Hello ! Petit message en début de ce chapitre !
Tout d'abord, bonne année ! J'espère que vous avez passé de bonnes vacances et fêtes. Ensuite... Je tiens à présenter mes excuses pour ce retard inacceptable. Je dois avouer que j'avais un peu décroché, du fait de mes études et de ma feignantise. Tout ça pour vous dire que vos reviews sont l'un des moyens les plus directs pour me remettre à l'écriture. La preuve en est qu'hier, ou avant hier, bref, j'ai jeté un oeil à ff, et l'heure d'après je reprenais ce chapitre, délaissé depuis un bon bouts de temps.
Donc merci beaucoup pour vos encouragements !
Je ne vais pas prendre le risque de promettre une publication régulière, ça fait déjà trois ou quatre fois que je me parjure xD. D'autant que je dois préparer un concours, donc ça va peut-être être chaud. Mais je vous promet de ne pas oublier nobless. Même si vous devez attendre six mois pour le prochain chapitre, vous l'aurez !
J'en profite pour dire bonjour aux petits nouveaux ! Je suis très contente que nobless plaise à autant de monde !
Voili voulou...
Merci pour votre fidélité ! J'espère que ce chapitre vous plaira !
Chapitre 36 : Un nouveau serveur à l'hôtel
Ladislas serra la main que lui tendait Casimir avant d'étreindre Zoran, dont les yeux onyx brillaient anormalement. Derrière eux, Aaron et Sofia souriaient tendrement, eux même attristés par le départ du jeune Grindelwald.
Comme prévu, Ladislas avait passé une semaine à Kastell Moros. Sa première surprise avait été la poussée de croissance de Zoran, qui avait dû gagner une vingtaine de centimètres depuis l'été. Il s'était même amélioré en anglais et pouvait communiquer plus facilement à présent avec le blond cendré qui en avait été ravi. Si la première heure aux côtés du jeune Casistos avait été épuisante, tant par le débit de Zoran que par l'intensité de leur lien mental qui avait redoublée du fait de leur proximité, il avait été néanmoins ravi de cette semaine.
Avec l'aide de son grand-père, Zoran avait fait d'immenses progrès en magie, dont il avait pu montrer les fruits à Ladislas. Le blond cendré avait sincèrement été bluffé par la capacité de son jeune ami à travailler aussi facilement la magie, qu'il n'avait jusqu'alors pas connu. D'un autre côté, il reconnaissait par moment la marque de sa propre magie, comme une vieille odeur qui ne se serait pas totalement estompée, ce qui l'avait d'autant plus étonné. Le jeune Grec avait un don pour s'approprier la magie de Ladislas, pour la contrôler, à un niveau bien différent de ce que pouvait faire Sheshir avec la magie de Selena. Certes Sheshir était un chat, mais il doutait que ce soit là la première explication à ce phénomène.
– Reviens quand tu veux, fit Sofia en lui adressant un sourire chaleureux, qu'il lui rendit aussitôt.
Il appréciait la mère de Zoran, et même son oncle. Seul Casimir pouvait parfois le déstabiliser par un regard trop appuyé ou une remarque sur la banalité d'un sortilège sombre. Le vieillard n'avait pas appris de ses erreurs du passé, et ne s'était jamais détaché de la magie noire. Il avait même expérimenté de nouvelles voies dans l'espoir de briser la malédiction qui pesait sur sa descendance. Ladislas espérait qu'à présent que Zoran était capable de magie, son grand-père arrêterait une bonne fois pour toute toute forme de magie noire. Toutefois, il semblait plus réaliste d'espérer seulement du vieil homme qu'il ne corrompe pas son petit-fils et se tienne à la magie blanche dans son enseignement.
C'est dans cette optique que l'ancien anglais avait fortement vanté la qualité de Poudlard en termes d'éducation auprès de Sofia. La mère de Zoran avait à chaque fois acquiescé, mais aux vues des grimaces de son père, qui avait étudié à Durmstrang, elle n'avait pas ouvertement pris position, arguant que l'avis de Zoran était le plus important.
Ce dernier était bien le seul à ne pas s'apercevoir des tensions, certes mineures mais réelles, qui existaient entre son grand-père et Ladislas. Le tout nouveau sorcier semblait aveugle aux petites piques que lançaient Casistos sur la banalité de la magie blanche et son manque d'originalité. « L'impasse n'existe pas dans la magie noire, car tout y est possible » avait-il lancé un matin alors que Ladislas tentait d'expliquer les fondamentaux de l'arithmancie. Le blond cendré n'avait pas relevé, mais il avait presque entendu l'écho du rire de son grand-père - Grindelwald - dans sa tête.
