Résultat du concours du chapitre 20: Merci à tous ceux qui m'ont envoyé leurs personnages, le choix a été dur. C'est le personnage de DarknessLight1944 qui apparaîtra dans les chapitres suivant. Ce ne sera pas pour tout de suite, afin de l'intégrer délicatement à l'histoire, mais je ne l'oublie pas ^^ Bravo.


Il soupira en faisant craquer sa nuque. Sa dernière mission n'avait pas été de tout repos. Les Geb, un peuple simple qui faisait surtout commerce d'un petit tubercule juteux endémique de leur planète, avaient appelé Atlantis à leur secours.

Cela faisait quelques semaines que des cadavres éventrés et mutilés étaient retrouvés dans les bois aux alentours de la ville portuaire de Tian. Les habitants avaient essayé de pister ce qu'ils pensaient être un prédateur inconnu, sans succès. Ils avaient alors fait appel à une équipe de marines, qui dût elle aussi se rendre à l'évidence, malgré une stratégie qui aurait pu marcher et avait coûté la vie à un autre Geby, qui s'était porté volontaire pour fait l'appât : ils n'arrivaient à rien.

Un peu en désespoir de cause, ils avaient fait secrètement venir le traqueur afin qu'il piste le prédateur. Markus s'était vite rendu compte d'une chose, évidente pour lui, mais que les autres n'avaient pas vue. Il ne s'agissait pas d'une bête, mais d'un humanoïde, très compétent dans l'art d'effacer ses traces. Lorsque le tueur réussit l'exploit d'assassiner et mutiler un des marines qui l'accompagnait, alors que ce dernier se trouvait dans une pièce dont l'entrée était surveillée par deux de ses camarades, le wraith eut la certitude que ce dernier avait un appareil lui permettant de se rendre invisible. Plutôt que de le traquer avec les détecteurs de signes vitaux, qui n'avaient rien indiqué lorsqu'il était passé à côté des deux hommes de garde, Markus ordonna que l'on scanne la région avec un jumper, afin de repérer toute technologie dépassant le degré pré-industriel atteint par les Geb.

C'est ainsi qu'ils trouvèrent sa cachette, un vaste réservoir d'eau potable sous la ville, où l'humanoïde avait construit sa propre base.

Markus avait fait modifier par Zelenka tous les détecteurs de signes vitaux, afin que ceux-ci détectent la trace énergétique laissée par son appareil. Il en avait ensuite confié un à chacun des trois binômes de marines qui l'accompagnaient.

Il avait demandé aux militaires de garder les entrées du collecteur, puis il s'y était enfoncé.

Le wraith comptait sur ses sens de prédateurs pour trouver l'homme et le neutraliser. Il sortit sa dague de son fourreau : la seule arme qu'il avait, n'ayant jamais ressenti le besoin d'avoir une arme à feu, qu'il laissait de bon cœur aux humains.

Il s'avançait prudemment, à demi ramassé dans le grand espace humide. Sur la margelle de deux mètres de large qui faisait le tour du réservoir, la proie s'était installé une sorte de laboratoire, avec toute sorte de matériel récupéré à gauche et à droite. Dans un coin, le wraith trouva également un lit de camp crasseux, et quelques provisions dans une caisse en bois, mais de l'homme pas trace.

Il n'entendait aucun bruit à part les gouttes d'eau qui ruisselaient partout et son odorat ne percevait rien de plus que les relents de pourriture et de décomposition du taudis.

C'est son instinct qui le poussa à se jeter à terre juste à temps pour esquiver une hache de lancer qui disparut dans l'eau dans une gerbe d'écume. En un éclair, il repéra le seul endroit d'où pouvait provenir l'arme, une ouverture béante d'environ un mètre de diamètre dans le mur au dessus de lui.

Avec un grognement de rage, il avait bondi en avant. Alors qu'il ne voyait toujours rien, il avait percuté quelque chose qui avait hurlé avant de lui planter une autre hache dans le torse. Markus s'était contenté d'arracher l'arme et de la jeter au loin avant d'entrer en lutte contre son adversaire invisible.

L'homme était d'une force purement surhumaine, et il avait réussi à repousser le wraith, qui était retombé hors du conduit, se recevant durement sur le dos.

Entendant les cris, les marines étaient venus lui prêter main forte, mais ne voyant pas leur ennemi, ils n'avaient osé tirer.

Alors que Markus allait se relever, l'autre lui bondit dessus et, le plaquant au sol, commença à lui frapper la tête de toutes ses forces contre le sol. Le premier coup fit danser des étoiles devant les yeux du wraith, le second lui creva un tympan, et au troisième, il y eut un craquement sinistre. Instinctivement, il comprit que le quatrième risquait d'être le dernier. En une puissante ruade, il envoya son adversaire toujours invisible dans le réservoir tout proche.

De grandes éclaboussures indiquèrent l'emplacement du tueur invisible. Les marines ouvrirent le feu, et Markus, pantelant vit la grande flaque de sang teinter l'eau.

