Δ Chapitre 36 : La guerre triangulaire
Lorsque le tour de garde de Ginny prit fin, ce ne fut pas Ron qui vint la remplacer comme prévu, mais Harry. Le couple s'échangea quelques mots tandis que j'observais Céleste dormir silencieusement dans un berceau que les elfes de maison de Poudlard avaient eu la gentillesse de m'apporter. Etait-ce normal qu'elle soit aussi silencieuse ? Un bébé était censé pleurer non ?
Harry finit par venir s'asseoir sur le banc en bois à côté de moi.
- Ginny n'arrête pas de dire que c'est un signe, finit-il par dire.
Je fronçai les sourcils, attendant qu'il poursuive.
- Nos enfants auraient du naitre en même temps, précisa-t-il.
Oui, si j'avais eu une grossesse normale j'aurais été à trois mois de grossesse, tout comme ma meilleure amie.
- Vous avez jeté un œil au pub dont je vous ai parlé ? M'enquis-je.
- Nous y avons envoyé un membre de la brigade magique. Un Auror aurait trop attiré l'attention. Et en effet, le lieu est particulièrement imprégné de magie et de protections. Il y a un passage, c'est évident. Nous pensons attaquer demain matin. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre encore plus de temps.
- Vous ne pourrez pas aussi tôt, dis-je en détournant le regard pour le poser sur Céleste.
Harry attendit patiemment que je poursuive.
- Il faut que vous trouviez un moyen de vous prémunir contre l'un des sorts inventés par Drago. Les masques blancs ne sont pas un simple signe de ralliement à l'organisation ou encore une manière de cacher son identité. C'est aussi une protection. Lorsque les mangemorts ont attaqué le château, Drago a lancé un sort très puissant, mettant tous nos ennemis à terre. Les membres du Triangle du sang ont été épargnés parce qu'ils portaient tous les masques.
Lorsque je relevai les yeux vers Harry, il ne semblait ni surpris, ni effrayé. Il paraissait au contraire soulagé.
- Tu es vraiment revenue… lâcha-t-il. Nous sommes au courant de cette information et tous les Aurors se méfiaient de toi étant donné que tu ne nous l'avais pas communiquée. Mais c'est à présent chose faite. Tu n'imagines pas comme je suis soulagé.
- Mais comment l'avez-vous su ? Demandai-je surprise.
- L'un des mangemorts que nous avons interrogé nous a révélé cette information. Il la détenait lui-même de Gloria.
- Vous avez donc mis en place une parade ?
- Oui, tous les Aurors porteront un bracelet spécial demain, porteur du même sort de protection que les masques.
- Il faut aussi que tu saches que Drago ne s'en servira qu'en ultime recours. Il va d'abord s'en prendre à vous dans un combat. Il ne faut donc pas uniquement compter sur l'effet de surprise du sort qui ne vous atteindra pas.
- Pourquoi attendrait-il pour le lancer si c'est aussi efficace ?
- Parce que ce sort n'est pas sans conséquences pour lui. La dernière fois, cela lui a ouvert le torse en deux et il en a gardé une grosse cicatrice.
- Ce qui veut dire que le sort est beaucoup plus puissant que nous l'imaginions. Un sorcier ne garde que rarement des cicatrices. Il faut renforcer la puissance des bracelets.
Un elfe de maison s'approcha de nous un plateau de pâtisseries dans les mains, mais nous déclinâmes tout deux poliment.
- Tu sais qu'il y aura beaucoup de procès à l'issu du combat ?
Harry était sur de l'emporter. Il n'avait visiblement pas conscience de la puissance des convictions de l'organisation et plus particulièrement de Drago. Celui-ci portait tant de haine en lui qu'il n'aurait aucuns scrupules. Il n'hésiterait même pas à mettre les membres de son organisation en danger si cela lui permettait de nuire à ses ennemis. Il n'avait rien à perdre et tout à gagner à la différence des Aurors.
- Tu devras toi aussi répondre de tes actes, ajouta-t-il en m'adressant un regard hésitant.
- Je sais, répondis-je dans un souffle presque inaudible.
- Tu n'as rien fait directement, mais tu peux être jugée coupable de certaines choses, comme d'omission ou encore de …
- Je sais Harry, le coupai-je agacée malgré moi.
- Mais tu étais enceinte, cela jouera forcément en ta faveur. Tu n'avais pas que ta propre vie à protéger mais aussi celle de ton enfant. Le plus important c'est que tu n'ais fait de mal à personne.
Je ne répondis pas. Gloria avait une nouvelle fois vu juste. Je n'échapperais pas à la justice. Et vu comme Harry essayait de se convaincre lui-même que j'allais m'en sortir, cela n'allait pas être une mince affaire. Je ne deviendrais jamais chef du magenmagot. Ma carrière dans la justice magique était terminée avant même qu'elle ait réellement pu commencer.
- Si tu as d'autres informations à me donner c'est le moment, poursuivit Harry.
- Non rien d'autre. Tu sais, Drago ne me tenait pas vraiment au courant de ce qu'il se passait. Il faisait en sorte de me mettre à l'écart. Mais il faut que vous laissiez une chance à certains de changer de camps. Je pense vraiment que plusieurs sorciers ont rejoins l'organisation parce qu'ils n'avaient pas le choix.
