Hey tout le monde

Non, je ne vous ai pas oublié. Je me suis fait envahir par ma vie. Je vais changer de travail \o/ Quoi ? C'est une bonne excuse pour mon retard de publication non ? Non. Bon j'aurais essayé. Enfin le voilà, l'avant dernier chapitre. On touche au but. Promis, j'essaierais de poster plus vite le dernier. Normalement, j'ai des vacances avant le changement de boulot, a semaine prochaine donc). Faut juste que j'y pense.

Je n'ai pas re re relu le chapitre, parce que comme je suis en retard, je voulais pas vous re imposer une semaine de plus donc je poste, en priant pour l'avoir bien lu la dernière fois que je l'ai lu XD

Bon et je vais répondre à vos review, très en retard mais je veux répondre cette fois XD

Sur ce,

bonne lecture.


Son cœur allait exploser.

Assise devant le piano, elle fixait le couvercle encore fermé. Elle s'y était assise en rentrant, sans même y réfléchir. Elle effleura le capot du bout des doigts, un sourire au coin des lèvres. Drago l'avait fait installer le lendemain même de leur discussion. Elle l'avait trouvé en rentrant d'une sortie en ville dans laquelle il l'avait entraîné. Et en revenant à la maison, il avait fait comme si de rien n'était alors qu'elle s'était figé en arrivant au salon, découvrant juste devant la grande baie vitrée le grand piano à queue noir qui brillait sous les rayons du soleil. Et son cœur avait bondi.

Elle avait appris le piano dans son enfance, avant même de savoir qu'elle était une sorcière. Ça avait été l'initiative de sa mère. Un instrument et une activité sportive étaient bons pour le développement des enfants selon elle. Hermione en avait essayé plusieurs, d'instruments comme de sport. Le piano était celui qu'elle avait pratiqué le plus longtemps. Qu'elle maîtrisait le mieux. Avec lequel elle se sentait le plus à l'aise. Drago n'avait rien réclamé, il s'était tranquillement installé dans son fauteuil. Il ne semblait pas attendre après elle.

Pourtant, encore maintenant, quand elle repensait à l'air qu'il avait arboré lorsqu'elle avait commencé à jouer, son cœur se gonflait. Parce que son impassibilité avait fondu un instant. Il avait fermé les yeux. Et il s'était presque laissé bercer. Elle avait joué longtemps, incapable de s'arrêter, retrouvant des airs et des accords qu'elle avait pensé avoir oublié. Et elle s'était sentie libérée d'un poids.

Alors aujourd'hui encore, malgré qu'elle soit seule, elle rouvrit le capot et laissa ses doigts effleurer les touches. Et instinctivement, elle commença à composer un air. Du pachelbel. Un morceau qui commença doux. Très doux, puis qui accélère, doucement. Elle se souvenait de sa difficulté à apprendre cet air qui semblait si simple au début. Elle se souvenait des encouragements de son père, de la joie de sa mère quand elle l'avait joué la première fois sans une faute d'accord. Et ses souvenirs lui donnèrent envie de pleurer. Alors elle les laissa s'envoler avec les notes. Comme sa journée.

Elle avait été acceptée et ça avait été un torrent, ça avait retourné sa vie, ça avait fracassé sa toute nouvelle routine. Elle avait passé sa première journée, sans Harry et Drago qui avait aussi leur métier désormais. Ils redevenaient des gens normaux parmi la population. Harry se voyait déjà attribuer des petites missions, il veillait à la sécurité des gens et il était fier. Il s'épanouissait à chaque réussite et revenait morne à chaque échec, cherchant le réconfort dans leurs bras. Et Drago avait pris son poste au ministère de la justice. Elle en ignorait la teneur exacte, Drago resterait toujours peu expressif, ne donnant jamais de réponse ou de détail. Mais il n'avait pas l'air malheureux, alors ça lui allait. Et dès qu'il avait l'air plus renfrogné, plus fermé, elle ou Harry faisait en sorte de l'aider discrètement, à leurs manières, pour lui procurer le soutien ou le réconfort qu'il ne réclamerait jamais.

