— 31 —
Shanghai, Chine
30 Mars
Jour 151
Mycroft Holmes commanda son deuxième verre de scotch de la soirée. Durant ces derniers jours, ils avaient éliminé d'eux-mêmes les derniers agents à leur trousse. Toutes les frontières de l'Asie avaient été fermées dès lors que la nouvelle des infiltrations s'était faite savoir. Seuls quelques rares individus hors de tous soupçons pouvaient encore voyager sur le continent oriental.
Ils avaient également éliminé un certain nombre des agents SSA et AIS, au grand désespoir de Mycroft. Ces personnes... ces personnes travaillaient pour lui, avaient été formées pour et par lui. Certaines lui étaient mêmes connues personnellement.
Mais comme son mentor lui répétait toujours et encore: Caring is not an advantage.
L' A Oméga but le verre cul-sec.
— Salut!
Mycroft se retourna et vit Kalyn s'approcher de lui. Elle était resplendissante comme toujours. Mais son maquillage trop marqué trahissait sa fatigue et son stress.
— Comment se sont écoulées tes dernières journées? demanda-t-il, jouant avec son verre.
— Comme prévu.
— Bien.
Mycroft s'enfila un autre verre avant d'inspirer un grand coup. En musique de fond, Hôtel Costes embuait les esprits échauffés. C'était chic, reposant, intime. Le Peace Hôtel faisait le tour du monde des musiques lounge depuis quelques jours. C'était au tour du talent de Stéphane Pompougnac d'être promu.
Kalyn le regarda avec intensité avant de poser une main sur son bras. Elle l'agrippa, attirant l'attention de l'aîné Holmes vers elle.
— Ça a assez duré comme ça, Myc...
L'homme ignora la requête et commanda un énième verre. Martini cette fois-ci.
— Mycroft. Ecoutes-moi. Je ne pense pas que ce soit raisonnable de boire comme ça. Gregory te rejoint dans peu de temps. Lorsque je serai partie, pour de bon cette fois-ci.
Holmes la regarda de ses yeux implorant. Kalyn retira son bras à contrecoeur.
— Myc, tu ne peux pas l'ignorer continuellement! Tu ne peux pas ignorer tes sentiments. Tu te détruits à force. Tu te rends malheureux...
Mycroft l'implora davantage du regard. Résigné, il commanda un shot de vodka.
— Myc... Qu'est-ce qui ne va pas exactement?
— Il ne voudra jamais de moi...
— Comment peux-tu dire ça? Il ne sait même pas ce que tu ressens idiot! Kalyn lui prit le visage et le fixa des yeux intensément.
— C'est John qu'il aime... pas moi. Je ne suis qu'un vulgaire oméga qui n'ait pas eu de chance avec son traitement hormonal!
L'homme s'affala sur le comptoir et commanda un autre verre d'un geste de la main. Kalyn intercepta la boisson avant de la boire.
— K...
— Tu as trop bu Myc.
— Non.
Il se releva et se tint droit. Il n'était pas encore soul, mais cela ne saurait plus tarder.
— Nous sommes des monstres Kalyn. Du moins, je le suis. Tu agis sur le terrain et n'élimines que tes cibles. Moi, j'en détruits des centaines d'un seul geste de la main. J'ai commandité des assassinats, des massacres. J'ai fait des choix abominables. Je ne mérite pas d'être aimé...
— Myc, non. Tu...
— J'avais le choix. Nous avons tous le choix. Je ne suis pas un homme bien. Je me demande encore pourquoi tu veuilles toujours rester avec moi. Quittes-moi et tu seras célèbre, riche, bien mariée et tout le tralala.
— C'est justement tout ce tralala ennuyant que je ne veux pas. Tu es bon. Plus que beaucoup d'entre nous. C'est juste que tu as eu des choix à faire. Et personnes d'autres que toi n'aurais pu les faire. Une autre personne aurait causé encore plus de dégâts.
— Le Darfour...