- On a toujours le choix, me contredit Harry.
- C'était ça ou la mort, insistai-je.
- Moi j'aurais préféré mourir.
- Tout le monde n'a pas ta force Harry.
Il détourna le regard sans répondre. Mon meilleur ami avait toujours fait preuve d'un courage incroyable depuis que je l'avais rencontré en première année à Poudlard, mais tout le monde n'en était pas capable. Certains avaient eu des familles à protéger, comme à l'époque de Voldemort. Néanmoins, si Harry pouvait être catégorique dans ses paroles, je savais que le moment venu, il saurait se montrer clément. Tout comme il avait su l'être avec la famille Malefoy. Après tout, il avait témoigné en la faveur de Drago lors du procès de leur famille après la chute de Voldemort.
Deux heures plus tard, Ron nous rejoignit et Harry quitta les cuisines de Poudlard pour rejoindre les Aurors et renforcer la puissance de leur bracelet de protection.
Ron mangea avec grand appétit le repas que les elfes nous avaient préparé. Dans mon propre cas, je me forçais à manger. Avec tout ce qu'il se passait, je n'avais pas vraiment d'appétit.
- Je m'en veux beaucoup de ne pas avoir vu tout ce qu'il se passait pour toi, lâcha-t-il au bout de moment.
- Ce n'est pas de ta faute Ron. Nous avons pris grand soin que personne ne se rende compte de rien.
- Vous êtes mes meilleurs amis et je n'ai rien vu ! J'étais trop accaparé par mon travail d'Auror. J'essayais de me convaincre que j'avais fait le bon choix.
- Comment ça le bon choix ? M'enquis-je surprise.
- Je ne suis pas fait pour être Auror. Harry a ça dans le sang, mais pas moi. J'ai tout le temps peur.
- Avoir peur n'est pas un défaut, cela te permet d'être prudent et de survivre. Tu t'es toujours montré courageux à Poudlard ainsi que dans notre lutte contre Voldemort.
- Courageux mais pas téméraire.
- Tu connais la définition de la témérité ? C'est être hardi à l'excès, avec imprudence. C'est donc une bonne chose.
- Je ne suis pas fait pour être Auror. Je le sais à présent. Je pense que cela pourrait être bien de travailler avec George au magasin. Je ne peux pas apporter la sécurité au monde magique, mais je peux faire en sorte d'aider George à faire rire notre population. C'est bien aussi d'apporter un bon de bonheur aux gens non ?
- C'est essentiel, confirmai-je en souriant.
Ron se retourna soudain en direction du berceau de ma fille en fronçant les sourcils.
- C'est normal qu'elle ne pleure jamais ? Ma nièce Victoire pleurait constamment.
- Toi aussi tu as remarqué ! M'exclamai-je. Je ne l'ai pas encore entendu une seule fois le son de sa voix. Ca se trouve elle est mu…
- Elle a déjà du pleureur pour manger non ?
Mon regard se décomposa. J'étais arrivée ici depuis un bon moment et Céleste n'avait pas demandé à manger une seule fois. Les médicomages avaient du s'en charger à Saint-Mangouste mais à présent ...
Je me levai aussitôt du banc en bois sur lequel je m'étais assise pour manger et filai en direction du berceau de ma fille, Ron sur mes talons. Les elfes de maison avaient préparé plusieurs biberons qu'ils avaient posés sur un meuble près de son berceau au cas où, mais je n'avais pas encore eu à m'en servir. Lorsque je posai finalement les yeux sur ma fille, ce que je vis me paralysa. Ron laissa échapper un hoquet de surprise, mais ne fit pas le moindre commentaire. Il devait être aussi choqué que moi, si ce n'était plus. Céleste était en train de téter un biberon qui tenait tout seul dans les airs.
- C'est vous qui faites ça ? Demandai-je subitement aux elfes autour de nous.
L'un d'eux se détacha du groupe et s'avança pour voir de quoi je parlais. Il monta sur un tabouret près du berceau de Céleste pour regarder à l'intérieur et se contenta de secouer la tête.
- Ron et moi n'avons rien fait ! Insistai-je. C'est donc forcément l'un de vous.
Il se contenta de secouer la tête une nouvelle fois.
- C'est Drago ! M'exclamai-je. Il doit savoir où je suis. Il doit avoir trouvé un moyen de…
La fin de ma phrase resta en suspens. Céleste venait de lâcher la tétine du biberon et celui-ci lévita de quelques centimètres sur le côté pour retomber mollement dans le berceau.
- Je ne pense pas que ce soit Malefoy, commenta Ron d'une voix presque inaudible. Tu as dit qu'elle avait reçu de nombreux sorts non ? Ca se trouve, elle est vraiment capable d'utiliser la magie sans baguette. Pas comme de jeunes sorciers, mais comme…
- Arrête de dire n'importe quoi Ron. C'est un bébé, son cerveau n'est même pas encore développé. Comment pourrait-elle savoir qu'elle a besoin de se nourrir ? Elle ne devrait même pas en avoir conscience.
