Alors, concernant la fin du chapitre précédent, je dois avouer que nan j'ai pô honte!
Enfin si un peu quand même.
Tellement que je n'ai pas le coeur de vous faire attendre plus longtemps pour la suite.
Merci pour vos comm' ils me font toujours autant plaisir. ^^
Neiflheim: ce n'est pas si tordu que ça, en fait. Tu as raison, le secret réside bien dans "au niveau de ..." XD
Aciditum: Je comprends ce que tu veux dire, et je suis contente que les petites faiblesses de Seran te plaisent. ^^
Pour Hedaria, oui, elle va petit à petit développer sa propre personnalité et ressembler d'avantage à une humaine qu'à une poupée sans âme.
J'aime beaucoup Doflamingo, il a un énorme potentiel destructeur et comique à la fois, on peut le foutre dans toutes les situations!
Sans compter qu'en tant qu'emmerdeur de service, il décroche la palme! XDD
Et maintenant qu'il est fait parti de l'Alliance ... Il a pas fini d'en voir de toutes les couleurs! XD
Aller, assez parlé, place au chapite.
Bonne lecture. ^^
Chapitre 34:
Son sang.
Mon sang.
– Seran! … Seran, réponds-moi!
L'Atlante n'eut pas la moindre réaction. Law serra l'une des mains de la jeune femme dans la sienne, sans prêter attention à ce qui se passait autour de lui. Inconscient que Luffy avait attrapé Doflamingo par le revers de sa chemise. Inconscient que les Chapeau de paille et la Donquixote Family semblaient prêt à se sauter dessus pour protéger leur capitaine respectif. Inconscient que Hedaria venait de braquer les canons du Queen of Heart sur le Blackjack et que Chisa essayait de la calmer. Rien de tout ça n'avait d'importance à cet instant. Ce ne fut pas avant que Chisa, ayant réussi à raisonner Hedaria, s'agenouille près de lui qu'il sortit de son état de stupeur.
– Law, fit la rouquine en posant une main sur le bras du chirurgien. Il faut s'occuper d'elle. Vite!
Ces simples mots furent suffisants pour arracher Law à son hébétude. Le médecin reprit aussitôt le dessus.
– Tu as raison.
Il cala bien Seran contre son torse et passa un bras sous ses genoux avant de la soulever.
– Attendez, je viens avec vous, lança Chopper en s'agrippant au mollet de Law au moment ou son dôme apparaissait.
Une seconde plus tard, les trois médecins se retrouvaient dans l'infirmerie du Heart.
Law déposa Seran sur la table d'examen et, d'un geste, ouvrit sa chemise en arrachant les boutons. Sa peau et son soutien-gorge étaient couverts de sang. Law découpa le sous-vêtement avec une paire de ciseaux, libérant la poitrine de la jeune femme. Après avoir rapidement nettoyé le sang, il jeta un coup d'œil à la blessure. Il fut soulagé de constater que l'Atlante avait été touché à l'épaule, quelques centimètres au dessus du cœur. Mais ça ne voulait pas dire pour autant qu'elle était hors de danger. Elle perdait énormément de sang, il fallait agir rapidement.
– Chisa …
Il s'interrompit en voyant que la rouquine était occupée à préparer le bloc pour l'opération, avec l'aide de Chopper.
Quelques minutes plus tard, Seran était installée sur la table d'opération sous la surveillance de Chisa pendant que Law et Chopper se préparaient pou l'intervention. A ce moment, la porte s'ouvrit sur plusieurs membres de l'équipage, menés par Penguin.
– Vous avez besoin d'aide, capitaine? Demanda le chapeauté.
– Seulement si vous êtes sobres!
Perry et Penguin étaient visiblement les seuls à remplir cette condition. Law les envoya donc se préparer. Il rejoignit ensuite le bloc ou Chisa l'aida à passer une blouse et enfiler des gants stériles. Elle dut faire des nœuds à la blouse de Chopper pour que ses petits sabots puisse sortir de longues manches. Il trébucha plusieurs fois en se rendant à la salle d'opération et Chisa le prit par les aisselles pour le déposer sur le tabouret qu'elle avait placé près de la table d'opération pour lui permettre de travailler.
– Dépêche toi de te préparer, lui ordonna Law.
La rouquine le regarda avec un œil rond.
– Moi?
