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Sur ce, bonne lecture ;)
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Chapitre 36
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Severus réfléchissait, de concert avec Rémus, à la demande de son élève. Drago Malfoy voulait emmener Harry au premier match de Quidditch de l'année. Selon lui, c'était une mauvaise idée. Il y aurait trop de monde. Cependant, son ami pensait que cela pourrait consister en un premier essai de confrontation à la population pour leur petit protégé. Il n'y serait pas le centre de l'attention. Les deux amis s'affrontaient à coups d'arguments chacun tout aussi valable que le précédent.
- Il faudra qu'il accepte de s'habiller, renchérit Severus.
- Tu m'as toi même dit qu'il avait accepté le manteau lors de votre sortie !
- C'était juste quelques minutes, il a voulu se retransformer tout de suite après. Et il ne s'agit pas que d'un manteau, s'il faut qu'il passe inaperçu, il devra porter un uniforme de Poudlard, avec des chaussures et une écharpe !
- Nous pourrions demander à Flitwick d'ensorceler un ensemble complet …
- Il faut surtout que Harry apprenne à porter des vêtements normaux, ce n'est pas le rôle de Filius de lui confectionner des habits !
- Tu dévies du sujet, Severus. Harry est sorti de la vie sauvage il y a seulement trois mois ! Comment veux tu qu'il apprivoise nos us et coutumes en seulement trois mois ? Il fait déjà des progrès fulgurants pour un garçon de onze ans. Je te rappelle qu'à cet âge là, l'apprentissage n'est plus aussi facile qu'en bas âge. Il faut y aller doucement avec lui, ou je crains un blocage.
Le maître des potions leva un sourcil.
- Un blocage ?
Rémus acquiesça, un air soucieux affiché sur le visage.
- Dans mes recherches, j'ai trouvé plusieurs cas d'enfants qui ont été élevés avec des animaux. Aucun n'était animagus, bien sûr, Albus nous a bien dit qu'il n'avait jamais rencontré de cas similaire à celui de Harry, il n'avait pas tord. Il y a quelques mentions de cas rares dans des livres anciens, mais ils relèvent plus de la légende.
Le loup-garou alla chercher un carnet qui reposait jusqu'alors sur un bureau, dans un coin de la salle, et le feuilleta un peu.
- Tiens, regarde.
Il tendit le carnet à présent ouvert à une page particulière à Severus et pointa du doigt un paragraphe. Celui-ci rassemblait, en une liste assez longue, tous les cas d'enfants-loup, d'enfants-ours, d'enfants-gazelle, ou encore d'enfants-porcs, ou d'enfants-chèvre et tant d'autres cas plus improbables les uns que les autres.
- Je ne pense pas que l'on puisse vraiment comparer leurs cas à Harry, mais pour ce qui est de leur rythme d'éducation ou, pour certains, de rééducation, je pense que les progressions peuvent être assez proches.
Il laissa son ami parcourir ses notes pendant quelques minutes, puis ajouta.
- Si c'est vraiment le cas, alors Harry est vraiment plus doué que la moyenne. Certains des enfants décrits ici, ont mis plusieurs années, voir n'ont jamais réussi à se redresser en position debout. La plupart ne parlaient pas du tout. Et je ne parle pas de socialisation, celle-ci était quasiment nulle, même à la fin de leur vie.
Rémus soupira.
- J'espère vraiment que le cas de Harry est différent du leur.
Severus lui jeta un coup d'œil interrogateur.
- Ils sont tous morts prématurément, sans aucune exception.
Il ne répondit rien, mais la lueur d'inquiétude qui brilla dans les yeux noirs de son ami, confirma à Rémus qu'ils étaient du même avis sur ce point.
Severus soupira alors.
- Demande à Filius, pour l'uniforme. Je vais briefer Drago. Il est hors de question que Harry soit une bête de foire. Il ne doit en aucun cas diffuser l'information de la présence du petit à ce match.
Rémus sourit, heureux de l'acceptation de son ami et amusé par l'adjectif utilisé pour désigner leur protégé. Severus avait tendance à obstruer de son esprit que Harry avait le même âge que ses étudiants de première année. Il devait avouer que lui même l'oubliait aussi parfois.
