Coucou à toutes! Comme promis, j'ai essayé de poster le chapitre 35 au plus vite. Vous avez vu je suis une bonne fille. Je mérite un susucre! D'autant qu'il a été particulièrement malaisé de l'écrire celui-ci. J'ai un sentiment de gros raté, mais vous me direz... Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture!

C'est moi: Merci pour tes perpétuels encouragements. j'espère que la suite te plaira et renforcera ta fidélité! ^^

Calimanga: J'aime quand tu me parles comme ça! Redis-moi des mots suaves! Rrrr... Merci beaucoup pour ta review, elle me fait très plaisir et j'espère que la suite te plaira aussi.

Zign: La suite est viendue! J'espère qu'elle te plaira ma belle.

Un énorme merci pour tous vos commentaires qui me font toujours chaud au coeur. J'ai répondu à tout le monde je pense mais n'hésitez pas à me lancer des pierres si tel n'a pas été le cas. Bonne lecture!

Chapitre 35 : La fin justifie les moyens

- Ce coup-ci, si Drago se fait prendre, le Directeur ne lui passera jamais un truc aussi gros !

Il interrompt son mouvement au moment où la voix de Nott parvient à ses oreilles. Qu'est-ce que ce gosse pourri gâté à encore inventé pour s'attirer des problèmes ? Parfois, il a l'impression que le gamin suffisant s'est lancé dans une compétition avec Potter pour déterminer lequel des deux parviendrait à le faire exécuter en premier…

- Si le fils de Lucius se fait attraper, le tien aussi sera renvoyé, lui répond un autre mangemort.

- Qu'est-ce que tu sous-entends ?

La voix de Nott s'est faite menaçante.

- Drago est revanchard mais pas fou. Il s'est entouré de toute la fine équipe pour l'occasion. Il en veut tellement à son père de l'avoir bridé le soir de son anniversaire, alors il a fait en sorte de rameuter du monde. Tu n'étais pas au courant que ton fils faisait partie de l'expédition ?

Le timbre est railleur. Sa gorge se serre.

- On n'entretient pas les meilleurs rapports en ce moment, se renfrogne le mangemort. Et donc ?

- Donc, dans l'hypothèse où ça capoterait, il a su couvrir ses arrières : il ne serait pas le seul à être renvoyé et Lucius aurait fatalement les parents de tous les autres sur le dos. Dans un cas comme dans l'autre, que ça marche ou que ça foire, il s'est assuré de pouvoir se venger d'elle et surtout de son père !

Ils ne peuvent quand même pas être en train de parler de ce à quoi il pense ?

- Quel gamin ingrat ! crache Nott manifestement plus inquiet pour le sort de sa progéniture que pour l'affront que Draco fait subir à son père. Lucius n'est pas au courant j'imagine ?

- Je crois pas. Mais c'est pas plus mal. S'il avait su, il y a de fortes chances pour qu'il ait fait en sorte de l'en dissuader. Rappelle-toi !

- Parce que c'est la boniche de Severus ? hasarde Nott.

Il sent son sang se glacer dans ses veines. Son regard toujours fixé sur la porte, il tente tant bien que mal de conserver son calme. Il doit garder les idées claires jusqu'à ce qu'il sache de quoi il en retourne réellement.

- Tu ne penses pas qu'elle est interchangeable ? continue le mangemort.

- Tu ne réfléchis pas beaucoup, lâche l'autre sans cacher le sarcasme dans sa voix. Pourquoi penses-tu qu'elle a intégré Poudlard cette année ? Tu crois vraiment que Severus se serait donné la peine de la faire suivre alors qu'il aurait pu se contenter de continuer à l'utiliser tout en la soustrayant à la vue du vieux ?

- … euh…

- Ce que tu es lent ! Dumbledore savait pour elle. D'une manière ou d'une autre, il a appris que Severus avait pris cette fille à son service et c'est certainement lui qui a insisté pour qu'elle intègre le collège. Ca ne t'aurait pas semblé suspect si ton agent, mangemort repenti de surcroit, avait sorti une jeune sang de bourbe de Salazar sait où pour entretenir sa… maison ?