Je sortis presque aussitôt ma baguette et tournai sur moi-même, inspectant la cuisine.
- C'est Drago, j'en suis certaine. Il ne peut peut-être pas nous rejoindre, mais il doit pouvoir intervenir à distance ! Il devait savoir que je serais une mauvaise mère.
- Tu n'es pas une mauvaise mère Hermione.
- Je n'ai même pas pensé à la nourrir ! Comment tu appelles ça toi ?
- J'appelle ça une mère débutante.
- Fleur n'aurait jamais oublié une chose pareille.
- Parce que Victoire pleurait avant même qu'elle ait le temps de songer à lui préparer son repas.
- Il faut qu'on quitte cet endroit ! Drago nous surveille, c'est lui qui fait ça, dis-je en attrapant ma fille dans mes bras.
- Non on reste là. Ce sont les ordres.
- On n'est pas obligés de les suivre stupidement ! On est en danger en restant ici.
- Absolument pas. Poudlard est notre meilleure protection et tu le sais. Si Malefoy ou les membres du Triangle du sang pouvaient entrer dans le château ou même intervenir, ils se seraient déjà manifestés.
- IL EST HORS DE QUESTION QUE JE METTE MA FILLE EN DANGER ! On a qu'à dire que tant que tu n'es pas père, ton avis ne compte pas.
- Repose Céleste dans son berceau, m'ordonna Ron d'une voix calme. On passe la nuit ici et demain on avisera si tu es toujours inquiète.
- Sincèrement Ron, est-ce que tu prendrais un tel risque s'il s'agissait de ton enfant ? Hein ? Et si c'était l'enfant de Ginny ?
- C'est sortir d'ici sur un coup de tête qui est un risque.
Je sentis soudain Céleste s'agripper à l'un de mes doigts et elle récupéra mon entière attention.
- Oh regarde, lâchai-je émerveillée.
- C'est un réflexe que les bébés ont, signala Ron. Victoire faisait ça tout le temps aussi. Elle sert fort ?
- Plutôt oui, répliquai-je en fixant mon enfant avec un sourire idiot.
- Fais-moi confiance Hermione. On passe la nuit ici et si demain tu es toujours inquiète, on avisera.
Je n'avais pas envie d'écouter Ron. J'avais envie d'écouter mon cœur et de protéger mon enfant. Pourtant, lorsque j'avais quitté la chambre d'hôtel dans laquelle Blaise et moi nous étions cachés, pour rejoindre Drago que je croyais en danger, j'avais aussi agit sous le coup de l'impulsivité. Cela ne m'avait pas franchement réussi. J'avais toujours été quelqu'un de réfléchi, mais ces derniers temps ce n'était plus avec mon cerveau que j'avais agit, mais avec mon cœur. Et à chaque fois, cela avait été une catastrophe. Comme lorsque j'avais cru que Drago changerait par amour. Ces derniers mois avaient été des échecs constants.
- D'accord, cédai-je alors.
Ron paru réellement soulagé et retourna s'asseoir face à la table où les elfes avaient posés de nombreux desserts. Après quelques secondes, je consentis à me détacher de Céleste pour la poser dans son berceau, mais je n'y parvins pas. Ce n'était pas comme si je n'y arrivais pas d'un point de vu psychique, c'était plutôt comme si une force physique m'en empêchait.
- Ron, je n'arrive pas à lâcher Céleste.
- Garde-là dans tes bras pour manger si cela te rassure, se contenta-t-il de répondre sans quitter sa tarte aux poires des yeux.
- Ron, insistai-je le cœur battant. On dirait qu'elle est collée à moi.
Cette fois, il consentit à se relever pour s'approcher de moi. Il tendit ses bras dans ma direction, toucha Céleste, mais lorsqu'il voulu la prendre complètement contre lui, il n'y parvint pas.
- Merde… mais qu'est-ce qu'il se passe.
- C'est Drago ! Tu vois je le sentais, dis-je la gorge nouée.
- Tu penses vraiment que Drago te forcerait à te coller à ton enfant ? A mon avis, il souhaiterait plutôt t'en séparer pour la récupérer non ?
Ce n'était pas faux. Ron tira une nouvelle fois sur Céleste, avec toujours plus de force, mais elle ne bougea pas. Il sortit alors sa baguette alors que je reculai d'un pas, l'air choqué.
- Je peux savoir ce que tu crois faire avec ta baguette pointée sur mon bébé ?! M'exclamai-je en le fusillant du regard.
Il leva exagérément les yeux au ciel.
- Je vérifie qu'aucun sort n'a été lancé contre elle, ou contre toi.
Il effectua en effet quelques mouvements de baguette dans notre direction, tandis que je l'observai avec inquiétude. Il finit par rabaisser son arme d'un air penaud.
- Il n'y a rien. C'est… impossible. A moins que tu mettes de la mauvaise volonté et que tu te fiches de moi depuis le début.
- Bah bien sur Ron, évidemment ! Je suis particulièrement d'humeur à faire des blagues.
- Je peux peut-être essayer ?