— Tu n'étais pas le seul décisionnaire Myc. C'était une situation sans issue.
— Je suis sale.
Kalyn détourna son regard, gênée. Il ne lui en voulait pas. Il était sale. Il était répugnant.
— Je suis également passée par là, murmura-t-elle en finissant son troisième verre.
— Mais tu es une Alpha. Tu reçois. Mois je donne. Jamais personne ne voudra d'un homme qui a vendu son propre corps...
— C'était pour le travail. Et cela date de si longtemps!
— Cela n'excuse rien. Je resterais toujours indésirable. Penses-tu pouvoir accepter un oméga qui a été pénétré, joué, possédé de toutes parts par des Alphas, Bêtas et même des Omégas du monde entier? Certains étaient de vieux porcs, d'autres s'adonnaient à des pratiques... des pratiques abominables! Et j'ai toujours accepté de céder. Je ne suis qu'un vulgaire morceau de chair. C'est ma nature A Oméga.
— C'est le lot des agents Omégas sur le terrain.
— J'avais aussi eu le choix. J'ai accepté cela. Gregory ne mérite pas quelqu'un comme moi.
— Presque tous les agents sont passés par là. Et même si tu l'as exercé de manière prolongée, c'était pour protéger les autres jeunes recrues omégas. Inutile de me le cacher plus longtemps. Et puis, les temps ont changé. Les omégas n'ont plus besoin d'être purs pour être liés. C'est d'ailleurs pour cela que l'on se bat, n'est-ce pas?
Kalyn le caressa affectueusement. L'oméga se prit le visage dans les mains.
— Myc. Parles-en à Gregory. Il ne peut pas rester dans l'ombre. Tu dois lui dire un jour ou l'autre... où vous courez au désastre.
— Je ne peux pas...
Mycroft s'enfila un Morito.
— Pourquoi?
— Parce que je suis un A Oméga.
Mycroft se tourna vers la jeune femme. Il ne pouvait pas. Il était le danger personnifié. Une erreur de traitement hormonal ou autre, et il perdrait tout, tout, tout. Les A Omégas ne savaient pas contrôler leur corps. Son regard s'embua progressivement. Il détourna les yeux et termina un autre verre.
— Mais tu ne pourras pas toujours refuser tes sentiments. Vous avez... ensembles. Et tu l'aimes. Vous avez déjà surmonté nombres d'obstacles. T'obstiner à refuser de te mettre en couple est idiot. Franchement, je ne comprends pas.
— Tu connais très bien les raisons. Ne mens pas s'il te plaît, Kalyn.
Mycroft releva ses yeux et toisa le regard compatissant mais désapprobateur de Kalyn.
— Tu ne peux pas te comporter comme Sherlock et John, n'est-ce pas? Tu as peur.
— ...
— C'est peut-être dû à notre éducation trop traditionnelle. Si tu n'avais pas passé autant de temps avec Bai Long, tu serais déjà avec Greg en ce moment même. Mais tu ne le veux pas, non pas par pudeur ou orgueil, mais parce que tu as peur de perdre tout ce qui fait de toi, toi, n'est-ce pas?
— Je suis un A Oméga, il est mon opposé. Je connais ma nature.
— Tu as peur qu'il te couve, te cloître, que sa possessivité d'interdise d'agir et continuer toutes tes oeuvres.
— ...
Kalyn soupira et sortit une fiole de son sac.
— Myc, bois ça. Ça te remettra les idées en place. Il est l'heure. J'ai un vol commercial à rattraper.
Mycroft ricana.
— Nous sommes de retour au bon vieux temps, adieu les jets privés... Alors peut-être qu'en plus d'être à nouveau normal, tu pourrais redevenir humain.
Il but une gorgée du Gin Tonic placé devant lui. Son amie enleva le verre de ses mains pour y placer la fiole argentée. Sous son regard insistant, il termina la fiole, renversant bien la tête en arrière pour lui montrer sa bonne volonté.
