Notes de l'Auteur :
Mise en garde : ce chapitre contient de la torture. Les choses se passent un peu différemment ici. J'espère que mes lecteurs apprécieront les changements.
Chapitre Trente-Six : Pouvoir désespéré
Harry ouvrit les yeux sur une obscurité totale. Il était couché sur une surface dure et froide, l'air était frais et humide. Son corps était lourd et raide comme s'il avait été allongé sur le sol depuis des heures. Au fur et à mesure que ses yeux s'adaptaient à l'obscurité, les formes floues s'affinaient progressivement pour devenir plus nettes. Il tendit la main et sentit ses lunettes qui, de manière surprenante, étaient encore en place [1]. En tournant la tête vers la droite, il pouvait apercevoir une colonne de pierre toute proche à côté de lui, à côté de laquelle se trouvaient quelques grandes caisses en bois. Au-delà, l'espace était sombre et indiscernable. À sa gauche, une deuxième colonne et une deuxième étendue de ténèbres. Cependant, à la fin des ténèbres, il y avait un faible éclat de lumière qui s'infiltrait par ce que Harry pensait être une petite fenêtre. Puis, il se souvint de là où il avait été avant de s'évanouir.
Il se leva rapidement du sol, et se mit debout.
« Hermione, » cria-t-il, sa voix morte dans l'obscurité.
« Elle n'est pas là, » répondit une voix familière, à sa gauche. Harry regarda à nouveau vers la petite lumière. En plissant les yeux, il pouvait distinguer une silhouette sombre, au bord de la lumière. Puis, à sa grande surprise, Luna sortit des ténèbres.
« Luna ? »
Elle avait été blessée, Harry le remarqua rapidement, en se rapprochant d'elle. Elle avait quelques coupures, égratignures et ecchymoses sur son visage et son cou. Un de ses yeux était enflé et violet.
« Oh, tu sais qui je suis, » dit-elle quand Harry s'avança dans la lumière de la petite fenêtre.
« Bien sûr que oui, » s'exclama Harry, un peu confus. « Pourquoi ne le saurais-je pas ? »
« Eh bien, je ne t'ai jamais vu avant, » pointa-t-elle. Harry trouva cette affirmation très étrange, mais il se rappela d'un coup. Il leva une main pour en trouver une assez grande et peu familière. Le Polynectar était toujours actif.
Luna s'approcha alors très près d'Harry — pas plus d'un centimètre les séparait — et regarda le visage d'Harry. Elle le fixa attentivement pendant quelques instants, puis sourit, révélant plusieurs gerçures sur ses lèvres sèches.
« C'est bon de te voir, Harry, » dit Luna doucement. « Le fait que tu appelles Hermione, c'est moins compliqué maintenant. »
« Luna, depuis combien de temps suis-je ici ? »
« Pas longtemps, » répondit-elle. « Ils t'ont amené ici inconscient, il y a peut-être dix minutes seulement. Mais je n'ai pas vu Hermione. »
« Sais-tu où nous sommes ? »
« Dans le Manoir Malefoy, » chuchota-t-elle tristement. « Dans les sous-sols, je crois. Au début, il n'y avait que moi. Puis ils ont amené Mr Ollivander, » a-t-elle ajouté en montrant du doigt le coin sombre. Harry pouvait voir l'ombre extrêmement mince d'un homme assis dans un coin de la pièce. « C'était étrange, tu sais. Quand ils t'ont amené ici, ils ont aussi amené papa. Et ils ont emmené le gobelin. » Dès que Luna eut parlé son père, Xenophilius sortit du coin opposé pour se tenir derrière sa fille, lui serrant les épaules des mains. Harry regarda Mr Lovegood en face et trouva beaucoup d'inquiétude et de larmes sur le visage de l'homme. Harry pouvait sentir son cœur se mettre à battre plus rapidement. Il savait que les Malefoys reconnaîtraient immédiatement Hermione et elle avait été déclarée Indésirable numéro deux par le Ministère. Hermione était en danger et l'homme responsable de tout ça se tenait debout devant lui, se servant de sa fille comme d'un bouclier. Harry lutta contre le désir de tordre le cou du frêle éditeur.