Et elle, elle était entrée en fac de journalisme. Et son cœur allait exploser. Elle avait ressentie une joie nouvelle, presque enfantine, à reprendre les cours. Ça la passionnait déjà, elle se retrouvait, comme au temps de Poudlard, à vouloir tout savoir, à chercher les réponses et elle goutait à nouveau au plaisir de poser milles questions. Aujourd'hui, elle avait l'impression d'avoir abandonné la guerrière, laissé la torturée derrière elle pour être à nouveau La Hermione Granger à la curiosité insatiable, à la soif de savoir inextinguible, capable de ressentir de la joie pour la moindre petite chose. Pour une conversation au détour d'un couloir avec un professeur, pour un nouveau manuel ou pour une nouvelle bibliothèque. Et tout ça amenait son cœur au bord de l'explosion. Depuis presque deux semaines. Deux semaines de normalité, de cours, de vie.

Elle acheva le morceau et laissa ses mains retomber sur ses cuisses, se rendant à peine compte qu'elle avait le souffle court, sa poitrine se soulevant rapidement et un sourire au coin des lèvres. Ses yeux pétillaient encore quand elle tourna la tête de longues minutes plus tard, réalisant soudain que durant ce long morceau Harry et Drago étaient rentrés et s'étaient installés pour l'un dans le canapé, pour l'autre dans son fauteuil et ils la fixaient. Elle les contempla un moment, ne se sentant pas gênée malgré leurs regards fixes et insistants. Puis elle eut un sourire plus sûr et referma le capot du piano.

- Votre journée ? Demanda-t-elle dans un murmure.

Une nouvelle habitude. C'était presque toujours la première question qu'elle posait. Parce qu'il était difficile d'ignorer ce qu'ils avaient vraiment fait, de ne pas être avec eux constamment. La normalité était rassurante mais difficile à retrouver.

- Bonne, sourit Harry.

- Elle vient de sacrément s'améliorer, ricana Drago qui ne la lâchait pas des yeux.

- Joli morceau.

- Pachelbel, canon en D major, indiqua Hermione dont les doigts effleuraient toujours le couvercle du piano.

- Et la tienne Granger ?

- Ordinaire.

Et ce mot semblait la combler. Elle semblait si heureuse, si satisfaite, en disant cela. Comme si l'ordinaire lui était tout à fait extraordinaire.

- Et la robe ?

Elle baissa les yeux sur sa tenue, ne s'étonnant même pas que Drago l'ait vu presque immédiatement. Son achat de la journée. Elle qui n'avait jamais vraiment aimé le shopping avait presque pris du plaisir en se laissant entraîner par une fille de sa classe dans les boutiques après les cours. Ça avait été sa trouvaille. Une petite robe avec un léger décolleté, d'un bleu vif qui mettait sa silhouette en valeur, les bretelles fines laissaient voir ses épaules fines et ses cheveux remontés en une queue de cheval haute permettaient de voir la courbe de sa nuque. L'après-midi avait été superbe et elle était contente d'avoir cette petite robe pour le lui rappeler.

- Mélissa voulait faire les boutiques, sourit-elle en se levant pour tourner sur elle-même, faisant voleter le tissu léger et fluide.

- Mélissa a bon gout, s'amusa Harry en se levant pour venir l'enlacer tendrement.

- Je lui transmettrai vos compliments, s'amusa Hermione, rayonnante.

- Ils sont pour toi, nos compliments, corrigea Drago en attrapant son journal.

- Il ne t'a pas lâché du regard depuis qu'il est rentré, murmura Harry à l'oreille de la jeune femme qui sourit.

- Toi non plus, Potter.

Et Hermione rit doucement en venant embrasser la joue d'Harry qui haussait les épaules, ne niant à aucun moment.

- Je suis heureuse que vous soyez là. Je vous attendais tellement plus tard.

- Et on aurait loupé cette scène.

Et Hermione rit doucement à nouveau.

- C'est vrai. Une heure plus tard, vous m'auriez trouvé en train d'essayer d'apprendre à jouer du Bach, ça aurait été nettement moins beau à entendre, s'amusa-t-elle.

- Mais tu n'aurais pas été moins belle, souffla Harry avec un clin d'œil, la faisant rire.

