Chapitre 36 :
Pitié !
C'est d'un regard perçant que Gabriel balaya l'assemblée. Et les attitudes des uns et des autres à son égard étaient variées. Fort de son apprentissage avec Mitsuaki et grâce à sa grande sensibilité magique lui permettant d'analyser rapidement les auras, il lui suffisait d'un coup d'œil pour deviner l'état d'esprit de chacun. Ritel le Loup Garou était clairement hostile à son égard, vexé par leur altercation précédente. Arkaz et Minas, le Géant et le Minotaure lui étaient visiblement hostiles eux aussi. Difina, la reine Elfe Blanc, Ella la Vélane et Sirsa la Sirène le regardaient de haut, comme s'il n'était qu'un gamin mal élevé. Benel le Harpie semblait immensément méfiant comme le Centaure Girka. Les autres semblaient un peu plus ouvert.
Il n'avait pas le droit à l'erreur et il devait montrer qui il était sans se laisser marcher sur les pieds mais il devait aussi montrer que l'on pouvait lui laisser une chance de leur prouver qu'ils pouvaient lui faire confiance et qu'une alliance entre eux serait plus profitable qu'une rivalité. C'était délicat et ça ne se ferait pas en un jour. Les caractères rassemblés étaient forts, les avis tranchés, les cultures opposées... Tous n'aimaient guère l'idée de devoir répondre de leurs actes à quelqu'un et pourtant, en tant que fils de la Magie et prince des Myrdiaël, Gabriel pouvait théoriquement tenir cette place. La Magie en avait décidé ainsi et que cela plaise ou non aux créatures auxquelles elle avait donné naissance, c'était ainsi. Et cela mettait l'adolescent dans une position délicate. Il devait s'imposer, inspirer la confiance, montrer qu'il n'était pas influençable, qu'il était fort et digne de son trône. Et il ne pouvait se permettre la moindre faiblesse devant une assemblée pour laquelle la puissance et la force, le charisme et l'assurance étaient pour beaucoup dans l'estime que l'on portait à une personne. Il devait se montrer juste et équitable sans pour autant laisser passer la moindre petite chose. Ce n'était pas une mince affaire.
Il regarda chaque présent une seconde alors que tous avaient leurs yeux posés sur lui, leurs expressions indéchiffrables bien que le jeune homme ressente leur état d'esprit général. Il reprit ensuite la parole, le ton assuré et noble, se tenant toujours aussi fier et droit mais détendu :
- Vous avez demandé l'aide des Myrdiaël en ce qui concerne vos clans anglais, remarqua-t-il. Et c'est évidemment de ce sujet qu'il sera question ici. C'est notre principale préoccupation aujourd'hui.
- Cela ne devrait-il pas être la guerre qui devrait nous préoccuper ? Releva moqueusement Difina l'elfe blanche.
- Une guerre qui ne fera qu'empirer si nous n'agissons pas sur vos semblables anglais, remarqua calmement Gabriel en réponse. Pour le moment, vous n'êtes impliqués dans cette guerre que via ces clans, ils sont donc votre préoccupation première n'est-ce pas ? Dit-il en relevant un sourcil élégant et en vexant l'elfe. Et ils sont aussi une priorité pour moi. Je ne veux voir grossir ni les rangs de Voldemort, ni de Dumbledore et du ministère.
- Les Géants ont déjà choisi leur camps, fit remarquer Sirsa en regardant Arkaz avec dédain et dégoût.
Le Géant sembla bouillir de colère à cette déclaration mais il n'eut guère le temps de répondre que Gabriel reprenait calmement la parole, posant un regard insondable sur la Sirène :
- Un choix regrettable et complètement inacceptable de leur part, remarqua-t-il d'abord, mais un choix compréhensible au vue leur situation, compléta-t-il avec indulgence.
Et cela sembla surprendre Arkaz qui n'avait certainement pas imaginé qu'il prendrait un minimum la défense des siens.
- Il paraît que les Vampires ont cédé aussi, ricana Ritel en regardant son ennemi de toujours avec raillerie.
- Quelques nomades solitaires qui seront emprisonnés et châtiés comme il se doit s'ils ne sont pas tués dans les combats, répondit calmement Voluenan sans se démonter et sans regarder le Loup. Parlons plutôt du cas Greyback et de sa meute, rit-il à son tour en faisant remonter la colère chez Ritel qui serrait ses accoudoirs de toutes ses forces.
Gabriel soupira intérieurement, ayant un peu l'impression de se retrouver avec des gamins se cherchant puérilement. Mais c'était souvent ainsi dans ce genre de rassemblement. Il fallait avoir l'ascendant et discréditer les autres. Malheureusement, ça ne les aidait pas vraiment à l'heure actuelle.
- Ce qui est fait est fait et nous ne pouvons le changer, intervint-il. Et les traîtres avérés ne seront pas pardonnés, posa-t-il la voix lourde de sens.
La traîtrise, la déloyauté, c'était là deux choses que les Myrdiaël n'acceptaient pas et ne pardonnaient pas alors que la fidélité et le dévouement à son peuple et aux siens étaient des valeurs fondamentales de leur culture. Et Gabriel n'avait vraiment aucune sympathie pour les traîtres qui n'avaient pas été véritablement forcés sans autre choix. Et même s'ils avaient été forcés, ça le dégoûtait profondément. Chez les Myrdiaël, jamais on ne trahissait pour n'importe quelle raison que ce soit, même si cela devait nous coûter la vie. Tous respectaient cela et en étaient très fier. Le contraire les répugnait et valait la peine de mort pour eux.
- Chacun réglera ses différents avec ses renégats à son bon vouloir, poursuivit-il. Mais pensons d'abord aux autres voulez-vous. Chacun d'entre vous dois remettre de l'ordre dans ses clans anglais. Jusqu'ici, seul les Gobelins ont maintenu un ordre parfait, remarqua-t-il avec un regard pour Rokar. Et ils ont été les seuls à agir un tant soit peu dans cette guerre contrairement à vous tous.
- Comment ? En comptant leur or ? Lança Ella la Vélane.
- En facilitant les manœuvres économiques des Myrdiaël et en ne facilitant pas celles de nos ennemis, expliqua simplement Gabriel la voix ferme et forte. Et de temps à autre en leur mettant des bâtons dans les roues si possible. L'économie et la politique sont aussi des faces de la guerre. Le gamin que je suis doit-il vous le rappeler ? Demanda-t-il innocemment en en faisant ricaner certains pour en vexer d'autres alors que les Myrdiaël derrière lui étaient intérieurement hilares.
- Les Myrdiaël n'ont pas fait grand chose non plus, rétorqua Minas le Minotaure avec défiance.
Et cela lui valu d'être transpercé d'un regard d'émeraude plus froid que la glace et plus tranchant qu'une lame. Le silence tomba et bien que la créature soit cent fois plus impressionnante que l'adolescent physiquement, à cet instant, ce fut Gabriel qui inspira la peur à ceux qui le regardaient. Il semblait furieux de cette remarque. Ça ne se voyait pas dans son attitude ou sur son visage mais ça se sentait dans son regard difficilement supportable à ce moment. On ne sentait toujours pas sa magie, pourtant une impression étrange les saisis tous. Comme s'ils étaient dans la ligne de mir d'un dangereux prédateur, leur instinct les mettant en alerte. Et tous en restèrent sans voix, ne comprenant pas pourquoi ils réagissaient ainsi face à l'adolescent qui n'était définitivement pas à prendre comme un jeune homme normal. Minas déglutit discrètement et le prince reprit la parole la voix basse mais ferme :
- Les Myrdiaël risquent leurs vies depuis déjà des années dans cette guerre, posa-t-il lentement. Certains en ont atrocement souffert. Cela fait un moment que nous consacrons nos efforts à agir dans ce conflit. Certains des miens risquent leur vie en ce moment même ! Et je viens d'enterré dix neuf de mes combattants morts pour avoir tenté de contrer une attaque de Mangemort ! Dit-il en jetant un froid. Dîtes moi Minas, qu'est-ce que vous et les vôtres avaient fait hormis regarder de loin et repousser les avances d'un camps ou de l'autre ? Demanda-t-il la voix doucereuse.
