Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

Comme d'habitude : un immense MERCI pour toutes vos reviews et votre soutien ! Merci ! ^_^


Pour les anonymes :

Ilonka : Oui, mais si le bébé de Lynda et Aaron est une fille, l'enfant ne représentera plus aucun intérêt pour eux… En tout cas, merci beaucoup pour ta review ! J'espère que tu passes de bonnes vacances. Bonne semaine et à bientôt !

Charlene : Je suis contente que l'histoire te plaise toujours ! Ouais, je suis sais que je suis sadique avec Carlisle, mais t'inquiète le suspens prend fin dans ce chapitre. Les explications pour Crystal arriveront, patience. Ouais, moi aussi j'ai fait des économies pour aller fréquemment au ciné, lol. Merci énormément pour ta review ! Passes une bonne semaine et à bientôt !

Leo : Je suis très heureuse que la fic te plaise toujours autant ! Merci beaucoup pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !

Sabrinabella : Ca marche plus le coup du drapeau blanc ? Bon, je vais aller me chercher un casque et un gilet en kevlar, lol. Ben, je crois que je vais rien te dire car sinon ça risque d'être ma fête… Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que cette suite t'apaisera, même si j'ai quelques doutes… Bonne semaine et à bientôt !

Marion : Merci ! Des réponses à tes questions dans ce chapitre et le dénouement concernant l'état de santé de Carlisle… J'espère que cette suite va te plaire ! Merci beaucoup pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt ! Bises.

Gogom : Les réponses concernant l'état de santé de Carlisle arrivent dans ce chapitre ! C'est clair que Caïus et Bentley sont des ordures et encore je reste polie ! En tout cas, merci beaucoup pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !

Camille : Voilà la suite ! J'espère qu'elle te plaira ! Merci beaucoup pour ta review ! ^_^ Bonne semaine et à bientôt !


Sur ce :

Bonne lecture !


Chapitre 36 : Pour Bella

Esmé était soutenue par ses fils, ils attendaient impatiemment des nouvelles de Chris. Elle se pencha pour apercevoir le bout du couloir d'où provenait un remue ménage qui l'inquiétait. Esmé mordillait nerveusement sa lèvre inférieure quand ils furent rejoints par l'agent Green. Elle remarqua la lassitude de l'agent et cela l'inquiéta, il semblait avoir pris dix ans d'un coup. Elle allait lui demander comment il allait quand des cris provenant du bout du couloir attirèrent à nouveau leur attention à tous. Esmé n'en pouvait plus, elle s'extirpa des bras de ses fils et profitant de l'inattention des aides-soignants, elle passa entre eux et se précipita vers la chambre de son mari sans que quiconque ne puisse l'arrêter.


Edward caressa tendrement les cheveux de sa douce qui était toujours endormie sur leur lit. A ses côtés, Lynda était elle aussi assoupie et Aaron veillait avec inquiétude son épouse. Les Maîtres les avaient autorisés à patienter dans une chambre le temps qu'ils délibèrent sur le sort de Bella. Edward avait tenté de plaider le cas de la jeune fille, mais cela n'avait fait qu'irriter Aro et son mentor lui avait fait signe de se taire, il avait difficilement obéi. Maintenant, il attendait avec anxiété que les Maîtres prennent une décision pour Bella.

« -Tout va bien se passer, tenta de le rassurer Aaron.

-Tu n'en sais rien, lança-t-il d'un ton désabusé.

-Il faut garder espoir, insista son mentor.

Edward allait répliquer quand des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Ils se redressèrent et Aaron vint le rejoindre pour se placer devant leurs compagnes et lui. On frappa à la porte et Maître Aro entra. Le jeune homme tenta de remettre son masque d'impassibilité, mais il y parvint difficilement. Il aurait aimé tenir la main d'Aaron pour se rassurer, mais il n'en fit rien sachant que le Grand Maître n'apprécierait pas.

-Nous avons longuement discuté et cette jeune fille pourra rester parmi nous si elle se plie à nos lois.

Edward laissa échapper un soupir de soulagement, ils ne feraient pas de mal à son amour !

-Cependant, il y a des conditions, poursuivit Aro alors que l'inquiétude reprenait vie en lui. Il est hors de question que tu t'approches physiquement d'elle Anthony, tu peux la considérer comme une de tes servantes, mais rien de plus, compris ?

-Oui.

-A la moindre incartade, la sanction sera sévère et irrévocable, d'accord ?

-Oui, Père, merci.

-Bien, maintenant, j'aimerais que tu regagnes tes appartements.

-Quoi ? Mais je pensais que je pourrais rester ici, avoua Edward.

-Hors de question que tu restes près de cette fille ! Elle représente trop de tentations pour toi. Suis-moi ! Tu pourras revenir les voir plus tard. »

A contrecœur, Edward obéit non sans avoir jeté un coup d'œil à son mentor. Ce dernier lui adressa un sourire encourageant, Edward savait qu'Aaron protégerait Bella, rassuré par cette pensée, il sortit de la pièce. Aro l'entraîna vers un escalier pour gagner l'étage, le jeune homme se raidit quand il se rendit compte que Caïus leur emboîtait le pas.


Carlisle tentait difficilement de remettre de l'ordre dans son esprit, mais celui lui paraissait impossible, toute une multitude d'images et de sons se bousculaient, rendant le tout très flou et déclenchant chez lui un état nauséeux. Le médecin tenta tant bien que mal d'esquisser un geste, mais tout son corps le faisait souffrir et plus particulièrement sa poitrine. Il essaya de se souvenir pourquoi celle-ci était douloureuse, cependant, rien ne lui vint à l'esprit. Pourtant, un sentiment d'urgence ne le quittait pas. Il s'était passé quelque chose, quelque chose de grave et le fait qu'il ignore quoi était en train de le rendre dingue ! Le médecin entreprit de faire le tri dans ses souvenirs. De quoi était-il certain ? Il se souvenait avoir quitté plus tard que prévu l'Hôpital de Forks, un accidenté de la route avait eu besoin de ses services. Il était donc rentré tard. Avait-il eu un accident de voiture ? Cela expliquerait la douleur et son état d'extrême fatigue. Non, ce n'était pas cela. C'était bien plus grave… Carlisle se revoyait rentrer chez lui, il avait été plus que surpris de trouver la villa vide et silencieuse. C'était son anniversaire et chaque année sa femme et ses enfants, surtout Alice, lui organisaient une fête surprise qui n'en était plus vraiment une d'ailleurs. Il était donc rentré chez lui, heureux de passer un moment avec des gens qui comptaient pour lui et en plus cette année, Edward serait parmi eux ! Edward, son petit dernier, son fils… Edward…

