Auteur : Lonely Seira

Titre : Le temps d'une vie

Genre : Romance/Yaoi/UA/OOC

Rating : M

Pairing : Naru/Sasu (Autres couples secondaires)

Disclaimer : Naruto et ses petits camarades du manga portant le même nom sont la propriété entière et exclusive du divin Masashi Kishimoto.


Chapitre 34 : Dernières heures avant l'horreur ...

5h. Je regarde Sasuke dormir paisiblement depuis quelques heures déjà, et je peux affirmer sans l'ombre d'un doute que je ne me lasserai jamais de cette vision idyllique. J'apprécie chaque seconde qui passe, savourant le son lancinant de sa respiration lente et régulière. J'entortille machinalement une mèche de ses cheveux entre mes doigts. Il fronce le nez d'un air tout à fait craquant. Si je m'écoutais, je nous embarquerais tous les deux dans une nouvelle nuit torride, mais je sais parfaitement dans quel état il sera quand il se réveillera tout à l'heure, inutile d'en rajouter.

6h30. Il est encore tôt, mais son horloge interne lui fait néanmoins ouvrir les yeux, comme pour une journée de travail ordinaire. Ses paupières se lèvent avec difficulté, dévoilant son regard encore lourdement ensommeillé. Il me sourit faiblement lorsque nos yeux se croisent.

- Bonjour, murmure-je en lui caressant la joue.

- 'jour, marmonne-t-il d'une petite voix.

- T'as l'air complètement mort.

- Et ça t'étonne après une nuit pareille ?

- Non ... pas vraiment, réponds-je en souriant plus largement.

Il essaie alors de se redresser un peu contre moi, mais se ravise en poussant un faible gémissement, son derrière venant sûrement de se rappeler douloureusement à lui.

- Mmmh ... T'y es pas allé de main morte.

- Je suis désolé. Mais pour une première fois, il fallait s'y attendre.

- Oui ... je sais, marmonne-t-il d'un air contrit en laissant retomber sa tête sur mon torse.

Il soupire pourtant de contentement avant de laisser échapper un bâillement à s'en décrocher la mâchoire.

- Ça va pas être triste le boulot aujourd'hui, dit-il d'un air las.

- En parlant de ça ... pour tout avouer, je dispose d'un large choix de jutsu médicaux qui pourraient grandement te soulager mais ...

- Et bah qu'est-ce que t'attends ? J'peux à peine bouger, m'interrompt-il sur un ton boudeur.

- En fait, je préfèrerais éviter d'en faire usage, parce que ça me donne une excuse parfaite pour te forcer à rester couché ... au moins ce matin.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Faut que j'aille bosser ! Imagine un peu la tête de l'Hokage si je lui dis que je reste au lit à cause des séquelles d'une nuit de sexe ...

- T'es pas obligé d'entrer dans les détails. Dis-lui simplement que tu es malade. Ces derniers temps, tu as vécu beaucoup de choses épuisantes ... sans compter que niveau émotions, depuis qu'on est ensemble, c'est plutôt les montagnes russes alors je te le dis franchement, je me fais du soucis pour toi.

- Pas besoin, j'suis un grand garçon je peux m'occuper de moi tout seul.

- J'te connais Sasuke, tu te repousses toujours jusqu'au bout de tes limites, et même au-delà. Je préfère te freiner avant, parce que toi tu ne sais pas t'arrêter. J'te le demande comme une faveur ... au moins ce matin ... ça me rassurerait. Quelques heures de sommeil en plus, c'est pas la mort, si ?

- Bon ... d'accord. De toute façon, si tu refuses de me soigner, je n'ai pas vraiment le choix. Mes jambes refusent carrément de m'obéir !

Je pouffe de rire avant de lui déposer un baiser sur la tête.

- Je suis vraiment désolé pour ça.

- Ne le sois pas ... c'était vraiment génial, murmure-t-il d'une voix timide.

- Content que ça t'ait plu. Je voulais absolument que ta première fois soit ...

- ... Parfaite, je sais. Elle l'a été. J'en reviens d'ailleurs toujours pas. Pendant un moment, j'ai même eu l'impression de quitter mon corps ... c'était totalement bizarre ... mais vraiment trop bon, continue-t-il sans oser me regarder pour autant.

