Le retour vers la maison c'est fait dans le calme
Titre : Une famille ?
Disclaimer : Aucun droit, aucune propriété sur les personnages
Bon, j'espère que vous me pardonnerez ce léger report de leur "rendez-vous". Mais ça vient... Merci beaucoup maCAdam, Chriscarter, Sidle, Mic, Totally, Pitchoungirl, MissSidle, Abou, Cath.Willows, Nanou et Angel.
Et un coucou particulier à mes s2 tites soeurs... merci de me suivre dans un de mes nouveau délire, plein de bisous
Chap 36 : Brenda
Le retour vers la maison ce fait dans le calme. Brenda assise à l'arrière, perdue dans son monde. Sara essayant tant bien que mal de garder ses yeux sur la route plutôt que dans le rétroviseur.
Arrivée à la maison, Brenda reste accrochée à la main de Sara, refusant de la laisser évoluer seule dans la maison. Malgré toutes les difficultés que cela représente pour elle, Sara accepte volontiers. Evidemment, pas facile de se déchausser, d'enlever sa veste, celle de Brenda en étant ainsi liées. Mais bon, elles s'en sortent. Et les quelques péripéties ont permis de faire naître un tout petit sourire timide sur le petit visage de Brenda.
Brenda : j'adore Sara. Elle ne me brusque pas. Elle fait que des bêtises. En enlevant sa veste elle me l'a mise à moi. Pour finalement retirer les deux vestes que j'avais sur le dos. Elles pendaient autour de nos mains jointes. Jusqu'à ce que j'accepte enfin cette séparation. A chaque fois que ma main quitte la sienne, c'est comme une déchirure. J'ai l'impression de couler. De partir loin de ce monde, me réfugiant dans le mien. Mais Sara n'arrête pas de me parler. M'enroulant dans la douceur de sa voix, m'en faisant un manteau pour que je reste bien au chaud, bien en sécurité. Là, dans cette maison, avec elle, tout près d'elle, je peux lâcher sa main. Mais je reste à quelques centimètres d'elle.
Sara : Si on commençait par un bon bain ? Qu'est ce que tu en dis ?
Brenda : Je sais pas. J'ai pas très envie de me laver. Et puis, je veux pas que Sara me voie nue. Elle va voir. Elle va comprendre. Mais je me sens salle. Ça fait longtemps que je me suis pas lavée.
Après avoir eu son accord d'un geste vif de la tête, Sara l'emmène dans la salle de bain.
Sara : Tu te déshabilles le temps que je te prépare ton bain ?
Brenda observe Sara qui ne cesse de lui parler.
Sara : Bien chaud le bain. Ça va te faire du bien. Et puis, on va mettre quelques sels de bain, faire de la mousse, que ça sente bon….
Une fois terminé, Sara se retourne vers Brenda. Elle n'a pas bougé. Elle reste les yeux fixés sur la baignoire. La vapeur s'en échappe en volutes légères. Une odeur agréable de fleur parfume la pièce. Et toute cette mousse qui semble si douce et qui flotte à sa surface.
Brenda : J'ai jamais vu ça. C'est pas comme ça que je prends mon bain d'habitude. Juste un peu d'eau à peine tiède dans le fond. Et un vieux savon qui gratte. Mais là. Sara m'a préparé un vrai bain. Rien que pour moi. Je sens les larmes me monter dans les yeux. Ça fait si longtemps que je n'ai pas pleurer. Je ne pleure plus depuis…
Sara : Et ma puce, qu'est ce qui ne va pas ? Vient vite là.
Sara s'accroupie et ouvre ses bras pour lui faire un câlin. Quelque peu prise au dépourvu face à cette invitation inattendue, Brenda prend quelques secondes avant de réagir. Puis se précipite dans cette étreinte. Une larme commence à couler le long de sa joue. Rapidement suivie par une multitude d'autres
Alertée par ces pleurs, Sara se recule un peu pour faire face à ce petit visage ravagé par ce déluge. Elle tente d'endiguer ce flot en essuyant les larmes, mais rien n'y fait.
Sara : Brenda, tout va bien ma puce. Personne ne te fera du mal ici. Tu vas juste prendre un bain. Si tu veux pas c'est pas grave. Je ne te forcerais pas.
