Bonjour à toutes !

Avec un peu de retard sur la date prévue ( désolée ) voici le nouveau chapitre !

J'espère qu'il saura vous plaire autant que j'ai pris plaisir à l'écrire.

Comme à chaque publication, je remercie mes bêtas de choc, Maddy et Morgane, sans qui cette fiction ne serait pas la même.

Un grand merci à vous aussi, lectrices et revieweuses, anonymes ou non, pour vos messages que je lis avec grand plaisir !

Voilà j'en ai fini avec mon blabla, je vous laisse entre de bonnes mains.

Bonne lecture Mesdames, on se retrouve en bas pour vos rar's.

Fictionnement vôtre,

VivinChlotte.

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Maybe i'm foolish, maybe i'm blind (...)

J'suis peut-être fou, j'suis peut-être aveugle (...)

Take a look in the miror and what do you see,

Jette un coup d'oeil au miroir et dis-moi ce que tu vois,

Do you see it clearer or are you deceived, in what you believe. (...)

Tu vois les choses plus clairement ou es-tu déçu de ce en quoi tu crois. (...)

I'm no prophet or messiah, should go looking somewhere highter.

Je ne suis ni prophète, ni messie, vous devriez regarder plus haut.

Coz' i'm only human after all, you're only human after all,

Parc'que j'suis simplement humain après tout, t'es simplement un humain après tout.

Don't put the blame on me, don't put your blame on me,

Ne rejette pas le blâme sur moi, ne rejette pas ton blâme sur moi.

Human, Rag'n'Bone Man ( Traduction non officielle)

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Chapitre 35 : Let it be.

(NA : Le titre ne m'appartient, je l'ai emprunté à Monsieur McCartney et à ses complices, The Beatles.)

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15 Mai 1998, Environs du Loch Naver, Highlands.

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-Mais que fait cette foutue chauve-souris ?! S'agaça pour la trentième fois Sirius sous les yeux d'un Lucius, tranquillement assis sur un rocher couvert de mousse, une carte de la région étalée à ses pieds.

-Il est parti i peine vingt minutes. Laisse-lui le temps de survoler la zone. Il reviendra quand il aura fini d'inspecter cette vallée, répondit-il sans lever les yeux de la carte bardée de fanions marquant les zones restant à explorer et de croix signifiant qu'ils avaient fait chou-blanc.

Sirius alluma une énième cigarette avec le bout de sa baguette et reprit ses va-et-vient incessants, marmonnant dans sa barbe rendue broussailleuse par leurs six jours de recherche en pleine nature et leurs nuits à la belle étoile.

-On n'est pas loin... Ils ne sont pas loin... Je le sens ! Expira-t-il, sans réellement s'adresser à Lucius. Mon instinct me travaille, c'est le signe que nous touchons au but.

-Notre instinct à Severus et moi nous travaille aussi. C'est peut-être le signe que nous faisons fausse route et qu'il faut pousser plus loin vers le nord, tempéra Lucius en bougeant sur son rocher pour gagner une assise plus confortable.

Sirius arrêta subitement sa marche nerveuse pour fixer ses yeux noirs sur le patriarche Malfoy, toujours impassible, quoi qu'il se passe :

-Qu'est-ce que ça veut dire ça ?!

-Rien, si ce n'est que s'ils ne sont pas dans cette vallée comme Severus et moi le soupçonnons, alors il faudra poursuivre notre quête vers le nord, répondit tranquillement le patriarche en ajoutant, d'un habile tour de baguette, un nouveau fanion sur la carte.

Une seconde de silence passa avant que la pointe des bottes de Sirius n'apparaisse dans le champ de vision de Lucius, à deux pas de la carte étalée sur le sol mousseux de la clairière.

-J'aime pas ta façon de t'exprimer Lulu, siffla froidement l'animagus. J'arrive jamais à déterminer le niveau de confiance que je peux te vouer. Ca me hérisse et ça, crois-moi sur parole, c'est pas bon signe !

Lucius releva très lentement la tête et répliqua acide :

-Tu es une tête brulée Black et sur ce point précis, je donne entièrement raison à Severus ! Tu es incapable de faire la part des choses, comme d'habitude. Le passé est le passé. Il est mort et enterré. Je ne travaille à rien d'autre qu'à notre Salut qui arrive à grands pas ! Que m'importe que tu me fasses confiance, j'ai celle de ma Gardienne et ça me suffit.

-Tu as surtout la haine de ton fils ! Persifla le Gryffondor en tapant là où ça faisait mal au point que Lucius en tressaillit. Sans se laisser abattre, le patriarche contra froidement.

-Comme moi, tu as perdu tout ce qui comptait à tes yeux. Même ta liberté t'a finalement abandonné quand tu es entré à Azkaban et, comme moi, le séjour à l'ombre des Détraqueurs t'a fait comprendre bien des choses... Comme moi, il ne te reste que ton Gardien, le seul être qui voit en toi ce qu'il y a de meilleur. Ma Gardienne est comme ton Gardien. Elle voit le bon en moi, comme personne n'a jamais su le voir ! Ici, sur terre, les douleurs de la vie sont temporaires, elles ont une fin programmée et cette fin est proche pour nous trois... Je ne sais pas ce que tu attends du Grand Saut mais moi, pour mon éternité, je ne veux que douceur et chaleur.

Sirius en resta figé et surtout, muet, laissant ainsi tout le champ à Lucius pour mettre le souafle dans les anneaux :

-Pour obtenir ce que je veux, soit la tranquillité dans l'Après, il faut que je remplisse ma mission. Chercher et trouver Voldemort, c'est le premier pas vers Sa défaite. Je Le connais bien mieux que toi, je t'ai dit tout à l'heure qu'Il ne serait pas là, pour la seule et unique raison que jamais un être tel que Lui ne placerait son ultime retranchement à moins de vingt milles d'une ville moldue même si, comme tu l'as fait remarquer sa topographie est excellente ! Severus Le connait également et s'il a accepté d'aller survoler cette vallée, c'est uniquement pour te prouver que tu te trompes. Mais comme l'impulsif Gryffondor que tu es, tu refuses de nous écouter à cause de querelles qu'il serait grand temps d'oublier ! Voldemort est au nord, là où la faune et le climat sont hostiles !

L'écho d'un battement d'ailes se rapprochant de leur camp leur firent lever la tête vers le ciel alors que Severus se posait au sol et reprenait forme humaine.

-Alors ?! Le pressa immédiatement Sirius en s'approchant.

-Rien, annonça laconique le Descendant en échangeant un regard entendu avec Lucius.

-Mais c'est impossible ! Marmonna dans sa barbe Sirius en refusant d'admettre une vérité pourtant bien réelle.

Il reprit sa ronde et continua à grommeler pour lui-même, plus que pour les deux autres qui l'observait en silence.

-Cette vallée est parfaite, elle a un cours d'eau qui la traverse, elle est encaissée et entourée de montagnes donc difficile d'accès ! C'était l'endroit idéal pour établir un campement...

Il s'interrompit soudainement, se tournant vers Severus :

-C'est ta vision et ton sixième sens qui ne sont pas assez puissants pour les détecter, c'est tout ! Je vais y aller moi-même. Mon flair ne les manquera pas.

En voyant du coin de l'oeil les poings de Severus se serrer, Lucius lança tranquillement, les yeux rivés à la carte pour calmer les esprits :

-Ou bien, comme je le répète depuis ce matin, Il n'est effectivement pas là et nous perdons un temps précieux. Il faut poursuivre vers le nord.

-Il n'y a aucun problème avec mes pouvoirs Black, persifla froidement Severus en ignorant l'intervention du patriarche. Ils seront à leur apogée jusqu'au jour de ma mort, tout comme les tiens et ceux de Lucius. En revanche ce qui pose problème c'est la ville moldue toute proche ! Va renifler la zone si ça te chante, Lucius et moi, on va reprendre les cartes et cibler plus au nord.

Le Maître des Potions les quitta sur ses mots et regagna à pas vifs la tente leur servant de QG en marmonnant :

-Foi de Serpentard, nous allons les trouver ou je ne m'appelle plus Severus Rogue ! Et ce n'est pas un imbécile de Gryffondor qui m'empêchera...

Les pans se refermèrent derrière lui étouffant ses sarcasmes alors que Lucius roulait la carte étendue à ses pieds en demandant à Sirius :

-Qu'est-ce que tu fais le galeux ? Tu t'entêtes ou tu viens chercher avec nous là où ton flair nous sera vraiment utile ?

