31) Énigmes
Harry fixa la créature qui se tenait devant lui. Il parvenait avec peine à voir ses contours dans l'ombre ambiante. Il faisait bien trop sombre pour que le Gryffondor l'identifie, et son environnement n'était pas non plus éclairé.
Tout à coup, la créature ouvrit la gueule et énonça d'une voix grave :
- Jeune champion, à compter de ce moment, la seconde tâche du tournoi des Trois Sorciers commence.
Comme un signal, un grondement assourdissant retentit, et un bruit continu résonna derrière Harry. Au bout d'une dizaine de seconde, il sentit ses pieds s'humidifier légèrement. Il se pencha, et s'aperçut que le sol était aqueux. La salle fermée se remplissait d'eau.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?! lança Harry, paniqué.
- Tu ne poses pas la bonne question, objecta avec patience l'autre être vivant de la pièce.
- Qu… Qu'est ce que vous êtes ?
L'animal acquiesça et dit :
- Mon être est simple, et pourtant énigmatique. Incompris, je n'en suis pas moins féroce. Mesure tes propos, car je peux vite réagir. Que suis-je ?
Harry roula des yeux et lança :
- Donc j'ai le choix entre mourir noyé et résoudre des énigmes ? Il y a un sérieux favoritisme envers les Serdaigles, il va falloir en discuter avec le professeur Flitwick !
- Tu peux toujours éviter de proposer une réponse, je te laisserais tranquille.
- Tu blagues ?! Je viens de dire que j'allais me noyer !
- Il vaut mieux mourir de son propre choix, philosopha l'animal.
- Il est où le choix ?! Dans ce satané tournoi on m'a forcé à participer alors que je n'ai pas l'âge légal !
La créature émit pour toute réponse un petit rire sardonique. Harry lui jeta un regard noir, puis se rappela de ce qu'Hermione avait dit.
- Les juges me mettent la pression avec un temps limité, reprit avec mesure Harry. C'est réussi, je dois dire. Il faut aussi réfléchir, résoudre des énigmes… J'ai pas de temps à perdre !
Il appliqua un conseil que son frère lui avait donné la veille et inspira puis expira profondément plusieurs fois de suite. Son pouls ralentit, sa tête s'éclaircit.
L'énoncé de l'énigme impliquait que la créature était féroce si l'on disait la mauvaise chose… Elle venait de lui proposer une énigme…
- Mais bien sûr ! Tu es un sphinx !
Leo grimaçait, et Alexandra s'emporta :
- MAIS C'EST PAS POSSIBLE D'ÊTRE AUSSI LENT À LA DÉTENTE !
- Fleur en est à sa quatrième énigme, rapporta Terry le regard voilé. "J'unis et divise avec mes voisines, je bloque le chemin de mes cousins. Pourtant, sans moi, aucun chemin n'existerait."
- Intéressante celle-là, murmura Luna. Une frontière ?
- Non, c'est pas logique avec la fin, dit Alexandra.
- Elle va passer à la suivante ! s'exclama Terry, mi impressionné, mi terrifié.
- La langue, répondit Fleur face à un sphinx aux yeux fuyants.
- T-Tu es sûre ? Je viens à peine de terminer d'énoncer…
- Les langues latines ont des points communs entre elles mais ont une écriture différente des langues asiatiques comme le japonais. De plus une langue unit les hommes. Tu viens de confirmer que j'avais raison. À la suivante !
L'eau lui arrivait déjà à la cheville, c'était inadmissible ! Elle ne doutait pas qu'elle allait gagner, mais elle était certaine que Cédric était sur ses talons. Si seulement ce satané sphinx pouvait accélérer la cadence…
Viktor Krum sauta sur le côté pour éviter le sphinx, qui poussa un rugissement glaçant.
Ses réflexes d'attrapeur lui servaient à survivre, mais l'eau parvenait peu à peu à incapaciter ses mouvements.
- TU AS OSÉ TE MOQUER DE MOI !