Le Minotaure resta muet, accablé par l'œil d'émeraude d'une froideur et d'une force imposante.
- C'est bien ce que je pensais, remarqua Gabriel après un moment.
Il détourna le regard, redevenant complètement neutre alors que l'ambiance s'allégeait soudain. Et après cela, tous avaient compris qu'il n'était pas à prendre à la légère. Il n'était pas donné à tous de leur inspirer une peur instinctive d'un seul regard.
- Alors ainsi, reprit platement Denorrios le maître Démon, les Myrdiaël sont derrière les interventions dans les attaques de Mangemorts ? Déduisit-il.
- En effet, répondit Gabriel. J'ai ordonné cette contre attaque pour que Voldemort comprenne qu'il ne fera pas ce qu'il veut comme il veut. Jusque là, il ne rencontrait presque aucune résistance, il était temps que cela change. Ainsi, nous limitons les dégâts et l'avancé de l'ennemi. Nous disions donc, reprit-il ensuite, vous devez remettre de l'ordre dans vos clans anglais. Premièrement parce qu'il serait inacceptable qu'un seul de plus rejoigne les rangs ennemis d'un côté ou de l'autre. Deuxièmement parce que nous devons nous organiser. Les Myrdiaël ne gagneront pas cette guerre seuls, remarqua-t-il sans honte. Nous ne pouvons être partout. J'ai donc besoin de vous. Il faut au moins que vous parveniez à réinstaurer le calme parmi les vôtres afin qu'ils ne viennent pas me gêner et grossir les rangs.
- Les miens se tiennent, remarqua hautainement Difina.
- Ne me prenez pas pour un imbécile, rétorqua Gabriel. Je suis très bien informé. Si le camps de Dumbledore à quelque chose contre les créatures dîtes ténébreuses, les créatures de lumières sont en revanches mieux tolérés n'est-ce pas ? Releva-t-il légèrement. Je sais que l'Ordre du Phénix a approché vos précieux archers et que leur réponse fut toute somme vague et plutôt en faveur de l'Ordre, dit-il en louant d'avoir Minerva comme espionne. Vous devez autant les tenir que tout autre ici présent.
L'elfe détourna subtilement les yeux, ne trouvant rien à répondre.
- Tout vos clans ont été approchés, c'est un fait, posa le prince en les balayant du regard. Il vous faut réaffirmer votre pouvoir sur eux.
- Mais le fait est que les mesures anglaises nous privent de moyen de contact avec les nôtres, fit remarquer Benel le Harpie.
- Et nous ne pouvons risquer d'aller en Angleterre nous même, constata Zymens l'Elfe Noir, nous provoquerions une guerre mondiale entre nos peuples et les sorciers si les britanniques nous attrapaient. Ils nous ont officiellement interdit le séjour dans leur pays.
- Les nôtres sont piégés et sans contact avec eux, nous ne pouvons leur donner une raison de ne pas céder, posa le Centaure.
- J'en suis conscient et c'est pour cela que j'ai des solutions à vous proposer, annonça Gabriel. Les Myrdiaël vous porterons assistance. Nous pouvons vous fournir un moyen sûr et sécurisé de contacter les vôtres. Nous pouvons même vous faire entrer en Angleterre clandestinement pendant quelques heures pour que vous puissiez aller voir vos clans si c'est indispensable. Vous pourrez alors remettre de l'ordre. Ensuite, nous rassurerons ces clans. Je vous offre de poser des illusions et sorts de protections Myrdiaël autour de vos villages et domaines en Angleterre afin de les mettre à l'abri et de les cacher. Ces sorts ne sont pas éternels mais ils suffiront le temps de régler cette guerre. Si malgré tout, il devrait y avoir un problème, je vous garanti l'assistance de mon peuple. Un Myrdiaël sera envoyé dans chaque clan pour maintenir le contact et nous prévenir en cas de problème. Je pense que cela sera suffisant pour les convaincre de rester neutre et calme, remarqua-t-il.
Il y eut un moment de silence, chacun réfléchissant sérieusement à cette proposition. Tous étaient assez intelligents et expérimentés pour reconnaître qu'ils avaient besoin de l'aide des Myrdiaël. Tous l'avaient d'ailleurs réclamé. Ils avaient beau être arrogants, ils dirigeaient leurs peuples depuis longtemps, ils savaient prendre soin des leurs et faire ce qu'il fallait pour cela.
- C'est en effet une solution viable, répondit finalement Zymens. Mais cela sera complexe à mettre en place pour vous.
- Bien moins que d'affronter les vôtres sur un champ de bataille, releva Gabriel. Et vous sauvegardez ainsi de nombreuses vies. Est-ce acceptable pour vous tous ?
- Il me semble qu'il s'agit là de la meilleure solution pour stabiliser la situation dans le calme, posa Denorrios. J'accepte, annonça-t-il en regardant Gabriel qui lui donna un petit signe de tête approbateur.
Il regarda ensuite chaque chef un à un, tous finissant par acquiescer bien que certains ne semblaient très heureux de le faire. Mais même si cela les blessaient dans leur fierté d'accepter l'aide d'un adolescent, l'adolescent était le prince des Myrdiaël, aussi incongru cela soit-il à leurs yeux et le bien-être de leurs clans passait avant la fierté. Gabriel comprenait tout cela, heureux de voir qu'ils étaient tous des chefs plus ou moins éclairés et sages. Mais il le savait déjà. Pour le moment, il ne leur demandait rien qu'ils ne pouvaient envisager assez facilement.
- Et que voulez vous en échange ? Demanda Voluenan.
- Plusieurs choses, annonça Gabriel. Premièrement, vous vous assurerez qu'aucun des vôtres ne commettra d'attaques ou d'attentats en Angleterre. Il est hors de question que des innocents ou la population soit touchés par des rancœurs. Cela ne pourra être réglé qu'une fois la guerre terminée. Je ne veux voir aucun attentat ou je riposterais en conséquence avec une extrême sévérité, prévint-il sa voix forte et assurée ne permettant de douter qu'il le ferait. Ensuite, cela concerne plus particulièrement Poudlard, annonça-t-il. L'école est un territoire Myrdiaël même s'il a été longtemps confié aux bons soins des directeurs et n'a pas été revendiqué depuis longtemps. Elle reste mon domaine. Beaucoup de créatures vivent alentours et rongent leurs freins vis à vis de Dumbledore, du ministère et des restrictions qui leurs sont imposés. Je le comprend mais je n'accepterais aucune attaque vengeresse sur l'école, d'aucune sorte. Une attaque sur l'école, c'est une attaque contre les Myrdiaël et contre moi. Je suis sans pitié dans ces cas là, avertit-il le regard perçant.
Il marqua une légère pause, s'assurant que la menace avait été comprise en les observant. Il risquait déjà une attaque de Voldemort sur l'école, il ne pouvait se permettre une menace de la part des créatures magiques. Visiblement, tous saisissaient. Et aucun n'avait envie de voir des combattants tel que Mikhaïl Erosva, qui les regardait froidement derrière son prince, être lâchés sur eux pour contre attaquer. Les Mydiaël leur inspiraient beaucoup de respect de par leur origine très purement magique et par leur position d'envoyés de la Magie, et ils les savaient puissants bien que peu nombreux. Certains comme Denorrios les connaissaient depuis des siècles, sachant parfaitement de quoi ils étaient capables et peu désireux de s'en faire des ennemis.
- Et enfin, j'aurais besoin de quelques combattants, posa Gabriel.
- Des combattants ? Releva Zymens avec curiosité.
- Je vous explique : Dumbledore a prévu un événement d'envergure à Poudlard à la rentrée, commença-t-il.