Nous nous retournâmes tous deux vers l'elfe de tout à l'heure qui se tordait nerveusement les mains. Après quelques secondes d'hésitation, je me baissai alors pour être à sa hauteur et l'elfe approcha ses bras de Céleste. Celle-ci poussa soudain un petit grognement de protestation et je sentis mes bras s'éloigner de l'elfe sans que je puisse y faire quoi que ce soit.
- Non d'un hippogriffe, mais c'est elle qui fait ça ! S'exclama Ron.
J'observai ma fille d'un air choqué.
- Ressaye ! Insista Ron.
Je me rebaissai alors. L'elfe tendit une nouvelle fois ses bras dans la direction de ma fille et il se produisit exactement la même chose que quelques secondes plutôt.
- C'est incroyable, lâcha Ron d'un air médusé. Mais au moins, on peut se rassurer concernant l'histoire du biberon. C'était elle depuis le début.
- Mais comment est-ce possible ? Lâchai-je en écarquillant les yeux.
- Les sorts de Malefoy j'imagine.
- Mais ils étaient censés la rendre plus puissante et pas…
- Et pas quoi ? Me coupa Ron. Elle est capable de se nourrir seule et de choisir les bras dans lesquels elle veut être. Si ce n'est pas lui donner des armes pour la rendre plus puissance ça… Elle est capable de se mettre elle-même en sécurité.
- Et elle veut rester dans mes bras, dis-je dans un murmure attendri. C'est dans mes bras qu'elle veut être.
Si j'avais ressenti de la peur quelques secondes plus tôt, j'étais cette fois totalement sous le charme de ma fille. Elle m'aimait. Un immense sentiment de bonheur me submergea et j'allai m'asseoir en face de la table pour manger mon dessert. J'avais soudainement recouvré l'appétit.
Les elfes de maison avaient installés deux lits de camps dans les cuisines pour que Ron et moi puissions dormir un minimum confortablement. Céleste avait fini par se décider à quitter mes bras pour rejoindre son berceau que j'avais installé juste à côté de moi. Je n'avais pas beaucoup dormi. J'avais passé le plus clair de ma nuit à l'observer rêver et manger. Un biberon avait rejoint magiquement son berceau à deux reprises durant la nuit, sans que je n'aie besoin de lever le petit doigt. C'était incroyable et effrayant en même temps. Comment allais-je bien pouvoir l'élever ? Que se passerait-il quand elle aurait l'âge de faire des caprices ? Comment pourrais-je la contrôler alors que je n'étais même parvenue à lui faire quitter mes bras avant qu'elle ne l'ait décidé elle-même ? Comment pourrais-je cacher ses capacités au ministère ? La seule solution qui me venait à l'esprit était de m'isoler à l'autre bout du monde, à plusieurs kilomètres du moindre humain. Si c'était le prix à payer pour que ma fille soit en sécurité, j'étais prête. De toute façon, ma carrière étant fini et ayant perdu Drago à jamais, la seule chose importante à mes yeux était ma fille. J'allais vivre pour elle. Uniquement pour elle.
Je consultai une énième fois la grande horloge de la cuisine. Il était déjà sept heures. A quelle heure l'attaque des Aurors avait-elle été prévue ? Peut-être que cela avait déjà commencé. Peut-être que c'était même déjà fini. J'entendis Ron grogner dans son sommeil et se retourner lourdement sur le côté. Il était incroyable de voir qu'il pouvait dormir aussi profondément dans de pareilles circonstances. Seule la présence de ma fille me permettait de ne pas me ronger les sangs en sachant qu'une bataille faisait peut-être rage à ce moment précis. Je vis un nouveau biberon léviter au dessus du meuble sur lequel il avait été posé et flotter en direction du berceau de Céleste. Elle avait encore faim. Incroyable. Cependant, j'eus soudain l'impression qu'un tremblement de terre secouait le sol de la cuisine et le biberon en verre tomba au sol, dans un fracas qui réveilla Ron.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?! S'exclama-t-il en se redressant dans son lit d'un air perdu.
Un nouveau tremblement secoua le sol, après quoi je me levai aussitôt pour attraper Céleste dans mes bras par mesure de précaution. Ron attrapa sa baguette en même temps que j'attrapai la mienne et nous échangeâmes un regard inquiet. Cette fois, nous entendîmes un fracas assourdissant qui sembla faire trembler le château en entier.
- Homenum revelio membres du Triangle du sang ! S'exclama Ron en pointant sa baguette en l'air.
Je le fixai la peur au ventre. Un halo lumineux éclaira la pièce pendant à peine une seconde.
- Ils sont là, lâcha Ron le visage grave. Homenum revelio Harry Potter !
Cette fois rien ne se produisit.
- Par Merlin…
Mon cœur se mit à battre violement dans ma poitrine tandis que Ron envoyait un patronus à Harry pour le prévenir de ce qu'il se passait à Poudlard.
- Il faut mettre Céleste en sécurité ! S'exclama-t-il.
Il eu à peine le temps de terminer sa phrase que je voulus transplaner. Mais ce fut en vain.
- On ne peut pas transplaner à Poudlard, me rappelai-je.