- C'est pas ma faute si j'ai un grrrrrrand accent ! se justifia plaintivement le Champion de Durmstrang.
- TA RÉPONSE ÉTAIT À CÔTÉ DE LA PLAQUE !
Les sphinx pouvaient se révéler très vulgaires quand ils sentaient qu'on insultait leur intelligence.
Karkaroff serra le poing tandis que ses élèves le fixaient avec crainte. Son élève favori était incapable d'utiliser son cerveau deux minutes. Désespérant, et ses collègues n'allaient sûrement pas manquer de le lui rappeler jusqu'à sa mort.
De l'autre côté du stade, les Poufsouffle éclatèrent de joie. Cédric, après un départ plutôt lent, en était à présent arrivé au même niveau que la championne de Beauxbâtons !
- "Je ne peux exister tant que le malheur perdure. Si on m'avait, le monde perdrait sa valeur", répéta Zacharias en fixant son Observus. Le bonheur ?
- Pas possible, réfléchit Justin. La deuxième partie de l'énoncé me fait penser que c'est quelque chose qui n'existe pas.
- Il faut trouver quelque chose qui n'existe pas, et qui, si je rephrase, ne peut coexister avec le malheur, poursuivit Hanna.
- J'ai trouvé ! s'écria Ernie.
- Ah bon ? s'intéressa Zacharias.
- …En fait non, s'excusa son voisin.
Au même moment, Cédric aspergea d'eau son visage puis secoua la tête. Il jeta un regard éclairé au sphinx et s'exclama :
- Une utopie ! C'est un monde sans malheur, parfait au possible… trop parfait.
La créature acquiesça lentement, puis un nouveau parchemin apparut devant elle. Aidée de ses griffes, elle saisit à nouveau son monocle, le tint devant ses yeux, et clama :
- Je conduis par ma présence, mais mon absence conduit à mon miroir empoisonné. Que suis-je ?
- C'est très vague tout ça, remarqua Cédric en grimaçant alors que le niveau de l'eau atteignait ses poches.
La question était vague, la réponse devait dans doute l'être aussi. C'était donc un concept… Ce concept était une source de motivation… Et son absence amenait, semblait-il, forcément à son contraire.
- Ce concept conduit qui…? réfléchit Cédric à haute voix. Probablement quelque chose de très général aussi… L'espèce humaine, peut-être… C'est positif… Ah !
Il regarda le sphinx avec un sourire victorieux.
- Arrrrrrrrête de me pourrrrrrsuivre ! J'ai donné la rrrrréponse !
- Redis-la, alors, JE N'AI RIEN ENTENDU AVEC TON ACCENT À LA NOIX !
- L'espoirrrrrrr, répondit Viktor. Je n'y peux rrrrrien si le brrrrruit du courrrrrant couvrrrrrre ma voix !
- TU ME CHERCHES SANS ME CONNAÎTRE, TU DOIS CEPENDANT TE RAPPELER QUE J'AI DES SŒURS ! QUE SUIS-JE ? enchaîna vivement la créature.
C'était une question à la fois stupide et maligne, le bulgare le sentait. Regardant avec crainte le sphinx, il dit la seule chose qui lui vint à l'esprit :
- La rrrrrréponse…?
- AH OUI ? ET POURQUOI ?
- Mais j'en sais rrrrrrrrien ! protesta Viktor, apeuré.
- Mon frère me l'avait posé, celle-la, affirma Harry avec le sourire.
- Vraiment ? s'étonna le sphinx en riant légèrement.
Harry acquiesça et expliqua :
- C'est la réponse. C'est ce que je cherches, mais il faut que je prenne en compte ses sœurs, autrement dit, les autres possibilités. Je pouvais aussi donner comme réponse le mot 'vérité', mais il y a trop de subjectif dans son explication.
- C'est bien, c'est bien, applaudit le sphinx avant de poursuivre. J'anéantis tout sur mon chemin, pourtant, une fois encore, je me prépare. Que suis-je ?
