Bonsoir à vous!
Etant donné qu'il est assez tard et que j'ai eu une journée un peu chargée, je ne ferai pas de présentation personnalisée pour cette fois:)
Je vous souhaite une bonne lecture!
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36. Violation de rêve
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Bellatrix tenta de retarder autant que possible le moment fatal du réveil. Le rêve qu'elle avait convoité durant des années était venu se loger dans son lit cette nuit et elle l'avait attrapé à pleines mains, bien décidée à ne pas le laisser partir ; elle avait toutefois fermé les yeux sur le probable caractère trompeur de ce rêve, trop effrayée à l'idée d'encaisser une déception. La réalité vint frapper de plein de fouet ses paupières ensommeillées qui clignèrent, gênées par la lumière du jour. Allongée sur le dos, elle réalisa avec surprise en pivotant légèrement la nuque que son visage reposait sur une épaule. Les soubresauts de sa poitrine gagnèrent en vivacité lorsqu'elle détailla le profil de l'homme qui lui servait de support : très peu mobile, sa respiration était si peu perceptible qu'il paraissait ne pas dormir. Ses traits cruels, si charismatiques, étaient également figés. Ses cheveux d'un noir de jais présent sur son crâne un peu dégarni reposaient sur son oreiller.
« Maître, pensa-t-elle avec un tressaillement de joie au niveau du ventre. N'était-ce donc pas un rêve ? Êtes-vous vraiment venu à moi ? Est-ce vraiment votre étreinte et vos baisers qui m'ont appartenu ? ». Son doigt tremblant se rapprocha du front noble de Lord Voldemort, comme pour s'assurer qu'il soit bien matériel, et sa peau entra en contact avec une surface lisse et froide. À ce moment précis, le regard écarlate de cet homme qu'elle aimait follement rencontra le sien.
- Bonjour, Bellatrix, souffla-t-il froidement.
- Maître, répondit-elle en esquissant un sourire béat.
Il l'embrassa, ce qui la fit derechef tressaillir. Il demanda ensuite narquoisement :
- Alors, cette nuit à mes côtés t'a-t-elle plu ?
- Oui, maître. Je... je vous remercie infiniment d'être venu me voir, bredouilla-t-elle en osant poser ses mains sur toutes les surfaces de son corps qui lui étaient accessibles, comme pour l'inciter à rester près d'elle plus longtemps.
- Ce n'est que l'une des nombreuses récompenses que je t'accorderai. Désires-tu que je renouvelle ma visite ?
Sans y croire, elle répondit par l'affirmative. Ce fut alors qu'une incertitude germa dans son esprit : jamais le Seigneur des ténèbres n'avait agi avec tant de complaisance et d'empathie avec d'elle. Qui plus est, il n'avait jamais daigné lui rendre visite, et encore moins lui manifester la moindre affection passionnée. Toute sa jubilation s'écroula d'un seul coup. « Son maître » parut le remarquer ; une sorte de rictus hargneux recouvrit son visage, puis une minute plus tard, ses traits se modifièrent. Les iris rouges devinrent ceux, d'un marron sombre, de Rodolphus.
- Toi ! Gronda-t-elle en se redressant.
- Tu n'es pas trop déçue de te trouver avec ton mari, j'espère, dit-il sèchement.
- Comment as-tu fait pour... !
- La magie noire. Crois-tu être la seule à la maîtriser ?... Viens, Bella, pourquoi est-ce que tu t'écartes ? Susurra-t-il presque méchamment en lui étreignant la taille.
En le repoussant et en lui balançant son coussin (et l'une de ses mains par la même occasion) en pleine face, elle tempêta :
- Je vais te tuer ! Je vais t'écorcher vif ! Comment as-tu osé me faire ça, espèce de salaud !
- Je t'ai offert ce que tu désirais le plus, et c'est ainsi que tu me remercies ?