Brenda : Pourquoi j'arrive pas à parler. C'est facile pourtant. Sara. J'ai pas peur avec toi. Je sais que tu vas pas m'obliger. Je pleure pas de tristesse ou de peur. Ça fait longtemps que je n'ai plus de larme pour ça. Je pleure parce que tu es si gentille avec moi. Je me sens bien dans tes bras. Je ne sais même plus depuis quand je me suis pas sentie autant en sécurité et aimé.
Ne pouvant s'exprimer, Brenda passe ses bras derrière la nuque de Sara et la serre fort. Sara est à moitié étranglée par cette étreinte, mais elle ne s'en plaint pas. Elle la laisse faire. Caresse son dos, ses cheveux. Ne la brusque pas. Rien ne presse.
Enfin Brenda se déshabille lentement pour prendre son bain. Montrer à Sara que oui, là avec elle, tout va bien. Elle essaie tant bien que mal de sourire. Mais les sanglots, l'empêchent de se maîtriser. Elle plonge rapidement dans l'eau chaude. C'est agréable. Je me sens comme dans un cocon bien chaud.
Sara ne peut réprimer une grimace en voyant les bleus répartis sur ses maigres bras. Des bleus de toutes les teintes. On pourrait presque se servir de ses bras pour créer un nuancier allant du violet foncé au bleu pale.
Sara : Maintenant je sais pourquoi tu as fuguée. Mais il reste encore tant de questions. Plus tard. Ce n'est pas le moment.
Sara : Je te laisse te laver ma puce. Pendant ce temps je vais essayer de te trouver un pyjama. Et te chercher une serviette.
Devant sa mine paniquée, Sara enchaîne :
Sara : Je ne te laisse pas. Promis. Je vais juste à coté. La porte reste ouverte. Comme ça on va continuer à se parler.
Brenda : Oui, on se parle. Enfin, toi tu parles et moi j'écoute. Ça me va. De toute façon, même si je pouvais, qu'est ce que je pourrais te raconter. Ma journée à l'école. Seule au fond de la classe à boire les paroles de la maîtresse. Il y a qu'à l'école que je me sens bien. Enfin, quand j'y vais…
Alors que Sara s'éloigne en parlant, Brenda observe la pièce. Un peignoir rose, celui de Sara. Un petit, bleu, celui de son fils. Je sais même pas comment il s'appelle. Je dois savoir ça. C'est important. …Les pyjamas d'Antoine sont trop petits pour toi… Antoine. Ne pas oublier. Trois brosses à dents. Trois ? Trois grandes serviettes. Trois petites serviettes. Trois gants de toilette. … Les miens trop grands… A chaque fois les mêmes couleurs. Rose pour Sara. Bleu clair pour son fils. Et gris/bleu. Gris/bleu pour qui ? Sara a un mari ? … Qu'est ce qu'on va te trouver… Un rasoir d'homme. Sara a un mari. Maintenant qu'elle a un mari, elle va pouvoir me garder. Sara et son mari peuvent bien s'occuper de deux enfants. En plus moi je suis très sage. … Le pyjama d'une de mes nièces peut être… Je prends pas de place. Je vais pouvoir rester dans sa famille. Ce n'est qu'un rêve. Le mari de Sara voudra sûrement pas d'une petite fille comme moi. Il va vouloir un enfant a lui. Un bébé de lui et Sara. Pas d'une petite fille qui a déjà huit ans, qu'arrive pas à parler.
Sara : Voilà, j'ai trouvé. Un vieux Tshirt à moi. Ça te fera une robe de nuit parfaite.
Brenda rive son regard à celui de Sara. Sara est bouleversée par tout ce qu'elle y lit. De la culpabilité, de la peur, de l'émerveillement, de l'espoir, de la tristesse, de la mélancolie, de …
Brenda : Je me suis pas lavée encore. Sara va me gronder que je sois pas prête. Il est vraiment beau ce tshirt. J'aimerai vraiment rester avec Sara. C'est possible ? Non. Non. Demain je vais retourner en foyer. Ou pire, dans ma nouvelle « famille ». C'est pas grave. Tant pis. Profite de ce moment.
Contrairement aux craintes de Brenda, Sara ne la gronde pas. Au contraire, elle s'approche s'accroupie près de la baignoire et commence à laver ses longs cheveux. Après les avoir mouillés, elle les enduit de shampoing et commence un petit massage. Brenda se détend sous ses doigts experts. Elle ferme les yeux et se laisse aller à cette douce caresse. Elle oublie tout l'espace de cet instant.