Il allait d'ailleurs le voir, avant de se rendre en Italie chez Leonardo et sa famille. Même si son meilleur ami l'avait prévenu de la mauvaise ambiance qui régnait à l'hôtel familial, Ladislas était ravi d'y passer une semaine. Son seul regret était de ne pas rentrer au Domaine Dumbledore pour voir Skeeny, mais il en aurait l'occasion lors des vacances de Noël.
Après une dernière étreinte, Ladislas se transforma en phénix, attrapa d'une patte sa valise et s'envola d'un coup d'aile vigoureux, sous les exclamations de Zoran. Profitant du souffle marin, il s'éleva rapidement avant de prendre la direction du nord-ouest.
Il avait été impressionné par l'endurance qu'il avait sous sa forme d'animagus lorsqu'il avait volé jusqu'à Kastell Moros, depuis Poudlard. Accompagné de Levi, il avait volé pendant presque deux jours ( ? tu penses quoi de cette durée pour un oiseau rapide ?) sans ressentir la moindre fatigue à l'arrivée. De même, sa valise, lourde pourtant, semblait aussi légère qu'une plume, et il n'éprouvait nul besoin de changer de serre pour la porter.
Lorsqu'il volait, Ladislas pouvait oublier tous ses préoccupations. La menace de la directrice
- il avait à ce sujet beaucoup étudié cette semaine pour rattraper son retard -, l'étrange comportement de Aleksander à son égard, la mauvaise influence de Casistos sur Zoran, les problèmes familiaux de Leonardo… Tout cela lui apparaissait comme secondaire devant la magnificence du monde qu'il survolait.
En revanche, lorsqu'il voyait les forêts rasées pour que des bâtiments informes les remplacent et polluent l'atmosphère d'une fumée pestilentielle, une colère sourde s'emparait de son cœur et une voix, pareille à celle de Gellert, venait lui souffler à l'oreille de réduire à néant ces constructions moldues, de préférence dans un tel chaos que personne n'oserait plus s'aventurer dans ces lieux qui redeviendraient des sanctuaires pour la nature.
Cette voix, qui parfois l'effrayait par la violence de ses propos, semblait ronronner lorsqu'en histoire de la magie, le professeur évoquait une ville sorcière ou même un monument qui avait été détruit par les moldus. L'indignation que ressentait alors Ladislas, s'imaginant Poudlard en proie aux flammes, ou bien le quartier parisien méthodiquement démoli par une foule hurlant « hérétiques » tout en construisant des bûchers dans les grandes places publiques.
Son esprit se détourna de ces sinistres pensées lorsqu'il fut gentiment percuté par un volatile légèrement plus grand que lui, qui n'était autre que Levi. Ladislas émit un cri de surprise mêlée de joie avant de plonger vers le sol à une vitesse vertigineuse, suivie de près par l'aigle qui adorait les compétitions que leur offrait la forme d'animagus du blond cendré.
Il s'engagea rapidement une course effrénée entre les deux oiseaux qui ne s'acheva que trois heures plus tard, lorsque Ladislas reconnut le petit village qu'il avait l'habitude de traverser pour se rendre à Nurmengard.
L'un des avantages secondaires de sa forme était qu'il n'avait plus à déranger Sheshir pour se rendre sur l'île, qu'il atteignit en une dizaine de minutes. D'ailleurs, nota-t-il, même du ciel, l'île n'avait rien de charmant, et paraissait n'être qu'une terre dévastée qu'on aurait abandonné après y avoir mis feu. Écartant largement les ailes pour perdre de la vitesse, Ladislas s'approcha de l'unique bâtiment dont il longea la façade principale, cherchant dans les étroites ouvertures la cellule de son grand-père. Il finit par la trouver et s'engouffra difficilement dedans.
Ses yeux s'habituèrent aisément à l'obscurité de la geôle et trouvèrent rapidement la forme endormie de son grand-père, roulée dans un coin sous une couverture qui ne devait pas l'aider à se réchauffer contre l'humidité glaciale qui imprégnait la prison. Se posant silencieusement sur le sol pavé, Ladislas retrouva forme humaine, et observa, non sans émotion, son grand-père, que pour une fois, rien ne séparait de lui.
Il était assez formidable que dans des conditions de vie aussi précaires et insalubres, l'état de Gellert ne se dégrade pas. Certes sa peau était sillonnée de nombreuses rides, son corps était décharné et ses yeux présentait un voile, conséquence de ses années vécues dans la pénombre, mais il ne paraissait pas non plus comme un squelette qui se décomposerait tout en s'accrochant désespérément à une vie de souffrance.