Les yeux de Bellatrix tâtonnèrent la pièce à la recherche de sa baguette magique, mais elle ne vit rien d'autre que la couverture qui gisait au sol et les draps en désordre ; sa rage s'amplifia alors considérablement face à ce chaos. Elle peinait à croire que toute la passion amoureuse qui lui avait été prodigué il y a quelques heures ne provenait guère de son maître, mais du rustre qui lui servait à présent de mari. Auparavant, jamais Rodolphus ne se serait abaissé à de semblables fourberies pour parvenir à ses fins. « Tu vas vraiment me le payer ! » se dit Bellatrix en sautant de nouveau sur lui, les poings prêts à l'attaque.
Comme elle l'avait anticipé, Rodolphus la freina dans son élan en lui emprisonnant les bras, cependant, elle se débattit avec tellement de véhémence qu'il eut bien du mal à la maîtriser et bascula sur le dos. Il rit à gorge déployé (un affreux rire qui sonnait faux) tout en la provoquant :
- Quelle mauvaise foi ! Ce n'est pas ça que tu me criais à l'oreille cette nuit ! Ce n'est pas non plus comme ça que tu te comportais... tu étais audacieuse, tendre, et à l'écoute. Et tu n'étais jamais rassasiée de moi. Il te fallait toujours plus de baisers, toujours plus de...
- Ce n'est pas à toi que je m'adressais ! Rugit Bellatrix en parvenant à lui enfoncer son genou dans les côtes. Jamais je ne m'adresserai à toi en de pareils termes ! Jamais je ne t'embrasserai de cette manière ! Va te faire voir ! Sors d'ici ! SORS ! Je ne veux plus voir ta sale face !
Tous ses espoirs et ses espérances avaient été réduit à néant en l'espace d'une minute à cause d'un seul individu ; et ironiquement, il s'agissait de celui en lequel elle avait toujours eu le plus confiance. Il avait dépouillé son rêve le plus précieux et l'avait dégradé pour l'humilier. Lui qui la connaissait mieux que personne à ce jour avait su s'emparer de son point le plus sensible – celui qu'elle dissimulait au regard de tous – pour l'attaquer. Et effectivement, avant ce jour, Bellatrix ne s'était jamais senti aussi blessée. Une véritable souffrance, que pas même les murs hostiles d'Azkaban lui avait permis d'expérimenter, lui dévorait la poitrine. En agrippant les draps qui se trouvaient à ses pieds, elle fut prise de spasmes tandis que de stridents sanglots s'élevaient de sa bouche. Elle ne parvint pas à s'en vouloir de cette faiblesse momentanée... c'étaient ses sentiments pour le Seigneur des ténèbres qui parlaient. Qui la faisaient tant désespérer.
En se sentant étrangement impuissante, elle rajusta sa chemise de nuit sans cesser de pleurer. Derrière elle, la voix de son mari retentit à nouveau :
- J'espère que tu souffres, Bellatrix. Que tu sens ton cœur se déchirer en mille morceaux.
La respiration de Bellatrix se fit sifflante. D'un revers de la main furieux, elle essuya son visage, puis elle se tourna vers Rodolphus, prête à contre-attaquer. Avec les années d'expérience qu'elle possédait en tant que combattante, elle savait parfaitement ce qui pouvait déstabiliser un adversaire. Un sourire glacial se dessina alors sur ses lèvres cependant qu'elle déclarait :
- Et toi, mon cher mari, tu ne souffres pas trop ? J'imagine qu'après tant d'années, tu dois être lassé d'être amoureux de quelqu'un qui ne t'aime pas en retour – et qui ne t'aimera jamais.
Ces mots signèrent l'arrêt irrévocable de leur complicité. Sans un mot de plus, Bellatrix quitta le lit en récupérant au passage sa baguette. Elle était à présent seule contre tous.
...
Le soir même...
...
