Après des mois sans publier, je suis de retour. Je suis vraiment désolée si vous attendiez ce chapitre et ne chercherai pas à inventer des excuses bidons. Toujours est-il que j'attends vos reviews avec impatience si d'aventure cette fanfic intéresse encore quelqu'un. Bonne lecture.
Samedi 9 juillet 2016.
Jo se sentait tellement engourdie. Elle se força à faire passer son bras droit dans son champ de vision. Ses phalanges étaient couvertes de bleus, son avant bras était à demi couvert d'un bandage, son bras lui semblait normale quoique légèrement bleui. Elle revient et s'attarda sur sa main. Elle bougea ses doigts l'un après l'autre lentement.
-Comment te sens-tu ? demanda April. Jo ne prit pas la peine de répondre. Elle sera le poing avant d'écarter à nouveau les doigts. Elle promena sa main sur son visage, suivant les courbes de ses yeux et de son nez. Elle inspecta quelques secondes le tuyau qui lui rentrait dans le nez. C'était un masque nasiliaire qui l'aidait à respirer. Elle remonta sa main. Son arcade gauche lui faisait mal et elle la sentait légèrement gonflée. Elle ferma les yeux et se rappela s'être pris plusieurs coups à cet endroit. Elle continua à descendre et arriva sur sa joue. En la pressant une légère vague de douleur arriva. C'était plutôt une gêne qu'une douleur. En tombant, sa joue avait heurté une table basse. Jo ? Tu m'entends ? continua April. Jo rouvrit les yeux avant de passer sa main sur son cou et de se diriger vers la gauche. Ne fais pas ça ! s'exclama April avant de retirer sa main vivement. Jo la regarda fixement.
-C'est moche ? April soupira doucement. Donc c'est moche, continua Jo.
-Il ne t'a pas ratée.
-Maître Coleman ne rate jamais personne. Elle rit tristement. Enfin, j'ai quand même réussi pendant six ans à... Jo ne termina pas sa phrase.
-Il est avocat ? demanda doucement April.
-L'un des meilleurs de New-York... Je suis vraiment dans la merde.
-Il ne te fera jamais plus de mal, ok ? Jo rit ironiquement.
-Bah, ouais... Combien de temps vais-je mettre à mourir ?
-Jo...
-Pas la peine de me mentir ou de la jouer "ça va aller". Je suis loin d'être bête. April hocha la tête.
-C'est pas gagné mais rien n'est perdu non plus.
-Je dois positiver ? dit sarcastiquement Jo. April sourit. Il est quelle heure ?
-Il est neuf heure et demi.
-Et on est quel jour?
-Vendredi. Jo réfléchit.
-Le 9 juillet? Ou je suis restée plus longtemps...
-Non, on est bien le neuf. Jo rit ironiquement. Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda April en fronçant les sourcils.
-Le 9 juillet... La journée mondiale de la destruction des armes légères... Elle se remit à rire. Si je m'étais débarrassée de mon flingue, je serais déjà morte...
-C'était ton arme ? Jo la regarda surprise.
-Alex ne l'a pas dit ?
--Alex n'a rien dit du tout... dit doucement April. Jo comprit que celui-ci voulait sans doute qu'elle parle elle-même.
-Il a peur de n'avoir pas comprit ce qu'il s'est passé, pas vrai ? April secoua la tête mais Jo vit bien qu'elle n'était pas convaincue. En effet, Alex avait fini par parler de ses doutes mercredi. Elle pouvait le réentendre dire péniblement à Meredith. Et si Jo l'avait appelé? Personne n'avait voulu y croire.
-Aucun de nous ne sait ce qu'il s'est passé...
-J'allais au loft pour chercher une robe. J'ai fait coulisser la porte et je me suis pris un coup, puis un autre, puis encore un et ainsi de suite. Je me suis défendue et...
-Tu n'es pas obligé de tout raconter. Si... April s'arrêta en entendant Jo soupirer.
-Si, comme ça si je meurs, tu pourras leur expliquer. Elle inspira tandis qu'April hochait la tête. Je me suis défendue mais il était trop fort alors j'ai perdu connaissance. Elle grimaça. Je me suis réveillée assise et attachée à une chaise... April voulut lui tenir la main mais Jo sans la regarder retira sa main. Il était en train de me violer, continua-t-elle froidement. J'ai tiré de toutes mes forces pour libérer mon bras droit et j'ai réussi alors grâce aux lestes mes deux mains étaient libres. Je l'ai frappé, il m'a frappée. Je suis tombée, j'ai fait tomber un truc je crois. J'ai rampé puis j'ai entendu un crac. Jo se concentra pour garder une voix neutre. Mon téléphone a sonné et j'en ai profité pour ramper jusqu'à mon lit et prendre mon flingue mais il m'a empêché de lui tirer dessus et deux balles sont parties. J'ai réussi à retourner l'arme et à lui tirer dessus aussi. Il s'est effondré, je me suis évanouie point. C'est tout. Jo soupira lentement. Alex m'a trouvée et je me suis réveillée ici. C'est ce qu'il s'est passé. Jo se tourna et constata qu'April pleurait. Pitié ne pleure pas, c'est pas si terrible, dit Jo faiblement et sans y croire.