D'ailleurs, même s'il avait toujours préféré éviter de jeter des regards dans les autres cellules, c'était par gêne mais également par pitié. Pitié de ce qu'était devenu ces hommes et femmes, dont l'existence avait été oubliée, et qui eux-mêmes devaient parfois se surprendre à respirer encore l'air putride de Nurmengard.
Il sursauta brusquement lorsque son grand-père remua dans son sommeil. Le bruit réveilla Gellert qui, d'un bond, réussit à immobiliser son petit-fils, le maintenant au sol sous son faible corps.
– Qui êtes-vous ? Gronda Gellert d'une voix caverneuse, très différente de celle qu'entendait Ladislas lorsqu'il avait des mauvaises pensées.
Le plus jeune réussit à articuler son nom, toujours désarçonné par les réflexes de son grand-père. Ce dernier se redressa, ses yeux perdant peu à peu leur air hagard. Sa main, qui jusque là compressait l'épaule de Ladislas, glissa pour relever le visage du blond cendré, qu'il inspecta minutieusement avant que son visage ne s'éclaire.
– Ladi ! S'exclama le mage noir, un sourire étirant ses lèvres bleuies. Il s'écarta du corps de son petit-fils pour mieux l'étreindre avec une force, de nouveau surprenante. Sa main caressa les cheveux blond cendré, tandis qu'il le grondait d'un ton affectueux : Tu m'as surpris. Comment es-tu entré dans ma cellule ?
Ladislas sourit d'un air mystérieux, profitant de la première véritable étreinte qu'il avait avec son grand-père, puisqu'auparavant, les barreaux de la cellule leur empêchaient un contact physique très abouti. Il enfouit son nez dans le cou du plus grand mage noir du XXème siècle et respira son odeur particulière. Evidemment la première chose à laquelle il pensa fut qu'une douche ne serait pas en trop, mais derrière la puanteur se trouvait une fragrance réconfortante, et étonnamment proche de celle d'Albus, comme si Gellert avait passé plusieurs heures dans le bureau directorial de Poudlard et s'était imprégné de son odeur. Cela ému Ladislas qui s'éloigna enfin de son grand-père, qui attendait toujours une réponse.
– Par la fenêtre, fit-il d'un air innocent, le visage barré d'un sourire mutin.
Gellert ne prit même pas la peine de tourner la tête vers l'ouverture, ses yeux fixés avec une tendresse certaine sur son petit-fils.
– Explique moi, ordonna-t-il en s'installant dans une position plus confortable pour lui.
Ladislas hocha la tête et se levant, se transforma en phénix. Il sentit son cœur s'accélérer en croisant le regard émerveillé de son grand-père, qui resta un instant sonné. Le plus jeune retrouva rapidement forme humaine et vint s'asseoir aux côtés de son grand-père qui l'attira dans une étreinte peu confortable puisque ses os saillants s'enfonçaient dans la peau de Ladislas, mais sincère dans l'affection que portait Gellert à son petit-fils.
– Un phénix…, murmura-t-il en passant une main squelettique dans les cheveux cendrés de Ladislas qui vint nicher sa tête contre l'épaule de son aîné. Le mage noir laissa échapper un rire amusé tout en continuant de caresser le crâne de l'animagus : Et un phénix noir ! Quelle originalité ! Ils ont souvent mauvaise réputation, poursuiva-t-il d'une voix professorale, du fait de leurs larmes bien sûr, mais… Ils sont aussi purs que les phénix communs. Il leur arrive de prévoir les événements, si bien qu'autrefois, lorsqu'un phénix noir quittait son domaine, c'était signe de grands changements…
Sa respiration se fit plus agitée lorsqu'il poursuivit :
– J'ai déjà eu la chance d'en croiser un…
-Vraiment ? S'étonna Ladislas en se relevant pour plonger son regard dans celui de son grand-père. Je croyais qu'ils avaient disparu.
– Il doit rester quelques spécimens dans le monde…
– Quand l'as-tu vu ? Demanda le blond cendré en esquissant une moue lorsqu'il vit l'hésitation de Gellert qui finit par céder :
– C'était… souffla le mage noir, le regard perdu dans son passé. Le jour où je suis arrivé en Angleterre.
– Et ça a été signe de changements pour toi ? S'enquit Ladislas, heureux de pouvoir tenir une conversation avec son grand-père, sans rien pour les séparer.
