Bonjour à toutes et tous!

Voici le dernier chapitre de cette fiction. Il y aura une suite, en effet, mais la date de sortie n'est pas encore prévue (il s'agira aussi d'une réécriture du tome 7).

J'ai déjà envie (et besoin) de finir mes deux autres fictions ("Il avait les yeux gris" et "Aller simple vers le passé"), donc je vous conseille de me suivre ou m'ajouter en favori en tant qu'auteur et vous aurez une alerte dès que je posterai une nouvelle histoire :)

Je ne ferais pas dans le sentimentaliste pour cette fin de fiction, je suis juste très fière (il aura fallu quand même 4 ans!) d'avoir pu terminer ces six cents pages d'écriture.

Merci à vous de continuer à faire vivre cette histoire en la lisant!

Bonne lecture!

Les reviews anonymes gagnent leur réponse en fin de texte!


Chapitre 36 : De l'autre côté du miroir

Hermione ouvrit les yeux. La lumière douce du soleil lui chatouillait le visage et elle cligna des paupières. L'air était si doux… Elle s'étira dans les draps chauds de son lit à baldaquin. Elle semblait avoir fait un long rêve dans lequel Dumbledore était mort. Mais la journée s'annonçait tellement belle, comment aurait-il bien se passer un tel drame ? Elle se releva et des mèches brunes tombèrent sur ses yeux, lui bouchant la vue.

- Ah, c'est vrai, j'avais des cheveux bruns…, murmura-t-elle d'un ton pâteux.

Elle ramena sa tignasse en arrière, se leva et alla vers sa penderie. Elle tiqua. C'était étrange, on aurait dit qu'elle était dans le dortoir des Gryffondor. Son dortoir. Mais depuis quand n'avait-elle pas revu ce décor ? Elle ouvrit de grands yeux et se précipita vers son miroir.

- Non, c'est pas vrai ! s'écria-t-elle, choquée, en se touchant le visage et les cheveux.

- Mh… ? Qu'est-ce qu'il se passe ? marmonna Lavande du haut de son lit, la voix brumeuse.

- Lavande ? Ca y est ! Je suis moi ! s'exclama Hermione, la mine radieuse.

- Oui, c'est bien, tu es toi, et moi je suis moi, ça change rien entre nous, répondit Lavande en se retournant pour mieux finir sa nuit.

- C'est un rêve… C'est un merveilleux rêve ! Si seulement tout était aussi bien…

Elle balaya tous ses mauvais souvenirs, profitant de ce rêve inespéré. Elle était de nouveau Hermione Granger. Elle était de nouveau ici, en chair et en os. Elle dévala l'escalier, à peine habillée, et se rua vers la Grande Salle. Elle engouffra son petit déjeuner avec enthousiasme, sans se poser de questions.

- Ça te donne de l'appétit, on dirait, que Dumbledore soit mort, dit une voix d'un ton cassant.

Elle se retourna et vit Ron, un air maussade sur le visage, en train de plier la Gazette du Sorcier à quelques pas d'elle.

- Ron ! hurla Hermione. Ça fait si longtemps !

Elle se rua dans ses bras, sans vraiment se rendre compte de son geste. Elle ferma les yeux. Merlin qu'il était bon de se sentir de nouveau à la maison.

- Her… Hermione ? bégaya le rouquin, stupéfait.

Elle était revenue, enfin ? Ne comprenant pas totalement ce qu'il était en train de se passer, Ron resserra ses bras contre le corps frêle d'Hermione. Ah oui, cette sensation de plénitude…

- Attends, fit Hermione en rouvrant les yeux. Que viens-tu de dire ?

Il fallut quelques minutes au rouquin pour se remémorer ses derniers mots.

- Dumbledore… est mort ? souffla Hermione.

- Ne me dis pas que tu as oublié ?

La brunette secoua la tête. Tout s'embrouilla dans son esprit. Alors… Alors si elle était redevenue normale, et si elle pouvait être près de Ron et d'Harry, alors… c'est parce que le directeur était vraiment mort ? La prophétie s'était réalisée ? Elle frissonna, cherchant à comprendre, se raccrochant à des bribes de mensonges. Non, c'était un rêve. Dumbledore n'était pas mort. C'était impossible. Mais la réalité la rattrapa bien trop vite. Les larmes pointèrent aux coins de ses paupières.

- Ron… Ron ! murmura-t-elle en se cachant le visage.

- Je sais, dit simplement l'interpellé.

Il la pressa contre lui, impuissant. Merlin qu'il était heureux qu'elle soit revenue parmi eux.

- Non, c'est clair ? hurla une voix de garçon.

Ils se regardèrent et se rapprochèrent pour assister à la scène. Dans le hall d'entrée, Seamus Finnigan, de dos, se tenait debout devant une femme qui devait être sa mère.

- Je ne rentrerai pas, tu comprends ? Il faut que j'assiste à l'enterrement… Tu ne peux pas me refuser ça !

- Enfin, Seamus, tu es trop jeune !

- On vit des temps troublés, maman !

Sa mère, qui visiblement ne voulait pas faire d'esclandre, abdiqua.

- Très bien, mais dans ce cas, je serais avec toi…, finit-elle par dire sur un ton de reproche.

- Les parents vont vouloir à tout prix retirer leurs enfants de Poudlard, glissa Ron en serrant Hermione par les épaules. C'est compréhensible, même si Poudlard est plus sécurisant que chez soi…

Hermione ne savait que répondre. Elle pensa à ses parents, et elle eut le cœur serré. S'ils étaient blessés, comment pourrait-elle les protéger en étant à Poudlard ?

En effet, pour confirmer les dires de Ron, ils virent Zacharias Smith quitter le château escorté par son père, un sorcier à l'air hautain.

- Les sœurs Patil sont parties avant le petit déjeuner, rajouta Ron. Je les ai croisées quand je suis descendu.

- Je… Je croyais que c'était un rêve. Je pensais… Excuse-moi, j'ai besoin de…

Hermione ne finit pas sa phrase. Elle avait la nausée. Elle se dégagea de l'étreinte de Ron, et se dirigea à pas rapides vers le parc de Poudlard. Arrivée près du lac noir, elle déversa son mal-être. Elle fit quelques pas le long de l'eau, et s'assit contre un arbre. Toujours en silence, elle arracha des pousses d'herbe à sa portée, mais sans réellement s'en rendre compte. Alors c'était fini. Dumbledore était mort, ils avaient rejoint leurs corps. Tout était fini. Son regard dériva vers le parc. Tant de gachis pour ça… Les larmes commencèrent à couler doucement le long de ses joues.

- Alors, on rêve ou on regrette ? s'exclama une voix grave bien familière.

La brunette tourna la tête vers l'intrus. Un grand noir aux yeux sombres affichait un air narquois.

- Zabini, salua-t-elle simplement.

- Tu as eu ce que tu voulais, non ? Le directeur est mort ! Vous allez récupérer votre corps dans pas longtemps.

- C'est déjà fait.

- Ah !

Blaise Zabini glissa un regard en coin vers la jeune fille pour mieux la détailler. Hermione Granger avait le regard dans le vide, sans se soucier des larmes qui ne s'arrêtaient plus de couler en silence. Un sentiment de vide semblait s'être installé dans son esprit. Blaise aurait voulu lui changer les idées, la secouer ou lui dire que c'était génial, ils allaient enfin vivre une vie plus normale, mais son désespoir le toucha et il eut un sourire triste.

- Je ne l'ai pas tué… Mais c'était tout comme, articula lentement Hermione en se cachant le visage.

- Je sais.

Le Serpentard caressa doucement le dos de la brunette, en silence. Il n'était pas capable de réconforter quelqu'un d'aussi profondément malheureux. Il ne savait pas que dire, surtout face à Hermione. Il l'avait vue se débattre, courageusement lutter, et voilà que la pression redescendait et qu'elle évacuait toute une année de malheurs. Il ne pouvait que rester à ses côtés et lui donner un peu de chaleur humaine.

- Tu penses que si tu es de nouveau toi, alors…

Hermione releva la tête.

- Alors, tant mieux ? souffla Blaise en se couchant sur l'herbe.

Elle regarda ses mains. Oui, c'était sûr. Elle hocha la tête. Le regard de Blaise était perdu dans l'immensité bleue du ciel. C'était une magnifique journée d'été. Hermione suivit son regard. Le soleil lui caressait agréablement le visage, comme pour lui rappeler qu'elle avait besoin d'un repos bien mérité. Oui… C'était mieux ainsi. Elle eut un sourire faible. Est-ce qu'il avait vraiment réussi à réintégrer son corps ? Narcissa devait être au comble de la joie. Est-ce qu'ils se reparleraient un jour ? Est-ce qu'ils se recroiseraient bientôt ? L'avenir le décidera pour eux. A présent, il était parti de Poudlard. Et tout ce qu'il avait ici, ses affaires… Ses affaires ?

- Zabini, et les affaires de Drago, qui va les lui rendre ?

- Oh, ça, ne t'en fais pas, on va s'en charger. On lui enverra par hibou toutes ses affaires les plus intimes, et on mettra le reste dans le Poudlard Express… Quoique, son lit était vide… Les sœurs Greengrass sont parties tôt ce matin, elles les ont peut-être récupérées…

Hermione se sentit rassurée. Au moins, il pourrait récupérer ce qu'il lui manquait.

- D'ailleurs, si tu as un message à lui transmettre…

Le Serpentard eut une moue qui fit sourire Hermione. Ils n'étaient pas si mauvais que ça, en fin de compte, ces élèves des cachots, ils étaient juste un peu plus maladroits que les autres. Elle secoua la tête.