Brutalement des images défilèrent dans son esprit, il revoyait le doute naître en lui, la panique quand il avait entendu Edward rentrer, la peur lorsqu'il avait vu leurs regards se poser sur son fils, la rage quand il avait compris ce que Caïus avait fait à son enfant, la douleur quand le coup de feu avait résonné. Il revoyait le visage ravagé de larmes et de chagrin de son cadet alors qu'il s'accrochait désespérément à lui. Il avait lutté de toutes ses forces contre l'obscurité qui menaçait de l'envahir, il avait prié pour avoir assez de force pour se relever et protéger son enfant, mais personne n'avait entendu sa supplique, personne n'était venu secourir son fils… Edward… Où était-il maintenant ? Allait-il bien ? Le FBI, la police, s'étaient-ils lancés à la recherche de son fils ? Carlisle voulait des réponses, il voulait qu'on lui dise qu'il s'inquiétait pour rien qu'Edward était tranquillement assis dans la salle d'attente de l'Hôpital, Bella blottit dans ses bras et attendant qu'il se réveille.

Carlisle fit alors tout son possible pour lutter contre l'étrange fatigue qui l'accablait, fatigue qui n'était pas naturelle, il le sentait. Le médecin réussit à lever péniblement une main vers son autre bras. A tâtons, il chercha le fil de la perfusion, enfin, il le trouva et suivit son parcours jusqu'au dos de sa main. Ses doigts s'enroulèrent autour du cathéter pour d'abord arracher le sparadrap puis ôter l'aiguille qui permettait au produit de couler dans ses veines. Tout en poussant un soupir las, il laissa tomber le cathéter et la perfusion. Le médecin ferma les yeux et se concentra sur sa respiration, maintenant qu'il n'avait plus de perfusion, son corps ne recevrait plus de sédatif, ni d'antalgique, mais il se moquait de souffrir tant qu'il pouvait retrouver un semblant de lucidité.

Il ignorait depuis combien de temps il avait débranché la perfusion, son esprit oscillait entre conscience et inconscience. La douleur devenait de plus en plus insoutenable et il pouvait entendre les sons des moniteurs augmenter peu à peu. Carlisle se concentra et réussit enfin à ouvrir ses paupières. Il fut violemment aveuglé par la lueur du soleil qui baignait sa chambre. Il referma les yeux avant de les ouvrir à nouveau prudemment, laissant ainsi le temps à ses rétines de s'habituer au jour. Une fois qu'il s'en sentit capable, il se hissa à l'aide de ses bras vers la tête de lit pour s'appuyer contre les oreillers. Ainsi installé, il parcourut son corps du regard. Il ne remarqua qu'une blessure qui était soigneusement dissimulée sous un bandage et qui avait été causée par la balle qu'il avait reçu. Carlisle jeta un coup d'œil sur sa droite pour contrôler les instruments qui mesuraient son rythme cardiaque et sa tension, tout lui semblait correct, du moins pour quelqu'un qui s'était fait tirer dessus.

Le médecin repoussa le drap et la couverture qui recouvraient son corps laissant ainsi apparaître ses jambes nues que la blouse d'hôpital ne couvrait pas. Tout en serrant les dents, il contracta les muscles de ses membres inférieurs pour balancer ces derniers hors du lit. Carlisle se retrouva assis sur le rebord de sa couche. Bien, maintenant, il ne lui restait plus qu'à attendre d'avoir retrouvé une respiration régulière, que la douleur se soit aussi un peu atténuée, et il pourrait tenter de marcher. Son regard balaya la pièce à la recherche de quelque chose à quoi s'accrocher, il aperçut un déambulateur et sourit en pensant que ce serait parfait. Il allait se lever quand il sentit quelque chose tirer sur son torse, ses mains palpèrent le haut de son torse et il trouva des électrodes. D'un geste rapide, il les débrancha et les jeta sur le lit. Aussitôt, l'alarme se déclencha. Il se maudit quand il vit le tracé plat de l'électrocardiographe qui sonnait pour prévenir le personnel soignant de la cessation d'activité de son cœur. Carlisle tenta de se pencher pour l'arrêter, mais il était trop tard, la porte de sa chambre s'ouvrit sur son ancien interne qui l'observa d'un air ahuri, sûrement surpris de le voir debout, avant que la colère ne remplace la stupeur. Chris alla éteindre l'appareil pendant que des infirmières entraient dans sa chambre en poussant un chariot de réanimation.

« -C'est bon, fausse alerte, leur annonça le Docteur Matthews. Vous comptiez aller faire une petite balade Docteur Cullen ?

-Tout à fait, répondit-il en tentant de masquer la douleur, pourriez-vous me faire passer une robe de chambre ou un peignoir, je vous prie ?

-Bien sûr, vous ne voulez pas non plus que je vous apporte des vêtements et que je vous signe votre bon de sortie ? Proposa Chris d'un ton sarcastique.

-Puisque vous le proposez, j'avoue que j'apprécierais.

-Non, mais ça va pas ! S'énerva son ancien interne. Vous avez reçu une balle, Carlisle ! Vous avez perdu énormément de sang et qu'est-ce que vous faites ? Vous arrachez votre perfusion ainsi que le matériel de surveillance pour vous lever en douce ? Bon Dieu, vous êtes médecin ! Vous savez que tout ce que vous avez fait n'est pas anodin ! S'il faut, vous avez fait sauter des points ! Vous êtes peut-être en train de faire une hémorragie interne !

-Je vous promets que j'ai fais et que je ferais très attention, railla Carlisle, mais il est hors de question que je reste dans ce lit une minute de plus !

-Et vous comptez aller où ? Faire un marathon peut-être ?

-Mon fils a disparu ! Cria-t-il. Je veux le retrouver ! Vous ne pensez pas que c'est une bonne raison pour sortir de ce lit ?

-Si, mais écoutez, Carlisle, vous êtes faible et les sutures sont fraîches, je ne plaisantais pas tout à l'heure quand le parlais de vos points.