En n'obtenant pas de réponse, Lucius s'engagea finalement en direction de la tente mais un grommellement résonna dans son dos le coupant dans son élan :

-J'fume une clope et j'arrive, abdiqua finalement le Gryffondor en entendant enfin raison mais sans se départir d'un naturel bien difficile à chasser. A défaut de bourbon, il me faut un minimum de nicotine dans l'sang si t'espères que j'supporte le ténébreux mal embouché toute la nuit.

Un sourire en coin échappa à Lucius avant qu'il ne s'engage à nouveau en direction de la tente, murmurant le regard aux cieux pour conclure :

-Et voilà le travail.

Dans le silence du crépuscule, depuis le sommet d'un cèdre, un corbeau coassa subitement et quitta son perchoir pour s'envoler vers le nord. Il avait un message à transmettre et il repartait satisfait du devenir des Descendants.

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Nuit du 15-16 Mai 1998, Territoire des hordes.

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Depuis le haut de son trône où ses yeux rouges se promenaient sur Sa Table vide, Il attendait presque avec impatience le retour de ses troupes. Cette nuit se jouait la première des deux batailles visant à Lui assurer une emprise totale sur le monde sorcier britannique. Sa première attaque serait flamboyante et marquante pour la populace londonienne. Elle instaurerait Sa terreur et on Le craindrait, comme jamais on ne L'avait craint auparavant. Il avait pour Lui une puissance incroyable et surtout la faveur de ces dieux anciens auxquels Il n'avait jamais réellement cru. Mais aujourd'hui tout était différent, Il était différent et Il le savait. Par trois fois, Ses runes lui avaient assuré un succès retentissant et Il leur accordait bien plus de crédit qu'aux divagations fumeuses d'une quelconque boule de cristal.

Un presque sourire étira Ses lèvres alors que les pans de Sa tente s'ouvraient sur la nuit noire et que Ses Généraux-En-Chef, encore en habits, se présentaient devant Lui.

Grandiloquent, Il se leva de son trône qui serait très bientôt d'un tout autre acabit et les accueillit à bras ouverts :

-Ellroy, Octavius ! Quelles sont les nouvelles de la Traverse ?

Courbés au pied du trône, comme l'étiquette le leur imposait, c'est Octavius qui le premier annonça :

-Elles sont excellentes Maître. Tout s'est déroulé comme prévu. Les loups ont emprunté le passage, comme Votre Grandeur l'avait prédit. Les barrières ont été apposées et le feu déclenché. La population, en fuyant, devra passer devant le Chicaneur qui est sur le point d'exploser. Le piège est en place et nos hommes devraient rentrer d'ici peu.

-Parfait ! S'exclama le Lord en frappant dans ses mains faisant ainsi apparaître un elfe, chargé d'un plateau contenant deux coupes que la créature présenta aux Généraux se relevant.

-Buvez à Ma gloire, messieurs ! Vous l'avez bien mérité.

Fiers d'être ainsi reçus et félicités par leur Maître, les deux hommes s'emparèrent des coupes de cristal ciselées et les levèrent bien haut, alors qu'Ellroy portait un toast :

-A Votre réussite Maître, qu'elle soit flamboyante et totale !

-Elle le sera, j'en suis certain, ajouta Octavius sous les yeux acérés de Voldemort qui arborait un rictus oscillant entre satisfaction et machiavélisme.

Les deux hommes vidèrent leurs verres d'un bel ensemble alors que dans l'ombre de sa capuche, les yeux rouges se faisaient victorieux et qu'il sifflait doucement :

-Comme cela a été facile de vous soumettre Messieurs...

Une seconde plus tard les deux hommes lâchaient leurs coupes qui se brisèrent en touchant le sol et portèrent leurs mains à leurs gorges déjà noires et gonflées. Ellroy tentait d'arracher son col pour respirer tandis qu'Octavius s'avançait vers Son Maître, les yeux remplis d'incrédulité, cherchant vainement à parler.

-Non... Ne luttez-pas, siffla sournoisement Voldemort en s'approchant lentement de ses Généraux. Vous m'avez servi dans le passé mais je vois clair dans votre jeu depuis bien longtemps. Votre foi n'a plus cette ardeur, propre à lajeunesseet vos intérêts priment sur les miens... Vous comprenez que notre belle alliance ne peut désormais plus fonctionner ainsi, n'est-ce pas ?

Octavius, avec l'énergie du désespoir se traîna aux pieds de son Maître et bafouilla difficilement, de la salive teintée de sang noir coulant sur son menton :

-P... P... Pan...

-P... P... Pansy ? Se moqua le Lord en s'accroupissant auprès de lui alors qu'Ellroy Zabini s'effondrait au sol pour y convulser et mourir en répandant au sol un flot de salive teinté de sang.

-Et voilà que surgit l'épineux problème de la filiation, souffla le Lord. Mais vois-tu Octavius, malgré ce que je t'ai promis, ta fille ne m'intéresse plus. Qu'elle soit morte, torturée par mes ennemis, enfermée dans une sombre cave ou condamnée à perpétuité à Azkaban m'importe bien peu désormais. Elle devait me donner un enfant et elle a failli à sa mission. Ceux qui ne sont pas à la hauteur ne méritent pas d'être à Mes côtés... Toi et ta fille ne l'avaient jamais été Octavius et c'est pour ça que tu meures aujourd'hui.

Les yeux du patriarche Parkinson se révulsèrent dans leurs orbites, un jet de sang noir s'échappa de sa bouche, un ultime et lugubre gargouillement résonna dans la tente et la mort l'emporta alors que Voldemort souriait, pleinement satisfait de la purge programmée de Sa Table qui ne faisait que de débuter.

Doucement, Il se releva, enjamba le cadavre encore frais de Parkinson en frappant une nouvelle fois dans Ses mains. Un elfe apparut alors que le Lord reprenait place sur Son trône.

-Débarrasse-moi de ça, vermine, ordonna-t-Il accompagné d'un dédaigneux geste de la main.

Un claquement de doigts résonna et les deux corps disparurent tandis que Voldemort tirait un torque d'argent d'une poche dissimulée dans ses larges robes noires et ajoutait en lançant l'objet en direction de l'elfe qui le rattrapa au vol :

-Mets à la louve récalcitrante ce collier et sors-la de sa cage. Récure-la de la tête aux pieds et enfile-lui une robe convenable, blanche de préférence. Si elle tente une nouvelle fois de s'enfuir, laisse la magie du bijou opérer et répare les dégâts physiques du mieux que tu pourras. Il faut qu'elle soit présentable. Prépare aussi tout ce qu'il faut pour accomplir le rituel de fécondité et un bain pour Blaise Zabini. Assure-toi qu'il se lave correctement avant de Me l'amener. Quant à ceux qui siègent à cette Table, ajouta-t-il en la désignant d'un geste de la main, Rosier, Rockwood, Flint, Finley... Une goutte du Calice de la mort, associée à une goutte de venin d'accromentule dans leur collation de retour devrait faire l'affaire. Tâche de n'oublier personne et garde leurs cadavres au frais. Je ne voudrais pas que mes inféris soient en décomposition pour leur première sortie officielle, siffla-t-il accompagné d'un affreux rictus.

L'elfe se garda bien de dire un mot et acquiesça docilement avant de s'évaporer. Du travail l'attendait.

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16 Mai 1998, Bureau du Premier Ministre, Ministère de la Magie.

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Sur le bureau du Ministre de la Magie, s'étalaient les multiples notes des renseignements arrivées au cours de la nuit ainsi que les premiers rapports des agents de terrain. La tête entre les mains, Kingsley, croulait sous les informations parfois contradictoires mais alarmantes concernant les évènements de la nuit.Jusqu'à maintenant, toutes confirmaient la présence de la Marque des Ténèbres flottant sinistrement au-dessus de la Traverse ravagée après les incendies, les explosions et le passage des loups. Les tous premiers comptages faisaient état d'une centaine de victimes et leurs nombres augmentaient encore. Une soixantaine de blessés se trouvaient à Sainte-Mangouste dont trente-trois dans un état critique.

Harris était rentré au Ministère à trois heures du matin pour faire son rapport, blessé au bras, la pointe des cheveux roussis et trempé de la tête aux pieds mais presque indemne, grâce à la Gardienne et à son bouclier surpuissant, avait-il dit. Selon son plus fidèle agent, sans la présence des enfants des Dieux, cette nuit aurait été encore plus sanglante qu'elle ne l'avait été.

