Cher journal
Chapitre 36 :
Arrêtez de martyriser ma porte par pitié, qui que vous soyez. Tant pour elle que pour moi. Elle parce que j'ai pas envie de la repayer, et pour moi pour le mal de tête. Sérieusement c'est affreux prenez pitié de moi un peu … ou de temps à autre du moins.
Sortant ma tête de sous le drap je regarde l'heure, 20h. Qui que ce soit repartez, je veux voir personne, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais après réflexion. Lâchez moi la grappe et laissez moi du leste. Je crois qu'Aziliz à trop déteint sur moi, j'aime ma liberté.
- Y'A PERSONNE ! m'époumonai-je avant de me rouler en boule sous le mal de tête.
J'ai vraiment tapé fort ou du moins je pense car j'ai jamais eut aussi mal au crâne de toute ma vie. J'ai jamais pris de cuite mais j'imagine que ça ne pourrait pas être pire … enfin je pense ou je suppose. Je tenterai pas l'expérience.
Les coups reprennent de plus belle et de plus en plus fort aussi m'obligeant à sortir de sous la couette en grommelant. Promis je torture la personne qui ose me faire lever. Passant dans le salon, j'attrape un verre d'eau et le pose sur la table basse à côté des feuilles que j'ai ramassées avant de me diriger vers le lit. Passant la main dans mes cheveux, je vais ouvrir la porte.
- C'est pour quoi encore ? grognai-je à peine la poignée abaissée. Si c'est pour des pizzas ou d'autres trucs du genre allez vous faire voir. Si c'est toi Riza, non je suis pas morte et pour les autres oubliez moi. Maintenant au revoir et
- Tu tires une drôle de tête, rigola la personne qui se trouvait face à moi. Sympa l'accueil merci.
- Mustang, tu veux bien m'oublier s'il te plait ? j'ai un mal de crâne à tout casser, je suis fatiguée et par-dessus le marché j'ai envie d'aller me cacher loin d'ici.
Rentrant sans que je l'y invite, il ferme la porte d'un coup de béquille avant de me tendre mon sac.
- Tu l'avais oublié. J'ai dut batailler avec Alphonse pour te le rapporter mais j'ai gagné, avoir trois jambes c'est pratique.
- Si tu le dis, soupirai-je en fouillant dans un tiroir avec l'espoir de trouver une aspirine. Mais à la limite ce n'était pas à toi de le rapporter enfin je crois. Bien que je le préfère tu vois parce que là j'ai vraiment pas la tête à batailler pour faire entendre raison à un con.
Se posant sur le canapé, il arrange un coussin et s'allonge de tout son long sur la banquette.
- Tu me le dis si je te gêne, soupirai-je en avalant le médicament avant de m'asseoir sur un fauteuil. Tu voulais quelque chose d'autre ?
Il tourne la tête en me regardant sérieusement. Quoi encore ? je sais j'ai une sale tête, je dois avoir l'air d'une morte vivante et des cernes sous les yeux et alors ?
- T'es vraiment d'accord pour le plan ? c'est vrai ?
J'avais oublié ça tient. Je crois que j'ai dit oui dans la précipitation et c'est tout …
- Parce que tu sais ça les a vraiment intrigués. Alphonse était encore plus méfiant que d'habitude et Ed avait l'air de vouloir me tuer. En tout cas félicitations pour le coup, t'as réussi à le brancher.
- Pardon ? moi tout ce que je vois c'est qu'il m'a encore plus cherché de noises qu'habituellement.
- Bon en tout cas, on va faire semblant de sortir ensemble ok ? mais je te préviens me frappe pas dès que je fais quelque chose que j'ai l'habitude de faire avec mes copines.
- Comme ? demandai-je lointaine. Si tu veux coucher avec moi t'oublies l'idée direct, c'est hors de question.
- Bon … je vois on ira en douceur alors.
- Mais même en douceur c'est hors de question. Bon tu m'excuses tu squattes le salon si tu veux, mais moi je retourne me coucher.
- Ah c'est donc ça qui explique ta tenue ! s'extasie-t-il.
- Ma tenue ? qu'est ce qu'elle a ?
Regardant ce que je porte, je me sens rougir rapidement avant de ramener sur moi le plaid qui trainait sur le dossier du fauteuil.
- Sympa la nuisette. Bien maintenant que t'es un peu plus réveillée, enfin j'ai l'impression, on va pouvoir parler. Mais d'abord j'ai faim, t'as pas quelque chose à grignoter s'il te plait ?
Il a pas tort … si lui a faim c'est mon cas aussi. Un grognement s'échappe de mon ventre me poussant à grimacer pendant qu'il sourit. J'ai compris, passant dans la chambre pour trouver un short, je ressors rapidement pour aller préparer à manger pour nous deux.