-Je sais tout ça !

-Alors, rallongez-vous, ne m'obligez pas à employer la force, menaça Chris.

-Vous, ni personne, ne m'empêcherez de partir à la recherche d'Edward ! Prévint-il.

Carlisle défia son ancien interne du regard avant de s'appuyer sur le rebord du lit pour se mettre debout, aussitôt, Chris vint l'enlacer pour le repousser sur sa couche où il le maintint de force.

-Donnez-moi 2 cc de Lorazépam ! Ordonna Chris à une infirmière qui se dépêcha de s'exécuter.

-Je n'ai pas besoin d'un tranquillisant ! Protesta-t-il.

Carlisle tenta de se débattre, mais c'était peine perdu, Chris le tenait fermement et la douleur devenait de plus en plus insoutenable. S'il continuait à s'agiter, il allait rouvrir ses blessures, mais soudain, il se rendit compte qu'il s'en moquait. Alors qu'il allait redoubler de vigueur pour lui échapper, une voix furieuse s'éleva dans la chambre et il se figea aussitôt.

-Carlisle Cullen, je te conseille de rester allongé ou sinon ça va mal aller pour toi ! Gronda Esmé en le fusillant du regard.

Carlisle ne put qu'opiner doucement de la tête tout en priant pour que son état joue en sa faveur et que cela calme quelque peu son épouse. Esmé était quelqu'un de doux et de patient, il pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où il l'avait vu en colère, mais lorsque sa femme s'énervait, il valait mieux ne pas être l'objet de sa fureur.

-Tout va bien, Esmé, la rassura Chris tout en l'examinant, il n'a pas fait trop de dégâts.

-Papa ?

Carlisle quitta son épouse du regard pour voir ses enfants massés dans l'embrassure de la porte. Leurs traits étaient tirés et fatigués, leurs yeux étaient rougis d'avoir trop pleurés, ses yeux glissèrent vers Esmé, qui toute trace de colère effacée, paraissait aussi défaite qu'eux.

-Je vais bien, les tranquillisa-t-il, ça va aller les enfants.

La seconde suivante, Esmé et ses enfants entrèrent dans la chambre et se jetèrent aussi doucement qu'ils le purent sur lui. Il cacha sa souffrance, trop heureux de les sentir près de lui, de pouvoir caresser leurs cheveux et de déposer des baisers sur leurs visages. Sa famille lui rendit ses étreintes, leurs yeux étaient baignés de larmes, mais cette fois-ci c'était des larmes de joie. Cependant, Chris ne tarda pas à mettre un terme à leurs retrouvailles, menaçant de faire sortir tout le monde s'ils n'allaient pas s'asseoir dans un recoin de la chambre. Ses enfants obéirent, seule Esmé resta à ses côtés. Son épouse s'installa sur le rebord du lit, tendrement, elle embrassa ses lèvres avant de prendre sa main dans la sienne. Un léger silence régna dans la chambre le temps que Chris termine de l'examiner.

-Tout va bien, cela fait combien de temps que vous avez arraché la perfusion ?

-Je n'en sais rien, admit-il.

-Si les tranquillisants ne font plus effet, j'imagine qu'il en va de même pour les antalgiques. Je vais aller chercher une perfusion et cette fois ne l'arrachez pas !

-Si ce ne sont que des antalgiques, aucun souci !

-J'ai compris le message, Docteur Cullen, le rassura son ancien interne, je n'essayerai plus de vous mettre sous sédatif, du moins, tant que vous ne faites rien d'irréfléchi.

Carlisle hocha la tête pour avoir la paix, il ne comptait pas se laisser mettre hors course tant qu'il n'aurait pas retrouvé son fils ! Car, maintenant, il était certain qu'Edward n'attendait pas dans une salle d'attente avec le reste de la famille, non, son fils avait disparu.

-Vous avez des nouvelles ? Demanda-t-il d'une voix tendue.

-Ils sont à sa recherche, lui apprit Emmett car Esmé avait trop de chagrin pour lui répondre.

-Il y a eu pas mal de dégâts, poursuivit Jasper, Orion a fait sauter une bombe au siège du FBI.

-Ils vont bien, s'empressa d'ajouter Rose en voyant son inquiétude.

-Emma est morte pendant l'explosion, ajouta Alice.

-La secte a aussi fait enlever Aaron en même temps qu'Edward, continua Jasper.

Malgré son inquiétude pour l'agent, Carlisle était quelque part rassuré car il savait qu'Aaron ferait tout son possible pour qu'il n'arrive rien à Edward.

-Malheureusement ce ne sont pas les seules mauvaises nouvelles, annonça l'agent Green en entrant dans la chambre, comment vous sentez-vous Docteur Cullen ?

-Ca va, mais que voulez-vous dire par "ce ne sont pas les seules mauvaises nouvelles" ?

L'agent Green allait lui répondre, mais Chris entra à ce moment-là avec la perfusion. Il demanda à tous de sortir un instant le temps qu'il replace le cathéter et refasse son pansement. Carlisle allait protester, mais le téléphone de l'agent du FBI sonna et il s'éloigna pour répondre. Lorsque le Docteur Matthews eut terminé, il lui fit une piqûre pour calmer la douleur le temps que les antalgiques de la perfusion fassent effets. Carlisle réussit à arracher un soupir d'exaspération à son ancien interne quand il demanda à voir tous les médicaments qu'il lui donnait, il préférait surveiller qu'aucun de ces derniers ne soient des sédatifs. Quant il eut terminé, Chris alla ouvrir la porte de la chambre, sa famille ainsi que l'agent Green revinrent.

-Comme votre famille vous l'a sûrement dit, Aaron et Edward sont ensembles.

Carlisle acquiesça de la tête, inquiet de ce que l'agent allait leur annoncer. Etait-il arrivé quelque chose à l'un d'entre eux ? Avaient-ils retrouvé un corps… Cette pensée lui arracha un frisson d'horreur.

-Nous avons monté une opération pour faire sortir l'un des membres de la secte de l'ombre, cela a fonctionné, mais pas comme nous l'imaginions, avoua David.

-C'est-à-dire ? Demanda Esmé qui serra désespérément sa main.