Depuis le fauteuil de velours qu'il avait détrempé, Harris avait raconté comment Hermione avait habillement encerclé puis circonscrit et enfin noyé, grâce à une vague maîtrisée par les vents favorables, le Feudeymon ravageant les Embrumes. Il lui avait aussi rapporté la combativité de la Lionne face aux loups et aux Mangemorts ce qui avait permis à Powell d'organiser la fuite d'une soixantaine de civils qu'Harry et Mafloy avaient, par la suite, empêché d'être fauchés par l'explosion du Chicaneur. C'était aussi grâce à eux trois qu'une barrière entre moldus et sorciers avaient pu être rematérialisée. Après le départ de son agent qu'il avait envoyé prendre un repos bien mérité, Kingsley n'avait pu qu'adresser une prière de remerciement aux Dieux anciens qui les protégeaient de la folie d'un homme qui n'en était plus un.

Subitement fatigué, le Ministre retira ses lunettes de travail et regarda sans la voir l'aube qui rougeoyait à peine ses fenêtres magiques quand Elfrida Cragg, une ancienne Chef du Conseil des Sorciers, renversa brusquement la tasse de thé qui lui tenait compagnie dans son tableau en sautant sur ses pieds :

-Monsieur le Ministre ! Ils arrivent ! Eut-elle le temps de lui dire avant que son tableau ne pivote, révélant le passage de la cheminée qu'elle gardait.

Kingsley, mu par ses réflexes d'Auror, s'empara de sa baguette et quitta précipitamment son bureau encombré et les notes qui l'occupait pour se placer face au passage qui n'avait pas servi depuis que Fudge avait quitté les lieux. Du boyau sombre émergèrent alors deux personnages qu'il aurait préféré ne pas recevoir dans ce genre de situation mais la barrière entre les deux mondes étant tombée pour quelques minutes, il n'était au fond pas si surpris de leur visite matinale impromptue.

Après tout, il avait fallu déléguer une équipe de Langues-de-Plomb nouvellement rattachés à sa personne pour renforcer la barrière mise en place par les Gardiens et modifier les souvenirs d'une cinquantaine de moldus, témoins de ce qui était pour eux, l'explosion d'une conduite de gaz.

-Majesté, s'inclina respectueusement le sorcier devant cette dame qui, malgré son âge, en imposait avant de tendre une main franche à son homologue moldu qu'il salua d'un diplomatique :

-Monsieur Blair.

-Confrère, lui répondit celui-ci d'un ton pincé tandis que la Reine s'approchait du feu, tendant ses mains pour se réchauffer.

Déstabilisé par leur présence, Kingsley en perdit sa prestance politique et il fallut qu'Elizabeth le rappelle à ses devoirs avec un flegme, on ne peut plus britannique :

-Et bien Monsieur Shacklebolt, faîtes nous amener du thé. Pour le genre de conversation qui nous attend, un peu de chaleur nous fera le plus grand bien.

Tony Blair esquissa un petit sourire et s'installa, sans qu'on ne l'y invite dans un fauteuil, non loin de la Reine, alors que Kingsley appelait :

-Missy ! Du thé !

Un elfe en uniforme du Ministère apparut une dizaine de secondes plus tard, chargé d'un plateau et de biscuits secs qu'il déposa sur une console avant de disparaître accompagné de son craquement distinctif. La Reine, elle, ne cilla pas contrairement à son Ministre moldu qui se tortilla sur son siège, mal à l'aise, face à cette magie qu'il ne connaissait que très peu et qu'il avait découvert lors de sa prise de fonction, deux ans plus tôt, en même temps que les codes nucléaires.

Voyant qu'aucun des deux hommes ne bougeait, la vieille dame se détourna de la cheminée, retira son manteau de tweed qu'elle posa sur le dossier d'un fauteuil avant de s'y asseoir pour faire le service, tout en annonçant :

-Mon père, le très regretté Georges VI, a connu deux Guerres Mondiales et mené notre pays à la victoire au prix de grands sacrifices. C'est pourquoi, j'ai toujours oeuvré pour que la paix soit préservée mais aujourd'hui, une guerre nouvelle nous menace. Je ne peux que m'en inquiéter, d'autant que c'est l'entièreté de mes sujets qui risquent une guerre fratricide, dit-elle en posant une tasse devant chacun de ses Ministres qui restèrent docilement muets et attentifs alors qu'elle reprenait :

-J'ai prêté serment devant le Dieu Chrétien mais aussi et beaucoup plus discrètement, devant Merlin et Morgane, dit-elle en braquant ses yeux, tour à tour, en direction de ses Ministres. Protéger ce pays dans ce qu'il a de plus global est le premier de tous mes devoirs... Mais gouverner n'est pas une chose aisée Messieurs, vous le savez sans doute et nous devons, tous les trois, faire en sorte que ce pays reste uni. Vous avez été élus pour ça.

La Reine remplit sa propre tasse, s'empara d'un biscuit à l'orange alors que ses Ministres échangeaient un regard puis elle ajouta :

-Hier soir aux alentours de vingt-trois heures, le tableau du Chevalier de Gryffondor, accroché dans mon bureau de travail, s'est brusquement animé, causant une peur bleue à l'un de mes employés. Et figurez-vous, Monsieur Shacklebolt, qu'à la même heure, au 10 Downing Street, le portrait de la très belle "Damoiselle aux Serres d'Aigle" en faisait autant. Ces deux artefacts magiques nous ont alertés que des évènements d'ampleur se déroulaient de votre côté. Deux heures plus tard, nos agences de renseignements, le MI-5 et le MI-6, nous rapportaient l'explosion d'une conduite de gaz dans une rue moldue qui s'avère être adossée au Chemin de Traverse. Des précisions à apporter à ces nouvelles ?

Kingsley, déstabilisé par la tirade royale et par le fait que la Magie avait décidé par Elle-même de prévenir les moldus, déglutit difficilement. Pour se donner le temps de la réflexion, il s'installa à son tour dans un fauteuil et prit la tasse posée devant lui. Si la Magie s'animait dorénavant sans l'aval des sorciers, alors peut-être que le réveil soudain des portraits venaient de plus haut... Peut-être même que les Dieux cherchaient à lui montrer une voie qu'il n'avait pas pensé à exploiter... Et c'est finalement par une vérité brute qu'il répondit :

-Majesté, mes services et moi-même ne sommes pas à l'origine de l'alerte lancée par les portraits résidants dans vos demeures... Personne ne contrôle ce type de magie à part peut-être les Dieux eux-mêmes. Je pense que vous n'êtes pas là, de bon matin, par hasard et qu'il est de mon devoir de vous dire que la situation est à la fois pire et plus complexe que lors de notre dernière rencontre.

-A Noël vous m'avez assuré que vous maitrisiez la situation... Que s'est-il passé, Monsieur le Ministre ? Interrogea-t-elle froidement.

Kingsley passa une main nerveuse sur son visage et avoua :

-Depuis Noël, Voldemort a commandité un attentat à Pré-au-Lard en corrompant la Directrice de la Justice, Dolorès Ombrage. Depuis nous avons découvert que nos agents secrets, les Langues-de-Plomb et notamment une section de la branche "active", étaient liés à Ombrage grâce à un serment magique. Or, cette section était présente au Pré et a laissé les Aurors se charger du centre-ville sur ordre d'Ombrage. Ils sont tombés dans une embuscade dont ils n'ont pu en réchapper que grâce à la présence d'Hermione Malfoy qui a repoussé et éradiqué les Mangemorts retranchés sur la place...

-Qui est cette femme ? L'interrompit la Reine en dardant son regard impérial sur Kingsley.

Un silence de plomb tomba sur le bureau et la sueur perla aux tempes du Ministre à l'idée d'expliquer à ces deux moldus-là qui était réellement Hermione Malfoy.

-Parlez sans crainte, l'incita plus doucement Elisabeth en sentant tout le malaise que sa question avait fait jaillir.

Kingsley jeta un rapide coup d'oeil à son homologue moldu et comprit qu'il ne faudrait pas compter sur son aide. Sous pression, il déboutonna subitement le col de sa robe de sorcier et rassembla son courage de Gryffondor pour annoncer, non sans un certain brio :

-Aussi fou que cela puisse vous paraître Majesté, Hermione Malfoy est la fille des Dieux qui ne sont plus que des légendes pour vous, Merlin et Morgane. Ceux-là même devant lesquels vous avez prêté serment et qui ont mis sur le trône d'Angleterre le tout premier roi reconnu par les sorciers et les moldus, le très célèbre Arthur. Vous occupez aujourd'hui Son trône et vous êtes porteuse de Son héritage. Ils nous ont envoyé leur fille, elle est un espoir que nous n'attendions plus.

