Les enfaaaaants ! Je ne vous ai pas oubliés, promis ! Par contre, le boîtier internet de ma résidence n'a rien trouvé de mieux à faire que de dysfonctionner pile au moment où je vous avais promis un chapitre par semaine... Je suis sincèrement désolée T.T
Bref, ça va vous ? Perso, je suis en vacances, mais je fais que taffer... Encore une fois, je m'excuse, je n'ai toujours pas pris le temps de répondre à vos messages... Je suis terribelemnt désolée. Le semaine prochaine sera plus cool normalement, donc je pourrai vous répondre ;)
Je remercie R.N. Zuzu, Angie-Hime-Sama, Torima Kenro, Else1991 et shinigamila, pour vos adorables reviews ! *O* Merci, vraiment ! ^^
Je vous rappelle que One Piece ne m'appartient pas, et vous souhaite une bonne lecture ! :)
Expérience Inachevée.
Partie 3 : Envol et emerciements
Chapitre 12 : Révolte et tempête.
C'est une forêt paisible, qui se couvre de son manteau blanc à l'approche du soir. C'est une forêt de nacre étincelante, comme figée dans le temps, sous sa robe d'argent. C'est une forêt sauvage, où tout est harmonie, calme et sérénité.
Seuls quelques mouvements viennent briser cet équilibre fragile. C'est une course folle entre les arbres et les arbustes. Ce sont des pas qui s'enfoncent dans la neige, qui s'enchainent les uns après les autres, et qui se livrent à ce manteau immaculé. C'est une jeune fille qui se perd, dans l'espoir de se retrouver, quelque part au détour d'un tournant. Elle porte une simple combinaison blanc cassé, qui se fond dans la neige illuminée de la lumière du couchant. Ses cheveux détachés volent en tous sens, se collant sur son front, s'accrochant dans les basses branches. Ses pieds sont totalement nus, et elle est si légère qu'ils ne laissent qu'une fine trace derrière eux.
Et cette jeune fille court, comme si sa vie en dépendait, comme s'il ne lui restait rien d'autre à faire, comme si cette course était sa seule raison d'être. Elle slalome entre les arbres, saute par-dessus les rochers, glisse sur des plaques de givre, manque de tomber tête la première dans la neige, se rattrape au dernier moment, et continue sa course effrénée. Elle se baisse pour éviter des branches, fait des écarts pour échapper à des crevasses, gravit des monticules de neige plus hauts qu'elle et se laisse emporter par des éboulements pernicieux dans des chutes infernales. Elle se cogne et se griffe, tombe et se relève, mais à aucun moment elle ne ralentit.
Alors qu'elle ne sent plus ni ses pieds ni ses mains gelés, ses poumons lui brûlent la trachée, et son cœur est tel un volcan en éruption. Elle souffle, peine à trouver sa respiration, son sang bat dans ses tempes, brouillant parfois sa vue, mais jamais, au grand jamais, elle ne songe à s'arrêter. Pas encore. Pas tout de suite. Elle n'a pas encore fini. Elle n'est toujours pas apaisée. Le feu brûle encore en elle, et les larmes coulent sur ses joues. Ce n'est pas encore le moment d'abandonner, de s'abandonner. Il lui reste encore des poussières à évacuer, des impuretés à gommer, de sombres pensées à panser.
Car le fond du problème est là. Ce sont des questions insolentes qui lui embrouillent l'esprit. C'est un sentiment de frustration qui tend ses muscles. C'est une peine inconsolable qui enserre son cœur. C'est un seul mot : Révolte. Révolte face au monde qui l'entoure. Révolte face au combat et à la violence. Révolte face au double visage de tous ses frères. Révolte face à son capitaine.
Révolte. Tout simplement.
Elle court longtemps dans tout ce blanc, imprimant ses empreintes qui s'effacent sous les flocons qui se font plus gros, plus lourds, plus vicieux. Elle court, parce que c'est tout ce qu'elle a trouvé pour évacuer la rage qui émane de son incompréhension. Elle court pour se purger. A chaque pas qu'elle fait, elle dépose dans ses traces un peu de sa colère, que la neige recouvrira volontiers. Elle sème ainsi sa fureur, se vidant de l'intérieur, calmant peu à peu cette fièvre qui l'étourdie. Elle court sans même voir ce qui l'entoure. Encore une fois, sa bulle l'enferme, ses sens s'éteignent, seul son esprit bouillonne.