-Lynda devait servir d'appât, l'opération a été organisée à la dernière minute et était minutieusement préparée, pourtant, ils nous ont eu. Ils ont réussi à enlever Lynda, malgré notre surveillance. Malheureusement, elle n'était pas seule. Il semblerait d'après nos dernières communications que Bella ait réussi à monter en douce dans sa voiture. Orion est bien plus organisée que nous ne le pensions, les adeptes que nous avons arrêté lors de la descente où nous avons récupéré Edward ne représentent apparemment qu'une infime part de l'organisation.

-Attendez… Vous… Vous voulez dire que ces salauds détiennent non seulement Edward et Aaron, mais aussi Bella et Lynda ? S'écria-t-il.

-Oui et j'ai besoin de savoir qui sont "ces salauds" ? Lui demanda l'agent Green.

Carlisle l'observa pendant quelques secondes sans comprendre, ainsi, ils ignoraient encore qui était derrière toutes ces horreurs ?

-Aro, Marcus et Caïus Volturi, lança le médecin d'une voix chargée de haine.

-Quoi ? Balbutia Esmé à ses côtés. Mais… Mais cela fait des années que nous ne les avons pas vu ! Ils… Tu… Tu es sûr ?

-Oui, ce sont eux qui ont enlevé Edward, Aro m'a tout avoué. Je suis désolé, Esmé, jamais je n'aurais imaginé qu'il puisse être aussi fou. Si j'avais su…

-Tu ne pouvais pas le deviner, le consola son épouse, moi-même à l'époque je n'aurais pas pu les soupçonner, ils nous ont épaulé, ils… Ils ont même gardé Emmett et Alice pour nous ! Comment ont-ils pu ? Je croyais qu'ils étaient tes amis, nos amis !

-Ryan, je veux que tu lances des recherches sur Aro, Marcus et Caïus Volturi, donnes aussi leurs signalements à tous les services : FBI, police et douanes, ce sont les gourous d'Orion, ordonna David dans un talkie-walkie avant de se tourner vers lui, ont-ils dit ou fait quelque chose qui pourrait vous avoir indiqué leur destination ?

-Aro a parlé d'un projet qu'ils avaient en Alaska, se rappela Carlisle. J'ai essayé de les arrêter, mais…

-Vous avez fait tout ce que vous pouviez, le rassura David, et croyez-moi, je vais tout faire pour les ramener tous les 4 à la maison.

-Merci.

-Je vous en prie, maintenant, il est important que vous vous reposiez, Docteur Cullen, Edward aura besoin de vous en pleine forme lorsqu'il reviendra. »

Carlisle ne répondit pas, il ferma les yeux pour retenir les larmes de souffrance et de désespoir qui menaçaient de lui échapper. Edward… Il ne cessait de revoir le regard que Caïus avait posé sur son fils ! Ce monstre avait osé toucher à son enfant, il aurait pu le tuer, il avait voulu le tuer… Et à cause de son manque de sang-froid, il avait été séparé d'Edward. Une caresse douce lui fit ouvrir les yeux, Esmé le regardait avec inquiétude. Il voulut la rassurer, mais il se rendit compte qu'il en était incapable. Tendrement, son épouse s'allongea près de lui, ils se blottirent l'un contre l'autre, ils étaient seuls et pouvaient laisser libre cours à leur chagrin. Carlisle voulait croire qu'ils retrouveraient Edward, mais dans quel état ?


Edward entra dans une vaste pièce à l'étage qui ressemblait à un salon. Il ne put retenir un sourire lorsqu'il vit une petite fille pas plus haute que trois pommes se diriger vers lui d'un pas rendu hésitant par sa course tout en lui tendant désespérément ses petits bras. Le jeune homme se baissa et prit Crystal dans ses bras, la petite fille lui sourit avant de déposer des baisers sur ses joues. Malgré les circonstances, il était heureux de revoir Crystal et Jane. D'ailleurs cette dernière vint les rejoindre, la jeune maman lui sourit et déposa un baiser sur sa joue avant de l'entraîner dans le petit appartement pour le lui faire visiter. L'étage comportait trois autres chambres, l'une avec un lit d'enfant et les deux autres avec un grand lit double, une salle de bain et ce grand salon. Aro les informa qu'ils ne resteraient pas longtemps dans ce camp et qu'ils n'avaient pas à s'inquiéter de leur manque de confort. Le Grand Maître et Caïus s'en allèrent au bout de quelques minutes, non sans lui avoir rappelé leur pacte. Une fois que la porte fut refermée, son esprit se mit à la recherche d'un prétexte pour rejoindre Bella.

« -Veux-tu manger quelque chose ? Lui demanda Jane.

-Je te remercie, mais je n'ai pas faim.

La jeune fille lui sourit avant de reprendre sa place sur le canapé et de se replonger dans ses travaux de couture. Crystal gigota dans ses bras et il alla lui aussi s'installer sur le canapé. La petite fille glissa de sur ses genoux pour s'allonger entre eux deux, avec ses pieds elle s'amusait à lui donner des petits coups pour attirer son attention. Edward faisait semblant de l'ignorer avant de se tourner vers elle en fronçant les sourcils ce qui faisait rire Crystal.

-Tu es le seul à savoir la faire rire et sourire ainsi, confia Jane en les couvant du regard.

-C'est vrai ? Je sais pas, ça me vient naturellement avec elle, c'est comme si c'était normal.

-Ca l'est.

-Que veux-tu dire ?

-Rien, pardonne-moi, je pensais tout haut. Je suis heureuse que l'on soit à nouveau réuni, heureusement que mon frère et Chelsea sont venus me chercher, soupira-t-elle d'un air soulagé qu'il était loin d'éprouver. Anthony, pourrais-tu me rendre un service ?

-Oui, bien sûr.

-Il faut que j'aille superviser la préparation du repas ainsi que nos malles pour le départ, pourrais-tu descendre ces tuniques et ces livres aux impurs ? Marcus m'a dit que cela ne te dérangerait sûrement pas de le faire.

-Il a raison, sourit Edward heureux qu'on lui offre ainsi un prétexte de voir Bella et ses amis.

Le jeune homme se leva et prit les affaires que Jane avait préparé. Il allait sortir quand un cri de mécontentement retentit dans la pièce. Il se tourna et vit Crystal descendre maladroitement du canapé pour le rejoindre.

-Es-tu d'accord pour qu'elle vienne avec moi ? Demanda-t-il à la mère.