Rassurée, Kalyn l'embrassa tendrement avant de rejeter son manteau en cachemire sur elle et partir dans un roulement de hanches provocateur. Mycroft la regarda quitter le bar de l'hôtel avant de commander une nouvelle tournée.
Un scotch sec sans glace fut posé devant lui. Il le but goulûment.
*xXx*
Gregory Lestrade descendit rapidement de sa chambre d'hôtel. Il était en avance sur l'heure du rendez-vous. Autant en profiter pour boire un petit coup avant le coup d'envoi. Il avait terriblement besoin d'un cola. Je suis contaminé par Merry ma foi!
Néanmoins, il ne s'attendait pas à trouver juché sur un tabouret, agrippé au bord du bar, Mycroft Holmes en bras de chemise. L'homme était décoiffé, et siphonnait un verre de Sex on the Beach sans état d'âme. Inhabituel chez un Holmes, Lestrade leva ses sourcils. Un brin de possessivité le prit au dépourvu et il se dirigea automatiquement vers l'Oméga. Parce qu'un Oméga ne devrait jamais être seul, surtout Mycroft!
— Hey, dit-il en s'installant à côté de l'aîné Holmes.
Il se rapprocha davantage, clamant l'oméga par instinct.
Ce dernier répondit par un gémissement incompréhensible. Bon dieu! Il est ivre!
Lestrade, inquiet, tourna l'homme vers lui afin de constater les dégâts.
— Salut Gregory, dit Mycroft, sourire béa au coin des lèvres.
Greg effaça les pensées inappropriée de son esprit avant de prendre l'adorable Mycroft dans ses bras pour le ramener à lui, la senteur enivrante envahissant de nouveau ses narines. L'homme vacillait sous son poids et s'écroula à moitié sur l'Alpha.
— Mycroft, je ne pense pas que vous soyez en état de continuer la mission prévue pour ce soir. On remet ça à plus tard, ordonna-t-il sèchement tout en envoyant un message rapide à Kalyn lui informant de l'état de Mycroft.
— Cela ne sert à rien... Elle est partie, marmonna Holmes en tentant de se relever.
Il réussit néanmoins au troisième essai. Il repoussa Greg et tenta de marcher au devant en titubant. Quelques têtes intéressées se tournèrent dans sa direction. Gregory laissa échapper un grognement et s'empressa de rejoindre l'oméga.
— Je vous tiens, Mycroft, souffla l'A Alpha le tenant par la taille, ce qui n'aidait pas son esprit à dégager les pensées de la fameuse nuit, loin de là.
L'aîné Holmes ne pesait pas bien lourd, alors il le conduisit dans sa chambre. L'arrivée fut aussi maladroite que la montée des escaliers du bar. Greg porta l'Oméga dans son lit et lui défit cravate, veston, chaussures. Il hésita un instant sur la ceinture, mais chassa le doute au profit du confort. Personne n'a envi de se réveiller inconfortable avec une gueule de bois.
Il défit donc la ceinture et enleva le pantalon. Il refoula une autre bouffée de sentiment protecteur et possessif et grogna à la vue du corps dénudé de l'A Oméga.
Mycroft grommela et attrapa un pan de la chemise de l'A Alpha. Greg tomba à la renverse, sur l'A Oméga dont le corps ne lui était plus étranger.
— Mycroft, shh.
Greg essaya de se relever mais les bras de l'oméga lui encerclèrent la taille, l'empêchant de se dégager.
— Myc... Mycroft! S'il vous plaît.
Il se mit à quatre pattes et tenta de reprendre son souffle et son esprit mal au point.
Mycroft se releva sur ses coudes et ouvrit sa bouche sensuelle, yeux mi-clos. Gregory sentait venir le danger. Il lui fallait déguerpir au plus vite. Sans succès, puisque l'oméga enfouit son nez dans le cou de l'Alpha qui abandonna la lutte pour les lèvres et la langue de son amant d'un soir. Mycroft l'invita aussitôt dans sa bouche et le plaqua sur le lit, à califourchon sur le bel A Alpha, encore vêtu de son costume. Il gémit délicieusement, yeux bleus perdus et pupilles dilatées, à la merci de l'homme qu'il tenait sous son corps.
