Merci pour vos reviews, cela me touche beaucoup.
Quel plaisir de savoir que certaines personnes attendent la suite!
L'été à Brighton
Les courriers provenant de Pemberley se firent moins nombreux et Miss Darcy pu se défaire pour quelques temps de ses obligations. Le mois de juin s'annonçait chaud à Londres et la décision fut prise de passer l'été au bord de la mer. Miss Darcy donna les ordres dans ce sens et on ferma Darcy House.
Le début de saison commençait déjà à Brighton. Les Darcy et Lady Helen étaient arrivés dans la maison familiale tard la veille au soir. La demeure était jolie, d'inspiration Normande, avec une vue imprenable sur la mer. Elle rivalisait avec d'autre bâtisses toutes aussi élégantes, non loin de la jetée et proches de toutes les attractions qu'offrait Bath à cette saison.
La maisonnée était en ébullition, les domestiques s'affairaient à monter et défaire les dernières malles et préparaient déjà les chambres des prochains invités. En effet, les Bingley devaient les rejoindre très prochainement.
George avait observé que, même loin de la rudesse de Rosings et de l'effervescence de Londres, sa sœur n'avait toujours pas repris sa tranquillité et son appétit. Il profita d'un moment seul avec elle pour lui demander:
- Allez-vous bien, ma chère sœur?
- Bien sûr George, pourquoi cette question?
- Je vous connais depuis dix-sept ans et je vois quand quelque chose vous tourmente.
- Est-ce si évident? Fit-elle plus pour elle-même, surprise d'être si transparente pour son frère.
- Felicity, voilà des mois que je vous vois en proie à des moments de grandes réflexions. Y a t'il des problèmes à Pemberley dont vous n'osez pas me parler? Je ne suis plus un enfant, et je peux vous épauler.
- Il n'y a pas de problème au domaine, je vous rassure. Et il est vrai que vous n'êtes plus un enfant. Puis après un bref moment d'hésitation elle continua:
- J'ai pris la décision de vous donner votre liberté, George. Vous n'êtes plus en âge d'avoir un percepteur ou quelqu'un pour vous chaperonner. Vous m'avez largement prouvé ces derniers mois que vous pouvez vous tenir en société et vous faire des relations dignes de vous. Dorénavant, vous pourrez vous rendre où bon vous semble sans en attendre mon consentement.
George ne s'attendait pas à ces paroles qui le concernaient lui et non sa sœur.
- Je vous remercie, Felicity et je ferais tout pour me montrer digne de votre confiance.
- Nos parents seraient fiers de vous, George. Et si la responsabilité qu'ils m'avaient confié de vous éduquer n'est pas complètement effacée, mon rôle maintenant est de vous rendre indépendant. J'ai pris la résolution de ne plus d'interférer dans la vie des autres. Dit-elle d'une toute petite voix.
George ne comprit pas à quoi la dernière phrase prononcée faisait allusion et regarda sa sœur se reperdre à nouveau dans ses pensées.
- Felicity, dites-moi ce que vous avez. Je vous sens d'humeur chagrine depuis un bon moment. Le fait que vous me libériez de mon chaperon ne me décharge nullement de prendre soin de vous, que du contraire! Je ne veux pas forcer vos confidences mais je suis prêt à tout pour vous ôter cette petite mine sur votre visage.
Miss Darcy fut touchée par cette sollicitude, George avait toujours été affectueux mais le voir se mettre à ses genoux et lui parler si doucement la fit sortir de sa réserve. Elle se mit alors à sortir toutes les larmes qu'elle avait jusque là fièrement contenues.
Il comprit bien vite, pour l'avoir vécu lui-même, que seul un chagrin d'amour ne pouvait vider quelqu'un ainsi de toute joie de vivre et emplir la tête de nombreux questionnements.
- Est-il marié? Felicity fit non de la tête sans pour autant la relever de ses mains.
- Est-il mort? Encore un signe négatif.
- Alors, si cet homme est bien vivant et disponible, qu'est-ce qui vous empêche de l'épouser? Vous êtes belle comme un cœur, riche, indépendante, cultivée...
- Parce qu'il ne m'aime pas, voilà tout. Fait-elle d'une voix lascive en laissant tomber ses mains sur ses genoux.
- Ne me dites pas que c'est le cousin Andrew!
- Ne dites pas de bêtises, George! Sourit brièvement Felicity, les yeux dans le vide.
- Comment un homme peux-t-il ne pas vous aimer?
- Parce que je n'ai pas été correcte, George. J'ai commis des erreurs de jugements et mon orgueil m'a aveuglée trop longtemps.
Elle n'en dit pas plus et son frère respecta son silence.
George, dont l'amour fraternel et son jeune âge aveuglaient en partie son jugement, n'arrivait pas comprendre comment un homme pouvait ne pas aimer sa sœur et commençait à ressentir envers cet inconnu un certain ressentiment.