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- Tiny, mon ange, viens voir un peu par ici.
Harry, toujours accoutré de son short et tee-shirt, rouge et bleu, sortit de sa chambre sur les genoux, mains au sol. Rémus le regarda arriver avec un air désapprobateur.
- Tiny, essaie de te lever.
L'enfant émit un faible grognement. Il n'avait pas vraiment l'envie de faire l'effort.
- Allez, mon grand. Je sais que ça te demande beaucoup de concentration, mais plus tu t'exerceras à marcher, mieux tu y arriveras et plus rapidement tu pourras te déplacer seul.
Harry lui jeta un regard mi-figue mi-raisin, s'asseyant sur ses talons.
- Essaye de marcher jusqu'à moi et ensuite je te montre quelque chose qui devrait te plaire, négocia Rémus avec un sourire en coin.
Une étincelle de curiosité s'alluma sur le visage du petit, puis un air déterminé s'y afficha. Il se plaça d'abord à quatre pattes, s'accroupit et poussa de ses bras pour se redresser. Il s'éleva doucement, les mains loin du corps pour acquérir un maximum d'équilibre. Une fois debout, il regarda droit devant lui, directement dans les yeux ambrés de Moony.
Un pas après l'autre, sous les encouragements de l'adulte qui lui tendait les bras, il s'approcha de son but. Sa concentration ne flancha pas, il garda le cap même après avoir failli tomber en se cognant les orteils contre le pieds d'une chaise.
Quand, enfin, ses doigts tendus devant lui atteignirent la main de Rémus, celui-ci le prit dans ses bras puissant et l'enserra dans une chaude étreinte. Il le félicita avec humeur, puis lui montra ce qu'il avait sorti pour lui.
- Regarde un peu ça, Tiny.
Il libéra un de ses bras et désigna plusieurs pots et barquettes de couleurs, disposés sur la table basse du salon.
- Ceci, c'est de la peinture.
Ensuite, il montra un tas de cadres de bois avec du tissu blanc tendu dessus.
- Là, ce sont des châssis et des toiles, des supports pour peindre.
Puis, attirant Harry plus près de l'atelier improvisé, il lui désigna de courts bâtons avec ce qui ressemblait à des poils au bout.
- Enfin, voici des pinceaux. Tout le matériel pour peindre, en somme, conclut-il en claquant sa main contre sa cuisse après avoir levé le bras pour appuyer sa démonstration.
Rémus aida Harry à s'asseoir et se plaça à ses côtés. Il s'empara d'un pinceau, le trempa dans un des pots de peinture, celui de couleur bleue devant lui, puis appliqua les pigments sur une simple feuille. Il y en avait tout un tas, sur le côté de la table, il en avait mis pour faire des essais.
- Tu comprends comment ça fonctionne ? Demanda-t-il en se tournant vers l'enfant.
Harry acquiesça d'un coup sec de la tête, fronça les sourcils et se saisit, à son tour, d'un des ustensiles à poils. Il choisit le plus gros, conscient que ce serait sûrement le plus simple à manier, puis le plongea dans le pot vert. Rémus plaça une toile devant lui, sous son bras et l'encouragea d'un petit geste de la tête.
Le pinceau vint se poser lentement sur le tissu et laissa derrière lui, comme timidement, une vague marque verte. Elle s'estompa rapidement, ne laissant que de minces traits plus clairs, par intermittence, épuisant la réserve de peinture qui s'était coincée entre les poils fins.
Harry regarda son œuvre d'un air circonspect. Une moue perplexe, une grimace d'insatisfaction et une bouille contrariée défilèrent sur le visage de l'enfant. Rémus ne pu retenir un éclat de rire.
- Ne regarde pas la toile ainsi, Tiny. Elle ne t'a rien fait, pouffa-t-il. C'est difficile de manier le pinceau et plus encore de maîtriser l'art de la peinture. Le plus important, ce n'est pas ce que tu représentes. Le plus important c'est que tu t'amuses !
Harry le regarda plonger sa main dans l'une des barquettes suffisamment large pour la laisser passer entièrement. Quand il la releva, elle était pleine de peinture rouge. Ses deux sourcils se haussèrent haut derrière sa frange, étonné par le geste de Rémus qu'il aurait pensé être une bêtise. L'adulte, plutôt que de grimacer à cause de la souillure, afficha un immense sourire et appliqua sa main à même la toile, laissant apparaître, en la retirant, une belle empreinte.