- Si. Tu avais une autorisation spéciale avec Céleste. Mcgonagall l'avait mis en place à ma demande.
- Alors c'est Drago qui m'empêche de m'enfuir ! Par Merlin ! Mais qu'est-ce qu'on va faire ?!
J'avais souvent eu peur. Presque chaque année durant ma scolarité, ensuite pendant la guerre contre Voldemort, ensuite au sein du Triangle du sang et maintenant… Maintenant c'était encore pire. J'avais Céleste dans mes bras et je ne savais pas jusqu'à quand j'aurais ce droit. Drago était venu me la reprendre et il userait de tous les moyens en sa possession pour y parvenir.
- Les élèves de Poudlard ! M'exclamai-je soudain.
J'étais tellement obnubilée par ma fille que j'en avais totalement oublié tous les jeunes sorciers et jeunes sorcières du château. J'avais mis tout le monde en danger.
- Il faut que tu ailles les protéger Ron !
- Non, je dois rester avec toi.
- Ron !
- Mon rôle est de te protéger alors arrête ! De toute façon, les Aurors ne vont pas tarder.
Je n'insistai pas davantage. L'égoïste que j'étais devenue était soulagée, dans un sens, que Ron reste dans les parages.
Nous restâmes silencieux pendant de nombreuses minutes et soudain un véritable vacarme résonna dans le château. Nous entendîmes des explosions de parts et d'autres au dessus de nous.
- Homenum revelio Harry Potter ! Lança Ron.
Cette fois, il y eu bien un halo lumineux. Les Aurores étaient là, merci Merlin. Le tableau avec la poire s'ouvrit presque en même temps. Et Ron et moi retînmes notre souffle baguette pointé en direction de… Harry.
- C'est une catastrophe ! S'exclama-t-il en accourant à notre rencontre.
Il avait de la poussière sur tout le visage et une balafre encore sanguinolente sur la joue.
- Ils sont nombreux ? M'enquis-je en resserrant Céleste contre moi.
- Non seulement les membres du Triangle du sang sont là, mais les mangemorts aussi !
- Pardon ? M'étranglai-je. Mais comment ont-ils tous su où je me trouvais ?
- Je pense que Malefoy avait deviné. Quand nous sommes arrivés dans leur château, dont le passage était bien dans le pub que tu nous avais indiqué, il était vide. J'imagine qu'ils étaient déjà là et que les mangemorts les ont suivis par je ne sais quel moyen.
- Ils devaient encore y avoir des traites au sein de l'organisation qui ont du informer les mangemorts, dis-je.
- C'est une véritable catastrophe, répéta Harry. Ils sont beaucoup trop nombreux, notre seule chance est qu'ils s'entretuent le plus possible entre eux. Mais le problème c'est que les deux camps sont à ta recherche. Enfin, à la recherche de ta fille, précisa-t-il en descendant les yeux jusqu'à elle. Il faut qu'on la fasse sortir d'ici.
- Mais où veux-tu qu'on aille ?!
- Seulement elle, corrigea Harry.
Mon regard se décomposa tandis que Ron fronçait les sourcils.
- S'ils s'aperçoivent que tu n'es plus dans le château, ils en concluront tous que Céleste n'y est plus également. Malefoy a forcément un moyen de savoir où tu te trouves, il n'aurait jamais pensé à Poudlard sur un simple coup de tête.
Mon regard descendit jusqu'à l'alliance tatouée autour de mon annulaire gauche. Et si c'était ça ? Je n'avais peut-être pas le tatouage sous le talon, mais j'en avais un sur le doigt.
- C'est une possibilité, lâcha Harry qui avait suivit mon regard. Il faut donc absolument que tu restes dans le château.
- Mais pourquoi ne pas les attirer ailleurs ?! Il y a plein d'innocents ici !
- Nous n'avons pas le temps et nous sommes déjà en train d'évacuer tout les élèves par les passages secrets. Tu dois rester. Quant à Céleste… Je pense que le meilleur endroit pour elle est le ministère.
J'adressai un regard peu assuré à Ron qui comprit aussitôt où je voulais en venir.
- Céleste fait des choses…hors du commun, dit-il alors. J'ai peur que si le ministère s'en rend compte, ils…
- Nous n'avons pas le temps de polémiquer sur le sujet ! S'exclama Harry à bout de nerf. On envoie Céleste là-bas, Ginny est déjà sur place pour la réceptionner dans le bureau des Aurors.
Si Harry y avait envoyé sa femme enceinte, c'était qu'il était persuadé que rien de mal n'arriverait là-bas.
- D'accord, cédai-je alors le cœur battant. Mais comment s'y prend-t-on ? On ne peut pas transplaner !
- Les elfes si, répliqua Harry.
Je ne m'étais même pas rendue compte qu'ils étaient tous revenus. Certainement dans le but de préparer le petit déjeuner, qui n'aurait malheureusement jamais lieu. Il en appela un au hasard et lui donna des directives précises tandis que je fixai ma fille, les larmes aux yeux.
- Allez donne-lui ! M'ordonna Harry en me désignant l'elfe qui tendait ses bras en dessous de moi.
