Titre : Le sang des innocents

Auteur : Tabourette

Beta : ClaP74

Rating : MA

Note 1: cette histoire contient des relations homosexuelles donc toutes les personnes que cela rebute, passez votre chemin

Note 2 : Merci beaucoup à ClaP74 pour avoir corrigé ce chapitre encore une fois ! Sans elle vous n'auriez pas un texte aussi agréable à lire.

Diclaimer : les lieux et personnage de l'univers d'Harry Potter ne sont toujours pas ma propriété mais celle de leur auteur J.K Rowling. Le reste, c'est tout à moi !

Petit mot de ClaP74 : Ce chapitre est de loin l'un de mes préférés ! Tabourette nous laisse enfin apercevoir le mystère qui plane sur Poudlard et les rêves de nos quatre jeunes élèves. J'ai trouvé ça incroyable, si bien imaginé qu'on pourrait croire que l'idée vient directement de JK. Rowling. Je te le dis ici, un très grand bravo ! Je sais que tout va aller plus vite maintenant mais je n'ai qu'une envie, que tout ralentisse pour faire durer au maximum le plaisir de cette histoire ! Chers petits lecteurs, vous allez tellement aimer !

Bon, messieurs, dames, nous entrons enfin dans le vif du sujet ! Les choses vont commencer à s'enchainer concernant les rêves et vous allez enfin comprendre ce qui se passe (pas trop encore dans ce chapitre mais surtout dans le suivant).

Mais je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir par vous-même !

Et encore une fois, un grand merci à tous pour vos reviews ! :D

-Ron, arrête de me regarder, soupira Harry avec lassitude.

-Tu es allé le voir hier soir ?

-Oui, je suis allé le voir. On ne s'est presque pas vu des vacances, alors oui, maintenant qu'on se retrouve tous les deux dans le même lieu, je suis allé le voir.

-Hum.

Harry se retourna avec énervement vers le rouquin.

-Quoi ? Demanda-t-il.

-Rien, c'est juste que je n'arrive vraiment pas à me faire à l'idée de toi et Snape ensemble. J'essaye de vous imaginer, mais… Beuh. La phrase de Ron se termina dans une grimace de dégout.

-Et bien arrête d'essayer de nous imaginer ensemble ! Je croyais que c'était une image que tu ne préférais pas visualiser ?

-Je sais, mais je ne peux pas m'en empêcher.

-Hermione, aide-moi, gémit Harry en se tournant vers son amie, assise à ses côtés.

La jeune fille ne put cacher son sourire devant l'air accablé du brun et se tourna vers le troisième membre de leur trio assis au bureau derrière eux.

-Ron, fiche lui la paix ! Son ton était ferme, mais son sourire atténuait la force de ses propos. On a dit pendant les vacances qu'on n'embêterait plus Harry avec tout ça.

Le Survivant hocha vivement la tête même s'il doutait que cela freine le rouquin. Le lendemain de la fameuse découverte de sa relation avec Severus par Ron, Harry avait de nouveau été accablé de questions, autant par le rouquin que par Hermione à qui Harry avait décidé de tout raconter également. En tout cas de lui raconter la version plus ou moins officielle.

La réaction de son amie l'avait étonné. Il ne s'attendait pas à la voir réagir comme Ron, mais quand même. Il s'était attendu à plus. Elle n'avait pas paru surprise par la nouvelle. Elle avait juste affiché ce petit sourire irritant signifiant qu'elle était satisfaite d'elle-même, mais sans paraitre étonnée.

Elle lui avait révélé un peu plus tard qu'elle avait déjà des doutes. Autant dire qu'Harry était resté bouche bée devant cette phrase. Mais pas autant que Ron qui avait râlé qu'on ne lui disait jamais rien.

Elle lui avait alors expliqué son raisonnement. Leurs comportements à Severus et lui pendant certains cours, les fameuses retenues en début d'année et d'autres petits détails insignifiants, mais qui n'avaient fait que conforter la jeune femme dans ses suppositions.

Harry n'arrivait toujours pas à saisir comment des indices si minimes avaient pu la mener sur cette voie, mais il ne s'appelait pas Hermione Granger alors il abandonna l'idée de comprendre.

Pourtant, la validation de ses hypothèses n'avait pas empêché Hermione de lui poser autant de questions que Ron.

Autant dire qu'Harry avait passé une fin de vacances assez stressante. Il avait heureusement pu revoir Severus le lendemain soir et les deux hommes s'étaient finalement accordés sur une version officielle de leur rencontre à servir à ses deux amis curieux, révéler la condition de vampire du maître des potions n'étant toujours pas une option.

Officiellement donc, Harry avait revu Severus cet été alors que ce dernier était un des volontaires présents pour donner des cours de transplanage aux jeunes gens en vue de passer leur permis. Et comme par hasard, Harry s'était vu attribuer Severus comme instructeur. Se revoir hors de l'enceinte de Poudlard ou de l'Ordre du Phénix avait été un déclencheur pour eux deux et ils s'étaient revu après et ainsi de suite.

La seule chose qui avait étonné ses amis dans cette histoire un peu bancale c'était que Severus se soit porté volontaire pour quelque chose.

Hermione et Ron avaient pourtant fini par promettre de ne plus se montrer curieux sur cette relation qu'ils avaient découverte, une fois la rentrée des classes passée.