Sara : Ce qu'elle est tendue. Elle se comporte comme un petit animal traqué. Elle a eu un mouvement de recul quand j'ai commencé à la toucher. Les gestes affectueux ne doivent pas être légion dans sa famille. Elle commence à se relaxer. Rien de tel qu'un petit massage.
Brenda : C'est une drôle de sensation. Je me sens bien. Sara est douce.
Une fois terminé, elle se relève.
Sara : Alors, quel savon tu veux ? Senteur vanille ? Fruits rouges ? Menthe ? Non, pas menthe, ça c'est pour les garçon. C'est pour Antoine et Grissom.
Brenda : Grissom ? Gil Grissom ? Gil a son savon ici ? C'est Gil le mari de Sara ? Si c'est Gil alors il vit plus seul. Il va pouvoir me garder. Ils vont pouvoir me garder. Non, rêve pas. Ils ont leur vie. Un petit garçon, des nièces. C'est pas parce que c'est Gil que ça change quelque chose. Ils vont vouloir faire un bébé à eux. Moi j'ai pas ma place ici.
Suivant le doigt pointé de Brenda, Sara suit ses instructions.
Sara : vanille, excellent choix. C'est celui que j'aime le plus. Je vais te laisser te laver pendant que j'appelle Griss d'accord. Je t'ai sorti du linge de toilette pour toi. Un assortiment vert pomme pour ma petite grenouille rousse.
Brenda esquisse un sourire. A peine plus grand que les précédents. Mais progressivement, ils prennent de l'ampleur.
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Grissom : Grissom
Sara : Gil, c'est Sara.
Un sourire franc se dessine sur les lèvres de Grissom. Elle n'arrête pas de m'appeler cette nuit. Elle a peur que, pris par mon enquête, j'oublie notre rendez-vous. Impossible. Même si je le voulais, elle me rappellerait vite à l'ordre. Notre rendez-vous. Une semaine que j'attends ça. Je ne vais pas le rater.
Grissom : oui, Sara. Promis je serais à l'heure pour notre rendez-vous. Ne t'inquiète pas. Va dormir. Repose toi. Tu vas en avoir besoin pour la soirée que je te réserve !
Malgré la situation, Sara ne peut empêcher un sourire à l'évocation de cette soirée. Et surtout à la promesse à peine déguisée de sa dernière réplique.
Sara : J'ai bien peur que notre soirée soit compromise
Grissom : Mon cœur va s'arrêter. Seul un problème avec Antoine pourrait nous obliger à annuler.
Grissom : Quoi ? Un problème avec Antoine
Sara : Non. Non, pas ave
Grissom : Quoi ? Elle a changé d'avis. Elle ne veut plus venir ? Qu'est ce que j'ai bien pu faire ? Notre cohabitation se passe bien depuis le début de la semaine. Le seul problème que j'y vois c'est que je couche encore et toujours dans la chambre d'amis. Mais sans ça, tout ce passe bien. Je l'aide dans toutes les taches. Faire à manger, la vaisselle, passer l'aspirateur… J'ai même bien pensé à baisser la lunette des toilettes. Ok, après qu'elle m'ait réprimandé. Mais bon, maintenant je fais attention. Pourquoi annuler ? Pourquoi changer d'avis ? Juste de la peur ? Je lui ai trop mis la pression avec ce rendez-vous ? Cette première nuit ?
Grissom : Alors quoi ?
Sara : Brenda
Grissom : Brenda ? Brenda. Brenda Collins.
Grissom : Quoi Brenda. Que ce passe t'il Sara ?
Sara : Brenda est ici. Elle est venue te chercher au labo. Comme tu n'étais pas là j'ai pris la décision de la ramener à la maison.
Grissom : ça c'est bien toi mon amour. Toujours présente pour aider. Attentive aux autres. Même si effectivement ça risque de compromettre notre soirée.
Grissom : Tu as bien fait
Sara : Je savais que tu dirais ça. Cath n'est pas d'accord
Grissom : Je m'en doute. Ne t'en fait pas. Je m'occupe de Cath. Après tout c'est encore moi le chef. Comment va Brenda ? Qu'est ce qu'elle faisait au labo ? Pourquoi elle voulait me voir ? Elle était seule ? Comment elle est venue ?
