Bonjour

Voici le chapitre 36 corrigé par Elyrine. Merci à elle !

Dean et castiel passent à l'action et se confrontent à Crowley.

Merci à vous pour votre fidélité et vos messages.

Bonne lecture et à lundi

Sydney8201

Musique du chapitre :

What about us de Pink

Chapitre 36 : Piège

« Personne, voyant le mal, ne le choisit. Mais attiré par l'appât d'un bien par un mal plus grand que celui-ci, l'on est pris au piège. »

Épicure

Dean était sûr de son plan. Il était convaincu d'avoir eu trouvé la solution idéale. Celle qui saurait satisfaire le FBI, faire tomber Crowley, offrir à Castiel et lui un avenir inespéré et peut être sauver son amitié avec Benny.

Le fait que son petit ami soit partant était également une bonne nouvelle. Il avait vraiment cru qu'il allait devoir le convaincre. Argumenter avec lui jusqu'à réussir à lui faire entendre raison. Il avait préparé tout un petit discours qu'il avait ensuite répété longuement dans la douche avant que Castiel ne le rejoigne. Mais il n'avait finalement pas réellement eu besoin de batailler. Castiel avait résisté bien sûr. Il avait semblé inquiet. Mais après seulement quelques minutes, Dean avait réussi à la convaincre.

Malgré toutes ces certitudes, il était nerveux en appelant Benny pour lui faire sa proposition. Il avait attendu que Castiel s'endorme pour passer le coup de fil. Il ne voulait pas que son petit ami l'écoute si toutefois il ne réussissait pas à convaincre Benny de passer ce marché. Lui avouer son échec serait déjà suffisamment difficile. Mai qu'il en soit un témoin direct serait pire encore. Il avait besoin d'être seul.

Benny fut surpris par son appel. Il semblait avoir cru que sa visite à l'hôpital était la dernière fois qu'ils se parlaient. Dean l'avait pensé aussi à l'époque. Mais la situation avait changé depuis.

Il aurait pu tourner autour du pot durant de longues minutes et tenter d'aborder le but de son appel avec finesse mais le temps lui était compté et il doutait que son ami apprécie de telles manigances. Il choisit donc de lui annoncer son plan sans détour. Pendant une longue minute, Benny resta muet à l'autre bout du fil, visiblement choqué par ce qu'il entendait.

Dean s'était enfermé dans la salle de bains pour passer le coup de fil et ne pas prendre le risque d'être interrompu par Castiel. Il restait attentif aux bruits venant de la chambre pour entendre quand son petit ami se réveillerait m ais était également concentré sur ce coup de fil qui risquait de tout changer pour lui.

Benny finit par lui demander des explications. Dean s'empressa alors de lui détailler son plan. Il était plutôt simple. Castiel donnerait au FBI tous les noms, les lieux et la liste des crimes commis par ses associés. Il leur donnerait tous les détails nécessaires pour une incarcération rapide de Crowley. Il témoignerait contre eux au tribunal et ne cacherait rien. Il était même prêt à se rendre chez Crowley avec un micro pour enregistrer les aveux de son ancien mentor. Avec de telles preuves, le FBI pourrait faire tomber la plus grosse entreprise criminelle de la ville et emprisonné toute une liste de personnes dangereuses. Benny serait probablement promus et récompensé. En échange, il devait obtenir pour Castiel l'immunité totale pour ses crimes passées et la certitude qu'on le retirerait de la liste des personnes recherchées. Il avait également besoin que son nom soit lavé et son casier effacé. Il devait redevenir un citoyen lambda et pouvoir enfin prétendre à une vie normale.

Dean savait que Benny ne courrait pas nécessairement après les récompenses ou les distinctions. Il se contentait de faire son travail sans jamais rien attendre en retour. Et il voulait mettre Castiel derrière les barreaux. Il voulait le faire sortir de la vie de Dean pour offrir à son ancien coéquipier une chance de se reconstruire loin de sa supposée influence. Mais la perspective de mettre fin aux agissements d'un criminel plus dangereux que lui encore le ferait hésiter. Laisser partir un homme qu'il haïssait de tout son cœur était finalement bien peu cher payé face à la perspective de coincer des dizaines d'autres monstres qui avaient fait des milliers de victimes dans tout le pays.

Dean était prêt à lui laisser du temps pour réfléchir à sa proposition. Benny n'en eut toutefois pas besoin. Il l'accepta après quelques minutes de réflexion. Il ne semblait pas vraiment enthousiaste à l'idée de laisser Castiel en liberté. Mais il était prêt à l'accepter pour arrêter tous ceux qui avaient un jour travailler avec lui.

Dean avait confiance en Benny mais il préférait tout de même être prudent. Il lui demanda donc de leur faxer l'accord d'immunité à l'hôtel pour qu'ils puissent l'étudier avant de faire quoi que ce soit. Benny lui promit de le faire dès qu'il aurait l'accord de ses supérieurs et du procureur général. Ils raccrochèrent alors sans rien ajouter et sans aborder une seule fois leur précédent conversation ou leur amitié en péril.

Castiel sembla soulagé en apprenant que Benny avait accepté leur proposition. Il ne serait toutefois complètement sûr que lorsqu'ils auraient l'accord écrit et signé du procureur. .

Ils reprirent place sur le lit et allumèrent la télévision pour passer le temps. Dean se blottit contre Castiel, sa tête sur son épaule jusqu'à ce que son téléphone sonne enfin à nouveau.