Et pourtant, Ron n'arrivait pas à laisser l'histoire couler.

Mais cela avait au moins eu le mérite de faire ricaner Severus, la veille, lorsqu'il lui avait raconté les diverses questions que lui posaient ses amis.

Le revoir la veille dans ses appartements, alors que lui-même venait juste de descendre du train, avait été un soulagement. Ils s'étaient pourtant revus plusieurs fois, comme convenu, pendant les vacances. Mais se retrouver tous les deux dans leur petit cocon qu'étaient devenus les appartements de Severus pour Harry avait été un vrai bonheur. Surtout qu'il avait enfin pu savourer de nouveau le corps de son professeur après ces longs jours d'abstention.

-Mais tu…

-Messieurs Potter, Weasley et Mademoiselle Granger. Le cours va bientôt commencer. Je vous prierais donc de vous asseoir correctement s'il vous plait. Les coupa Mcgonagall en s'asseyant elle-même à son bureau.

Harry se détourna de son ami avec soulagement, bénissant la professeure de métamorphose pour cette interruption bienvenue.

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À peine les vacances terminées, Severus fut convoqué sans attendre dans le bureau de Dumbledore. Il imagina immédiatement le pire. Harry lui avait assuré que Weasley et Granger n'avaient parlé de leur relation à personne, mais depuis le temps qu'il habitait à Poudlard, Severus avait appris que les informations circulaient plus vite qu'on ne le pensait entre les murs de pierre.

L'empressement du directeur à le rencontrer entre deux cours de potions le laissait perplexe et peu sûr de ce qui allait se passer. Mais si sa relation avec Harry devait être découverte par ses collègues, il en prendrait l'entière responsabilité. Après tout, c'était à cause de lui que leur liaison avait commencé à la base. S'il ne l'avait pas mordu… Severus ne voulait pas repenser à ceci maintenant. Il avait fait un faux pas, mais après les mois qu'il venait de passer avec Harry, il pouvait difficilement dire qu'il regrettait son geste à présent. Et cela le rendait encore plus amer envers tout cela. Il avait contraint le jeune homme à devenir sa Source et n'en ressentait à présent aucun remords. Harry ne lui avait jamais rien reproché et ne semblait lui non plus porter aucun regret à présent que leur relation se portait bien, mais cela n'empêchait pas Severus de se sentir coupable. Coupable d'être heureux d'avoir Harry comme Source.

Les souvenirs de ses nombreuses années passées dans les rangs des mangemorts ou portant simplement la marque de l'infamie aux yeux de tous après la guerre étaient à présent ensevelis sous l'éclat de la relation qu'il entretenait avec son élève. Il n'oubliait rien de ce qu'il avait traversé et vécu lors de ses précédentes relations, mais n'y portait à présent plus le même regard. Il avait Harry maintenant, c'était tout ce qui comptait.

C'est pour cela qu'il ne laisserait jamais rien de mal arriver au jeune homme.

Si Dumbledore devait réagir à la découverte de la relation entre un professeur et son élève, Severus ne laisserait pas Harry être atteint. Il était prêt à quitter son poste si cela signifiait pouvoir continuer avec le gryffondor. Même si sa réputation en temps que sorcier n'était pas au beau fixe compte tenu de son passé, ses compétences de maitre des potions n'avaient jamais été remises en question et il savait qu'il pourrait facilement retrouver un travail. Peut être mieux ou peut être moins bien que son poste actuel, mais sa position de professeur avait autant de défaut que de qualité. Il quitterait avec regret Poudlard si le cas devait se présenter, mais pas ses cours et ces bandes d'élèves insouciants.

Il prononça donc avec appréhension le mot de passe pour accéder au bureau du directeur et monta sans se presser les escaliers en pierre. À peine eut-il frappé à la porte qu'il fut invité à entrer. Dumbledore était assis derrière son bureau et le fixa dès qu'il posa un pied dans la pièce.

Malgré les sentiments qui se défoulaient en lui, Severus savait que rien ne transparaissait sur son visage ou dans son attitude. Il avait eu des années pour se perfectionner dans l'art de ne rien laisser paraitre. Quand sa vie est en jeu, l'être humain est capable de beaucoup et ça, Severus l'avait déjà expérimenté de nombreuses fois.

Malgré le sourire franc du directeur, Severus ne se laissa pas piéger et ne baissa pas sa garde.

-Voyons Severus, que me vaut l'honneur de faire face à votre si implacable impassibilité ? Je croyais que nous avions passé ce stade depuis longtemps.

-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Répondit le maitre des potions.

-Je vous connais mon garçon. Vous appréhendez la raison de ma convocation. Avez-vous quelque chose à me cacher ?

Seul le silence répondit au directeur.

-Peu importe, ça ne me regarde pas. Rassurez-vous, rien d'insurmontable ne vous attend. J'ai juste une petite mission à vous confier. Pendant les vacances, j'ai pris contact avec une vieille connaissance. Un homme très respecté, mais surtout très instruit dans la magie ancienne, mais aussi dans l'histoire du château. Il a, après tout, rédigé la dernière édition de l'Histoire de Poudlard.