- La sottise du ministère de la magie dépasse l'entendement, mais tant mieux, tout bien considéré ; leur entêtement ne fera qu'accélérer la mort de Harry Potter. Dumbledore est désormais seul et sa parole est démentie au sein même de son propre camp... (les narines en fentes du Seigneur des ténèbres frémirent alors qu'il éclatait de rire) Quelle ironie du sort !... Nous pouvons aisément continuer d'agir dans l'ombre sans éveiller le moindre soupçon : même si je me trouvais à l'heure actuel dans le bureau du ministre, je suis certain qu'il continuerait de renier mon retour. Dans ces conditions, nous avons le champ libre, mes amis, ne croyez-vous pas ?
L'assemblée hurla de rire en écho aux propos de Lord Voldemort ; leurs voix s'éleva jusqu'à la cime des arbres de la forêt de Smootoff. C'était la première réunion de fidèles à laquelle Bellatrix assistait depuis sa réintégration dans les rangs, et elle n'était pas peu fière de pouvoir enfin jouir de la possession du grade le plus élevé de l'armée. De ce fait, elle ne se fondait d'ailleurs plus dans la masse et pouvait s'octroyer la place la plus proche du Seigneur des ténèbres (place qui se trouvait à dix centimètres de ce dernier, car il ne pouvait tolérer que quiconque l'approche de plus près). À cette distance, elle pouvait s'adonner à son activité favorite : boire les paroles et les gestes de son maître. Ses yeux obstinément rivés sur lui le laissèrent cependant de marbre.
- Bellatrix.
Elle sursauta si violemment que son verre de vin lui échappa des mains. Des rires fusèrent de nouveau, mais elle les ignora avec dédain, le regard toujours résolument dirigé vers Lord Voldemort qui poursuivit froidement tout en laissant ses doigts glisser (avec une affection qu'il n'avait jamais accordé à un seul être humain) le long de la peau écailleuse de Nagini, un gigantesque serpent dont il ne se séparait malheureusement plus :
- Maintenant que tu as cessé de rêver stupidement, tu daigneras peut-être m'écouter. Dolohov ici présent m'a rapporté tes agissements – ceux datant de ta sortie d'Azkaban – et ils ne me satisfont pas particulièrement. Je vous avais ordonné de me rejoindre directement sans laisser de trace de votre passage, sans dévoiler votre identité... Tu n'as pas su restreindre ta soif de sang, et cela aurait pu t'être fatal dans de telles circonstances. (Bellatrix aurait pu croire qu'il se préoccupait quelque peu de son sort s'il n'avait pas ajouté) Ton idiotie aurait pu mettre à mal mon plan, et crois bien que si cette hypothétique tragédie s'était réalisée, je t'aurais personnellement tué avant même que l'on ne t'incarcère de nouveau à Azkaban.
Le cœur de Bellatrix, déjà malmené par l'incident de ce matin, se contracta davantage ; l'intransigeance de son maître à son égard lui confirma que ce n'était pas lui, l'auteur des caresses passionnées de la veille. Le pire de tout était qu'il l'avait délibérément embarrassé devant tous les fidèles. Cette cruauté, qui l'attirait pourtant énormément de façon paradoxale, lui était aujourd'hui insupportable. En baissant la tête, elle s'efforça de faire barrage à ses larmes de rage.
- Maître, je vous prie de me punir, murmura-t-elle.
Les iris en fentes de son maître la toisèrent alors qu'il répliquait sèchement :
- Je n'ai pas besoin que tu me le dises. À ton retour de mission, je m'occuperai de toi, n'aies pas d'inquiétude à ce sujet... Et au prochain dérapage, Bellatrix, tu perdras ta place.
En le remerciant à mi-voix, Bellatrix ne prit nullement la peine d'accorder la moindre attention aux fidèles ; elle pouvait déjà sans peine imaginer les murmures railleurs que ces derniers étaient en train de s'échanger à son sujet, notamment ceux des personnes qui la jalousaient le plus parmi les fidèles (à savoir Avery, Yaxley, et Dolohov). Dire que tous ces guignols lâches étaient traités par le maître avec plus d'indulgence qu'elle-même ! Ce qu'elle les haïssait tous !