Hermione eut soudain le souffle coupé et cessa de rire presque aussitôt alors qu'elle observait Drago qui avait souri. Son regard chocolat fixé sur le blond qui avait déjà replongé les yeux vers son journal du jour. Mais tout ce qu'elle voyait là, c'était ce sourire qui s'attardait sur les lèvres de l'ancien serpentard. La trace était infime mais ce sourire s'attardait, faisant battre son cœur à cent à l'heure. Parce que ce sourire n'avait rien eu de moqueur, de sarcastique ou d'ironique. Rien à voir avec tous ces sourires qu'il avait pu faire avant. C'était un sourire si léger, si tranquille. Presque heureux. Détendu. Drago avait laissé paraître une émotion et cela amena les larmes aux yeux à Hermione qui détourna la tête quand Drago releva les yeux vers elle. Parce qu'elle ne voulait rien laisser voir, elle ne voulait pas qu'il se referme. Parce que ce sourire était magnifique, il était beau avec et elle souhaitait le revoir. Alors elle ne dit rien, le connaissant assez pour savoir que si elle le faisait, il essaierait de tout mettre sous clé, encore.

- Tu n'es qu'un vil flatteur Harry.

Peut-être que c'était l'idée qu'elle jouait du piano, pour lui, qui l'émouvait. Ou la mention de Bach qu'elle entendait si souvent sortir des enceintes de la chaine, qu'il semblait beaucoup aimer. Elle n'en était pas certaine. Mais elle voulait revoir ce sourire chez Drago. Tout comme elle cherchait à allumer les prunelles d'Harry. Comme ce soir. Parce que ce soir, Drago souriait, Harry la couvait d'un regard chaud.

Alors son cœur allait exploser.

Le premier son qu'il entendit ce matin-là, ce fut le piano. Alors il n'ouvrit pas tout de suite les yeux. Parce que malgré qu'il soit seul dans le lit, il savait qu'ils allaient bien. Parce qu'il reconnaissait la façon de jouer d'Hermione et qu'il entendait aussi les tasses qui s'étaient entrechoquées dans la cuisine, signe qu'Harry leur préparait quelque chose.

Il finit par rouler sur le dos, ouvrit les yeux pour contempler le plafond et écouta simplement les notes. Ce n'était pas aussi fluide que le morceau aurait dû l'être et il en déduisit qu'elle s'entraînait, que c'était un air qu'elle ne maîtrisait pas. Elle tentait toujours de le faire quand il était absent, il l'avait déjà surpris plusieurs fois en rentrant le soir et elle changeait d'air. Puis quand elle était prête, elle s'installait quand il lisait, et jouait le morceau sans une once d'hésitation. Et il ne pouvait s'empêcher d'écouter attentivement, de s'abreuver de chaque note.

Et chaque fois qu'elle le faisait, le regard de Drago s'allumait. Son cœur se gonflait. Il se détestait de ne pas être capable de les aimer, de le leur montrer, de ne pas savoir faire preuve de la tendresse qu'ils méritaient. Mais son bonheur était infini parce qu'Hermione Granger jouait du piano pour lui. C'était la première fois qu'on jouait pour lui. Juste pour lui. Il avait l'impression qu'elle lui offrait de l'amour à l'état brut, l'infini dans une boîte, la lune sur un coussin. Parce qu'elle jouait pour lui.

Elle était magnifique, assise devant l'instrument, ses doigts étaient merveilleux, voltigeant d'une touche à une autre, ses cheveux relevés, laissant sa nuque légèrement courbée découverte. Et il se félicitait de l'avoir mis devant la grande baie vitrée. Car le soir, quand le soleil se couchait, il entourait Hermione Granger de son aura chaude et Drago aurait pu y voir le paradis s'il y avait cru.

Il finit pourtant par se lever, restant le plus silencieux possible, passant dans la salle de bain qui jouxtait la chambre. Il se prépara rapidement et s'immobilisa soudain au milieu du dressing. Ses affaires étaient entre celles d'Harry et d'Hermione. Et un sourire possessif étira ses lèvres. Parce que c'était comme ça que ça devait être. Cela répondait parfaitement à son obsession tordue. C'était un signe qu'ils étaient un peu à lui. Puisqu'ils vivaient ici, ils dormaient avec lui, leurs affaires étaient avec les siennes. Alors il lissa sa chemise avec un sourire orgueilleux en allant les rejoindre. Oui, ça répondait à son besoin tordu de les avoir près de lui de toutes les façons possibles.

Il se figea sur le seuil, incapable de ne pas contempler la scène devant lui. Granger au piano, avec une mine concentrée, mordillant sa lèvre inférieure à chaque hésitation. Une mimique qui menaça de faire craquer ce foutu élastique intérieur. Son foutu contrôle de lui-même. Puis Potter entra. Et Drago posa la main sur le chambranle de la porte pour s'empêcher de bouger.