Mais c'est déjà bien de trop.
Alors elle court encore, elle court longtemps. Les larmes salées qui gèlent sur ses joues sont autant de petites gouttes de férocité qu'elle rend à la nature. Elle laisse aller sa folie dans ce crépuscule d'hiver, comme une offrande aux dieux, priant pour qu'enfin cela cesse. Qu'elle ne ressente plus cette douleur, ce mal-être, cette gêne constante qui lui colle à la peau. Qu'elle puisse à nouveau s'émerveiller de tout, poser son regard candide sur le monde, exprimer sa curiosité sans peur ni appréhension. Qu'elle puisse oublier ces images cruelles, et cette nouvelle couleur rouge vermeille qui commence à teinter le monde qui l'entoure.
Qu'elle oublie ce qui fait mal et peur à la fois.
Ce spectacle qui s'est étendu sous ses yeux quelques jours plus tôt, sur le pont du navire, est comme une porte qui s'est entrebâillée, laissant entre-apercevoir une lueur de ce qu'est le vrai monde. Le monde des « grands ». Le monde des « autres ». Le monde ceux qui lui ressemblent, mais qui ne sont pas comme elle. Le monde des « êtres humains ». Et cette simple lueur était saturée de couleurs trop vives, corrosives et agressives. Ce qu'elle a vu lui a suffi. Elle ne veut pas voir plus.
Mais elle a déjà trop vu.
Elle aimerait oublier. Mais quelque chose lui dit qu'il ne faut pas. Elle ne doit pas. Et alors quoi ? Que faut-il faire ? Laisser couler, comme s'il ne s'était rien passé ? Continuer à vivre, et à avancer vers ce monde funeste ? Continuer sa route, celle-là même qui mène jusqu'à cette porte ? Pour que finalement elle s'ouvre en grand, et que ce qu'elle a vu se démultiplie à l'infini ? C'est vraiment là-bas qu'elle va ? C'est vraiment vers ce monde que ses frères l'emmènent ? Et si elle n'avait pas envie d'y aller… Et si elle refusait… Le pourrait-elle seulement ? Claquer la porte et partir comme ça, courir dans la nature, fuir loin de cette porte blindée qui finira par l'engloutir ?
Partir… Courir loin… N'est-ce pas ce qu'elle est en train de faire ? Là, maintenant ?
Alors qu'elle s'était enfouie sous ces questions, sa bulle doucement décroît, ses parois s'affinent et redeviennent transparentes. Alors seulement ses sens se reconnectent à la réalité. Elle se rend soudainement compte qu'elle court moins vite, que ses jambes tremblent un peu, que ses forces l'abandonnent. Alors elle ralentit sa course et s'arrête finalement au milieu des arbres. Elle crache ses poumons, le sang lui tambourine la tête et sa gorge est sèche. Mais elle se sent mieux.
Elle lève le nez vers le ciel, et ses yeux ne rencontrent qu'un gris profond et des points blancs qui volent en tous sens. Le vent lui fouette le visage, et lorsqu'elle regarde tout autour d'elle, elle peine à distinguer le paysage. Elle ne voit que des formes vagues qui se dessinent à travers le blizzard déchainé qui balaie maintenant la forêt. Elle fronce les sourcils. Depuis combien de temps cette tempête freinait-elle sa course ?
Tout en haletant, elle fait quelques pas. Ses jambes manquent de flancher sous les rafales de vent et de neige à chacun de ses mouvements. Elle tente en vain de retrouver à travers la tempête le blanc éclatant qu'elle avait tant admiré dans l'après-midi, mais à cette heure entre chien et loup, elle ne voit plus que du gris. Le gris de la neige qui vole autour d'elle, lui bouchant la vue. Elle ne voit plus rien et n'entend plus que le vent hurler. Elle a perdu tout repère spatial, et pour la première fois de la journée, elle se sent véritablement perdue.