Harold Granwich. Severus le connaissait, bien évidemment. Il ne l'avait jamais rencontré personnellement, mais les longues années qu'il avait passées à étudier les aspects cachés ou oubliés de la magie avaient suffi à forger sa réputation.

-Vous vous doutez certainement de la raison qui m'a poussé à lui envoyer une missive, je suppose, continua Dumbledore. La situation critique de Poudlard ne s'est heureusement pas plus dégradée, mais aucune amélioration n'est visible non plus. Grâce aux nombreux mécanismes magiques que nous avons pu mettre en veille ces dernières semaines, nous pouvons sans problème maintenir les fonctionnements magiques primordiaux à l'école, mais le mieux serait tout de même de trouver une solution à cet énorme problème auquel nous devons faire face. J'ai donc décrit les événements de ces dernières semaines à Harold et il m'a répondu d'envoyer quelqu'un pour le rencontrer. Je ne peux malheureusement pas me déplacer en ce moment. Le ministère m'accable de papier à remplir et de certificat à fournir depuis la dernière réforme du nouveau ministre de la magie sur les modifications du programme scolaire à appliquer. Mais il me semble que demain après-midi, vous n'avez pas cours. Je me suis donc dit que vous ne verriez pas d'inconvénient à aller rencontrer ce brave Harold.

Ce n'était pas une question, mais Severus ne pouvait de toute manière pas se défiler. Il n'avait jamais été bon à refuser les requêtes de Dumbledore. Mais cela n'était pas sa seule motivation à accepter de rendre visite au vieux professeur.

Dès que le directeur avait évoqué la magie ancienne, l'attention du maitre des potions avait immédiatement été focalisée sur les rêves que faisait Harry. Cela faisait plusieurs jours que les recherches qu'il avait menées pendant les vacances l'avaient emmené dans cette direction sans pour autant aboutir. Peut être que parler de tout ceci à un expert en la matière permettrait de mettre en lumière certains aspects passés inaperçus pour le moment, mais aussi, il l'espérait, à trouver une réponse et peut être même une solution à toute cette histoire de rêve.

Il saisit donc la requête de Dumbledore comme une occasion inespérée de pouvoir en découvrir plus.

-Je n'y vois évidemment aucun inconvénient Albus. À quelle heure est fixé le rendez-vous ?

-Dans l'après-midi. Aucune heure n'a été donnée, mais connaissant ce cher Harold, il se souviendra à peine que vous devez le rencontrer. Sa mémoire lui fait de plus en plus défaut. Mais heureusement pour nous, pas en ce qui concerne la magie de Poudlard. Passer une vie à étudier la même chose vous le grave dans la mémoire sans commune mesure. Comme je vous l'ai dit, je lui ai relaté tous les événements survenus à Poudlard, mais il sera peut-être nécessaire que vous lui rafraichissiez la mémoire.

Dumbledore tendit un parchemin en direction du professeur de potion.

-Voici l'adresse de l'université dans laquelle se trouve son bureau. Des cheminées sont mises à dispositions dans le hall de l'université pour votre arrivée. Vous n'aurez qu'à utiliser la vôtre pour vous y rendre. N'oubliez pas, demain après-midi. Et maintenant, je ne veux pas vous renvoyer, mais cette montagne de papier a encore besoin d'être traitée avant la fin de la semaine.

Joignant le geste à la parole, le directeur posa sa main droite sur un monticule de parchemins entassés sur le côté de son bureau.

Severus prit donc cette dernière phrase comme le signe de son départ. Il salua le directeur en lui souhaitant bon courage avant de sortir du bureau.

Ce n'est que lorsque la gargouille de pierre se referma derrière lui en bas des escaliers que Severus se détendit enfin. Visiblement, le secret de sa relation avec Harry était toujours bien gardé, pour son plus grand soulagement. Peut-être même pourrait-il continuer à exercer jusqu'à la fin de l'année sans être découvert. Mais ce n'était que janvier. De longs mois l'attendaient encore avant qu'Harry ne soit plus élève à Poudlard. Severus ne voulait pas trop parier dessus.

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À présent qu'une ouverture était proposée à Severus, il parla enfin de ses suppositions à sa Source. Harry venait de le rejoindre comme de coutume dans ses appartements après le repas. C'est repu que le vampire avait pris sa Source dans ses bras et l'avait entrainé jusqu'à son canapé. Blotti contre son corps, Harry parlait de choses et d'autres, de ses amis, de ses cours, de son entrainement de quiddich qu'il avait eu avant le repas, mais n'attendait visiblement pas d'intervention de la part du vampire. Severus se contenta donc de l'écouter jusqu'à ce que la conversation dévie vers les rêves et de l'entretien qu'il avait eu avec Kateline et Laelis.

Avant les vacances, le Gryffondor leur avait fait part de ce que Rémus, Draco, Severus et lui avaient découvert lors de leur rendez-vous. Il leur avait alors demandé si la personne avec qui elles rêvaient quand elles étaient à Poudlard était bien la même personne qui se trouvait dans les rêves qu'avaient faits Harry et Draco.