- Ce n'était pas qu'une impression.

- Comment ça ? Me demande-t-il en relevant la tête pour me regarder, les sourcils froncés.

- Et bien ... c'est ce que j'ai essayé de t'expliquer avant que tu ne t'endormes, mais tu avais sûrement l'esprit encore ailleurs. Lorsque j'ai commencé à ... enfin tu vois ... tu étais tellement crispé de douleur que j'ai eu peur que seul ce souvenir te reste.

- C'est vrai que ce moment-là n'a pas été qu'une partie de plaisir ... sans vouloir t'offenser, dit-il en détournant les yeux tandis qu'une légère coloration rouge commence à recouvrir ses joues et ses oreilles.

- Je m'y attendais. Alors ... j'ai utilisé une technique un peu spéciale pour que l'espace d'un instant, tu puisses ressentir le plaisir à l'état pur sans devoir t'arrêter aux sensations corporelles.

- Tricheur ! Lâche-t-il en me lançant un regard faussement accusateur. Utiliser tes dons de ninjas pour faire grimper ton mec aux rideaux c'est jouer la carte de la facilité.

- Je dirais plutôt que c'est un hommage au sexe. Au moins, j'ai fait honneur aux plaisirs de l'amour en t'en faisant profiter au maximum ... je ne pense pas que tu veuilles t'en plaindre d'ailleurs.

- Jamais de la vie ! dit-il en souriant d'un air gourmand avant de se hisser vers le haut pour déposer brièvement ses lèvres sur les miennes.

Il resserre son corps contre moi, accentuant le contact de nos peaux bouillonnantes. Je glisse ma main gauche dans son dos, tandis que la droite vient se loger derrière ma nuque. Ses doigts parcourent mon torse, redessinant encore l'éventail rouge et blanc gravé dans ma chair. Il ne me demande même pas pourquoi j'ai voulu me le faire tatouer, ma réponse muette semble lui avoir suffit hier soir. Il prend une profonde inspiration avant de rompre à nouveau le silence.

- Bon, si je récapitule bien ... mon petit ami est super sexy, fort, doux, passionné, attentionné, protecteur, excellent en cuisine et par-dessus tout, incroyablement doué au plumard. Alors dites-moi maintenant Naruto Uzumaki, dit-il en ancrant son regard dans le mien, que faites-vous avec un type comme moi ?

Je lui souris avec tendresse et amusement en entendant sa question. Cependant, derrière l'humour de son interrogation, je peux sentir encore un infime soupçon de crainte, que je me dois de tuer dans l'œuf une bonne fois pour toute.

- Si je devais te donner toutes mes raisons, j'y passerais le restant de mes jours ... que dire ? Ton corps me fait rêver, ton cœur est fort, droit et loyal. Tu es dévoué envers tout le monde, même envers ceux qui te traitent mal dans ce village d'hypocrites. Tu es intelligent et - ça je suis le seul à le savoir pour mon plus grand bonheur - tu es aussi charmeur, joueur, fragile dans mes bras, tendre ... mais pour tout te dire, je n'aime rien en particulier chez toi, ajoute-je en lui lançant un regard des plus sérieux ce qui le fige net. En fait ... j'aime absolument tout ce qui fait de toi ce que tu es ... rien en particulier, mais toi dans ton intégralité ... avec toutes tes qualités et tous tes défauts ... tes forces et tes faiblesses ... tes bons et tes mauvais côtés ... tes yeux dans lesquels je veux me perdre à tout jamais, finis-je dans un murmure séducteur en plongeant immédiatement dans le gouffre de son regard.

Nous nous rapprochons l'un de l'autre, complètement envoûtés par nos regards. Je l'embrasse avec fougue, le retournant sur le lit pour me coucher sur lui. Ce faisant, je provoque chez lui une nouvelle grimace de douleur accompagnée d'un faible gémissement (... Mince, j'avais presque oublié !).

- Pardon, dis-je précipitamment en me déportant sur le côté. Ça va ?

Il me sourit, remontant le drap sur lui d'une main, et glissant l'autre sur mon torse.

- Le mec le plus incroyable de la planète est amoureux de moi ... comment pourrais-je ne pas aller bien ? dit-il dans un murmure sensuel.

