Un chapitre court, je sais, et ce n'est aps innocent. Il 'clôture' un certain point... Car avec le chapitre suivant, on attaquera un nouveau pan de l'histoire. Vous ne croyiez tout de même que tout allait être beau et rose pendant longtemps, nan ? Allez, un peu de drame n'a jamais tué personne XD (oui je suis en mode sadique aujourd'hui XD).

20 février, dans un appartement confortable de Tokyô. Si l'on poussait la porte, on pouvait sans peine entendre les sons produits par un jeune homme qui s'exerçait durement à la basse. C'était à peu près poétique, si l'on mettait de côté le fait que l'on entendait de temps à autres un 'couac' encore peu gênant, mais surtout suivi d'un « et merde ! » systématique. Et chaque fois, suivait un petit éclat de rire lancé depuis la pièce à côté. Et la première personne renchérissait d'un « oh, ça va, toi là-bas ! » faussement agacé. Le pauvre Nakamaru travaillait en effet très dur, mais avec l'emploi du temps surchargé qu'il avait, apprendre à jouer correctement était quelque peu compliqué... Et il avait l'impression de stagner, depuis quelque temps, d'où son agacement légitime lorsqu'il se trompait. Ca amusait beaucoup Tetsu, en tout cas. Il aimait bien voir Nakamaru perdre patience, c'était assez rare pour que ça vaille le coup d'être vu.

Le premier était dans la chambre de Tetsu, assis sur le lit, et il s'exerçait donc. Tetsu quant à lui, était dans le salon, sans doute occupé à quelque tâche concernant la tournée prochaine... Car non content d'avoir mené une grande tournée qu'il achevait à peine, il enchaînait avec une autre presque dans la foulée ! Et une tournée qui passerait par de grands lieux en Asie, ainsi que par une date en Europe, cette fois. Peu de dates, mais de gros enjeux, et de grands moyens déployés. C'est dire si Tetsu était sérieux à propos de cela. Ceci étant, il avait deux mois pour tout penser et repenser. Le prochain concert ne serait pas avant fin avril. Certes, il ne se tournerait pas les pouces jusque là, mais enfin, il pouvait au moins souffler un peu, en arrêtant d'aller à droite et à gauche... Dans la chambre, Nakamaru continuait toujours à jouer, mais il se trompa une nouvelle fois, au bout de plusieurs minutes.

Ah bon sang, j'en ai marre !

Nouveau gloussement instantané de l'autre côté, qui fit disparaître en un clin d'oeil l'élan colérique de Nakamaru. Il fit cependant semblant de s'offusquer, et tout en reposant l'instrument à sa place, il s'écria, assez fort pour être entendu :

Ah toi, hein ! Je te défends de te moquer ! Et d'abord, tu te moqueras quand tu sauras au moins faire cuire du riz convenablement !

Quel est le rapport ? S'écria Tetsu, étonné.

Aucun, y en a aucun ! concéda Nakamaru en riant, avant de venir dans le salon. Quoi que si tu pouvais t'améliorer en cuisine, ça m'éviterait de craindre pour ma vie régulièrement...

Je suis si nul que ça ? Bouda Tetsu.

Ca m'ennuie de te le dire comme ça, sans ménagement, mais... oui.

Oh...

Mais on ne peut pas être bon partout, va. Ce n'est pas bien grave. Simplement, je me demande comment tu as fait pour survivre tout ce temps.