Il leur expliqua rapidement ce qui avait été organisé, parlant de l'échange, poursuivant ensuite :
- La manœuvre politique n'échappera bien sûr à aucun d'entre vous, remarqua-t-il sans vraiment se poser la question. Je suis moi même élève à Poudlard, annonça-t-il alors qu'aucun n'était au courant de cela. J'y suis allé pour diverses raisons dont celle de surveiller Dumbledore de près. L'échange va amener bien du monde à l'école et parmi eux, des Myrdiaël. Il est évident que nous ferons en sorte de tourner l'événement à notre avantage au maximum et de tenter de limiter les alliances que le ministère ou Dumbledore pourraient former. Seulement, il est évident que cela attirera l'attention de Voldemort.
- Ce serait le parfait moment pour lui d'attaquer et de prendre l'ascendant en cas de victoire, remarqua Arkaz qui s'était grandement calmé comme Ritel qui acquiesça.
- Nous sommes bien d'accord. Dumbledore et le ministère sont très confiants quand au fait que Poudlard soit imprenable et que les sorciers présents seront suffisant pour dissuader ou contrer ou attaque. Je ne suis pas de cet avis, fit remarquer le jeune homme. Aussi, les Myrdiaël se tiendront en alerte. Cette attaque est plus que probable et cela serait un combat que nous ne pourrions perdre sous aucun prétexte. Par prudence, j'ai décidé de placer une unité de combat non loin de l'école. Elle pourrait ainsi intervenir rapidement et apporter son soutient en cas d'affrontement. Je souhaiterais que vous y additionnez quelques combattants afin de nous permettre de couvrir au mieux cet événement.
- Dans quelle conditions ? Demanda Girka le Centaure.
- Les Myrdiaël se chargeront de la logistique, de l'organisation et tous seront sous les ordres de mon chef d'unité sur place, imposa Gabriel. C'est un mage de combat très expérimenté et compétent. Tous seront traités de la même façon, avec équité. Aucune dispute interne ne sera tolérée. Les miens auront pour consigne de ne rien laisser passer et de maintenir la discipline. On ne pourra se permettre une débâcle infantile en cas d'attaque. Tous seront nourris et logés décemment évidemment selon leurs besoins spécifiques. Leurs consignes seront de rester à proximité de Poudlard sans se montrer, d'être toujours en alerte et d'intervenir en cas d'attaque afin de gagner du temps pour faire venir des renforts.
Encore une fois, un silence s'installa, tous réfléchissant soigneusement et ce fut Minas qui reprit le premier la parole :
- Combien de combattant voulez vous ? Parce que nous devrons aussi protéger nos villages mêmes s'ils sont sous vos sorts, remarqua-t-il. Je ne laisserais pas femelles et bambins sans protection.
- Je n'ai pas besoin d'une armée, répondit Gabriel. Un groupe trop grand serait trop difficile à dissimuler près de Poudlard et plus difficile à gérer compte tenu de vos griefs les uns envers les autres. Quelques uns suffiraient pour apporter un renfort aux miens et assurer un peu plus notre position.
- Les Gobelins n'ont aucun combattant, fit remarquer Rokar, mais ils n'ont pas non plus besoin de rétablir l'ordre ou de domaines à protéger.
- C'est pour cela que les Gobelins ne feront pas parti de cet accord, dit Gabriel, les efforts que vous faite déjà me suffisent. Si les Gobelins poursuivent de la sorte, ils font déjà leur part, remarqua-t-il en recevant un signe de tête approbateur. Pour ce qui est des sirènes, dit-il en portant son regard sur Sirsa. Je sais que vous n'aimez guère sortir de l'eau et je ne vous le demanderais pas, seulement, si les vôtres dans le Lac Noir pouvaient rester vigilants et nous aider si l'occasion se présente, je n'en demanderais pas plus. Je sais que votre magie d'eau peut agir sur une assez grande distance, vous pourrez donc aider sans quitter le lac.
- C'est acceptable pour moi et équitable, annonça finalement l'Elfe Noir. Je ne pourrais envoyer beaucoup de combattants, à défaut, ils seront parmi les meilleurs que j'aurais en Angleterre.
- Je vous en remercie Zymens, répondit Gabriel.
- Vous avez raison, si cette bataille a lieu, nous ne pouvons permettre que Voldemort la remporte, ajouta Voluenan. Et si les créatures magiques alliés aux Myrdiaël pouvaient remporter la victoire, cela nous redonnerez une meilleure place et plus d'influence pour rétablir les choses en Angleterre. J'en serais, termina-t-il.
Un à un, tous donnèrent une réponse semblable, saisissant l'opportunité de regagner un peu de pouvoir en Angleterre si cette victoire devait se présenter. C'était une occasion prometteuse pour eux. Si ce combat avait lieu, il fallait être parmi les gagnants, pas sur le banc de touche. Les Myrdiaël étaient de fins stratèges expérimentés, ils avaient de puissants combattants et étaient sur leur terrain à Poudlard. Les pronostiques supposaient que bonnes chances de vaincre surtout s'ils y ajoutaient quelques combattants de valeur. Et il était impensable pour eux de se ranger dans un autre camps et ils ne pouvaient rester en touche. Cette victoire sous les yeux du monde serait une chance pour eux. Ils devaient en être. Ce fut Arkaz qui termina :
- Les Géants anglais ne sont peut-être plus sous mon contrôle mais je désapprouve leur comportement d'où ma coopération avec vous à ce sujet. Je n'ai plus de combattant sur place, mais j'en ferais venir de l'étranger pour marquer mon soutient aux Myrdiaël, annonça-t-il.
Gabriel acquiesça sachant qu'il ne pouvait pas rater cette occasion malgré les circonstances.
- Je vous remercie pour votre compréhension et votre coopération, dit le prince.
- En ce qui concerne les renégats, quel sort leur réservez vous en bataille ou ensuite ? Demanda Ritel.
- Ce qui survivraient vous seront livrés, annonça-t-il. Vous ferez chacun justice vous même selon vos lois. Je ne m'en mêlerais pas tant qu'une sanction adaptée est appliquée. On ne peut ignorer une telle trahison.
- Très bien, approuva-t-il.
Pendant encore un long moment, ils discutèrent calmement, parlant des mesures à mettre en place, de leurs alliances et de la situation anglaise. Tout se passa bien plus sereinement que Gabriel ne l'avait imaginé. En même tant, il ne leur avait encore rien demandé qui ne les dérange vraiment. Cela serait une autre histoire lorsque après la guerre, il faudrait remettre de l'ordre et les créatures magiques ne faisaient pas exception. Elles avaient de nombreux tords qu'il faudrait rectifier. À ce moment, ils seraient certainement moins enclins à coopérer. Et c'était pour cela que d'ici là, Gabriel devait s'imposer à leurs yeux, faire ses preuves et gagner leur confiance. Il devrait montrer qui il était vraiment et qu'il ne rigolait pas mais aussi que l'on pouvait compter sur lui. Ça n'allait pas forcément être simple.
La réunion dura un peu, jusqu'au milieu de l'après midi. Arrivant à la fin, Gabriel rappela que leurs serments leurs interdisaient de révéler quoi que ce soit sur les Myrdiaël, ajoutant qu'un sort avait été lancé sur eux à leur arrivée pour veiller à ce qu'ils ne révèlent rien de ce qu'il s'était dit. S'ils furent agacés de n'être mis au courant qu'en fin de réunion, ils acceptèrent la mesure de prudence, comprenant alors qu'ils en auraient certainement fait de même. Certains réclamèrent de pouvoir lui parler en tête à tête ou d'établir une correspondance et le jeune prince promit que cela serait rendu possible. Il savait qu'ils allaient chercher à le cerner et à le tester pour savoir à qui ils avaient à faire. Pendant la réunion, il avait réussi à les intéresser et à les rendre curieux de sa personne. Il devait maintenir cette attention et leur faire comprendre qu'il était à la hauteur de sa place et qu'on ne pouvait l'ignorer. Il les avait aussi largement surpris en annonçant qu'il était lui même à Poudlard. Ainsi, il avait montré qu'il n'avait pas peur d'aller en première ligne et qu'il n'était pas du genre à se cacher bien en sécurité. Et ça avait son importance aux yeux de ces chefs qui étaient tous du même genre ou presque.