Le prisonnier resta mystérieusement silencieux, mais un sourire vint fleurir sur ses lèvres et ses yeux brumeux se perdirent dans des souvenirs passés mais jamais perdus.
Ladislas n'insista pas, et changea rapidement de sujet. Il parla plutôt de l'année de service militaire qui approchait et de son choix de la formation d'auror. Son grand-père approuva, méprisant sans retenue les burocrates aussi « incapables que lâches », et connaissant parfaitement le manque d'amour de Ladislas vis-à-vis de la botanique, matière centrale dans la médicomagie, alors que la formation d'auror mettait en avant la défense contre les forces du mal et l'art du duel, où Ladislas excellait.
Le russe raconta dans les moindres détails son premier vol en tant que phénix, agitant ses bras dans de vastes mouvement, tandis que sa tête reposait sur l'épaule de son grand-père qui écoutait attentivement. Il lui sembla que ce récit l'égaya, alors qu'il décrivait avec soin le sentiment de liberté qu'il avait ressenti. Il l'avait déjà fait, pour Leonardo, ses amis ou Selena et Albus, mais jamais avec autant d'application, car il savait que Gellert avait oublié le monde extérieur. Aussi, lorsqu'il parlait des feuilles d'un arbre qui bruissaient sur son passage, il ne se contentait pas de parler des muscles puissants de ses ailes, mais il prenait également de soin de décrire l'arbre en question. De même, il s'efforça de peindre un tableau précis des paysages qu'il avait pu survoler, notamment en revenant de Kastell Moros.
Son grand-père grogna à l'évocation de la famille Casistos et lui rappela de se méfier de Casimir, ce à quoi Ladislas ne manqua pas d'acquiescer.
– Où vas-tu pour le reste des vacances ? S'enquit Gellert, dont la question semblait plus être un prétexte pour empêcher son petit-fils de partir. Ladislas se blottit plus encore contre lui et répondit qu'il passait la semaine chez les Agazzi. Il lui demanda ensuite des conseils pour des cours du duel, puisqu'il le savait très doué. Et comme il demandait déjà conseil à Albus pour la métamorphose, il lui semblait juste de faire de même avec Vati – tant qu'il s'agissait de magie blanche.
Son grand-père se fit une joie de le conseiller certains ouvrages de référence et de lui décrire certaines techniques avancées venant de Durmstrang. Ladislas écouta avec intérêt, même si parfois son attention se perdait dans le regard violet de son grand-père, qui à cet instant brillait de lucidité.
En définitive, il passa l'après-midi entière à Nurmengard. Le soleil s'était couché depuis une trentaine de minutes lorsqu'il avoua à son grand-père qu'il devait partir, étant déjà en retard. Gellert le laissa partir à regret, après une longue étreinte. Il le félicita encore pour sa transformation en animagus, lui répétant plusieurs fois qu'il était fier de lui et finalement, le laissa s'envoler, le regardant à travers l'ouverture du mur, non sans émotion.
Ce n'est qu'en quittant l'île que Ladislas s'aperçut de l'heure tardive, qui l'obligeait à passer par le réseau de la SNCF. Il lui fallut moins de cinq minutes pour atteindre le village sorcier. Retrouvant le fantôme habituel de la boutique de cheminées, il demanda d'une voix pressée un passage vers Rome, qu'il obtint heureusement au bout de trois minutes.
A présent sous sa forme humaine, il peinait sous le poids de son bagage, d'autant plus que sa journée avait été fatigante. Arrivé à Rome, il resta plusieurs instants hagards dans la cheminée, avant que l'employé ne le chasse assez méchamment, sans qu'il ne comprenne un traître mot de ce qu'on lui disait.
Au moins faisait-il bien plus chaud à Rome qu'à Nurmengard, nota-t-il en remontant la rue sorcière principale. Il finit par se trouver devant la façade de l'hôtel des Trois frères, dont la vue seule lui insuffla une impression de chaleur, tant par le fronton aux couleurs chaudes que le bruit des conversations qui s'en échappaient. Il poussa doucement la porte richement décorée de l'établissement et entra en même temps qu'un elfe de maison solitaire. Il retrouva Christina qui tenait le comptoir, situé sur l'un des côtés du grand hall. La jeune femme toujours aussi séduisante avec ses charmes de vélanes, prit ses bagages et lui indiqua que Leonardo travaillait au bar. Aussitôt Ladislas se tourna vers la porte y menant, qu'il passa rapidement.