Encore une fois, Severus avait vu juste. Le veela de Kateline était bien celui l'avait emmené loin du corps de sa mère. Il était son voisin depuis de nombreuses années et s'était précipité chez elle dès qu'il s'était rendu compte de l'attaque des mangemorts. Mais malheureusement trop tard pour sauver la mère de Kateline. La jeune fille ne pouvait malgré tout que s'estimer heureuse qu'il soit apparu sinon, elle n'était pas certaine qu'elle en serait ressortie indemne elle non plus. Quant à Laelis, elle aussi lui avait confirmé que les deux hommes étaient la même personne.

Ils avaient alors tous les trois prévu de se retrouver dès la rentrée pour confirmer que les rêves ne se produisaient qu'à Poudlard.

Harry en avait eu la confirmation pendant les quelques jours qu'il avait passés chez Severus. Durant les nuits qu'ils avaient passées ensemble, jamais il n'avait refait ces rêves et il avait appris dans l'après-midi qu'il en était de même pour les deux jeunes filles.

Harry relata donc avec le plus de conformité possible ce qui s'était dit entre les trois jeunes. Ils n'avaient pas encore la version de Malfoy, mais Harry partait du principe que si trois personnes sur quatre étaient dans la même situation, il pouvait assurer avec suffisamment de certitude qu'il en était de même pour le Serpentard. Harry n'avait pas besoin de l'entendre de sa voix et préférait même l'éviter.

Parce que cela aurait signifié qu'il avait dormi avec Rémus hors de Poudlard et le Gryffondor n'avait pas très envie d'avoir autant de détails sur la relation entre le loup-garou et Malfoy.

Severus roula des yeux, accablé, quand Harry lui fit part de ce dernier point, mais ne dit rien. Il ne pouvait pas nier qu'il n'avait pas forcément envie de s'entretenir avec Lupin donc il pardonnait à sa Source de ne pas vouloir le faire avec son filleul.

Ce qu'il retira de l'échange que lui relata Harry, c'était que leurs déductions se révélaient justes, mais rien de nouveau n'avait vu le jour. C'est pourquoi Severus comptait beaucoup sur l'entretien avec Harold Granwich, expert en magie ancienne, pour trouver une nouvelle piste. Cette opportunité tombait vraiment à pique et le maitre des potions comptait bien en profiter.

Il fit donc pour la première fois part de ses hypothèses sur l'implication de la magie ancienne dans le processus des rêves à Harry. Ce dernier l'écouta attentivement, mais ne put qu'apprécier les déductions du vampire. La magie ancienne n'était pas enseignée à l'école et très peu de personnes la pratiquaient encore. Ce domaine restait un vaste inconnu pour le Gryffondor. Hormis ce que lui avait dit Dumbledore sur cette magie qui avait permis à sa mère de le protéger contre Voldemort avant son dernier souffle, il n'y connaissait rien. Mais il espérait lui aussi que Severus allait pouvoir retirer quelque chose de son entretien avec le professeur dont il parlait. Peut-être pourraient-ils enfin trouver des réponses à apporter à leurs trop nombreuses questions.

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Severus avançait avec incertitude dans les couloirs de l'académie des sciences magiques appliquées. Tous se ressemblaient et aucune indication ne l'aidait à se repérer. On lui avait dit à droite au fond du hall, deuxième escalier sur sa gauche, quatrième étage, à droite en sortant, premier couloir sur la droite, gauche, gauche et troisième porte à gauche. Il faillit retourner à son point de départ pour tout reprendre depuis le début quand une pancarte en cuivre plaquée sur une petite porte en bois et fer forgé attira son attention.

Dr Harold Granwich

Magie ancienne

Il avait trouvé. Severus en aurait presque soupiré de soulagement, mais le couple de personnes qui le croisa en discutant l'en dissuada. Finalement, il était arrivé à bon port.

Il frappa à la porte et entra quand une voix grave l'y invita. Le maitre des potions reconnut immédiatement le visage de l'homme assis derrière son bureau. Souvent cité dans de nombreux ouvrages traitant de l'histoire et des différents aspects de la magie, sa photographie était parfois visible, notamment au début du livre de l'Histoire de Poudlard.

Les cheveux gris très clairs, presque blancs dans le rayon de lumière qui pénétrait dans son bureau, il était vouté sur un parchemin déroulé devant lui. Des petites lunettes rondes lui tombaient sur le bout du nez, recouvrant un visage sur lequel le temps avait laissé sa trace. Severus ne connaissait pas l'âge exact de l'homme assis en face de lui, mais il était certain qu'il battait Dumbledore à plate couture.

Le professeur Granwich releva finalement les yeux de sa lecture quand Severus s'avança dans la pièce. Il sursauta, comme surpris de trouver quelqu'un dans son bureau alors qu'il venait lui-même d'en accorder l'entrée.

-Ah ! Monsieur Snape je présume ? Entrez. Entrez donc. Prenez une chaise et venez vous assoir.

Severus regarda les amoncellements de documents tout autour de lui, essayant de chercher une chaise parmi tout ce bazar. Ce n'était pas sain pour un vieil homme de vivre dans un environnement présentant tant d'obstacles et de danger. Il repéra finalement une chaise en bois recouverte d'un tas de plusieurs dizaines de centimètres de haut de parchemins plus ou moins bien alignés. Avec précaution, le maitre des potions souleva le tas de papier et le posa sur la commode qui se trouvait à côté de lui, et déjà chargée plus que de raison.