Je rougis violemment en entendant ses mots, ce qui a pour effet de le faire pouffer de rire. Je lui dépose un baiser sur le front avant de sortir du lit. Il dévore des yeux mon corps dénudé ainsi offert à sa vue sous les premières lueurs du matin.

- Petit-déjeuner au lit ! Bouge pas !

- Comme si je pouvais, répond-t-il sur un ton ironique.

Je sors de la chambre après avoir enfilé mon caleçon et lui avoir lancé un dernier regard. Je m'active en vitesse et reviens quelques minutes plus tard avec un plateau débordant de nourriture. Il se redresse difficilement, étouffant moult jurons et gémissements de douleur avant de pouvoir s'installer contre son oreiller. Je m'installe à côté de lui et nous commençons à manger. Mais je ne parviens pas à avoir beaucoup d'appétit, parce qu'une nouvelle inquiétude vient me titiller le cerveau.

- Sasu ?

- Mmh ? Qu'est-che qu'y a ? me demande-t-il la bouche à moitié pleine.

- Bah ... je suis un peu préoccupé pour les deux prochains jours.

- Pourquoi ? À cause des épreuves ? M'interroge-t-il en avalant sa bouchée d'un coup.

- Pas pour les épreuves en elles-mêmes mais surtout parce que je vais les enchaîner et qu'en fin de compte, je ne pourrai pas rentrer pendant deux jours et quelques à cause de la deuxième.

- Il fallait bien s'attendre à ce que ça arrive non ? Je veux dire ... tu avais trouvé un moyen de garder un œil sur moi malgré la distance, mais ça ne peut pas toujours fonctionner. C'est parce que tu t'inquiétais de me laisser que tu m'as tant donné cette nuit ? Me demande-t-il avec un regard partagé entre l'amusement et la tristesse.

- Pas du tout ... j'ai juste fait ce dont j'ai toujours rêvé. Et puis j'avais besoin d'une bonne dose de courage et d'encouragements pour éviter de mourir d'ennui pendant l'examen. Penser à toi m'aidera à supporter tout ça, dis-je en passant le revers de ma main contre sa joue.

- Alors ne te fais pas de soucis. Si tu peux supporter ça deux jours, dis-toi que je pourrai en faire autant. Même si ça va me manquer de ne pas t'avoir à côté de moi cette nuit. On ne pourra pas toujours rester ensemble de toute façon. On aura des missions et d'autres choses ...

- Oui c'est vrai. C'est juste que le début d'une histoire c'est toujours ce qu'il y a de plus intense. On va avoir besoin de temps pour se faire de nouveau à l'idée qu'il faut vivre en dehors de notre couple ... même si ça m'ennuie.

- Occupe-toi donc de ton examen pour le moment. Et n'oublie pas que je ne suis quand même pas si fragile ! On arrivera bien à survivre pendant deux jours non ? Tout va bien se passer.

Je lui souris avec tendresse et l'attire contre moi pour l'embrasser. Vous devez vous dire qu'on a l'air de jouer dans un vieux feuilleton d'amour ringard ... mais moi, je peux enfin savourer ces instants de bonheur que j'ai tant attendus alors je m'en fous totalement. J'ai vu et fait tellement de choses effroyables dans ma vie, que pouvoir faire entrer tant de joie en moi ne peut que me pousser à pleinement apprécier mon existence comme ç'a malheureusement bien peu souvent été le cas depuis que je suis né. Pourtant je le sais ... ce ne sera pas toujours aussi rose. Prenez cette journée par exemple. Je la commence dans la chaleur douillette d'un lit, serrant mon amant contre moi et je vais la continuer en devant me coltiner une bande de nazes pendant un examen débile ... si seulement j'avais pu oublier ce douloureux moment ! Seulement, le temps continue sa course folle sans s'arrêter une seconde.

Arrive presque 8h et, habillé, je suis assis sur le rebord du lit, regardant Sasuke qui s'est rendormi alors que je prenais une douche. La première épreuve commence à 10h30, j'ai encore du temps devant moi. Je vais en profiter pour essayer de me détendre un peu. J'ai beau m'être libéré de toute ma frustration sexuelle hier soir, je n'en reste pas moins extrêmement agacé face à tout ce qui m'attend encore. Je pousse un discret soupir de lassitude, passant ma main dans sa chevelure corbeau. Je reste en admiration totale devant son visage qui me subjugue. Je ne voudrais qu'attendre là toute la journée, à m'enivrer dans la contemplation de la moindre expression qui le traverse lorsqu'il dort. Je me fais violence une minute ou deux, puis me résigne enfin à l'abandonner à son sommeil réparateur ... Dieu sait qu'il en a vraiment besoin !