- Je t'aime Céleste, murmurai-je à ma fille. Je t'aime plus que tout, je reviendrais vite te chercher. Je te le promets.
J'approchai ma fille des bras de l'elfe et celui-ci l'attrapa en la serrant précautionneusement contre son petit torse. J'avais espéré que ma fille m'empêche de la séparer de moi, mais ce ne fut pas le cas. Peut-être comprenait-elle qu'il en allait de sa sécurité ou peut-être que c'était un hasard. Peut-être même qu'elle m'en voulait au contraire de l'abandonner et que c'était sa manière de me le faire payer. Mais ça, je ne le saurais jamais. Je n'eus pas le temps de lui adresser un dernier regard que l'elfe disparu sous nos yeux. J'eus l'impression que mon cœur se brisait en mille morceaux. Harry
- Maintenant vous restez tous les deux ici à l'abri. Tant qu'ils ne vous voient pas sans Céleste, cela nous donne l'avantage ! Et mets ton bracelet.
Il me tendit un tissu fin que j'enroulais aussitôt autour de mon poignet et il fonça en direction de la sortie. Malheureusement pour nous, notre plan n'allait pas se dérouler comme prévu. L'un des membres du Triangle du sang que je ne connaissais que de vue, lança un sort contre Harry qui fut éjecté à plusieurs mètres dans la grande cuisine. Je profitai de l'état d'hébétude du sorcier en me voyant, pour lui lancer un sort qui l'immobilisa aussitôt.
- On ne peut pas rester là, intervint Ron tandis qu'Harry se relevait. Nous n'avons aucune échappatoire, aucune porte de sortie si quelqu'un d'autre vient à notre rencontre.
Il avait raison, nous devions absolument nous cacher autre part.
- La salle sur demande ? Proposai-je.
- C'est le premier endroit où Malefoy ira te chercher, me contredit Harry.
- La cabane d'Hagrid ?
- Mais c'est pareil ! S'exclama Harry d'un ton exaspéré.
- La forêt interdite ? Proposa à son tour Ron.
- Beaucoup trop exposé ! Et de toute façon, on n'arriverait pas à faire sortir Hermione du château discrètement. Tout le monde aura le temps de la voir.
- AVADA KEDAVRA !
- PROTEGO, lançâmes mes amis et moi à l'unisson.
La puissance de notre sort combiné envoya le mangemort s'écraser contre le mur dans le couloir, le laissant inanimé.
- Mais qu'est-ce que vous faites encore là ?
Mcgonagall passa par l'ouverture du tableau, Neville à sa suite et nous toisait d'un air scandalisé.
- Où est l'enfant ? Ajouta-t-elle en jetant des coups d'œil inquiets aux quatre coins de la pièce.
- En sécurité, répliqua Harry. Hermione doit absolument demeurer dans le château, où pouvons-nous la cacher ?
- Etant donné que nous sommes déjà à l'étage inférieur, les cachots lui éviteraient de remonter et de croiser trop de monde.
- Les cachots ? Répéta Ron comme s'il trouvait cette solution totalement stupide.
- Il y a un important dédale de couloirs.
- Ah bah ça c'est sur, on risque de se perdre ! S'exclama-t-il
- Nos ennemis également, signala-t-elle.
- Elle a raison, Neville tu y vas avec elle ! Ordonna Harry. Ils s'attendent tous à ce que Ron ou moi soyons avec toi, ajouta-t-il à mon attention. Neville est un ami, mais ils ne penseront pas tout de suite à lui.
Ce dernier acquiesça avec détermination et je hochai la tête à mon tour.
Nous sortîmes alors tous les cinq précautionneusement de la cuisine et nous séparâmes à l'ange d'un couloir. Neville et moi accélérâmes le pas, baguette bien en main et à l'affut du moindre son qui aurait pu nous signaler une quelconque présence. Lorsque nous atteignîmes enfin les cachots, nous n'entendîmes plus que des bruits sourds provenant de la bataille qui faisait rage deux étages plus haut.
- Comme au mon vieux temps, laissa-t-il échapper à voix basse en m'adressant un regard encourageant.
Je me contentai de lui rendre un faible sourire.
- Robards est mort.
- Le chef des Aurors ?
Il hocha la tête.
- J'imagine que c'est Harry que tout le monde va écouter et suivre maintenant. C'est logique.
- Qui a tué Robards ?
Neville ne répondit pas et je sus que mon intuition avait été bonne. C'était Drago. Après tout, quelle meilleure preuve de son détachement au ministère que de tuer son ancien chef ?
- Quelqu'un vient, souffla soudain Neville d'une voix presque inaudible.
Nous reculâmes de quelques pas, le plus silencieusement possible, baguettes pointées face à nous. Un sorcier apparu soudain face à nous et Neville eut juste le temps de voir le masque du Triangle du sang avant de lui lancer un sort pour l'immobiliser.
- Il ne faut pas le laisser dans l'angle du couloir, il va attirer l'attention du prochain qui arrivera, me lança Neville.