Il prit alors la chaise et l'emmena face au professeur qui venait de reprendre sa lecture. Assis de l'autre côté du bureau, Severus attendit patiemment que l'homme refasse surface. En tant que professeur et chercheur lui-même, Severus pouvait comprendre l'importance que pouvait avoir un parchemin et que le professeur Granwich n'avait pas forcément envie d'être dérangé dans sa lecture par un sombre inconnu.

Severus attendit donc une poigner de minutes avant que l'homme grisonnant ne relève la tête.

-Oh, vous êtes là ! Oui. Oui. Vous avez trouvé une chaise, bien. Une tasse de thé ?

-Non merci, déclina Severus, incertain du temps que prendrait la préparation d'une infusion compte tenu de la distraction de l'homme en face de lui

-Bien. Oui vous avez raison. J'en ai moi-même pris suffisamment pour le reste de la journée. Voir le reste de la semaine.

Il jeta un nouveau coup d'œil sur le parchemin en face de lui, mais reporta cette fois-ci rapidement son attention sur Severus.

-C'est Albus qui vous envoie, c'est bien ça ?

Le professeur de potions acquiesça.

-Cher Albus. Un brave homme, mais toujours trop occupé pour s'arrêter prendre une tasse de thé. Vous veniez me voir à quel sujet déjà ? Le professeur Granwich enchaina aussitôt. Ah oui, Poudlard. Quelle merveilleuse école. J'y ai moi-même passé mes jeunes années. Cela remonte maintenant. Mais quel endroit passionnant, quelle histoire. C'est ce qui a poussé ma vocation, vous savez. La magie ancienne. Elle bouillonne à l'intérieur des murs de cette école. Un sujet d'étude très intéressant. J'y ai consacré une grande partie de ma vie. Mais il me semble que c'est pour ça qu'Albus vous a demandé de venir me voir donc vous devez déjà savoir tout cela. Je radote un peu vous savez. L'âge. Je vous écoute.

-Bien. Je ne sais pas ce que vous a communiqué Albus exactement, mais la situation à Poudlard est inquiétante. Les niveaux de magie sont au plus bas et des dysfonctionnements dans le système commencent à se faire voir. Nous avons dû couper plusieurs canaux de magie pour préserver les activités principales et indispensables. Nous supposons que l'excès de magie utilisé pendant la guerre pour la défense du château a eu des conséquences sur le stock de magie dans les structures du château.

Le professeur Granwich secoua la tête, l'expression peinée.

-Bien sûr que ces défenses ont couté cher. Mais que fallait-il faire ? Laisser les pauvres élèves et les murs de cette très chère école, cette institution, tomber entre les mains de l'envahisseur. Bien sûr que non. Je me souviens maintenant de ma conversation avec Albus. Comme je lui ai dit, vous avez bien fait de couper certaines arrivées de magie. Malheureusement, le déclin de Poudlard est maintenant inévitable. La magie perdue ne peut pas être récupérée. Pas de nos jours. Nous savions tous que cette école ne serait pas éternelle. Quel drame que cette guerre soit venue contrecarrer les longues années d'existence qu'avait encore Poudlard devant elle.

-Mais, demanda Severus dont l'humeur venait de plonger en entendant ces phrases fatalistes d'un expert sur Poudlard, n'y a-t-il pas un moyen de réinsuffler de la magie dans la structure du château ? Les fondateurs l'ont bien fait à sa création. Ne peut-on pas suivre un processus similaire ? Vous devez connaitre la manière dont ils ont procédé, je suppose, non ?

-Bien sûr que je connais la méthode qu'ils ont utilisée pour créer ce château vivant, mais aucun moyen au monde ne peut rivaliser.

Le professeur Granwich secoua tristement la tête.

-Voyez vous, les méthodes employées pour créer ce château ont été puissantes, mais surtout destructrices. Quelle fin tragique pour les Fondateurs après tant de travail et un si grand projet. Mais ils se sont lancés dans cette aventure en connaissance de cause. Même si j'en soupçonne un ou deux d'avoir pu penser pouvoir en ressortir. Les faits officiels sont très flous et secrets concernant ce point, mais voyez-vous, au fil de mes années de recherche, j'ai recueilli la preuve que les Fondateurs n'ont pas survécu à ce prodige qu'ils ont fait naître. Trop de sacrifices, trop de travail, trop de magie brûlée. Leur énergie vitale s'est tout simplement éteinte sous le poids de cet accomplissement, quelques années après l'ouverture de Poudlard. Ils en connaissaient le prix, mais se sont malgré tout lancés dans ce projet. Il est impossible aujourd'hui de reproduire le même schéma pour obtenir un résultat équivalent.

Severus se retint d'exprimer sa surprise. Jamais il n'avait entendu parler de ce fait. Les récits officiels parlaient d'une retraite anticipée des Fondateurs. Mais cela remontait à tellement loin et peu de témoignages étaient disponibles à cette époque. Peu de personnes savaient écrire et si des récits oraux relataient les réelles mésaventures des Fondateurs, ces paroles s'étaient perdues dans le vent depuis longtemps déjà. Mais Severus faisait confiance à l'homme devant lui. Il avait passé plus de la moitié de sa vie à étudier Poudlard et son histoire.

-Pourquoi cela n'apparait-il pas dans votre livre. La dernière édition de l'Histoire de Poudlard ?