Son homologue moldu laissa échapper un rire nerveux mais voyant qu'il s'attirait un regard noir de la Reine, il se tassa sur son fauteuil alors que Kingsley précisait :

-Elle n'est cependant pas la seule qu'Ils nous aient envoyé ou renvoyé. Sept sorciers ont été désignés par une prophétie à laquelle j'ai moi-même eu accès et qui date d'il y a mille ans.

Le fauteuil supportant le Ministre moldu craqua attirant brièvement le regard de Kingsley sur son homologue qui se tenait dorénavant assis au bord du fauteuil, la mine attentive.

-D'abord il y a les Gardiens avec Hermione Malfoy, née Granger, la fille de Merlin et de Morgane, meilleure sorcière de sa génération, née et élevée dans le monde moldu, elle a déjà spirituellement voyagé dans le monde des morts. Vient ensuite, son mari, Drago Malfoy, le fils de Morgane, un grand aristocrate issue d'une lignée de sorciers au sang-pur remontant aux racines de notre monde. Et enfin, Harry Potter, un sorcier talentueux ayant déjà vaincu une fois Voldemort, c'est un brillant sang-mêlé qui est le fils de Merlin. S'ajoute à cette divine triade, les Descendants : Lucius Malfoy, le père de Drago mais aussi le parrain magique d'Hermione, Severus Rogue, le parrain de Drago et Sirius Black, le parrain d'Harry.

-Nous en sommes à six, Shacklebolt, pointa justement le moldu.

Les yeux rivés à ceux de la Reine qui connaissait le personnage, il répondit :

-Le dernier étant leur guide à tous, Albus Dumbledore, Directeur de Poudlard. Je suis désolé de vous apprendre, Majesté, qu'il a été assassiné par Blaise Zabini, un proche de Voldemort, il y a quatre mois lors de l'attentat du Pré.

La Reine fronça les sourcils et commenta :

-Que les Dieux aient son âme. Monsieur Dumbledore était un homme sage et avisé.

Le silence s'installa sur ces mots. Kingsley but une gorgée de son thé dorénavant tiède alors que la Reine murmurait, un peu ailleurs :

-Des enfants des Dieux, dîtes vous ?... Envoyés pour sauver les sorciers ? Cela ne vous fait pas curieusement penser à la propre mission de notre Christ sur Terre, Monsieur Blair ?

-Il n'y a rien de comparable, Majesté, annonça le Ministre, pincé, avant de relancer. Donc, cette fameuse Hermione Malfoy, fille de vos soi-disant Dieux, a sauvé vos Aurors d'une mort certaine à Pré-au-Lard ? Très bien. Arthur, Lancelot, le Dragon et la Dame du Lac soient loués, ironisa-t-il avant d'attaquer. Mais cette... Ombrage, accusée de traîtrise, qu'advient-il d'elle ? Je parie, vu votre malaise, qu'elle est toujours au pouvoir et que vous n'arrivez pas à vous dépatouiller d'elle ?

Kingsley encaissa le coup bas et répondit calmement en ne s'adressant qu'à Elisabeth, buvant impassiblement son thé :

-Des affaires de corruption sont sorties dans la presse mettant au jour une vaste gangrène ministérielle. L'opinion publique a manifesté en masse et poussé le Magenmagot à me voter les pleins pouvoirs parce que je leur ai promis de faire le ménage. Elle et les hommes qui lui sont liés par contrat magique sont actuellement en garde à vue dans les geôles du Ministère et interrogés. Cependant le Magenmagot reste une alliance instable et mouvante, encore en partie corrompue par l'ombre des Ténèbres. Je ne suis pas sûr que la majorité vote la mise en détention de la Directrice et de trente hommes... Mais évidemment l'opinion publique ne comprendra pas. La rue est instable et pourrait exploser à la moindre étincelle... Et il est en aucun cas possible de relâcher dans la nature des as de la baguette connaissant sur le bout des doigts notre fonctionnement et qui, en plus, sont liés via un serment irrévocable à leur Directrice et donc à Voldemort.

La Reine fronça un peu plus des sourcils et un plis soucieux assombrit son visage ridé.

-Comment ça, irrévocable ? Intervint une nouvelle fois Blair, prenant maintenant totalement au sérieux son homologue au vue de l'expression inquiète qu'arborait leur souveraine.

-En magie, Monsieur Blair, expliqua patiemment Kingsley, "irrévocable" est à prendre dans son sens littéral.

-Cela veut dire que seule la mort pourrait mettre fin à l'engagement, précisa lugubrement la Reine.

Le Moldu afficha cependant un air réfléchi. La Reine regarda tour à tour ses Ministres et souffla sur son thé avant de demander, très doucement dans le silence pesant :

-Imaginons que pareille situation se présente chez nous, que se passerait-il Monsieur Blair ?

Le bruit lointain du coucou, accroché à côté dans l'antichambre, marqua six heures et il répondit gravement :

-De notre côté, dans pareil cas, il ne fait aucun doute que les Directeurs du MI-5 et 6, Votre état-major et moi-même, nous proposerions une série d'assassinats ciblés perpétrés par un ou plusieurs agents habilités "Double Zéro". Une mission non officielle qui ne laisserait pas de traces et qui serait des plus efficace pour protéger le royaume.

-On parle d'assassiner une trentaine d'hommes, légalement employés par mon Ministère et une Directrice de Département qui est l'équivalent de votre Ministre de la Justice. Comment voulez-vous que ça ne laisse pas de traces, Blair ?! Ce n'est ni plus ni moins qu'une purge !

-Malheureusement des accidents et des suicides surviennent chaque jour, plaça doucement la Reine avant de boire une gorgée de thé alors que Blair proposait du tac au tac, dévoilant ses talents de politicien pour rebondir :

-Si vous répugnez à utiliser les assassinats ciblés, forcez votre Magentruc à les placer en détention pour trahison quitte à les payer pour ça... Vous avez bien une caisse noire dans votre Ministère, non ? Servez-vous-en. Les forces de l'ordre ne font jamais de vieux os en prison, c'est bien connu. La racaille saura réduire le danger qu'ils incarnent au silence.

La Reine approuva le moldu d'un bref hochement de tête et conclut :

-Leur sort est entre vos mains Monsieur Shacklebolt, vous connaissez votre monde mieux que nous et je ne doute pas de votre capacité à gouverner les sorciers... Donc Voldemort est revenu et nous en sommes certains puisqu'il a corrompu le Ministère de la Magie. Je suppose qu'Il est à l'origine des évènements de cette nuit ?

Presque apeuré par la lourdeur des décisions qu'il lui faudrait bientôt prendre, Kingsley poursuivit mécaniquement son récit :

-Nous avions une taupe chez les Mangemorts en la personne de Drago Malfoy qui nous a rapporté l'imminence d'une attaque sur le Chemin de Traverse. Nous avons organisé au mieux la défense mais nous avons failli par manque d'informations sûres. Des loups garous ont attaqué la population en déferlant sur les terrasses bondées des restaurants faisant au bas mot une centaine de morts...

-Quand vous dîtes loups-garous, Shacklebolt..., intervint Blair sans finir sa phrase.

-Je parle d'hommes capables de se changer en loup la pleine lune venue et qui perdent toute conscience humaine quand ils embrassent leur forme animale. Les premiers rapports parlent de corps démembrés, de gorges arrachées et d'un tas d'autres mutilations que même nos médicomages ne sauraient soigner.

D'un mouvement de baguette, Kingsley fit venir à lui les rapports en question et les posa devant Blair qui contempla les clichés mouvants en frissonnant d'horreur.

-Qu'est-ce donc que cela ? Demanda-t-il en pointant du doigt un cliché du ciel, obscurci par des nuages teintés de vert.

-Il s'agit de la Marque de Ténèbres, voilà La preuve que Voldemort est à l'origine de l'attentat, c'est Sa signature. Elle a été lancée au-dessus des ruines d'un journal satirique qui s'opposait ouvertement à Lui et qui a été pulvérisé par des potions explosives du même genre que celles ayant servi lors de l'attaque du 10, Downing Street à Noël. C'est à cause de ces potions que la barrière entre le Londres moldu et sorcier est tombée. Et c'est uniquement grâce à la puissance magique des Gardiens, présents sur place, qu'elle a pu être rematérialisée en quelques minutes. Ils ont sauvé des centaines de personnes cette nuit.

Elisabeth s'empara à son tour des clichés sanglants et les observa sans ciller, habituée qu'elle était à contempler, depuis presque quarante ans, les horreurs que les Hommes engendraient.