Benny avait réussi à convaincre ses supérieurs d'accepter leur proposition. Le document serait faxé d'ici une heure. Dean le remercia mais n'obtint rien de plus en retour qu'un vague salut froid. De toute évidence, son amitié avec Benny ne survivrait pas à cette histoire. Il avait espéré autre chose mais il était tout à fait prêt à l'accepter. Il avait fait son choix et il avait l'intention de l'assumer jusqu'au bout.

Ils reçurent le papier comme Benny le leur avait promis et après l'avoir lu une bonne dizaine de fois pour s'assurer qu'il était complet, Castiel le signa et le renvoya au même numéro.

Ce fut finalement Rufus qui appela Dean pour mettre les derniers détails au point. Le jeune homme ne savait pas si c'était parce que son ancien coéquipier refusai de lui parler à nouveau ou si l'affaire était trop importante pour un confier à un simple agent. Il ne posa pas la question. Il n'était pas sûr de pouvoir supporter la réponse.

Rufus lui annonça qu'un agent de la division de San Antonio viendrait bientôt les voir pour leur donner le matériel nécessaire à piéger Crowley. Castiel n'aimait pas cette idée. Il pouvait se procurer un micro par lui même et il préférait nettement agir sans aide extérieure. Il était prêt à coopérer mais pas à être surveillé. Il avait la sensation qu'on n'avait pas vraiment confiance en lui quand il était pourtant un homme de parole. Dean dut le convaincre qu'il s'agissait là de la procédure et que ce n'aurait pas été différent avec un autre. Le FBI avait besoin de garder un œil sur ce qu'ils faisaient. Castiel finit par l'accepter à contre cœur.

L'agent Cole Trenton ne semblait pas ravi de s'être vu confier cette mission. Il était particulièrement désagréable avec Castiel et Dean dut lui saisir la main et la serrer dans la sienne pour l'empêcher de coller son poing dans la figure de Trenton. Ils l'écoutèrent donner ses instruction avec un dédain évident puis Castiel accepta qu'il installe le micro sur son torse en grimaçant.

Une fois le dispositif en place, Trenton leur expliqua qu'il entendrait toute la conversation et qu'il saurait aussitôt si Castiel tentait de les doubler. Ce qu'il n'avait bien sûr pas l'intention de faire. Dean le savait. Mais il pouvait comprendre que leur interlocuteur soit sceptique. Il choisit donc de ne pas réagir à cette nouvelle provocation et jeta un regard à Castiel qui signifiait qu'il avait lui aussi tout intérêt à ne rien dire.

Ils choisirent de ne pas prévenir Crowley de leur venue. Castiel était convaincu que son ancien mentor se méfierait s'ils demandaient un rendez vous et ils avaient besoin que leur plan fonctionne. Ils avaient besoin de le coincer. L'accord était suffisamment clair sur le sujet. Sans aveux enregistrés, l'immunité ne tenait plus. Castiel serait arrêté. Il paierait pour tous les crimes qu'il avait commis. Il deviendrait leur bouc émissaire. Dean refusait de l'envisager. Ils allaient devoir réussir.

Il leur fallut une petite heure pour rejoindre le bâtiment où le bureau de Crowley se trouvait. A leur grande surprise, ils purent rentrer sans problème. De toute évidence, les gens de la sécurité n'avaient pas été prévenus qu'il était important de se méfier d'eux. Crowley pensait sans doute qu'ils n'auraient jamais le courage de venir le voir. Ou les pensait morts. Peu importait en fin de compte. C'était un premier cap de franchi et c'était la seule chose sur laquelle Dean voulait se concentrer.

Ils prirent l'ascenseur pour monter au bon étage. Ils restèrent silencieux durant le trajet. Trenton entendait tout ce qu'ils disaient et l'un comme l'autre détestait l'idée qu'il puisse être le témoin d'une conversation privée et intime. Ils se contentèrent donc de se tenir la main et de se regarder dans les yeux pour se donner du courage. Ils avaient tous les deux conscience de l'importance de cette entrevue. Ils n'avaient pas besoin de se le dire.

Ils remontèrent le couloir jusqu'au bureau de Crowley sans se lâcher la main. Ils se sentaient plus forts ainsi. Et il n'y avait de toute façon personne à cet étage pour les voir.

Devant la porte, Castiel prit une grande inspiration puis hocha plusieurs fois la tête. Dean se doutait que la situation n'était pas simple pour lui. Il allait devoir faire parler son mentor. Il allait devoir le pousser à avouer tout ce qu'il avait fait tout en sachant qu'il le condamnait. Il avait certifié à Dean qu'il n'y voyait aucun problème puisque Crowley l'avait trahi en premier. Mais il savait également combien son petit ami avait admiré son mentor depuis leur rencontre. Il ne devait pas être facile pour lui d'être celui qui le ferait tomber.

Ils ne frappèrent pas à la porte. Castiel se contenta de la pousser sans avertir Crowley de sa présence. Son mentor et patron était assis derrière son bureau, visiblement occupé à relire plusieurs documents. Dean ne protesta pas quand Castiel lui lâcha la main mais il restait proche de lui pour lui apporter son soutien. Il savait que son petit ami allait en avoir besoin.

- Castiel, quelle surprise ! Lança Crowley en levant le nez de ses papiers.