Finalement, il les salua, les remercia et clôtura la rencontre dans le calme. Chacun s'en alla alors tranquillement avec ses accompagnants, Gabriel toujours noblement assis sur son siège. Il les regarda partir, plus que satisfait de cette rencontre et derrière lui, Shanti, Aneesa, Helena et Mikhaïl étaient eux aussi heureux du déroulement de la rencontre. Hormis l'altercation du début, aucun d'eux n'avait eu à ouvrir la bouche jusqu'à la fin. Seul leur prince et les chefs avaient parlé. C'était ainsi que cela devait se passer et cela prouvait à tous que Gabriel savait tenir son rôle seul et qu'il n'était pas là pour la figuration. Tous s'étaient tenus et s'étaient montrés raisonnables, on ne pouvait en demander plus.
- Cela s'est bien passé, remarqua-t-il alors que Helena et Aneesa revenaient après avoir escorté tout le monde jusqu'à la zone de transplanage.
- En effet, sourit Helena. Vous avez piqué leur curiosité et leur intérêt. Ils vous accorderont toute leur attention maintenant.
- Et je ferais en sorte qu'ils comprennent que je ne suis pas qu'un gamin, affirma-t-il. Nous avons obtenu tout ce que nous voulions sans incident. C'est très bien.
- Ils ont beau être arrogants, ils savent bien où se trouve leur intérêt. Ils auraient été destitués par leurs semblables depuis longtemps s'ils n'étaient pas de bons dirigeants, remarqua Aneesa. Vous avez bien fait de ne pas vous laisser marcher sur les pieds et de leur répondre de la sorte. Si certains ont été vexés, au final, ils préfèrent ce genre de personnalité forte. Cela vous attirera leur sympathie plus tard.
Gabriel acquiesça, bien conscient que chacune des personnalités qu'il avait rencontré aujourd'hui ne respectait quelqu'un que si cette personne se montrait forte et assurée. Ils n'avaient que faire d'un faible ou d'un hypocrite qui aurait cherché leur sympathie par tout les moyens. Il en avait peut-être vexé certain mais avec ça, il avait leur intérêt plutôt que le dédain qu'il aurait reçu en s'aplatissant.
- Mikhaïl, vous vous chargerez de prévenir Timofeï qu'il aura ses effectifs supplémentaires, demanda le prince en se tournant vers le Russe.
- Je m'en charge Altesse, acquiesça celui-ci.
- Helena, Aneesa, vous vous chargerez des combattants qu'ils nous enverront et de mettre en place ce que nous avons promis au plus vite. Si cela pouvait être réglé avant la rentrée, j'en serais soulagé, remarqua le jeune prince.
- Cela le sera Majesté, affirma Helena.
- Très bien. Rentrons, dit-il ensuite. Il nous reste fort à faire avant la rentrée.
Il se leva alors avec élégance et ils se dirigèrent vers la zone de transplanage. De là, ils réapparurent dans le hall du Manoir Idylle qu'ils trouvèrent calme et vide de présence. Gabriel se dirigea alors vers son bureau, s'appuyant sur sa canne percutant le sol dans un petit bruit sec et les quatre conseillers l'y suivirent. Ils y parvinrent sans rencontrer personne et une fois arrivés, Shanti, Aneesa et Helena prirent congé, s'inclinant et demandant que leur prince les appellent à la moindre chose. Seul Mikhaïl resta et lorsque tous furent partis, il se tourna vers son prince, le regardant le visage aussi neutre qu'à son habitude mais le regard expressif pour Gabriel :
- Votre Altesse, je..., commença-t-il la voix plate avec l'intention de s'excuser de nouveau pour son attitude avec Ritel.
D'un geste, le jeune homme lui imposa un silence qu'il obtint tout de suite, ayant parfaitement compris ce qu'il voulait. Mikhaïl devait s'en vouloir dans un sens alors que s'il avait réagis logiquement pour un Myrdiaël, il n'avait pas donné une bonne image. Il aurait été plus opportun de rester froid, de laisser son prince se défendre seul et de faire croire qu'on ne pouvait les faire réagir si facilement. Ça pouvait être dangereux. Mais c'était tellement naturel pour un Myridaël, ils étaient capables de tuer pour une simple insulte envers leur prince et ce sans remord. C'était un instinct incontrôlable, une réaction instinctive que seul Gabriel pouvait stopper d'un mot. Le jeune homme lui fit signe de venir s'asseoir avec lui dans les canapés. Les deux hommes prirent place l'un en face de l'autre et l'adolescent fit apparaître deux tasses de thé d'un geste de la main. Il les fit léviter, en prenant une et donnant l'autre au Russe qui s'en saisit avec un signe de tête de remerciement, attendant sagement que son prince reprenne la parole. Gabriel but une gorgée, reportant ensuite un regarda calme sur l'homme, son attitude redevenue douce et détendue :
- Dîtes moi Mikhaïl, comment va votre fils Dragomir ? Demanda-t-il.
Le Russe se tendit presque imperceptiblement mais le jeune prince le vit, saisissant ce qu'il devait penser.
- Dragomir va très bien, répondit-il après un instant de silence. Il progresse très vite. Il est déjà un mage de combat émérite, il a réussi brillamment ses études et il excelle dans tout ce qu'il fait dans sa carrière.
- Comme son père n'est-ce pas ? Sourit Gabriel.
- Je suis fier de lui. Le seul domaine qu'il néglige est le domaine sentimental. Il consacre tout son temps au travail, le reste ne l'intéresse pas mais cela viendra. Et sa petite sœur elle, ne souhaite que fonder une famille avec une ribambelle d'enfant alors je ne m'en fais pas. Il peut vivre comme il le souhaite. Il est impatient de pouvoir faire plus pour le peuple.
- Il souhaite venir au conseil je suppose, remarqua le jeune homme.
Il avait déjà rencontré Dragomir qui était très prometteur. Il était moins puissant que son père mais c'était un stratège hors pair, très vif d'esprit, empathique malgré une froideur apparente et très intelligent. Les seuls défauts que Gabriel lui trouvait étaient qu'il était peu enclin à s'amuser de temps en temps, très voir parfois trop à cheval sur les règlements et qu'il ne prenait pas le temps de de faire autre chose que travailler. Mais ça, il le faisait aussi lui même alors il pouvait comprendre. Sinon, comme son père, il promettait d'être un excellent chef de famille Myrdiaël. Il ne voulait pas de famille ou d'enfant mais ce n'était pas très grave, sa sœur ayant déjà décrété qu'elle donnerait une ribambelle de petits enfants à son père et d'héritiers pour les Erosva. Elle s'était d'ailleurs mariée récemment et était enceinte d'une petite fille.
- Il est pressé d'y être mais il reste patient, répondit Mikhaïl la voix neutre.
- Reprendra-t-il l'académie ? Demanda le jeune prince.
- Oui, il m'assiste déjà dans sa direction, expliqua le Russe.
- Pensez vous qu'il sera bientôt prêt à entrer au conseil ? Questionna Gabriel.
Mikhaïl resta silencieux un instant et l'adolescent vit comme un éclat de tristesse dans son regard. Le Russe avait visiblement compris de travers le but de sa question. Sa bévue du jour devait l'inquiéter plus qu'il ne le pensait ou l'homme ruminait encore la perte de leurs hommes quelques jours plutôt, se sentant coupable en temps qu'un des chefs des combattants Myrdiaël. Mais il répondit finalement, la voix parfaitement maîtrisée :
- Sincèrement, Dragomir est plus que prêt à commencer l'année de passation de siège de conseiller. Il atteindra bientôt la trentaine, s'est déjà fait une belle expérience et est compétent, annonça-t-il. Je peux commencer à mettre en place la transition si vous le voulez, dit-il platement même si cela semblait lui briser le cœur.