Je déambule dans les rues sans but précis, juste pour profiter de la fraîcheur matinale.

« Dis Kyuu ... t'es toujours vivant ? Ça fait un sacré moment que je ne t'ai pas entendu ... même tout à l'heure tu ne t'es pas ramené pour casser l'ambiance alors que c'était pourtant mielleux à souhait.

- Pas le temps. Je savoure les rediffusions.

- T'es en train de te repasser l'épisode de cette nuit en boucle ?

- Et comment ! Putain ... même pour un puceau, ton mec c'est un sacré bon coup.

- Tu serais gentil de ne pas parler de lui comme ça ... et il n'était pas vraiment puceau j'te rappelle.

- Avec un homme si. Quand est-ce que vous remettez le couvert ?

- T'es désespérant ... »

Ignorant encore ma carpette adorée, je continue à marcher tranquillement, jusqu'à ce que je tombe sur Sakura au détour d'une ruelle. Elle me décoche un radieux sourire, que je lui rends immédiatement.

- Salut Naruto ! T'es prêt pour l'examen ?

Mon sourire fond plus vite qu'un glaçon dans un four (... Super façon de dire bonjour, vraiment !).

- Je fais tout mon possible pour ne pas y penser mais c'est gentil de me le remettre en tête !

- Désolée ... mais t'inquiète pas, tu vas torcher ça en vitesse et dans quelques jours on n'en parlera plus !

- Que le ciel t'entende ! Sinon, qu'est-ce que tu as de prévu de ton côté pour aujourd'hui ?

- Sécurité, encore et toujours. Même si je vais avoir moins de boulot puisque je ne fais pas partie des Chuunin et Juunin qui encadrent la première épreuve, ça va me permettre de souffler un peu. Mais bon, je suis quand même de service. D'ailleurs, j'allais justement chercher Sasuke pour la répartition des tâches, tu m'accompagnes ?

- Oh ! Euh ... c'est pas la peine, je suis allé le voir en coup de vent ce matin et il n'était pas vraiment dans son assiette. Je crois qu'il va se reposer jusqu'à ce midi au moins.

- Ah ... d'accord ... mais pourquoi t'es allé le voir ?

- Je ne pensais pas avoir besoin d'une raison particulière pour rendre visite à mon équipier, mais puisque tu tiens tant à le savoir, je voulais lui demander s'il n'avait pas gardé mon exemplaire de notre plan d'organisation sécurité. J'ai bossé avec lui hier, et le soir en rentrant chez moi, je me suis aperçu que je ne l'avais plus. Je voulais vérifier comment c'était organisé autour de la salle d'examen.

- Si tu veux je peux te prêter le mien, je l'ai toujours sur moi.

- Non ça ira, j'ai jeté un œil dans son carnet quand j'étais chez lui. Bon, du coup t'as encore un peu de temps libre puisque tu n'as pas besoin d'aller le chercher. Un café ça te dit ?

- Avec plaisir !

« Pfiouh ... c'était chaud !

- Comme elle ...

- Nan mais c'est pas vrai ! Je t'ai offert une nuit d'extase il y a quelques heures à peine et t'as encore le feu aux fesses ? T'es vraiment irrécupérable.

- Ouais je sais ... quel lourd fardeau je dois porter sur mes pauvres épaules !

- Oh la ferme ! »

Je marche aux côtés de Sakura vers un petit café au coin de la rue. En entrant à l'intérieur, je remarque la présence du trio Kiba-Shino-Hinata installé un peu plus loin.

- Oh Naruto, Sakura ! S'exclame Kiba. Venez vous joindre à nous, ça fait longtemps qu'on n'a pas pu discuter !

- Salut Kiba. T'as l'air d'être en forme, dis-je en souriant. Vous êtes revenus de mission ce matin ?

- Ouaip, on a livré notre ''paquet'' chez la Godaime et là on savoure enfin un moment de détente, me répond Kiba en souriant toutes canines dehors.