Merlin, ce type a eu l'air de réfléchir à la situation. Trop d'ailleurs.

Il savait bien que Drago ne pourrait pas rester en place. Pas après l'humiliation qu'il avait subie devant la moitié de la communauté sorcière de sang pur. Il va devoir redoubler de vigilance et s'assurer qu'elle ne soit jamais seule.

- Dumbledore cherche sûrement à garder Severus à l'œil. Au cas où…

- Ce serait parce que c'est la bonne de Severus que Lucius a empêché son fils de nous la laisser ?

Le sorcier tapi dans l'obscurité ne peut empêcher une sensation de nausée de malmener son estomac alors qu'il imagine ce porc bavant grassement au-dessus d'elle, ses doigts épais s'enfonçant dans sa chair tandis qu'il en abuserait.

- Quelle importance pour lui ? continue la voix déplaisante. C'est Severus qui aurait payé les pots cassés auprès du vieux fou si quelque chose lui était arrivé.

- Et qui crois-tu qui aurait trinqué auprès du Seigneur des Ténèbres si sa couverture avait sauté pour une broutille de ce genre ?

Il entend le crissement caractéristique de ses propres mâchoires qui se resserrent. Il ne pensait pas que parmi les sous-fifres du Seigneur des Ténèbres, certaines se posent autant de questions sur son compte… ni sur celui de cette fille.

- Mais ce coup-ci, fait remarquer Nott, Dumbledore ne pourra rien reprocher à Severus. S'il l'a mis au courant du rassemblement de ce soir, il sait qu'il ne peut s'y soustraire.

Il sent tous ses membres s'engourdir brusquement tandis que l'information s'insinue dans ses veines comme un venin glacé : ce soir… ce soir !

- C'est justement pour ça que Drago ne pourrait avoir de meilleure opportunité. S'il se débrouille bien, il fera d'une pierre deux coups : non seulement il va lui donner une leçon que cette putain n'est pas prête d'oublier mais en plus il délivrera Severus d'un fardeau encombrant maintenant que le vieux sénile a mis son nez dans ses affaires.

C'est comme si un géant de glace venait de décharger son souffle gelé sur son cerveau. Figé sur l'idée fixe que les plans de Drago vont être mis à exécution cette nuit, il éprouve le plus grand mal à réfléchir de façon rationnelle.

Bon sang ! Il doit se calmer et se concentrer sur un moyen de s'éclipser sans attirer les soupçons. Il ne peut pas les quitter trop rapidement. Si cet homme a eu la présence d'esprit de remonter le fil du raisonnement en sens inverse, même s'il est arrivé aux conclusions escomptées, rien n'interdit de penser qu'il serait capable d'établir un lien entre la conversation qu'il vient d'avoir avec Nott et sa soudaine disparition… De la même façon, il ne peut pas non plus quitter son refuge alors qu'ils viennent seulement de terminer leur discussion à ce sujet. Les soupçons quant au fait qu'il aurait pu entendre leur échange seraient trop évidents. Il ne peut pas non plus se permettre le luxe de trop attendre. Merlin sait si ce petit avorton n'a pas déjà commencé à la traquer.

Il attend une bonne minute après qu'ils se soient tus en se maudissant de ne pas avoir suivi les instructions du Directeur… il aurait dû obéir à Dumbledore et l'obliger à participer à ce fichu bal ! A défaut d'y être à son aise, elle aurait au moins été en sécurité. Il patiente encore quelques secondes d'éternité avant de pointer sa baguette sur un container de métal qu'il ébranle magiquement pour manifester sa présence. Un instant plus tard, il a franchi la porte cochère. Les deux sorciers se sont déjà éloignés et ont rejoint le trio Lucius, Bellatrix et Carrow dont il s'aperçoit qu'il commence à perdre patience. Egal à lui-même, il avance en direction du groupe et adresse à la femme aux allures d'évadée de l'asile son regard le plus noir.