Le bar n'avait pas changé depuis sa dernière visite, avec ses alcôves dans les murs, et le comptoir le long du mur. La salle était bondée ce soir-là, et il fallut plusieurs minutes à Ladislas pour apercevoir son meilleur ami parmi les clients. S'adossant au bar, la tête tournée vers Leonardo, Ladislas ne put empêcher un sourire de fleurir sur ses lèvres. Le jeune italien se faufilait fluidement entre les tables, les bras chargés des commandes pour les clients, assez concentré dans sa tâche pour ne pas noter sa présence.
– Qu'est-ce que je vous sers ? Fit une voix proche de Ladislas, qui sursauta et se tourna vers la voix, qui appartenait au serveur dont le visage lui était inconnu. En réalité, il croyait que lorsque Leonardo ne travaillait pas, c'était uniquement des elfes de maison qui se chargeaient du bar.
Pourtant, il y avait bel et bien un serveur en face de lui. D'une certaine façon, il lui faisait penser à Ezio, même s'il ne devait pas être de la famille, sa peau étant bien plus claire s'accordant avec des cheveux blonds. En revanche, il avait le visage fatigué, avec des cernes rivalisant avec celles d'Ezio. Quelques rides apparaissaient sur son visage, laissant planer un doute sur son âge. Mais ce qui sautait aux yeux était l'impressionnante cicatrice qui traversait son visage, et qui semblait avoir été faite par un animal sauvage.
Un gigantesque animal.
Le serveur pencha la tête, sortant Ladislas de sa contemplation. Il rougit et fit signe qu'il ne voulait rien. Le serveur haussa un sourcil, ses yeux bleus paraissant intrigués par ce drôle de client, mais bientôt un client vint demander une bouteille de whisky-pur-feu et il se détourna de lui.
Ladislas attendit qu'il se fût éloigné pour reprendre sa contemplation. Il ne pouvait s'empêcher de revenir à la cicatrice barrant le visage du serveur et qui lui rappelait celles qu'il avait vu, ici même, sur le corps des loups-garous. Toutefois, il doutait que Mario Agazzi laisse un lycanthrope travailler à l'hôtel. Peut-être était-ce tout simplement un accident ou bien…
– Ladi !
Des bras l'encerclèrent avec force, le faisant tomber du tabouret sur lequel il était perché, et il se retrouva étreignit par son meilleur ami qui, après avoir posé le plateau qu'il portait sur le comptoir, lui ébouriffa les cheveux en le grondant :
– Je commençais à me faire du souci ! Tu ne devais pas arriver dans l'après-midi ?
Ladislas se frotta la nuque avec gêne et lui promit de lui expliquer après le service. Pendant ce temps, le serveur avait rempli le plateau de verres à cocktail, qui n'attendaient que Leonardo pour être servis. L'italien saisit le plateau et slaloma entre les tables, suivi de près par Ladislas.
– Tu veux aider ? S'écria Leonardo pour se faire entendre au-dessus du brouhaha qui régnait dans la salle surchauffée. Je crois que ça serait le bienvenu !
Ladislas hocha vigoureusement la tête et retourna rapidement dans le hall pour demander à Christina un habit de serveur. La vélane lui en tendit un qui appartenait à Leonardo et lui souhaita bon courage, ce dont il aurait besoin au vu du nombre de clients. Une fois habillé, le russe attendit sagement les consignes de son meilleur ami, qui ne tarda pas à lui fourrer dans les mains un plateau rempli de verres vides.
– Donne ça à Remus et aide-le à tenir le bar, dicta le basané qui repartit aussitôt vers une table de gobelins.
Le jeune Grindelwald papillonna des yeux une seconde avant de se diriger vers le bar, en prenant garde à ne pas renverser les verres. Il leva aisément le passage dans le bar et passa derrière, sous le regard étonné du serveur, qui de nouveau pencha la tête.
– Hum… fit Ladislas, toujours gêné. Vous êtes Remus ?
Le serveur hocha la tête, sans dire un mot, même si ses yeux paraissaient chaleureux.
– Je vais vous aider, annonça maladroitement Ladislas en lui tendant le plateau que l'autre accepta.
– Tu as bien choisi ton jour, sourit le serveur qui esquissa un sourire fatigué mais sincère. Ladislas lui rendit son sourire.
– Mais c'est Ladi ! S'exclama l'un des clients accoudés au bar, que Ladislas reconnut rapidement comme Klaus, qui l'avait aidé le premier soir où il avait travaillé là.
– Bonsoir, le salua-t-il en se rapprochant de lui, tandis que Remus partait à l'autre bout du comptoir.