Par la suite, le Seigneur des ténèbres attribua à chaque fidèle une nouvelle mission. Aucune ne fut particulièrement palpitante, en comparaison avec toutes les batailles périlleuses qu'ils avaient mené durant la première guerre des sorciers. À présent, ils allaient devoir agir subtilement sans se faire voir afin d'être certain, selon leur maître, que leur retour continue d'être ignoré par Fudge, et donc, qu'aucun sorcier ne se rallie à Dumbledore. Potter était bien évidemment l'un des sujets de prédilections : le Seigneur des ténèbres souhaitait l'éliminer au plus vite, et jamais Bellatrix ne l'avait vu se donner autant de peine pour préparer un meurtre. « Je suis curieuse de voir ce garçon pour vérifier s'il a autant de valeur que tout le monde le prétend » songea-t-elle, intriguée.
Quand la réunion s'acheva et que Lord Voldemort se retira dans la forêt avec Nagini qui formait une spirale autour de son bras, la tension se relâcha d'un seul coup et une cacophonie s'installa – son départ ne provoqua une expression de dépit que chez Bellatrix. Les fidèles se rassemblèrent sans lui prêter attention autour de plusieurs bouteilles poussiéreuses ; des cigares fraîchement récoltés sur des cadavres circulèrent également. Rabastan en plaça deux à la fois dans sa bouche, ravi comme à chaque fois qu'il avait l'opportunité de se donner en spectacle. Blasée, Bellatrix les observa en se servant un nouveau verre de vin lorsqu'un brusque questionnement surgit dans son esprit.
- Où est Rogue ?
- N'êtes-vous pas au courant, Mrs Lestrange, que Rogue est en poste à Poudlard ? L'informa Travers. Le Seigneur des ténèbres lui confie quelques missions secrètes et lui a donné pour responsabilités la surveillance étroite de Harry Potter.
- Quelles responsabilités ! Quand il s'agit de fuir le danger et les positions les plus périlleuses, Rogue accourt ! S'écria-t-elle avec sarcasme en s'asseyant. Il trouvera encore une excuse pour se défiler pendant la prochaine bataille, j'en suis certaine !
En trois gorgées, elle eu vidé son verre ; ses joues devinrent cramoisies sous l'effet de la fébrilité. Son mal-être était tel qu'elle finit par attraper le goulot de la bouteille la plus proche, bien que son appétit fût scellé par une nausée insupportable. En plus de son rêve volé par Rodolphus pas plus tard que cette nuit, l'un de ses deuxièmes rêves venait de s'effondrer : contrairement à ce qu'elle avait escompté, la position de premier lieutenant qu'elle avait convoité pendant tant d'années ne l'avait pas rapproché de son maître. Bien au contraire, elle avait l'impression d'être bien plus éloignée de lui qu'auparavant. Que pouvait-elle espérer désormais ?
Non sans une crampe à l'estomac, elle finit par lâcher sa bouteille dont le liquide atterrit sur un Yaxley ivre qui grommela :
- Fais gaffe, Bellatrix !... Tu aurais dû te voir, tout à l'heure, regarder le Seigneur des ténèbres avec yeux de chien mouillé ! Ça faisait vraiment pitié !
Agacée, elle le repoussa d'une main et il glissa au sol en prononçant des injures vulgaires. Bellatrix reporta ensuite son attention sur Rodolphus qui n'avait même pas fait l'effort de feindre devant tous que leur relation était au beau fixe. Elle se moquait totalement qu'il ne s'intéresse pas à elle mais ne supportait pas son insolence. Elle se retint de lui abattre sur le crâne la bouteille qui gisait à présent au sol. Il se trouvait en compagnie de Rabastan et (elle tressaillit de colère) Dolohov, et venait d'entamer son huitième cigare ; un sourire arrogant étirait ses lèvres sous un nuage de fumée. C'était lui qui avait la voix la plus imposante et les esclaffements les plus stupides.