Tetsu se contenta de sourire. C'est vrai qu'il était mauvais dans ce domaine, c'était indéniable. Même les choses les plus simples devenaient infectes, entre ses mains. On ne peut pas être bon partout, disait-il ? Et puis au moins, la plupart du temps, c'était Nakamaru qui cuisinait, quand ils mangeaient ensemble. Et contrairement à lui, le jeune homme était un fin cuisinier. Ca n'était pourtant pas une réelle passion, mais le fait est qu'il était doué pour la cuisine. Et Tetsu qui ne savait pas y faire, aimait bien manger, en revanche. Donc il avait droit à des plats délicieux, et pas plus tard que ce soir encore... Quand Nakamaru arriva dans le salon, il sourit en voyant juste les pieds de Tetsu dépasser, de là où il était. Car le bassiste avait un canapé extrêmement confortable, des fauteuils très bien, et même un pouf... Pourtant il aimait s'allonger par terre. Sur l'épais tapis placé sous la petite table. Il se callait dessus, à côté du canapé, et il était bien. Quelqu'un serait entré à cet instant, il aurait trouvé ça comique, mais si Tetsu était bien ainsi... Nakamaru lui, préférait le canapé. Donc souvent, il se mettait juste au-dessus de lui, à plat ventre, comme cela il pouvait le voir. Là encore, il voulut gagner le canapé mais en passant devant, Tetsu attrapa sa cheville et le fit basculer sans ménagement. Nakamaru battit vainement des bras pour rétablir son équilibre, retenant ainsi une injure de surprise, et il s'étala sans douceur sur Tetsu, couché sur le dos par terre.

Et ben, t'es pas léger ! S'exclama le bassiste en le réceptionnant.

Mais t'es pas bien, toi ! S'écria Nakamaru, dont le coeur battait rapidement. J'ai failli me ramasser !

Mais non, j'avais prévu de te rattraper.

Ah super, tu voulais amortir ma chute, toi qui est musclé comme une serpillère ?

Pas gentil...

Tu admettras qu'il me faut des nerfs solides, pour te supporter.

Le pauvre Nakamaru était en effet d'un calme à toute épreuve, il faut le reconnaître. Car il était réputé pour être autant farceur que moqueur... Mais en fait, il avait trouvé son maître avec Tetsu. Le bassiste ne reculait devant aucune plaisanterie, partant du principe que tout pouvait être tourné en dérision. Aussi faisait-il souvent les frais de ses taquineries... mais il le lui rendait bien, soyons justes. Une fois qu'il réalisa qu'il était toujours à moitié vautré sur Tetsu, il soupira pour la forme, et tenta de se relever... Mais deux mains le maintenaient fermement contre le corps du bassiste étendu sous lui. Le jeune homme eut un large sourire, comprenant la situation :

Ah je vois... C'était un plan, en fait...

J'ai gagné, triompha Tetsu en l'embrassant.

Ca n'aura pas été plus simple, de demander, dis ? Demanda Nakamaru avec amusement.

Sans doute, mais moins drôle...

Relativement impatient tout à coup, Tetsu glissa ses mains sous la chemise de son amant, caressant ainsi son dos... Il ne fallait pas être très très intuitif pour comprendre ce à quoi il pensait. Et pas contrariant, Nakamaru se fit un plaisir de se laisser faire, répondant à ses baisers et commençant même à le déshabiller. De fil en aiguille et vue la situation, Tetsu se laissait de plus en plus faire, évitant de se montrer trop brusque... Mais forcément, à un moment donné, Nakamaru arrêta tout, les joues rouges. Le bassiste se mis à lui caresser doucement les bras pour le rassurer :

Tu n'es pas obligé... lui murmura-t-il.

C'est que... Je ne sais pas comment faire...

En disant cela, Nakamaru regardait ailleurs, se mordillant la lèvre, un peu honteux. Mais il n'y avait pas de quoi l'être, après tout. C'était 'facile', pour Tetsu, qui avait une certaine expérience en la matière... Mais Nakamaru, lui, était toujours au stade de la découverte... Et jusque là, il n'avait jamais vraiment agi... Il était donc facile de comprendre que cela le bloque un peu. Naturellement, Tetsu en avait envie. Mais pour rien au monde il ne l'aurait pressé. Alors si Nakamaru ne voulait pas, et bien tant pis... Il tenta cependant de dérider la situation :

Ca tombe bien, je suis fourni avec le mode d'emploi.