Ce foutu Potter se promenait torse nu, juste vêtu d'un pantalon de pyjama en tissu léger et d'un bleu très clair qui lui tombait sur les hanches. Les cheveux toujours en bataille, et il venait en direction d'Hermione, avec une tasse à la main. Elle leva la tête vers lui, lui sourit et il l'embrassa tendrement. Et cette tendresse remua à nouveau quelque chose en Drago. Mais il refusait de se pencher dessus.

Il songea un instant à faire demi-tour, pour s'enfermer dans la bibliothèque comme il le faisait de temps en temps. Pour se débarrasser de ce qui remuait en lui. Il le faisait de plus en plus souvent depuis qu'il était ici. Il avait parfois du mal à garder son impassibilité qu'il avait appris au prix fort. Ils lui inspiraient tellement de chose. Tordues ou non. Ils illuminaient sa vie de trop de couleur pour qu'il reste toujours froid et sans émotion. Mais il ne pouvait pas se permettre de se laisser aller. Il était décidé à aller dans la bibliothèque quand ils se tournèrent vers lui d'un même geste. Harry lui sourit, Hermione tendit la main vers lui et il fut perdu. Il alla vers eux.

- Il va falloir t'apprendre les grasses matinées, soupira Harry en observant Drago qui était déjà parfaitement coiffé et vêtu d'une chemise et d'un pantalon en soie, très distingué.

- Je sais ce qu'est une grasse matinée Potter, merci. Et je suis le dernier levé, je tiens à le souligner.

- Harry veut dire que tu es déjà lavé, habillé et coiffé, s'amusa Hermione en posant sa tasse sur le dessus du piano.

- Tu ne flemmardes pas quoi.

- Je ne quoi ? Répéta Drago en fixant Potter dont le sourire l'hypnotisait soudain.

Il ignorait si c'était la tenue indécente, ses prunelles qui pétillaient, son expression pleine de vie ou son humeur malicieuse mais quelque chose le tirait vers Potter et il se dit que la bibliothèque était un choix plus logique pour lui qu'être ici. Il avait l'impression que ça débordait déjà. Toutes ses choses qui remuaient en lui, qu'il refusait de comprendre. Bordel s'il avait pu, juste pu, l'attirer vers lui pour appliquer ce qui lui passait par la tête à ce moment-là. Mais c'était contraire à tout. Il se contentait de ses souvenirs. Ceux de Potter se tortillant sous lui, cette vie qui l'avait animé quand il en avait cruellement manqué, sa chaleur et ses grognements.

- Le dimanche Drago, on prend son temps, on flemmarde, on déjeune tard, on saute le repas du midi, on s'habille seulement si on a envie, on prend un bain chaud et on ne fait quasiment rien. On mate un film, on lit, on joue aux cartes, rien de plus actif.

Les cartes étaient loin de l'esprit de Drago à cet instant. L'image d'une salle de bain vaporeuse, de la grande baignoire, pleine, avec Harry et Hermione dedans. Il ferma les yeux un bref instant pour chasser toutes ses images. Et il comprit que l'élastique, son contrôle de lui-même, était au bord de la rupture. Alors il tourna les talons. La bibliothèque, le bureau, pour se sortir tout ça de la tête et retrouver le contrôle de lui-même, de ses propres pensées. Parce que bordel, il n'était plus lui-même.

- Drago, l'interpella Hermione et il fut obligé de s'arrêter quand elle lui attrapa le bras.

Il se tourna vers elle en réponse à sa pression et son regard rencontra les prunelles chocolat qui semblaient soucieuses. Puis elle sourit. Elle avait un air tendre et délicat. Il s'attendait déjà à ce qu'elle lise en lui, qu'elle devine son émoi et il détesta ça. Il ne voulait pas être aussi transparent. Même si c'était elle, si c'était eux. Il ne voulait pas qu'ils devinent qu'il ne savait juste pas gérer leurs sentiments, leurs émotions, leur tendresse.

- Tu peux rester habillé si tu as envie, maintenant c'est trop tard, reprit Harry avec un soupir faussement plaintif mais le ton était malicieux.