- J'aurais tant de choses à lui dire, fit-elle d'une voix douce. J'aimerais tant lui exprimer ma grattitude qu'un simple message n'y suffirait pas…

Ils restèrent un moment ensemble, à savourer la brise qui leur caressait le visage. Le ciel était lumineux. Rien ne présageait ce qu'il allait se passer bientôt, ni ce qui s'était déroulé la veille.

- Et puis… Merci, Blaise. Pour cette année… Heureusement que tu as été là.

La voix d'Hermione était si faible que Zabini crut rêver. Pourtant, il sentit un étrange sentiment poindre au creux de sa poitrine. Il était tout simplement heureux.


Drago se réveilla difficilement. Ses membres ankylosés lui rappelaient qu'il avait passé une très mauvaise nuit et il se redressa non sans mal dans son lit. Il tiqua. Ses mains étaient grandes, et les mèches blondes qui lui tombaient sur le visage étaient bien reconnaissables.

Il courut jusque dans la salle de bain et fronça les sourcils en se penchant vers son miroir. Alors, il avait retrouvé son corps. Ils avaient réussi. La prophétie s'était réalisée, malgré tout. Dumbledore mort, ils pouvaient mener de nouveau leur propre vie. Il fit couler de l'eau et se mouilla le visage. Un rire un peu fou le secoua. Quelle joie de retrouver son corps. De sentir à nouveau son sang et son cœur battre rien que pour lui. Son rire était un peu froid, compte-tenu des circonstances. Devant son miroir, il ressemblait à un fou.

On frappa à la porte de sa chambre.

- Miss Granger ? Vous êtes réveillée ?

La voix posée de Narcissa à travers le bois lui donna une nouvelle vigueur. Il marcha à grandes enjambées vers elle, ouvrit en grand la porte et tomba dans ses bras.

- Je suis de retour, Mère.

La noble dame cligna des yeux. Elle ne pouvait en croire ses yeux. Cette façon de se tenir, ce regard plus dense…

- Je suis heureuse, Drago, fit-elle en resserrant ses bras sur le corps de son fils. Bienvenue chez toi.

- Merci, murmura Drago dans un souffle. Je vois que vous êtes toujours souffrante.

Narcissa sourit faiblement. Elle secoua la tête.

- J'ai beaucoup de choses à te dire, à commencer par ce qu'il s'est passé hier soir.

Il s'effaça pour la laisser entrer dans sa chambre. Elle s'assit sur un fauteuil, près d'un secrétaire. Drago joua machinalement avec une petite boîte en nacre posée sur dessus.

- Je n'ai pas été tué, alors, dit-il d'un ton qui se voulait léger.

Narcissa soupira.

- Non, le Seigneur des Ténèbres n'a pas été clément, mais il a préféré s'en aller que perdre la face devant ton parrain et ta tante.

Drago haussa les sourcils, mais il ne releva pas.

- Je vois.

- Miss Granger a été très courageuse hier, reprit Mrs Malefoy. Elle a accepté la torture sans broncher. Elle a…

Elle soupira de nouveau.

- Elle a fait bouger beaucoup de choses ici.

Il y eut un petit silence. Drago continua de jouer avec sa boîte. Il ne savait pas trop s'il voulait parler de Granger ou non. Il avait à la fois envie de partager tous ses souvenirs avec sa mère, avec son entourage, et en même temps de tout garder jalousement pour lui, comme une part de gateau éphémère. Il savait qu'il ne serait jamais rien pour elle, aussi, en conservant ses souvenirs, il était sûr de ne pas les gâcher.

- Severus sait pour l'échange de corps, continua Narcissa, changeant de sujet. Il s'en est douté toute l'année, et il a tout découvert hier.

Drago tiqua. Rogue au courant ? A cause d'Hermione ? Ou bien avait-il deviné ça tout seul ? Il ne chercha pas à savoir. A quoi bon, à présent ?

- Et puis… Le Maître demeure ici, murmura Narcissa un ton plus bas. Fais attention à ce que tu vas dire et à qui.

Drago hocha la tête. Il sentit un poids tomber sur son torse. Il aurait mieux aimé ne pas avoir à partager son logis avec le plus sinistre des invités.

- Quant à ton père… Il a été changé par… par Azkaban.

Un nouveau silence s'installa. Drago resserra sa prise sur la petite boîte nacrée. Il finit par la jeter contre la fenêtre et elle s'écrasa par terre avec un bruit de coquillage cassé. Il se retourna et son regard se brouilla de larmes. Il fit mine de contempler le parc à travers les vitres.

- Je suis désolé, Mère… Je suis désolé que ça se passe de cette façon, marmona-t-il entre ses dents.

Ça n'aurait jamais dû se passer comme ça. Combien de familles allait encore détruire Voldemort ? Combien de temps tiendraient-ils ? Comment allaient-ils faire face à cette nouvelle guerre ? Rien de brillant ne se profilait à l'horizon. Drago aurait voulu s'enfuir. Mais s'enfuir pour aller où ?

- Ne le sois pas, Drago, répliqua Narcissa en réparant la petite boîte d'un mouvement de baguette magique. Nous avons décidé de quelque chose de très important, avec ton père.

Elle planta son regard limpide dans celui, grisé, de son fils. Son sourire s'était changé en une expression de détermination intense.

- Nous ne nous impliquerons plus dans cette guerre, fit-elle avec une voix soudain plus ferme. Nous déciderons simplement de rester en retrait. De jouer le jeu devant les partisans du Lord et de faire comme si nous étions les mêmes qu'il y a dix-sept ans. Mais dans notre cœur, nous ne souhaitons plus prendre parti. Toi…

Elle marqua une pause, comme si tout son être était déchiré par ce qu'elle allait dire.

- Tu es libre de le faire ou non. Tu sais à quel point le Lord est dangereux et bien loin de nos capacités. Nous ne pouvons qu'attendre que la tempête se calme. Drago… Nous voulons juste que tu sois sain et sauf. C'est tout ce qui nous importe, à présent.

Elle s'écroula à genoux, les larmes roulaient sans bruit sur ses joues. Trop de temps. Ils avaient perdu trop de temps. A vouloir jouer. A vouloir trop paraître. Ils avaient failli perdre Drago. Ils avaient dû en arriver là pour se réveiller. Narcissa se cacha le visage dans les mains. Elle avait honte. Honte de ce qu'elle avait fait subir à son fils. A la jeune brunette. Honte d'avoir été manipulée et d'avoir été aveugle. Elle aurait voulu mourir plutôt que de se regarder une nouvelle fois dans la glace, mais n'avait pu aller jusqu'au bout, pour continuer à donner le change. Elle ne pouvait juste plus. La dispute qu'elle avait eue avec Lucius avait été violente. Lucius qui avait toujours eu le dernier mot. Lucius qu'elle avait giflé quand il lui avait reparlé d'un plan pour retourner dans les petits papiers du Lord. Elle avait été si aveugle. Elle avait cru bien faire. Mais si on croyait seulement pour faire des bonnes actions, alors, le mal n'existerait pas.

- Ne pleurez pas, Mère, reprit Drago d'une voix douce.

Il n'avait jamais vu sa mère aussi rongée de culpabilité. Il s'était baissé à son niveau et remontait son menton. A travers les yeux de Narcissa, on pouvait voir un visage apaisé, mais déterminé. Il y avait bien de la peur, dans son regard cendre, mais il y avait quelque chose de plus. Quelque chose de plus dense, de plus profond. Un peu comme celui d'Hermione Granger quand elle avait décidé quelque chose.

- Je sais ce que je dois faire. Hermione… Hermione aura besoin de moi, cette année, poursuivit Drago avec une voix lente. Je le sais, je le sens. Nos chemins se recroiseront rapidement, surtout que… je ne suis pas sûre qu'elle sera à Poudlard à la rentrée prochaine. Je ne me mettrai pas en danger, mais j'essaierai de l'aider du mieux que je peux. C'est… C'est tout ce que je peux faire, pour l'instant. A mon niveau.

Narcissa observa son fils. Ce n'était plus le jeune héritier arrogant et niais qu'elle connaissait depuis plus de dix-sept ans. A présent, se trouvait un jeune homme qui commençait tout doucement à faire ses choix de son plein gré. C'était un sentiment que Narcissa avait peu ressenti ces dernières années. Oui, simplement de la reconnaissance.

- Maîtresse Malefoy… Le jeune maître Malefoy est demandé…

Ils échangèrent un regard. Drago se releva, et acquiesça. Etait-ce Voldemort qui revenait sur ses pensées ? Ou bien sa tante ? Mais dans le hall d'entrée, ne se trouvait qu'une jeune fille brune et une grosse valise qui la rendait encore plus mince. Malgré son air hautain, elle semblait légèrement anxieuse.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Drago d'une voix un peu brusque.

Il se reprit.

- Pardon… Je ne m'attendais pas à te voir, ici…, balbutia-t-il en évitant son regard.

- Je ne suis pas venue pour me battre, fit la jeune fille. Je ne suis pas venue pour te reprocher des choses ou pour que tu m'en reproches. Je n'ai fait que récupérer tes affaires et te les apporter. Dumbledore étant mort, nous avons eu la permission de partir plus tôt.

- D'accord, merci, fit Drago d'une voix monocorde.

Il s'attendait à ce qu'elle s'enfuie, mais elle resta là, immobile. Ce qu'elle semblait vouloir demander lui coûtait visiblement très cher.

- Est-ce que… Est-ce qu'on peut marcher un peu ?

Drago acquiesça. Ils se promenèrent un moment dans les larges allées du parc. Les paons blancs se pavanaient autour d'eux, comme s'ils essayaient de les inciter à faire la cour.

- Je crois que je sais ce qu'il s'est passé cette année… Enfin, je crois. Je ne suis pas sûre. Et je ne t'énoncerai pas une théorie douteuse, dit-elle d'une voix très rapide.