Le jeune chanteur sourit, un peu rassuré. Après tout, il n'y avait pas de quoi s'angoisser. Que redoutait-il, au juste ? Tetsu était adorable et patient... Il n'y avait pas de quoi avoir peur. Il fallait juste qu'il se laisse un peu aller, et qu'il arrête de s'angoisser... Alors il hocha la tête timidement et inspira, comme s'il s'apprêtait à sauter dans le vide. Et lentement, il reproduisit les gestes dont avant, il était été destinataires... Tous ces gestes que Tetsu avait pour lui, sa façon de faire... Tout cela, il le combinait avec ce que son instinct lui commandait de faire, avec une lenteur démesurée, tenant au fait qu'il avait peur de mal faire. Parfois, Tetsu guidait ses mains ici ou là, juste ce qu'il fallait pour le rassurer... Et Nakamaru lui offrait un sourire reconnaîssant, heureux de leur complicité et de l'accord parfait qu'il régnait entre eux. C'est avec de multiples précautions qu'il finit par entrer en lui, en s'arrêtant de respirer l'espace de quelques secondes. Et lorsqu'il entendit Tetsu étouffer un cri, il s'arrêta, paniqué. Le bassiste posa une main sur sa joue et, haletant, il tenta de le rassurer encore :

Ne t'en fais pas... Tout va bien...

Juste le fait qu'il n'était plus habitué, et que Nakaamru était encore un peu maladroit... Mais ce n'était absolument rien comparé au bonheur qui submergea le bassiste à cet instant. Ca faisait un tel effet... Ca n'avait rien d'une simple question physique. C'était aussi la preuve que leur relation se solidifiait chaque jour un peu plus... Et que Nakamaru devenait très à l'aise. Il osait plus de choses, il n'y avait plus de distance entre eux... En fait, Tetsu trouvait que l'expression 'trouver sa moitié' correspondait bien, dans ce cas. Il sentait très complémentaire de lui, et maintenant, il n'imaginait pas la vie sans lui. Et tout ça trouvait une illustration -certes pas la seule-, en ce moment. Là, Nakamaru avait pris de l'assurance, et cette nouvelle étape franchie pour lui, se répercutait sur eux deux. Tetsu en était très heureux. Nakamaru, grisé par les gémissements qu'il provoquait, se laissa aller davantage, même si ses coups de reins n'étaient guère rapides... Il voulait juste lui donner autant de plaisir que possible, autant qu'il en ressentait quand les rôles étaient inversés... Et bizarrement, à mesure que le temps passa, la peur qui l'envahissait complètement au début, disparut petit à petit. L'angoisse se transforma et laissa la place à une sorte de trance bizarre, de laquelle Nakamaru ne voulut surtout pas sortir. Il se pencha un peu pour trouver les lèvres de son amant, et le baiser passionné qu'il reçut acheva de le rassurer quant à la tournure des évènements. Ce fut même Tetsu qui lâcha prise le premier, emporté dans un tourbillon de sensations qu'il n'avait plus ressenties depuis très longtemps... Et enfin, Nakamaru le rejoignit peu après, cette vision achevant de lui faire perdre le contrôle.

La suite des évènements fut assez comique. Car passer du tapis du salon au lit de la chambre... Certes, cela représentait juste quelques mètres... Mais à cet instant, cela leur paraîssait carrément insurmontable... Il leur fallu bien de la volonté pour se relever et y aller. Et jamais ils ne furent si rapides à se mettre sous la couette. Le sommeil les gagna bientôt, sereinement. La journée avait été classique, mais la soirée valait de l'or. L'expression 'être sur un petit nuage' prenait tout son sens... Et tant mieux, s'ils en profitaient... Car le lendemain matin, une certaine lettre apporterait un vent plutôt glacial sur tout cela...