-Je crois que je n'ai pas trop le choix, sourit Jane en voyant sa fille s'accrocher au pantalon d'Edward, de toute manière, cela ne me dérange pas, je préfère la savoir avec toi plutôt qu'avec un autre. »

Edward acquiesça. Il cala les vêtements et les livres entre son corps et son bras gauche pendant que de l'autre il soulevait Crystal. Tout en surveillant sa descente dans les escaliers, il se demanda si Bella était éveillée. Il espérait que sa douce allait bien.


Bella s'éveilla péniblement. Elle avait légèrement mal à la tête et elle avait l'impression que sa gorge lui brûlait tellement elle était sèche. La jeune fille ouvrit un œil et se figea lorsqu'elle ne reconnut pas l'endroit où elle se trouvait. Soudain, un tremblement parcourut tout son être alors qu'elle se souvenait des derniers évènements ! Lynda et elle avaient été enlevées par la secte ! Prudemment, elle tenta de bouger et fut surprise de ne sentir aucun lien entraver ses mouvements. Cependant, ses mouvements, bien que légers, semblaient avoir attiré l'attention d'une personne car elle entendit des pas venir vers elle et bientôt une main caressa ses cheveux.

« -Bella, tu peux ouvrir les yeux, tu ne risques rien.

La jeune fille obéit quand elle reconnut la voix masculine et rassurante. A peine s'était-elle redressée qu'elle se jeta dans les bras d'Aaron qui était agenouillé au bord du lit.

-Tout va bien, comment te sens-tu ?

-Ca va, murmura-t-elle avant de balayer la pièce du regard.

-Il n'est pas là, l'informa Aaron en comprenant son geste, mais il va bien.

Bella laissa échapper un soupir de soulagement. L'agent du FBI caressa sa joue puis, il se redressa pour aller lui chercher un verre d'eau. Elle le remercia d'un sourire avant de boire plusieurs gorgées qui apaisèrent sa gorge en feu. Tout à coup, une légère plainte attira son attention et celle d'Aaron qui se redressa pour contourner rapidement le lit. Bella se rendit alors compte que Lynda était allongée à côté d'elle. La jeune femme se réveillait encouragée par les mots tendres et rassurants que prononçait son mari.

-C'est quoi ce bordel ? Maugréa Lynda.

-Pas la peine de râler, tu, enfin je devrais plutôt dire, vous vous êtes mises toutes seules dans ce bordel ! Mais qu'est qui t'a pris de vouloir servir d'appât ? Et toi, Bella, que faisais-tu dans la voiture de Lynda ?

Lynda et elle se jetèrent un coup d'œil, son amie lui fit signe de se taire, Aaron allait se calmer tout seul. Effectivement, au bout de quelques minutes, Aaron se tut pour s'asseoir sur un coin du lit et les dévisager avec inquiétude.

-Que se passe-t-il ? Tu n'as rien ? Et Edward ? Interrogea Lynda.

-Je vais bien et Edward aussi, seulement, la présence de Bella complique les choses, ils savent exactement qu'elles sont tes relations avec Edward, lui expliqua-t-il, et ils ont en toi un excellent moyen de pression sur lui.

-Que vont-ils faire de nous ? Demanda son amie.

-Ils veulent nous convertir, mais j'ai peur qu'il ne s'agisse juste que d'une façade pour ne pas braquer Edward contre eux. Sur les trois Maîtres, un seul me semble réellement dangereux et bien entendu Bentley et lui sont très proches. Ecoutez avant que quiconque n'arrive, je veux que vous respectiez ces deux règles : appelez Edward Anthony.

-Et la seconde ? Questionna son épouse.

-Pour toi, ce sera de rester tranquille, il ne faut surtout pas éveiller leurs soupçons ou s'attirer des ennuis, on ne doit pas leur donner un moyen de pression sur Edward et surtout il ne faut pas qu'ils nous séparent cela rendrait notre évasion plus difficile, donc, tu restes calme quoi qu'il arrive, d'accord ?

-Oui, accepta Lynda à contrecœur.

-Quant à toi, Bella, je suis navré mais celui qui dirige tout ceci à interdit à Edward de t'approcher de trop près, je sais que ça va être dur, mais il faut que vous vous teniez loin l'un de l'autre. Aro a été très clair, si l'un de vous rompt cet accord, il…

Aaron n'eut pas le temps de terminer sa mise en garde qu'ils entendirent la poignée de la porte s'abaisser. Aussitôt, Aaron se redressa pour se poster devant elles. Lynda prit sa main en un geste rassurant. Tous trois se détendirent lorsqu'ils virent entrer Edward. Bella eut envie de se jeter sur lui pour le serrer dans ses bras, mais la main de Lynda la retint. Cependant, sa joie diminua quand elle vit l'enfant qu'il portait. Aaron s'approcha de son petit-ami pour le décharger des livres et des vêtements. Edward le remercia avant de s'approcher d'elles.

-Vous êtes réveillées ! Vous allez bien ? Leur demanda-t-il alors que son regard restait braqué sur elle.

Lynda laissa échapper un petit rire avant de se rendre dans un coin opposé de la pièce où Aaron s'était installé, leur laissant le plus d'intimité possible.

-Tu vas bien ? Répéta Edward.

-Oui et toi ?

-Ca va.

Le regard de Bella fut attiré par la main d'Edward qui se tendait vers la sienne, elle comprenait le dilemme qui grondait en lui car elle éprouvait la même chose, elle avait besoin de le toucher, mais ils n'en avaient pas le droit. Ils se sourirent tristement, leurs regards se mêlèrent traduisant les mots, les gestes qu'ils n'avaient pas le droit de faire.

-Anthony !

La voix de la petite-fille les sortit de leur contemplation de l'autre, l'enfant l'observait avec un petit air colérique n'appréciant apparemment pas le lien qui l'unissait à Edward.

-Hey, princesse, souffla Edward en attirant l'attention de la petite, voici Bella, tu verras, elle est très gentille. Bella, je te présente Crystal.

La petite fille l'observa avec interrogation, ne sachant pas vraiment ce qu'elle devait faire. Bella inspira discrètement avant de se pencher et de sourire à l'enfant.

-Bonjour, Crystal, tu joues avec…

Avec qui ? Avec son père ? Bella était perdue et elle ne put terminer sa phrase. Ses yeux ne cessaient de naviguer de l'enfant à Edward, leurs yeux étaient semblables, tout comme des traits de leurs visages, la ressemblance était vraiment flagrante !