-Elle est tout à fait similaire à celle lancée en 1994, lors de la Coupe du Monde, commenta-t-elle.

-Comment ça comme en 1994 ? Intervint Blair. C'est déjà arrivé ? Comment se fait-il que je ne sois pas au courant de ces évènements ?!

-Oui c'est déjà arrivé et votre prédécesseur a classé cette affaire "secret défense". Cela fait vingt ans que ça dure, précisa la Reine en reposant les clichés. C'est pour ça qu'il est grand temps de montrer à cet odieux personnage que Mon royaume n'est pas Son terrain de jeu et que Mes sujets ne sont pas des pantins dont Il peut tirer les ficelles comme bon Lui semble. Quelles sont vos propositions Shacklebolt ? Comment pourrions-nous nous débarrasser de Lui au plus vite ?

-Miser sur les Gardiens et leurs Descendants me semble être la meilleure solution Majesté. D'après la prophétie, dont je ne doute pas un seul instant de la véracité, ils sont les seuls à pouvoir Le tuer mais cela doit se faire d'après des règles magiques très précises.

-Quelles sont-elles, ces règles ? Demanda Blair.

-Il faut attendre le solstice d'été pour Le vaincre et Sa mise à mort se déroulera à Stonehenge, souffla Kingsley. Il nous faudra votre aide pour sécuriser la zone archéo... archéolominique et empêcher tout moldu d'approcher.

-Il suffira de fermer les accès au site sous prétexte de fouilles. Les forces spéciales pourraient encercler la zone par mesure de précaution pour éloigner d'éventuels curieux, proposa la Reine alors que le Ministre moldu fronçait les sourcils à l'évocation du site archéologique.

-Il y a quelques semaines de cela, la communauté scientifique m'a adressé un courrier, par la voix de l'association "Les scientifiques de Britania". Ils m'informaient qu'un des leurs était mort brûlé vif dans sa cabane de pêche... Les détails précis de ce fait divers m'échappent, mais je me souviens que sur les conseils de mon directeur de cabinet, soucieux de ne pas se mettre à dos "les cerveaux", nous avons demandé le rapport de la police locale. Notre surprise a été grande de découvrir que le MI-5, en charge de la sécurité intérieure, avait diligenté des enquêteurs sur place tant la mise en scène du bûcher faisait penser à un acte rituel sataniste. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, ce scientifique avait une réputation de farfelu mais ses thèses, elles, étaient on ne peut plus sérieuses. Ils s'intéressaient aux cercles de pierres, notamment Stonehenge... Pourrait-il y avoir un éventuel rapport avec votre monde ?

Surpris d'apprendre une telle information, Kingsley se figea et répondit :

-Je l'ignore... Il faut envoyer des agents sorciers sur place, avec un sortilège de réminiscence, nous saurons avec exactitude ce qu'il s'est passé dans cette cabane de pêche.

-Vous parlez sérieusement d'envoyer des sorciers pratiquer la magie dans le monde moldu et ce à la vue de tous, Shacklebolt ? Interrogea Blair en se tournant vers la Reine en quête d'un appui qui ne vint pas, préférant laisser Kingsley répondre par lui-même :

-Je ne vais pas envoyer n'importe qui et je ne le ferai qu'avec l'accord de sa Majesté, répliqua froidement Kingsley en reposant soudainement sa tasse de thé froid. Pour le moment, aucun moldu, à part vous et la Reine, ne sait que nous existons ! Mais ça ne durera pas si nous ne sommes pas capables de coopérer. L'attentat de la Traverse était un avertissement, Son courroux sera bien pire que ça, soyez-en certain. Mon meilleur agent, Gregg Harris, est un né-moldu, j'ai toute confiance en lui et il connait votre monde, je voudrais qu'il ait accès au rapport de votre MI-5...

-Faisons mieux que ça, intervint la Reine en reposant sa tasse vide. Je veux que vos Gardiens et votre meilleur homme, ce Harris, se chargent de cette réminiscence, en toute discrétion, cela va de soi. Mais je veux également que le chef du MI-5 en qui j'ai toute confiance, Rumsfeld, soit briefé sur le danger que représente Voldemort pour la population moldue. Je compte sur vous Messieurs pour mener ces tâches à bien.

La vieille dame darda sur ses deux ministres un regard qui n'admettait pas de réplique et ils hochèrent docilement la tête alors qu'elle ajoutait :

-Vous m'informerez rapidement des résultats et de vos avancées. Monsieur Blair, la boîte mail sécurisée fera l'affaire. Monsieur Shacklebolt, envoyez-moi un sorcier pour faire raccorder ma cheminée à la vôtre... La patience n'étant pas une de mes vertus, j'attends de vos nouvelles au plus vite Messieurs.

La Reine quitta son fauteuil et renfila son manteau.

-Merci pour le thé Monsieur Shacklebolt et excusez-nous pour le dérangement, la prochaine fois nous nous annoncerons, dit-elle en boutonnant sa veste. Monsieur Blair, allons-y, il est temps que je regagne Buckingham. On va se demander où je suis passée et Philippe n'aime pas quand je suis en retard au petit-déjeuner.

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16 Mai 1998, Territoire des hordes.

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L'aube brumeuse du nord des Highlands éclairait à peine l'intérieur de la tente où régnait à présent une douce torpeur tranchant avec les ébats houleux, ayant eu lieu quelques heures plus tôt, visant à assurer au Lord une descendance que Pansy n'avait pas été en mesure de Lui donner. Dans le calme ambiant, c'est une main calleuse se posant brusquement sur l'homme qui le réveilla en le tirant violemment au bas du lit.

A demi réveillé, le corps courbaturé et encore groggy par le rituel éprouvant de la veille, Blaise ne réagit pas à temps pour empêcher un bâillon de le réduire au silence. Surpris par l'attaque inattendue et dépourvu de sa baguette, restée sous l'oreiller, il fut incapable d'éviter et de contrer les poings massifs qui se déchainèrent contre sa personne. Sans vraiment comprendre d'où venait l'attaque qui le prenait pour cible, Blaise, aussi nu qu'au jour de sa naissance, tenta de se protéger le corps en se roulant en boule, exposant son dos aux coups de pieds vicieux qui lui martelaient les reins et lui arrachaient des cris étouffés par le bâillon.

On l'attrapa par les cheveux, tirant douloureusement sur son cuir chevelu pour dégager son visage du creux de ses bras et permettre à une pointe de pied botté de rencontrer son nez. La douleur et le choc lui firent voir des étoiles et manquèrent de lui faire perdre connaissance, son sang coula dans sa gorge et il émit un gargouillement inintelligible alors que la pluie de coups reprenait. Il sentit sa mâchoire céder sous un énième coup de talon, plusieurs de ses côtes se brisèrent à leur tour lui arrachant un cri étouffé mais agonisant.

Quand enfin après dix minutes de passage à tabac qui lui parurent durer des heures, ses assaillants en finirent, ils grognèrent à son oreille :

-On n'est pas sorciers et nous, contrairement à vous, on a qu'une parole mais parfois il faut savoir jouer sur le même tableau que l'Ennemi. Sache que tout se paye tôt ou tard, sale Mangemort.

Un dernier uppercut, balancé par un poing rageur sous son menton acheva de le faire basculer dans l'inconscience pour de bon. Ainsi, Blaise venait d'apprendre à ses dépens qu'exécuter aveuglément les ordres pouvait parfois avoir des conséquences. Dans la pénombre, ses agresseurs profitèrent de son état comateux pour détacher la louve à demi-consciente des montants du lit et lui souffler :

-Tysha ?... Tysha ?! ... C'est Sköll... Tiens, bois un peu, ça va te faire du bien.

Une corne fut portée à ses lèvres et un liquide amer lui coula dans la gorge.

-Com... Comment va... F... Fr... Freki ? Bredouilla-t-elle difficilement en s'écroulant sur les fourrures du lit, son corps ne la supportant plus.

Après avoir passé dix jours enfermée dans une cage dont on ne l'avait sorti que pour un rituel de magie noire et un accouplement qu'elle n'avait absolument pas désiré, la faiblesse, l'épuisement mais aussi l'abattement marquaient dangereusement son corps et son esprit.

-Notre Alpha n'a pas du tout aimé que ton loup se rebelle contre lui et son alliance avec Voldemort. C'est pour ça que Geri t'a donnée à Lui, il voulait se venger de la défiance de Freki. Hier soir, Zabini a été promu Général en Chef et Fenrir Greyback Général en second "à la tête des hordes". Ton loup est en cage, ainsi que d'autres mutinsmais la lutte s'organise ma belle, la parole se répand et je vais te sortir de là.