- Et qu'est-ce t'as fait d'Akamaru ? demande-je en regardant sous la table d'un rapide coup d'œil.

- Il se promène dans le coin, je ne peux pas entrer avec lui à l'intérieur. Vache ... j'avais déjà eu un aperçu quand on s'est croisés la dernière fois, mais là je me rends mieux compte. C'est fou ce que t'as changé mon vieux ! lâche-t-il en me détaillant de haut en bas.

- Oui, c'est ce que j'ai cru remarquer vu que tout le monde ne cesse de me le dire, dis-je en riant avant de me tourner vers les autres personnes présentes. T'as l'air d'aller bien aussi Shino ... t'arrives à voir clair avec tes lunettes à l'intérieur ?

- Pas de problème, souffle-t-il de son habituelle voix calme et grave.

- Bonjour Naruto-kun, dit une petite voix fluette.

- Salut Hinata, ça faisait un bail.

- Et comment que ça faisait un bail ! reprend Kiba en passant son bras autour de la jeune Kunoichi qui rougit de plus en plus. Où diable étais-tu passé ?

- Par-ci par-là ... j'ai eu pas mal de choses à faire.

« Mince alors ... y'a que des canons chez les Kunoichi !

- Oh non ! Tu vas pas remettre ça !

- Nan mais sans blague ! T'as vu un peu le morceau ?

- Oui merci j'suis pas aveugle ! Mais au cas où t'aurais besoin de lunettes, elle a un mec ... et moi aussi j'te signale ! »

M'installant confortablement sur la banquette à côté de Sakura, je ne peux m'empêcher, après la remarque du sac à puces, de détailler Hinata avec un peu plus de précision. Ses longs cheveux noirs sont remontés en une queue de cheval assez lâche et quelques mèches retombent avec délicatesse sur son visage doux et timide. Un peu moins timide est sa poitrine généreuse qui fait concurrence au somptueux décolleté de Sakura. Elle porte un haut moulant noir par-dessus lequel elle a enfilé une veste à col fourré d'un blanc pur. Son pantalon très serré également noir, descend jusqu'à ses sandales, tandis qu'un foulard blanc est noué autour de sa taille et retombe voluptueusement sur ses hanches fines. J'avoue, Kiba a de la veine, mais je n'ai pas à me plaindre non plus de mon côté !

- Alors mon pauvre vieux, j'ai entendu dire qu'on t'avait collé en équipe avec Uchiha pour le boulot, me sort Kiba en buvant une gorgée de café. Super cadeau de bienvenue ...

- Kiba ! s'exclame Sakura d'un air un peu outré.

De même que ma coéquipière, je tique immédiatement en entendant le ton profondément navré qu'il a utilisé mais je ne laisse rien transparaître, répondant d'un ton indifférent, mais tout de même un peu froid :

- Tu dis ça comme si c'était la fin du monde, mais ça ne me dérange pas de travailler avec lui.

- Quand même, devoir se fader un gars qui n'a pas arrêté de te faire souffrir en se foutant de toi pendant des années, j'avoue, moi je pourrais pas. Sans compter qu'il nous a complètement lâché du jour au lendemain pour revenir comme ça des années après.

- J'ai fait la même chose tu sais.

- Ouais mais c'était pas pour faire un pacte avec le Diable en personne ... franchement, tu supportes bien cette situation toi ?

- Ça va j'ai pas à m'en plaindre. Comment dire ... c'est vrai qu'il est un peu froid et hautain mais ça reste notre équipier à Sakura et moi. Si ça n'avait pas été le cas, on ne lui aurait pas couru après pendant des années. Et puis Sasuke ... c'est Sasuke quoi ! Il n'a pas changé malgré tout ça alors c'est juste comme si le temps n'avait pas passé. On peut bien dire tout ce qu'on voudra, mais personne ne connaît vraiment les raisons de ses choix.

- Ouais ... pour ce que j'en dis, marmonne-t-il en replongeant dans son café.

(Mortel comme début de journée ... je lui parle pour la première fois depuis plus de cinq ans et demi et il amorce direct en jetant son venin sur mon mec ... cool !)

- Na... Naruto-kun ?

- Mmh ?