Il ne semblait pas surpris de le voir là. Il souriait. C'était presque comme s'il était sincèrement heureux de le voir. Dean l'avait détesté à la seconde où il avait posé les yeux sur lui la première fois. Mais c'était encore pire maintenant.

- Nous n'avions pas rendez vous il me semble, ajouta Crowley après quelques secondes.

Castiel referma la porte du bureau derrière eux puis s'avança dans la pièce jusqu'à se tenir devant le bureau de son mentor. Dean choisit de se poster un peu en retrait mais suffisamment proche pour pouvoir toucher Castiel si c'était nécessaire.

- Quelque chose me dit que vous vous attendiez à ma venue. Est-ce que je me trompe ? Lança Castiel en tirant une chaise pour s'asseoir dessus.

Dean préférait, quant à lui, rester debout. Il était admiratif du calme et de l'apparente décontraction de son petit ami. Il jouait le jeu à merveille.

- Tu ne trompes pas non. Je savais que tu finirais par venir me voir. Je pensais juste que tu viendrais seul.

- Pourquoi serais-je venu seul ? Cette conversation concerne Dean tout autant qu'elle me concerne moi. Il a le droit d'être ici.

- Je croyais qu'il était parti. Qu'il t'avait quitté. Je ne savais pas que tu l'avais retrouvé.

Dean serra les poings. Crowley était un menteur professionnel. Il était évident qu'il pensait Dean mort et que sa présence le surprenait uniquement pour cette raison. Mais il avait suffisamment d'expérience pour ne rien laisser paraître.

- C'est lui qui m'a retrouvé à vrai dire. Il a réussi à échappe à Gabriel. Ce qui est à la fois incroyablement courageux et un vrai miracle. Vous ne trouvez pas ?

- Gabriel ? Je ne vois pas ce qu'il a à voir dans cette histoire.

Castiel secoua la tête en ricanant. Crowley ne craquerait pas facilement. Mais Dean avait confiance en l'intelligence de son petit ami. Il le savait capable de le faire parler.

- Gabriel est mort, déclara finalement Castiel en souriant.

Crowley fronça les sourcils une seconde, visiblement surpris avant de d'hausser les épaules et de soupirer. Il ne semblait pas particulièrement truste de l'apprendre. Mais il avait été déstabilisé un instant. Ce qui était une bonne chose pour eux. De toute évidence, on ne l'avait pas averti de la mort de son complice.

- Est-ce que tu l'as tué ? Demanda t-il en regardant droit dans les yeux.

Castiel secoua la tête puis pointa son doigt en direction de Dean.

- Il l'a tué. Si ça n'avait tenu qu'à moi, j'aurais choisi de le faire souffrir pour tout ce qu'il a fait subir à Dean. Mais il a été plus raisonnable et clément que moi.

- Je ne vous aurais jamais cru capable de tuer un homme, assura Crowley en dévisageant Dean.

Ce dernier sourit, satisfait de voir qu'il avait réussi à le surprendre et agacé de constater qu'il l'avait sous estimé depuis le début.

- Il le méritait pour tout ce qu'il m'a fait. Balthazar aussi.

- Balthazar est mort ? Demanda Crowley en reportant son attention sur Castiel.

- Il était impliqué lui aussi. Il devait payer.

Crowley croisa ses bras sur son torse et recula sa chaise comme pour mettre un peu de distance entre Castiel et lui. Il semblait un peu moins sûr de lui à présent. Mais il ne paniquait. Il devait continuer à le pousser jusqu'à le faire craquer.

- Ils étaient deux de mes meilleurs éléments mais je suppose que vous aviez de bonnes raisons de les tuer alors … je suis prêt à l'accepter. Ce que je ne comprend en revanche pas, c'est que ayez ressenti le besoin de venir me le dire en face à face. Un simple coup de fil aurait suffi.

Dean jeta un coup d'œil à Castiel. Il ne savait pas comment son petit ami voulait procéder. Il avait voulu mettre un plan au point avec lui au préalable mais Castiel lui avait assuré qu'il préférait improviser. Il lui avait juste demander de le laisser faire et de n'intervenir que s'il l'invitait expressément à le faire. Dean était déterminé à suivre ses instructions.

- Je suis juste venu vous prévenir que ce n'était que le début. Il semblerait que d'autres soient impliqués. Et je n'ai pas l'intention de les laisser vivre. Ils mourront tous … sans exception.

- Je suppose que je ne peux rien faire pour te convaincre du contraire. Tu as le droit de te venger après tout. Je suppose que j'en ferais de même si on touchait à une personne que j'aime.

Castiel sourit alors à nouveau et Crowley le dévisagea, visiblement surpris pas sa réaction.

- Tu trouves cette situation amusante ?

- Pas vraiment non, assura Castiel. Je suis juste surpris que vous ne me posiez pas plus de question.

- Et quelles questions voudrais-tu que je te pose exactement ?

- Et bien pour commencer, vous pourriez me demander qui est impliqué … et comment je peux avoir obtenu leurs noms.

- Je suppose que Gabriel ou Balthazar te les ont donné. Quant à savoir de qui il s'agit, je m'en contrefiche. Ils sont forcément remplaçables.

Dean savait parfaitement que le moment approchait pour Castiel de révéler ce qu'ils avaient effectivement appris. De révéler à Crowley qu'ils étaient au courant de son implication. Il devait se tenir prêt au cas où les choses tourneraient mal. Trenton ne pourrait pas intervenir rapidement si toutefois Crowley appelait la sécurité ou tentait de les tuer. Ils étaient seuls dans cette histoire et ils devaient être prêts à toute éventualité.