- Souhaitez vous quitter le conseil Mikhaïl ? Demanda Gabriel.
- Non, je veux rester à vos côtés, répondit-il immédiatement en faisant sourire le jeune prince ému par la sincérité de ses mots. Mais si vous le demandez, je céderais la place à mon fils, dit-il.
- Rassurez vous Mikhaïl, commença le prince en sentant son désarrois présent face à la possibilité d'être écarté, je ne souhaite en aucun cas me priver de vous. Certainement pas, assura-t-il avec un regard doux pour son bras droit qui se détendit un peu. Non, mais j'aimerais vous voir occuper une autre place, annonça-t-il en suscitant cette fois-ci la curiosité. Accepteriez vous, une fois Dragomir en place et en pleine possession de ses fonctions, de devenir l'un de mes conseillers personnels ? Proposa-t-il. Vous pouvez refuser bien sûr si vous préférez rester au conseil. Vous êtes déjà un précieux soutient pour moi et j'apprécie beaucoup votre présence à mes côtés. Et j'aimerais vous avoir avec moi en toute circonstance, expliqua-t-il. Votre expérience et votre sagesse me sont précieuses et votre force me rassure. J'ai appris beaucoup de vous. Votre avis et votre point de vue me sont précieux. Et vous avez mon entière confiance Mikhaïl, j'ai besoin de vous.
Le silence s'installa alors qu'il avait terminé et sur le visage du Russe, on pouvait maintenant voir légèrement de la surprise et de l'émotion. Il se leva finalement pour venir s'agenouiller à droite de son prince, lui adressant un petit sourire extrêmement rare pour lui :
- Tout ce que vous voudrez Altesse, répondit-il. C'est un immense honneur que je suis ravi d'accepter.
- Merci Mikhaïl. Merci, répondit-il avec un grand sourire.
Le prince lui fit signe de se redresser et de s'asseoir près de lui et l'homme s'exécuta avec élégance.
- Je vous demande une nouvelle fois pardon pour mon comportement face à Ritel, dit le Russe. Je ne vous ai pas fait honneur.
- Ne vous en faîte pas, je ne vous en ai pas voulu une fraction de seconde, répondit-il avec un air rassurant. Comment pourrais-je vous en vouloir de me défendre et de me protéger ? Et si vous êtes toujours là pour moi, je serais là pour vous arrêter. Une petite frayeur de temps en temps à ceux qui veulent m'atteindre ne peut pas faire de mal, dit-il avec amusement et faisant sourire l'homme.
Dans le temps qui suivit, ils discutèrent tranquillement de choses et d'autres, Gabriel réalisant que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de parler simplement avec les membres du conseils. Il faudrait qu'il trouve le temps. Ça lui faisait du bien et il avait besoin de retrouver un peu ses mentors comme autrefois, ses amis. Si le conseil n'était pas trop long samedi, il essaierait de passer un peu de temps avec eux.
Il ne fallut pas très longtemps pour que Callen se présente, venant saluer le prince et lui demander s'il n'avait besoin de rien. Gabriel lui demanda alors si tout se passait bien avec les élèves. L'homme expliqua alors que les Serpentard et les jumeaux avaient été très surpris de découvrir qui étaient des Myrdiaël à Poudlard. Draco et Marcus s'étaient chargés de refaire dignement les présentations et d'expliquer leur fonctionnement à l'école et en dehors. Tout semblait bien se passer même si l'ambiance était encore un peu tendue et étrange entre les élèves. Le maître des lieux expliqua qu'il faisait beau aujourd'hui et que le temps était clément. Aussi, il avait lui même couvert les jeunes gens de sorts de réchauffes et ils étaient partis pour faire un peu de quidditch sur le terrain du domaine. Il fut heureux d'apprendre que ça se passait bien. Une bonne entraide et cohésion entre les élèves lui servirait à Poudlard si les choses devaient s'activer. Le maître d'Idylle fut invité à discuter un peu avec eux et il resta jusqu'au départ du Russe un peu plus tard.
Gabriel se mit alors en route pour ses appartement, Callen l'accompagnant jusqu'à l'entrée et l'y laissant ensuite. Le jeune entra alors, gagnant tout d'abord le dressing pour se changer et se débarrasser de ses riches vêtements et accessoires, retrouvant une tenue simple et noire, seulement additionnée de ses signes de deuil et de ses accessoires habituels. Il retourna alors dans le salon, y retrouvant ses familiers qui se firent une joie de réclamer un peu d'attention. Attention qu'il leur accorda avec le sourire, partant ensuite vers son bureau où il resta jusqu'au dîner pour lequel Draco vint le chercher. Il rejoignit alors tout les habitants du manoir pour manger, acceptant ensuite de passer la soirée avec les autres élèves. Il n'en vit pourtant pas grand chose, s'endormant contre son petit ami dans un canapé, exténué par son manque de sommeil et tout ce qu'il avait à faire.
Et pourtant, ce fut une nouvelle fois très tôt qu'il se mit au travail le lendemain. Il mangea rapidement son petit déjeuné, regagnant ensuite son bureau où il fut vite rejoint par Severus qui s'était éclipsé discrètement pour venir à sa demande. Ils s'installèrent au salon pour discuter confortablement :
- Comment allez vous Severus ? Demanda d'abord le jeune homme. Je n'ai pas vraiment eu de temps à vous consacrer.
- Je vais parfaitement bien Gabriel, mais c'est plutôt à vous que je devrais demander cela. Vous semblez épuisé, remarqua-t-il.
- J'ai beaucoup de travail. Il faut que je rattrape le retard que j'avais pris et que je m'organise avant de retourner à Poudlard. J'ai eu bien des préparatifs à faire avant l'échange, de choses à régler avec la guerre en plus des affaires courantes. Ça ne me laisse pas énormément de temps à moi. Mais une fois à Poudlard, je retrouverais certainement un meilleur rythme, sourit-il. Ça ira.
- Tout se passe bien ? Pour l'échange ? Demanda le professeur sans insister.
- Tout vas pour le mieux. J'ai réussi à mettre en place tout ce que je souhaitais comme je le souhaitais. Si tout ce passe bien, nous allons tourner cela à notre avantage, sourit-il.
- Je n'en doute pas, s'amusa l'homme. N'hésitez pas si vous avez besoin de moi, ajouta-t-il plus sérieusement.
- C'est pour cela que je voulais vous voir, annonça alors Gabriel. Il est temps de donner une réponse à la charmante missive que ce vieux fou m'a envoyé.
- Et quelle sera-t-elle ? Demanda Severus avec curiosité.
- Elle sera très simple, répondit le prince.
Il lui expliqua ce qu'il devait faire puis ils passèrent à d'autres sujets. L'homme lui expliqua qu'il avait réussi à regagner la confiance de ses élèves, les verts et argents rassurés de savoir que leur directeur de maison était de leur côté, qu'il était là pour eux et qu'il les protégerait. Et ce même si ce n'était pas flagrant dans son attitude. Il lui annonça aussi qu'il s'arrangerait pour gagner un minimum de confiance des autres élèves Myrdiaël pendant leur séjour à Idylle. Ils parlèrent aussi de Snotra, le professeur ayant passé pas mal de temps avec elle pendant les vacances. Il commençait à beaucoup apprécier la petite fille intelligente et passionnée. Il lui donnait des cours et il lui avait promis de lui écrire lorsqu'il retournerait à Poudlard. Ils parlèrent un moment puis le professeur prit congé pour immédiatement se diriger vers le hall, transplanant pour Poudlard.