Harry haussa les sourcils et prends à haute voix :
- Qu'est ce que ça peut être comme animal…?
À ces mots, il entendit le sphinx faire tinter ses griffes contre le mur, comme s'il était contrarié. Ce n'était sûrement pas la bonne façon de procéder… Ce n'était pas un animal, alors ?
Il changea d'idée :
- Une chose suffisamment puissante pour faire des dégâts terribles, et qui 'une fois encore' va se produire… Donc ça s'est déjà produit avant et, c'est plus important, ça a été arrêté. Cette menace peut se produire à nouveau… Je ne vois pas ce que ça peut être…
Le sphinx lui envoya un regard surpris et, quelque part, déçu, avant de rire à nouveau :
- Mais si tu vas trouver ! On y croit, tu peux le faire !
Le Gryffondor fit un sourire d'excuse, puis se remit à réfléchir. Il allait bien finir par trouver…
Naos lorgnait son invention en fronçant les sourcils. Harry Potter s'était révélé plus doué qu'attendu, Cédric Diggory était redoutable, mais Viktor Krum était une frêle plaisanterie sur cette tâche-la. Il allait probablement avoir davantage de chance sur la prochaine épreuve, quand on considérait ce qu'elle était…
Fleur était un rapace fondant sur sa proie -ici, sur les énigmes- comme d'habitude, mais une fois encore sa place menaçait de descendre.
Mais la concentration la plus totale de Naos était dirigée vers une autre fenêtre de son Observus, qui avait accès à tous les appareils qu'il avait confectionné. Avec ça, il pouvait observer directement l'utilisateur.
Sur son écran, ce n'était pas n'importe qui. Leo Potter semblait concentré sur la tâche, faisant des têtes -Naos devait l'admettre- parfois comiques.
- Il a finalement trouvé la réponse, déclara Terry à coté.
Terry Boot. Bien sûr que Naos le connaissait, et depuis bien avant le bal de Noël. Almeda Boot était chef du service de blessures extrêmes, et son mari était à l'heure actuelle à Azkaban. Terry était un bon élève, mais les études n'étaient pas sa priorité selon les bulletins de fin d'année. "Élève intéressé, mais parfois peu investi" selon le professeur McGonagall.
- Je pense qu'on connait tous plus ou moins la réponse, murmura Alexandra.
Alexandra Trelawney, descendante de la célèbre Cassandra, fille d'Illiona, une chercheuse, et de feu Cassius Prewett, un lanceur d'alerte, était une fille singulière. Ses professeurs étaient à la fois consternés par son manque de tenue et fiers de ses talents. Ainsi, le professeur Flitwick disait d'elle qu'elle était "volontaire, affirmée, mais dissipée". Il ne fallait pas la prendre à la légère.
- Alors une guerre se prépare ? demanda Terry.
- Ça me semble inévitable, dit Luna.
Luna Lovegood était probablement la personne la plus mystérieuse du groupe. Sa mère était décédée à la suite d'une expérience, et son père dirigeait le Chicaneur. Pas de quoi se vanter. À part ça, pas grand chose. Bonne élève, " agréable mais souvent ailleurs " selon le professeur Lupin.
Leo attirait décidément les personnes étranges.
- J'espère juste qu'on sera majeurs quand la guerre débutera, qu'on puisse y faire quelque chose, marmonna Leo en fronçant les sourcils.
- Nos amis Gryffondor s'impliqueront sûrement en tout cas, relativisa Terry.
- C'est aussi ce qui m'inquiète… Mon frère a un don pas possible pour se fourrer dans des ennuis.
Un silence s'ensuivit, puis Luna commenta en riant :
- Tu commences à parler comme Seamus.
- C'est problématique ? demanda Leo avec étonnement.
- Non, non, ça montre que tu te décoinces, se moqua gentiment Alexandra. J'ai hâte que vous fassiez des bébés alcooliques avant même leur naissance !
- Pitié, pas de gosses chez moi. Je veux que ma future maison au milieu d'une clairière soit paisible et reposante.