« Papa a dit qu'il voulait me sauver », rajouta Luna. « C'est pour ça que tu es là, Harry ? Est-ce que tu aides papa à nous sauver ? »
Harry regarda de Luna et de nouveau Mr Lovegood. Il prit une longue respiration, bien résolu à expliquer exactement pourquoi ils étaient tous arrivés à cet endroit. Et pourtant, Harry dut reconnaître la situation difficile dans laquelle était plongé Mr Lovegood. Luna avait été enlevée, tout cela à cause de l'appui sans réserve du Chicaneur à son égard. Il déglutit fort et hocha de la tête vers Luna.
« Ouais, on va te sortir de là, Luna, » dit-il, enfin. Harry détourna les yeux de Luna et évita complètement le regard surpris qui était tombé sur le visage de Mr Lovegood. Il chercha du regard sa baguette bien qu'il savait que c'était inutile. Ils la lui auraient prise dès qu'il avait été assommé.
« Luna, les gens qui m'ont amené ici ont-ils parlé d'Hermione ? »
« Non, Harry, ils ne l'ont pas fait. »
« Te souviens-tu des gens qui m'ont amené ici ? »
« Pas particulièrement, » admit Luna. « C'était des Rafleurs, je crois. Toutefois, ils avaient une terrible infestation de Nargole. Ils ont ramené le prisonnier gobelin en haut avec eux. Ils n'ont rien dit. »
« Bien, » dit Harry. Il secoua la tête. Aucune de ces informations n'était utile, mais il ne pouvait pas vraiment blâmer Luna pour cela.
« Où est la porte de cet endroit, » demanda-t-il après une autre minute d'examen de la pièce. Elle était longue et étroite, environ six ou sept mètres de large et deux fois plus longue.
« Là-bas, » dit Luna, en montrant l'autre côté. « Mais c'est inutile, » ajouta-t-elle. « Mr Ollivander et moi avons essayé pendant des semaines. »
« Je comprends, » dit Harry en traversant la pièce aussi vite qu'il le pouvait, les mains tendues, pour contourner les obstacles. Tout ce dont ils avaient besoin, c'était d'une opportunité. Pourtant, il pensait à Hermione. Où était-elle ? Allait-elle bien ?
() () ()
Hermione avait été ligotée, les bras dans le dos, avec une corde noire serrée. Elle avait été placée à genoux au centre de la pièce, entourée par plusieurs membres du cercle intime du Seigneur des Ténèbres. Lucius et sa femme, Narcissa, se tenaient derrière elle, chacun avec une expression nerveuse mais pleine d'espoir. Drago était debout, appuyé contre le manteau de la cheminée, les yeux fixés sur la grille froide et vide, le visage déformé comme s'il se tenait près d'une odeur nauséabonde. Peter Pettigrew, le dos courbé, se tenait aux côtés d'un gobelin, qui lui aussi était étroitement attaché. Sa baguette était serrée dans sa main d'argent et son visage était pâle. Ses yeux sillonnaient la pièce comme s'ils cherchaient des issues.
« Bonjour, Sang-de-Bourbe, » murmura Bellatrix en se penchant pour qu'elle puisse parler à l'oreille d'Hermione. Bellatrix avait un sourire fou lorsqu'elle traçait d'un doigt sur la joue d'Hermione, tandis que l'autre main tenait l'épée de Gryffondor. « Je ne peux pas te dire à quel point je suis heureuse de t'avoir comme petite invitée. »
« Êtes-vous toujours aussi hospitalière avec vos invités ? » demanda calmement Hermione, sa voix une octave plus haute que d'habitude.
« Pas du tout, ma chérie, » dit Bella, en riant brièvement d'un air hanté. « C'est juste pour toi, chérie. Un privilège spécial. »
« J'en suis ravie. »
« On est une vraie dure à cuire, n'est-ce pas ? » dit Bella avec une frayeur simulée. Elle sortit un poignard fin et tranchant avec un manche en os et se lécha les lèvres. « J'espère que tu seras aussi… ravie que moi pour le spectacle de ce soir. »
Hermione leva les yeux vers Bella mais resta silencieuse.