- C'est ... c'est vrai que tu vas participer à l'examen tout à l'heure ? me demande Hinata en me regardant par intermittence.

- Malheureusement oui ... ça ne m'enchante pas vraiment.

- Bah ça va être qu'une formalité ! me lance Kiba. Paraît que t'es devenu plutôt balèze dans ton genre. En tout cas, c'est direct ce qu'on pense quand on te voit. T'avais déjà été à deux doigts de passer à 13 ans ... alors maintenant, les yeux fermés !

- C'est vrai que je ne me fais aucun soucis pour toi Naruto, affirme Sakura en ma passant une main sur le bras.

- Tu passes avec des coéquipiers ? demande brusquement la voix de Shino qui vient de sortir de derrière son haut col et sa capuche sombre.

- Nan ... et heureusement ! La vieille me laisse en solo.

- Tu vas te galérer pour la deuxième épreuve ... cette forêt c'est vraiment la misère ! Enchaîne Kiba.

- Oh j'ai vu des choses bien pires que ça au cours de mes voyages, tu peux me croire !

- Ah ouais ? Raconte ! me demande-t-il avec enthousiasme.

- Oh, je sais pas si ...

- Il est allé au Pays des glaces vous savez, m'interrompt immédiatement Sakura.

- Pas mal, siffle le maître chien.

- J'ai entendu dire que c'était très beau là-bas, dit Hinata.

- Magnifique, réponds-je simplement. Mais j'ai vu bien d'autres merveilles que ça. Cinq ans et quelques, ça donne plein de temps pour découvrir.

- Oui j'imagine, reprend Kiba avant de finir son café. Bon, désolé de couper court, mais faut qu'on se sauve nous, pas vrai ma puce ?

Hinata répond silencieusement en piquant un fard monumental sous le regard amoureux de son chien fou. Sur quoi, les trois acolytes se lèvent puis nous saluent avant de quitter le café. Je reste alors seul avec Sakura.

- Je peux te demander quelque chose Sakura ?

- Oui bien sûr ...

- Les autres disent souvent du mal de Sasuke comme ça ?

- Oh ! Euh ... pas vraiment ... juste que ... enfin, c'est pas vraiment qu'ils disent des méchancetés, mais ils lancent souvent des petites pics dans ce genre, répond-t-elle d'un air penaud, baissant les yeux face au regard que je lui jette.

- Pas un pour relever l'autre ... tous aussi puérils, murmure-je d'un ton las en buvant une autre gorgée de café.

- Pourquoi tu t'emportes comme ça ? Je veux dire ... c'est vrai que j'aime bien Sasuke, mais faut dire qu'il a bien cherché ce qui lui arrive tu sais. Tu n'étais pas là pendant cinq ans, mais je peux te le dire, il se renfrognait chaque jour un peu plus. Moi-même j'ai eu bien du mal à rester aussi proche de lui qu'avant. J'avais toujours l'impression qu'il rejetait tout le monde ! Dit-elle pour se défendre alors que je pose à nouveau sur elle un regard empreint d'une once de colère.

- T'est-il déjà venu à l'esprit de lui demander pourquoi il agissait comme ça ?

- Euh ... non ... enfin ... j'aurais bien voulu mais j'avais peur qu'il m'envoie sur les roses, dit-elle d'un air un peu douloureux.

- Mmh ... c'est sûrement ce qui serait arrivé en effet.

(Bon sang mon amour ... je crois que ça a été bien dur pour toi ces dernières années, mais j'ai dans l'idée que tu t'es vraiment fourré dans la panade encore plus qu'il n'était besoin ! Si seulement j'avais été près de toi...). En même temps, suis-je le mieux placer pour faire ce genre de reproches aux autres ? Quand on y pense, pendant des années, et même quelques temps après que je suis revenu, je me disais exactement la même chose qu'eux. Aveuglé que j'étais par cette image qu'il donnait de lui. Pourtant, je ne peux pas me faire à l'idée qu'il souffre comme ça à cause de la bêtise des autres ... et de la sienne aussi, il faut bien le dire. Est-ce seulement son manque de confiance qui le pousse à rester seul ou y'a-t-il autre chose derrière tout ça ? J'en suis venu à devenir extrêmement méfiant maintenant lorsqu'une situation paraît simple, parce que bien souvent ça cache quelque chose de bien plus important. Ça peut être vrai pour lui, mais c'est surtout vrai pour moi. Est-ce que tout ça va finir un jour ? Certainement pas avant que nous ayons encore subi une ou deux épreuves de plus.