- Merci de te tenir tranquille à l'avenir, siffle-t-il à son attention comme s'il revenait tout juste du champ de ruines qu'elle avait créé de ses mains.

Il doit donner le change. Il est primordial que personne n'esquisse le moindre doute. Alors, même si tous ses sens sont en alerte, tournés vers la moindre échappatoire que la situation lui offrirait, il continue d'agir comme s'il ne savait rien.

Bellatrix le gratifie d'un reniflement méprisant avant de lui tourner le dos et de partir devant. Les obsidiennes rivées sur les boucles folles qui s'agitent sous le vent d'octobre, il sent une boule se former dans son œsophage. Il manque de temps. Il faut qu'il trouve le moyen de s'éclipser au plus vite et il manque de temps !

Il n'a pas le choix. Malgré les prescriptions de Dumbledore, il va devoir faire capoter quelque chose et vite ! Même si cela n'implique pas l'intervention de hordes de mages blancs, il doit faire en sorte qu'un évènement imprévu survienne et de préférence, qu'un de ses pairs en assume la responsabilité. Utiliser l'imperium sur l'un d'entre eux devant les autres est trop dangereux. Chacun a pratiqué trop de fois les sortilèges impardonnables pour qu'en user passe inaperçu. Si seulement Merlin avait pu créer un charme d'ubiquité !

C'est ça ! C'est exactement ce qu'il lui fallait ! Arriver à dissimuler son absence pendant un laps de temps déterminé pour parvenir à disparaitre durant quelques dizaines de minutes sans que cela ne paraisse suspect.

- Amycius, Nott, Lucius, Bellatrix… Dwight, appelle-t-il.

Tous se retournent, y compris l'homme dont il n'était pas sûr du nom… celui qui semble un peu trop intéressé par sa situation actuelle.

- Dépêche-toi, intime Bellatrix de mauvaise grâce. Il nous reste peu de temps.

Il lui accorde un regard bref et détaché avant de reporter son attention sur l'assemblée.

- Précisément. On va se séparer pour couvrir le maximum de terrain. Après l'effervescence que tu as provoquée, nous avons au maximum une heure avant que les voitures de police ne commencent à affluer. Nous allons faire des groupes de deux et…

La sorcière se rembrunit.

- Pourquoi ne pas carrément tous se séparer dans ce cas ? interroge-t-elle suspicieuse.

Officieusement, parce qu'il a besoin que quelqu'un puisse témoigner qu'il est bien resté avec eux en cas de besoin, officiellement…

- Parce que je n'ai pas besoin d'un nouvel esclandre !

D'ailleurs son équipière de besogne est toute désignée.

- C'est toi qui va m'accompagner.

- Pas question que tu me surveilles, je fais cavalier seul.

- Maintenant ça suffit !

Le ton a été haussé mais il n'est pas l'auteur de l'injonction. Lucius s'avance vers elle, l'air menaçant.

- Severus a raison. Le Seigneur des Ténèbres a été très clair quant au fait que nous ne devions nous faire voir que des enfants et que jamais personne ne devait être capable de voir nos visages. Tu es incontrôlable et il est hors de question que nous assumions tous les risques de ton comportement irréfléchi.

Le soutien est inespéré. Le fait que Lucius abonde en son sens accrédite sa démarche à un autre niveau. La folie de la sorcière justifie amplement la prise de décision. Elle constituera pour lui un alibi d'autant plus parfait que personne ici présent n'aura de scrupule à retenir à son encontre tout évènement qui pourrait se dérouler de façon imprévue au sein du binôme. Sans compter qu'elle est la plus apte à remettre en question ses plans s'il ne la garde pas sous sa surveillance durant le temps où ils officieront ensemble.

- Est-ce que quelqu'un d'autre y voit une objection ? entonne-t-il en balayant le petit groupe du regard.