- Mes informations ne viennent pas d'eux. Elles viennent de l'un des hommes engagé par Balthazar pour assurer sa sécurité. Il pensait me faire du mal en me révélant qu'il s'agissait d'un complot impliquant bien plus de personne que ce que j'imaginais jusque là.

- Castiel, je n'ai pas de temps à perdre avec cette histoire. Soit tu me dis ce que tu as à me dire maintenant soit je devrais te demander de quitter mon bureau. Je suis extrêmement occupé.

Il était mal çà l'aise. C'était évident à présent. Il commençait sans doute à comprendre que son implication avait été révélée par l'homme de mains de Balthazar.

- Je sais tout Crowley. Il m'a dit que vous étiez au courant.

- C'est un mensonge ! Répliqua Crowley aussitôt. Je n'ai jamais rien fait pour te nuire. Je t'apprécie bien trop pour ça. Tu as toujours été mon protégé. Tu étais celui à qui j'envisageais de tout céder à ma mort.

- J'étais oui mais je ne le suis plus n'est-ce-pas ? Parce que vous avez compris que j'avais choisi Dean et que vous ne pouviez pas l'accepter.

Voilà. C'était dit. Crowley sembla accuser le coup pendant une seconde avant de se reprendre. Dean devait admettre que c'était plutôt admirable. Même s'il se savait ris au piège, il continuait à jouer le jeu avec aplomb. En le voyant ainsi, Dean pouvait comprendre comment il avait réussi à construire un tel empire en partant de rien.

- Il est inutile que je continue à te mentir puisque de toute évidence, tu sais déjà tout. Mais laisse au moins te préciser que je n'ai jamais demandé à ce qu'on te tue toi. J'avais même précisé que tu devais rester en vie. J'avais besoin de toi. Lui, en revanche … il devait mourir.

Dean ne savait pas s'il s'agissait d'un mensonge de plus ou non mais il savait que cela ne changeait rien à la détermination de Castiel. Qu'on s'en prenne à lui passait encore. Mais qu'on cible Dean était bien pire. L'aveu de Crowley n'allait faire qu'aggraver les choses. Il savait que son petit ami allait avoir du mal à l'accepter sans réagir. Il fit donc un pas en avant et posa sa main sur son épaule pour lui apporter un peu de soutien et tenter de l'aider à garder son calme.

- Donc vous souhaitiez la mort de Dean mais vous espériez me garder en vie et … quoi ? Vous pensiez vraiment que j'allais l'accepter et continuer de travailler pour vous comme si de rien n'était … comme si vous n'aviez pas commandité la mort de l'homme que j'aime ?

- Pour être honnête, j'espérais que tu n'apprendrais pas mon implication … et j'espérais que tu n'apprendrais pas non plus sa mort. J'avais demandé à Balthazar de t'envoyer sur une fausse piste. De faire en sorte que tu finisses par abandonner tes recherches. Tu aurais alors cru qu'il t'avait quitté et tu aurais repris le cours de ta vie.

Crowley venait d'avouer expressément qu'il était impliqué dans un plan destiné à tuer un innocent. C'était suffisamment pour le faire plonger. Mais ce n'était pas ce que le FBI voulait. Ils avaient besoin de plus. Ils avaient besoin d'aveux concernant l'organisation qu'il dirigeait. Ils ne voulaient pas faire tomber Crowley pour complicité dans une tentative de mort. Ils voulaient le coincer pour tout le reste. Faire en sorte qu'il ne sorte jamais de prison.

- Vous lui aviez demandé de le torturer aussi ? Vous lui aviez ordonné de m'envoyer des morceaux de lui pour me détruire à petit feu ?

- Bien sûr que non. Castiel … je ne suis pas un saint je le sais. Mais je ne suis pas ce genre de personne non plus. Je n'aurais jamais demandé à Gabriel de torturer Dean. J lui ai juste dit de le tuer.

Dean agita alors sa main gauche devant lui, attirant l'attention de Crowley su son doigt manquant. Ce dernier grimaça alors, visiblement choqué. Il disait la vérité. Ça ne changeait rien à leur plan bien sûr mais c'était une pièce de plus du puzzle qui se mettait en place.

- Je n'ai rien à voir là dedans ! Assura Crowley en détournant les yeux de la mai de Dean.

- Peut être, concéda Castiel. Ou peut être pas. Ça n'a aucune importance parce que ça ne change rien.

- Tu es venu me tuer c'est ça ?

- J'estime que vous le méritez oui. Mais je vous laisse une chance de me convaincre de ne pas le faire. Une chance de m'expliquer pourquoi vous en êtes venu à vouloir tuer Dean quand j'ai toujours été loyal et fidèle envers vous … même quand le FBI me proposait une peine réduite contre des aveux contre vous.

Dean se retint de sourire en entendant les propos de son petit ami. Il avait agi intelligemment. Il avait fait en sorte de conduire Crowley à parler pour se sauver la vie. Il était évident qu'il allait essayer de s'en sortir. Et pour cela, il serait contraint de parler. Castiel n'aurait même pas à lui poser des questions. Il n'aurait pas à prendre le risque de l'interroger et d'éveiller ses soupçons. C'était brillant. Castiel était incroyable.