– Bien sûr, toi, qui d'autre?
Il fallut une seconde à l'Atlante pour se remettre de sa surprise et se précipiter vers les lavabos.
Quand elle revint au bloc, quelques minutes plus tard, elle trouva Law et Chopper debout devant l'écran lumineux permettant de lire les radios. Ils inspectaient celles que Penguin venait de développer pendant que Perry s'occupait de surveiller l'anesthésie de Seran.
– C'est bon, fit Law, visiblement soulagé. J'ai eu peur que la balle ait touché Esran mais elle est placée de l'autre coté.
Immobile et silencieux, Chopper ne quittait pas des yeux la silhouette sinueuse du symbiote visible sur la partie gauche de la radio. Chisa sentait qu'il mourrait d'envie de poser des questions à Law sur ce qu'était Esran, mais il faisait passer l'urgence de la situation avant sa propre curiosité. Si la présence de cette créature dans le corps de la jeune femme n'inquiétait pas l'autre médecin c'était que ça n'était rien de grave.
Law aurait été incapable de dire combien de temps ils étaient restés enfermé au bloc, baignant jusqu'aux coudes dans le sang de Seran. Quand il sortit enfin, une éternité plus tard, il fut surpris du monde qui avait osé s'inviter à son bord sans son autorisation. Bellamy et Meema, qui se serrait fébrilement contre le blond; Luffy, les yeux camouflé par l'ombre de son chapeau; la petite Lily, qui reniflait bruyamment, posée sur l'épaule de Hedaria dont le regard vide paraissait déplacé au milieu de toute cette anxiété; une foule de Heart plus ou moins dégrisés et, à son grand mécontentement, Doflamingo, adossé à un mur au fond de la salle, les bras croisés sur le torse. Ses brûlures à vif n'avaient pas été soignées, qu'il n'ait pas daigné qu'on le touche ou que personne ne se soit proposé de le faire importait peu à Law. Il arborait cependant une lèvre fendue qui laissait supposer que Luffy s'était déjà chargé de lui faire part de son mécontentement.
Law se sentait trop las pour leur faire remarquer qu'ils n'avaient rien à faire là sans son autorisation. Il comprenait qu'ils étaient tous anxieux et voulaient des nouvelles de Seran. Il s'avança donc vers eux en retirant son masque chirurgical et sa blouse maculée de sang.
– Comment va-t-elle? Demanda Meema en quittant les cotés de Bellamy pour s'avancer vers lui.
Il ne répondit pas immédiatement, jetant blouse et gants dans une corbeille où il n'aurait plus à voir le sang de Seran.
– Son état est stable pour le moment, répondit-il mécaniquement. La balle s'est logée dans son épaule en touchant légèrement le poumon. Elle a fait une grosse hémorragie. On a fait tout ce qu'on a pu, maintenant, c'est entre ses mains que tout repose. Tout dépend d'elle à présent.
– Et de Esran, ajouta Chisa en arrivant derrière lui.
Chopper et Perry se chargeaient d'installer Seran dans la salle de soins intensifs.
– On peut la voir? Demanda Lily en voltigeant sous le nez de Law.
Il secoua la tête:
– Non, pas pour l'instant. Elle est très faible. Elle a besoin de repos.
– Elle aurait surtout besoin d'une transfusion, soupira Chisa.
Les deux médecins échangèrent un regard.
– C'est quoi le problème? Grogna Bellamy, les bras croisés sur son large torse.
Law soupira en se massant doucement les tempes, l'épuisement commençant à le gagner.
– Seran a un groupe sanguin très rare. Aucun membre de mon équipage n'est compatible.
– Aucun du notre non plus, ajouta Chisa en levant son œil valide vers le blond. Et avec Esran, on ne peut pas se permettre de faire des mélanges. Il lui faut du sang compatible ou ça risque de les tuer toutes les deux.
L'assistance n'était pas certaine de tout comprendre.
– C'est qui, ça, Esran? Demanda la voix grave et vibrante de Doflamingo, posant la question qui semblait troubler les autres.
– Quelque chose qui ne te regarde pas, répondit Law d'un ton sec sans le regarder.
Ça fit rire le flamant.
– Ne me dis pas que tu as mis Seran-chan enceinte, Law, vilain garçon! Lança le blond d'un ton badin, sans chercher à cacher son sourire moqueur.