Alors qu'il amorçait un pas en direction du sorcier sur le sol, deux mangemorts nous firent face. Neville et moi réagîmes au quart de tour. Ce fut malheureusement également le cas de nos deux ennemis qui se protégèrent aussitôt. L'un des sorts me frôla l'oreille et je laissai échapper un hurlement de rage. Un Auror apparu brusquement derrière les deux mangemorts et les immobilisa aussitôt, à mon grand soulagement. Il me toisa pendant quelques secondes d'un air incertain et s'approcha de moi pour m'attraper les deux bras. Neville le repoussa violement et lui pointa sa baguette dessus.
- Je voulais juste vérifier qu'elle avait bien son bracelet, commenta l'Auror en levant sa baguette en l'air en signe de capitulation.
Je relevai ma manche droite et lui montrai le bracelet en tissu.
- Il faudrait que Drago utilise le sort, commentai-je. Cela mettrait au moins les mangemorts hors d'état de nuire.
- Je ne suis pas sûr qu'il en ait envie, répondit l'Auror.
Je lui adressai un regard surpris.
- Il a l'air ravi de cette bataille.
Il y avait clairement un ton de reproche dans sa voix, mais je ne répondis rien. Après tout, tout était de ma faute. Mon amour pour Drago avait mis tout le monde en danger.
- Restez ici, c'est une bonne idée que vous avez eue. Je vais me poster vers l'entrée des cachots, comme ça si quelqu'un vient…
Il n'attendit pas une quelconque réponse de notre part et fila en direction du couloir par lequel il était arrivé.
- Avada Kedavra !
Le sort fusa dans le dos de Neville qui tomba à plat ventre.
- Stupefix ! Criai-je alors à l'attention du meurtrier en me retournant le cœur battant.
Le sorcier portant un masque contra mon sort avec une facilité déconcertante.
- Bonjour Hermione.
C'était Pansy Parkinson ! Elle ne réattaqua cependant pas.
- J'avais tellement hâte de te retrouver, déclara-t-elle.
- Stupefix !
Un sort fusa de derrière moi en direction de Pansy qui le contra tout aussi facilement que le mien quelques secondes plus tôt. L'Auror qui nous avait aidés précédemment engagea alors le combat avec elle, tout en me faisant signe de m'enfuir. Ce que je fis. Je courus dans le dédale de couloir à en perdre haleine.
- Là ! Hurla-t-on sur ma droite.
J'immobilisai un autre sorcier portant un masque d'un sort précis et poursuivis ma course, tout en évitant les sorts qui me loupaient de justesse. J'allais mourir. J'allais mourir et laisser Céleste à la merci du ministère dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, elle serait soit tuée par les mangemorts, soit récupérée par le Triangle du sang. Un nouveau sort frôla ma tête et percuta le mur qui s'effondra sous le coup. Par chance, cela bloqua l'avancée de mes poursuivants et je pus prendre de l'avance. J'arrivai bientôt au niveau des escaliers menant à l'étage supérieur et je n'eus pas d'autre choix que de les emprunter. Néanmoins, je dus remonter encore d'un étage supplémentaire, car un mangemort s'était élancé à ma poursuite. Lorsque j'arrivai finalement au rez-de-chaussée du château, il y régnait à cahot sans nom. Le sort manqué d'un mangemort contre un membre du Triangle du sang passa juste au dessus de ma tête. Je vis Ron un peu plus loin, aux mains avec un autre membre de l'organisation. D'autres Aurors tentaient de faire reculer six mangemorts et ces derniers reçurent d'ailleurs des sorts puissants dans le dos, provenant de membres du Triangle du sang. Je vis près de la grande porte d'entrée du château Denis Crivey se battant aux côtés d'Harry. Il n'avait plus son masque et j'eu juste le temps de jeter un coup œil à ses poignets pour voir qu'il portait l'un des fameux bracelets de protection. Mon meilleur ami m'avait écouté et avait laissé à certains membres de l'organisation l'occasion de rejoindre le bon camp. Un sort toucha le mur près de moi et je m'en écartai vivement pour éviter aux tableaux et aux briques de me tomber dessus. En reculant, j'heurtai néanmoins un sorcier qui se retourna en même temps que moi. C'était un membre de l'organisation. La baguette qu'il leva vers moi semblait cependant hésitante et je décidai de sauter sur l'occasion.
- Tu peux nous rejoindre ! Tu peux faire le bon choix, insistai-je sans pour autant baisser la baguette que je pointais sur lui.
- Tu sais bien que non, j'ai un grand nombre de morts à mon actif, répliqua Conor dont je reconnus aussitôt la voix.
- Je ne suis pas toute blanche non plus, mais….
- PROTEGO ! Hurla-t-il soudain.
Le sort qui allait m'atteindre dans le dos fut stoppé par Conor. J'aurais voulu le remercier mais il reçut lui-même un sort le faisant virevolter à l'autre bout de la salle.
- TRAITRE !
La voix de Daphné ! Je me retournai vers la concernée qui semblait le fixer à travers son masque. C'était certainement elle qui l'avait touché. Le visage de la jeune fille bifurqua vers moi et contre toute attente elle baissa quelque peu sa baguette. Son geste ne présageant rien de bon, je me retournai et je le vis enfin. Drago, avec son masque unique, n'était qu'à une dizaine de mètres de moi. Je pouvais presque deviner le sourire mauvais qu'il avait certainement accroché aux lèvres. On me tira presqu'aussitôt par le bras pour me forcer à m'engager à l'intérieur de la grande salle.
