteur de bagnole, commenta Sasori.
La dizaine de filles menée par Tayuya fut bientôt à leurs côtés, et tous admirèrent l'objet que contenait la sphère. Une étoile de saphir.
- Tu es sûr que c'est du saphir ? s'enquit Itachi.
- Absolument sûre, répondit Tayuya. Je m'y connais en bijoux et en pierres précieuses, vous pouvez me croire.
Sasori retira délicatement l'étoile de saphir, et l'examina sous toutes ses coutures.
Deux minutes plus tard, il livrait son verdict.
- Ce n'est pas du saphir ordinaire. Il a une affinité avec le chakra. A mon avis, cette étoile a besoin de chakra pour fournir de l'énergie à l'autel.
Itachi, qui se demandait à quoi il voyait ça, utilisa son sharingan, et constata qu'il n'y avait aucune trace de chakra dans l'étoile.
- Si c'est le cas, elle est vide, déclara-t-il. Il faut donc la remplir, et l'autel remarchera !
Sasori se mordit la lèvre.
- Ça me paraît un peu trop facile quand même.. Enfin, on ne perd rien en essayant…
Itachi s'empara de l'étoile, et la déposa au centre de la paume de sa main. Il recouvrit son autre main d'une gaine de chakra, puis la posa sur l'étoile.
A ce moment-là, son chakra commença à être aspiré, et disparut dans l'étoile au bout de quelques instants. Itachi eut un cri de triomphe, avant de se rendre compte que le chakra contenu dans l'étoile disparaissait petit à petit. Une poignée de secondes plus tard, l'étoile était à nouveau vide.
- Merde, lâcha-t-il en redonnant l'étoile à Sasori.
- Qu'y a-t-il ? lui demanda ce dernier.
Itachi se souvint qu'il était le seul à pouvoir distinguer le chakra, à l'aide du sharingan, et s'empressa de lui expliquer la situation.
- Elle se vide au fur et à mesure qu'on la remplit. Je ne comprends pas…
Sasori réfléchit quelques instants, avant de murmurer :
- Cette étoile possède cinq branches, hein…
- Je ne pense pas qu'il faille y voir un lien avec le symbole satanique, le coupa Itachi.
Le marionnettiste agita les bras, agacé.
- Je ne parlais pas de ça, baka ! Cinq branches, comme les cinq éléments ! A mon avis, il faut changer la nature du chakra que l'on introduit dans l'étoile.
L'idée séduit Itachi, et ils la mirent aussitôt en application.
L'Uchiha enveloppa son index de chakra Katon, et le plaça au centre de l'étoile. Un instant plus tard, une des branches de l'étoile prit une teinte écarlate, et le saphir sembla se muer en rubis.
- C'est joli, s'enthousiasma Tayuya. Je suppose qu'il faut faire de même avec les quatre autres éléments, mais personne n'est capable de les maîtriser tous les cinq…
Itachi hocha la tête, et vérifia que le chakra ne se dissipait pas, avant de passer au Suiton.
Une fois encore, le chakra fut aspiré, et l'une des branches se colora en bleu.
Itachi se permit un petit sourire, avant de déchanter une fois de plus. La coloration rouge de la première branche commençait à s'estomper, et son sharingan, ne mentait pas : le chakra disparaissait, tout simplement.
Il fit part de ses observation à Sasori, qui suggéra :
- A mon avis, il faut remplir les cinq branches simultanément.
Itachi jura et se concentra.
Son pouce se recouvrit de chakra Katon, puis son index se prit la couleur du Suiton. Lorsque son majeur reçut du chakra Doton, Itachi fit une pause. Ces trois éléments étaient ceux qu'il contrôlait le mieux. La suite s'annonçait difficile…
Il se concentra derechef, si fort qu'une veine se mit à battre sur sa tempe. Un court instant plus tard, une gaine de chakra Fuuton enveloppa son annulaire.
Les nerfs à fleur de peau, Itachi passa au dernier élément. Utiliser les cinq éléments était d'une difficulté insurmontable, mais cela restait possible. Les utiliser tous les cinq ensemble relevait de la folie pure.
Petit à petit, le chakra Raiton se dissémina le long de son auriculaire, avec une lenteur infinie.
Itachi avait l'impression que sa tête allait éclater, mais il tint bon. Il devait y arriver.
Les personnes autour de lui ne voyaient pas le chakra, mais se doutaient de ce que le chef de l'organisation était en train de faire. Malgré la folie de l'entreprise, aucun d'entre d'eux ne fit un geste pour l'en empêcher. Le visage d'Itachi était résolu, et ils se seraient heurtés à un mur d'acier en essayant de le raisonner.