On y était déjà en début d'après midi mais il ne s'y attarda pas. Il allait transmettre son message et retourner à Idylle. Il avait promis un cour de médicomagie à la petite blonde. Il gagna l'école, se faisant complètement froid et illisible. Et sans surprise, les élèves présents s'enfuirent sur son passage pour son plus grand plaisir. Ce qui eut le dont de le mettre en rage cependant, fut de croiser un instant le fils Potter qui lui décocha un de ses sourires hautains horripilant. L'avorton devait se prendre pour le roi du monde, croire qu'il allait être la star de l'échange, croire qu'il n'y avait que lui et les siens au courant, croire qu'il les dominait... Il allait tomber de haut. Severus se força à l'ignorer, avançant vers le bureau du directeur à grand pas. Et à son grand soulagement, il ne croisa personne d'agaçant. Il vit juste Minerva partant. Il la salua d'un signe de tête sec, sachant qu'elle devait aller voir Gabriel aujourd'hui. Arrivé à destination, il se laissa emmener par l'escalier, vérifiant ses barrières d'occlumencie. Comme toujours, il n'eut pas le temps de toquer qu'on l'invitait à entrer avec joie. Et il le fit, trouvant le vieux fou assis derrière son bureau.
- Bonjour Severus ! Lança-t-il joyeusement. Un bonbon au citron ?
- Non, répondit-il aussi platement qu'à son habitude.
- Vous ne deviez pas revenir avant la rentrée, remarqua-t-il ensuite.
- Je ne fais que passer délivrer un message, annonça-t-il en attisant très visiblement l'intérêt du vieux fou. Il a eu votre missive, poursuivit-il alors qu'il voyait clairement le regard d'Albus briller.
Et il savait pourquoi alors que Gabriel leur avait expliqué les pièges de la missive. Il devait croire qu'il avait désormais une emprise sur le descendant de Merlin.
- Bien, bien, sourit-il. Et qu'elle est sa réponse ?
- Non, répondit simplement Severus qui vit le directeur se figer d'incompréhension.
- Non ? Non à quoi ? Questionna-t-il. N'a-t-il pas répondu par écris ?
- Sa réponse est : Non. Non à tout, simplement. Il n'a pas jugé utile de gaspiller un parchemin pour un simple mot de trois lettres. Je ne sais pas ce que vous lui avez écris. Il ne m'a rien dit, mentit-il sans laisser trace d'une quelconque émotion dans sa voix ou ses traits. Il m'a simplement demandé de vous dire : « Non ». De toute évidence, il ne veut rien de ce que vous avez pu lui proposer ou il ne souhaite pas répondre à vos questions, invitations ou que sais-je encore. Alors voilà : Non.
Sans plus de cérémonie, il se détourna ensuite, sortant rapidement en profitant de la surprise du directeur. Gabriel avait fait là la chose la plus prudente à faire. Il ne voulait rien de ce que le vieux fou avait pu lui proposer dans le message. Un simple « Non » était donc une réponse appropriée. Et avec ce simple mot, il se protégeait et ne donnait rien au vieux fou. Pas un son de voix d'un message audio, pas un objet qu'il aurait pu toucher, pas une écriture à analyser, pas une tournure de phrase à décortiquer pour tenter de le cerner... rien. Trois lettres tellement communes qu'elles n'avaient pour sens que ce qu'elles écrivaient.
Et cela, le vieux fou le comprit très vite, la colère se peignant son visage alors que la porte se refermait, le maître des potions déjà parti. Il n'avait rien. Il avait voulu établir un contact et il avait échoué. Avec cette réponse, le descendant de Merlin refusait sa main tendue, son amitié... Il ne lui livrait aucune de ses impressions sur sa personne, sur la guerre, sur Voldemort, sur Abel, sur l'échange... Il refusait de venir. Il refusait tout sans donner d'avis ou d'explication précise, sans lui dire si c'était un non définitif ou temporaire. Enfin bref, il ne lui donnait absolument rien aussi bien en réponse qu'en moyen. Pas une lettre, pas une écriture, pas un objet ou son de voix. Rien. Et cela lui prouvait une fois encore qu'il avait à faire à quelqu'un d'intelligent et prudent qui ne semblait pas s'intéresser à lui en dehors de Severus et de l'école. Si ce n'était que ça alors il serait peut-être moins dangereux que prévu. Mais c'était peut-être tout l'inverse aussi. Dans tout les cas, il avait eu la missive et c'était là le principal, le reste n'était que bonus.
Avec ce qu'il avait mis en place sur la missive, le descendant de Merlin serait sous son influence sous peu. Avec le stratagème du sceau de cire, l'idée d'une amitié avec lui et d'une alliance avait dû s'incruster en lui et elle grandirait avec le temps. Et puis il y avait le traceur magique et la magie des mots. Il ne faudrait que peu de temps pour qu'il soit sous son influence. Une fois le traceur effectif, il n'aurait qu'à le localiser, le trouver s'il n'était pas venu d'ici là et activer les sorts pour l'avoir sous contrôle. Peu importait ce qu'il avait répondu au message. Ce fut sur cette pensée qu'il retrouva son calme, confiant.
Severus quant à lui, regagna rapidement Idylle, désireux de profiter d'encore un peu de calme. Une fois de retour, il prit la route du bureau de Gabriel, voulant lui assurer que le message était passé. Il s'inquiétait un peu pour le jeune prince qui ne ménageait pas ses efforts ces derniers temps. Il ne savait pas ce qu'il faisait exactement mais il avait confiance en lui pour gérer la situation. Seulement, Gabriel semblait épuisé. On ne le voyait pas de la journée, il partait souvent en déplacement, il rentrait tard, il se levait tôt, il ratait beaucoup de repas et lorsqu'il était là, il ne restait jamais très longtemps et mangeait juste assez pour ses besoins. Tout le monde avait bien remarqué qu'il était fatigué et les élèves de Serpentard se posaient de plus en plus de question à son sujet même s'ils étaient encore très loin de la réalité. Et il savait aussi que la situation pesait sur Draco qui s'ennuyait de son petit ami. Mais il ne s'en plaignait jamais et lorsqu'on lui demandait si ça ne le dérangeait pas de ne pas voir Gabriel, il répondait simplement qu'il comprenait et qu'il savait que son petit ami avait du travail, qu'il l'acceptait même s'il avait toujours l'air triste en le disant. Il espérait que tout irait mieux à Poudlard. Au moins à l'école, Draco pouvait passer bien plus de temps avec Gabriel et celui-ci pouvait se reposer d'avantage. Il n'avait pas trop le choix de toute manière puisqu'il devait s'y comporter comme un étudiant ordinaire. Enfin, il n'était pas sûr que cela dure avec l'échange.
C'est rapidement qu'il parvint à destination, toquant à la porte qui lui fut ouverte par magie. Il entra et trouva le jeune prince avec Minerva installés dans les canapés.
- Tout s'est bien passé Severus ? Demanda Gabriel en l'invitant à venir s'asseoir.
- Oui. Ce vieux fou a eu votre réponse et il est resté... sans voix, dit-il avec un petit sourire amusé. Je suis parti rapidement ensuite. Mais je pense qu'il n'a pas perdu espoir pour les sorts posés sur la missive, remarqua-t-il en s'asseyant.
- Je n'en doute pas. Mais ces sorts ne deviennent opérationnels que sur le long terme alors il mettra longtemps avant de se rendre compte qu'ils n'ont pas été activés, répondit Gabriel.
- Puis-je vous demander quelle a été votre réponse ? Questionna Minerva avec curiosité.
Gabriel lui expliqua alors, amusant la dame s'imaginant l'air de surprise du directeur. Le jeune homme lui demanda ensuite comment cela se passait à Poudlard et elle lui expliqua alors. Il semblait que Abel était le plus heureux du monde et qu'il semblait particulièrement joyeux. Severus et Gabriel n'eurent pas besoin qu'on leur explique pourquoi. James entraînait son fils régulièrement et Lily tentait de lui faire comprendre comment il devait se comporter. Mais ça, ça paraissait impossible à faire aux yeux du trio. Pour que Abel apprenne à se faire diplomate, il faudrait qu'il perde la majeure partie de son arrogance et de son orgueil ou au minimum qu'il en prenne conscience et qu'il apprenne à les dissimuler. Il faudrait qu'il gagne en modestie et en empathie. Qu'il apprenne à comprendre les autres, qu'il fasse des concession, des efforts, qu'il sache donner pour recevoir, qu'il apprenne à négocier, à être patient... Enfin, tout un tas de chose qu'il n'avait pas et qu'il n'était pas prêt d'apprendre en un jour, surtout s'il ne changeait pas d'attitude.