— Myc, je...
L'Oméga le fit taire par une flopée de baisers maladroits et très, oh! bonté divine. Sur la mâchoire, les lèvres, le nez, le cou, la clavicule... Avant de le débarrasser de sa chemise. Il rit, le visage enfantin dénué des tracas de la vie, ivre de désir et... d'ébriété. Greg ne put s'empêcher de grommeler à la vue d'un homme si sérieux perdre tout contrôle et vouloir passer une nuit d'amour, ivre, avec lui. Ce n'est pas sérieux, n'oublie pas qu'il est un Oméga, et le gouvernement personnifié!
Et puis, il risquait de se retrouver dans le même cas que la première fois. Gregory tenta pour une énième fois de se ressaisir. L'Oméga lui lécha les tétons, la langue valsait sur son torse, mordillant, suçant...
Gregory se cambra de désir, abandonnant la lutte sans issue.
Mycroft descendit le long du torse, laissant échapper quelques gloussements délicieux et baisers sur le corps musclé de l'ancien inspecteur. Il se frotta contre Gregory. Ce dernier l'imita aussitôt, regrettant son geste aussi vite après. D'un geste étonnamment rapide, l'oméga envoya valser la ceinture puis le reste des vêtements de Greg, emprisonnant son pénis au passage.
— Bon dieu! Myc! cria désespérément Greg entre deux coups de reins.
Mycroft gloussa de nouveau avant de plonger dans l'entrejambe de l'Alpha, le regard rivé sur le visage de son amant. Il gémit avant de lécher sans pudeur le gland puis toute la longueur de Greg.
— Myc! haleta ce dernier, obnubilé par la vue de l'Oméga à genoux, fesses à l'air, suçant sans pudeur son membre Alpha gonflé.
Mycroft accéléra la cadence, pompant, suçant, léchant, avalant, salive se mêlant au sperme de Greg. Puis il s'arrêta et grimpa de nouveau sur Greg. Il l'embrassa une dernière fois à pleine bouche avant de glousser à nouveau.
Gregory était réduit à un amas de sensations. Il haletait de peur et de désir. Il se couvrit les yeux.
Et Mycroft s'empala sur l'inspecteur.
— Oh Myc! Greg se découvrit les yeux de stupeur et ne put se détacher de la vue s'offrant à lui. Mycrooft, entièrement nu, lubrifié et... Gregory grogna de désir.
L'A Oméga gémit une nouvelle fois avant de lever ses fesses puis redescendre progressivement. En peu de temps, il avait trouvé un rythme confortable et s'amusait à titiller le torse nu de Gregory tout en cherchant sa prostate.
Il cria de plaisir lorsque Greg souleva ses hanches pour pénétrer davantage. Ayant saisi l'information, l'alpha commença ses mouvements de vas-et-vient et parvint à faire sortir des sons tous plus sexuels et séduisants de la bouche de Mycroft. Il pouvait sentir son noeud se former, grandir, grandir et encore grandir à la base. Il referma les yeux, savourant les vagues de plaisir intenses qui le prenaient graduellement.
Une faible senteur opiacée embuait la chambre progressivement. Gregory inspira à grand coup. C'était le paradis des sens.
— Tu es à moi, hein? ces derniers mots sortirent d'eux-mêmes.
L'A oméga gémit. Sa respiration était saccadée. Il était débauché, entièrement à la merci de l'alpha. Celui-ci grogna et découvrit les dents. Il se releva, prit l'oméga dans ses bras et lui mordilla l'oreille, l'épaule, la clavicule. Une bouffée de possessivité le prenait et il serrait toujours plus fort Mycroft contre lui, tout en accélérant les coups de reins. Il lui fallut toute sa détermination pour ne pas mordre et se lier aussitôt à l'oméga. Il grogna de rage et enfouit sa tête dans l'oreiller, mordant ce dernier à la place.