-Si ça l'est. C'est horrible...
-Au moins cette fois je n'ai pas à inventer une excuse débile au fait que je me retrouve ici...
-C'est arrivé combien de fois ? De te retrouver à l'hôpital car ton mari t'avait battue ?
-Quelques fois... April comprit que c'était plutôt un paquet de fois. Elle la regarda et ouvrit la bouche sans parvenir à dire ce qui lui brûlait les lèvres. Jo dut remarquer son trouble car elle lui demanda froidement de parler. Tu ne peux pas vraiment me faire plus souffrir donc n'aie pas peur.
-Des tas de femmes battues sont passées ici... J'en ai écouté et aidé beaucoup. Ou du moins essayé, ajouta-t-elle en grimaçant. Parfois même avec toi et...
-Je n'ai jamais rien laissé paraître ? C'est ça ? April hocha la tête.
-Chaque personne est différente, chaque histoire est différente... Évidemment je pouvais comprendre leur peur, leur tristesse, leur amertume mais aucune n'était comme moi. Jo ferma les yeux. Lionel était violent avec moi, il me maltraitait physiquement, sexuellement et psychologiquement mais il n'était pas comme leur petits-amis, leur maris, leur fiancés,... Lionel était Lionel. Quand on parlait avec ces femmes, qu'on essayait de savoir et de comprendre, je n'y pensais pas plus que ça.
-Tu ne te revoyais jamais en elles ? Tu n'avais jamais envie de leur dire "il n'a pas à vous détruire, vous pouvez vous en sortir. C'est possible, je l'ai fait" ?
-Je me suis cassée en pleine nuit, j'ai volé et incendié sa voiture, j'ai erré dans la rue des nuits entiers avant de trouver asile dans une église à Boston. J'ai changé d'identité et à la première occasion j'ai fui à des milliers de kilomètres... J'ai menti à tout le monde. Même à Alex... Je ne suis un exemple pour personne. April lui fit comprendre qu'elle n'était pas d'accord.
-Tu n'as pas fui, tu t'es sauvée la vie. Tu as osé quitter une stabilité atroce pour te plonger dans l'inconnu. Tu es courageuse, Jo. Tu peux être fière de toi.
-J'ai menti à tout le monde pendant six ans... Jo n'existe même pas. Elle essayait tant bien que mal de cacher sa souffrance mais rien n'y faisait.
-Tu diras toute la vérité quand tu te sentiras prête et Joséphine Wilson existe. C'est toi, ton identité. On s'en fiche du reste. Tu es Jo Wilson.
-Tu crois qu'Alex pourrait venir me voir ? April regarda Jo étonnée et un peu perplexe.
-Tu veux que j'aille le chercher ?
-Il faut vraiment que je lui parle...
-J'y vais. Elle partit et revient à peine trois minutes plus tard avec le titulaire. Celui-ci regarda si fixement Jo qu'elle finit par baisser les yeux. Il voulut s'avancer vers le lit mais s'arrêta après un pas. Il commença par ouvrir la bouche puis la referma. Il ne savait pas trop quoi dire. L'ambiance était pesante, si pesante qu'ils entendirent à peine la porte se refermer derrière April.
-Tu es venu... commença Jo qui sentait déjà les larmes monter.
-Évidement princesse. Elle soupira puis sourit pour la forme. Il ne pouvait s'empêcher de se demander si Coleman ne disait pas la vérité. Impossible... Meredith a été clair!
-Tu peux t'approcher, hein ? Elle tapota le bout de matelas à sa droite mais Alex préféra prendre la chaise et l'amener maladroitement près du lit. Jo ferma les yeux en s'imaginant qu'il lui en voulait. Comment cela pourrait-il être ne pas être le cas ? Je suis tellement désolée, Alex... Elle sentit les larmes monter et ne les retient pas. Si tu savais à quel point je m'en veux... Alex lui attrapa la main et la serra fort entre les deux siennes.
-Ne pleure pas, Jo... Je t'en prie ne pleure pas. Elle hocha la tête mais ses larmes coulaient toujours.