Hermione et Harry échangèrent un long regard et Potter lui fit un clin d'œil. Ce qui fit presque froncer les sourcils à Drago. C'était comme s'ils étaient en train d'élaborer un plan ou d'affiner une stratégie déjà en place.

- Tu as l'air bien songeur.

- Je n'ai pas d'air, soupira Drago, la faisant rire.

- Tant que tu y crois, s'amusa Hermione en venant tendrement caresser sa joue.

Il faillit frémir. Il n'aimait pas cette phrase. Parce que ça voulait dire que c'était faux, qu'il avait un air et que donc il avait totalement perdu son contrôle, sur ses expressions, sur ses pensées et ça, ce n'était pas possible. Puis les lèvres d'Hermione rencontrèrent tendrement les siennes et il perdit le fil de ses réflexions. A la place, il glissa un bras autour de la taille fine et la colla à lui, retrouvant son contact et sa chaleur avec un plaisir infini.

- Il existe un autre genre de flemmardise, glissa soudain la voix chaude de Potter à l'oreille de Drago.

Et il ne put retenir un frémissement. Parce que les lèvres de Granger réclamaient son attention avec une ardeur nouvelle. Et le souffle brûlant de Potter effleurait sa joue, il devinait son visage tout proche, sa peau à seulement quelques centimètres de la sienne. Il eut la vague idée qu'ils avaient monté tout ça, qu'ils avaient réfléchi et pensé à tout ça depuis le début. Puis il sentit les mains de Potter se poser sur sa taille et triturer sa chemise pour passer en dessous et il décida que ça lui était complètement égal. Peu importait à quoi ils jouaient parce que c'était tellement satisfaisant de les avoir tous les deux contre lui, au contact. Peu importait son contrôle après tout.

Et l'élastique claqua. Se rompit net, brusquement, sans qu'il n'y puisse plus rien. Parce qu'ils le rendaient fou.

Les lèvres de Granger sur les siennes, les mains de Potter qui caressaient son corps. Son souffle chaotique qui mettait sa peau à vif. Les frémissements de Granger qui réveillaient chaque parcelle de son être.

C'était plus qu'un désir de possession malsain et tordu. Ces deux-là devaient être à lui, avec lui, près de lui, contre lui. C'était une évidence. Une absolue vérité. Alors il s'empara des lèvres de Granger avant de les abandonner pour glisser les siennes sur la peau lisse, chaude, douce. Il parcourut son cou, sa gorge, avec une ardeur enflammée qui était encouragée par les caresses de plus en plus audacieuses de Potter. Il avait sorti sa chemise de son pantalon et il la déboutonnait en partant du bas, tranquillement, accompagnant chaque bouton qui sautait de caresses précises, légères. Et les lèvres de Potter se posèrent soudain sur sa nuque, le faisant manquer de gémir. Mais il se contint. Bordel, il était un Malefoy, fier et digne, il n'allait pas gémir comme un gamin. C'était à lui de les faire gémir, de les faire se tortiller.

Et partisan de cette idée, il se redressa soudain, faisant cligner des yeux à Granger puis il pivota pour faire face à Potter. Ce dernier le contempla, surpris, puis un sourire malicieux étira les lèvres du brun. Mais Drago ne le laissa pas être fier de lui. Il était si près Potter. Tout juste contre ses lèvres, son souffle se mêlant déjà au sien, son regard au fond du sien et Harry posa les mains sur son torse, la chemise déjà toute ouverte. Puis les lèvres de Drago réclamèrent la capitulation de la bouche de Potter, sa langue entra dans le combat. Et il l'emporta haut la main lorsque Potter frémit, gémit contre son lèvres alors que les mains de Drago allait caresser la bosse dans le pantalon de pyjama. Puis il faillit défaillir à son tour.

Granger avait glissé les mains dans son propre pantalon. Il ne l'avait même pas senti défaire la ceinture. Elle devenait habile et audacieuse. Il adorait sa nouvelle audace, l'assurance qu'elle prenait avec le temps. Mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle soit si pleine d'initiative. Ils allaient le perdre, le rendre fou. Mais il refusait de perdre pied. Sa volonté et son contrôle étaient plus forts que ça.

Du moins le croyait-il jusqu'à ce que Granger le débarrasse sensuellement de sa chemise et ne parcourt son dos de baiser lascifs, langoureux, tout en caressant lentement la partie de son anatomie qui n'avait rien à faire de son contrôle et qui était dure comme de la pierre, démontrant de la plus sûre des façons son désir pour eux. Et il tentait de refaire gémir Potter. Et il y parvenait, et il adorait ce son. Très différent de Granger mais si délicieux à sa façon, si exquis qu'il le chercha encore et encore.