Des plumes volèrent.
Le noeud s'était formé. Ils étaient inséparables.
Soudain, Greg changea de position. Il se mit sur le côté, face à l'oméga et l'étreignit fortement. Ce dernier éjacula une première fois, étouffant un cri désespéré dans l'épaule de Greg. Il caressa sa peau laiteuse, sa chevelure brune et chercha sa bouche, impatient. Il l'embrassa, non sans tendresse. Mycroft se laissait faire, complètement soumis à la volonté de l'Alpha.
C'était donc comme cela que d'être avec un A Oméga! Il est complètement en transe...
Et cela ne fit rien pour calmer Greg qui continuait ses vas-et-vient comme il le pouvait, relié à la paroi utérine de Mycroft. L'oméga éjacula une nouvelle fois, et mordit l'épaule légèrement, tout en se calant davantage contre le torse de l'inspecteur. Il s'enivrait de son parfum alpha et se calmait tout en gémissant de plaisir lorsque Greg éjaculait encore et encore dans sa paroi.
C'était donc ainsi que les A omégas prenaient possession des alphas. Jamais Greg n'avait vu d'amant aussi soumis et malléable. Il n'arrivait toujours pas à croire en sa chance. Son noeud ne désenflait pas, et cela faisait depuis une heure qu'ils étaient reliés. Un B Oméga ne gardait jamais un noeud au delà d'une demi-heure. Le plaisir était intense, et son instinct naturel entièrement dévoué à verser sa semence encore et encore dans le corps de Mycroft. Si ce dernier n'avait pas pris de contraceptifs, il serait déjà en gestation, et ce, depuis presque le début de leur relation.
Et si ce dernier n'était pas sous traitement hormonal... Greg savait qu'ils auraient déjà perdus toute raison. Il se remit à mordre l'oreiller par désespoir, se retenant comme jamais de commettre l'irréparable.
Une nouvelle bouffée d'hormone oméga envahit ses neurones et le rendit plus euphorique que jamais. Il éjacula, puis recommença à pénétrer Mycroft, toujours plus vite, fort, profond. Ce dernier était en transe, et reproduisait le même mouvement que Greg. Le noeud se rétracta progressivement. Mycroft déversa une nouvelle fois son liquide lubrifiant oméga, rendant Greg encore plus fou. Il le plaqua contre le lit, sur le ventre et écarta de nouveau ses jambes.
— Dieu comme tu es bon et soumit!
Mycroft gémit avant de hocher la tête.
Gregory descendit le long du dos de l'oméga, le couvrant de baisers et de morsures légères avant de lécher son orifice, enivrant de senteur mielleuse.
— Vous les A omégas êtes de vrais obsédés du sexe, hein? Dis-moi que tu es une salope, dis-le!
— Oui, Gregory, oui...
Gregory grogna une nouvelle fois et releva violemment le postérieur de l'A oméga. Il y enfouit sa main et caressa la paroi dans un rythme de vas et viens. Il la retira peu après pour la remplacer par son pénis de nouveau gonflé. Se léchant la main, il maintint l'oméga sur le lit et le pénétra violemment, en profondeur, toujours plus profond.
— Tu m'appartiens, belle pute! Seul moi peux te prendre ainsi. Si pliant, si bon, si docile. tu es à moi, hein?
Il avait perdu toute raison. Et Mycroft se soumettait davantage. C'était euphorique, du jamais vu. Il n'avait jamais ressenti autant de désir et de folie ni avec son ex-femme, ni d'autres amants passés. Même les B omégas palissaient devant telle euphorie.
Gregory ne savait pas comment il pourrait revivre l'expérience autre qu'avec un A oméga.
*xXx*
Mycroft se réveilla.
— Ouch!