« Peut-être n'es-tu pas aussi dure que tu voudrais l'être, » chuchota Bella. « Je vais te donner une chance, Bourbeuse [2] : où as-tu eu cette épée et qui est le garçon dans notre cave ? »
« Nous avons trouvé l'épée, » dit Hermione. « Nous ne l'avons prise à personne. On l'a trouvée dans les bois. »
« Premier avertissement, ma chère, » annonça Bella, et avant même qu'Hermione ne puisse réagir, l'argent clignote devant ses yeux. Au début, Hermione pensa qu'elle l'avait ratée, mais quelques instants plus tard, elle pouvait sentir le lent filet de sang couler sur sa joue. Puis, elle sentit la brûlure de la lame. Elle avait été coupée sur la joue. La coupure était peu profonde, mais elle piquait fort.
« Qui est le garçon, » demanda de nouveau Bellatrix, le nez à quelques centimètres de celui d'Hermione.
« Je ne le connais pas vraiment, » répondit Hermione rapidement. « Nous nous sommes rencontrés pendant la fuite. Il s'appelle Dudley. Vernon Dudley [3]. »
« Deuxième avertissement, » prononça Bella. Hermione ferma les yeux et se prépara à un autre coup de poignard, mais au lieu de cela, elle fut forcée à se coucher sur le sol, sur le dos, comme si un vent violent d'ouragan avait soufflé dans le salon des Malefoys. Le souffle coupé, Hermione ouvrit les yeux, juste à temps pour voir Bellatrix la chevaucher avec un large sourire dérangé. Bellatrix fit signe à Lucius de tenir l'épée. Lucius, hésitant et vacillant, prit l'épée avec une pointe de dégoût. Il n'avait manifestement pas l'habitude de recevoir des ordres dans sa propre maison. Hermione n'eut pas beaucoup de temps pour y réfléchir, car Bellatrix avait sorti sa baguette. Un geste rapide, et Hermione sentit les cordes serrées qui lui liaient les mains se desserrer. Hermione essaya alors de pousser Bellatrix loin de son corps, mais la sorcière folle était prête. Bellatrix agita sa baguette et Hermione découvrit qu'elle était incapable de lever les bras. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était courber le dos et lui botter les jambes.
« J'aime tellement quand tu te tortilles, Bourbeuse, » ria Bellatrix, son excitation coulant dans ses mots. Elle amena la pointe du poignard sur la gorge d'Hermione, assez près pour qu'elle la sente, mais pas au point de couper la peau. Bellatrix traça de la pointe du poignard une ligne le long de l'épaule d'Hermione et le long de son avant-bras gauche. Lentement, profitant par anticipation de l'instant présent, Bellatrix coupa la manche du pull, révélant la chair nue du bras d'Hermione. Puis, avec un sourire encore plus large et défiguré, Bellatrix commença à tracer des lettres sur l'avant-bras exposé d'Hermione, jamais assez fort pour vraiment couper la peau.
« Sais-tu ce que je pense, Bourbeuse, » dit Bellatrix, sa voix tombant dans un ton guttural. « Je pense que tu es une petite menteuse. Je pense que tu es allée dans mes coffres à Gringotts — comment, je ne sais pas. Ce délit à lui seul justifie une punition sévère. Mais en fait, je suis plus intéressé par le jeune homme en bas. Je crois que je sais qui il est. Tu sais que j'ai raison, n'est-ce pas, Bourbeuse ? »
« Je jure, je ne sais pas de quoi vous parlez, » dit Hermione, son cœur battant lourdement contre sa poitrine. Peut-être Bellatrix pouvait-elle sentir le rythme effréné et elle se mit à rire de bon cœur de la détresse d'Hermione.
« Ton espèce n'a rien à faire ici, tu sais, » enchaîna Bellatrix, toujours en traçant des lettres sur l'avant-bras d'Hermione. Hermione avala la bile qui se rassemblait dans sa gorge alors qu'elle reconnaissait la forme des lettres : Sang de Bourbe.
« Je le jure, nous l'avons trouvée, » dit Hermione, désespérée. Puis, elle se souvint de la conversation entendue dans la forêt il y a des mois. « C'est une fausse, ce n'est pas la vraie épée. »
« Encore des mensonges, » dit Bellatrix. « Mais nous le saurons bien assez tôt, n'est-ce pas, ma chérie ? » Elle leva les yeux vers Pettigrew. « Queudver, apporte-moi le gobelin ! » Queudver cracha avant de planter sa baguette dans le dos du gobelin, le poussant vers le centre de la pièce. Bellatrix approcha son poignard de la gorge du gobelin.