Écœurée, Bellatrix le regarda alors qu'il se levait au milieu de tous les mangemorts d'un geste assuré. En deux mouvements, il déboutonna sa robe afin de se retrouver torse nu en s'exclamant :
- Tu ne m'en crois pas capable, Dolohov ? Eh bien, regarde !
Après quoi, il galopa en direction des bois suivi par Crabbe, Mulciber, Gibbon et Dolohov. Incrédule, Bellatrix gronda :
- Qu'est-ce qu'il est devenu idiot !... À quoi joue-t-il ? Ajouta-t-elle à l'adresse de Rabastan.
- Tu vois, le lac gelé bourré de strangulots de l'autre côté du bois ? Rod va piquer une tête à l'intérieur ! (plié en deux par le rire, Rabastan peina à retrouver sa respiration) Entre nous, je le préfère maintenant ! Il est tellement plus drôle qu'avant !
- Parle pour toi, Rabastan !
Sur ces mots, Bellatrix s'éloigna d'un pas frénétique en direction du campement. Elle croisa Lucius qui venait tout juste de s'entretenir avec le Seigneur des ténèbres. Comme toujours, il affichait une apparence irréprochable par contraste avec le délabrement des fidèles qui avaient subi Azkaban ; et brusquement, cela exaspéra Bellatrix. Elle ne supportait plus tous ces mangemorts déguisés qui s'affichaient de façon hautaine avec leurs chaussures cirées alors qu'ils n'avaient rien accompli pour le Seigneur des ténèbres ces treize dernières années, trop occupés à s'attirer les bonnes grâces de Cornelius Fudge. En affichant un sourire doucereux, Lucius lui dit :
- Narcissa t'attend au manoir dès que possible. Elle est impatiente.
Après un hochement de tête dédaigneux, Bellatrix poursuivit son chemin ; elle n'était guère d'humeur à supporter ses sarcasmes. Il ajouta néanmoins dans son dos :
- Au fait, Bella, félicitation pour ta récente nomination. Cependant, je dois t'avertir, il semblerait que le Seigneur des ténèbres ai changé ses plans... puisqu'il vient de me dire que j'étais désormais le premier lieutenant.
...
Andromeda lustra méticuleusement la cheminée de sa salle de séjour, puis un sortilège de lévitation l'aida à aligner des cadres photos de tailles variables. Nymphadora était présente sur la plupart des papiers glacés, depuis ses deux ans jusqu'à ses vingt-trois ans fraîchement acquis. Sur l'une des images, on la voyait avec son diplôme d'Auror à la main et ses cheveux qu'elle portait encore longs avant ses vingt ans. Prise d'un brusque élan de crainte qu'elle n'avait pas ressenti depuis la fin de la première guerre, Andromeda s'empara du tout dernier cliché de sa fille (immortalisé à l'occasion de son anniversaire) et l'effleura de ses doigts avec une tendresse toute maternelle : il y avait un mois qu'elle n'avait plus revu Nymphadora, et ne pas avoir de nouvelles d'elle la tracassait. Même si le retour de Lord Voldemort n'avait été clairement énoncé que par Dumbledore et le jeune Potter, chacun voyait les fantômes d'une époque sombre ressurgir.
« Et si Dora devait vivre la même chose que Ted et moi il y a des années ? » se demandait fréquemment Andromeda ces derniers temps. Son mari la rassurait alors en lui rappelant que leur fille s'était acharnée à étudier davantage que les autres durant toute sa scolarité pour devenir Auror. Toute éventuelle guerre ne serait donc pas une fatalité pour elle, mais un devoir.
- De plus, Dromeda, lui avait murmuré Ted un soir, même si Voldemort renaît de ses cendres, il ne pourra jamais avoir autant de pouvoir qu'auparavant. Cette époque est révolue depuis longtemps. Aujourd'hui, tout est différent... Et notre fille est différente de nous.