-Tout va bien Bella ?

La jeune fille fut sortie de ses pensées par la question d'Edward, celui-ci l'observait sûrement inquiet qu'elle n'ait pas terminé sa phrase. Bella inspira profondément cherchant le courage qui lui faisait défaut pour poser la question qui lui brûlait les lèvres.

-Qui est Crystal ? Demanda-t-elle d'une voix tremblante.

-C'est la fille de Jane. Contrairement à son frère, Alec, Jane et moi, nous nous sommes toujours bien entendus.

-Ce… Ce n'est pas ce que….

-Savez-vous où nous sommes ? Intervint soudain Lynda en se les levant pour les rejoindre.

-Je n'en ai aucune idée, avoua Aaron.

-Nous ne sommes pas loin de San Francisco, répondit Edward.

-Tu es sûr ? S'étonna Lynda.

-Oui, j'ai vu un panneau quand je me suis réveillé dans la voiture, on est à une cinquantaine de kilomètres de San Francisco, mais comme nous avons pas mal roulé en forêt pour atteindre le camp, je ne sais pas si nous nous sommes éloignés ou rapprochés de la ville.

-Très bien, où loges-tu ? Lui demanda Aaron.

-Juste au-dessus avec Jane et Crystal.

Bella serra les poings en entendant ces quelques mots, à ce moment-là, on frappa à la porte. La jeune fille blonde qu'elle avait aperçue sur le pont entra. Bella ne put s'empêcher de remarquer qu'elle était vraiment belle, la jalousie grandit en elle quand elle vit la manière dont Jane observait son Edward, il ne faisait aucun doute qu'elle était amoureuse de lui !

-Anthony, je suis venue prendre Crystal pour que tu puisses te préparer tranquillement.

-Merci.

Jane s'avança d'une démarche gracieuse qu'elle lui envia pour prendre sa fille des bras de son petit-ami. Cependant, Crystal ne lâcha le jeune homme qu'après que celui-ci lui ait fait un câlin et déposé des baisers sur ses joues. Jane sortit ensuite en compagnie de sa fille.

-Il va falloir que vous enfiliez ces tenues pour la cérémonie, leur annonça Edward une fois que la porte fut fermée, après celle-ci, nous dînons tous ensembles. D'après ce que j'ai pu comprendre, nous devrions partir demain de ce camp.

-A l'allure à laquelle ils se déplacent, je n'ose imaginer où nous serons demain soir, murmura Lynda inquiète.

-Je peux me balader librement dans le camp, je vais essayer de voir si je peux trouver un moyen de nous enfuir, annonça Edward.

-Non, c'est trop dangereux ! S'écria-t-elle inquiète à l'idée de ce qu'ils pourraient lui faire.

-Ne t'en fais pas, Bella, chuchota le jeune homme en s'approchant aussi près d'elle qu'il le pouvait sans la toucher, je vais tout faire pour te sortir de là et qu'il ne t'arrive rien.

-Sois prudent, je t'en prie.

-Je te le promets.

Bella retint son souffle quand elle vit son visage se rapprocher du sien, leurs lèvres se frôlaient presque pourtant, Edward se figea. La jeune fille voulut réduire la distance qui les séparait, après tout, hormis Lynda et Aaron, qui saurait ? Cependant, Edward ne lui laissa pas le temps de combler l'écart qui les séparait. Il lui adressa un petit sourire triste avant de quitter la pièce. Bella sentit ses larmes couler le long de ses joues et Lynda vint aussitôt l'enlacer pour la rassurer.

-Chut, calme-toi, ma belle, on va trouver un moyen pour nous sortir de là, lui murmura Lynda. Ca va aller. Il faut que tu te reprennes, Bella, car si Edward te voit dans cet état, il risque de craquer et de faire une bêtise. Il doit rester dans les bonnes grâces des Maîtres c'est la seule solution pour qu'on s'en sorte.

-Oui, je suis désolée, sanglota Bella.

-Tu n'as pas à t'excuser, assura Lynda, tu es très courageuse.

-Bella, l'appela Aaron, qu'as-tu voulu dire tout à l'heure quand tu lui as demandé qui était Crystal ?

-Chris nous a parlé des tests d'ADN que tu avais demandé, répondit pour elle Lynda, les premiers résultats prouvent la paternité d'Edward.

-Ok, souffla Aaron, Edward ne doit pas le savoir, il doit continuer d'ignorer sa possible paternité, d'accord ?

-Pourquoi ? Demanda Bella.

-Malgré le fait qu'il ait été élevé par ces monstres, Edward a des valeurs. S'il croit que Crystal est sa fille, il ne voudra pas partir sans elle et jamais nous ne pourrons nous enfuir avec une enfant qui n'a même pas deux ans, expliqua Aaron.

-Je ne dirais rien, promit-elle. »

Aaron lui adressa un petit sourire avant de lui tendre une robe blanche assez simple. Bella la prit et alla s'enfermer dans la petite salle de bain. Une fois seule, elle s'appuya au lavabo, la fraicheur de la céramique lui fit du bien. Elle ouvrit le robinet d'eau froide pour asperger son visage. Elle devait être forte, elle ne devait se concentrer que sur une seule chose : s'enfuir. La jeune fille se promit de suivre à la lettre les conseils des deux agents, ainsi, bientôt, Edward et elle seraient de retour auprès des leurs à Forks. Sur cette pensée emplie d'espoir, elle se déshabilla et entra dans la douche.


Edward remonta tranquillement à l'étage qu'il occupait avec Jane et Crystal. Malgré la situation délicate dans laquelle ils se trouvaient, il était heureux de voir que Bella et Lynda allaient bien. Bella… Il avait tellement eu envie de la serrer dans ses bras, de l'embrasser, mais il ne pouvait pas, il n'en avait pas le droit et même s'ils étaient seuls il ne voulait prendre aucun risque. Aro avait été suffisamment clair sur le sort qui serait réservé à sa petite-amie, et puis, Caïus n'attendait que ça, qu'il fasse un faux pas. Edward rentra dans le salon qui était désert, Jane et Crystal avaient déjà dû rejoindre le reste de la communauté. Son regard se posa sur la tenue somptueuse qu'il devait porter lors des cérémonies, il eut envie de la déchirer, de la brûler car elle était l'image de sa soumission, de son rôle dans toute cette mascarade ! Pourtant, il n'en fit rien, au contraire, il prit soigneusement les vêtements et alla dans la salle de bain pour prendre une douche. Il entra dans la pièce et chercha à tâtons l'interrupteur.