« Eh bien, Gobelin, l'épée est-elle fausse comme le dit la Bourbeuse ? »
Le gobelin tourna ses petits yeux noirs vers l'épée tendue devant lui par Lucius. Ses oreilles remuèrent et son long nez se froissa en observant la lame scintillante.
« Je ne peux pas discerner l'authenticité de la lame sans toucher, » annonça le gobelin finalement. Bellatrix relâcha les bras et ordonna à Lucius de montrer l'épée. Le gobelin prit l'épée en main et la retourna trois fois sous la lumière de la fenêtre. Il saisit le manche incrusté de rubis, faisant tourner la lame. Finalement, il glissa le bord de la lame le long d'un de ses longs doigts tendus, laissant couler un petit filet de sang. Il tendit l'épée pour que Lucius puisse la récupérer.
« Eh bien, gobelin, » demanda Bella, impatiente.
« C'est un faux, » dit le gobelin, sans bruit. « Un faux convaincant, mais ce n'est pas l'Épée de Gryffondor. »
« Une chance pour vous, ma chère, » dit Bella, regardant encore Hermione de haut. « Queudver, ramène le gobelin à la cave. Et ramène-moi le garçon. » Hermione, sentant son exaltation temporaire s'estomper au fur et à mesure que le gobelin était emmené. Bellatrix dut le remarquer, car elle a ramené la pointe du poignard sur l'avant-bras d'Hermione, et se penchant au-dessus d'elle, elle lui murmura à l'oreille comme s'ils étaient amants.
« Si tu ne me le dis pas, peut-être que lui le fera, après t'avoir entendu crier. »
Le souffle de Bellatrix était chaud sur le cou d'Hermione, lui envoyant des vagues de frissons dans le dos. Elle ferma les yeux, priant pour que de l'aide arrive. C'était sa dernière pensée cohérente avant qu'elle ne sente la perforation acérée de l'acier froid.
() () ()
Harry saisit les barres de fer forgé de la porte de la cave, et son cœur s'effondra lorsque le cri d'Hermione descendit par l'escalier de pierre et entra dans la cave. Il n'avait jamais entendu Hermione crier comme ça, même pas lors d'une des fois où ils avaient été exposés ensemble à un danger de mort imminente. La tension fit se dresser les poils de la nuque d'Harry. Suivant le hurlement survint un son qu'Harry ne pourra jamais oublier, car il avait entendu ce rire festif la nuit où Sirius était mort : Bellatrix.
La peur s'empara d'Harry. Il tira sur les barres de fer aussi fort qu'il le put, mais la porte de la cave resta fermée. Hermione cria une seconde fois, plus fort et plus longtemps que la première. Le rire de Bellatrix était aussi plus fort. Harry avait l'impression que sa poitrine entière allait imploser à cause d'une corde invisible qui s'était serrée autour de lui, matérialisant la peur qui l'étreignait. Il ne pouvait pas le supporter plus longtemps.
« Hermione ! »
Un troisième cri. Il pouvait l'entendre se déchirer la gorge.
« Hermione, » cria-t-il, désespéré. « Hermione ! »
Il y eut une pause. Puis il entendit la voix de Bellatrix flotter jusque là.
« Tu es une dure, Bourbeuse, après tout, » signifia-t-elle avec un rire joyeux. « On va peut-être s'amuser un peu après tout ! »
Encore une pause. Harry serra les barres de fer si fort que ses articulations devinrent blanches.
Réfléchis, se dit-il. Réfléchis ! Il doit y avoir un moyen de sortir.
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« S'il vous plaît… arrêtez… s'il vous plaît… s'il vous plaît… »
« Tu laisses déjà tout tomber, Bourbeuse ? Je pensais que tu étais faite d'un matériau plus dur. »
« … Cela fait mal… s'il vous plaît… arrêtez… »
Bellatrix s'abaissa de nouveau sur le corps d'Hermione et chuchota à son oreille.
« On a presque fini, Bourbeuse. Encore une lettre et tout sera fini. »
« Non… s'il vous plaît… »
« Tu devrais déjà savoir que je n'aime pas les suppliques, ma chère, » dit Bella en se léchant les lèvres. « Dis-moi juste qui est ton petit ami et je finirai tout ça rapidement. »
« Je… je vous l'ai déjà dit, il s'appelle… Vernon… Vernon — »
« — Faux. Tout faux, » coupa Bella, tranchant à nouveau dans sa chair, son excitation s'amplifiant avec le coup de la lame vers le bas pendant qu'elle gravait la tige de la dernière lettre [4]. Le cri d'Hermione l'assourdit presque. Du moins, il l'aurait fait si Bellatrix n'avait pas pris les précautions nécessaires.