Law se tourna vers lui avec l'air de vouloir en découdre. Il savait que l'ancien Shichibukai ne cherchait qu'à le provoquer et qu'il était mieux de garder le silence, mais il était épuisé, furieux et inquiet et cet imbécile de blond ne lui facilitait pas les choses.
– Garde ce genre d'humour pour toi, grogna-t-il, si tu ne veux pas que cette association stupide s'arrête ici. Ce qui est arrivé est entièrement de ta faute.
– Law, intervint Chisa, en posant une main sur son épaule.
Le jeune homme savait parfaitement que ce qui s'était produit n'était qu'un accident mais dans son état de fatigue et de stress, il n'avait pas la patience ni l'envie de supporter les raillerie du blond. Doflamingo plaqua les mains sur sa poitrine comme s'il venait de recevoir quelque chose en plein cœur.
– Quelle cruauté, Law, répliqua-t-il d'un ton dégoulinant d'ironie. Tu me blesses vraiment. Dire que j'allais te proposer mon aide.
Il quitta l'appui du mur et glissa les mains dans ses poches, faisant mine de s'en aller.
– Ton aide? Intervint Chisa, s'attirant un regard noir de la part de Law. Comment?
Doflamingo s'arrêta devant la porte et lança un regard à la rouquine par dessus son épaule. Son habituel sourire moqueur et cruel avait laissé sa place à une expression sérieuse et dure qui lui était inhabituelle.
– Ce groupe sanguin si rare, dont vous avez besoin, c'est AB-, n'est-ce pas?
La rouquine hocha la tête, Doflamingo se tourna complètement vers elle.
– Il se trouve que c'est mon groupe sanguin.
Il ne fallut qu'une seconde aux deux médecins pour comprendre ce qu'il impliquait.
– C'est formidable, s'écria Chisa en pressant les mains contre son cœur.
– Hors de question, gronda Law en croisant les bras d'un air buté.
Il y eut un instant de silence confus. Les deux médecin échangèrent un regard.
– Law?
Le chirurgien s'appliqua à ne surtout pas regarder l'Atlante.
– Je refuse qu'un membre de mon équipage ait une dette envers lui.
Chisa fronça les sourcils, fixant Law de son seul œil visible.
– Un membre de ton équipage? Ou toi? Demanda Doflamingo, retrouvant son sourire sarcastique.
Law ne répondit pas, fixant simplement le blond en fronçant les sourcils.
– Tu serais prêt à laisser Seran mourir juste parce que tu refuses de baisser pavillon devant moi?
Le médecin crispa la mâchoire, furieux. Il savait parfaitement que sa réaction était puérile, mais c'était plus fort que lui. Il ne voulait pas faire confiance au blond et surtout, il ne voulait rien lui devoir.
– Cette transfu-truc, là, ça pourrait sauver Sora? Intervint soudain Luffy.
– Oui, répondit Law à contre-cœur.
– Alors, il n'y a pas à hésiter, reprit le gamin avec le plus grand sérieux. Sora est plus importante que votre petite dispute.
Law faillit répondre que c'était bien plus qu'une dispute, que c'était une guerre sans merci qui s'était déclarée entre Doflamingo et lui, mais il se rendit compte que ça ne servait à rien. A cette instant ce qu'il pensait de l'ancien Shichibukai n'avait plus la moindre importance.
– Tu as raison, Luffy-ya, admit-il à mi-voix. Chisa, prépare le.
Avec ça, il tourna les talons pour retourner auprès de Seran, sans un regard pour Doflamingo.
Bien qu'intimidée par le géant blond et sa réputation, Chisa lui demanda de la suivre dans une autre salle de l'infirmerie où elle le fit asseoir sur un siège semblable à ceux qu'utilisaient les dentistes. Elle le laissa s'installer et commença à faire des allers et venues au travers de la pièce pour rassembler tout ce dont elle aurait besoin.
– Des allergies connues? Demanda-t-elle en posant un plateau en inox sur une table roulante.
– Nop!
– Un traitement quelconque?
– Nop!
Chisa déposa plusieurs poches vides sur le plateau et ouvrit un tiroir ou reposaient aiguilles et cathéters.
– As-tu été malade récemment?
Doflamingo sourit en entendant ce petit bout de bonne femme qui semblait si mal à l'aise en sa présence hésiter à le tutoyer.