-Ah, très bonne question mon cher ! S'exclama le professeur. J'ai fait cette découverte après avoir publié ce livre. Mais quand j'ai voulu rajouter ce passage, le Ministère s'est opposé à sa republication. Soi-disant que ce n'était pas un aspect de l'histoire qui devait être connu du grand public, et surtout des jeunes élèves qui lisaient ce livre en arrivant à l'école. Qu'il fallait préserver leur sensibilité et autre fadaise. Mais l'histoire n'est pas toujours rose. Je ne vois pas en quoi le cacher est une atteinte à la sensibilité des plus jeunes. On leur parle pourtant bien des nombreuses guerres entre gobelins ou trolls et de leurs morts. Pourquoi le sacrifice des Fondateurs à la création de cette majestueuse école devrait-il être caché ? Mais le Ministère a menacé de me couper mes fonds de recherche si je persistais à vouloir raconter cet aspect de l'histoire de Poudlard. J'avais encore tellement de choses à découvrir que j'ai abdiqué. Peut être une erreur de ma part, mais je ne l'ai pas vraiment regretté compte tenu de tout ce que j'ai appris et découvert par la suite au court de mes recherches. Mais je soupçonne le Ministère d'avoir surtout eu peur de l'aspect sombre de la magie ancienne utilisée. Que cela ne suscite des vocations non désirées.

Le professeur Granwich se leva avec difficulté de son fauteuil et se dirigea d'un pas trainant vers la fenêtre de son bureau. D'où il était, Severus pouvait apercevoir un carré de pelouse bordé par une rangée d'arbre à l'extérieur.

-Si la magie ancienne n'est plus enseignée de nos jours, c'est pour une bonne raison et le Ministère ne souhaitait pas voir ce sujet ressurgir par ma découverte sur la fin des Fondateurs, je suppose. Peut-être était-ce avisé de leur part. Je ne sais pas. La magie ancienne est tellement sombre. Puissante, mais sombre. Elle permet d'accomplir de grandes choses, comme la naissance de Poudlard par exemple, mais elle a un lourd prix à payer. Son utilisation n'est pas anodine. La magie du sacrifice, la magie du sang, la magie de l'imaginaire, la magie des éléments, la magie de la nécromancie. Les plus connues, mais il y en a tellement d'autres.

Severus se tendit sur ces dernières paroles et se risqua enfin à aborder l'autre sujet de sa visite.

-Les rêves induits font aussi partie de la magie ancienne, il me semble, non ? Demanda-t-il avec incertitude.

-Exacte oui, la magie de l'imaginaire. Mais c'est difficile de savoir si un rêve en fait partie. Notre cerveau est, après tout programmé, pour rêver. Pas besoin de magie pour cela.

-Mais des rêves où la personne rêverait de l'histoire d'une autre personne ? De l'histoire réelle, quelque chose qui s'est vraiment passée pour cette deuxième personne.

Le professeur Granwich se tourna avec une vivacité étonnante pour son âge et fit face à Severus toujours assis sur sa chaise.

-Intéressant. Oui, cela pourrait faire partie de la magie de l'imaginaire. Mais les méandres de l'esprit sont si compliqués à parcourir. Un cas comme celui dont vous me parlez serait étonnant. Cela requièrerait une connaissance poussée sur cet aspect de la magie ancienne de la part de la personne qui impose ces rêves à l'autre protagoniste.

-Je ne crois pas que quelqu'un provoque ces rêves volontairement. Ajouta Severus.

-J'ai le fol espoir, tout à coup, que ce dont vous me parlez est réellement arrivé, s'émerveilla le professeur Granwich.

Le maitre des potions hocha la tête avant d'expliquer.

-Oui, il se trouve que quatre de mes élèves font respectivement des rêves les uns sur les autres.

-Passionnant ! Étonnant ! S'exclama le professeur Granwich, le visage éclairé par l'excitation. Mais impossible. Des jeunes personnes ne seraient pas capables de pratiquer ce genre de magie ancienne.

-Comme je vous l'ai dit, ce n'est pas volontaire de leur part. Nous avons fait quelques découvertes de notre côté. Si vous voulez bien, je vous les expose et vous me dites ce que vous en pensez ?

-Faites donc, faites donc, je suis impatient de les entendre !

Severus prit donc sur lui pour révéler à un nouvel inconnu les aspects privés de sa vie avec Harry, de ses rêves et ceux de Draco et des jeunes filles. En face de lui, le vieil homme ne le quittait pas du regard, buvant chacune de ses paroles. Au milieu du récit, il retourna s'assoir à son bureau et commença à griffonner sur un parchemin vierge qu'il extirpa avec difficulté d'une pile de papier. Sa plume courrait sur la surface du parchemin, le remplissant d'une écriture fine, entrecoupée de flèches et de schémas qui ne devaient avoir un sens que pour son auteur.

Quand le maître des potions eut fini de relater les détails de ce qui se passait pour les quatre jeunes et des découvertes qu'ils avaient faites, un silence s'installa dans le bureau. Seul le raclement de la plume sur le papier se faisait entendre. Au bout d'un temps qui paru incroyablement long à Severus, mais cela était probablement dû à son impatience à connaitre les conclusions de l'expert en face de lui, le professeur Granwich reposa enfin sa plume et se redressa.