– Ça faisait longtemps qu'on ne t'avait pas vu. Comment vas-tu ? Demanda le vampire qui lui commanda d'un geste un calice de sang, que Ladislas réussit à préparer sans faute.
– Très bien ! S'enthousiasma le russe qui lui parla de ses études à Koldovstoretz avant de lui demander ce qu'il en était de lui.
– Oh moi, répondit Klaus en haussant les épaules. C'est toujours les mêmes affaires. Il serait temps de voyager…, poursuivit-il d'une voix songeuse, s'adressant plus à lui-même. Ou même déménager.
– Pour aller où ? S'enquit Ladislas dont la curiosité sur le monde s'était accrue depuis qu'il avait quitté l'Angleterre.
– Et bien, on m'a proposé un poste d'enseignant à l'école de Uagadou, ce qui me laisserait le temps et l'énergie de finir mon ouvrage sur mon étude de nécromancie.
– Et vous enseigneriez quoi ? Interrogea Ladislas avec curiosité. Klaus lui avait déjà parlé de ses études en nécromancie un soir où peu de clients avaient occupé le bar, laissant à
Ladislas tout le loisir d'écouter le vampire.
– Sans doute pas la nécromancie, admit le vampire avec un sourire sardonique. Mais je pourrai déjà offrir des cours bien plus intéressants et pertinents sur mon espèce, sans que cela se résume aux caractéristiques et moyens de nous tuer.
Ladislas acquiesça, regrettant lui-même le point de vue restreint des programmes scolaires vis-à-vis des espèces magiques - notamment sur les êtres magiques, souvent considérés comme inférieurs par les sorciers. Tournant la tête pour servir un cerbère à un gobelin impatient, il avisa le serveur - Remus - le fixant avec curiosité. Il croisa de nouveau le regard bleu, qui à cet instant semblait médusé, avant de baisser ses yeux sur le cocktail qu'il était en train de préparer.
Le reste de la soirée fut chaotique. Une dizaine de gobelins éméchés commencèrent à chercher des noises à un client après que celui-ci ait râlé contre une nouvelle taxe de Gringotts, et il fallut une demi-heure et plusieurs verres cassés pour que Remus les mène vers la sortie. Un elfe de maison, nouvellement libéré, eut une crise de panique lorsqu'on lui demanda poliment ce qu'il voulait, ce qui amusa nombre d'habitués.
Enfin, il arrivait à Ladislas de repérer parmi la cohue un ou deux sorciers drapés dans une
cape ne laissant rien voir de leur visage, et se hâtant de disparaître dans le sous-sol, pour traiter de quelques affaires louches, dont il ne voulait rien savoir.
Il fallut attendre plus longtemps qu'il avait l'habitude pour que la salle soit entièrement vide, qui fut rangée par les trois serveurs, les elfes de maison étant surchargés par la vaisselle.
– Eh ben, souffla Ladislas en finissant de nettoyer les tables. Il me semblait que l'hôtel avait des difficultés financières, mais ça a dû passer !
– Il faut tout de même reconnaître que ce soir fut exceptionnel ! S'exclama Leonardo depuis la chaise où il s'était affalé dès le dernier client parti.
– C'est pour moi, ça ! Rit le russe qui oubliait peu à peu la présence du troisième serveur. Comment va ton père ? Je ne l'ai pas encore vu…
– Il doit être au restaurant, mais ne t'inquiète pas, il va venir, lui répondit Leonardo. Il est très content que tu puisses venir !
– C'était soit ça, soit une semaine de solitude au Domaine, alors…, expliqua Ladislas dans un haussement d'épaules. Autant que je serve ici. Et puis j'aime bien être ici. Il y a des gens très intéressants !
– A commencer par moi ? Devina son meilleur ami qui finit par se lever pour prendre une assiette venant des cuisines à son adresse. Remus s'assit à ses côtés, tandis que Ladislas finissait de remettre à leur place les chaises. Tu veux manger quelque chose ? Demanda l'italien entre deux bouchées.
– Je veux bien, je n'ai pas mangé depuis ce matin…
Leonardo haussa un sourcil, mais la présence de Remus l'empêcha de poser des questions, que ce soit sur les Casistos ou son grand-père. A la place il lui parla du match entre deux équipes d'Italie qu'ils iraient voir dans la semaine, accompagnés de son père.
– J'adore ton père ! S'exclama le blond cendré en s'asseyant à son tour à la table, une assiette dans les mains.