- Dis moi depuis combien de temps on se connaît toi et moi ? Demanda alors Crowley en dévisageant Castiel.

Ce dernier fit mine de réfléchir même s'il connaissait probablement déjà le nombre exact. Dean garda les yeux rivés sur leur adversaire même s'il avait très envie d'observer Castiel. De voir comment il se comportait. Comme il bougeait. L'expression sur son visage. Son regard. Il était clairement dans son élément et il était très certainement fascinant à voir. Mais la prudence prenait le pas sur son envie.

- Une quinzaine d'année je dirais, finit par répondre Castiel en faisant mine de ne pas y attacher la moindre importance.

Mais Dean savait que ce n'était pas le cas. Sa relation avec Crowley, bien que platonique et pas vraiment amicale, était la relation qu'il avait conservé le plus longtemps. La seule avec celle qu'il avait ensuite développé avec Gabriel à résister au temps. Et les deux se terminaient plus ou moins de la même façon. Par une trahison.

- Quand je t'ai connu, tu avais tout juste dix neuf ans. Tu sortais d'une première année brillante à l'université et tu t'étais fait une sacrée réputation parmi les amateurs de drogues en tout genre. Tu étais la référence. Tu avais réussi à évincer mes vendeurs du marché et je dois avouer que j'étais curieux. J'ai demandé à te rencontrer parce que personne n'avait osé me défier avant. Personne n'avait réussi à me voler des client avec une telle facilité.

- Vous êtes venu me chercher parce que vous aviez besoin de moi, rectifia Castiel.

- J'aurais pu te faire éliminer. C'était même mon idée première. Mais je voulais te parler avant tout. Comprendre comment tu avais pu accomplir de telles prouesses aussi jeunes. J'ai rapidement compris que mon intérêt était de te garder avec moi. Que t'éliminer reviendrait à me priver d'une chance incroyable. C'est pour ça que je t'ai recruté.

Castiel haussa les épaules. Il avait pris un air détaché mais Dean savait la fierté qu'il aurait retiré d'un tel discours avant d'apprendre l'implication de Crowley dans toute cette histoire. Et la souffrance qu'il devait probablement ressentir à cet instant précis.

- Je t'ai pris sous mon aile parce que j'ai deviné ton potentiel dès notre première rencontre. J'ai compris immédiatement que tu deviendrais quelqu'un d'important … peut être mon successeur quand je choisirais de me retirer. Et je n'ai jamais lâché durant toutes ces années. J'ai toujours été là pour toi. J'ai pris ta défense quand les autres doutaient de ton potentiel. Je t'ai fourni ce dont tu avais besoin. J'ai répondu à tes questions. J'ai accepté tes rares erreurs. Et je ne t'ai jamais abandonné … jamais.

Castiel semblait peser le pour et le contre. Dean était toutefois convaincu que rien de ce que Crowley pourrait dire ne changerait sa décision de le dénoncer. Mais il devait rester dans son rôle et ne surtout rien faire qui puisse éveiller les soupçons de son ancien mentor.

- Désolé mais ça ne me suffit pas, finit par déclarer Castiel en regardant Crowley à nouveau dans le yeux.

Ce dernier soupira avant de reprendre la parole. Il n'avait pas dit son dernier mot. Il semblait avoir encore quelques arguments à faire valoir.

- Tu devrais parfois te demander ce que tu aurais fait de ta vie si je ne t'avais pas pris sous mon aile. Tu aurais continué à vendre de la drogue jusqu'à la fin de tes jours ? Tu serais devenu un petit dealer sans importance ? Une fois tes études terminés, il t'aurait été bien plus compliqué de trouver des clients. Tu aurais du te ranger et devenir quelqu'un d'ordinaire. Tu aurais pris un travail ennuyeux dans la finance sans doute … tu serais peut être même devenu riche. Mais tu n'aurais eu aucun pouvoir. Aucune influence. Tu serais devenu quelconque. Et je sais que ce n'est as ce que tu voulais. Tu aurais été malheureux comme les pierres sans moi et on le sait tous les deux.

- Vous pensez sincèrement que tout ce que je possède, je vous le dois ?

- Je ne le pense pas. Je le sais. C'est moi qui t'ai permis de devenir l'homme que tu es. Je t'ai fourni les clients, la marchandise adéquate et la possibilité de devenir quelqu'un. Je t'ai tout donné. Et qu'est-ce que j'ai obtenu en retour ? Tu as choisi ce type plutôt que moi. J'estime que je méritais mieux.

- J'ai choisi Dean parce que je l'aime. Et même si je ne nie pas tout ce que vous m'avez apporté, j'estime que ma réussite est uniquement due à mon talent.

- Un talent que j'ai été le premier à voir et que je t'ai aidé à exploiter. Sans mon carnet d'adresse, tu n'aurais jamais pu réussir Castiel. Qui t'a fourni les armes que tu vendais ? Qui t'a aidé à rencontrer des chefs d'État et des miliciens partout dans le monde avec qui faire des affaires ?

Dean dut se retenir de sourire en entendant tout ça. Crowley était en train de leur donner exactement ce qu'ils attendaient. Ce dont ils avaient besoin pour le faire tomber pour de bon.