Ils firent quelques pas de plus.

- Tout ce dont je suis sûre, c'est que… tu as changé, Drago. Tu n'es plus le même, tu as mûri et tu… Tu es plus calme. Je ne sais pas ce que tu as découvert, mais ça t'a permis de t'affirmer.

Ils se retrouvèrent face à face l'un de l'autre, statiques.

- Daphné…

- Attends, laisse-moi finir, s'il te plaît, supplia la dénommée.

Elle inspira profondément. Ses grands yeux sombres le toisaient avec ardeur. Elle chercha ses mots.

- Je tiens juste à te dire que je vais accepter mon destin. Blaise et moi, nous avons beaucoup parlé. Nous allons apprendre à nous voir comme des amis fidèles qui se soutiendront jusqu'au bout. Parce qu'un couple, c'est comme une équipe… Enfin, c'est ce que me disait ma grand-mère…

Elle sembla réfléchir. Mais elle secoua la tête, replongeant son regard dans celui de Drago.

- Enfin bref, alors… Je vais faire des efforts pour être une partenaire idéale et sur laquelle on peut compter. Evidemment, ça va être difficile. Je ne garantis pas que ce soit facile tout de suite. Mais je vais faire de mon mieux.

Drago la regarda comme s'il la voyait pour la première fois. Daphné était une très jolie fille. Elle avait un port altier qui seyait divinement bien avec son visage, très fin. Son regard d'ordinaire méprisant et froid était en ce moment-même animé d'une intensité nouvelle. Son teint de lait rosit légèrement.

- Et je vais aussi essayer de garder mon amour pour toi intact, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour Drago. Car oui, je suis amoureuse de toi.

Elle rosit de plus belle et pouffa, avec un sourire en coin.

- Je ne pensais pas que cela serait si simple à dire, dit-elle en regardant les divers nuages dans le ciel. Je me sens soulagée, tout à coup…

Elle reprit un air normal. Mais Drago jurait que ses prunelles portaient sur le monde un regard plus doux.

- Je ne renoncerai pas à toi tant que tu ne seras pas pleinement prêt à assumer ton destin. Mais si tu le fais, et que tu trouves une once de joie dans cette idée, alors j'accepterai que tu ne sois pas celui que j'aurais aimé que tu sois. Mais pour ça, Drago, il faut que tu n'oublies jamais de chérir ce qui est précieux pour toi. Les valeurs, les liens, peu importe ce qui t'intéresse, n'oublie pas que c'est là que tu puiseras ta force.

Elle caressa le visage du jeune homme du bout de ses longs doigts. Drago frémit au toucher. En un éclair, sa main attrapa ses doigts et sa joue se cala tout contre. Il ferma les yeux. Un sentiment de bien-être l'envahit aussitôt. Merlin qu'il avait oublié la sensation de douceur qu'il ressentait aux côtés de Daphné. Elle avait ce don de le rassurer, sans mot dire, juste par sa présence. Et ça lui faisait tellement de bien. La seule personne peut-être qui pourrait égaler ce sentiment…

- Si c'est Astoria qui doit être ta promise, alors il en sera ainsi, poursuivit Daphné. Si tu assumes, nous t'aiderons tous à cheminer pour trouver une plénitude dans ta quête. Mais si tu étais malheureux, et si tu te renfermais comme tu l'as fait durant ces dernières années, et si tu te mettais à blesser ceux qui t'aiment, alors… alors je me permettrai de te bousculer.

Drago lâcha la main de Daphné. Ils se regardèrent longuement, Daphné pour faire le deuil de son amour impossible, Drago pour renouer avec les sentiments qu'il avait essayé d'écraser.

- C'est un deal, conclut-il avec un sourire en coin.

Ils s'assirent près d'un buisson et regardèrent la nature se réveiller peu à peu autour d'eux.

- Tu sais, Daphné, je ne pense pas que je sois tombé amoureux de toi… Pourtant, je ne te déteste pas… Je suis même très… reconnaissant… que tu sois à mes côtés. Je vais essayer de ne pas fuir mes responsabilités. Non, je vais essayer d'être présent pour les personnes qui ont besoin de moi, à mon tour.

Daphné sourit. Ils restèrent un long moment comme ça, l'un près de l'autre. Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas retrouvé cette complicité d'enfance, cette amitié qui n'était jamais réellement morte. Drago ne pensait pas vraiment à Astoria. Toutes ses pensées convergeaient vers une autre brunette, plus chaleureuse, plus courageuse, une jeune fille de moins bonne famille, mais dont la seule présence effaçait tous les maux. Drago se surprit à imaginer ce que devenait Hermione, à quelques centaines de kilomètres de là. Elle n'était plus seule. Il sentit Daphné serrer sa main et il se laissa faire. Lui non plus. Il eut un léger sourire. Ils allaient surmonter les épreuves ensemble. Tout irait bien. Une vague de courage le traversa. Oui, en cet instant, tout était parfait.


- Hermione ? Tout va bien ?

Alors que Blaise repartait en sens inverse, Hermione aperçut la silhouette de Ron qui accourait dans sa direction. Elle hocha la tête, un fin sourire sur les lèvres. Un sourire fatigué.

- Ça va, dit-elle d'une voix un peu plus morne qu'elle n'aurait voulue.

Il s'assit à côté d'elle et huma l'air encore frais de cette nouvelle journée. Le soleil commençait à chauffer doucement l'atmosphère et les perles de rosée commençaient à s'évaporer.

- Tu sais, fit Ron, mal assuré.

Il triturait ses doigts, inquiet. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne lui avait plus adressé la parole. Il avait oublié comment c'était de se tenir près d'elle, de ne penser à rien d'autre, et d'être juste… comblé ?

- Je suis content que tu sois là… Oui, vraiment très content.

Hermione pouffa malgré elle. Il avait cet air maladroit qu'il arborait de temps en temps, quand il était pris de court. Et ça lui plaisait beaucoup. Elle aimait son côté ingénu, sa façon d'être un peu rêveur.

- Moi aussi, je suis contente que tu sois là, Ron. J'ai l'impression d'avoir fait un rêve terrible, comme si j'étais quelqu'un d'autre…

Ron tiqua. Alors, elle ne savait toujours pas qu'il était au courant. Bon, tant pis, il ne le lui dirait pas. Du moins, pas tout de suite. La brise lui caressa le visage et il ferma les yeux, comme soulagé. Hermione était revenue. Malgré tous les sinistres événements qui parsemaient leur quotidien, elle était de nouveau avec lui, et ça lui réchauffait le cœur. Il se sentit égoïste, mais il s'en moquait éperdument. Il pensa à Malefoy, qui serait toujours seul. Il pensa à Harry et au fardeau qu'il était en train de porter. Ses pensées retournèrent vers Hermione, rayonnante en ce joli mois de juin. Et il se sentit soudain très heureux. Il chérit ces précieux moments. Au loin grondait la tempête, mais puisqu'elle était là, il serait prêt pour l'affronter. Au loin, ils se disputeraient, ils se sépareraient peut-être, ils affronteraient des choses qui les dépassent tous les deux, mais maintenant, à cet instant présent, ils étaient tous les deux, assis l'un contre l'autre et son cœur déborda de joie. Il était profondément reconnaissant à Drago d'avoir su malgré tout protéger Hermione, d'avoir conservé son corps, d'avoir été là quand on avait besoin de lui, pour une fois. Un sourire étira ses lèvres, et il caressa doucement le dos d'Hermione. Celle-ci sursauta, le regard encore dans le vague. Elle ressassait des choses moins joyeuses.

- Dis, Ron… Harry… Comment va Harry ?

- Pas très bien, répondit Ron. Ils n'ont pas trouvé de horcruxes, hier… Il avait été remplacé par un faux… Tu sais, quand ils sont partis, avec Dumbledore…

Hermione hocha la tête. Alors, tout ça pour rien ?

- Et… Bill et Fleur se marient cet été.

Bill ? Son frère et la vélane ? La brunette cligna des yeux. Alors, il y avait encore des choses incroyables comme un mariage ? Si banal et si heureux ? Hermione sentit son cœur se serrer, sans raison apparente.

- C'est formidable, dit-elle en baissant les yeux.

- Hermione, je…

Ron avait ouvert la bouche, et se sentit soudain très bête. Les paroles de Drago résonnaient dans sa tête. Potter va vouloir partir. Il fallait qu'il en parle avec elle. Mais comment lui faire comprendre cela sans lui parler de l'échange de corps et de ce qu'avait dit Malefoy ?

- J'ai réfléchi à ce que tu avais dit, hier… Que Harry va vouloir partir de Poudlard cet été. Je ne suis pas si sûr de ça…

Hermione voulut répondre, comprendre ce que ça voulait dire, mais déjà, une silhouette familière apparut devant eux.

- Salut, dit simplement le Survivant.

- Harry ! s'exclama Hermione.

Elle le serra dans ses bras. Merlin que c'était bon de le revoir après si longtemps. Harry cligna des yeux, pensant que la mort de Dumbledore la rendait plus émotive que d'ordinaire.

- Les cours sont suspendus et les examens repoussés à une date ultérieure. Il y a un mot dans le hall d'accueil, dit-il d'un ton morne.

Ils marchèrent un peu dans le parc, sous les chants joyeux des oiseaux et le ciel d'un bleu limpide. Harry s'assit près d'un saule, l'air soucieux. Il n'avait plus ce côté pressé et excité de découvrir des mystères. Il semblait résigné. En une nuit, on aurait dit que la maturité l'avait trouvé et transformé.