Personne ne semble s'opposer aux deux mangemorts de tête.

- Lucius, je te laisse choisir avec qui tu patrouilleras. Les deux autres formeront le dernier groupe. Dans une heure, rendez-vous ici même.

Les trois groupes se sont séparés depuis une dizaine de minutes durant lesquelles il n'a fait qu'observer le mangemort qui l'accompagne procéder à ses sévices favoris. Alors qu'elle lance pour la troisième fois un doloris dans le dos d'un garçonnet qui s'écroule dans une flaque de boue avant d'être parvenu à s'enfuir, il tente de faire fonctionner ses neurones au plus vite. Il a réussi à s'isoler avec elle pour que la situation soit plus simple à gérer mais cela suppose qu'il soit apte à arrêter le temps pour elle pendant une durée suffisamment courte de sorte qu'il puisse agir sans qu'elle ne s'aperçoive de son absence. Restera alors à expliquer la rapidité avec laquelle le temps se sera écoulé sans qu'elle n'ait eu l'occasion de sévir.

L'immobiliser ne semble pas être la bonne solution. S'il ne peut introduire en elle des souvenirs factices de ses propres actes, il devra s'arranger pour que le chantier qu'elle trouvera à son réveil soit crédible à ses yeux. Si les autres sont faciles à berner, il y a fort à parier que le Seigneur des Ténèbres soit une oreille attentive aux propos absurdes qu'elle pourrait tenir.

Dans le doute, il préfère ne pas tenter la chance… Absorbé dans ses pensées, il observe la sorcière enjamber le petit corps rampant d'un jeune garçon d'une dizaine d'années et s'accroupir sur lui. Tout en maintenant sa tête enfoncée dans la terre battue, elle tire de sa jupe un petit poignard qu'elle plante dans la main de l'enfant. Epinglé au sol comme un lapin sur une planche de dissection, il laisse échapper un hurlement à fendre les tympans. Le sourire qu'il tire à la femme penché au-dessus de son oreille lui soulève le cœur. La lueur dans les yeux fous lui rappelle Berlin il y a dix ans. Cette fois où elle a à ce point perdu le contrôle que lorsque la horde a réussi à lui mettre la main dessus, elle se trouvait au centre d'un charnier digne des plus grands films d'horreur, dans un état de transe à peine imaginable.

Un courant glacé remonte le long de son œsophage alors qu'il réalise qu'il tient la solution à son problème.

La leçon qu'elle a reçu du Seigneur des Ténèbres après ce débordement inconsidéré l'a jusqu'alors maintenue sur le fil sans basculer de l'autre côté. Mais s'il ne serait pas nécessairement compliqué de la pousser à retomber dans ses pires travers, la contrôler serait alors moins aisé. Non, ce n'est pas comme s'il avait besoin d'en arriver là, il doit simplement s'assurer qu'elle-même soit convaincue d'avoir perdu tout contrôle. Dès lors, ce n'est pas tant le caractère déséquilibré de sa santé mentale que la crédibilité de l'étendue des dégâts qui pose problème. Il pourrait la mettre sous imperium… mais maintenir sa cible sous contrôle alors même qu'il se rendrait à Poudlard n'est pas envisageable. Et puis, il ne peut pas se permettre le luxe de perdre du temps à ce que le sortilège prenne totalement possession de l'esprit dérangé, et par là même, imprévisible de Bellatrix.

Il sent sa mâchoire se contracter et déglutit péniblement tandis que l'issue de son raisonnement se dessine aussi fatalement que clairement. Il va devoir opérer lui-même tandis qu'il la tiendra en retrait par un sort d'entrave.

- Immobilis confundus, récite-t-il d'une voix absente.

Le rire fou s'évanouit, la sorcière s'immobilise sur sa victime sanglotante, figée dans l'action, les yeux ouverts, éveillée mais inconsciente de ce qui se déroule autour d'elle.