- Et voilà ! S'exclama Rémus, fier de lui.
Harry poussa un cri ravi et l'imita aussitôt. C'était effectivement bien plus drôle de plonger les mains dans la substance pâteuse et froide et de l'appliquer à coup de grandes claques sur le tissu. Bientôt, la toile fut couverte d'empreintes de toutes les couleurs, de deux tailles différentes.
- Et si tu la signais ?
Rémus lui présenta un pinceau enduit de peinture noire, plus fin que celui qu'il avait sélectionné au début. Harry le saisit et, tirant la langue, traça maladroitement les bâtons qui constituaient le H de son prénom. Cependant, il n'eut pas l'occasion de le finir puisque les pigments s'étaient épuisés.
- Remet un peu de peinture sur ton pinceau et continue, lui expliqua Moony calmement.
L'enfant opina et obéit.
Les lettres H et A furent correctement tracées, sans trop de difficulté, mais la courbe du premier R lui posa problème.
- Va doucement et n'hésite pas à tourner le poignet ou bouger le bras entier pour être plus fluide dans ton mouvement.
Harry se concentra davantage et s'appliqua à faire son deuxième R avec plus d'adresse. C'est à ce moment que quelqu'un frappa à la porte. Rémus se leva, laissant derrière lui Harry qui inscrivait la dernière lettre de son prénom avec application.
De l'autre côté du panneau de la porte, se tenait le petit professeur de sortilèges.
- Bonjour, Rémus. Bonjour, Harry, lança-t-il plus fort à l'intention de l'enfant au fond du salon.
- Bonjour, Filius. Je t'en prie, entre.
L'hôte laissa passer son invité et celui-ci s'avança jusqu'à la table basse, contemplant l'œuvre tout juste achevée. Harry releva le nez et sourit en reconnaissant le vieux petit sorcier.
- Fi-yus ! S'exclama-t-il.
L'interpellé rit de l'appellation écorchée de son prénom.
- C'est Filius, Harry, corrigea Rémus.
- Ce n'est pas grave, s'empressa de relativiser le petit professeur. Ce sont deux syllabes qui se succèdent assez peu faciles à prononcer pour un novice.
Il envoya un clin d'œil au petit qui, même s'il n'avait pas compris la signification du geste, était ravi que l'ami de Moony ne lui en veuille pas. Il avait, en effet, un nom trop complexe à énoncer.
- Oh ! Mais je vois ici un futur artiste ! S'exclama joyeusement Filius en prenant la toile encore fraîche en main.
Il la leva devant son visage et l'étudia de près.
- C'est pas mal du tout, commenta-t-il. Tu ferais un bon Serdaigle !
Rémus s'amusa de la remarque. C'était fou comme chaque directeur de maison que rencontrait Harry le souhaitait avec ses couleurs. Seule le professeur Chourave n'avait pas encore rencontré son jeune protégé. Cependant, connaissant son amour pour les plantes et sachant l'étendue des connaissances du garçon sur le sujet, il était certain que la proposition ne manquerait pas de surgir de son côté aussi.
Puis, le petit professeur se pencha sur la signature.
- Ta main manque encore d'assurance, n'est-ce pas ? Oh, pas d'inquiétude. C'est tout à fait normal, se hâta de rassurer Filius. Je pourrais t'enseigner, si tu le souhaites ? De même que la lecture, peut être.
Harry, dont les yeux brillaient déjà d'espérance, se tourna vers Moony pour le prier d'accepter.
- Et bien, c'est une idée, admit Rémus.
Un cri emplit le salon.
- Et si tu peignais une nouvelle œuvre ? Peut être que tu pourrais égayer un peu le salon avec une ou deux peintures, proposa le loup-garou tout en s'emparant de la première toile et l'accrochant au mur au dessus de la cheminée.
Fier, Harry se lança dans une autre création. Rémus se tourna alors vers Filius et lui rapporta la conversation qu'il avait eue avec Severus le matin même.
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A la semaine prochaine !