Hermione sentit son cœur devenir un peu plus lourd dans sa poitrine. Elle aurait tant aimé pouvoir lui raconter toute son année, elle aurait aimé se dédouaner de sa culpabilité envers Dumbledore. Mais pouvait-elle seulement balayer ce qu'ils avaient fait ?

- Au fait, Hermione, dit Harry, quand je suis allé avec Dumbledore hier, nous n'avons trouvé que ça…

Il montra le mot trouvé dans le médaillon, le faux horcruxe. Hermione prit délicatement le petit bout de papier.

- R.A.B. ? questionna-t-elle d'un ton surpris.

Les deux garçons secouèrent la tête en signe d'impuissance. Hermione fronça les sourcils. Les initiales ne lui rappelaient aucun nom d'obscur sorcier qu'elle aurait pu rencontrer au hasard de ses lectures.

- Ça ne me dit rien, réfléchit-elle. Mais je vais aller faire un tour à la bibliothèque, ça me permettra d'y voir plus clair. Je vais peut-être trouver quelque chose.

Et sans attendre davantage, elle se releva et se dirigea vers le château.

Hermione passa tout son après-midi à la bibliothèque, ce qui était assez surprenant pour quelqu'un qui n'avait plus aucun devoir à faire. Elle tapotait la table de ses doigts impatients, en reposant la grosse encyclopédie contenant l'arbre généalogique des plus illustres familles de sorcier. Elle secoua la tête. Il y avait bien Rosalind Antigone Bungs, (mais il était douteux que sa famille n'ait jamais trempé dans les affaires de Voldemort, sauf si les partisans souhaitaient à tout prix percer le secret du tricotage des cache-théières en patchwork) ou Rupert « A la Hache » Brookstanton, mais il avait vécu deux siècles auparavant et à moins d'avoir effectué un voyage dans le temps, il n'était pas probable qu'il n'ait jamais eu affaire à Voldemort. A l'évidence, ils ne pouvaient pas être suspectés.

Légèrement abattue, elle regagna la salle commune des Gryffondor en ce début de soirée. Harry et Ron étaient en train de jouer aux échecs version sorcier sans réelle conviction. Ginny, à côté, caressait tendrement Harry de temps à autre. Hermione se sentit soudain de trop dans ce tableau d'amis, et évita de croiser leur regard. Elle monta en silence dans son dortoir et personne ne l'en empêcha. Avec un petit soupir, elle se coucha sur son lit, encore habillée, le regard fixé au plafond. Tant de choses s'étaient passées durant cette sixième année. Elle se sentit à la fois plus mature et à la fois redevenue enfant. Elle aurait aimé pouvoir revoir Drago, et lui demander comment il allait. Elle aurait aimé lui reparler une dernière fois. Sa main glissa sous son oreiller et ses doigts sentirent quelque chose. Elle sortit un bout de parchemin plié en quatre. En le dépliant précautionneusement, elle put découvrir l'écriture soignée du jeune Serpentard et eut un sourire timide.

.

Chère Hermione,

Voilà, si tu lis cette lettre, c'est que tu es redevenue toi-même et que par conséquent notre échange de corps a pris fin. Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger comme j'aurais dû le faire, mais il fallait que je préserve ton corps, pour que tu puisses le réintégrer. Ce n'est en rien une excuse, j'aurais aimé être à tes côtés quand tu étais devant Dumbledore et j'aurais aimé mieux t'épauler tout au long de cette année.

A présent, je vais t'expliquer de nombreuses choses, donc ouvre grand tes yeux.

Dumbledore garde des livres sur les horcruxes dans son bureau. J'ai essayé de les récupérer ce soir, mais la fenêtre devait être fermée, alors il faut que tu y arrives avant de quitter l'école. Je pense qu'un simple accio suffit depuis la fenêtre de ton dortoir.

Potter va certainement vouloir quitter l'école maintenant que la guerre est déclarée, donc tiens-toi prête à partir, car je sais que tu feras ton maximum pour l'accompagner, je me trompe ? Ce qui n'était pas mon cas, malheureusement. Enfin, maintenant que je suis de retour dans mon corps, je vais pouvoir me la couler douce… enfin !

Bref, je vais essayer de t'envoyer quelque chose qui t'aidera, cet été, quand tu seras chez tes parents, donc garde l'œil vers l'horizon, mon grand-duc sera à ta fenêtre.

N'oublie pas ce que t'ont dit mes parents, Crabbe et Goyle ou même les filles, Pansy, Daphné ou Astoria, cela va peut-être te servir dans les mois à venir, puisque la magie noire risque de couler à flot dans toute la région.

A ce propos, je te joins la photo que je t'ai prise de Eileen Prince. Tu sais, la mère de Rogue, Potter l'ignore encore. Faudrait peut-être lui rappeler qu'il a lu toute son année le livre de Rogue, ça lui fera les pieds ! J'ai essayé de le mettre sur la voie toute l'année : le livre du Prince de Sang-Mêlé n'appartient à personne d'autre qu'à Rogue. J'avais donc raison, mais il n'a jamais voulu m'écouter. Je voulais lui faire croire qu'il appartenait à la mère de Rogue, puisque la mère de Rogue ne s'est mariée qu'après Poudlard à un moldu, nommé Tobias Rogue. Ne dis pas que c'est moi qui te l'ai dit, dis que ça vient de la bibliothèque !

Weasley sait pour nous, pour toute cette année et pour la mission, donc n'hésite pas à te confier à lui. En revanche, Potter ignore tout. Laisse-le en dehors de ça. Il a d'autres chats à fouetter d'ailleurs.

Je pense que tu devrais protéger tes moldus de parents. Une fois que vous serez partis, vos familles seront interrogées sans pitié. Autant la famille de Weasley sait malgré tout se défendre, autant tes parents n'ont aucune chance. Il faudra les cacher. Le sortilège de confusion sur les vingt dernières années de leur vie est assez puissant pour qu'ils ne puissent rien révéler. Une fois cela fait, envoie-les à l'autre bout du monde. Si ce n'est pas toi, je m'en chargerai, n'aie crainte.

Crée un sac de voyage qui puisse se déplacer partout sans prendre de place, et dans lequel tu peux mettre plein de choses utiles (et inutiles, te connaissant). Procure-toi du polynectar, au cas où. Fais attention aux autres, à part les deux lurons, il faut te méfier de tout le monde.

N'aie pas peur, Hermione, tu seras peut-être anxieuse en lisant cette lettre, mais je serais avec toi, et Ron aussi. Et si jamais tu n'arrives plus à retrouver tes parents, ou si tu as été tellement brillante qu'ils ont vraiment réussi à t'oublier, n'oublie pas qu'il y aura toujours une place au manoir pour toi.

Sache qu'il ne se passera pas un jour sans que je ne pense à toi.

Prends soin de toi,

Drago

.

Hermione étira son sourire triste. Les larmes perlèrent au coin de ses yeux, jusqu'à couler à flot le long de ses joues. En silence, elle savoura cet instant qui n'était que pour elle.

- Alors, murmura-t-elle, c'est un adieu, n'est-ce pas ?

Elle glissa un regard par la fenêtre par laquelle le soleil couchant embrasait le ciel. Il faisait doux dans le dortoir, malgré l'absence de ses camarades de chambre. Oui, c'était le plus bel adieu qu'il soit pour un garçon aussi mystérieux que Drago Malefoy.


- Drago, salua Lucius.

L'interpelé venait tout juste de raccompagner Daphné au portail. Il s'apprêtait à ranger ses affaires, quand l'ombre de son père apparut en haut des escaliers. Malgré son soulagement de le voir sain et sauf, il redoutait cet instant où il devrait faire face à son père, qui lui rappelait tout ce qu'il avait peur de devenir.

- Est-ce que tu acceptes de me parler ? demanda Mr Malefoy, avec une pointe de crainte.

Drago acquiesça. Il demanda à Bugsy de monter ses affaires dans sa chambre, et il s'avança d'un pas raide dans la salle à manger où un petit déjeuner copieux l'attendait. Drago s'assit et grignota une biscotte beurrée. Son père, le teint pâle, prit place en face de lui. Il poussa une profonde inspiration.

- J'ai appris pour… l'échange.

Il se tut, comme pour guetter une quelconque réaction de son fils, mais celui-ci ne pipa mot, continuant de mâcher sa biscotte.

- Je… Je ne sais pas trop comment exprimer ça, fit Lucius en un rictus.

- Exprimer quoi ? rétorqua Drago.

Il avait dit ça d'un ton très brutal, mais il ne pouvait contenir la colère naissante dans son ventre. Merlin qu'il en voulait à son père d'être ainsi, d'avoir mené leur famille à ce stade. Le voir ainsi, aussi faible, le renvoyait à sa propre faiblesse et il ne supportait pas cette sensation si désagréable.

- Que tu n'as pas été capable de protéger Mère ? Que tu n'as pas été présent ? Que tu lui as infligé tout ça ? Que tu n'es même pas capable de rester quelqu'un de stable, sur qui on peut compter ? Qu'au final, tous tes stratagèmes sont faits pour te servir, toi, et non ceux qui tiennent à toi ? Pour te protéger toi, au lieu des autres ?

Lucius le regarda longuement. Il le dévisagea, sans colère, sans ressentiment. Il cligna des yeux, comme s'il croisait pour la première fois ce garçon qui allait devenir un homme et qui restait leur fils. L'échange de corps, il ne comprenait pas vraiment ce que ça impliquait. Narcissa avait été très vague à ce sujet. Mais en cet instant, il avait l'impression d'avoir quelqu'un d'autre sous les yeux. Ce n'était pas le gamin pleurnichard et un chouia insolent qu'il avait quitté lors de son emprisonnement à Azkaban. Ce n'était plus du tout un môme. C'était un jeune homme prêt à mûrir, prêt à grandir, et qui commençait à se tourner vers les choses qu'il voulait protéger.