- Avada Kedavra, lance-t-il d'une voix d'outre-tombe et les pleurs se taisent, la tête blonde retombe sur le sol dans un son mat.

Maintenant qu'il a mis un terme aux souffrances du gamin déjà condamné, le carnage digne de Bellatrix Lestrange peut commencer.

- Membratim discindo !

Il fixe ses yeux vides sur la basket gauche de l'enfant qui tire son pied loin du reste de son corps dans un bruit de déchirure à vomir.

Merlin ! Il ne lui pardonnera jamais de l'avoir contraint à ça…

En moins de cinq minutes, il a changé le petit chemin de terre paisible en tableau sanguinolent. Haletant, il lance un dernier regard à Bellatrix afin de vérifier qu'elle est encore soumise au sortilège. Bien qu'ils soient relativement isolés, il ne préfère pas prendre le risque que quelqu'un ne la découvre figée dans cette posture, sorcier comme moldu. En quelques secondes, il a dressé autour d'eux plusieurs charmes d'invisibilité destinés à dissimuler les quelques mètres carrés de boucherie à la vue des éventuels passants. Il ne s'attarde pas à examiner davantage les restes éparpillés de l'enfant qu'il vient de démembrer et transplane directement dans son bureau à Poudlard. S'il pervient à trouver le sommeil après ça, sa conscience se chargera d'ajouter un fantôme supplémentaire à ses rêves déjà surpeuplés.

L'atterrissage est rude et il manque de trébucher. Se retenant in extremis au bureau d'ébène, ses yeux se posent un instant sur ses mains pâles. Elles tremblent. Essayant vainement de reprendre ses esprits, il lutte contre le ballet chaotique des voix qui abondent incessamment dans son esprit. Il exhale un souffle incertain et tente de retrouver une respiration normale. Il doit garder à l'esprit que le sort du garçon était déjà scellé, qu'en dépit des traitements qu'il a infligés à son corps, il l'a probablement soustrait à une mort aussi lente que douloureuse.

« Tu te cherches encore des excuses ! »

- La ferme ! hurle-t-il en éparpillant rageusement les copies soigneusement classées sur son bureau tout autour de lui.

Il n'a pas eu le choix ! Il devait agir et agir vite. Il n'a fait que précipiter les choses en anticipant le destin inéluctable du gamin. Il n'avait pas d'autre alternative.

Alors que l'urgence de la situation lui revient en mémoire, il fait volte-face et se dirige à grandes enjambées vers l'ancienne bibliothèque. D'un mouvement brusque il pousse la porte qui claque bruyamment contre les pierres grises. Son lit est vide et elle n'est nulle part dans la pièce.

L'étau qui comprimait sa trachée se resserre.

Sans perdre une seconde, il s'élance dans les couloirs sombres et emprunte les escaliers qui l'emmèneront vers le hall d'entrée qui jouxte la grande salle, sans prendre la peine de s'y arrêter. Le temps presse et il sait d'instinct qu'elle n'y sera pas. Ses foulées rapides l'entrainent vers la bibliothèque.

Plus il avance, plus le pressentiment qui l'a envahi en passant les portes de la salle de lecture s'intensifie. Dans la pénombre il entend un craquement. Il retient son souffle et fait ses pas plus légers à mesure qu'il progresse. Bientôt, une faible lumière vient éclairer les étagères sur sa gauche, projetant plusieurs silhouettes qui se découpent contre le mur opposé. Des bruits d'étoffes qu'on froisse suivi d'un grognement confirment ses craintes.

Tapi derrière une haute étagère, il s'approche au plus près de la source de cette agitation étouffée. Il ne peut s'avancer davantage sans risquer de se faire voir et le son caractéristique de la mise en œuvre du charme de désillusion trahirait sa présence dans ce silence à tailler au couteau. Les battements effrénés de son propre cœur assourdissent sa capacité à réfléchir.