- Je t'ai offert une chance ubique. Je t'ai mis le pied à l'étrier. Je t'ai appris à négocier. Et oui … bien sur que tu étais doué … sans doute plus que quiconque mais le talent ne suffit pas si on n'a pas les bonnes connexions. Je suis dans ce business depuis bien plus longtemps que toi Castiel. J'ai vendu des armes à la majorité des dictateurs en activité. J'ai fourni de la drogue à des patrons du CAC 40. J'ai monté des sociétés pour blanchir les millions que je me faisais. J'aurais u tout garder pour moi et te laisser te débrouiller seul mais je t'ai fait partager tout ce que je savais. Sans moi, tu aurais fini en prison ou tu aurais été tué. Tu ferais bien de ne pas l'oublier.

Ils avaient ses aveux. Ils pouvaient arrêter cette mascarade. Mais Castiel semblait vouloir continuer. Il semblait avoir envie d'en entendre plus. Dean n'était pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire. Mais il avait promis de laisser son petit ami gérer cette entrevue et il comptait bien tenir cette promesse.

- Donc je vous dois ma réussite, mon argent mais aussi ma vie ? Vous semblez convaincu que je n'aurais aucune chance de réussir sans vous. Mais je crois au contraire que j'aurais pu m'en sortir. Je suis sûr que j'aurais su exploiter mon talent et me construire une vie tout à fait satisfaisante.

Crowley se leva brusquement de sa chaise, visiblement furieux. De toute évidence, l'attitude de Castiel était en train de le pousser à bout. C'était sans doute ce que ce dernier cherchait. Il ne voulait pas simplement faire tomber son ancien mentor. Il voulait également le détruire. Il voulait lui faire du mal.

- Tu me dois tout. Tu étais un petit dealer minable quand je t'ai rencontré. Tu n'étais rien. Tu n'étais personne. Je t'ai fait. Je t'ai modelé à mon image. Je t'ai tout donné. Je t'ai bâti une vie. Tu es ma chose. Ma création.

- Vous pensez réellement me convaincre en me hurlant dessus et en m'insultant ? Je vous croyais plus intelligent que ça. Je dois reconnaître que je suis déçu.

- Je t'ai consacré quinze années de ma vie. J'aurais pu choisir quelqu'un d'autre. J'aurais pu te faire tuer. J'aurais pu te détruire quand je le souhaitais. Mais j'ai voulu croire que t'accorder ma confiance était une bonne idée. J'ai bêtement pensé que tu saurais me le rendre en temps voulu. Je comprends mon erreur à présent. Il est évident que je me suis trempé sur ton compte. Tu n'es rien de plus qu'un petit ingrat. Tu me tournes le dos maintenant que tu penses avoir trouver mieux. Mais cette fois, c'est toi qui te trompe. Tu finiras aussi par le comprendre. Sauf que pour toi, il sera trop tard.

Plus Crowley s'énervait et plus Castiel souriait. Il semblait prendre un immense plaisir à énerver son ancien mentor. Il avait enfin sa vengeance. Dean, quant à lui, savait que la conversation ne tarderait pas à se tourner sur lui. Il était toutefois prêt. Il se fichait que Crowley l'insulte ou se moque de lui. Il pouvait dire ce qu'il souhaitait de leur relation et de leur avenir. Ils avaient déjà gagné.

- Tu trouves tout ça drôle Castiel ? Ce que je te dis est amusant pour toi ? Demanda alors Crowley en le toisant depuis l'autre côté de son bureau.

Castiel secoua la tête mais ne cessa pas de sourire pour autant. Lui aussi avait conscience qu'ils avaient gagné. Et il ne boudait pas son plaisir. Bien au contraire, il voulait en profiter jusqu'au bout.

- Je ne suis pas amusé non. Et je ne suis pas convaincu non plus. Rien dans ce que vous avez dit jusque là me pousse à penser que je devrais vous donner une seconde chance … vous épargner.

- Tu crois me faire peur Castiel ? Tu crois vraiment que tu es le premier à me menacer ? J'ai du faire face à bien plus dangereux que toi et je suis toujours là. Tu ne me tueras pas.

Crowley avait au moins juste sur ce point. Ce n'était pas dans leur plan. Il aurait toutefois aimé que leur adversaire ait un peu plus peur d'eux. Il aurait aimé l'entendre les supplier de le laisser en vie. Un peu comme Dean avait supplié Gabriel de l'épargner.

- Vous devriez avoir peur. Je pourrais vous tuer sur le champ. Personne ne serait en mesure de m'arrêter. Vos hommes n'arriveraient pas à temps.

- Mais ils te tueront ensuite. Et ils tueront ton petit copain aussi. Ce n'est pas ce que tu veux.

- Je suis prêt à prendre le risque. Vous avez commandité l'assassinat de l'homme que j'aime. J'estime que ça mérite bien que vous mourriez à votre tour.

- Ils ne se contenteraient pas de le tuer si tu veux tout savoir.

Castiel inclina alors la tête sur le côté, visiblement surpris. Dean l'était tout autant que lui. Il ne voyait pas où Crowley voulait en venir. Mais il semblait avoir un atout dans son jeu qu'il n'avait pas dévoiler jusque là. Il semblait reprendre la main et Dean détestait ça.

- Comment ça ? Demanda alors Castiel.