– Lui aussi t'adore, assura Leonardo en se tournant vers Remus qui observait la scène avec amusement et curiosité. C'est Ladislas, mon meilleur ami de Koldovstoretz. Il est déjà venu plusieurs fois ici, annonça-t-il à son adresse.
Le serveur hocha la tête et offrit un sourire à Ladislas qui lui répondit aussitôt, encouragé par la confiance de son meilleur ami avec le plus âgé et ce malgré l'aspect saisissant de sa cicatrice.
– Enchanté, fit ce dernier. Remus Lupin. Je suis arrivé il y a quelques mois déjà à l'hôtel. J'ai aussi un chien, tu vas sans doute le croiser. Il s'appelle Patmol, il est très gentil. Surtout si tu lui donnes à manger, acheva-t-il dans un rire doux.
Leonardo acquiesça vivement et enchaîna :
– Il est super beau ! Même mon oncle l'aime, ce qui n'est pas rien. Quant à Liana, elle le prend pour son doudou, c'est trop mignon !
Ladislas éclata de rire sans cesser de manger. Dans le feu de l'action, il ne s'était pas rendu compte de combien il avait faim, après son voyage jusqu'à Nurmengard et l'après-midi passée là-bas, mais à présent qu'il se reposait, son ventre se rappelait à lui de façon presque douloureuse. Il eut une pensée pour son grand-père, qui lui ne devait pas manger souvent, avant qu'une voix ne le rappelle au présent :
– Ladislas ! Je ne savais pas que tu étais arrivé ! Comment vas tu ?
– Bien Monsieur, et vous ? Répondit Ladislas dont les yeux achevèrent de tourner au violet en se posant sur le père de son meilleur ami qui les rejoignit promptement, prenant place aux côtés de son fils.
– Tout d'abord, commença l'un des gérant de l'hôtel en piochant dans l'assiette de son fils, ce dernier poussant un cri indigné, appelle moi Ezio. Ensuite, je vais très bien. Tu as remarqué que ce fut une soirée chargée, ce qui est toujours bon à prendre. Mais ne parlons pas affaire. Que voulez vous faire cette semaine ?
– Dormir…, souffla rêveusement Leonardo, le regard attiré sur l'horloge au dessus du bar qui indiquait deux heures passées du matin.
– Je m'en doutais, fils, se moqua Ezio en levant les yeux au plafond. Hormis ça, et manger, que comptez vous faire ?
– Même si ça me fait mal de le dire, débuta le russe en passant une main dans les cheveux tandis que l'autre repoussait son assiette, il faudrait que je travaille.
Leonardo lui lança un regard surpris, avant de se souvenir de l'ultimatum qu'avait donné leur directrice à son ami. L'italien se mit à rire, tandis que le blond cendré le fusillait du regard, ce qui ne faisait que renforcer l'hilarité de Leonardo. Son père se tourna vers Ladislas, qui avec une moue boudeuse à l'adresse du brun, expliqua sa mésaventure avec la directrice.
– A la moindre note inférieur à E, elle contactera mon grand-père, acheva-t-il dans un soupir.
– Te connaissant, tu dois t'en sortir dans la plupart des matières, non ? Le rassura Ezio, qui fronça les sourcils en poursuivant : Tu as même réussi à devenir animagus m'a dit Leo. C'est exceptionnel !
– Je me débrouille en métamorphose, convint Ladislas, tandis que Remus hoquetait de surprise. En revanche, j'ai des difficultés en botanique.
– Des difficultés à t'intéresser à cette matière, tu veux dire ? Le corrigea pernicieusement Leonardo.
Ladislas grogna en réponse, tout en échangeant un regard complice avec son meilleur ami.
– Cette matière devrait devenir une option dès la cinquième année, marmonna-t-il, amusant là Ezio.
– Si c'est là ton seul souci, ce n'est pas trop inquiétant, le rassura-t-il. Et puis, le plus important pour Isadora est, je crois, que tu reprennes en main tes études. Si elle voit que tu es sérieux, peut-être sera-t-elle indulgente avec toi.
– Peut-être, approuva Ladislas en esquissant un sourire timide.
– Et c'est une excellente idée de travailler ! Poursuivit Ezio. Tu devrais prendre exemple sur ton ami, Leo.
Ils éclatèrent tous de rire, tandis que Leonardo s'étranglait et rétorquait - avec raison - qu'il était toujours sérieux, la preuve en était qu'il n'avait jamais été convoqué chez la directrice. Ladislas reconnut avec un sourire contrit qu'il avait complètement négligé ses études, et que, même s'il comptait poursuivre ses vols sous sa forme d'animagus, il veillerait à présent à ne pas prendre du retard dans son travail scolaire.