En soupirant, Andromeda reposa la photo sur la cheminée. Au même moment, par miracle, l'horloge magique l'informa de la présence d'un invité. Tout en ayant instinctivement connaissance de l'identité de son hôte, Andromeda se précipita dans le vestibule. Un joyeux « Salut, maman ! » vint l'accueillir. En détaillant sa fille, Andromeda la trouva plus jolie que jamais quoiqu'elle trouvât regrettable que cette dernière ne soit pas disposée à porter des toilettes plus féminines et plus sobres. Les robes de sorcières de Nymphadora, jamais serties de dentelles ou d'autres accessoires, possédaient à l'inverses des motifs très fantaisistes ainsi que des couleurs vives, assorties à la teinte rose chewing-gum de sa chevelure. Nymphadora était loin d'être une beauté classique, mais elle avait un charme qui lui était propre.
- Pourquoi n'es-tu pas au quartier général de l'Ordre ? Lui demanda Andromeda après l'avoir étreint et avoir regagné le salon à ses côtés.
- Tu sais, je ne passe pas tout mon temps à travailler, maman ! J'ai aussi besoin de repos... Aujourd'hui, on a arrêté un nouveau cambriolage à Pré-au-lard et deux gobelins ont été assassinés. Et les détraqueurs, comme toujours, nous bloquent la route à chaque fois !... Et Fol Œil est vraiment buté, par moments ! Il veut qu'on fasse barrage aux mangemorts d'ici la fin de la semaine prochaine alors que leurs positions est brouillée par le ministère ; seule la position de Sirius est connue et tracée, puisqu'ils s'imaginent qu'il est le leader des mangemorts !
Sous sa perceptible irritation, Andromeda détecta une sorte de joie sans bornes qui ne manqua pas de la surprendre. Malgré l'urgence de la situation actuelle et le stress que pouvait lui procurer sa profession d'Auror, Nymphadora avait l'air très épanouie. Certes, son travail la passionnait, mais elle ne l'avait jamais vu si heureuse. Se pourrait-il qu'il y ai eu du changement dans sa vie affective ?
Une minute plus tard, elle lui apporta un verre de jus de citrouille, et Nymphadora le but à petites gorgées en sifflotant gaiement. Andromeda leva un sourcil perplexe, décontenancée.
- Tu t'entends bien avec tous les membres de l'Ordre du phénix, Dora ? Interrogea-t-elle ensuite en feignant l'indifférence. Tu as revu Bill, non ?
- Ouais. (Nymphadora reposa son verre) Ça m'a fait plaisir ! On n'avait pas rit ensemble depuis bien longtemps. Sinon, Mondingus est un peu spécial dans son genre, mais il n'est pas mauvais... Et je trouve bizarre qu'un homme comme Rogue fasse partie de l'Ordre ; cet homme fait assez froid dans le dos, je dois dire, et il semble détester cordialement Harry Potter, alors...
Un instant plongée dans ses pensées, la jeune femme en ressortit pour déclarer en souriant :
- Remus est vraiment un homme charmant au même titre que Sirius, maman. Tu te rappelles, tu disais qu'on ne le reverrait probablement plus... Figure-toi que quand nous nous sommes revus en juillet dernier, il ne m'a même pas reconnu ! Cela dit, tant mieux, parce que je n'avais rien de très flatteur à l'époque... Mais maintenant, même si on s'entend plutôt bien, je ne crois pas qu'il...
En réalisant que ses propos avaient largement surpassé sa pensée, Nymphadora s'interrompit en rougissant. « Remus Lupin, songea Andromeda sans savoir comment réagir. C'est donc de lui que tu es amoureuse, Dora. Je ne sais pas pourquoi, mais cette idée me gêne. J'ai un mauvais pressentiment. »
...
Je vous remercie infiniment pour vos reviews laissés sur le dernier chapitre, ça m'a fait très plaisir! Et merci aux autres lecteurs de suivre assidument cette histoire:D
Sinon, qu'avez-vous pensé de ce chapitre?