Un mal de crâne terrible l'accueillit, accompagné d'une lueur lumineuse aveuglante à l'extrême et un goût âpre dans la bouche. Il gémit d'horreur avant de se relever. Plaquant ses mains contre sur le visage, il tenta de rassembler ses souvenirs de la veille, sans grand succès. Sauf que, visiblement, il n'était pas seul dans le lit. C'était donc avec une stupeur réelle qu'il découvrit à ses côtés, Lestrade, encore endormi. Enfin, plus maintenant.
— Salut, Mycroft... grommela le bel inspecteur, allongé sur le ventre, entièrement nu, le visage tourné vers lui.
— Erm... Je suis sincèrement désolé. Je ne pensais pas... Erm, vous voyez...
Mycroft se dépêcha d'attraper ce qu'il trouva à portée de main et déguerpit aussi vite qu'il put, couvrant au passage son intimité avant d'être stoppé par Greg, l'attrapant par le bras. L'Oméga se retourna gêné, cherchant les mots, sans résultat.
— Restes, murmura Greg.
Il fit non de la tête, et partit précipitamment, s'habillant à la hâte et perdant quelques plumes tombées sur lui.
*xXx*
Gregory referma les yeux et s'enroula dans la couette. Il pouvait encore sentir l'odeur opiacée de Mycroft diffuse dans la pièce et sur lui. Il grogna de douleur. L'oméga était si adorable à son réveil, yeux bleus innocents, chevelure en désordre, nu mais couvert de plumes blanches. Il n'avait même pas eu le temps de lui enlever la plume coincée dans ses boucles, et celle collée à ses fesses. Argh! Il se roula dans le lit pour oublier les images du réveil.
Il avait cédé aux avances de l'A Oméga encore une fois en sachant qu'il avait été en mesure de refuser et partir. Mais il avait cédé, avant même que son corps et ses instincts l'eurent poussés à commettre l'erreur. Il fallait dire que voir Mycroft aussi prédisposé et joueur n'aidaient en rien sa volonté de se contrôler. Que pouvait-il faire? L'homme politique était si séducteur et désirable dans son costume trois pièces et son regard si bleu, si hypnotiques... Et ses hanches, sa bouche, quelle bouche!
Gregory se roula dans l'espace occupé par son amant d'une nuit et grommela. Il inhala longuement les hormones Omégas encore présentes et sentit ressurgir des instincts prédateurs et possessifs.
Nous ne sommes même pas liés!
Il se savait incapable de résister à Mycroft. Mais ce n'était pas cela qui le troublait tant chez l'homme. Il avait juste... besoin de le protéger, le couver, le prendre dans ses bras. Or il ne l'aimait pas, du moins, pas comme John. Ce n'étaient qu'instincts, hormones, nature A Alpha et A Oméga que de se mettre ensembles.
Mais quelque chose l'avait poussé à dire ce mot: restes. Sorti tout seul, sans arrière-pensée et surprenant. Encore plus déconcertant, Mycroft avait refusé et avait préféré partir précipitamment. Un A Oméga aurait dû rester et se vautrer contre son Alpha en quête de réconfort surtout après une session aussi intense que celle qu'ils avaient eu la veille. Gregory gémit de douleur. Il mordit l'oreiller et laissa son désarroi prendre le dessus.
Oh comme cela avait été merveilleux! L'inspecteur se roula de nouveau, s'enfonçant davantage dans les draps et la couette, reniflant, inhalant, absorbant les hormones de l'Oméga, son Oméga, celui qu'il avait possédé non plus une, mais deux fois, et toujours une interrogation restait: pourquoi. Il agrippa la couette et enfouit tout son être dans les senteurs exotiques et sensuelles de son amant.
Hmmm... j'espère que vous avez apprécié!
La suite bientôt, comme d'habitude quoi! :P
Heu, sinon n'oubliez pas de lire le chapitre 30, comme j'ai posté les deux en même temps, beaucoup semblent n'avoir lu que le chapitre 31 haha! La prochaine fois, j'éviterai cet écueil.