-Vraiment étonnant et incroyable. Comment de si jeunes personnes peuvent-elles être les cibles de ces événements ? Il y a un point que j'aimerais éclaircir.

-Je vous écoute. Dit Severus.

-Vous m'avez dit que les personnes avec qui ces jeunes rêvent quand ils dorment sont les mêmes personnes qui apparaissent dans les rêves.

-Oui, nous l'avons vérifié auprès de tout le monde.

-Il faudrait comprendre la signification de chaque rêve pour en comprendre le but. Savoir ce qui s'est passé dans ces scènes qui a suffisamment d'importance pour être la cible de la magie de l'imaginaire. Vu que je vous ai sous la main, pouvez-vous me raconter la scène dont a rêvé cette jeune fille, euh…

-Kateline Pengraff.

-Oui voilà, parler moi en détails de cette scène. Vous l'avez vécu de l'intérieur donc vous pourrez m'en dire plus.

Severus se tendit et hésita à parler. Le moment était venu de dévoiler son identité à quelqu'un d'autre que ses amis. Il ne savait pas si sa condition de vampire avait une importance et si sa liaison avec Harry pour en faire sa Source était un point important, mais il ne voulait pas laisser passer ce détail au risque d'induire en erreur le professeur en face de lui. Il avait enfin l'occasion d'en apprendre plus sur ces rêves, de la bouche d'un expert en magie ancienne. Il ne pouvait pas la laisser passer.

Il avait eu des doutes sur l'implication de la magie ancienne quand ses recherches sur les rêves dans les livres de sa bibliothèque et de la réserve n'avaient abouti à rien. Si aucune information n'était disponible cela voulait dire que ces rêves prenaient source ailleurs que dans la magie actuelle. Deux ou trois autres pistes étaient envisageables, mais il avait profité de sa visite au professeur Granwich au sujet de Poudlard pour évoquer avec lui une de ces pistes. La magie ancienne. Et il fallait croire qu'il avait eu raison. C'est pour cela qu'il ne pouvait pas laisser passer cette opportunité.

Mais dévoiler son secret allait à l'encontre de son instinct de survie. Et cet instinct lui avait rarement fait défaut ces dernières années.

Quand Kateline avait parlé de ses rêves pour la première fois, il avait pris peur. Peur qu'elle ait découvert son secret. Après tout, elle avait rêvé de cette scène où Severus mordait Harry. La fois de trop, au repère. Mais lorsqu'il avait parcouru son esprit, il avait été soulagé de n'y voir que le moment où il essayait d'effacer la mémoire du jeune homme. Pas la morsure. Les paroles échangées alors étaient suffisamment évasives pour ne pas donner d'indices sur sa condition de vampire. Severus espérait juste que Kateline n'avait pas fait d'autres rêves depuis qui en révélait plus. Mais les réactions de la jeune fille à son encontre pendant les cours ou pendant leurs brefs entretiens n'avaient pas changé. Il supposait donc que son secret n'était pas encore découvert de ce côté-là.

Mais à présent, il allait devoir tout révéler à l'homme en face de lui. Il prit donc son courage à deux mains et se lança dans son histoire.

-Tout d'abord, pour comprendre ce dont je vais vous parler, il y a un point dont vous devez avoir connaissance. Mais… Je ne sais pas si…C'est assez secret et…

-Ne vous inquiétez pas essaya de le rassurer le vieil homme en face de lui. Pensez à moi comme à un psychomage. Secret professionnel. À vous de voir si vous voulez me faire confiance ou non, mais je ne dirais rien de votre petit secret.

-Bien.

Cela ne rassurait que moyennement Severus, mais il n'avait pas d'autres choix que de lui faire confiance. S'il devait décrire la scène, il devait avouer.

-Je suis un vampire.

L'homme en face de lui le regarda les yeux ronds.

-Oh. Fascinant ! Seuls quelques récits relatent l'existence des vampires. Je ne pensais pas leur existence véridique.

Severus était surpris de ne pas voir l'homme plus perturbé que cela sur cette révélation.

-Vraiment passionnant. Reprit le professeur Granwich. Une grande découverte. Mais ne vous inquiétez pas je garderai ce secret pour moi. Je suppose que si votre existence est restée secrète aussi longtemps, c'est pour une bonne raison.

L'homme se pencha tout à coup vers lui, le visage soudainement éclairé.

-Puis-je me permettre de vous demander un entretien un peu plus tard pour en parler ? Juste pour satisfaire la curiosité d'un vieil homme qui a vécu à travers les découvertes qu'il a faites. Tout cela restera dans ma tête évidemment.

Son ton était presque suppliant et avide. Severus ne put s'empêcher de sourire faiblement devant son empressement et hocha avec hésitation la tête. Il avait toujours moyen de bloquer l'esprit de l'homme s'il ne souhaitait pas que cette information soit révélée. Il lui en demanderait la permission plus tard, avant de lui en parler plus en détail. Mais pour le moment, cette conversation était finie alors que le professeur Granwich revenait sur le sujet principal.

-Donc, vous êtes un vampire. Reprit calmement le professeur. Je suppose que c'est un point important à noter pour la suite de notre conversation.