Itachi, le souffle court, se permit un sourire crispé lorsqu'il vint à bout du cinquième doigt.
Sans attendre, il abattit sa main sur l'étoile, posant un doigt sur chaque branche.
Les kunoichis présentes ne cachèrent pas leur admiration en voyant l'étoile arborer les cinq couleurs élémentaires.
Alors que son chakra se faisait aspirer, Itachi reprenait peu à peu du poil de la bête. Contrôler les cinq éléments, ce n'était définitivement pas naturel.
« Pain y serait arrivé plus facilement je pense » songea l'Uchiha en s'asseyant par terre.
Soudain, le chakra de l'étoile se vida une fois de plus, et il poussa un cri de rage. Tant d'efforts pour rien… Il était pourtant sûr de sa réussite, cette fois.
- Il doit manquer quelque chose… souffla Sasori. Et si tu n'y es pas arrivé, je ne vois pas qui le pourrait…
Naruto s'emmitoufla dans un épais manteau, et rejoignit les joyeux drilles qui allaient l'accompagner au pôle nord. Il allait balancer une vanne, lorsqu'il rencontra le regard glacial de Konan.
Il déglutit, et oublia sa blague pour se concentrer sur leur future mission.
- C'est du tout cuit cette mission ! s'exclama Kakashi en daignant lâcher son bouquin. Quatre équipes parmi les meilleures de l'organisation, ça va donner ! Même si l'Aka nous suit, on les atomise !
Gaara leva les yeux au ciel, et donna ses dernières directives à son équipe.
- Tout de même, envoyer les trois jinchuurikis pour la même mission, ça fait un peu beaucoup, non ? demanda Hashirama.
- En même temps, on n'a rien d'autre à faire, répliqua Kiba.
- Parle pour toi, dit Hashirama en échangeant un regard coquin avec Tsunade.
Kakashi vit la scène, et un grand sourire idiot s'étala sur son visage.
Voyant cela, Ino le gratifia d'un coup de poing sur la tempe.
Kakashi chancela, puis pleurnicha :
- Mais euh ! Pourquoi…
- Simple mesure de prévention.
Tous les shinobis avaient revêtu d'imposants manteaux de fourrure, et se pensaient prêts à affronter le grand froid.
- Bon on y va ? suggéra Temari en jouant avec l'immense éventail qu'elle s'était confectionnée.
- Non on attend le dégel… sourit Kiba. Même si c'est pour regeler aussitôt !
Naruto l'ignora et acquiesça.
- Ouaip ! Mais vous êtes sûrs de me faire confiance ? Ce jutsu n'est pas encore tout à fait au point…
- Ce n'est pas comme si on avait le choix, répliqua Kiba en caressant son chien.
Naruto opina du chef, et leur fit signe d'approcher.
Tous s'accrochèrent au meilleur ami de leur chef, alors que ce dernier sortait une photo représentant l'iceberg en forme de flèche qu'ils avaient déniché.
Naruto se concentra et se focalisa sur le cliché tout en composant les signes de son nouveau jutsu.
- Ninpô : Sora no Kakehashi ! (le pont céleste)
Au-delà de son nom pompeux, ce jutsu permettait à son utilisateur de se téléporter où il le voulait sans utiliser de kunai. Rien que ça. Evidemment, le déplacement n'était pas aussi rapide que la technique de Madara, mais elle surpassait le jutsu du Yondaime.
Les douze ninjas disparurent sans un bruit.
Le déplacement était d'une rapidité inouïe, et les shinobis ne voyaient rien et ne sentaient rien, si ce n'est une intense lumière dorée et le souffle du vent.
Au bout de quelques minutes, le phénomène prit fin, et le froid rattrapa les voyageurs, qui laissèrent échapper des exclamations surprises.
- 'Tin ça caille !
De toute évidence, à en juger par le climat proprement invivable, le jutsu de Naruto avait fonctionné.
- Merde… lâcha pourtant Karin. Nous ne sommes pas seuls.
Le groupe retrouva instantanément son sérieux coutumier (toussotements dans la salle).
- Akatsuki ?
- Oui, confirma Karin. Et leurs chakras sont étonnamment puissants. Je pense qu'il n'y a que des Ombres…
Les ninjas d'Amaterasu échangèrent des regards peu rassurés.
- Ils sont combien ? demanda Kakashi.
- Neuf. Et je reconnais le chakra de deux d'entre eux. Madara et Kisame.
Hashirama secoua la tête avec désespoir. Ils étaient dans la panade. C'était toute la crème de l'Aka qui leur tombait sur la gueule…
- Maître ? Vous partez déjà ?! s'insurgea Shiro en voyant le vieil homme se diriger vers la porte de leur repaire.