« C'est ça, ma chère, » dit Bella, léchant la traînée de sang de la coupure fraîche. « Savoure la douleur. On aura bientôt fini. Et ensuite, je ne pourrai plus m'amuser. Mais, alors, le plaisir de Greyback ne fera que commencer. Il aime ta silhouette, Bourbeuse. Je ne sais pas pourquoi, » ajouta-t-elle, en regardant Hermione d'un œil scrutateur. « Mais, je suppose que tu feras ce que lui recherche, n'est-ce pas ? »
« S'il vous plaît… Je vous ai tout dit… »
« Presque fini », annonça Bella, lui enfonçant à nouveau la pointe du poignard dans la peau.
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Hermione avait encore crié. Harry dut combattre la brûlure dans ses yeux. Il continua à tirer sur la porte de la cave.
Pourquoi elle, pensa-t-il désespérément. Il pensa aux personnes responsables de tout cela. Si Mr Lovegood n'avait pas été aussi lâche, ils n'auraient jamais été pris en embuscade. Il s'en prit ensuite à lui-même. Si Mr Lovegood ne l'avait pas soutenu, Luna n'aurait jamais été enlevée et Mr Lovegood ne serait jamais devenu aussi désespéré.
Elle ne mérite pas tout ça. Ça ne devrait pas lui arriver à elle. C'est moi qu'ils veulent…
Oui, y repensa-t-il. L'idée le calma. C'était lui qu'ils voulaient. Il pourrait mettre fin à ses souffrances. Alors qu'il s'apprêtait à crier dans l'escalier, il entendit le bruit d'un pas lourd descendre l'escalier.
Il fit signe à tout le monde de se cacher et il se déplaça derrière la caisse la plus proche, prêt à bondir sur celui qui entrerait.
« Re-reculez, » ordonna une faible voix qu'Harry connaissait. C'était Queudver ! Le faible cliquetis de la serrure retentissait d'un son aigu dans la cave silencieuse. La porte en fer grinça et Queudver et un gobelin, qu'Harry reconnut être Griphook, entrèrent tous deux dans la cave. Queudver poussa rapidement le gobelin en avant et il regarda autour de lui.
« Où est le garçon ? »
Harry regarda la baguette dans la main de Queudver. Il avait besoin de cette baguette. C'était la seule chance d'Hermione. Combien de temps s'était-il écoulé depuis son réveil ? Le Polynectar expirerait bientôt. S'il pouvait vaincre Queudver, il aurait une chance de sauver Hermione. S'il n'y arrivait pas, il pourrait toujours se livrer en échange.
Queudver s'avança plus loin dans la cave, alluma sa baguette et commença à regarder autour de lui. Harry quitta sa cachette et se rapprocha avec toute l'habileté qu'il avait pratiquée pendant ses années à Poudlard, attendant le bon moment. Mais il était si occupé à surveiller Queudver qu'il ne fit pas assez attention. Son orteil tapa dans le coin d'une autre caisse, et il trébucha. Queudver se retourna rapidement et pointa sa baguette.
« St-stop, tout de suite, » dit Queudver. « Tu-tu dois venir avec moi, en haut. »
« C'est comme ça que tu me remercies, Peter ? »
« Je-je ne sais pas de qu-quoi vous voulez parler, » hésita-t-il. « Je-je ne vous connais même pas. »
« Si, tu me connais, » dit Harry. « Je t'ai sauvé la vie. »
Les yeux de Queudver s'agrandirent.
« Harry, » chuchota Queudver. « Harry P-Potter ? »
« Je t'ai sauvé la vie, Peter, tu me dois bien ça. »
« Je ne te dois rien, Harry, » annonça Queudver, sa baguette tremblait légèrement pendant qu'il la tenait en joue Harry.