Joignant le geste à la parole, Sköll referma ses bras autour du frêle corps de sa soeur pour l'emmener avec lui mais elle para doucement son geste en soufflant dans la pénombre :

-Non Sköll, le collier est ensorcelé. Il m'empêche de fuir...

Immédiatement les larges mains du loup se posèrent sur la pièce de métal qui lui cerclait le cou, utilisant sa force de bête pour l'arracher, en vain.

-Ca aussi j'ai... déjà essayé, murmura-t-elle encore plus faiblement avant d'ajouter, rivant ses yeux à ceux de son petit frère :

-Il est trop tard pour nous Sköll... Freki et moi, on est perdu et tu le sais... Les sorciers sont trop forts mais toi, mon frère, tu peux encore t'en sortir. Fuis au plus vite la Horde !

-Sköll ! Appela un loup faisant le guet depuis l'entrée de la tente. Le jour va se lever, il faut partir.

Le jeune loup, les yeux fixés à ceux éteints de sa soeur, hôcha brièvement la tête et ajouta pour elle seule :

-Les loups n'abandonnent jamais les leurs et tu le sais. Je reviendrai te chercher et ils payeront pour ce qu'ils t'ont fait Tysha.

Avec force il pressa ses lèvres sur le front de sa soeur et quitta les lieux à regrets. Le commando lupin se dispersa silencieusement entre les tentes, laissant derrière lui, deux corps mutilés au bon soin des elfes qui les découvriraient, le matin venu. Elle, enroulée dans les fourrures, lui, gisant dans une marre de pisse et de sang.

D'un sapin en bordure du camp, un corbeau aux ailes noires et luisantes coassa dans l'aube naissante et s'envola en direction du sud, satisfait de la façon dont se déroulaient les évènements. Sous peu, la rancoeur contaminerait les meutes les unes après les autres. Il était temps de montrer la voix aux Descendants.

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20 Mai 1998, Le Chicaneur.

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Alors que le monde sorcier est sous le choc, désemparé et abattu après l'attentat perpétré ce week-end, nos larmes coulent pour les morts innocents fauchés par la cruauté et nous nous joignons aux prières pour le rétablissement de tous les blessés.

Mais la triste réalité de notre situation ne doit pas nous abattre. Nous ne nous soumettrons pas à la tyrannie. Sa Marque peut bien rayonner dans la nuit et instaurer la terreur dans les coeurs, elle ne sera jamais capable de faire de l'ombre à la lumière et de noircir nos esprits. Nous sommes la voix de la Résistance, contre les obscurantismes de tous bords et c'est ce qui nous a valu d'être détruit... Enfin ça, c'est ce qu'ils pensent parce que nous sommes toujours là ! Fidèles au poste, plume à la main, prêts à combattre pour vous transmettre de l'information de qualité !

Parce qu'à l'instar d'un phoenix, nous saurons renaître de nos cendres pour continuer à vous informer, vous, les sorciers que Voldemort considère de bas-étages. Qu'il fasse donc sauter toute la Traverse si ça lui chante, nous ne changerons jamais rien à notre ligne éditoriale. Qu'il nous mette plus bas que terre et nous nous relèverons, pour que la vérité et la justice prévalent sur le mensonge et la corruption !

Et la vérité c'est qu'il a fait de la Directrice du Département de la Justice Magique une marionnette, apte à lui ouvrir la porte du pouvoir qu'il a toujours désiré... Mais le sort se retourne progressivement contre Dolorès Ombrage. Déjà assignée à résidence, acculée par les questions des enquêteurs et cernée par les preuves qui s'accumulent, sa mise en détention est prochaine.

Ainsi elle rejoindra pour le reste de ses jours, la bien-nommée Île des Oubliés, île où rappelons-le, les Détraqueurs sont rois. Elle pourrira dans une cellule sombre et humide avec pour torture quotidienne, les cris incessants des innocents qu'elle a condamnés. Elle en deviendra sans doute folle et finira par y mourir. Alors, peut-être, pourrons-nous considérer que Justice a enfin été rendue.

(...)

Sorcières, sorciers, le temps est venu de sécher nos larmes, aussi amères soient-elles. N'avez-vous pas assez perdu ? Il est temps de montrer ce que nous avons dans nos baguettes et de nous rappeler que les Dieux prendront soin des âmes de nos sacrifiés tout autant qu'ils puniront celles de leurs bourreaux. Aux uns, ils ouvriront les portes d'un Au-delà chaleureux et verdoyant mais pour les autres, l'éternité sera infernale et nous, au Chicaneur, nous nous en réjouissons !

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23 Mai 1998, Manoir Malfoy.

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-Mais que peut-elle bien faire là-dedans ?! Marmonna brutalement Drago en oeillant la porte de la salle de bain avant d'avaler une gorgée de son verre alors qu'une nouvelle décharge d'agacement lui échappait et électrisait la chambre.

Une seconde de silence passa et il ajouta :

-Il y a plus d'une heure maintenant qu'elle est enfermée. J'ai tout essayé pour ouvrir cette fichue porte mais cette... cette... saleté de Gryffondor n'entend rien ! Ragea-t-il à l'unisson du feu en brandissant un poing serré vers la porte irrémédiablement close avant de se tourner vers une autre partie de son âme.

-Et évidemment, puisqu'entre Gryffondor on se serre les coudes, mon compagnon préfère s'amuser avec de la flotte plutôt que de m'aider à ouvrir cette damnée porte !

En effet, tranquillement assis en tailleur sur le lit, Harry faisait léviter devant lui l'eau de la carafe reposant sur la table de chevet. Les informations de la nuit se diffusaient en sourdine à la radio mais aucun des deux Gardiens n'y prêtaient la moindre attention. Harry quitta finalement des yeux la sphère liquide et les posa sur Drago avant de répondre en faisant faire une cabriole à sa boule lévitante.

-Hermione a volontairement coupé le lien et s'est enfermée dans la salle de bain ce qui pour une femme telle que notre Hermione est assez rare pour dire que nous sommes face à une situation inquiétante. Elle se sent coupable pour ce qui est arrivée sur la Traverse et je gage qu'avec ce que la réminiscence vient de nous apprendre, elle est en train de craquer.

Harry plaça ses paumes, l'une au-dessus et l'autre au-dessous de la boule puis il ferma les yeux. L'eau bouillonna entre ses mains et prit une teinte bleu lumineuse avant qu'elle ne soit façonnée par la seule force de l'image mentale que projetait Harry. La sculpture d'eau achevée, Drago put contempler la forme ruisselante d'une femme à genoux en train de pleurer.

Les glaçons tintèrent une nouvelle fois quand Drago avala une autre gorgée de son Whisky-Pur-Feu puis, acide, il lâcha en désignant du doigt la colonne d'eau sculptée :

-Et toi, tu trouves ça normal ?!

-Normal ? Non... Mais je connais assez Hermione pour savoir que quand elle fait ça, il vaut mieux la laisser tranquille. Elle sortira quand elle sera prête et nous on ne peut rien y f...

Le claquement soudain du verrou de la salle de bains résonna et le coupa net, la porte s'ouvrit lentement en laissant échapper un épais nuage de vapeur brûlante. Harry se tendit dans le lit et Drago se figea net quand Hermione apparut sur le seuil, les yeux gonflés et bouffis d'avoir sans aucun doute pleuré toutes les larmes de son corps. Elle semblait tassée sur elle-même, presque voûtée par un poids invisible mais qui alourdissait déjà l'air. C'était l'amertume des remords et la pesanteur d'une fatigue physique et psychologique qu'ils sentaient, le tout accompagné de la peur intestine d'un échec qui les condamnerait tous.

-D'accord... On a une déesse à deux doigts de la crise de nerf. Une idée de comment on gère ça, Harry, murmura Drago tout en s'avançant très lentement vers Hermione, toujours figée, telle une horrible statue de douleur contenue, sur le seuil.

Dehors le vent siffla dangereusement, des branches s'écrasèrent tels des poings sur les volets de la bâtisse comme autant d'avertissements, répondant clairement à l'avancée du fils de Morgane. Celui de Merlin renvoya rapidement sa boule dans la carafe et repoussa doucement la courtepointe en annonçant, très calmement :

-Tout doux Drago.

Le Serpentard leva ses deux mains en signe de soumission faisant une nouvelle fois tinter ses glaçons. Le carillonnement, presque indécemment joyeux, qui résonna dans le silence plombant fit papillonner des yeux la Gardienne qui darda des yeux sombres sur son mari. Une poussée électrique les traversa tous les trois et Harry sentit tout le danger du phénomène.