- Tu devrais vraiment regarder une série Moldue, j'ai oublié le nom...
- Vous allez vivre comme des retraités avant l'heure, prophétisa Alexandra.
- Attention, Madame la Prêtresse a parlé, son mot est réalité, avertit Luna.
- Retourne à tes Nargoles, dit Leo.
Une vraie bande de tarés.
Naos roula des yeux et changea de fenêtre. Partout dans le stade, des élèves et professeurs semblaient déstabilisés, voire paniqués.
Seuls Leo et ses amis ne semblaient pas s'inquiéter tant que ça à propos de la guerre à venir. C'était plutôt déstabilisant. Ils devaient pourtant bien savoir que les sphinx avaient toujours raison. S'ils disaient qu'une guerre se préparait, alors c'était vrai.
Fleur fixait le sphinx, incrédule. Elle ne pouvait pas se résoudre à donner la réponse. Pourquoi une guerre se préparait-elle ? L'Angleterre allait sûrement être impliquée, mais avec qui d'autre ? La France ? La jeune adulte espérait vivement que ce ne soit pas le cas.
Peut-être était-ce un plan de Voldemort ? Fleur doutait qu'il soit vivant, pour elle il était de l'histoire passée, mais s'il y avait bien quelqu'un d'assez puissant pour déclencher une guerre, c'était ce mage noir. Pourtant, s'il était mort, il fallait bien quelqu'un d'autre pour le faire revivre…
Viktor était plaqué contre le mur, sous les griffes de la créature de l'enfer, qui le regardait avec avidité. Sa langue sortie, sa bave dégoulinant sur l'élève de Durmstrang, le sphinx était encore plus furax que tout à l'heure. Il déblatéra :
- JE SUIS SI FRUSTRÉ DE NE PAS POUVOIR TE TUER ICI ET MAINTENANT !
- Et p-pourrrrquoi pas…?
- DUMBLEDORE m'a PROMIS de nouvelles TERRES et je ne vais PAS LAISSER PASSER ÇA !
- Alorrrrs je ne vaux q-que des terrrrres ?!
- EXACT ! rugit le sphinx.
Tous les professeurs lancèrent un regard choqué vers le directeur, qui s'excusa avec le sourire :
- Il fallait bien quelque chose pour motiver ce sphinx particulier à venir. C'est tout de même plus intéressant que si on l'observait combattre un Boutefeu Chinois !
À ces mots, Tristram et Charlie le fusillèrent du regard pendant qu'Arterberry soupirait. Le vieux directeur ne se rendait clairement pas compte du travail nécessaire pour entraîner et faire voyager quatre dragons féroces, avant d'entendre dire qu'en fait non, on change totalement les épreuves, et de devoir les rapatrier dans leur habitat naturel.
Quand aux sphinx, les deux jeunes membres du RIDICUL en portaient encore les morsures. Les hippogriffes n'avaient pas été très durs à entraîner, mais en ce qui concernait la troisième Tâche…
C'était dément. Tout simplement dément. Ils avaient du s'entraîner pendant des mois sans relâche pour réussir, et c'était légèrement énervant de se dire que ça n'allait servir qu'une seule fois.
- Devait-il absolument y avoir des sphinx aux caractères extrêmes ? demanda Remus les sourcils froncés.
- Bien évidemment, affirma Dumbledore. Ça pimente l'épreuve.
- Espérons que d'autres incidents ne se produiront pas, dit Fudge.
Tous savaient à quoi il faisait référence. Il en avait été conclu que les Croupton s'étaient entretués, mais personne ne savait pourquoi. Tout le monde ignorait également comment le fils s'était échappé d'Azkaban. Sirius Black avait été interrogé puisqu'il avait été le premier à pouvoir s'échapper de la prison pour sorciers, mais il était vite apparu que les deux n'avaient pas utilisé la même méthode. Croupton Jr. n'était pas un Animagus, il avait forcément dû y avoir une intervention extérieure.