- Tu fais quoi ? ça sent bon ! t'as pas l'intention de m'empoisonner au moins ?
- C'est des pâtes à la Crétoise, et non j'ai pas envie de t'empoisonner, soupirai-je en coupant le feu sous la casserole. T'as beaucoup faim ?
- Une faim de loup tu plaisantes ! me sortit-il en se redressant face à la table basse.
Servant une portion plus grosse que la mienne, je lui pose son assiette devant lui avec ses couverts et un verre de limonade avant de me poser face à lui, jambes croisées sous la table.
- Tu sais Mustang, je te pensais pas si attentif en réalité, admis-je après avoir avalé une fourchette de pâtes. T'as l'air de faire attention à tout ce qui t'entoure d'une manière impressionnante … un peu trop d'ailleurs.
- Aïe tu m'en veux pour le portable ? rigola-t-il joyeux. Je t'ai déjà dis que je profitais de belles choses, c'est plutôt un compliment … enfin je crois.
- Et tu comptes faire quoi exactement pour le plan ?
- Tu verras demain, j'ai une surprise. Je pense qu'elle te plaira d'ailleurs
J'ai peur des surprises, je n'aime pas les surprises … justement parce que ce sont des surprises donc par définition je ne sais pas ce que c'est et c'est ça qui m'effraie.
- On verra, frissonnai-je. Au fait … tu veux bien m'expliquer pourquoi ton meilleur ami est si … enquiquineur avec moi ?
- Qui aime bien châtie bien, c'est parfait non ?
- T'as pas fini avec tes proverbes et tes énigmes à deux balles ? non mais sérieusement il a un sacré souci je te promets, il me ferait déprimer en un rien de temps ! rien que l'autre jour dans la salle de classe
- La salle de classe ? relève-t-il sérieux. Il s'est passé quoi ?
- Rien, soupirai-je en débarrassant mon assiette. Tu veux un dessert ? je dois avoir quelques fruits et des yaourts.
- Un yaourt c'est parfait merci. Tu ne veux pas me dire ce qu'il s'est passé hein ?
- Exactement, lui répondis-je en me posant à ses côtés avec nos deux yaourts. Tiens.
Des coups se font entendre à la porte, nous poussant tous les deux à la regarder avec surprise.
- T'attendais du monde ?
Je nie d'un signe de tête, avant de poser mon dessert sur la table basse en fronçant les sourcils. Je n'irais pas mettre ma main au feu quand à l'identité de cette personne mais j'en serais presque certaine. Si Alphonse a dit à Riza ce qu'il s'était passé dans la bibliothèque il y a fort à parier pour que ce soit elle.
- Je suppose que c'est Riza, lui murmurai-je en me levant pour aller ouvrir.
Et je supposais bien puisqu'à peine la porte ouverte, je me faisais sauter dessus par la furie aux yeux acajou.
- Alphonse m'a tout raconté ! Winry tout va bien ? tu n'es pas malade ? ta main n'est pas tombée ? ta tête va bien ? combien ai-je de doigt ? trois ? non j'en ai cinq, mon dieu faut que je t'emmène aux urgences ! vite vite et …
Et une furie de lâché et une … j'ai pas eut le temps dans placer une qu'elle avait déjà paniqué pour rien … avant de se stopper en voyant mon invité.
- Et il fait quoi ici lui ? demanda-t-elle en pointant Mustang du doigt alors qu'il regardait par la fenêtre.
Vaut mieux pour lui d'ailleurs, parce qu'avec son plan et la personne qui nous a rejoint ça risque de tourner au massacre.
- Tu vois t'es malade t'as invité Mustang ! déjà que tu lui donne des cours de Xinois d'après ce que m'a dit Al. Mon dieu Winry c'est grave ! c'est très grave même ! tu te rends compte !
- Riza ce n'est pas ça.
- Mais si c'est ça et … comment ça c'est pas ça ?
- Il est venu pour me demander le numéro de l'hôpital. Il semblerait qu'il y ait oublié quelque chose et voulait savoir si mon père l'avait retrouvé. Et en plus il m'a rapporté mon sac que j'avais oublié à la bibliothèque.
- Mais il a un yaourt à la main, s'indigna-t-elle.
- Bah oui, mon père à dit qu'il rappellerait dans la soirée, donc il est resté manger ici.
- Mustang, tu lui as rien fait j'espère ! s'énerva mon amie.
Dire que je viens de le couvrir … j'ai l'impression de faire comme pour Jean avec ses ex …
- Rien du tout Riza, du moins pas encore, qui sais … j'irais peut être lui demander de sortir avec moi, t'en pense quoi ? demanda-t-il en se tournant pour la regarder d'un air joyeux.