- Je ne suis pas stupide. Je savais qu'il existait un risque que tu découvres la vérité et que tu viennes me voir. J'ai averti mes hommes et je leur ai donné des consignes. Si toutefois tu tentes quoi que ce soit contre moi, ils ont pour ordre de te tuer. Mais pas avant de s'être un peu amusé avec ton petit copain sous tes yeux. Ils ont carte blanche pour les détails mais j'ai une vague idée de ce qu'ils aimeraient lui faire. Et franchement, à comparer de ce dont ils sont capables, ce qu'il a subi jusque là n'est rien.

- Je les tuerais s'ils le touchent.

- Tu essaieras oui. Mais ils sont plus nombreux et bien plus entraînés. Tu n'auras aucune chance. Alors vas-y … tue moi. Sors ton arme et tire moi dessus. C'est Dean qui en paiera le prix.

La menace était réelle. Dean savait que Crowley ne bluffait pas. Il sentit alors un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. Il en avait assez d'être constamment la cible des ennemis de Castiel. Il en avait assez qu'on cherche à l'utiliser contre son petit ami. Il voulait que tout cela s'arrête.

- Dire que j'avais fait de toi mon successeur … comment ai je pu me tromper autant à ton sujet ? Se lamenta alors Crowley en se rasseyant sur sa chaise.

Castiel ne répondit pas, visiblement perturbé par ce qu'il avait entendu quelques minutes plus tôt. Il avait lui aussi pris les menaces de Crowley au sérieux et il semblait avoir peur à présent que des hommes débarquent dans le bureau pour les mettre à exécution. Ce qui était une possibilité. Dean espérait que l'agent Trenton ne tarderait plus. Ils avaient bien besoin de son aide maintenant.

- J'aurais pu comprendre que tu choisisses de me tuer pour prendre plus rapidement ma place … parce que tu était impatient. Je crois même que cela m'aurait rendu fier. Ça aurait été la preuve que j'avais raison depuis le début. Mais que tu me choisisses pour ce type ? Pour un jouet dont tu finiras par te lasser à terme … c'est sans nul doute la plus grande déceptions que j'ai connues dans ma vie.

Cette fois, ce fut Castiel qui se leva de sa chaise. Dean fit aussitôt un pas dans sa direction. Il pouvait sentir la rage monter en lui et il le savait capable de tout dans cet état. Il était prêt à intervenir si toutefois les choses dégénéraient pour de bon.

_ Dean est tellement plus qu'un jouet pour moi. Vous ne savez rien de notre histoire et je vous déconseille fortement de continuer à lui manquer de respect.

- Castiel, tu es tellement aveuglé par lui que j'ai de la peine pour toi. Tu ne vois pas qu'il s'est fait une place dans la vie juste parce qu'il écarte les cuisses sans trop de difficultés et qu'il a une bouche talentueuse. Il ne t'apporte rien. Il n'a rien à t'offrir de plus que son corps. Et je dois bien reconnaître qu'il doit être une distraction particulièrement satisfaisante. Ça ne fait toutefois pas de lui plus qu'un gigolo. Le sexe est probablement génial mais il ne fait pas partie de ton monde. Il n'a strictement rien à te donner que tu ne trouverais pas chez quelqu'un d'autre. Il est jeune et séduisant. Mais il finira par vieillir et alors quoi ? Tu crois vraiment qu tu lui trouveras toujours le moindre intérêt quand il perdra de sa superbe ? Quand il ne sera plus aussi souple ou quand tu l'auras trop utilisé pour en retirer encore un semblant de plaisir ?

- Fermez là, lança Castiel, furieux.

Dean n'était pas vexé par ce qu'il entendait. Il n'avait peut être pas une énorme confiance en lui même mais il avait en revanche totalement confiance en les sentiments que Castiel avaient pour lui. Il était sûr à présent que son petit ami ne l'avait pas choisi uniquement pour son physique ou pour le sexe. Ils s'aimaient et Crowley ne réussirait pas à l'en faire douter. Il savait néanmoins que ces propos étaient insupportables pour Castiel.

- On dit qu'il n'y a que la vérité qui fâche Castiel. Si tu réagis ainsi, c'est uniquement parce que tu sais que j'ai raison. Ses seules qualités résident dans dans son physique, la facilité avec laquelle il se donne au premier venue, que ce soit toi ou Balthazar, et dans ce qu'il accepte de faire avec sa bouche … et si je ne doute pas de son efficacité dans ce domaine, je doute vraiment que cela te suffise sur le long terme. Sans parler du fait qu'il t'a déjà trompé. Et si ce n'est pas toi qui te lasse de lui alors ce sera l'inverse. Il finira par aller voir ailleurs. Il s'intéresserait au premier venu en mesure de lui proposer plus d'argent que toi … une vie meilleure et plus confortable. Tu te retrouveras alors seul … et crois moi, je ne serais pas là pour ramasser les morceaux.

Cette fois, c'en était trop pour Castiel. D'un geste rapide, il sortit son arme, retira la sécurité et la pointa en direction du visage de Crowley. Ce dernier se leva alors à nouveau mais ne chercha pas à fuir. Il était calme. Il n'avait pas peur. Dean pouvait sentir son petit ami sur le point de céder à ses pulsions. A cette bête furieuse et cruelle qui se tapissait toujours au fond de lui. Et que Crowley avait créé quand il avait mis la main sur Castiel. Il ne pouvait pas le laisser faire. Leur arrangement serait alors annulé et son petit irait en prison. Il devait absolument intervenir. Mais il devait le faire intelligemment.

Il posa sa main sur le bras de Castiel mais ne chercha pas à le lui faire baisser.

