CHAPITRE 8
" Le Mal n'est jamais le plus fort. Le Bien vaincra toujours. "
Note de l'auteur : ce chapitre commence là où se termine le chapitre précédent.
" Pour qui trouvera ce message, ne croyez pas ce qu'on vous dira et et ce que vous allez découvrir a mon sujet. Cela fait des semaines qu'il me menace et qu'il me demande d'agir contre ma volonté. J'ignore comment il a appris pour Mycroft et comment il se doutait que John allait me demander mon aide, mais il m'a demander d'injecter a mon cousin bien-aimé un produit qui devait provoquer un comas irréversible. Mais je me suis refusée à faire une chose aussi révoltante. Même s'il m'a menacer de faire exploser mon Dispensaire a l'heure ou il serait le plus visité, de provoquer une véritable hécatombe, je ne l'aurai tout de même pas fait. Je lui ai seulement dit que j'acceptai de le faire pour sauver toutes ces vies. On trouvera la seringue contenant ce produit dans le tiroir de la table de nuit de la chambre de Sherlock. Je n'ai injecté qu'un simple sédatif. J'ai laissé ce message sur la table de nuit ne pouvant vous en parler moi-même. Il a placé un mouchard sur moi pour surveiller chacune de mes paroles. J'ignore ce qui va se passer lorsqu'il découvrira que je ne lui ai pas obéi, mais vous ne me reverrez sans doute pas vivante. Ne vous préoccupez pas de moi, ma vie n'a pas d'importance. Veillez sur vous, vous êtes tous en danger. Sieger Holmes est le responsable de tout cela : ce qui est arrivé a Sherlock, ce qui à failli arriver a Mycroft. Et de bien d'autres choses encore. Retrouvez-le vite et si vous le pouvez, retrouvez-moi aussi. Et si vous y arrivez trop tard, je ne vous en voudrez pas. Adieu. Je vous aime, Miranda. "
Anthea venait de lire ces quelques lignes. Elle leva les yeux et se mordit les lèvres. Ses joues étaient rougies par la honte et la confusion. La jeune fille s'en voulait, et ce n'était pas rien de le dire. Si elle le pouvait, elle se donnerait elle-même des gifles. Elle avait accusé quelqu'un sans vraiment avoir de preuve et ce quelqu'un était sa propre soeur. Et maintenant elle s'en voulait terriblement.
- Je suis désolée, gémit-elle. Je suis désolée, je suis tellement désolée. Miranda, je... je l'ai accusée pour rien. Elle... elle ne va jamais me pardonner. Ma soeur. Où est-elle ? S'il vous plaît, s'il vous plaît.
Elle tremblait, elle pleurait, elle regardait chacun avec des yeux emplis de désespoir. Il ne restait plus rien d'Anthea, la parfaite et efficace assistante de Mycroft Holmes. Elle n'était plus que la si douce et si fragile Janet Ann Moran.
- Allons, ma fille, calmez-vous, lui dit Helen en s'asseyant près de la jeune fille et serrant sa main tremblante entre les siennes. Nous allons retrouver votre grande soeur. N'est-ce pas, docteur John ?
- Oh, mais bien sûr, s'exclama John. Mais... dis-moi, Helen, où as-tu trouvée cette lettre ?
- Et bien... sous le lit. J'étais aller prendre un livre dans la bibliothèque et pendant que je lisais, je l'ai fait tomber. En le ramassant, j'ai vu quelque chose sous le lit. C'était cette lettre. Je pense qu'elle était posée sur la table de nuit et qu'un courant d'air a du la faire tomber. Je l'ai lu et... Mon Dieu, je m'en veux tellement. Je suis descendue tout de suite pour vous prévenir. Mais, docteur John, il faut vite prévenir les autres. Il recherchent la doctoresse... et pas pour son bien.
- Nous allons le faire, Helen, nous allons le faire. Heureusement que je leur ai fourni des portables pré-payés. Allons maintenant voir ce qu'il en est de ce que Miranda nous a laissé... Vous venez, Annie ?
John tendit la main vers Anthea qui se leva. Tous deux sortirent rapidement du salon, suivis d'Helen. On entendit bientôt leurs pas monter rapidement l'escalier.
Dans la chambre, Mycroft était profondément endormi. Anthea se laissa tomber dans le fauteuil et se penchant sur le lit, elle prit la main de Mycroft dans la sienne.
- On dirait qu'il a moins de fièvre, dit-elle avec espoir.
John posa doucement sa main sur le front du malade qui lui sembla un peu moins brûlant.
- En effet, dit-il, mais à peine. Mais il dort calmement, ce qui est déjà rassurant... Voyons maintenant ce qu'il en est de cette seringue.