-Non Hermione, c'est moi que tu regardes, annonça-t-il d'une voix empreinte de puissance.

Comme par magie, elle s'exécuta et tourna lentement son corps dans sa direction alors qu'Harry quittait le lit et continuait de parler pour focaliser son attention.

-La colère de Drago ne saura en rien t'absoudre de la peine qui te ronge...

Le feu rugit brusquement dans la cheminée et lui coupa la parole. Les flammes surgirent furieusement du foyer, remontèrent sur la pierre du conduit de cheminée et allèrent jusqu'à lécher le plafond ne laissant derrière elles qu'un pan de mur carbonisé et fumant. Harry lança un regard d'avertissement à son compagnon en répétant :

-J'ai dit, tout doux Drago.

-J'y suis pour rien, c'est elle.

Cette fois, c'est un regard inquiet qu'ils échangèrent mais le Gryffondor ignora l'appel à la prudence qu'il sentait venir de Drago et continua courageusement sur salancée alors qu'il n'était plus qu'à quelques pas d'elle :

-Détruis tout ce qui nous entoure si cela peut te soulager un peu, personne ne t'en voudra...

La pique de désaccord de Drago traversa la pièce et le temps sembla se suspendre.

Les souffles des garçons se coupèrent en sentant poindre une nouvelle poussée magique.

La carafe quitta subitement la table de chevet, frôla dangereusement les têtes des Gardiens en sifflant et s'écrasa contre le mur opposé. Le cristal brisé se répandit sur le sol alors que l'eau, elle, resta en suspension dans les airs une poignée de secondes avant de partir en vapeur sous l'effet de pression de la Gardienne. Drago qui ne manqua rien des talents magiques qu'elle étalait, intervint subitement pour détourner l'attention d'Hermione et laisser le champ à Harry pour conclure sa manoeuvre d'appoche mais aussi sauver sa chambre d'une colère Hermionesque imprévisible :

-Ou bien, tu peux nous cracher le morceau sans abîmer quoi que ce soit. Crois-moi, vider son sac, ça fait du bien de temps en temps et puis, Harry et moi on est là pour ça, non ?

Les propos, si inhabituels dans la bouche de son mari, perturbèrent suffisamment Hermione pour qu'Harry referme ses bras autour d'elle. Le contact physique réinstalla d'office le lien qu'elle bridait et son bouclier céda. Elle éclata en sanglots contre Harry alors que ses jambes se dérobaient sous son poids. Le Gryffondor accompagna le mouvement du corps qui s'affalait doucement et Drago compléta leur cercle en prenant, entre les siennes, les mains d'Hermione, renouant totalement leur connexion.

S'en suivit une dizaine de secondes de silence seulement entrecoupée de sanglots, le temps pour les garçons d'accéder aux pensées de la Gryffondor ainsi qu'aux sentiments chaotiques et exacerbés qui rugissaient dans le bien trop faible corps humain de leur moitié.

-Hermione, ne te blâme pas, souffla Harry en la berçant doucement contre son torse. Je suis autant responsable que toi, tu n'as pas écouté Harris alors qu'il voulait évacuer la Traverse... Mais Drago m'a aussi prévenu sur les toits, il a senti avant tout le monde le vent tourner. Moi aussi j'ai été aveugle et des gens sont morts par ma faute... Nous avons aussi sous-estimé le nombre de loups qu'Il pourrait transporter jusqu'à Londres et nous n'avons pas vu venir le Feudeymon, ajouta-t-il en faisant encore un peu plus pencher la balance en leur défaveur.

-Il est... Diabolique ! Bredouilla Hermione.

Elle renifla et ajouta :

-Ce soir-là, j'ai cru que les Dieux nous avaient abandonné et ça m'a mis dans une rage folle... Mais finalement, nous n'avons pas su interpréter Leurs signes qui, avec le recul, s'avèrent évidents.

Harry la serra un peu plus fort et lui envoya de la chaleur et du réconfort.

-Vous avez fini les pleureuses ? Les interrompit soudainement Drago. D'accord on est des enfants des Dieux mais on est quand même vachement limités dans nos mouvements ! Nous sommes des hybrides, des Demi-Dieux ou des Semi-Hommes, suivant que l'on a affaire aux Hommes ou aux Dieux... Y'a des signes qu'on a pas vus, très bien, je suis d'accord, mais avouez qu'ils ont été plus que tardifs... Vous ne pouvez pas non plus dire qu'on avait une mauvaise défense. Même avec plus d'hommes on aurait pas fait la différence. Ils nous ont pris au piège comme des rats entre un feu et une bombe à retardement. Que vouliez-vous donc faire de plus ?!

Aucun des deux Gryffondors ne pipa à ses mots et Drago continua, un peu plus doux :

-Quant à Arthur Weasley, il a fait un choix. Mauvais, visiblement, mais nous l'avons tous vu briser les rangs et quitter son poste. Qu'il soit mort en sauvant ses deux fils montre qu'il était un bon père et je compatis à votre peine mais son heure était venue. Personne ne peut plus rien y changer. Inutile de s'attribuer tout ce malheur.

-Je te rappelle que l'équipe que nous avions sur les toits n'a pas "brisé les rangs" mais ça ne les a pas empêchés de mourir carbonisés par la chaleur dégagée lors de l'explosion. Nous n'avons eu la vie sauve que grâce à notre bouclier, le contra Harry.

-A ce niveau-là c'est la Destinée qui intervient, nous on officie à l'étage en-dessous, Harry ! Répliqua Drago alors qu'Hermione reniflait. Vous êtes aussi bien prompts à oublier les six Mangemorts, dont un chef d'escadrille, qui sont en ce moment même soumis à la question du talentueux Gregg Harris ! Un homme qui, lui, a su percevoir les signes qu'Ils ont envoyés. Ne lui faîtes-vous donc pas confiance ?!

Une seconde passa avant qu'Hermione, retrouvant doucement son calme, ne dise en essuyant ses joues avec sa manche :

-Et que fais-tu de la réminiscence que l'on vient de voir ? Voldemort a fait preuve d'une cruauté sans nom à l'égard de ce pauvre professeur et Il sait maintenant à quel point Stonehenge est important. Rien ne l'arrêtera jamais... Il va finir par découvrir toute la puissance que cache le cercle de pierre. C'est avec ce pouvoir qu'Il ouvrira le portail vers l'Au-delà en sacrifiant un Innocent et les Créatures de l'Oubli déferleront sur la Terre.

-Non Hermione, ça n'arrivera pas, contra Harry en la serrant contre lui. Parkinson et son enfant sont à l'abri. Il ne peut plus se servir d'elle.

-Il est sur nos talons Harry, inutile de se voiler la face mais le vent est en train de tourner, affirma Drago. La Une du Sorcière-Hebdo d'hier proclamait que les habitants des Embrumes veulent reconstruire le quartier et le rebaptiser "Quartier Hermione Malfoy" en l'honneur de leur sauveuse. Les choses commencent à changer. N'importe quel canard et même la Gazette a relayé l'importance des manifestations populaires qui a conduit le Ministère à faire son ménage...

-Drago a peut-être raison, murmura Hermione. J'ai lu quelque part que le top des ventes chez Fleury et Bott c'est "Les protections magiques oubliées mais efficaces". Même le sorcier moyen se tourne lentement vers les forces anciennes...

Encore indécis, Harry regarda intensément son compagnon qui ajoutait :

-Si on peut sentir ça, alors Voldemort aussi, sans aucun doute. Nos pions s'avancent dans les Ténèbres et malheureusement la réminiscence nous prouve, une fois de plus, que les Ténèbres, Il les maîtrise bien mieux que nous !... Mais le découvrir maintenant, ça nous laisse le temps de Le contrer. N'oubliez pas que nous avons des atouts qu'Il n'a pas. Les moldus et la Reine sont avec nous, sans compter nos Descendants qui vont réussir, j'en suis persuadé. Et les hordes, malgré leur bestialité légendaire, n'approuveront jamais une telle attaque. Seuls ceux ne maîtrisant pas leur bête comme Greyback, sont rongés par la folie. Lupin était un loup stable et il y a bien plus de Lupin que de Greyback chez les loups. Avec cette attaque, leur espèce risque le bannissement au même titre que les Géants et les Trolls, aujourd'hui parqués dans les Carpates.

Une seconde de silence passa et Drago conclut :

-Vous les Gryffondors, vous regardez toujours le monde sous le mauvais angle, ça doit être lié à votre caractère... Ne voyez-vous pas que la Traverse, c'était le fond du chaudron ? Il suffit de donner un bon coup de pied pour remonter à la surface. Nous allons lui prendre Ses hordes et alors Il ne restera plus qu'une poignée de sorciers entre Lui et nous !