De son côté, l'Ordre peaufinait aussi les derniers détails pour l'échange. Le vieux directeur semblait ravi de toute les réponses positives qu'il avait reçu. Depuis, il avait entretenu une correspondance avec les directeurs invités afin de discuter des derniers détails et il avait reçu confirmation que Nikolaï arriverait Mardi matin. Bryan Doll, le mage de combat dépêché pour la sécurité arrivait samedi et il aurait le temps de discuter avec lui. Maugrey, Tonks et Kingsley arrivaient officiellement en même temps que lui mais eux savaient déjà ce qu'ils avaient à faire. C'était avec joie qu'il avait découvert les listes des élèves venant des différentes écoles. Dans chacune d'entre elle, il s'agissait des meilleurs, d'après leurs directeurs. Et dans chacune, il avait repéré les noms d'héritiers des grandes familles ou d'enfant de politique. Cela ouvrait de grandes possibilités. Abel avait déjà des amis parmi les élèves de Beaubâton et avec de la chance, il s'en ferait dans les autres écoles. Sa célébrité attirait facilement les autres de toute manière.
Minerva expliqua comment on était en train de régler les derniers détails, tous semblant excités à l'idée de l'échange. Chaque professeur avait revu ses cours, enthousiastes et l'on préparait diverses animations pour les élèves. Ils en parlèrent longuement, Gabriel renseignant un peu plus les deux professeurs sur les élèves qui viendraient des trois écoles Myrdiaël. Il leur expliqua aussi de quel manière Mitsuaki, Bastet et Adrian avaient préparé les adolescents, ne leur cachant pas la dangerosité de la situation et l'aspect politique de l'invitation. Il leur apprit aussi que les élèves sélectionnés suivaient tous une formation de combat, certain par passion, envie ou précaution, d'autres comme projet professionnel et quelques uns pour toute ces raisons. Et les deux professeurs ne purent que louer cette franchise et cette prudence de la part des trois directeurs. Ce n'était pas comme certain. Parlant des élèves, les deux adultes furent un peu curieux de découvrir les amis du jeune prince, ainsi que son apprenti. Ils savaient tout deux qu'il en avait un mais ils ne savaient rien de lui.
Alors qu'ils discutaient de la manière dont-il faudrait gérer les choses à Poudlard, Gabriel sentit deux signatures magiques s'approcher de son bureau. Et il les reconnut parfaitement, se demandant cependant ce qu'ils faisaient là. Les deux professeurs remarquèrent rapidement qu'il ne faisait plus attention à eux, son unique œil vert posé sur la porte. Lorsqu'on y toqua, il l'ouvrit d'un geste de la main et c'est avec surprise que Severus et Minerva virent entrer Remus et Sirius.
- Rem', Siri, qu'est-ce que vous faîte là ? Demanda le prince en se levant.
- Bonjour Gabriel, salua l'animagus en venant le prendre délicatement dans ses bras.
- Bonjour, répondit-il en rendant le geste.
Ce fut ensuite Remus qui vint l'étreindre puis tout deux se tournèrent vers les professeurs :
- Severus, commença Sirius, Minerva. Ça faisait longtemps, sourit-il en regardant la dame.
- En effet. Je ne pensais pas vous voir aujourd'hui, remarqua-t-elle.
- Nous n'étions pas censé venir, répondit Remus en les saluant à son tour.
Gabriel se rassit et les deux hommes prirent place près de lui.
- Que venez vous faire ici ? Demanda le prince surpris.
- En faite, commença Sirius, nous sommes au courant pour l'échange.
- Et comment ? Questionna le jeune homme. Vous n'étiez pas censé être au courant ? Helena vous l'a dis ? Demanda-t-il même s'il savait que c'était peu probable.
- Elle nous l'a dis, répondit l'animagus l'air penaud, pas volontairement, ajouta-t-il.
- On l'a espionné, avoua Remus.
- Des restes de Maraudeur, souffla le jeune prince un peu amusé et pas vraiment étonné.
- Des restes ?! S'exclama Sirius. Comment ça des restes ?! Nous sommes des Maraudeurs ! S'exclama-t-il théâtralement.
Remus, Gabriel et Minerva rirent alors que Severus avait l'air agacé, faisant la grimace.
- Enfin bref, elle recevait des Vampires et des Elfes Noirs et la porte était entrouverte et... on n'a pas pu s'en empêcher, expliqua Sirius. Et on les a entendu parler de l'échange.
- Je vois, soupira Gabriel. Je gère la situation ne vous en faîte pas. Tout va bien se passer.
- Nous n'en doutons pas, répondit le Loup Garou en lui souriant doucement. Mais on aimerait être de la partie, dit-il en surprenant tout le monde.
- Je ne peux pas vous faire venir, dit le prince après une seconde de silence. Il y a trop de risques pour que l'on vous reconnaisse.
- Mais on peut quand même aider, intervint Sirius avec détermination. On pourrait aller avec cette unité que tu places dans la Forêt Interdite.
- Cette unité est là pour intervenir en cas d'attaque, remarqua Gabriel. Elle ne se montrera qu'en cas d'extrême nécessité. Et c'est dangereux.
- Mais on pourrait être utile ! Reprit Sirius. J'ai fait d'immense progrès comme mage de combat et Rem' a beaucoup étudier avec Helena. Il pourrait aider pour maintenir le calme avec les créatures magiques ! Argumenta-t-il. Et si cette unité doit intervenir ça veut dire que tu vas prendre les commandes et donc révéler qui tu es. Alors ce ne sera plus un problème que l'on nous voit avec toi et s'il le faut, on mettra des glamours.
- Si Dumbledore et compagnie vous voit avec moi, ils vont tout de suite comprendre qu'il y a anguille sous roche, répondit le prince.
- On n'est pas supposé savoir pour tout ce qu'il s'est passé, contra Sirius. Ils pensent que tu es mort et ils ne savent pas qui tu es vraiment. Au pire, ils vont croire que l'on sait que Harry est mort et qu'on s'est réfugié auprès des Myrdiaël.
- Et pour ça il aurait été évident que vous parliez de leurs écarts afin de prouver votre innocence. Ils sauront alors que nous avons au moins des doutes sur eux et qui sait ce qu'ils feront alors, posa Gabriel. Sans compter que si l'unité intervient, ça sera parce qu'il y aura une grosse attaque. Je ne veux pas vous mettre en danger. Il y en aura déjà bien assez comme ça, dit-il le ton plus bas.
Le silence retomba, tous sachant qu'il devait repenser aux pertes qu'il venait de subir, qu'il avait peur qui arrive malheur à d'autres. Il s'inquiétait déjà pour tout ceux qui seraient avec lui à Poudlard. Sirius sourit tristement, posant ensuite une main sur l'épaule de son filleul.
- Gabriel, on sait se défendre, rappela-t-il. Et nous voulons être avec toi et veiller sur toi, t'aider. Toi, tu fais déjà tout cela pour nous et tu veilles à tous nous garder en sécurité. Il est normal qu'on t'aide. Et nous en sommes capables, tu le sais. Quand au vieux fou et aux autres, tant que tu ne veux pas qu'ils nous voient, ils ne nous verront pas. On utilisera des glamours ou juste des capes ou autre chose. Comme tu veux, mais laisse nous venir s'il te plaît, demanda-t-il l'air un peu suppliant. On veut t'aider nous aussi. Rester sagement enfermé au manoir Edge, ce n'est pas pour nous. On connaît Poudlard, le domaine et les abords de la forêt par cœur, on pourra t'aider en cas de besoin et aider l'unité à se cacher tout en surveillant l'école au mieux.
