Mardi 24 Décembre 1996
Je n'avais pas quitté ma chambre depuis le vendredi soir. Prétextant ne pas me sentir bien, je ruminais mes sombres pensées.
C'était aujourd'hui le jour de la pleine lune et en même temps le jour de Noël.
Je me préparai pour la soirée chez les Weasley. Je partis vers cinq heures souhaitant bonne chance à mon père. J'arrivai au Terrier en pleine effervescence, apparemment on fêtait une défaite de Voldemort.
Molly m'invita à m'asseoir.
-Alors racontez-moi, grâce à qui doit-on cette réussite ?
-En fait c'est grâce à un Mangemort. Apparemment il aurait donné de fausses informations à son maître, me répondit Bill.
De fausses informations, un Mangemort. Serait-il possible qu'il s'agisse de...
Les jumeaux racontaient des blagues, tout le monde essayait de faire oublier le dernier Noël. Au bout d'un moment les verres des jumeaux n'arrivèrent plus à se compter et on les envoya se coucher. Puis tout le monde alla se coucher quand les blagues se firent moins nombreuses. Molly me proposa de rester dormir vu l'heure tardive et me prêta la chambre de Charlie reparti en Roumanie par ma faute. Je ne dormis pas, les larmes coulant toutes seules.
Mercredi 25 Décembre 1996
Je me réveillai tôt pour ne croiser personne. Je déposai leurs cadeaux sous le sapin et un mot dans la cuisine pour les remercier de l'hospitalité puis j'empruntai la cheminée et arrivai chez moi.
J'appelai mon père et le retrouva dans le salon. Il était déjà à moitié soigné, il avait dû commencer seul. Alors que je commençais à l'aider à se soigner, je le trouvais un peu trop silencieux et je compris bientôt pourquoi lorsque la porte s'ouvrit.
J'étais en train de bander son bras après l'avoir désinfectée mais en voyant qui était la nouvelle venue je lâchai son bras subitement, il étouffa une exclamation de douleur mais ne dit rien. Je me mis à rougir, Tonks se tenait devant la porte de la cuisine avec des boîtes de bandages dans les mains. Ses cheveux prirent des mèches rouges.
-Je crois que je vais vous laisser, fis-je remarquer. Joyeux Noël à tous les deux, leur souhaitais-je le sourire aux lèvres.
Je remontai dans ma chambre en refermant la porte derrière moi.
Mardi 4 Février 1997
J'étais dans cette chambre depuis trois heures, seule.
Ce n'était pas censé arriver si vite. Mon bébé n'avait passé que six mois dans mon ventre.
J'avais mal. Je ne voulais plus, je voulais que cela s'arrête. Je voulais qu'il soit avec moi. Il n'était pas là, en fait personne n'était là, Rémus était en mission quelque part au nord de l'écosse, Ginny et les autres étaient à l'école, les jumeaux à leur magasin et Tonks au ministère.
Je n'avais pas eu le temps d'avertir quelqu'un et j'étais là. Seule.
Quelques temps plus tard j'accouchai d'une petite fille nommée Lily (Chloé) Bell Aronsohn Lupin (Stewart).
Elle venait juste de naître et d'être lavée mais je savais déjà qu'elle serait blonde aux yeux magnifiques comme son père. Une infirmière la coucha tout près de moi et je m'endormis.
Je rêvais. Au début des loups apparurent, puis un aigle et une femme blonde au sourire machiavélique. J'étais dans une pièce toute blanche et un homme dont je ne voyais pas le visage venait vers moi, j'avais ma petite fille, elle semblait plus grande, dans mes bras, il me la prit et s'enfuit en courant, je criai mais personne ne répondait.
Lorsque je me réveillait, il y avait des gens dans la pièce. Une femme parlait.
-Chut il ne faut pas faire de bruit, Lynn dort. Quelqu'un a prévenu Rémus ? Demanda la voix que j'identifiais comme celle de Molly.
-Je lui ai envoyée un Patronus mais il ne pourra pas être là tout de suite, répondit Tonks.
J'avais la voix enrouée et du mal à parler. Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux, la lumière était trop forte.
-Dora ? C'est toi ?
-Oui c'est moi, tu veux qu'on tire les rideaux.
Je l'entendis tirer une chaise à côté de mon lit et s'asseoir.
-Merci.
Molly les ferma et je découvris que les jumeaux et Fleur étaient présents.
-Bonjour, saluais-je.
Ils restèrent un peu, le temps de me rendre le sourire puis l'heure des visites prit fin. Nymphadora fut la dernière à partir, elle sentait ma solitude et ma tristesse. Peut-être parce que nos sentiments étaient les mêmes en cet instant. Je pris alors ma petite fille et me mit à chanter doucement une petite berceuse que ma maman chantait. Elle s'endormit vite.
-Aujourd'hui tu es tout ce que j'ai. Ma pauvre petite fille regarde quelle mère tu as.
Elle était magnifique, mes yeux ne pouvaient s'en détacher.