- Euphémisme ou littéralement parlant, je consolide et te suis nécessaire. Que suis-je ? annonça le sphinx en ôtant son monocle.
Cédric tremblait légèrement. L'eau atteignait à présent ses épaules, et elle n'était pas bouillante, bien au contraire.
Bon, encore une fois, ce devait être un concept… Le Poufsouffle jeta un nouveau regard à son poseur d'énigme, qui nettoyait consciencieusement ses verres et faisait frémir sa fausse moustache.
C'était particulièrement ridicule, mais Cédric n'avait pas la tête à ça. Une chose nécessaire qui consolidait… Était-ce lié à la question précédente ?
Il marmonna sans vraiment y penser :
- De la colle...?
La moustache arrêta de frémir, le monocle luit. Le sphinx lança d'une voix hautaine et menaçante :
- Ce n'est pas ta réponse, j'espère…
- N-Non, bien sûr que non ! répondit Cédric avec un petit rire nerveux.
La créature rentra ses griffes et acquiesça silencieusement.
C'était un concept, pas un simple objet comme de la colle. C'était peut être lié à la guerre qui s'annonçait, une solution à ce problème ?
Puis la réponse parut enfin à son esprit :
- L'union ! soumit Cédric en se frappant le front.
- Précisément, acquiesça le sphinx. Maintenant, remonte.
- Comment ça…?
Sans signal, le plafond de la pièce se détacha, et l'espace se retrouva soudainement englouti. Autour de lui, il n'y avait que de l'eau. Toujours stupéfait, Cédric s'appliqua le sortilège de Têtenbulle et se propulsa à l'aide du sol.
Sur les écrans, l'image s'éloignait des participants pour révéler que tout se passait depuis le début dans le lac de Poudlard. De nombreuses exclamations s'élevèrent dans le stade, et Leo devait avouer qu'il s'y était laissé prendre. Naos avait fait un travail remarquable pour cacher ce côté-la de l'épreuve.
À présent, presque tous les candidats avaient ouvert leur boîte, sauf Krum qui avait été disqualifié. Cédric Diggory avait une bulle d'air autour de sa tête, ce qui lui permettrait de nager sans souci. Harry tentait vainement de nager, il faisait peine à voir. Quand à Fleur…
- Mais qu'est-ce qu'elle fait…? murmura Naos pour lui-même.
Sa camarade semblait concentrée, plus qu'à la normale. Elle agitait sa baguette et prononçait des paroles, sans sembler se soucier du fait d'être submergée par l'eau. Elle avait probablement déjà prévu le coup avec une rune.
Au centre du lac, une petite sphère apparut. De couleur jaune, sa taille augmentait à vue d'œil. Quand la boule atteignit la taille de Fleur, Naos dézooma, impressionné, mais ce n'était pas utile -le public s'était déjà tourné vers le lac. La sphère continuait d'augmenter, et en même temps, le niveau de l'eau baissait.
Lorsque l'éponge dépassa du lac, le public sembla comprendre, et de nouveaux cris d'exclamation retentirent.
Le plan de Fleur était simple : éponger toute l'eau du lac pour surprendre ses concurrents et rendre hors d'état de nuire les êtres de l'eau comme les sirènes.
Et ça fonctionnait diablement bien !
Le niveau du lac était presque totalement réduit, et la championne de Beauxbâtons ne perdit pas de temps pour agir.
Le bord du lac était la zone d'arrivée. Il fallait traverser toute la longueur du lac pour y arriver. Fleur invoqua un poteau non loin de l'arrivée, et lança :
- Carpe Retractum !
Elle fut aussitôt attirée au poteau, et se rua vers le bord. Il lui restait tout au plus une dizaine de mètres, ce n'était qu'une question de t-
Un claquement retentit, et Fleur tomba à terre. Quelqu'un la dépassa, et presque au même moment, un cor de chasse se fit entendre. L'épreuve était finie.
Harry, Fleur, Krum, et Cédric se tenaient au milieu du terrain de Quidditch. Les juges avaient mis peu de temps pour délibérer, les résultats étaient sans appel.