Harry et Hermione échangèrent un regard alors que Drago se relevait et se massait les reins :

-Mmmm... Cette journée était éprouvante, j'suis vané.

Harry resta étrangement silencieux, pesant les mots de son compagnon sans rien y trouver à redire alors qu'Hermione se dégageait de l'emprise de ses bras.

-Je vais aller prendre une douche, annonça-t-elle en se relevant lentement.

Elle prit la main que son mari lui tendait pour l'aider et, une fois debout, il enroula ses bras autour de sa taille en demandant :

-Tu as passé plus d'une heure enfermée dans la salle de bain et tu n'as pas pris la moindre douche ?

Elle secoua négativement la tête face au sourcil arqué tandis qu'Harry, se relevant à son tour, demandait :

-Alors d'où venait toute cette vapeur quand tu as ouvert la porte ?

Hermione baissa les yeux et marmonna :

-J'étais submergée par mes sentiments. Mes pouvoirs se sont en quelque sorte liés à ce que je ressentais. Mes larmes coulaient et s'évaporaient presque immédiatement.

-Tes éléments se sont entrechoqués 'Mione. Avec tout ce qui se passe, c'est compréhensible, l'apaisa Harry.

Drago lui caressa doucement la joue et constata :

-Avouez que les Dieux ont quand même bien dosé les choses. Harry et moi on n'est tes gardes fous quand ta stature divine cherche à oublier l'humain en toi. Et cette vérité s'applique aussi à Harry et moi. Y'a pas à dire, ils ont pas trop mal bossé.

Hermione sourit et l'embrassa doucement avant de quitter son giron pour rejoindre Harry qui l'embrassa à son tour.

Merci les garçons.

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31 Mai 1998, Highlands.

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Après plusieurs heures passées sous leurs formes animales à patauger dans les tourbières du nord de l'Ecosse, rendues marécageuses par le dégel, les Descendants s'accordaient une pause bien méritée pour se restaurer. Sirius croqua à pleines dents dans un sandwich ayant pris l'humidité ambiante, mâchonna le pain mou de longues minutes avant de l'avaler tout rond pour demander à Lucius :

-Où on est maintenant ? Que dit la carte ? On est dans une zone qu'on avait repéré ?

Le patriarche qui soufflait sur son thé bien pâle mais maintenu au chaud par un sortilège répondit :

-Maintenant que l'on a quitté la vallée et les marécages, il nous faut grimper jusqu'en haut, dit-il en montrant du doigt la colline couverte de sapins, au pied de laquelle ils s'étaient arrêtés.

-Et une fois au sommet, y'a quoi derrière ? Relança le Gryffondor avant de mordre dans son pain.

-Pour le moment on n'en sait rien Black. Je te rappelle que l'on suit ce satané corbeau depuis deux jours et qu'il n'est pas du genre bavard, siffla Severus jusque-là silencieux.

-Ca c'est parce que t'es pas doué pour te faire des amis Servilus, répliqua Sirius en souriant de toutes ses dents.

-Ce n'est pas moi qui l'ait fait fuir ! Persifla froidement le Maître des Potions en remontant le col de sa cape doublée.

-Le piaf braillait comme un cochon qu'on égorge sur le toit de notre tente ! J'suis pas un matinal moi, j'aime pas m'faire réveiller en sursaut ! Patmol est sorti d'instinct ! Se défendit-il en levant les mains pour attester de sa bonne foi.

Lucius se racla la gorge et ajouta :

-Je dois dire que mon propre jaguar a dangereusement frôlé la surface ce matin-là. Ce corbeau n'est pas un corbeau comme les autres et toi, Severus, tu as eu suffisamment d'esprit pour te contenir et t'envoler à sa suite. Je déplore qu'il t'ait semé...

-Il ne m'a pas semé, il a disparu !

-D'accord Severus, j'entends bien ton propos, l'apaisa Lucius. Tu es déçu de ne pas avoir pu communiquer avec lui mais as-tu envisagé le fait qu'il ne cherchait pas à nous parler comme tu le crois ? Peut-être se contentait-il d'attirer notre attention et de nous montrer la voie. Peut-être nous suivait-il depuis des jours et n'ayant été détecté, ni par nos sens, ni par nos pouvoirs, il a fini par faire quelque chose de... d'immanquable.

Le Maître des Potions regarda tour à tour ses compagnons de route. Lucius était d'un sérieux incontestable et Black déchiquetait son sandwich en approuvant d'un mouvement de tête ses propos. Il préféra donc couper court à la conversation théologique qui s'annonçait et qui les verrait une fois de plus s'affronter :

-Tu as peut-être raison Lucius. Une chose est sûre, ce corbeau n'a rien de normal et il me fait grandement penser à ce que les légendes appellent "l'Oeil de Morgane"... Mais qu'importe les détails, ce corbeau n'en reste pas moins un signe des Dieux ce qui répond de fait à la question que Black se posait. Seuls les Dieux savent ce qui nous attend derrière cette colline et moi, je Leur fais confiance pour nous mener au bon endroit.

Comme pour marquer son approbation, le fameux corbeau, perché à une cinquantaine de mètre d'eux, coassa bruyamment et quitta brusquement sa branche. Severus se leva à la suite du ténébreux volatile qui filait déjà vers le sommet de la colline. Il se transforma en un battement de cil et s'envola, effectuant une fulgurante mais magistrale sortie.

-Faitlamalle ! Lança Lucius sur la tente qui se replia aussitôt.

-Reducto ! Compléta Sirius alors que Lucius enchaînait avec un accio qui rangea la tente miniature dans sa poche.

-Finite protectio ! Termina Sirius tandis que le jaguar de Lucius détalait déjà sous les pins.

Un sourire sur les lèvres, le Gryffondor se laissa couler en Patmol avec l'idée de découvrir ce que le gros chat valait à la course et si l'Oeil de Morgane les conduisait enfin au but.

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A suivre...

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Voilà Mesdames !

J'espère que vous avez aimé, j'attends avec impatience vos avis !

On se rapproche tout doucement du terme de notre aventure, encore quelques chapitres et nous toucherons au but !

Rdv, fin mars pour la suite de nos aventures ! D'ici là, prenez soin de vous et bon vent !

VC.

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RAR :

Nom-aleatoire : Tu m'as fait rire avec Hermione qui prend le melon ^^ ! Il fallait bien qu'elle redescende un peu sur Terre et c'est ce qui s'est passé dans ce chapitre. J'espère qu'il t'aura plu autant que les précédents. Merci du fond du coeur d'apprécier Harris et d'avoir laissé une review ! A bientôt !

Sjrodgers23 : Thanks a lot for your review. I hope you like this chapter as much as the others !

Math'L : Arf ma pauvre si tu savais à quel point ça me fend le coeur de tuer les Descendants... Mais ouais... Les trois vont passer à la casserole façon Vivin... Vraiment contente que l'attaque de la Traverse t'ai plu ! J'espère que ce chapitre-ci était à la hauteur ! Merci pour ton message et à très vite !

Missgriffy : Je suis contente que tu ai aimé ! J'essaie de faire en sorte de surprendre mes lectrices et je suis ravie que ça marche ! Merci de ton message, à bientôt !

Black Banshee : Contente que le précédent chapitre t'ai plu et que la masse d'information ne soit pas passée inaperçue ! J'espère que ce chapitre-ci t'aura autant plus que les autres et que tu y as retrouvé mon sens du détail ! A bientôt et merci pour ton message !

Ecathe38 : Ma petite ecathe, si tu savais à quel point j'apprécie te lire ! Tes reviews sont toujours détaillées et pertinentes ! Merci de me consacrer à chaque fois du temps pour analyser et commenter mes écrits ! C'est le plus beau des salaires que l'on puisse me donner. J'espère que ce chapitre aura su te plaire autant que les autres ! A très vite !

Swangranger : Je suis contente que tu ai aimé l'attaque de la Traverse parce que c'était pas des plus facile à écrire, donc tant mieux si ça rend bien à la lecture ! J'espère que ce nouveau chapitre a été aussi bon que les autres ! Merci du fond du coeur de commenter à chaque fois ! A bientôt !

Jheaneaugustin : Je suis contente que le chapitre précédent t'ai plu ! Tu avais aimé le pov de Voldemort la dernière fois, j'espère qu'aujourd'hui, tu l'as autant aimé ! Merci beaucoup pour ton message ! A bientôt !