- En tout cas, tu me surprends Naruto! reprend subitement Sakura, me tirant hors de ma réflexion.

- Pourquoi ça ?

- Et bien ... de tous, tu es sûrement celui qui devrait lui en vouloir le plus, mais tu continues à être gentil avec lui malgré sa façon de te rabaisser sans cesse. C'est étrange.

- Tu trouves ? J'en sais rien, je ne m'en rends pas vraiment compte. Peut-être parce que ça a toujours été comme ça entre nous.

- Oui, c'est vrai ...

Nous replongeons dans le silence. Il est certain que la relation que Sasuke et moi entretenons en public peut paraître étrange, mais pour moi c'est naturel ... je dirais même nécessaire. Comment pourrait-elle le comprendre alors qu'elle ne sait rien du côté privé de la chose ? Notre quotidien est ainsi fait. Parce qu'on a toujours été très exigeant envers Sasuke, il s'est fait un devoir de répondre aux attentes des gens en prenant sur lui chaque fois plus de responsabilités et de pression. Faisant ce qu'il doit faire sans se soucier de quoi que ce soit et malheureusement, sans se soucier de qui que ce soit non plus. Le plus important pour lui, c'est de mettre un point d'honneur à toujours atteindre les objectifs qu'on lui fixe. Il met sa fierté et son nom en jeu dans chacune de ses actions, continuant à accentuer le poids qui pèse déjà lourdement sur ses épaules. Si bien qu'il en est venu à désirer un abandon total dans un cercle privé. Là où il peut laisser libre cours à ses faiblesses sans que personne n'en sache jamais rien. S'il me laisse le dominer, c'est parce que ça lui permet de n'être responsable de rien, juste de se laisser porter dans le mouvement sans avoir besoin de prendre une quelconque décision. Il veut que je le protège, il veut se sentir aimer ... et c'est ce que je veux aussi.

Moi par contre, j'ai besoin de cette domination dans ma vie professionnelle d'une certaine façon. Je l'ai réalisé en revenant au village. Lorsque j'ai vu que posséder des pouvoirs incommensurables m'avait vraiment mis en marge de tous, j'ai eu le nécessité de me fondre à nouveau dans le moule pour pouvoir servir au mieux les intérêts de Konoha ... même si pour le moment je n'y parviens pas encore tant que ça (Pour ne pas dire pas du tout en fait). Parce qu'à trop vouloir en faire, je risque de causer plus de mal que de bien. Mon comportement de solitaire en société me donnait le sentiment d'être complètement déphasé de tout et ça ne m'en rendait que plus arrogant (Et je le suis encore bien trop ... mais les vieilles habitudes ont la peau dure !). La présence de Sasuke à mes côtés commence à me ramener les pieds sur Terre. Il prendra les choses en mains pour le boulot, je prendrai le relais pour notre couple. C'était l'équilibre parfait qu'il nous fallait. Parce que tout en ce monde repose sur les équilibres et les sentiments humains ne font pas exception à cette règle.

9h20. Nous sortons du café. Je m'étire en bâillant avant de me tourner vers Sakura.

- Bon, pas tout ça, mais vu l'heure qu'il est, je vais devoir filer pour me préparer à la première épreuve, dis-je d'un ton un peu las. Je voudrais y être en avance pour voir la tête des autres candidats ... avec un peu de chance, j'en repèrerai un ou deux pas trop mauvais.

- D'accord, dit-elle en retenant un petit ricanement. Il ne me reste plus qu'à te souhaiter bonne chance alors ! finit-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour me déposer un baiser sur la joue.

Puis elle s'éloigne d'une démarche énergique tandis que je me dirige vers mon appartement. Le jeu va enfin commencer ... espérons qu'il ne va pas trop m'ennuyer !


Note de l'auteur : Et ça y est on arrive enfin et ce rite de passage tant redouté par notre blond ! XD Mercredi 10 Juin, on se retrouve avec le chapitre 35 "Première épreuve...".

En attendant, bon dimanche et n'oubliez pas la petite review qui fait bien !