- Malgré sa disqualification malheureuse, M. Krum est parvenu à obtenir 30 points suite à sa persévérance. Il s'est défendu avec honneur, et, heu… C'était très divertissant.
Harry jeta un regard amusé au bulgare, qui avait l'air au bord de la crise de nerfs. Il s'était bien débrouillé à la première tâche, mais ça n'avait pas été suffisant pour s'assurer la première place globale. Il avait à présent un total de 100 points tout ronds.
Dumbledore reprit :
- Pour son efficacité aux énigmes malgré quelques petites lenteurs, M. Potter obtient 60 points.
Harry était surpris d'avoir obtenu autant de points. Son sphinx avait plus d'une fois laissé entendre qu'il n'avait pas un bon raisonnement, sans ça il n'aurait jamais pu avoir sa place de troisième. Harry avait à présent 140 points !
- En deuxième place, Mlle Delacour et ses 90 points, acquis grâce à son véritable tempérament de champion. Elle a toutefois intentionnellement mis en danger la vie des êtres de l'eau, une réitération entraînera une disqualification instantanée.
Fleur avait à présent 150 points, à peine dix de plus qu'Harry. Elle enrageait, et Harry la comprenait sans peine. La victoire lui avait échappé des doigts au tout dernier moment !
Le vainqueur était à présent évident :
- Quand à M. Diggory, ses 95 points et sa première place récompensent ses solutions simples et élégante pour traverser le lac, et il a également été d'une rapidité certaine pour résoudre les énigmes.
Des applaudissements retentirent, et Harry sourit. Cédric avait un total de 180 points à présent. Il était premier au classement. Dumbledore termina :
- Vous serez informé en temps et en heure au sujet de la troisième Tâche. Pour l'heure, détendez-vous et fêtez votre performance respectable avec vos amis.
Les gradins commencèrent à se vider, et les employés du Ministère partirent -ils n'avaient pas le temps de féliciter personnellement les champions. Mais alors qu'Harry allait rejoindre, il fut rejoint par son frère, qui avait l'air contrarié. Il lança :
- Harry, il faut que je te dise deux mots.
Derrière, Seamus leur lançait un regard inquiet.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna Harry. Tu romps avec Seamus ?
- Non, surtout pas, dit Leo d'une voix altérée. Tu dois absolument savoir que… Voldemort est plus proche de toi que tu ne le crois.
- Comment ça ?
- Fais… Fais sérieusement attention à toi. Méfie-toi de…
- Verpey ?
- …C'est ça. Évite-le comme la peste.
Et il partit retrouver Seamus, tandis qu'Harry était stupéfait. Que s'était-il passé pour que Leo ait l'air aussi stressé ?
- Bon, je te laisse, murmura Seamus.
- Bonne nuit mon petit Gryffondor.
- Bonne nuit mon merveilleux Serdaigle.
Ils s'échangèrent un baiser, puis Seamus donna le mot de passe à la Grosse Dame et rentra dans sa salle commune. À cette heure tardive, il n'y avait jamais grand monde. Pourtant, une personne s'y trouvait. Seamus balbutia :
- Qu'est-ce que tu fais là ?
L'autre répondit dans un anglais presque parfait :
- Je dois te parler.
- De quoi ?
- De ton chéri, asséna Naos.
La suite de ses paroles stupéfia Seamus, et il nia de la tête :
- Je ne peux pas lui faire ça.
- Bien sûr que tu peux.
- Absolument pas.
- C'est toi qui voit, mais tu devrais te dépêcher de le faire. Plus tu prendras ton temps, plus ça sera douloureux.
Le Gryffondor regarda le Grec, les sourcils froncés, puis monta sans un mot dans son dortoir.
J'espère que vous avez apprécié le chapitre, j'ai laissé des indices, saurez-vous les trouver ? Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à commenter et à mettre l'histoire dans vos favoris, merci à ceux qui le font, et on se retrouve samedi prochain pour le Chapitre 32, Gallion !