Ses yeux brillent, m'attirant un petit sourire dans le dos de la blonde entre nous deux. Je vois qu'il est capable de la faire enrager même s'il l'aime et surtout de la provoquer encore plus. Et l'aimer c'est peu dire, j'ai bien l'impression de ne jamais l'avoir vu aussi heureux, même si cela ne se voit pas sur son visage, c'est visible dans ses yeux. Riza se tourne vers moi rapidement me forçant à reprendre un visage stoïque.
- Rassures moi t'accepterais pas ?!
- Il t'intéresse ? lui demandai-je alors qu'elle allait continuer sa phrase
Elle me regarde, la bouche grande ouverte, les yeux exorbités, le doigt pointé sur lui. Riza t'as l'air fine comme ça. Mustang me sourit d'un air moqueur.
- C'est pas la question, se reprit-elle. Et puis d'abord je croyais que t'aimais les blonds !
- J'ai dis que j'avais une préférence pour les blonds mais on peut évoluer, c'est dans la nature des gens l'évolution. Il suffit de savoir que les hommes ont commencé à marcher à quatre pattes et que maintenant on le fait sur deux.
- Tu te fous de moi ?! c'est un crétin !
- Mais si je l'intéresse rien ne l'en empêche, m'aida Mustang. Moi je dis pas non. Et aux dernières nouvelles elle était libre de ses choix.
- J'abandonne, soupira Riza en s'appuyant sur mon épaule. Winry fait ce que tu veux, mais fais attention à toi c'est tout ce que je te demande.
Croisant son regard, j'y aperçois une lueur de peur et de souffrance, bien vite remplacée par une étincelle de folie. Le sourire reprend place sur ses lèvres.
- Bon bah j'y vais à demain Winry ! et fais attention ! tu peux le foutre à la rue en le lançant par la fenêtre si tu veux !
Sortant sans un mot de plus, elle nous laisse sur le flanc, à nous regarder comme deux idiots, avant que je me repose à ses côtés et reprenne mon yaourt.
- T'y crois toi Mustang ?
- A quoi ?
- On vient de se couvrir mutuellement, m'étonnai-je
- J'en ai bien l'impression aussi.
Il esquisse un sourire rapidement avant d'entamer son laitage.
- J'ai bien l'impression de me retrouver à South City avec Jean. J'ai l'impression de le couvrir comme avec ses ex.
- Ça veut dire qu'on devient ami tout doucement, sourit-il
- Je crois …
- Ça me dérange pas. Mais à ce compte là autant s'appeler par nos prénoms.
Ouvrant mon pot de yaourt à mon tour, je le commence en repensant au regard de Riza, j'ai bien l'impression que Mustang a raison avant de penser qu'elle me fatigue. Elle peut être sérieuse une minute et l'instant d'après repartir dans son délire comme pas deux.
- Quand je disais que c'était un ouragan cette fille, grommelai-je le nez dans mon yaourt.
- Tu disais quoi ?
- Que c'était un ouragan !
- Winry … t'as du yaourt au dessus de la lèvre
- Hein ? où ? demandai-je en m'essuyant rapidement le poussant à sourire avant de soupirer.
Posant son yaourt, il attrape le mien pour le mettre à côté du sien avant de me regarder.
- De toute façon ça devra arriver, si on applique le plan autant commencer maintenant, glisse-t-il en se penchant sur moi
- Mais tu fais quoi là ? paniquai-je.
Il s'approche de moi en me regardant dans les yeux. Mais il fait peur ce type ! ne fais pas ça Mustang, c'est pas la meilleure chose à faire ! j'arrive déjà pas à me faire à l'idée que j'ai accepté ton plan alors ne fait pas ça. Les yeux en face des miens se veulent rassurant alors que je panique, mon cœur me fait mal tellement il bat fort sous la peur, mes mains tremblent … Mustang je t'en prie oublies ton idée ! Le regardant attentivement, je me perds dans les profondeurs de la nuit, si les yeux d'Elric sont aussi lumineux que le soleil, ceux de Mustang sont aussi sombres que la nuit. Fermant les yeux de peur, je sens deux lèvres se poser sur les miennes avant de migrer pour essuyer le yaourt. Maudit yaourt je te ferais payer ça, je suis dégoutée à vie des yaourts …
- Voilà c'était pas si terrible que ça non ?
Rouvrant un œil, je le vois s'éloigner de moi en souriant.
- MAIS T'ES VRAIMENT CON TOI HEIN ? hurlai-je en me levant.
- Hein ?
Mais dans quelle galère je me suis foutue moi encore en acceptant son plan merdique ?!