Et puis, elle repense à cette trace, qu'elle a laissé devant le navire, à qui elle a promis de revenir vite. Alors elle fait demi-tour et cherche ses empreintes. Mais dans l'obscurité de la nuit qui avance tel un cheval au galop, elle ne voit plus rien. Pire : elle comprend que la neige a englouti ses pas.
Sa respiration s'est calmée et son rythme cardiaque semble avoir retrouvé une plus faible allure. Son sang ne bat plus si vite dans ses veines. Elle ne ressent plus ce feu intérieur, dévorant tout sur son passage. Il n'y a plus ce volcan en furie au fond d'elle-même. Sa fièvre s'est calmée.
Et à nouveau, le sens du toucher s'éveille.
Ce sont ses pieds qu'elle ressent d'abord. Ou plutôt, elle remarque qu'elle ne ressent plus ses pieds. Alors elle lève une jambe, tente de bouger ses orteils, et son visage se crispe de douleur. Elle a soudainement l'impression que le froid est entré en elle, lui mordant la chair, les muscles et les os. Elle ne tente pas la même expérience avec le deuxième pied. Elle a compris qu'il était dans le même état.
Puis, ses doigts frigorifiés cris également de douleur. Elle se frotte les mains, et croirait toucher de la glace. Alors elle tire sur ses manches trop grandes pour mettre ses doigts au chaud. Il y fait meilleur, mais la différence de température lui fait mal. Elle a l'impression que ses doigts vont se détacher de ses mains.
Et en l'espace de quelques secondes, l'impitoyable blizzard s'infiltre sous sa combinaison, lui glaçant le corps tout entier. Pour la première fois de sa vie, la jeune fille ressent le froid mortel de l'hiver. Elle s'accroupie et se recroqueville sur elle-même. Une réaction instinctive, destinée à conserver un maximum de chaleur corporelle contre elle. Un réflexe qui s'avère inefficace, puisque l'immobilité de la jeune femme ne fait que resserrer les mâchoires glacées du vent autour d'elle.
Elle a froid, et soudainement, elle comprend à quel point elle est seule. Elle ne sait pas pourquoi, mais jusqu'à il y a peu, elle s'attendait à ce que quelqu'un surgisse dans la tempête pour lui venir en aide. L'un de ses frères, son capitaine pourquoi pas… Ou Tigrou…
Il a toujours été là. Ou plutôt, elle a toujours senti son regard protecteur sur elle. Son regard de fauve qui l'enserrait, comme un écran protecteur qui la séparait des véritables dangers du monde. Mais là… Seule la tempête l'enserre. La neige qui virevolte autour d'elle fait écran à toute aide extérieure. Où est-il ? Pourquoi ne l'a-t-il pas arrêté plus tôt ?
L'a-t-il seulement vraiment suivie et surveillée, depuis qu'elle est partie ?
De grosses larmes roulent sur ses joues, se faisant balayées par la tempête infernale. Elle a froid. Elle a faim. Mais surtout est seule. Seule au milieu de nulle part. Seule face à elle-même. Elle a l'impression d'être punie d'être partie comme ça, sans rien dire. Alors dans un dernier effort, elle hurle. Un mot. Le mot magique. Le premier qu'elle a appris. Le premier qu'elle a su dire. Le seul capable de la réconcilier avec son capitaine.
- DESOLEEEEEEEEE !
Son cri est balayé par le vent et étouffé dans un sanglot. Et alors que les larmes dégringolent sur sa peau glacée comme la mort, une immense peur-panique la paralyse, dans le froid de cette forêt hivernale.
NdK Oui, je sais, je sais. Beaucoup d'entres vous ont hâte que la joie revienne. Mais il va encore falloir être patient... :P Bref, je dois tout de même vous avouer que je suis extrêmement fière de ce chapitre. Non pas qu'il soit particulièrement géniallissime, non. C'est simplement qu'il correspond tout à fait à l'idée que j'avais de lui, avant sa conception ^^
Bon, ben merci beaucoup d'avoir lu, en espérant vous retrouver la semaine prohaine ! :D (Ou dans deux semaines... Nan parce que me connaissant, il bien possible qu'il m'arrive encore une merde qui m'empêcherait de vous poster mon chapitre dimanche prochain... T.T)
Love you !