- Oui… Je suis navré, Shiro, mais je dois repartir, répondit son maître en revêtant sa cape rouge.
- Cela concerne encore la prophétie, je suppose…
Le Maître posa ses yeux sur la personne qui avait parlé, et soupira.
- J'en ai bien peur, Angel.
Le dénommé Angel s'agita sur son étrange fauteuil, auquel il était relié par des tuyaux. le Rinnegan brillait plus que jamais dans ses yeux accusateurs.
- Vous vous êtes absentés pendant plus d'un an ! Et vous ne resteriez ici que trois jours ? Au diable cette prophétie bon sang !
Le vieillard baissa la tête. Il semblait déçu.
- Je vois que tu n'es toujours pas mature, Angel. Tu ne comprends pas que l'avenir du monde dépend de cette prophétie, et que tu fais partie de ce monde. Tes désirs égoïstes ne sont rien à côté de ça !
Angel serra les poings, et Shiro ajouta son grain de sel.
- Le maître a raison, Angel. Tu aimerais qu'il reste, et je suis sûr que cela le touche beaucoup. Mais il a une mission, dont dépend le sort de l'humanité.
La réincarnation de Nagato détourna les yeux du vieillard, et répondit d'une voix enrouée.
- Je le sais bien. Et je sais bien que cette prophétie vous tuera, et ça, je ne peux l'accepter ! J'ai déjà perdu mes parents, je ne veux pas vous perdre vous aussi !
- Je comprends Angel, mais tel est mon destin. La voix du maître des deux ninjas se fit alors plus grave.
- En vérité, je ne suis pas vraiment un homme. Vous avez reçu vos pouvoirs de l'autre monde, mais moi non.
Shiro fut le premier à réagir.
- Que voulez-vous dire ? Vous êtes une réincarnation, comme nous, non ?
- En effet, mais le pouvoir que j'ai reçu était trop grand. Un simple humain ne pourrait pas le recevoir sans mourir. Je vais vous raconter mon histoire, ajouta soudain le maître. J'aurais du le faire il y a longtemps.
Shiro s'installa sur une chaise, et le vieil homme commença son récit.
- Je suis né il y a quatre-vingt douze ans de cela. Il y a deux ans jour pour jour, j'étais à l'hôpital, en salle de réanimation. Une crise cardiaque selon les médecins. Rien d'exceptionnel vu mon âge… Je ne n'aurais jamais dû me réveiller.
Le maître joua avec ses cheveux blancs, et sembla revivre la scène pendant quelques instants.
- Alors que je glissais vers la mort, j'ai vu le Shinigami. Le dieu de la mort me rendait visite.
Je n'ai pas pu m'empêcher de me sentir idiot. J'étais un athée si convaincu, et je voyais un dieu face à moi.
A ma grande surprise, ce dernier m'a fait une proposition. Voyez-vous, je suis mort au moment où les pouvoirs de l'autre monde se sont déversés dans celui-ci. Un coup de bol, diraient certains, car j'ai ainsi eu l'opportunité de recevoir le plus grand de ces pouvoirs. Mais ce n'était pas une nouvelle vie que le Shinigami me proposa. Je ne renaissais que pour un seul but : S'assurer de l'accomplissement de la prophétie. Je ne serai pas un homme avec des pouvoirs, mais des pouvoirs dans un corps d'homme.
Il fit une pause, puis ancra ses yeux dans ceux d'Angel.
- Je ne suis plus un homme, je ne suis même plus vivant. Je ne suis que l'avatar de la prophétie, mes amis. Aussi, nul, ne pourra m'empêcher de l'accomplir, car tel est mon destin.
Sa voix s'évanouit, et il réfléchit quelques instants, avant d'ajouter gaiement :
- Il n'empêche que les médecins ont fait une sacrée tête quand je me suis relevé. Après un arrêt cardiaque de quinze minutes, je faisais plutôt allure de miraculé ! Mais une fois qu'ils se sont aperçus que mon cœur ne battait toujours pas, ils ont tourné de l'œil, conclut-il en riant.
Ni Shiro ni Angel n'en revenaient, et ils saluèrent leur maître d'une façon distraite lorsque ce dernier quitta la pièce.
Angel eut quand même le temps de lui poser une dernière question :
- Maître, vous dites que vos pouvoirs sont trop grands pour un vivant… Mais de qui êtes-vous la réincarnation au juste ?
Le vieil homme eut un sourire mystérieux.
- Vous n'avez toujours pas deviné ?
Une fois dehors, il mit son capuchon et leva la tête vers les étoiles qui envahissaient peu à peu la voûte céleste.
- Il est temps de redonner son éclat à l'étoile de saphir… murmura l'homme avant de se mettre en route.