Edward sursauta quand il entendit la porte de la salle d'eau claquer, la lumière s'alluma brutalement, l'aveuglant partiellement. Le jeune homme sentit la peur s'insinuer en lui quand il vit qu'il n'était pas seul. Debout, face à lui, Caïus l'observait d'un regard qui le fit frémir, Edward voulut reculer, mais son dos heurta un corps. Il tourna la tête et croisa le regard onyx de William Bentley dont les mains se refermèrent sur son corps. Edward laissa tomber sa tenue sur le sol pour se débattre, son adversaire le tenait bien, mais grâce à sa souplesse, il réussit à dégager l'un de ses coudes qu'il abattit violemment dans l'estomac de l'homme. Ce dernier le lâcha. Edward se précipita vers la porte, mais après avoir tourné plusieurs fois la poignée sans qu'elle ne s'ouvre, il comprit qu'il était enfermé avec les deux hommes. Lentement, il se retourna. Caïus le fixait d'un regard moqueur tout en lui montrant ce qu'il tenait en main : la clef de la salle de bain.

« -Viens la chercher si tu veux sortir ! Lui ordonna le Maître.

Edward déglutit péniblement, ses poings se serrèrent pour que ses geôliers ne remarquent pas à quel point il tremblait. Le jeune homme savait qu'il n'avait pas le choix, alors, lentement, il s'approcha du Maître. Ce dernier semblait vouloir lui tendre la clef, mais Edward le connaissait suffisamment pour savoir qu'il y avait autre chose derrière toute cette mascarade. Alors qu'il hésitait à se saisir de la clef qui était à la portée de sa main, Caïus bougea rapidement, ses doigts longs et fins encerclèrent son cou, puis, il le plaqua violemment contre le mur. Edward voulut crier de douleur, mais son cri fut étouffé par la poigne de Caïus qui serrait fermement son cou, l'air venait à lui manquer !

-Comment as-tu pu laisser cette fille, cette chose te toucher ! Car elle t'a touché, n'est-ce pas ? Réponds ! Et ne me mens pas !

-Oui, articula péniblement Edward avec le peu d'air qui lui restait.

-J'en étais sûr ! Rugit le Maître furieux. Il me semblait pourtant que tu avais compris que j'étais le seul à pouvoir te toucher ! Combien de fois ? Combien de fois a-t-elle posé ses sales pattes sur toi ?

Edward aurait peut-être répondu à sa question s'il en avait été capable, ses mains, qui dans un premier temps étaient restées inertes, étaient maintenant posées sur celles du Maître pour tenter de lui faire lâcher prise tant il avait besoin d'air.

-Réponds !

-Caïus, tu es en train de l'étouffer, lui fit remarquer Bentley comme s'il s'agissait de quelque chose d'anodin.

Une lueur de compréhension passa dans les yeux emplis de colère du Maître, aussitôt, il le lâcha. Edward se laissa glisser sur le sol, ses poumons étaient en feu et il aspirait goulûment tout l'air qu'il pouvait même si cela lui était douloureux.

-Debout ! Hurla soudain Caïus.

Edward voulait bien lui obéir, mais pour le moment, il n'avait même pas la force de relever la tête. D'un geste impatient, le Maître l'attrapa violemment par le bras pour le relever. Le jeune homme posa une de ses mains sur le lavabo pour ne pas s'effondrer. Edward eut un geste de recul lorsque les doigts de Caïus s'approchèrent une nouvelle fois de son cou, mais cette fois-ci, il ne l'empoigna pas, il examina seulement les traces qu'il avait dû laisser.

-Regardes ce que tu m'as forcé à faire ! Gronda Caïus en l'obligeant à se tourner vers le miroir pour voir les traces rouges sur son cou. Tu porteras un foulard pour la cérémonie, je ne tiens pas à ce que les fidèles soupçonnent tes incartades ! Bien, qu'allais-tu faire ?

-Pardon ? Murmura Edward qui avait peur de comprendre.

-Tu m'as très bien compris, s'exaspéra Caïus, qu'allais-tu faire ?

-Je me préparais pour la cérémonie.

-Et ?

-…

-Anthony !

-J'allais… J'allais, hésita le jeune homme qui savait très bien à quoi rimait tout ce cirque.

-Tu allais prendre un bain ! Termina Caïus pour lui dont la patience était mise à mal.

Edward aurait aimé lui dire que c'était faux, il cherchait une excuse plausible à sa présence dans la salle de bain, mais que faisait-on dans cette pièce hormis se laver ?

-Bien, étant donné que la dernière fois tu lui as refusé ce privilège que je lui avais accordé, William va prendre soin de toi.

-Maître, je vous en prie, supplia Edward.

-Ne t'inquiète pas, susurra Caïus à son oreille, tu m'appartiens et il le sait. William, veille sur l'Elu le temps que j'aille lui chercher un foulard.

-Maître, implora-t-il une nouvelle fois la peur au ventre.

-Sois sage, n'oublie pas qui sont nos prisonniers, menaça Caïus avant de sortir. »

Edward ferma les yeux pour tenter de retenir ses larmes, mais c'était peine perdue, elles glissèrent le long de ses joues. Le jeune homme pria pour que Jane revienne ou que quiconque entende sa prière et vienne. La porte n'était pas fermée à clef, il pourrait tenter de s'enfuir. Cependant, la menace de Caïus lui revint en mémoire. Tout son être se mit à trembler quand il entendit l'eau couler dans la baignoire. Edward n'osait pas se retourner, il préférait tourner le dos à son agresseur, il ne voulait pas voir son regard, ses expressions. Le jeune homme mordit violemment sa lèvre inférieure pour retenir une plainte lorsqu'il sentit les doigts de l'homme se poser sur lui. En quelques minutes, il se trouva nu et vulnérable face à Bentley qui le força à se retourner. Dans un geste de protection, Edward tenta de dissimuler son corps à ses yeux, mais l'homme repoussa brutalement ses mains.