– Quelle sagesse… Je doute de la mienne si j'étais devenu animagus à ton âge, accorda Ezio qui devint pensif. Mais il aurait fallu que je sois doué pour la métamorphose pour même y penser...
– J'ai connu de jeunes animagus, intervint alors Remus, dont le regard se fit nostalgique, non sans ressembler à Albus. Et ils ont eux aussi eu du mal à ne pas passer chaque soir sous leur forme animale, au début du moins.
– C'est difficile de ne pas céder à la sensation grisante de la transformation, approuva Ladislas. Ses yeux se tournèrent vers l'une des grandes fenêtres de la salle, d'où l'on voyait une bonne partie du ciel, et il s'imagina voler au dessus de Rome, porté par un vent bien moins glacial qu'il rencontrait à Koldovstoretz.
Le silence tomba dans la salle, chacun dans ses pensées, jusqu'à ce qu'Ezio claque des mains en se levant :
– Je sais que ce sont les vacances, mais il serait temps d'aller de se coucher, ne croyez-vous pas ? D'autant que je doute que vous ne passiez pas encore une heure à vous raconter toutes vos aventures, grimaça-t-il avant de laisser s'échapper un baillement.
– Pas faux, admit Leonardo qui se leva à son tour. Il entraîna son ami vers le bâtiment privé, traversant rapidement le hall puis la cour intérieure de l'hôtel. Ils montèrent difficilement les escaliers jusqu'au deuxième étage, où se trouvait la chambre de l'italien.
Ladislas, malgré sa fatigue ne put s'empêcher de partir dans un grand éclat de rire en avisant l'état de ladite chambre, qui était bien pire que la sienne.
– Ne te dérange pas, je vais dormir sur le palier, hoqueta-t-il de rire tandis que Leonardo tentait, avec peine, de faire de la place sur le sol pour un matelas. L'italien se retourna vers lui avant de lever les bras en signe d'impuissance.
– Je propose qu'on dorme dans le même lit. Et demain, si j'ai le courage, je rangerai un peu.
– Un peu, répéta dans un ricanement Ladislas.
– Je suis certain que ta chambre est dans le même état, maugréa son meilleur ami qui commença à déboutonner sa veste de serveur.
– C'est parfois pire, mais je suis le seul à devoir la subir. Quoique non, il y a aussi Levi.
– Le pauvre… voilà pourquoi je n'ai pas d'animal de compagnie !
– Oh il reste très sauvage, assura Ladislas qui acheva de se déshabiller avant de se glisser dans le lit de Leonardo où il s'enroula dans la couverture, manquant de peu de ronronner.
– Alors, raconte moi cette semaine ! Exigea le brun prenant place à ses côtés.
Ladislas esquissa un sourire, et sans tarder entreprit de lui raconter son séjour chez les Casistos, sans manquer la visite à son grand-père. Leonardo hocha la tête lorsqu'il lui confia ses inquiétudes vis-à-vis du grand-père de Zoran, dont l'influence pouvait s'avérer néfaste pour son jeune ami. En revanche, il édulcora la conversation qu'il avait eu avec Gellert, plus par pudeur que par crainte de ne pas être compris par son meilleur ami.
Ce dernier découvrit rapidement pourquoi ce dernier était arrivé avec autant de retard. Il lui relata à son tour sa semaine, et en profita pour lui assurer que Remus était très agréable. Il ne savait pas d'où lui venait sa cicatrice, mais cela importait peu à l'italien, certain de l'honnêteté du serveur. Son chien était tout aussi adorable, malgré sa ressemblance avec le Sinistros.
Il n'en était pas de même pour son oncle, qui continuait de s'en prendre à Ezio, alors même que l'hôtel avait depuis longtemps récupérer toutes les pertes.
Il était quatre passée depuis une dizaine de minutes lorsqu'un silence s'installa entre eux. Ladislas ferma les yeux et commença à s'enfoncer dans le sommeil lorsque Leonardo demanda :
– Tu as parlé d'Aleksander à ton grand-père ?
Le russe grogna, à moitié endormi :
– J'ai oublié… La prochaine fois peut-être.
Leonardo dut répondre, mais il était tellement fatigué qu'il ne comprit pas, l'esprit déjà dans les bras de Morphée.
Et voilà... J'espère que ça vous a plu. De mon côté, j'espère avoir le courage de rester sur ma lancée pour vous donner le prochain chap le plus rapidement possible.
Bisous à tous !