John eut un moment d'hésitation avant d'ouvrir ce tiroir qui ne l'avait pas été depuis un an. En réalité, il ignorait totalement ce qui pouvait s'y trouver, il n'avait jamais chercher à le savoir. Depuis le " décès " de Sherlock, il s'était installé dans l'appartement du deuxième étage et la veille, lorsqu'on avait installé Mycroft dans le lit de Sherlock, c'était la première fois que John revenait dans l'appartement qu'il avait partagé avec son compagnon. Seule Mme Hudson y était entrée un an plus tôt pour mettre un peu d'ordre, ranger ce que Sherlock avait laissé derrière lui, défendant que l'on touche à quoique ce soit. C'était l'appartement de Sherlock, l'appartement de son petit. C'était un lieu devenu sacré.
La main de John trembla un peu, lorsqu'il ouvrit lentement le tiroir de la table de nuit. A quoi s'attendait-il a y découvrir à l'intérieur ? Sans doute des choses extraordinaires ? Il rougit tout de même un peu lorsqu'il découvrit ce qui s'y trouvait. Il avait l'impression d'être un voyeur, de s'introduire dans la partie la plus intime de la vie de Sherlock. Dans ce tiroir se trouvait, bien sûr, ces objets ordinaires que l'on trouve dans toutes les tables de nuit : un paquet de Kleenex entamé, une boîte de paracétamol, quelques bombons au miel... Mais il y avait aussi ce qui semblait être un petit album de photographies et un livre, un vieux livre à la couverture défraîchie qui semblait avoir été beaucoup lu : L'île au trésor. Oui, il se souvenait que Mycroft lui avait dit un jour que Sherlock rêvait de devenir pirate lorsqu'il était enfant et que L'île au trésor était alors son histoire favorite. John sourit. Un ours en peluche, un roman. On ne se sépare jamais vraiment de son enfance, sherlock semble-t-il pas plus que n'importe qui. Mais ce qui l'intéressait vraiment était là, sous ses yeux. Il prit délicatement la seringue entre ses doigts et examina le liquide translucide qu'elle contenait en fronçant les sourcils.
- Qu'est-ce que c'est, docteur John ? lui demanda Helen.
- Je l'ignore. Quelque chose d'extrêmement dangereux, en tout cas. Il faudra analyser ce produit pour savoir ce que c'est.
- Le MI6 pourra s'en charger, intervint Anthea.
- Non. Il vaut mieux confier cette seringue à Scotland Yard ainsi que la lettre de Miranda. Microft a failli être victime d'une tentative de meurtre et non connaissons le nom du coupable.
- Mais ma soeur risque d'être accusée de complicité, s'exclama la jeune fille. John, on ne...
- Mais non, elle ne risque rien. Elle était victime de chantage pour une quelconque raison, c'est évident.
- Du chantage ? Mais pourquoi ? Miranda n'a jamais rien fait de...
John étouffa un éclat de rire.
- N'est-ce pas vous qui me disiez il y a quelques heures que vous n'aviez plus de soeur ? C'est tout de même grâce à vous, jeune fille, que le réseau des sans-abris s'est mis à ses trousses. Et maintenant vous affirmez que Miranda n'a jamais rien fait de mal ? Vous avez certainement été girouette dans une autre vie, miss Anthea.
- Oh, John Watson ! s'exclama la jeune fille, vexée. Et vous alors, est-ce que vous m'avez contredite ?
- C'est bon, c'est bon, dit John en riant. Je plaide coupable.
Mais tandis qu'il parlait, le médecin continuait à examiner le contenu du tiroir et n'y tenant plus, il s'empara du petit album. Il n'était pas très épais, ne pouvait contenir qu'une cinquantaine de photographie mais lorsqu'il se mit à le feuilleter, il comprit que ce qu'il contenait lui ouvrait pour ainsi dire une fenêtre sur l'âme de Sherlock. Emu, tandis qu'il tournait les pages, tandis qu'il allait de photographie en photographie, John se demanda comment on avait pu dire que Sherlock n'avait pas de coeur. Là, dans les pages de ce petit album, se trouvait le coeur de Sherlock. Là, entre ses pages, John découvrit non seulement des photographies de lui-même et bien sûr de Mme Hudson, mais aussi de Greg, de Molly, de Mycroft (oui, même de Mycroft), d'Anthea, non... d'Annie, de Miranda... Oui, le coeur de Sherlock était là, sur les pages de ce petit album.
- Je crois que vous ne devriez pas y toucher, murmura une voix non loin de lui. Il est a mon petit frère, il n'aurait pas permis.
John sursauta. Il tourna la tête et rencontra le regard bleu saphir de Mycroft qui le regardait avec désapprobation.
- Eh, Mycroft ! s'exclama John. Vous êtes réveillé ? Comment vous sentez-vous, mon ami ?
Mais déjà, Mycroft avait détourné la tête. Les yeux écarquillés par la stupeur, il regardait un autre point de la chambre. John se tourna et vit, se tenant dans l'embrasure de la porte... Rebecca. Rebecca, une main sur la bouche, dont les yeux embués de larmes étaient fixés sur Mycroft.