– La dernière fois, je devais avoir dix ans.
La rouquine lui lança un regard du coin de l'œil, n'osant visiblement pas le regarder en face.
– Oh une santé de fer, alors.
– Si on veut, répondit-il en ramenant son pied contre sa cuise et en posant son bras sur sa jambe pliée.
Chisa tira d'un placard un appareil dont le blond ne connaissait pas l'usage et le posa sur le chariot.
– Une dépendance à une drogue?
Il y eut un instant de silence puis:
– Plus maintenant.
Chisa se tourna vers l'ancien Shichibukai qui se contenta de lui adresser un sourire énigmatique.
– Depuis combien de temps?
– Treize ans.
La rouquine hocha la tête, achevant de rassembler ce dont elle avait besoin.
– Ce n'est pas qu'une simple prise de sang, expliqua-t-elle en se plantant près du blond. La quantité de sang dont on a besoin est importante. Assez pour t'affaiblir pendant un moment. Tu es sûr de vouloir continuer?
– J'ai l'air de vouloir m'enfuir?
Prenant ça pour un accord, la rouquine s'approcha du flamant.
– Ce serait mieux sans les plumes, remarqua-t-elle. Et relève ta manche.
Obéissant docilement, Doflamingo se débarrassa de son manteau rose d'un haussement d'épaule et le tendit à l'Atlante qui le déposa sur un lit tout proche tandis qu'il roulait la manche de sa chemise au dessus du coude.
Avant tout, Chisa prit la main du blond et piqua son index avec une petite aiguille pour récolter une goutte de sang sur une petite bandelette de ce qui semblait être du papier buvard blanc. Elle attendit une minute ou deux avant de l'inspecter.
– AB-? fit-elle en comparant la couleur de la bandelette au modèle. C'est bien ça.
– La confiance règne, commenta le flamant, qui n'en semblait pourtant pas fâché.
Chisa lui adressa un sourire d'excuse.
– Ça fait parti de la procédure.
A présent qu'elle était certaine que le sang de l'ancien Shichibukai pouvait aider Seran, elle se mit à l'œuvre. Après avoir poussé le chariot aux cotés du blond, elle plaça une poche vide sur un appareil qui allait la remuer le temps de la collecte. Elle serra ensuite le large biceps du flamant dans un garrot et désinfecta soigneusement le pli de son coude avant d'y piquer une aiguille reliée à un cathéter. Elle fixa le tout à l'aide de sparadrap avant de dénouer le garrot.
– Tiens, fit-elle en plaçant une balle dans la paume de Doflamingo, malaxe ça. Surtout si tu commence à avoir des vertiges, préviens moi.
– Ça va, je suis pas en sucre.
Pendant un instant, tous les deux regardèrent le précieux liquide rouge couler dans le tuyau et commencer à remplir la poche.
– Il faudrait que je m'occupe de ça aussi, remarqua la rouquine en examinant les brûlures marbrant le torse du géant blond. Personne ne s'en est chargé? Qui est le médecin de ton équipage?
– Law!
Le seul sourcil visible de la jeune femme disparu sous ses cheveux.
– Si tu veux mon avis, tu peux attendre longtemps pour qu'il vienne te soigner.
Le blond ne répondit pas. Soupirant, Chisa s'éloigna pour récolter ce dont elle avait besoin pour traiter les brûlures du flamant, ouvrant et fermant placards et tiroirs. Elle revint quelques minutes plus tard avec des pots d'onguents et des rouleaux de bandages.
Chisa prit un instant pour vérifier le contenu des pots qu'elle avait apportés. Elle les reposa sur le plateau en inox avant de se tourner vers le blond en enfilant des gants stériles. Elle se pencha sur le torse finement musclé du flamant pour examiner ses brûlures. Sa peau mate était rouge et à vif sur une large zone descendant de son épaule gauche jusqu'au haut de ses abdominaux en couvrant presque tout son muscle pectoral. C'était légèrement enflé et douloureux au toucher mais la rouquine ne pouvait voir aucune cloque, ce qui signifiait que la brûlure, si cuisante fut-elle, n'était ni très profonde, ni très grave.
– Ça devrait disparaître rapidement et sans laisser de traces, affirma-t-elle en se redressant.