Un des marines qui avait accouru à son secours, s'aidant d'une gaffe trouvée un peu plus loin, ramena le corps dont le contour se dessinait en ridules sur l'eau.

Les soldats le tirèrent sur la berge, et il ne leur fallut qu'une minute pour trouver l'appareil d'invisibilité et le retirer du bras de l'homme.

Malgré une dizaine d'impacts sur tout son corps, l'homme était encore vivant. Il regarda de ses yeux fous le wraith, tout en riant comme un dément.

Markus grogna, se redressa un peu, malgré les vertiges, et se traîna vers l'homme.

« Je n'apprécie pas du tout qu'on me fracture le crâne. » grogna-t-il hargneux tout en arrachant la veste de l'homme. « Et je ne pense pas que qui que ce soit te regrettera. » dit-il d'un ton sadique en enfonçant ses griffes dans le torse de l'homme agonisant.

Ce qu'il restait de force vitale au tueur étancha un peu la soif du wraith.

Aucun des marines n'avait protesté. Cela faisait partie de l'accord tacite entre les militaires et l'alien. Il les aidaient, et mettait tout son talent à leur service. Eux en échange, le laissaient se nourrir des tueurs et autres monstres irrécupérables qu'ils trouvaient.

En fouillant le cadavre de l'homme ainsi que sa tanière, ils découvrirent qu'il s'agissait d'un de ces humains accros au venin wraith, et rendus fous par le poison. Ne trouvant pas d'alien pour assouvir son addiction, il avait tenté dans sa folie de fabriquer à partir d'organes humains un succédané à sa drogue.

Non, cette mission n'avait vraiment pas été de tout repos.

Il laissa ses vêtements souillés en tas sur le sol, et se glissa avec reconnaissance sous le jet d'eau brûlant. Comment avait-il pu se passer du confort d'une douche chaude pendant des siècles ? Les bassins d'eau froide qui servaient à la toilette sur les ruches ne lui manquaient décidément pas, pas plus que les rivières glaciales dans lesquelles il avait fait sa toilette plus souvent qu'il ne l'aurait voulu.

Encore une chose dont il devait remercier Rosanna. Vous voulez rendre un wraith de très mauvaise humeur ? Empêchez-le de se laver ! C'était elle qui lui avait rendu sa décence, alors qu'il n'était encore qu'un prisonnier pouilleux. Il repensa à la première fois où ils avaient été dans la même pièce sans être séparés par des barreaux.

A l'époque la faim, la vermine et l'humiliation de se retrouver à moitié nu, enchaîné devant ses ennemis, l'avaient mis hors de lui. Elle l'avait aidé à se laver, alors même qu'il avait sincèrement hésité à la mordre en plein visage, juste pour ne plus voir ses yeux plein de compassion posés sur lui. Cette humaine qui s'était tenue devant lui le fixant droit dans les yeux, malgré sa peur, l'avait impressionné.

Lorsque Rosanna avait appliqué la teinture sur ses cheveux, le contact vif et ferme l'avait surpris. La précaution qu'elle mettait à rendre l'opération le moins désagréable possible pour lui l'avait profondément perturbé. Il s'était attendu à ce que son contact répugne l'humaine, ou qu'elle n'en profite pour lui faire mal, mais ça n'avait pas été le cas.

Il avait dès le départ été frappé par le regard observateur que l'artiste posait sur lui. Au départ, les scrutations de la jeune femme le perturbaient grandement, et la curiosité maladive qu'elle démontrait à son égard encore plus. Pourquoi le dévorait-elle ainsi des yeux à chaque fois ? Avec le temps, il s'était habitué à la manière étrange que la jeune femme avait de le détailler, il s'y était même attaché.

Leurs longues discussions tandis qu'elle le croquait, lui manquaient aussi cruellement.

En trois mois, il ne l'avait vue que deux fois, et encore juste le temps de la saluer dans les couloirs.

Lui qui avait passé des années seul, sans parler à personne, voilà qu'il regrettait des discussions futiles avec une humaine !

Il sourit. Si on lui avait dit ce qu'il allait devenir en cherchant les Atlantes, il aurait tué sur le champ l'outrecuidant.

Rosanna lui manquait, mais il savait qu'elle allait bien. Leur lien ne leur permettait pas de communiquer sur de si longues distances, mais il en était sûr : elle était en bonne santé, et heureuse.

Il sortit de sous la douche et alla se chercher des vêtements propres. S'il avait farouchement conservé le long manteau sombre et les pantalons souples et solides de son peuple, il avait depuis quelques semaines définitivement adopté le T-shirt humain, qui était à la fois moins salissant et plus confortable que les hauts compliqués que les wraiths affectionnaient tant.

Une fois habillé, il s'installa à son bureau, le livre que le colonel Sheppard lui avait prêté pour qu'il pratique sa lecture, à la main.