- Oui, dit Lucius avec un air fatigué. Je sais que je suis tout ça. Ce n'est pas glorieux. J'en ai conscience. Mais la partie n'est pas finie et nous avons encore un rôle à jouer. Même si je suis de tout cœur avec ta mère et que nous ne voulons plus de ce combat, nous avons quand même besoin de faire semblant pour les quelques mois à venir. D'ici là, mon fils, je voulais simplement te dire… que je suis fier de ce que tu es devenu, de ce que tu représentes, et de ce qu'il s'est passé, articula lentement son père, de dos. Je me félicite que Dumbledore ne soit pas mort de ta main. Je suis reconnaissant de ce que tu as fait et dit.

Il y eut un silence. Lucius se leva. Drago prit une nouvelle bouchée de biscotte, sans vraiment en avoir l'envie. Il hocha la tête.

- Tu me trouves trop sentimental ? questionna Lucius, mal à l'aise.

Drago ne répondit pas tout de suite. Tout semblait si lointain, si irréel. Il leva les yeux au ciel, contemplant le plafond.

- C'est drôle… Moi, je voulais seulement qu'on soit heureux, dans notre coin. Etait-ce trop te demander ? Etait-ce trop… Peut-être… Moi, toute ma vie, j'aurais juste voulu que vous me preniez dans vos bras et me disiez simplement que c'était ça, le bonheur…

Ils se murèrent dans le silence. Lucius n'avait jamais entendu parler son fils de la sorte et Drago n'avait plus la force de continuer à exprimer ses sentiments. Il était maladroit, certes, mais il se sentait ridicule de s'apitoyer de la sorte. Surtout face à son père. Ce dernier, pris de court, ne savait comment tourner les choses.

- Fils… Je suis très fier de toi.

Drago n'osait ouvrir la bouche. Il aurait voulu se jeter au cou de son père. Il aurait voulu oublier tout ça dans ses bras. Il se sentait à la fois désemparé et déterminé. Il avait accepté tellement de choses. Il avait tant subi. Il allait devoir affronter beaucoup plus.

- Je ne vois pas en quoi il faut être fier, cracha-t-il d'un ton blessé.

Il jeta la fin de sa biscotte et se prit la tête dans les mains.

- Moi… Je n'ai rien fait du tout, cette année. J'aurais aimé, mais je n'ai rien fait. Elle a été blessée. Elle a… Elle…

Il sentit son cœur se fissurer. Hermione. C'était Hermione qui avait tout fait. Lui n'avait fait que contempler. Elle avait été si solide, si courageuse. Et voilà qu'à peine la raison retrouvée, il venait de la perdre à jamais. Elle serait à Weasley. Elle avait toujours été à lui. Ils formeraient un joli couple, avec plein d'enfants, et lui, Drago Malefoy, serait réduit au silence, seul dans son manoir froid et impénétrable. Il se marierait à Astoria. Ils vivraient une vie si différente. Mais, n'était-ce pas la meilleure façon de faire ? Serait-il seulement capable de suivre Hermione, si elle le choisissait ? Le choisir ? Il n'avait pas à être dupe. Weasley comblait son cœur. Drago n'avait été qu'un substitut. Il n'entendit pas son père avancer de quelques pas vers lui.

- Si vous êtes vivants tous les deux, reprit Lucius en posant une main mal assurée sur l'épaule de son fils, c'est aussi bien grâce à elle que grâce à toi.

Drago acquiesça, le regard brouillé de larmes. Peut-être.


Le ciel magnifique semblait se moquer d'eux. Harry, Ron, Hermione et Ginny ne se quittaient pas. Le fait d'avoir été séparée d'eux pendant dix longs mois donnait à Hermione l'envie de rattraper en quelques jours tous ces moments spoliés. Malgré sa culpabilité.

Tandis qu'Harry imaginait les bons moments qu'ils auraient pu partager si Dumbledore n'était pas mort, s'ils avaient eu toutes ces journées à passer ensemble en cette fin d'année, Hermione et Ron passaient de longs moments en silence, mais sur la même longueur d'onde. Ils n'avaient pas vraiment besoin de se parler, le fait qu'Hermione sache à présent que Ron les avait réellement démasqués, et qu'elle pouvait sans crainte lui parler de son calvaire était une source de réconfort. Ça la rassurait et l'apaisait. Jamais elle ne s'était sentie aussi proche de lui.

Elle avait essayé d'atteindre les livres sur les horcruxes dont parlait Drago, mais sans succès.

Le quatuor se rendait également à l'infirmerie deux fois par jour : Neville en était sorti mais Bill continuait de recevoir les soins de Madame Pomfresh. Ses cicatrices étaient toujours aussi terribles. Il présentait maintenant une ressemblance frappante avec Maugrey Fol Œil bien que, par bonheur, il eût encore deux bras et deux jambes. Hermione ne cessait de graver dans son esprit les traits douloureux que le frère de Ron avait subis. C'était le prix de son œuvre, sa culpabilité à l'état pur. Elle avait besoin de sentir que cette année avait bien été réelle, que c'était en partie de sa faute. Elle était responsable de la plupart des malheurs causés ici, et elle avait besoin de mettre des images sur les maux qu'elle ressentait.


- Bonjour, Drago.

La jeune fille qui se tenait devant lui emmêlait une mèche bouclée qui s'était échappée de sa coiffure compliquée. Elle souriait timidement. Le jeune homme lui rendit son sourire, quoique très faible.

- Bonjour, Astoria.

La journée s'était déroulée plutôt calmement, malgré une colère froide du mage noir qui avait fait frémir tous les membres du manoir. Le jeune homme s'était tenu en retrait, peu désireux de subir les foudres du Seigneur des Ténèbres. Il s'était isolé dans sa chambre, soucieux de ranger ses affaires et il était tombé sur un paquet tout fin qui contenait le cadeau de Pansy pour son anniversaire. Les deux cahiers de connexion, sombres et fins, frémirent sous ses doigts. Il s'était promis d'en envoyer un à Hermione pour les mois à venir. Afin qu'ils puissent garder un quelconque contact. Alors qu'il allait se rendre à la volière, il fut arrêté par Astoria qui venait lui rendre une visite de courtoisie.

Ils firent quelques pas vers le bois qui jouxtait le parc.

- Ecoute, Drago, j'ai beaucoup réfléchi. Je… Je sais que tu ne m'aimes pas.

Drago ne releva pas.

- Je sais très bien que tout ceci n'est qu'une question de politique. Je sais pertinemment que nous avons aussi notre rôle à jouer pour que ça se passe bien. Et… Et alors…

- Alors quoi ?

Drago se mordit l'intérieur des joues. Il ne voulait pas qu'Astoria le voit dans cet état. Il se sentait déjà empli de dégoût d'être aussi impuissant face à toute cette situation, mais l'histoire du mariage arrangé n'améliorait rien du tout. Il voulait en finir au plus vite.

- Je sais que mes parents vont vouloir annuler les noces. A cause de… A cause de ce qu'il s'est passé… il y a deux ans. Je sais que ça ne te fera ni chaud, ni froid. Au contraire, ça te soulagera peut-être. Mais… Mais moi, sache que je… J'ai envie de passer une partie de ma vie avec toi. Alors…

- Astoria, coupa Drago. Je ne comprends rien de ce que tu sous-entends.

Il était las. Il voulait la voir partir. Après Daphné, Astoria ? N'aurait-il jamais quelques instants tranquilles pour lui ? Il tendait à goûter un semblant de repos calme et solitaire. Il souhaitait juste réfléchir à un plan pour avoir les idées claires.

- Si le mariage tient, nous serons unis, décréta-t-il comme un couperet. Si le mariage est annulé, nous serons forcés de suivre un autre mariage arrangé. Voilà comment nos vies vont se dérouler, je ne vois pas de quoi tu veux parler d'autre. S'il s'agit de sentiment, je te promets de te protéger, ainsi que ton honneur et ton nom, mais ne me parle pas d'amour. L'amour n'est qu'une hérésie.

Il n'avait pas envie de parler d'amour avec Astoria. C'était un domaine encore nouveau pour lui, et il avait peur de souiller cette partie de son âme si intime et si pure qu'il ressentait à présent, avec de vulgaires jeux de séduction.

- Ne pense pas que je sois une vulgaire roturière ! Je suis Astoria Greengrass, fille de Cassiopée et Cetus Greengrass, troisième du nom. Je sais pertinemment ce qu'un mariage arrangé implique. Je connais les codes.

Elle avait soudain une prestance digne de la famille royale. Une vraie aristocrate, pensa Drago. Il soupira. Quelle hérésie, en effet.

- Je ne suis pas venue te conter fleurette, continuait-elle, d'un ton sec. Je ne viens pas te parler d'amour. Je suis peut-être une fille plus jeune que toi, et donc en pleine fleur de l'âge, mais je n'ai pas besoin de ressentir les prémices de ce qu'on appelle agapé. Je te proposais juste de faire un pacte. Si ce mariage ne tient pas et que nous n'avons pas d'autre engagement.

Drago tourna de nouveau son regard vers elle, distrait.

- Je sais que je suis de constitution fragile. Mais je serais sûrement plus solide que toute autre prétendante qui viendra sonner chez toi. J'encaisse beaucoup de choses. Je sais supporter. J'accepte. Car c'est mon destin. Je suis ce que je dois être. Et je sais ce que je suis.

Elle marqua une pause, cherchant à parfaire son discours.