Elle sélectionna un pot d'onguent qui semblait convenir à ce type de brûlure et dévissa le couvercle. Après avoir écarté les pans de sa chemise, elle en tartina une généreuse couche sur les brûlures de Doflamingo, en faisant attention à ne pas trop appuyer.
– Je voulais savoir, commença la rouquine tout en étalant l'onguent sur la peau du blond, d'après ce que j'ai compris, tu n'as pas une réputation de généreux philanthrope, alors pourquoi aider Seran?
L'ancien Shichibukai resta muet un instant.
– Elle me plaît, cette gamine. Pas mal de requin largement plus puissants ou influents qu'elle ont essayé de me couler, ces dernières années, et s'y sont tous cassés les dents. Et elle, dont j'ignorais presque tout, elle s'est pointée un soir et BAM! Me voilà dans une merde noire à cause d'elle.
Il lâcha un ricanement.
– Elle a réussi là où tout un tas d'emmerdeurs ont échoué, à commencer par son fichu capitaine. Tout le monde ne peut pas s'en vanter. Ça mérite le respect. D'autant plus qu'elle l'a fait par pure loyauté, pour sauver Law, et non parce qu'elle voulait se faire une réputation sur mon dos. Ça aussi ça mérite le respect.
Il se tut un instant avant de reprendre:
– Et puis, elle est bien la seule à ne pas me regarder comme si j'allais la dévorer vivante après avoir sacrifier des chatons innocents ou je ne sais quelle connerie du même genre. Elle sait de quoi je suis capable mais elle ne me craint pas. Elle a même du respect pour moi. Probablement plus que certains de mes propres hommes. La plupart sont morts de peur devant moi. Les autres m'admirent trop pour comprendre. Seul une poignée d'entre eux peut se vanter de vraiment me connaître.
Ce fut au tour de Chisa de rester muette un instant, pensive, avant de remarquer:
– Tu as tout perdu à cause de son action pour libérer Law: ton statut de Shichibukai, ton royaume, tes alliés... Tu m'as pourtant l'air d'être du genre à te venger, non?
– La vengeance? Je garde ça pour ceux qui le méritent vraiment.
Il n'ajouta rien et un silence s'installa dans la pièce. Chisa termina ses soins en disant au blond qu'il fallait laisser la crème à l'air libre un moment et qu'elle appliquerait des bandages sur les brûlures une fois qu'il serait débarrassé de son cathéter et qu'il pourrait retirer sa chemise.
Par une sorte d'accord tacite, les capitaines de l'Alliance semblaient avoir décidé que personne ne reprendrait la mer tant que les autres ne seraient pas capable de suivre. Le Heart était presque entièrement réparé et il était possible de le voir manœuvrer autour de l'île plusieurs fois par jour afin de faire les dernières vérifications. Le Blackjack avait retrouvé sa mâture et sa voilure mais la brèche dans sa coque semblait mettre plus de temps à disparaître. Contrairement au sous-marin jaune, il n'avait pas quitté son ancrage depuis son arrivée. Doflamingo passait plus de temps à terre qu'à bord de son navire, s'amusant à harceler tout membre de l'Alliance ayant le malheur de croiser sa route. Sa cible préférée restait Law, le flamant semblant prendre son pied à ennuyer le médecin de toutes les manières possibles. Mais le chirurgien semblait s'être cloîtré à bord de son sous-marin et n'en sortait pratiquement plus. Pour beaucoup, nul doute que c'était pour éviter d'avoir à se salir les mains avec le sang de l'ancien Shichibukai, mais Doflamingo aurait parié ses plumes roses que la disparition soudaine de son ancien protégé avait d'avantage à voir avec une certaine Atlante qu'avec lui-même.
Et il avait parfaitement raison!
Les autres membres de l'Alliance étaient loin d'imaginer que Law ne sortait pratiquement plus de son infirmerie. Étrangement, il avait toujours quelque chose à y faire: ranger des placards qui n'avaient nul besoin de l'être, remplir des dossiers médicaux qui étaient déjà parfaitement à jour, faire l'inventaire des médicaments et fournitures médicales comme si les trente premières fois n'avaient pas suffit à faire la liste de ce qui manquait, ou encore jouer à pousse-pousse avec le matériel médical, c'est à dire le changer de place avant de le remettre presque aussitôt là où il avait toujours été. Et bien sûr quand quelqu'un le surprenait au chevet de Seran, c'était uniquement pour vérifier que tout était en ordre, vérification qui semblait devoir être impérativement faite toute les dix minutes.