- Non, non, murmura Mycroft. Ce... ce n'est pas possible. Elle... elle est morte. Il l'a dit, elle est morte, Rebecca est morte.
Il s'appuya sur le coude pour essayer de s'asseoir, mais retomba aussitôt allongé. Il se sentait faible, tellement faible. Son corps ne lui obéissait plus. Que lui arrivait-il donc ? Perdait-il maintenant l'esprit ? Voyait-il maintenant des spectres venus du passé ? Mais les spectres ne vieillissent pas, les spectres sont tels que les vivants ont été. Rebecca avait quinze ans lorsqu'elle s'est tuée à Meringen, lorsqu'elle s'est jetée du haut des chutes de Reichenbach. Alors pourquoi lui apparaissait-elle ainsi avec le visage d'une femme et non pas celui d'une adolescente ?
- Non, non, gémit-il en prenant sa tête entre ses mains. Ce n'est pas vrai. Aidez-moi, par pitié, aidez-moi.
Mais déjà, Rebecca s'était précipitée dans la chambre. Déjà, elle s'était assise au bord du lit et, les mains tremblantes, avait prit Mycroft entre ses bras. Rebecca qui le serrait contre elle, Rebecca qui lui murmurait des mots tendres que lui seul entendait. Et Mycroft se serrait contre elle, pleurait dans ses bras. Pleurait parce qu'elle était là, parce qu'elle était vivante et que...
- Je le savais, dit-il dans un souffle. Je savais que ce n'étais pas un rêve. Tu est revenue pour le punir, n'est-ce pas ?
- Oui, mon coeur, oui, murmura Rebecca. Oui, il sera puni, très sévèrement puni. Mais je suis aussi revenue pour toi et pour Sherlock. Pour ma famille.
- Sherlock ? Tu vas le retrouver, n'est-ce pas ? Il faut le retrouver, il faut le sauver, il faut... il faut...
Son corps était secoué de sanglots et Rebecca qui avait resserrer son étreinte autour de son corps, pouvait sentir les larmes qui coulaient sur son visage, mouiller son corsage.
- Chut, chut, calme-toi, lui dit-elle en l'aidant à se rallonger. On le retrouvera, je te promets qu'on le retrouvera.
Rebecca le regarda qui, lentement, s'endormait à nouveau. Elle fronça les sourcils. Tout cela ne lui plaisait pas. Elle l'avait sentit contre elle. Son corps était brûlant de fièvre et si maigre, si frêle. Elle l'avait sentit si fragile dans ses bras. Est-ce cela ce à quoi Sieger Holmes voulait atteindre ? Détruire cette existence par le désespoir ? Et que se passerait-il si l'on ne retrouvait pas Sherlock ? Ou si on le retrouvait trop tard ?
- Non, ce n'est pas envisageable, dit-elle en se levant.
Elle regarda tour à tour chaque personne qui se trouvait dans la pièce et dit d'une voix ferme :
- Vous m'entendez ? Ce n'est pas envisageable. Que je ne puisse pas retrouver mon fils n'est pas envisageable et quiconque...
Mais elle n'alla pas plus loin. Un cri, un appel au secours leur parvint du rez-de-chaussée.
- C'est Maggie, s'exclama John. Bon sang, que se passe-t-il encore ?
Ils ne se le demandèrent pas. Ils se précipitèrent tous hors de la chambre, hors de l'appartement et là, en haut de l'escalier, ils s'arrêtèrent stupéfaits. En bas, dans le vestibule, Mme Hudson était bien là mais elle était penchée sur un corps allongé sur le sol.
- Miranda ! cria Anthea.
Elle dévala l'escalier au risque de tomber et se jeta bientôt à genoux près du corps évanoui de sa soeur. Elle la prit dans ses bras en pleurant, en l'appelant, en la suppliant. Lentement, Miranda revint à elle. Elle ouvrit les yeux et murmura :
- Mycroft... Mycroft, est-ce que...
- Il va bien, lui dit Anthea. Oh, Miranda, pardonne-moi, pardonne-moi. Je croyais que... que... Pardonne-moi, ma soeur chérie.
- Sherlock, murmura Miranda. Sherlock, il est... il est...
Mais elle perdit à nouveau connaissance.
- Miranda ! cria à nouveau Anthea. Miranda, par pitié. Non, non... Oh, mon Dieu, elle sait où est Sherlock. Mais où est-il ? Miranda, reviens. Ouvre les yeux. Dis-moi, dis-moi.
- Saint-Christophe. Le Maître a dit et la dame est partie là-bas. Mira a dit qu'il fallait vite venir ici pour prévenir.
Anthea sursauta en entendant cette voix. Une voix enfantine. Et là, blottit dans un coin du vestibule, elle aperçut un petit garçon aux longues boucles dorées et aux grands yeux couleur d'azur. Qui était-il ? Cela n'avait pour l'instant pas d'importance.
Saint-Christophe.
Sherlock se trouvait à Saint-Christophe et s'était tout ce qui comptait.