Sara : Gil, stop. Je ne sais pas. Oui, elle était seule. Elle t'a demandé. Et c'est tout. Elle ne parle pas. Juste ton prénom.
Grissom : Ok. J'arrive tout de suite.
Sara : Je vais la coucher et je t'attends.
Grissom : Oh, Sara. Brenda connaît un peu le langage des signes. Elle peut te répondre ainsi.
Sara : Merci. Mais on se débrouille pas mal pour le moment même sans ses mots.
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Après cette conversation Sara retourne à la salle de bain. Le cœur léger, rassuré par le soutien de Grissom dans sa décision de prendre Brenda avec elle. Une pointe de tristesse à l'idée de l'annulation de son rendez-vous. Mais ce n'est rien. Quelle importance cette soirée face à la détresse de cette petite puce ? Des soirées romantiques on en aura d'autres alors que Brenda, c'est maintenant qu'elle a besoin de nous.
Avant d'entrer dans la salle de bain, Sara met de coté toutes les questions qui ne cessent de se bousculer dans sa tête depuis qu'elle a croisé le regard de Brenda. Elle balais toutes ces horribles pensées, pour ne lui offrir que son sourire. la rassurer de sa voix, de ses caresses, de sa bonne humeur.
Sara : Ça y est, tu t'es lavée propre ?
Brenda : hochement de tête affirmatif.
Sara : alors je vais pouvoir te sécher. Tu viens.
Brenda accepte volontiers la proposition de Sara et se laisse enrouler dans la grande serviette dans les bras de Sara. Elle la frotte énergiquement, mais avec douceur pour la sécher rapidement.
Sara : Bon, si on essayait ce tshirt ?
Brenda : oui de la tête.
Sara en l'habillant : Gil m'a dit que tu sais signer. Moi aussi tu sais.
Brenda : Je vais pouvoir te parler Sara. La seule personne à qui je peux parler c'est Gil. Maintenant vous êtes deux. Ils sont parfaits pour moi.
Brenda signant : Merci
Sara : Mais de rien ma puce. Tu es ravissante dans ce tshirt. Plus qu'à te sécher les cheveux et te coiffer
Sara joint le geste à la parole. Elle sèche rapidement ses cheveux avant de prendre sa brosse et la coiffer doucement. Démêlant lentement les petites boucles brunes.
Sara : C'est drôle, j'aime bien faire ça. Qui l'aurait cru. Moi qui refusait catégoriquement d'avoir des enfants de peur de ne pas m'en sortir, d'être comme ma mère. Résultat, j'ai un petit bonhomme formidable que j'aime plus que tout. Et me voilà en train d'apprécier le simple fait de partager un moment si intime avec cette petite fille. Je n'ai aucun souvenir de ce genre avec ma mère. Brenda sourit. Le premier vrai sourire de la soirée. Un vrai moment de complicité. C'est vrai que je ne risque pas de partager ça avec Antoine. Lui, la toilette c'est une torture. Pourtant, ces cheveux mériteraient bien un minimum d'attention. Aussi frisé que son père. Un sac de nœuds.
Brenda : Je me souvient pas que quelqu'un ce soit déjà autant occupé de moi. Du moins pas avec autant de soin. Sara est très délicate. Elle ne me tire pas les cheveux. Pourtant, ils sont tous emmêlés, C'est finit. Dommage.
Sara : Je sais que ce n'est pas l'heure, mais tu veux bien aller dormir un peu. Tu as l'air épuisée.
Brenda : C'est vrai. Je n'ai pas dormi cette nuit. J'ai attendue que tout le monde dorme pour m'enfuir. Après, tout le trajet de la maison vers le labo. Mais dormir c'est la mort. Quand tu dors tu ne sais pas ce qui ce passe autour de toi. Et quand tu te réveilles plus rien n'est comme avant. Si je dors, je ne serais plus avec Sara. Qui sait ce qui peut ce passer.
Brenda : non de la tête.
Sara : Moi je dormirais bien un peu tu sais. Je suis très fatiguée. Tu veux bien dormir avec moi. Dans mon lit ?
Brenda : dans ces conditions, pourquoi pas.