L'état de l'Atlante évoluait lentement et l'humeur de Law s'en ressentait. La transfusion avait tiré la jeune femme d'affaire, ce qui rendait Law plus grincheux encore. Il passait de long moment à coté d'elle à la regarder où à consulter sa charte, comme si le faire pouvait changer quelque chose à la situation. Une fois ou deux, Chisa l'avait même surpris serrant la main de Seran entre les siennes. Elle avait beau lui répéter que ce n'était pas sain pour lui de rester enfermé là, qu'il devait absolument manger et dormir, il refusait de l'entendre. Il était pâle et ses cernes paraissaient plus sombre qu'à l'ordinaire. Il avait même l'air d'avoir perdu du poids. A le voir ainsi, on aurait pu croire que c'était lui qui était malade. La rouquine n'avait aucun doute que ça finirait par arriver s'il continuait à se torturer comme ça.
Tout le monde, à bord, comprenait qu'il puisse être inquiet et l'état de Seran n'influait pas que sur son humeur mais sur celle de tout le monde. L'inquiétude de l'équipage ne tournait d'ailleurs plus uniquement autour de Seran, elle commençait à concerner Law également. Habituellement, quand l'un d'eux était blessé, ses compagnons pouvaient compter sur leur capitaine pour les rassurer. Son calme et son assurance était leur force, Law était comme un roc auquel ils pouvaient tous s'accrocher même au cœur de la pire des tempête. Mais pas cette fois. Cette fois, Law était aussi perdu qu'eux et son attitude ne leur apportait aucun réconfort. L'équipage tout entier semblait sombrer dans la morosité. Chisa en vint presque à supplier Seran de se réveiller.
Cette torture dura quatre jours.
Au soir du quatrième jour, alors que Law essayait vainement de s'occuper l'esprit en lisant un livre dont il aurait été bien incapable de citer le titre, il entendit un murmure près de lui. Laissant tomber son livre, il se tourna vers le lit de Seran. Le temps qu'il saute sur ses pieds et aille jusque là, elle avait déjà ouvert les yeux. Elle regarda un instant autour d'elle, l'air hébété.
– Où je suis? Demanda-t-elle d'une voix sèche, un peu éraillée.
Law se planta à son chevet.
– Tout va bien, Seran, annonça-t-il d'une voix qui se voulait rassurante. Tu a été blessée, tu es à bord du Heart.
Elle cligna plusieurs fois des yeux, comme si la lumière l'aveuglait, puis elle fixa sur Law un regard vague.
– Qui êtes-vous? Demanda-t-elle soudain.
Law eut l'impression que le monde se dérobait sous ses pieds. Il dut faire un effort pour ne pas se laisser choir sur la chaise la plus proche. Il se passa un instant de silence absolu avant qu'un faible rire se fasse entendre.
– Si tu voyais ta tête!
Une colère sourde gagna le jeune homme.
– Tu trouves ça drôle? Grogna-t-il en essayant de garder son calme. Tout le monde est fout d'inquiétude depuis des jours et la première chose que tu fais quand tu te réveilles enfin, c'est une blague stupide?
La jeune femme eut un petit sourire contrit:
– Tu as raison, c'était idiot. Je suis désolée.
Le silence s'installa à nouveau. Law fulminait intérieurement mais la blague n'était qu'un prétexte. En vérité, il en voulait à l'Atlante de l'avoir tant inquiété et de s'être mise en danger pour rien. Il avait failli la perdre.
– Tu as vraiment une sale tête, remarqua soudain Seran devant sa pâleur et ces cernes. Depuis combien de temps tu n'as pas dormi?
Il lui lança un regard noir, toujours fâché, mais ça n'impressionna pas la jeune femme.
– Quatre jours, répondit-il. Si tu veux tout savoir, c'est le temps pendant lequel tu es restée inconsciente.
– Oh, alors tu es resté à mon chevet tout ce temps, au mépris de te propre santé?
Law maudit la jeune femme et sa clairvoyance.
– J'avais beaucoup de travail, répondit-il en croisant les bras et détournant la tête. Une longue absence à rattraper.
Mais l'Atlante n'était pas dupe.
– Merci, répondit-elle d'une voix douce.
Il se tourna à nouveau vers elle, elle souriait.