- Si tu ne sais plus où aller, si tu es encore disponible et moi aussi, alors je te propose qu'on mène notre barque ensemble. En tant qu'amis. Nous accomplirons nos tâches. Nous offrirons une éduction soignée et aimante à nos enfants. Nous ne nous mentirons pas. Nous serons égaux. Nous voguerons ensemble, éloignant les écueils et autres pièges que la vie nous tendra. S'il y a un problème, nous le fixerons ensemble. Parce que nous serons une équipe. C'est la seule solution de liberté et de vie commune pour nous. Je t'offre quelque chose que peu de femmes pourront t'offrir. Je serais ton épaule et ta confidente. Je serais ton bras droit. Mais il faut me promettre que tu feras de même pour moi.

- Je ne vois pas de différence avec un mariage arrangé, déclara Drago en soupirant.

- La différence, reprit Astoria (et son regard était droit et sans ombre), c'est que j'accepte. On ne me force pas à le faire, je me soumets volontiers. Parce que, comme je te l'ai dit, j'ai envie de passer un moment de ma vie avec toi.

Drago ne répondit pas. Il assimilait difficilement les paroles d'Astoria. Mais si jamais il n'y avait aucun espoir pour Hermione et lui, mieux valait épouser Astoria qui acceptait tout plutôt qu'une autre qui se ferait des histoires et essaierait de le séduire de toutes les façons possibles et imaginables.

- Très bien, Astoria, je te remercie pour ton offre. Laisse-moi du temps pour te donner une réponse convenable. Attendons d'être diplômés pour en reparler.

Il ne voulait… pouvait pas donner de réponse. L'espoir d'Hermione, la balance de son cœur, était trop enflammé pour qu'il se résigne à une vie froide et conservatrice. Il aurait voulu le faire comprendre à Astoria, mais elle était trop imbibée de l'éducation qu'ils avaient reçue.

- Tu crois que les choses changeront, Drago ?

- Je ne sais pas…, dit-il avec un petit sourire. On ne peut deviner le futur, n'est-ce pas ?


Une certaine excitation se répandit parmi les élèves les plus jeunes : un carrosse bleu pastel de la taille d'une maison, tiré par une douzaine de gigantesques chevaux ailés, tous des palominos, surgit dans le ciel à la fin de l'après-midi et atterrit à la lisière de la forêt. Harry, Hermione et Ron regardèrent par la fenêtre et virent une femme immense, d'une très grande beauté, les cheveux noirs et le teint olivâtre, descendre le marchepied du carrosse et se jeter dans les bras de Hagrid qui l'attendait. Pendant ce temps, une délégation de membres du ministère, dont le ministre de la Magie lui-même, étaient reçus au château. Hermione baissa les yeux.

- Alors, c'est bien demain, qu'aura lieu l'enterrement ?

Les deux autres hochèrent simplement la tête. Ils étaient assis devant la fenêtre ouverte de la salle commune de Gryffondor et contemplaient le parc à la lumière du soleil couchant. Hermione se replongea dans la Gazette du Sorcier, afin de se tenir au courant des noms de personnes qui auraient été enlevées ou pire et qu'ils connaissaient. Elle espérait surtout ne pas croiser le nom des Malefoy. Après l'échec de la mission, elle tremblait que Voldemort revienne sur sa parole et décide de tuer le fils héritier.

- D'autres gens qu'on connaît sont morts ? demanda Ron à Hermione.

La brutalité forcée de sa voix arracha une grimace à Hermione.

- Non, répondit-elle d'un ton réprobateur en repliant le journal. Ils continuent de rechercher Rogue, mais ils n'ont aucune piste.

- Bien sûr que non, dit Harry qui se mettait en colère chaque fois qu'ils abordaient le sujet. Ils ne trouveront pas Rogue tant qu'ils n'auront pas trouvé Voldemort et, comme ils n'y sont jamais parvenus depuis tout ce temps…

Hermione ouvrit la bouche pour répliquer, mais Ginny fut plus rapide.

- Je vais me coucher, annonça la rouquine en bâillant. Je n'ai pas très bien dormi depuis… enfin… un peu de sommeil ne me fera pas de mal.

Tandis qu'elle se dirigeait vers le dortoir des filles, Hermione se souvint de la lettre de Drago. Il fallait qu'elle lui dise que son livre était celui de Rogue. Peut-être… Peut-être que cela le calmerait de savoir que Rogue n'était pas si mauvais qu'ils le pensaient ? Hermione se souvenait bien de l'air las qu'il avait quand il avait avoué que c'était à lui de terminer la mission. Ce n'était pas un tueur assoifé de sang.

Dès que la porte se fut refermée derrière la rouquine, elle se pencha vers Harry avec une expression très hermionesque sur le visage.

- Harry, j'ai trouvé quelque chose ce matin, à la bibliothèque…

- R.A.B. ? demanda-t-il en se redressant.

Le ton était las, dénué d'excitation, de curiosité. Hermione sentit son cœur se fendre un peu plus.

- Non, dit-elle avec tristesse, j'ai essayé, Harry, mais je n'ai rien découvert… Il existe deux sorciers relativement connus qui portent ces initiales : Rosalind Antigone Bungs et Rupert « À la Hache » Brookstanton… Mais ils ne semblent pas du tout correspondre. À en juger par ce mot, la personne qui a volé l'Horcruxe connaissait Voldemort et je n'ai pas pu découvrir la moindre preuve que Bungs ou « À la Hache » aient jamais eu affaire à lui… Non, en fait, ce que j'ai trouvé concerne… heu… Rogue.

Elle eut un air inquiet lorsqu'elle prononça à nouveau ce nom. Accepterait-il finalement d'entendre encore quelque chose sur lui ?

- De quoi s'agit-il ? demanda Harry d'un ton accablé en s'affalant dans son fauteuil.

- Eh bien, finalement… Dra… j'avais quand même raison à propos de cette histoire de Prince de Sang-Mêlé, dit-elle timidement.

- Il faut vraiment que tu insistes, Hermione ? Tu ne crois pas que c'est déjà assez pénible pour moi ?

- Non, non, Harry, ce n'est pas ce que je voulais dire ! répondit-elle aussitôt en regardant autour d'elle pour s'assurer qu'on ne pouvait pas les entendre. J'avais simplement raison au sujet de cette Eileen Prince qui aurait pu posséder le livre. Figure-toi que… c'était la mère de Rogue !

- Je croyais qu'elle n'était pas très belle, fit remarquer Ron.

Hermione ne lui accorda aucune attention. Elle essayait d'être la plus convaincante possible. Il ne fallait pas sous-entendre que Drago était derrière tout ça. Elle devait être cohérente dans ses arguments.

- En… en lisant d'autres anciens numéros de La Gazette, j'ai trouvé un minuscule faire-part annonçant le mariage d'Eileen Prince à un homme du nom de Tobias Rogue. Plus tard, une autre annonce disait qu'elle avait donné naissance à un…

- Assassin, lança sèchement Harry.

- Heu… oui, approuva Hermione, peu enthousiaste. Donc… j'avais raison, d'une certaine manière. Rogue devait être fier d'être « mêlé de Prince », tu comprends ? Tobias Rogue était un Moldu d'après… La Gazette.

Il y eut un silence, Hermione essaya de savoir si son interlocuteur adhérait à sa version.

- Oui, ça se tient, admit Harry. Il a mis en avant la branche sang-pur de sa famille pour que Lucius Malefoy et les autres l'acceptent parmi eux… Il est exactement comme Voldemort. Une mère sang-pur, un père moldu… honteux de ses origines, essayant de se faire craindre par la magie noire, se donnant un nouveau nom plus impressionnant – Lord Voldemort, le Prince de Sang-Mêlé. Comment Dumbledore a-t-il pu ne pas voir…

Harry sembla livrer un combat avec soi-même pendant quelques longues minutes. Ron lança un regard inquisiteur à Hermione sur la signification de cette découverte.

- Je ne comprends toujours pas pourquoi il ne t'a pas dénoncé pour t'être servi de ce livre, dit-il finalement. Il devait bien savoir d'où tu tenais tout ça.

- Il le savait, assura Harry avec amertume. Il l'a su quand j'ai lancé le Sectumsempra. Il n'avait même pas besoin de legilimancie… Peut-être même l'a-t-il su avant, quand Slughorn lui racontait à quel point j'étais brillant en cours de potions… Il n'aurait pas dû laisser son ancien livre au fond de ce placard.

- Mais je le répète, pourquoi ne t'a-t-il pas dénoncé ?

- Je pense qu'il ne voulait pas qu'on l'associe à ce livre, répondit Hermione. Je ne crois pas que Dumbledore aurait été très content s'il avait été au courant. Et même si Rogue avait prétendu que le manuel n'était pas le sien, Slughorn aurait immédiatement reconnu son écriture. En plus, le livre se trouvait dans l'ancienne classe de Rogue et je suis sûre que Dumbledore savait que sa mère s'appelait Prince.

- J'aurais dû l'apporter à Dumbledore, dit Harry. Pendant tout ce temps, il m'a montré le mal chez Voldemort, même quand il était à l'école, et moi, j'avais la preuve que Rogue était comme lui…

- Le mot « mal » est un peu trop fort, répliqua Hermione à voix basse, repensant aux derniers instants passés avec Rogue.

- C'est toi qui n'as pas arrêté de me répéter que ce livre était dangereux !

- J'essaie de te faire comprendre, Harry, que tu exagères ta responsabilité.

Hermione avait élevé la voix. Elle essaya de recouvrer son calme. Trouver une excuse, essayer de faire comprendre que Rogue n'était pas le tueur qu'Harry s'évertuait à imaginer.

- Je trouvais que le Prince avait un sens de l'humour détestable mais je n'aurais jamais pensé que c'était un tueur en puissance…

- Aucun de nous n'aurait pu deviner que Rogue aurait… enfin, vous me comprenez…, dit Ron.