Le bruit sourd de quelque chose qui cogne contre le bois le sort de sa réflexion. Dans son champ de vision apparait la silhouette imposante de Vincent Crabbe, affalée sous la pile de livres qui ont chu lorsqu'il s'est écroulé contre leur support. Le visage masqué, il se redresse difficilement en se massant douloureusement l'arrière du crâne… le pantalon sur les chevilles !

Bon sang !

L'air qu'il inspire se glace dans ses poumons. Son cerveau fonctionne à toute vitesse alors que la voix de Drago Malefoy s'élève distinctement.

- Tiens-la correctement espèce d'empoté !

Il n'est pas censé être là. Personne ne doit le voir. Il ne peut pas se montrer mais il doit pourtant faire quelque chose. Le Directeur est dans la salle de bal et il ne peut courir le risque de s'y rendre sans être vu. Le polynectar serait une option… si le temps ne pressait pas à ce point qu'il n'ait pas une seconde à perdre à retourner aux cachots, et même s'il mandatait Zini afin de lui rapporter le précieux breuvage, il lui resterait à mettre la main sur un cheveux appartenant à un membre du personnel du château… en tablant sur l'éventualité que ce quelqu'un ne soit pas simultanément dans la grande salle… Par Salazar, c'est inextricable ! Il ne peut pas croire qu'il a fait tout ce qu'il a fait pour assister impuissant à… ça !

- Voilà, comme ça. Ne la lâche plus ! C'est peut-être la seule fois que tu auras l'occasion de tremper ton gnome au poivre dans quelque chose qui se rapproche d'une femme, ricane la voix désagréable.

Il ne peut pas voir l'expression qu'affiche le faciès jouflu mais imagine aisément la vexation qui teinte ses oreilles d'un rouge vif.

- Pourquoi ne le fais-tu pas toi-même ? interroge quelqu'un d'autre qu'il reconnait comme étant le fils de Nott. Je pensais que tu serais content de t'en charger toi-même après ce qu'elle t'a f…

- Tais-toi ! le coupe sèchement la voix de Malefoy junior. Je ne veux pas mêler mon sang à… ça ! termine-t-il avec dégout.

Plutôt que la répulsion c'est la crainte que quelque trace de lui ne soit trouvée sur elle qui le freine. Evidemment, il n'est pas question de le mentionner devant ses petits camarades, sinon qui serait encore volontaire pour accomplir la besogne à sa place ? Il devine à la brusque interruption que les faits qui allaient être relatés ne doivent pas l'être devant elle. Il est presque certain qu'ils ont tous préservé l'anonymat derrière leurs masques d'Halloween et si leur prisonnière n'est certainement pas dupe quant à l'identité de ses agresseurs, le fait de ne pas voir leurs visages ni d'entendre prononcer le nom de l'un d'eux rendra plus difficile la preuve de leur identification.

Diablement Serpentard ! Drago est bien le fils de son père.

- Bordel ! Tu ne veux pas lui lancer un sort d'entrave en plus ? couine Crabbe en tirant violemment sur une jambe qu'il devine être la « sienne » au regard de la bottine qui l'habille. L'empêcher de crier c'est bien mais si tu pouvais aussi l'empêcher de frapper !

- C'est juste une fille ! On immobilise déjà ses bras tu devrais pouvoir t'en sortir pour le reste, se moque Zabini.

Merlin ! Combien sont-ils ?

Il lutte autant que faire se peut contre la paralysie de ses neurones. Il faudrait que quelqu'un soit amené à passer par là afin de les faire à tout le moins fuir.

L'évidence le frappe alors. Peu importe s'ils l'entendent, il n'a plus le temps d'attendre.

- Zini, appelle-t-il à voix si basse que le nom de l'elfe de maison se fond dans les sifflements du vent à travers les pierres mal solidarisées du château.

Alors que la petite créature apparait devant lui dans un pop sonore, il aperçoit la culotte de la jeune femme serrée dans le poing gras et victorieux de Crabbe.

Verdict?