Gabriel resta silencieux un moment et si d'un premier abord, il voulait refuser, n'y voyant que le danger pour les deux hommes qu'il aimait, il décida d'analyser la demande avec objectivité. Comme il avait l'habitude de le faire depuis qu'il était monté sur le trône. Parce qu'il ne pouvait pas se permettre de laisser ses émotions décider pour lui. Il devait les prendre en compte mais il n'y avait pas que ça. Il y pensa donc un instant.
C'était vrai, Sirius avait fait de très gros progrès depuis qu'il avait repris l'entraînement des mages de combats et il le pouvait nier qu'il était plus que bon et doué. Et ce, malgré une tendance à l'impulsivité et au rentre dedans. Mais c'était un Gryffondor non ? Oui, Sirius était un bon combattant et discipliné quand il le fallait. Il était assurément un élément de choix. Quand à Remus, il se défendait très bien lui aussi, surtout depuis qu'il avait appris à maîtriser son loup. Mais l'intérêt avec lui était ailleurs. Depuis qu'il était en Alaska, il étudiait les créatures magiques auprès d'Helena, profitant aussi de la réserve qu'elle dirigeait pour en apprendre d'avantage. Et il s'y connaissait maintenant. Son tempérament calme et médiateur arrivait à apaiser n'importe qui. Il serait assurément un avantage pour aider à gérer les tempéraments assurément explosifs des combattants d'espèces différentes qui seraient rassemblés. Il pourrait certainement gérer les querelles et les conflits. Tout deux connaissaient le terrain par cœur, ce qui était un avantage certain. Objectivement, il n'avait pas de raison de refuser. Il avait besoin de bons combattants et tout deux était assurément plus qu'utiles dans cette situation. Mais il rechignait à les mettre en danger, surtout après ce qu'il s'était passé récemment.
- Gabriel, intervint alors Remus en prenant sa main, s'il te plaît, pria-t-il. Nous aussi on s'inquiète pour toi. On aimerait ne pas être trop loin au cas où. Aujourd'hui, Sirius et moi, on a enfin les moyens d'être avec toi et de veiller sur toi. Pas comme quand..., dit-il sans terminer cette phrase que tous saisirent pourtant. S'il te plaît. On aimerait participer nous aussi.
Le jeune prince le regarda un instant, scrutant ses yeux définitivement dorés depuis qu'il s'était accordé avec le loup en lui. Il se tourna ensuite vers Sirius qui le suppliait du regard.
- D'accord, répondit-il finalement en recevant d'immenses sourires en réponse. Mais, vous obéirez au commandant sur place. Je ne veux pas vous voir sortir de la forêt sauf si je l'ai ordonné et ça veut dire : pas de vengeance intempestive, dit-il avec un regard lourd pour son parrain.
- Promis, assura celui-ci. J'attendrais que ce soit le bon moment pour ça mais dés que j'en aurais l'occasion...
- Je sais, mais il faudra attendre, répéta le jeune homme avec sérieux.
- On ne fera rien c'est promis, répéta Remus. Nikolaï s'en chargera pour nous, ricana-t-il en faisant sourire tout le monde.
- Vous resterez avec l'unité, bien caché, continua Gabriel. Et en cas d'attaque ou de sortie, vous porterez des capes ensorcelées qui dissimuleront vos identités, imposa-t-il.
- Très bien, ça nous va, répondit le loup.
- Vous avez encore la carte du Maraudeur ? Demanda le prince.
- Oui, approuva Sirius, mais elle n'a pas servi depuis des années.
Gabriel savait depuis longtemps qu'il l'avait. Son parrain lui en avait parlé il y avait longtemps. Sirius l'avait récupéré à la fin de leurs études et Remus l'avait récupéré sans vraiment faire attention quand il avait fui. À cette époque, il vivait avec Sirius et dans la précipitation, il avait emmené certaines de ses affaires avec lui, dont la carte. Et le jeune prince savait qu'il n'en n'existait pas d'autre. C'était une des premières choses qu'il avait vérifié lorsqu'il avait ouvert la Chambre du Peuple à Poudlard. Tout les systèmes de traçages tel que la carte ou autre, étaient forcément liés au château pour pouvoir y repérer tout le monde en permanence. Il pouvait donc les trouver alors qu'il pouvait contrôler la magie du château. C'était une des premières choses qu'il avait faite pour être sûr de ne pas être surveillé. Les sorts de repérages et d'espionnages, il pouvait les détecter mais il ne pouvait savoir s'il était surveillé par un objet tel que la carte du Maraudeur. Heureusement, Poudlard pouvait lui dire si c'était le cas ou non. Et en cherchant, il n'avait trouvé que la carte actuellement en possession de Sirius. Pour être sûr, il avait demandé aux deux hommes s'il était possible que James ait reproduit la carte, supposant qu'il devait en connaître les sorts pour l'avoir autrefois fait avec ses amis. C'était avec amusement que Sirius lui avait assuré qu'il n'y avait aucun risque. Ces sorts, James n'avait jamais su les mettre en œuvre, lui non plus d'ailleurs, et il avait avoué que la carte était une invention de Remus qui était le seul parmi les Maraudeur à maîtriser ces charmes et à les connaître entièrement.
- Tu veux qu'on te l'apporte ? Demanda le loup.
- Non, sourit Gabriel. Non, je n'ai pas besoin de carte. En revanche, j'aimerais que vous la preniez avec vous et que vous gardiez un œil dessus. Et si vous voyez un nom qui ne devrait pas être là, vous me préviendrez. Vous aurez certainement le temps de surveillez un peu les allés et venues pour moi. Je n'aurais pas le temps de me concentrer là dessus.
- On le fera, assura Sirius.
- Bon, dans ce cas, il ne me reste plus qu'à écrire un mot à Helena pour qu'elle vous explique tout et à Mikhaïl pour qu'il vous inclus dans l'unité, remarqua-t-il. Et je vais aussi prévenir Helena de la manière dont vous avez été mis au courant, dit-il en se levant pour aller s'asseoir à son bureau. Je n'aimerais pas que cela se reproduise.
- Gabriel ! Pitié non ! S'exclama Sirius en bondissant du fauteuil l'air paniqué. Pitié ! Dit-il en tombant à genoux devant le bureau et joignant les main en prière. Elle va nous tuer si tu lui dis qu'on l'a espionné ! Remarqua-t-il en faisant ricaner Severus.
En regardant Remus, on pouvait voir qu'il s'était tendu et qu'il avait un peu pâli :
- On est mort, bredouilla le loup.
- Pitié Gaby ! Redemanda Sirius. Tout mais pas ça ! Je ferais tout ce que tu veux ! Mais ne lui dis pas !
- Que de dignité, se moqua Severus alors que Minerva tentait de réprimer son rire.
Gabriel sourit avec amusement. C'était vrai que Helena était terrifiante lorsqu'elle était en colère, vraiment terrifiante et son fort caractère n'arrangeait rien. Elle n'était pas parvenue à mâter Sirius pour rien. Elle n'allait pas aimer du tout en apprenant ce qu'ils avaient fait et la punition promettait d'être monstrueuse.
- Il faut assumer ses actes Siri, répondit le jeune homme. Ça vous fera peut-être passer l'envie d'espionner de la sorte. Je ne veux pas que ça se reproduise et je suis sûr qu'Helena sera vous le faire comprendre, dit-il avec amusement.
- Dans ce cas : Adieu monde cruel ! Scanda-t-il en feignant de mourir en s'écrasant au sol de tout son long et en faisait rire son filleul.
À suivre...
Audragon
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Encore une fois, j'espère que ça vous a plu. Je prend un peu de temps pour vous faire une petite annonce cette fois-ci : le chapitre suivant sera consacré au couple Draco/Gabriel, je crois que ça vous plaira. Il s'intitulera « Preuve d'amour ». Et le chapitre qui suivra celui-ci sera le chapitre tant attendu du retour à Poudlard ! Je voulais vous le dire puisque je sais que vous n'attendez que ça vous tous depuis un moment. Le suspense va bientôt prendre fin ! J'ai presque fini ces deux chapitres alors j'essaierais de les publier dans les deux prochaines semaines. Voilà !
À bientôt ! Audragon.