Ils se turent, chacun plongé dans ses réflexions.

Harry était convaincu que, tout comme lui, ils pensaient à ce qui se passerait le lendemain matin, lorsque la dépouille de Dumbledore serait portée en terre. Hermione était rongée à l'idée de ce qu'il fallait faire pour les prochains mois à venir. Elle était à la fois tiraillée par l'envie de savoir comment allait Malefoy, mais également ses parents, Kathleen… Faire oublier à ses parents qu'elle existait… Faire oublier à Kathleen qu'elle existait. Ne laisser que des souvenirs. Tant de choses se bousculaient dans sa tête qu'elle ne savait plus que penser, comment y arriver. Son regard dériva vers le parc. Demain, c'était l'enterrement de Dumbledore.

Hermione n'avait jamais assisté à un enterrement de sorcier. Elle ne savait à quoi s'attendre et s'inquiétait un peu de ce qu'il allait se passer. Elle priait simplement pour que le prochain sur la liste ne soit pas un de ses proches. Et bizarrement, ses pensées convergeaient vers un seul et même garçon.


Drago regarda au loin le grand duc qui s'éloignait en direction de Poudlard, un colis bien accroché à sa patte. Il s'était juré d'aider Hermione, mais comment pouvait-il faire, à présent qu'ils étaient si éloignés ? Les cahiers de connexion leur serviraient, mais saurait-elle s'en servir ? Qu'allaient-ils devenir dans les mois à venir ? Il regarda l'horizon où l'oiseau avait disparu. Son cœur se serra. La lueur d'espoir qu'il avait encore au creux de l'estomac continuait de se consumer, mais était-ce l'envie de conserver cet amour intact ou l'espoir qu'il serait partagé un jour ?


Le lendemain, Hermione se leva de bonne heure pour préparer ses bagages. Le Poudlard Express partirait une heure après l'enterrement. Dans la Grande Salle, l'humeur était à la retenue. Tout le monde avait revêtu des robes de cérémonie et personne ne semblait avoir très faim. Le professeur McGonagall avait laissé vide le fauteuil en forme de trône, au milieu de la table des enseignants. Si la place d'Hagrid était restée vide, la place de Rogue, en revanche, était occupée, sans cérémonie, par Rufus Scrimgeour. Dans l'entourage du ministre, Hermione repéra les cheveux roux et les lunettes à monture d'écaille de Percy Weasley. Ron ne donnait pas l'impression d'avoir remarqué la présence de Percy mais il transperçait de sa fourchette des morceaux de hareng fumé avec une hargne inaccoutumée.

- Ça va bien se passer, déclara Hermione d'une voix qui se voulait rassurante.

Ron lui adressa un bref regard, et continua son manège. Hermione soupira et ses yeux se posèrent sur la table en face d'eux. À la table des Serpentard, Crabbe et Goyle se murmuraient des choses à l'oreille. Ils avaient beau être grands et massifs, ils paraissaient étrangement seuls sans la haute silhouette pâle du jeune homme blond entre eux.

Hermione eut un frisson. Drago lui manquait un peu. Où était-il à présent ? Qu'est-ce que Voldemort l'obligeait à faire sous peine de le tuer et de tuer ses parents ? Est-ce qu'il mettait ses menaces à exécution ?

- Hermione, fit Ron en lui montrant l'estrade.

Le professeur McGonagall s'était levée et la morne rumeur qui résonnait dans la salle s'évanouit aussitôt.

- L'heure est presque arrivée, dit-elle. Veuillez suivre s'il vous plaît vos directeurs de maison dans le parc. Les Gryffondor, regroupez-vous derrière moi.

Dans un silence presque total, ils se levèrent de leurs bancs et sortirent en file indienne. Hermione aperçut Slughorn à la tête des Serpentard, vêtu d'une somptueuse robe vert émeraude brodée d'argent. Elle n'avait jamais vu le professeur Chourave, directrice de Poufsouffle, aussi impeccable. À leur arrivée dans le hall d'entrée, Madame Pince était debout à côté de Rusard.

Lorsque Hermione franchit la porte et s'avança sur les marches de pierre, elle vit que tout le monde se dirigeait vers le lac. La chaleur du soleil lui caressa le visage tandis qu'ils suivaient en silence le professeur McGonagall vers l'endroit où des centaines de chaises avaient été alignées. Elles étaient séparées par une allée au bout de laquelle se dressait une table de marbre. C'était une magnifique journée d'été. Une assistance d'une extraordinaire diversité s'était déjà installée sur la moitié des chaises : des tenues misérables côtoyaient les mises élégantes, les jeunes se mêlaient aux vieux. Hermione reconnut quelques personnes, notamment des membres de l'Ordre du Phénix : Kingsley Shacklebolt, Maugrey Fol Œil, Tonks, Remus Lupin, dont elle tenait la main, Mr et Mrs Weasley, Bill soutenu par Fleur et suivi de Fred et de George qui portaient des vestes noires en peau de dragon. Les fantômes du château étaient également présents, à peine visibles dans la clarté du soleil. On ne les discernait que lorsqu'ils se déplaçaient dans l'atmosphère illuminée, tel un miroitement immatériel.

Hermione suivit Harry, Ron et Ginny qui allèrent s'asseoir au bout d'une rangée, près du lac. Autour d'eux, des chuchotements bruissaient comme des herbes sous la brise mais le chant des oiseaux dominait les murmures. La foule continuait de grandir. Avec un sourire triste, Hermione vit Neville s'aseoir, aidé par Luna. Ils étaient les deux seuls à avoir répondu à l'appel de Drago, la nuit où Dumbledore était mort. Ron lui avait raconté toute l'histoire. Cela ne faisait qu'attiser sa culpabilité. Pendant que le reste des personnes présentes s'installait, Hermione se tordait les doigts, en proie à ses pensées. Ron glissa sa main, chaude et rassurante, dans la sienne. Son regard clair l'apaisa malgré elle.

Une musique étrange s'éleva alors, comme venue d'un autre monde. Hermione tourna la tête, malgré les larmes qui commençaient à poindre. Un chœur d'êtres de l'eau chantait dans une langue insolite qu'elle ne comprenait pas, des vaguelettes ondulant sur leurs visages blafards, leurs chevelures violacées flottant autour d'eux. Les doigts de Ron se serrèrent un peu plus autour de la main d'Hermione qui tourna la tête vers lui. Mais il regardait fixement devant lui. Elle suivit son regard. Hagrid remontait lentement l'allée qui séparait les chaises. Il pleurait en silence, le visage luisant de larmes. Dans ses bras, enveloppé de velours pourpre parsemé d'étoiles d'or, il portait, sans doute possible, le corps de Dumbledore. À cette vision, Hermione se crispa et ce fut elle qui serra un peu plus fort les doigts de Ron. Elle sentit monter dans sa gorge une terrible douleur : pendant un moment, l'étrange musique et la proximité de la dépouille de Dumbledore donnèrent l'impression que l'atmosphère s'était vidée de toute chaleur. Ron était blême, bouleversé. Hermione pleurait, de grosses larmes tombant sur leurs genoux. Elle n'arrivait pas à voir distinctement ce qu'il se passait devant eux. Hagrid semblait avoir déposé avec précaution le corps sur la table de marbre. Il repartait à présent le long de l'allée, se mouchant avec des bruits de trompette. Hermione ne pouvait détacher son regard de ce drap inerte. Et si… Et si ça avait été l'un d'eux ? Et si Drago s'était trouvé sous ce linceul par un caprice de Voldemort ? Elle sentit la chaleur de ses mains disparaître. Son sang se glaça un peu.

- Ça va aller, murmura Ron à son oreille.

Il avait vu qu'elle commençait à paniquer et il envelopa les petites épaules d'Hermione de son bras protecteur. Hermione essaya de se calmer. Le chant se tut. Un petit homme, les cheveux en épi, vêtu d'une simple robe noire, s'était levé et se tenait à présent devant le corps de Dumbledore. Des mots étranges parvenaient aux oreilles d'Hermione, flottant au-dessus des centaines de têtes rassemblées autour d'eux : « Noblesse d'esprit… Contribution intellectuelle… Grandeur d'âme…» Dumbledore avait-il appris finalement pour l'échange de corps ? Qu'il connaisse la mission, oui, elle s'en était doutée, mais qu'il ait démasqué leur prophétie… Elle essaya de se convaincre que oui, puisqu'elle l'avait toujours trouvé omniscient, capable de faire tout et n'importe quoi.

S'il n'était pas mort, à présent, comment auraient-ils pu vaincre la prophétie ? Dumbledore aurait trouvé un moyen, c'était certain. S'ils lui avaient dit, ouvertement, qu'ils étaient victimes de ce sortilège, aurait-il pu les aider ? Oui, absolument. N'avait-il pas la connaissance de tout en ce bas-monde ? Oui… et non. Dumbledore n'avait pas la science infuse. Il n'aurait pu trouver de solution face à ce problème délicat. La solution, la seule solution qu'il avait trouvée, ils l'avaient devant eux. Il s'était sacrifié aussi pour cela. Hermione en était convaincue. Elle le savait, intimement. Cette prophétie, il était au courant de son exécution. Sinon, les mots qu'il avait envoyés à Malefoy, les sous-entendus qu'elle avait entendus, les propos que Blaise lui avait rapportés… Tout ça n'aurait pas pu avoir lieu, il était forcément au courant.