Jusqu'à ce que la langue d'Hermione effleure la peau du bas de son dos et n'amène un violent frisson dans tout son corps. Il fut obligé de se tourner vers elle, pour faire savoir ce qu'il pensait de ses manières indécentes. Mais il eut la surprise de la voir se laisser tomber à genou. Et elle le prit tout aussi tranquillement en bouche avant même qu'il ait réalisé.

Bordel, l'élastique, fut anéanti, il n'en resta plus aucune trace. Et il fut incapable de ne plus la regarder. C'était la vision la plus érotique du monde, de la voir dans cette chemise trop grande, surement à lui et avec laquelle elle avait dormi, à genou devant lui, ses lèvres se refermant sur lui, glissant tranquillement, avec langueur et lascivité. Et il accueillait chaque frisson avec stupeur et félicité. Alors, s'oubliant totalement, il posa une main sur sa tête et caressa ses cheveux, lentement, comme pour la remercier.

- A genou, Drago.

La main de Potter était sur son épaule, son souffle toujours sur sa joue. Et ce jour-là, Drago ne chercha même pas à protester. Il répondit à la pression de la paume de Potter et son corps s'affaissa, descendit, obligeant Hermione à suivre le mouvement mais elle ne s'arrêta pas et s'accorda à ses gestes. Puis Harry rejoignit la danse.

Drago le regarda se glisser derrière Hermione, il s'agenouilla, sa main remontant l'un de ses cuisses dénudée et Harry eut un sourire malicieux.

- Pas de sous-vêtements.

Et Drago lâcha un soupir. Hermione était juste vêtue d'une de ses chemises, totalement nue en dessous et elle faisait aller et venir sa bouche sur lui. Bordel, il était à deux doigts de l'extase. Puis Hermione gémit, lui faisant fermer les yeux. Le gémissement fit vibrer sa gorge ce qui se répercuta sur son érection qui était dans la bouche d'Hermione et il eut un nouveau frisson, violent. Il en serra les cheveux d'Hermione entre ses doigts et releva les yeux pour voir Harry. Une de ses mains glissée entre les cuisses de la jeune femme à quatre pattes entre eux, il amena un nouveau gémissement, puis encore un. Puis sous le regard sombre de Drago, sous ses prunelles tourmentées, Harry descendit son pantalon et se plaça sans quitter les yeux de Drago. Et il la pénétra, lentement, lascivement, en retenant des grognements. Hermione gémit, encore et encore et il faillit venir dans sa bouche, comme ça, d'un coup.

Il ferma violemment les yeux. Tout contrôle était oublié. Il ne voyait que Potter et Granger. Il n'existait plus qu'eux. Le rythme de Potter, les gémissements de Granger et les frissons de plus en plus violents de Drago. Jusqu'à ce qu'Hermione se contracte violemment, presque prise de spasmes. Sa bouche resserra sa prise alors qu'elle gémissait longuement et il ne tint plus, reconnaissant la jouissance de la jeune femme. Il explosa, en elle, la main dans ses cheveux, le regard fixé dans celui de Potter qui donnait de grands coups, les rejoignant dans l'orgasme à son tour.

Lorsqu'il rouvrit les yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermé, il ne put voir que le plafond. Il était couché à même le sol, et il prit son temps pour redescendre de là où il était. Il sentit Granger collée à lui, la main de Potter posée sur son ventre, apparemment installé derrière Granger. Puis il reprit pied à la réalité, réalisa et ferma les yeux un bref instant, le temps de retrouver l'être qu'il était et qu'ils venaient de chambouler. Il était apparemment encore possible de le chambouler et il ignorait si c'était une bonne chose ou une mauvaise chose.

- Bordel Granger, où as-tu appris à faire des choses comme ça ?

- D'Harry, évidemment, rit doucement Hermione en embrassant son torse sur lequel elle avait posé sa tête.

- Potter, tu …

- Tu ne vas pas te plaindre j'espère, coupa Harry en haussant un sourcil, visiblement amusé. Tu n'avais pas l'air d'être mécontent tout à l'heure.