-Merci... Pour tout ce que tu as fait pour moi. Alex passa délicatement sa main dans les cheveux de Jo, ça eut pour effet de la détendre complètement. Il faut que je te raconte tout avant... Elle ne finit pas sa phrase alors Alex la regarda fixement.
-Tu ne vas pas mourir, Jo ! Celle-ci ne répondait pas alors il la força à le regarder dans les yeux. Tu ne vas pas mourir, Jo. Ok ?
-Alex...
-Il n'y a pas de Alex qui tienne, tu vas t'en sortir. Elle voulut détourner le regard mais Alex retient sa tête.
-Et puis même... Qu'est-ce qui va se passer ? Il voyait aisément la panique dans ses yeux. Qu'est-ce que je vais faire ?
-Te battre. Jo soupira et toussa bruyamment. Ça va ? s'inquiéta Alex.
-Oui oui, répondit elle vivement. Je crois qu'une des balles a touché mon poumon gauche. Alex opina en caressant sa main délicatement.
-Tu t'es battue avec lui. Il était plus grand et plus fort mais tu t'es battue.
-J'avais aucune chance mais je voulais pas mourir sans... Elle le regarda profondément. Te revoir une dernière fois. Je suis tellement désolée Alex.
-Ne le sois pas, dit-il doucement.
-J'ai tout fait foirer. T'étais ce que je pouvais espérer de mieux et... Je t'ai déçue. Elle pleurait et ça faisait tellement mal à Alex. Il ne savait pas ce qu'il pouvait dire pour la faire se sentir mieux.
-Tout va s'arranger Jo. Elle secoua légèrement la tête.
-Je ne vois pas trop comment... Je ne pourrai peut-être plus jamais utiliser mon bras gauche. Il... Alex ne la laissa pas continuer.
-Il ne te fera plus jamais de mal. Je l'en empêcherai, je te le promets.
-Il est vraiment vivant ? Alex n'arrivait pas à savoir si Jo espérait un oui ou un non. Il essaya de lire en elle mais c'était impossible.
-Oui... J'ai été le voir.
-Tu as fait quoi ? Là, Alex distingua très clairement de la peur.
-Quand t'étais au bloc j'ai un peu cuisiner DeLuca mais... J'ai fini par comprendre tout seul, enfin Arizona m'a aidée indirectement.
-Arizona ? Jo ne lui avait jamais parlé de son mari.
-Ouais... J'avais envie de le tuer mais je me suis dis que c'était pas ce que tu voudrais alors je lui ai juste dit qu'il payerait pour tout ce qu'il t'a fait subir. Alex sentit que Jo était partagée entre espoir et résilience. Elle pense que c'est perdu d'avance.
-Comment ?
-Un procès ! Jo détourna le regard et soupira tristement.
-Il est avocat, j'ai aucune chance Alex... Que pouvait-elle bien faire contre lui?
-Rien que l'état de notre loft... Il va aller en prison. Il payera, Jo.
-Tu ne le connais pas, tu ne sais pas de quoi il est capable... Elle sécha quelques larmes.
-On appellera la police quand tu seras prête. Ça ne presse pas.
-Merci... Qu'est-ce que j'ai fait de travers...?
-Rien, fit-il catégorique. Ça ne sembla pas convaincre Jo.
-Comment il m'a retrouvée alors ?
-DeLuca... En entendant la réponse d'Alex, elle se rappela qu'Arizona lui en avait parlé mais elle ne parvenait pas à se souvenir si elle lui avait expliqué ou non.
-Il a fait quoi ?
-J'en sais rien mais il se sent coupable. Jo déglutit. Bordel... Elle espérait vraiment qu'Arizona prenait soin de lui.
-J'aurai jamais dû le mêler à ça.
-Ce qui est fait est fait, Jo... Celle-ci tenta de se relever mais s'arrêta et grimaça. Ça va ? s'enquit Alex.
-Mauvais mouvement.
-Ne bouge pas. Jo sourit tristement mais n'ajouta rien. Tu... commença Alex maladroitement. Tu voulais me dire quelque chose ? Il sentit toute la confiance et l'apaisement qui s'étaient installés depuis plusieurs minutes s'évaporer.
-Il faut bien que je m'explique... Elle ouvrit la bouche mais ne parla pas. Jo n'y arrivait tout simplement pas. Elle ne savait ni quoi dire ni comment le dire. Un silence embarrassant s'installa.
-Jo... murmura Alex, un peu déçu. Elle dut le ressentir car Alex la vit paniquer et l'entendit parler rapidement sans respirer.
-Je ne sais pas par où commencer ! Je veux vraiment tout te dire ! Tu le mérites ! Je... Je... J'aurais dû le faire depuis le début mais... J'y arrivais pas... Elle fit une courte pause. Je n'y arrive toujours pas.