Le petit homme en noir avait enfin cessé de parler et était retourné s'asseoir. Hermione attendit que quelqu'un d'autre se lève. Elle avait pensé qu'il y aurait d'autres discours, sans doute du ministre lui-même, mais personne ne bougea. Des cris retentirent alors dans l'assistance. Des flammes blanches, éclatantes, avaient jailli autour du corps de Dumbledore : elles s'élevèrent de plus en plus haut, masquant la dépouille. Une volute de fumée blanche tournoya en dessinant d'étranges formes. Un instant plus tard, le feu s'éteignit et à la place, une tombe de marbre blanc renfermait le corps de Dumbledore et la table sur laquelle il reposait. Hermione jeta un regard au visage de Ron qui était crispé comme s'il avait le soleil dans l'œil. Elle ne fit pas attention au sien, brillant de larmes, mais elle entendit malgré elle les paroles de rupture qu'Harry murmurait à Ginny. L'émotion la fit sangloter soudain. Pourquoi était-ce aussi injuste ? Qu'Harry soit obligé de se séparer de Ginny, qu'elle-même ne puisse plus reparler à Malefoy… Tout ça pour des choses qui les dépassaient tous… Elle se cacha le visage contre l'épaule de Ron qui lui caressait les cheveux d'un mouvement calme et régulier. Elle sentit les larmes de Ron couler au bout de son long nez et atterrir sur sa robe de sorcier, mais elle n'en avait cure. Partager sa peine était le plus réconfortant possible dans ce monde si barbare, en ce jour si triste.

Elle sentit Harry se lever, et lança une œillade vers lui : il s'éloignait le long de la rive, bientôt rattrapé par Rufus Scrimgeour.

- Ça va, Ginny ? murmura Hermione en voyant l'expression de la rouquine.

- J'ai l'air d'aller mal ? rétorqua Ginny en prenant l'air le plus détaché possible.

Et elle se leva à son tour, s'éloignant d'un pas raide qui trahissait ses sentiments.

- Je comprends les raisons d'Harry, mais c'est ma sœur…

- Parfois, il faut un moment pour que les chemins se croisent de nouveau, répondit Hermione d'un ton éteint.

Il y eut un silence, chacun plongé dans ses pensées.

- Tu crois que je peux me défouler sur Percy ? demanda Ron entre deux sanglots.

Hermione ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.

- Ce n'est pas la meilleure des solutions. Allons rejoindre Harry, il a l'air d'avoir des ennuis.

Ron et Hermione accoururent vers Harry, croisant Scrimgeour qui revenait en sens inverse. Harry poursuivit lentement son chemin, attendant qu'ils le rattrapent, ce qu'ils firent à l'ombre d'un hêtre sous lequel ils étaient venus s'asseoir en des temps plus heureux.

- Que voulait Scrimgeour ? murmura Hermione.

- La même chose qu'à Noël, répondit Harry en haussant les épaules. Que je lui donne des informations confidentielles sur Dumbledore et que je fasse la publicité du ministère.

Pendant un instant, Ron sembla lutter contre lui-même puis il dit à Hermione d'une voix forte :

- Laisse-moi mettre mon poing dans la figure de Percy !

- Non, répliqua-t-elle fermement en lui saisissant le bras.

- Je me sentirai mieux !

Harry éclata de rire. Choquée, Hermione esquissa un sourire qui s'effaça lorsqu'elle regarda le château. Le cœur lourd, elle grava l'image de l'imposante école dans sa mémoire.

- Je ne peux pas supporter l'idée que nous ne reviendrons peut-être plus jamais ici, se désola-t-elle. Comment pourrait-on fermer Poudlard ?

- Ça n'arrivera peut-être pas. Nous ne courons pas de plus grands dangers ici que chez nous, fit remarquer Ron. C'est partout pareil, maintenant. Je dirais même que Poudlard est plus sûr, il y a davantage de sorciers, ici, pour nous défendre. Qu'est-ce que tu en penses, Harry ?

- Je ne reviendrai pas, même si l'école rouvre, répondit-il.

Ron le regarda bouche bée tandis qu'Hermione soupirait avec tristesse. Ils en avaient déjà parlé, et la lettre de Drago l'avait avertie.

- Je savais que tu dirais ça, acquiesça-t-elle sans surprise. Mais que vas-tu faire ?

- Je vais retourner chez les Dursley parce que Dumbledore le voulait, déclara Harry. Mais je n'y resterai pas longtemps. Après, je partirai pour de bon.

- Où iras-tu si tu ne reviens pas à l'école ?

Alors qu'Harry expliquait les endroits qu'il irait visiter et son plan peu préparé pour trouver les horcruxes et finir la mission de Dumbledore, Hermione dodelinait de la tête. Elle entendait la voix d'Harry sans vraiment y faire attention. Elle n'aurait plus la possibilité de voir Drago. Elle n'aurait plus la possibilité d'être connectée à ce monde si rassurant qu'était Poudlard. Ils seraient livrés à eux-mêmes.

Il y eut un long silence. La foule s'était presque entièrement dispersée.

- On viendra te retrouver, Harry, promit Ron.

- Quoi ?

- Chez ton oncle et ta tante. Et on t'accompagnera, où que tu ailles.

- Non, répliqua aussitôt Harry.

- Tu nous as dit un jour, rappela Hermione à voix basse, qu'il était encore temps pour nous de revenir en arrière, si nous le voulions. Ce temps, nous l'avons largement eu, non ?

Leurs décisions étaient prises depuis tellement longtemps.

- Nous serons avec toi quoi qu'il arrive, assura Ron. Mais avant toute autre chose, avant même d'aller à Godric's Hollow, tu devras d'abord revenir à la maison, chez ma mère et mon père.

- Pourquoi ?

- Le mariage de Bill et de Fleur, tu te souviens ?

Face à la surprise d'Harry, Hermione cligna des yeux. L'idée que quelque chose d'aussi normal qu'un mariage puisse encore exister paraissait incroyable et merveilleux à la fois.

- Oui, nous ne devons pas rater ça.

Ils se turent, tout à la joie de profiter d'une dernière journée paisible et ensoleillée.


En remontant lentement dans son dortoir, Hermione se sentit soulagée d'être seule. Elle commença par fermer sa grosse valise, mais un claquement lui provint de la fenêtre. Elle se retourna et vit un grand duc s'impatienter. Stupéfaite, elle ouvrit la vitre en vitesse et le hibou s'engouffra dans le dortoir, se posant sur le sommier d'Hermione. A sa patte était fixé un bout de parchemin enroulé, tandis qu'il avait dans son bec un mince colis entouré de kraft. Hermione dégagea en douceur l'oiseau de ses présents. Elle déroula le parchemin et reconnut sans hésiter l'écriture.

En cas de besoin, n'hésite pas à t'en servir.

Elle sourit. En déballant le colis, elle fronça les sourcils. C'était un étrange cahier noir, fin et vierge. Il ne disposait pas de beaucoup de feuilles, mais il semblait puissant. Elle frissonna, se demandant si c'était une bonne idée d'utiliser un cahier pareil, puisque la dernière fois qu'elle avait eu vent d'un tel objet, il s'agissait d'un horcruxe qui avait failli tuer Ginny et la moitié de l'école, mais elle savait que ça venait de Malefoy, et elle avait appris à lui faire confiance. Après tout, ne lui avait-elle pas confié sa vie et réciproquement durant un an ? Elle le fourra dans sa malle.

Elle offrit une friandise au grand duc qui regagna la fenêtre et disparut à l'horizon. Hermione le regarda s'éloigner, et son regard dériva vers les autres tours du château. Elle aperçut la tour d'astronomie, et à ses côtés… Mais oui, il fallait qu'elle essaie de nouveau !

- Accio, livres sur les horcruxes de l'étagère de Dumbledore !

Elle attendit. Alors qu'elle perdait espoir, elle vit apparaître au loin un cortège de livres qui venait dans sa direction. Elle les attrapa au vol. Ils étaient nombreux et volumineux. De la chance. Elle venait d'avoir une chance inouïe.

- Merci, Drago.

Un regain d'espoir lui réchauffa le cœur. De nombreuses choses devaient être mises en place pour combattre le mage noir, mais elle avait confiance tout à coup. Après tout, elle avait réussi à changer Drago Malefoy en quelqu'un de bien, elle n'était pas seule, elle pourrait très bien se lancer dans une guerre et ressortir vainqueur ? Elle hocha la tête. Oui, il venait de lui redonner le goût de se battre. Le ciel était d'un magnifique bleu. Un bleu d'espoir vers des jours meilleurs. Mais à ce moment très précis, tout allait bien dans le meilleur des mondes.


Un très grand merci d'avoir lu cette fiction jusqu'au bout!

N'hésitez pas à me donner vos impressions par review, je vous réponds le plus vite possible pour ce dernier chapitre, promis!

Merci aux reviews anonymes:

Merci à Guest: Ravie que cette histoire t'ait plu! La suite arrive, mais dans une prochaine histoire!

Merci à Fau: Merci de ta review et de tes jolis compliments, ravie que ça t'ait plu! J'ai pris un immense plaisir à l'écrire! A bientôt pour la suite :)

Merci à Camille: Merci de ta review! Désolée pour les fautes, la majorité de cette fic est un premier jet, donc c'est normal qu'il y en ait qui passent au travers, malheureusement. Pour tes questions, leur amour est naissant, il est promis à de nombreuses belles aventures prochainement! Pour l'épilogue, ce serait spoiler la suite, donc non. En attendant, je t'invite à suivre la prochaine histoire que j'écrirais et qui sera la suite de ce premier volet! Je n'ai malheureusement pas eu ton adresse mail dans le commentaire (supprimé par ffnet), donc je t'invite à te créer un compte, on pourra communiquer plus facilement de cette façon! bisous

Merci à Johanna: Merci de ta review et ravie que cette fiction t'ait plu! Il y aura une suite, mais dans une histoire nouvelle qui aura aussi un nom abracadabrantesque!

Merci à Vanira: Merci de ta review et de ton compliment :D