- Souviens toi de Trenton mon cœur. Si tu le tues, tout tombera à l'eau, murmura t-il.

C'était le signal convenu avec l'agent du FBI. Si Castiel ou Dean prononçait son nom, il était temps pour lui d'intervenir. Il serait là rapidement. Lui et ses collègues étaient stationnés non loin du bâtiment. Il devait juste faire en sorte que Castiel ne tue pas Crowley jusqu'à leur arrivée.

- Trenton ? Répéta Crowley, visiblement surpris.

Dean ne prêta pas attention à lui. Il se fichait de ce qu'il pouvait dire. Sa seule préoccupation était de calmer son petit ami. De l'empêcher de commettre une bêtise qui le condamnerait.

- Tout ce qu'il a dit … ce sont des mensonges et on le sait tous les deux. Ça n'a aucune importance. Il ne pourra jamais me faire changer d'avis. On a gagné. On le sait. Mais tu gâcherais tout en tirant. Rappelle toi ce qu'on s'est promis. On pourra avoir une vie ensemble … une vie heureuse … si et seulement si tu ne fais rien de stupide. Je t'aime … je ne peux pas te perdre. C'est ce qu'il veut … rappelle toi que tut es plus intelligent que lui.

Castiel ne baissa pas son arme mais tourna le visage vers Dean.

- Ce qu'il a dit … je ne peux pas …

- Si tu peux, le coupa Dean. On s'en fiche. S'il te plaît … je t'en supplie. Bats toi contre elle et ne la laisse pas gagner. Ne la laisse pas prendre le contrôle. Je ne sais pas si je pourrais te ramener cette foi. Si tu la laisses triompher cette fois, on perdra tout.

Crowley ne devait probablement rien comprendre à ce qu'ils se disaient. Mais ça n'avait aucune importance puisque ce n'était pas à lui que Dean s'adressait. Castiel, de son côté, avait compris et c'était l'essentiel. Il finit par baisser doucement son arme tout en continuant à regarder Dean dans les yeux. Il avait probablement besoin de se raccrocher à lui pour vaincre son désir de tuer Crowley. Le jeune homme serait là jusqu'au bout.

Quelques secondes plus tard, la porte du bureau s'ouvrit avec fracas. Du coin de l'œil, Dean vit l'agent Trenton entrer dans la pièce avec plusieurs de ses collègues. Il portait la veste qu indiquait qu'il appartenait au FBI.

Il s'approcha de Crowley en brandissant sa carte.

- Fergus Mac Leod, vous êtes en état d'arrestation, lança t-il.

Dean aurait aimé le regarder passer les menottes à Crowley. Mais il pouvait sentir que Castiel avait encore besoin de lui. Il garda donc les yeux rivés sur lui et ne prêta pas attention aux cris de protestation de Crowley. Il sourit à son petit ami puis vint appuyer son front contre le sien.

- On a gagné, souffla t-il alors.

- On a gagné, confirma Castiel.

Autour de lui, plusieurs agents commençait à fouiller le bureau de Crowley. Ce dernier était conduit à l'extérieur de la pièce, menottes aux poignets.

- Tu me le paiera, jeta t-il à Castiel. Vous me le paierez tous les deux.

- Ne l'écoute pas, souffla Dean.

C'était probablement difficile pour Castiel de ne pas répondre mais il fit tout de même ce que le jeune homme lui demandait. Il garda son front cotre le sien et ses yeux dans ceux de son petit ami. Quand Crowley fuit conduit à l'extérieur de la pièce, le jeune homme déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Le FBI n'en avait pas encore fini avec Castiel. Ils allaient l'interroger à présent. Il allait devoir tout leur dire et cela risquait de prendre des heures. Ils ne seraient pas seuls avant un long moment. Mais si Dean était impatient, il savait également que c'était nécessaire. Une fois l'interrogatoire terminé, Castiel serait un homme libre. Ils pourraient enfin commencer un nouveau chapitre de leur vie.

_ Vous allez devoir me suivre tous les deux, lança finalement Trenton après un moment.

Dean recula alors son visage. Castiel tendit son arme à un de agents et acquiesça. Il saisit ensuite la main de son petit ami puis ils suivirent Trenton à l'extérieur de la pièce. Dans le couloir, plusieurs hommes de mains de Crowley avaient été menottés à leur tour. Dean ne les regarda pas. Il se fichait totalement d'eux.

- J'ai encore du mal à réaliser que c'est terminé, avoua t-il à Castiel quand ils furent dans l'ascenseur.

Son petit ami l'embrassa sur la joue. Il avait visiblement repris le contrôle mais Dean savait que c'était encore une situation fragile. Il devait rester attentif.

- Et pourtant, tout est bel et bien fini. Comme tu l'as dit tout à l'heure, on a gagné.

Dean hocha la tête. Il lui faudrait probablement plusieurs jours pour assimiler le fait que tout était enfin terminé. Qu'ils étaient libres. Les prochains jours risquaient d'être un peu compliqué. Et ils ne pourraient pas partir tant que le procès n'aurait pas eu lieu. Mais ils seraient en suite livre de se construire une vie proche de sa famille. Libres de s'aimer et d'être enfin un couple comme les autres. Dean avait hâte. C'était tout ce qu'il avait toujours voulu sans réellement le savoir. C'était un rêve devenu réalité. Et il comptait bien en profiter jusqu'à la fin de ses jours.