- Vous aviez planifié ça, accusa soudain Drago en se redressant un peu pour les contempler.

- Non, à aucun moment, avoua Harry avec un sourire amusé.

- Tu as eu l'air … tourmenté, compléta Hermione en posant sa joue contre sa paume, le bras plié.

- Je n'ai pas d'air Granger.

- Oh si Drago, tu avais un air tout à l'heure. Et il nous a plu, murmura Harry avec une mine soudain plus sérieuse.

Et Drago eut un doute, un bref instant, avant de reconnaître du désir. Potter en redemandait. Voilà ce que Drago comprit à cet instant. Ce qui lui fit oublié temporairement l'idée qu'il avait des airs et donc qu'il perdait peu à peu son impassibilité salvatrice.

- On voulait juste que tu n'aies plus cet air tourmenté, reprit Hermione en se redressant pour l'embrasser de nouveau. Et tu ne l'as plus.

- Tu en es sûre ?

La réplique de Drago la surprit et elle sourit. Ce fut une journée comme Harry l'avait sous-entendu. Ils ne firent rien. A part tester toutes les possibilités qu'offrait ce genre d'activités à trois. Et elles semblaient infinies.

Et le dernier son que Drago Malefoy entendit ce soir-là, ce fut le son du piano. Qui sortait encore de la chaîne mise en route par l'un d'eux dans la journée. Car Granger était toujours bien blottie contre lui, tout comme Potter. Comme ce devait être. Comme l'évidence qu'il avait découverte.

Jamais il ne s'était senti si vivant.

Depuis la guerre en tout cas. Peut-être lors de sa rentrée à Poudlard avait-il ressenti cette euphorie en songeant à son existence. Il l'avait ressentie quand Sirius lui avait demandé de vivre avec lui. Ça avait toujours été si court. L'euphorie, le bonheur, avait toujours été très éphémère dans la vie d'Harry Potter. Puis il avait vaincu le grand mage noir, avec Drago et Hermione. Et ils lui avaient donné plus que ça.

Il inspira profondément en fermant les yeux un instant. Grâce à eux, il se sentait vivant, entier, euphorique. Et cet état se prolongeait. Malgré ses crises d'angoisse qu'Hermione faisait passer d'une étreinte tendre, malgré la culpabilité que Drago repoussait toujours de ses mots glacés. Ils éclaircissaient son ciel auparavant toujours encombré de lourds nuages gris.

Il fut ramené à la réalité par l'ascenseur qui s'arrêtait et il en descendit avec le flot humain qui l'entraînait presque malgré lui. Le ministère, son nouveau lieu de travail. Un travail qui satisfaisait sa fibre de héro comme Drago l'avait déjà appelé avec sarcasme. Il avait besoin d'aider les gens, de faire tout son possible pour sauver, améliorer, soutenir. La prophétie n'avait pas désigné n'importe qui en fait, il avait déjà la base en lui, il avait déjà la volonté de venir en aide. Ou peut-être était-ce tout cela, la guerre, la prophétie, qui avait fait naître ce besoin en lui. Il l'ignorait en fait. Et cela lui était égal. Parce que son métier d'auror correspondait parfaitement à ce besoin.

Il salua Evret en arrivant dans le bureau double. Il avait son propre bureau qui était dans la même pièce que son formateur et équipier pour l'année à venir. Il aimait bien Evret. Il était sérieux et concentré à la tâche mais avait une touche d'humour qui aidait à dédramatiser des tas de situations. Il lui rappelait un peu Ron. En plus assuré, plus farceur, plus taquin. C'était un grand homme, aux cheveux bruns tressés et à la silhouette massive. Il avait l'habitude de prendre les jeunes en formation, Harry l'avait tout de suite senti. Mais surtout, il ne le traitait pas comme un débutant. Il savait mettre Harry en valeur, il reconnaissait ce dont il était capable et il lui donnait confiance, ce dont Harry était reconnaissant.

Ils rejoignirent le reste de l'équipe présente dans les bureaux pour un débriefing matinal. Peu étaient sur le terrain aujourd'hui mais il était exceptionnel qu'ils soient tous là. Harry n'avait pas rencontré tout le monde alors qu'ils n'étaient qu'une trentaine dans l'équipe. Certains se virent attribués des missions, d'autres de corvée de rapport. C'était un problème récurrent dans le service. Les aurors étaient des hommes d'actions et nombre d'entre eux peinaient à rendre des compte rendus à terme de leurs missions.