- Mais qu'est-ce que tu fous là ! S'exclama Harry tout en stoppant un sort lancé dans notre direction.
- Je n'avais pas le choix, j'étais encerclée en bas ! Stupefix !
Le mangemort visé s'écroula. Harry qui n'avait pas lâché mon bras, me força à m'enfoncer davantage dans la grande salle, tout en nous collant au mur derrière nous. Je vis Drago entrer à son tour dans la grande salle et plusieurs mangemorts lancèrent des sorts dans sa direction. La spécificité de son masque le mettait sur la liste des priorités. Drago les désarma à l'aide d'un membre de son organisation et pointa soudain sa baguette en direction du plafond.
- Il va lancer le sort, lançai-je à Harry qui ne m'avait toujours pas lâché.
Mon meilleur ami rencontra le regard de Ron à l'autre bout de la salle et fit un signe de la tête. Ils faillaient qu'ils profitent de l'effet de surprise qu'ils allaient avoir. Drago ne s'attendait pas à ce qu'on résiste tous à son sort, si tenté qu'on y résiste bien. Le bras de Drago fit de larges cercles en l'air, comme la première fois que je l'avais vu faire et soudain une puissante vague se répercuta contre tous les murs du château, traversant nos corps. Tous les mangemorts présents tombèrent aussitôt au sol, mais pas les Aurors. Drago tomba à genoux, surement sous le coup de la douleur que lui avait infligé son sortilège et observa la salle d'un air scandalisé. Même les membres de l'organisation se stoppèrent pendant quelques secondes pour constater que nous n'avions pas été touchés. Les Aurors profitèrent de l'effet de surprise et de nombreux membres de l'organisation tombèrent sous le coup de leurs sorts. Drago parvint à se protéger de l'un des sorts de justesse, tandis qu'il laissait échapper un hurlement de rage. Il se releva en arrachant son masque de son visage et il plongea son regard haineux dans le mien. Si jusqu'à présent, je n'avais pas été totalement sure de sa volonté de me tuer, je l'étais à présent. Jamais il n'avait eu un tel regard à mon encontre. Il s'élança dans ma direction et Harry s'écroula soudain à côté de moi à cause d'un sort lancé par un membre du Triangle du sang. Alors que je me préparai à me protéger de l'attaque de Drago qui n'allait pas tarder, il s'effondra au sol à seulement quelques mètres de moi. Un hurlement de douleur déchirant raisonna dans toute la salle. Les membres de l'organisation présents dans la grande salle tournèrent brièvement la tête dans sa direction avant de s'en prendre plus violemment encore, si c'était possible, aux Aurors autour d'eux. Drago, étendu à plat ventre sur le sol, releva la tête dans ma direction. Ses yeux injectés de sang rencontrèrent de nouveaux les miens. Il finit par parvenir à se redresser sur ses pieds tandis que je resserrais ma prise autour de ma baguette, toujours pointée dans sa direction. Il leva également la sienne vers moi. Nous étions si proche l'un de l'autre que j'étais certaine que je pouvais toucher sa baguette de la mienne si je faisais deux pas de plus.
- HERMIONE ! Entendis-je Ron hurler de l'autre bout de la salle.
Il fallait que j'agisse, il fallait que je le mette hors d'état de nuire. Il fallait que je le fasse pour Céleste ! Je sentis une larme couler le long de ma joue. Je voulus alors finalement ouvrir la bouche, mais ma voix resta bloquée dans ma gorge. Je vis les vêtements de Drago dégouliner de sang sur le carrelage de la grande salle. Son torse avait du se rouvrir. Il avait d'ailleurs l'air d'atrocement souffrir. Même si je lui lançai un simple stupefix, il en mourrait peut-être, étant donné l'état de faiblesse dans lequel il semblait être.
- Tue-moi, murmura-t-il alors contre toute attente d'une voix faible. Tue-moi mon amour, c'est la seule solution.
Ma vue se brouilla et de chaudes larmes glissèrent le long de mes deux joues.
- Je t'aime et je te pardonne ton futur geste. Tue-moi maintenant, insista-t-il.
Son regard auparavant haineux s'était transformé en un regard implorant et désolé. Ma main tremblante lâcha soudain ma baguette. J'avais l'impression qu'un pic glacé venait de me traverser le dos. Je sentis mon corps se paralyser peu à peu tandis que le regard de Drago se décomposait. Il laissa échapper un hurlement de rage et alors qu'il tendait sa baguette en direction d'un point dans mon dos, un sort le toucha en pleine nuque. Drago et moi tombâmes en avant dans un même mouvement et lorsque je sentis ma tête s'écraser lourdement sur le carrelage froid dans un craquement désagréable, ma main effleura la sienne.
Avant que tout le monde crie au scandale, ce n'est pas le dernier chapitre de l'histoire. Vous pouvez donc respirer ahah