-Effectivement. La scène dont rêve mademoiselle Pengraff montre le moment où… Où j'essaye d'effacer la mémoire d'Harry, un des quatre jeunes à être impliqué dans les rêves. Celui qui rêve quand il dort avec moi, comme je vous l'ai dit tout à l'heure. Sauf que ça me demande beaucoup d'énergie et j'ai… Craqué. Je me suis nourri de son sang.

Severus hésita quelques secondes.

-Et c'est grave ? Demanda le professeur.

-Oui, oui c'était grave parce que cela faisait la troisième fois qu'il était mordu par un vampire entre deux Lunes. Et dans ces cas-là… Enfin, il s'est avéré par la suite que j'ai été obligé de faire de lui ma Source. Une Source est en quelque sorte la personne sur laquelle un vampire va exclusivement se nourrir. C'est de ce moment-là qu'a rêvé mademoiselle Pengraff.

-Passionnant. Il va vraiment falloir que vous m'en disiez plus sur le système de fonctionnement des vampires. C'est tout à fait intéressant. Donc, vous avez fait de ce jeune homme votre Source.

-Oui, voilà.

-Vous le vouliez ?

-Comment ça ? Demanda Severus avec étonnement.

-Vous vouliez qu'il soit votre Source ?

-Euh non, pas vraiment. Je ne voulais pas avoir de Source. Encore moins celui-là, Harry.

Le professeur Granwich s'empressa de griffonner quelque chose sur son parchemin que Severus fut bien incapable de décrypter.

-Je vois une ébauche d'hypothèse se dessiner, mais c'est encore incertain. Il faudrait que je parle avec les trois autres personnes pour avoir plus de détails sur ces scènes qui apparaissent dans les rêves des autres. Serait-il possible de les rencontrer ?

Severus hésita.

-Je suppose, mais pas hors de l'école. Ils ne sont pas autorisés à sortir hors de l'enceinte du château avant la prochaine sortie à Pré-au-lard dans un mois.

-Hum. Peut-être Albus m'autorisera-t-il à venir au château pour les rencontrer là-bas.

-Je… Albus n'est pas au courant de ces rêves. Seuls les quatre jeunes, un autre professeur et moi-même sommes dans la confidence. Et… Je souhaiterais que ça reste comme ça.

Contre toute attente le vieil homme éclata de rire. Un rire rauque et fragile, mais tonitruant.

-Il y a donc quelque chose qui se passe dans le château sans qu'Albus soit au courant ?! Mon très cher monsieur, vous venez de gagner toute mon admiration. Cette ignorance du directeur me donne encore plus envie de m'occuper de votre cas. Sans qu'il n'en soit averti il va s'en dire.

Un large sourire toujours présent sur ses lèvres, le professeur continua.

-Je peux m'arranger pour rendre une visite de courtoisie à ce cher Albus et ensuite faire un petit détour pour rencontrer ces quatre jeunes formidables. Le plus tôt sera le mieux il va sans dire. Il ne faut pas rigoler avec la magie ancienne. Je vais donc contacter Albus pour prendre rendez-vous et d'ensuite je vous communiquerai ma disponibilité si cela vous convient. Écrivez-moi donc votre nom sur ce parchemin, que je ne l'oublie pas. Je vous enverrai un hibou dès que j'aurais des nouvelles.

Et le professeur tendit un morceau de parchemin déchiré ainsi qu'une plume vers Severus.

-Je dois vous avouer que votre affaire m'intrigue. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas eu de mystère de la sorte à résoudre. C'est tellement excitant ! J'espère en tout cas que mes connaissances sur la magie ancienne et sur Poudlard pourront servir. L'école doit bien avoir un rôle à jouer dans tout ceci, sinon ces braves petits jeunes ne rêveraient pas seulement quand ils dorment dans l'école.

L'excitation du professeur était visible. Ces gestes étaient plus vifs alors qu'il agitait ses mains.

-J'espère vraiment qu'Albus sera disponible rapidement, il me tarde de découvrir le fin mot de cette histoire.

Le vieil homme récupéra le parchemin que Severus lui tendit et le déposa sur une pile de papier à la gauche de son bureau. Vu l'état de la pièce, le maitre des potions espérait vraiment que son nom ne se perdrait pas dans le capharnaüm ambiant qui les entourait.

-Bien bien. Maintenant que tout ceci est décidé, dites-m'en donc plus sur les vampires, cher monsieur. Je sens que tout cela va être passionnant.

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Severus sortit du bureau épuisé. L'homme lui avait posé de nombreuses questions sur sa condition de vampire, toute plus pertinentes les unes que les autres et auxquelles il avait parfois lui-même du mal à répondre. Pour son plus grand soulagement, le professeur avait accepté que ses souvenirs de cette conversation soient bridés. Il lui avait renouvelé sa promesse de ne parler de tout ceci à personne, mais Severus partait du principe qu'il ne fallait jamais faire confiance aux gens, encore moins quand on ne les connaissait pas.

Mais cet exercice de modification des souvenirs avait encore un peu plus puisé dans ses ressources d'énergie. La faim commençait à se faire sentir.

Il n'avait qu'une envie en cet instant, aller retrouver Harry. Pour se nourrir, mais aussi pour se reposer entre ses bras. Se détendre près de lui.

À suivre