Hermione cria encore. Il devait agir maintenant. Sans prévenir, avec les réflexes aiguisés d'un Attrapeur, Harry s'élança vers Pettigrew, la main tendue vers la baguette. Mais Queudver fut plus rapide qu'Harry ne le pensait. Il visa Harry sa baguette au hasard, et l'envoya au sol en arrière, s'écrasant sur l'une des colonnes de pierre. Queudver leva sa baguette une deuxième fois, mais alors une paire de bras s'enroula autour de son cou.
C'était Luna.
« Vite, Harry ! »
Mais Harry était désorienté et avait l'impression que sa tête s'était fendue en deux. Il se releva maladroitement et se jeta une deuxième fois sur Peter.
Harry y arriva. La force avec laquelle il était entré en collision avec Queudver lui fit perdre l'équilibre et le fit tomber sur le sol de pierre. Luna se retira alors qu'Harry essayait de s'emparer de la baguette de Queudver, les deux se battant pour l'arracher de la main de l'autre.
Queudver, réalisant qu'il n'arriverait jamais à surpasser la prise d'Harry, utilisa sa main d'argent pour serrer le cou d'Harry. Harry se battit pour le repousser, mais l'ami d'enfance de son père était trop grand et trop lourd pour lui. Queudver le jeta sur le côté et se plaça au-dessus de Harry. Luna essaya de repousser Queudver, mais elle n'arriva pas à le faire bouger.
« Papa, à l'aide ! »
« Je… Luna chérie, peut-être qu'on devrait… »
« Papa, il fait du mal à Harry ! »
Harry manquait d'oxygène. Ses yeux commençaient à être lourds. Il s'affaiblissait de plus en plus. Son cœur battait frénétiquement et douloureusement contre sa poitrine. Il entendait encore Hermione crier. Il avait juste besoin de quelqu'un pour l'aider.
Sauvez Hermione, pensa-t-il. N'importe qui. Juste… sauvez-la.
Il ne pouvait plus garder les yeux ouverts.
Puis, plusieurs choses se sont produites d'un seul coup.
Il y eut un gros pop dans l'air, suivi d'un fort cliquetis, d'une explosion et du ton joyeux d'une voix très attendue.
« Vous ne ferez pas de mal à Harry Potter. »
Harry ouvrit les yeux. Dobby se trouvait au-dessus de lui, la baguette de Queudver distraitement tenue dans sa main.
« Dobby ? »
« Dobby est venu pour Harry Potter, » dit l'elfe avec enthousiasme.
« Mais comment ? »
Dobby tourna la tête sur le côté comme s'il était très confus.
« Harry Potter avait besoin de Dobby. Alors Dobby est venu. »
Note de l'Auteur :
L'apparition de Dobby sera expliquée plus tard. N'ayez crainte.
Notes du Traducteur :
Et voilà. Comme d'habitude, un bon chapitre de Merlyn, mélange du canon et de son récit. Et vous voyez aussi une petite nouveauté : on passe un peu du point de vue d'Hermione. Merlyn l'a déjà fait, mais assez rarement (la mémoire, bien sûr, la poursuite dans la forêt de Dean, mais pas beaucoup plus). Et cela change la vue de la scène, bien sûr…
Pour le reste, c'est là le dernier chapitre qu'il m'est possible de traduire, j'ai maintenant rattrapé les parutions de Merlyn sur ses deux histoires. Désormais, il faudra attendre une prochaine mise à jour de Merlyn pour que je puisse continuer ici.
Il ne me restera plus qu'à travailler sur le One Shot en préparation, ainsi que sur la traduction suivant (c'est déjà en cours). Je n'ai pas de date précise à annoncer par contre.
À la prochaine, et merci à tous de me lire.
[1] Si je me rappelle bien, au début, le Polynectar change la vue des personnes (ta vue est terrible Harry). Du coup, petite erreur de l'auteur ici, il y a assez peu de chances que la personne copiée par Harry ait la même (mauvaise) vue que lui.
[2] Petite invention de Merlyn je pense. Muddy en anglais existe vraiment, et veut dire boueux (l'adjectif). Mais ici, on fait référence à Sang-de-Bourbe (MudBlood), et je ne crois pas qu'il y ait de traduction officielle pour Muddy sous ce sens-là. Donc Bourbeuse ce sera, en attendant mieux.
[3] Et non, ce n'est pas une coquille. Ou alors, c'est celle de Merlyn...
[4] Un D en anglais, mais ça marche aussi pour le E de chez nous (sauf qu'on a plus de lettres d'en anglais)