Elle lui fait un petit signe affirmatif de la tête avant de plonger sa main dans celle de Sara pour se laisser guider vers la chambre.
Sara : installe toi. J'arrive, je vais me changer.
Cette fois Brenda ne manifeste aucun signe de panique à la disparition de Sara. Elle sait qu'elle revient dans quelques minutes. Elle se glisse sous la couette. C'est confortable ici. Ça me change de mon fin matelas posé sur le sol du bureau de « papa ». Elle est douce et chaude cette couette. Il est rigolo ce vieux chien. J'ose pas le toucher. Je ne dois pas toucher ce qui n'est pas à moi
Sara : Il te plait mon Mouky ?
Brenda sursaute en entendant Sara. Je me suis laisser surprendre. Tu le sais pourtant que tu toi être attentive à tout. Toujours sur tes gardes. Une erreur et c'est la claque. Sara m'a vu regarder son chien avec insistance. Je ne dois pas toucher ou regarder des objets pas à moi.
Sara : et, c'est rien ma puce. Tu peux le caresser. C'est ma vieille peluche.
Tout en rejoignant la petite sous la couette, Sara continue.
Sara : Il s'appelle Mouky. Il est pas tout jeune tu sais. Je l'ai toujours eu. Depuis que je suis soute petite. Je le garde précieusement. C'est mon vieux copain. Toujours là pour moi. Si tu savais le nombre de fois où il a sécher mes larmes. Mais souvent j'étais obligée de le cacher. C'est la jungle dans les foyers et les familles d'accueils. Plusieurs fois on a essayé de me le voler. Mais tu vois, il est toujours là. Avec moi.
Brenda : Foyer, familles d'accueils. Sara aussi a vécu dans ces « maisons ». Elle sait comment c'est alors. Elle peut me comprendre. Mais si elle a vécu là bas, c'est qu'elle non plus elle a plus de parents.
Brenda signant : pourquoi t'as vécu là bas ?
Sara : Qu'est ce que je peux lui dire ? La vérité bien sur. Mais pas tout. Je ne veux pas lui mentir.
Sara : mon père n'était pas toujours très gentil avec moi. Et puis après, quand j'avais ton âge j'ai été séparé de mes parents. A partir de là j'ai vécu toute seule avec Mouky dans ces « maisons »
Brenda : On se ressemble alors. Sauf que Sara est plus forte. Elle a réussi à garder son chien. Moi l'ours que Gil m'a donné j'ai pas réussi à le protéger. Mes « frères » me l'ont volé, et complètement détruit. Gil va être si déçu que je l'ai perdu.
Voyant les yeux de Brenda se rembrunir, Sara se rapproche un peu. Caresse son visage, ses cheveux.
Sara : Je sais que c'est dur. Mais je sais que tu vas t'en sortir. Tu vas devenir une belle jeune fille, très intelligente.
Brenda : Je veux être comme toi Sara quand je serais grande.
Sara : Tu sais quoi. Je suis sûre que Mouky serait très heureux de rester avec toi maintenant. Moi je n'ai plus besoin de lui aujourd'hui. J'ai Grissom pour veiller sur moi et essuyer mes larmes.
Brenda signant : je peux pas
Sara : bien sur que si
Sara n'attend pas plus de réponse et lui place le chien dans ses bras.
Brenda : Il est trop beau. Il est à moi maintenant. Sara est trop gentille. C'est mon amie. Dit quelque chose. Merci. C'est rien merci. C'est facile. Un petit mot. Ou Sara. T'arrives à dire Gil. Alors Sara. C'est pas plus compliqué.
Brenda se rapproche de Sara qui la prend dans ses bras. Elle colle sa tête dans son cou. La serre de toutes ses maigres forces. Sa façon de lui dire merci
Brenda : maman
Ce petit mot transperce le cœur de Sara. C'est la première fois que j'entends le son de sa voix. Et ce petit mot est pour moi. Juste pour moi. Maman. Le plus beau mot du monde. Dans la bouche de cette petite puce déjà tant cabossée par la vie.
Brenda : c'est le premier mot qui m'est venu. Mais oui. C'est le plus adapté. Deux mots. J'arrive à prononcer deux mots. Gil et maman. Maintenant je dois réussir Antoine.
Dans cette étreinte, serrée l'une contre l'autre, elle s'endorme paisiblement.