Evret lui laissa le dossier qu'on leur confia et ce fut lui qui en fit la lecture à son équipier, confiant. Et cela mettait du baume au cœur à Harry, qu'on lui fasse confiance, qu'il soit en possession de toutes les informations. C'était une affaire sur des cambriolages aggravés de violence et il mit au point une procédure rapide que son équipier approuva presque aussitôt. Et leur enquête commença.

Harry redevint concentré, grave, sérieux. Il s'élança en quête d'une solution en visitant les lieux, cherchant un indice, une trace, un coupable. Rentrer sans solution lui crevait toujours le cœur et ces soir-là, lorsqu'il rentrait sans boucler l'enquête, il se calait contre Drago en quête de réconfort ou cherchait l'étreinte d'Hermione pleine de douceur. L'idéal étant d'avoir les deux.

Evret lui disait toujours qu'une journée n'était pas suffisante, qu'il ne devait pas être frustré, qu'il était impossible sur la plupart des enquêtes confiées que quelques heures suffisent. Mais Harry n'y parvenait toujours pas et cela faisait rire son équipier, gentiment moqueur. Et il revenait le lendemain avec un désir accru de trouver, de chercher, d'arrêter le coupable.

Puis il le trouvait.

Et ces soirs-là, quand il rentrait, il prenait une minute avant de passer la porte pour respirer. Parce qu'il aimait sa vie. Il aimait son nouveau travail, il aimait rentrer dans sa nouvelle maison juste après. Il aimait tout de sa nouvelle existence.

Lorsqu'il passa la porte, il devina la silhouette de Drago dans son fauteuil, sûrement derrière son journal et un feu brûlait dans l'âtre malgré la température plus que convenable de l'extérieur. Mais Harry soupçonnait Drago d'aimer les feux de cheminée puisqu'il choisissait toujours la place la plus proche, peu importait où ils étaient allés.

Une voix douce s'éleva du canapé et il devina qu'Hermione y était allongée, sûrement en train de lire. Une bonne odeur émanait de la cuisine, sûrement leur repas du soir, déjà prêt puisqu'il rentrait encore après la nuit tombée. Il aperçut soudain la main d'Hermione, son bras, qui s'étendait par-dessus l'accoudoir du canapé et après quelques secondes, le bras de Drago se tendit pour lui laisser l'accès à sa propre main et elle enlaça leurs doigts en disant quelque chose.

Oui, Harry aimait tout de son existence. Plus que tout, il aimait ses deux êtres. Ce n'était probablement pas normal, sans doute pas naturel, il serait regardé de travers si on savait. Mais c'était comme ça. La guerre les avait bouzillé, les avait tordu, détruit et anéanti. Mais ils l'avaient gagné et maintenant ils devaient réapprendre à vivre avec leurs plaies, avec ces ecchymoses et ses lésions irréversibles. Mais pour ça il avait besoin d'eux. Eux deux. Alors il s'en foutait que ça soit anormal, étrange, immonde. Il se foutait du jugement des autres. Il les avait sauvé, il avait mis sa vie et surtout la leur en péril, les avait entraîné dans les pires dangers. Alors il avait gagné le droit de les aimer. De les avoir pour lui. Il avait mérité le droit, pour une fois, d'être égoïste, et de les avoir pour lui. Il avait plus que le droit de les aimer. Et il le faisait. Parce qu'il les aimait. Plus que de raison. Et que c'était juste comme ça que ça devait être. Ça ne soignait aucune ecchymose, plaie ou meurtrissure que tout ça avait fait à son cœur, à son âme, à son être tout entier. Mais ça lui permettait de vivre. Il parvenait à sourire. A rire. Parce qu'il les aimait. Et le fait que ce soit fou, complètement cinglé, était inévitable. Parce qu'il n'avait plus de raison. Alors il ne pouvait que les aimer plus que de raison.

Alors il s'avança vers eux, pour les rejoindre, irradiant de bonheur. Parce qu'il avait arrêté son coupable et ils l'attendaient à la maison pour partager un bon repas et bien plus si affinités. Et affinités, il y avait.

Lorsqu'Hermione se leva pour l'enlacer et qu'il croisa le regard possessif de Drago, son cœur fit un bon.

Non, jamais il ne s'était si vivant. Et c'était bon.