Tout en prenant son temps pour l'observer sous toutes les coutures, William lui prit la main pour le faire entrer dans le bain. Edward s'y assit pensant ainsi se sentir moins vulnérable, mais ce ne fut pas le cas. Une plainte lui échappa quand l'homme prit du gel douche pour le verser directement dans ses mains nues. Edward ferma les yeux quand il commença à le laver. Son corps se tendit, son estomac se contracta quand ses mains descendirent le long de son être se rapprochant dangereusement de sa virilité, de ses fesses. Le jeune homme ne put retenir un soupir de soulagement quand l'homme les évita pour aller laver ses pieds et ses mollets. Cependant, une nouvelle fois, il se rapprocha de ses parties intimes quand il remonta le long de ses jambes.

« -Lèves-toi ! Ordonna William.

Edward secoua la tête, hors de question qu'il se lève ! L'homme tenta de l'empoigner mais son corps savonneux ne lui permettait pas d'avoir une bonne prise, il put donc lui résister facilement.

-Je suis sûr qu'Alec, Félix ou Démétri aimeraient s'amuser avec la petite Isabella avant qu'elle ne meure, souffla Bentley à son oreille.

-Non ! S'écria-t-il.

Le jeune homme rouvrit les yeux, son regard émeraude tourmenté croisa celui concupiscent de William.

-Debout !

Edward serra les dents, mais il obéit. Il n'avait pas le choix. Les mains se posèrent sur lui alors qu'il fermait les yeux et s'imaginait ailleurs, auprès de Bella, dans les bras rassurants de son père, dans l'étreinte aimante de sa mère, entouré de ses frères et sœurs. L'eau glaciale du pommeau de la douche le sortit de ses pensées, lui arrachant un petit cri. Bentley le fixait furieux.

-Je n'aime pas que l'on m'ignore !

L'homme paraissait réellement hors de lui. Il l'attrapa violemment par le bras pour le faire sortir de la baignoire. Une fois hors du bassin, Edward se retrouva plaqué contre le mur de la salle de bain. Son torse était collé contre la paroi froide, il pouvait sentir le souffle erratique de Bentley dans son cou et cela lui donna envie de vomir. L'homme s'appuya un peu plus contre son corps, un hoquet d'horreur franchit ses lèvres quand il sentit le sexe turgescent de William.

-Tu vas me le payer ! Promit l'homme.

Edward tenta de se débattre, mais il était coincé dans l'angle de la pièce. Ses gestes devinrent plus brusques quand il sentit la main de l'homme se glisser entre leurs deux corps, quelques secondes plus tard, il entendit le bruit de la boucle de sa ceinture qu'il défaisait.

-Non ! Protesta Edward en se débattant, mais il reçut un violent coup dans les côtes, la douleur le paralysa.

-Plus tu bouges, plus ce sera douloureux ! Le prévint Bentley. Mais tu es peut-être comme mon fils, tu aimes ça ?

Edward eut envie de lui hurler dessus, mais il savait que cela ne ferait qu'empirer les choses, alors, il se tut.

-Je peux savoir ce que tu fais ?

La voix de Caïus résonna dans la salle de bain et pour la première fois de sa vie, Edward fut heureux de voir le Maître.

-Ce gosse mérite une bonne correction ! Déclara Bentley qui était toujours pressé contre lui.

-Je sais, se désola Caïus, mais ce n'est pas le moment. Je te promets que tu m'aideras à le rééduquer dès que nous serons arrivés chez nous.

-Je n'oublierai pas ta promesse, prévint Bentley.

-Ne t'inquiète pas, mais j'espère aussi que tu n'oublieras pas la tienne ?

-Bien sûr que non, nous éduquerons mon petit-fils ensemble, le rassura Bentley.

Edward eut envie de vomir en entendant leur conservation, est-ce que ces hommes avaient quelque chose d'humain ? Non, il ne le pensait pas.

-Laisse-nous.

En entendant ces mots, Bentley se détacha à regret de son corps. L'homme s'éloigna non sans que sa main ait frôlé une dernière fois la courbure de ses fesses. Edward trembla.

-Approche ! Ordonna Caïus une fois qu'ils furent seuls. Tu sais ce que j'attends de toi !

Edward ferma les yeux en entendant le bruit d'une fermeture éclair, il avait tant prié pour ne plus jamais revivre tout ceci, il y avait cru, mais cela n'avait été qu'un rêve…

-Nous n'avons pas beaucoup de temps, alors, ne m'oblige pas à venir te chercher ! S'énerva Caïus.

Il décida enfin à sortir de sa cachette. Il avait l'habitude de subir le courroux de Caïus, s'il avait été le seul à assumer les conséquences de ses actes, il aurait collé son poing dans la figure du Maître, mais il n'était pas seul. Il devait penser à Bella.

-Tu te souviens comment faire ? Railla Caïus. »

Edward hocha la tête avant de s'agenouiller. Pour Bella, il n'allait pas se révolter. Pour Bella, il serait fort. Pour Bella, il supporterait tout. Il se concentra sur les moments qu'il avait passé avec la jeune fille, à leur amour pour oublier ce qui se passait, pour oublier ce qu'il subissait…


Aaron passa en dernier par la salle de bain. Il resta un long moment dans celle-ci, il avait besoin de se calmer et de mettre de l'ordre dans ses idées. Il était furieux, furieux contre son épouse qui avait pris des risques inconsidérés, furieux que Bella se soit glissée en douce dans sa voiture, furieux que son équipe ait laissé son épouse servir d'appât, furieux que les gourous les aient séparés d'Edward. Ce dernier geste n'avait rien d'anodin et il craignait le pire. S'il avait été seul, il se serait déjà élancé à la poursuite de son protégé, il aurait tout fait pour ne pas le quitter du regard. Alors qu'il enfilait des vêtements propres, il entendit Lynda qui tentait tant bien que mal de consoler et de rassurer Bella. Il devait faire quelque chose, son instinct lui hurlait qu'ils devaient s'enfuir au plus vite !

Alors qu'il déposait la serviette sur le rebord de la baignoire, son regard se perdit sur la forêt qui s'étendait sous ses yeux. Il observa pendant quelques minutes l'orée du bois avant qu'un garde ne passe devant la fenêtre, l'homme était bien armé, il tenait fermement un AK-47. Lorsque le garde disparut de sa vue, il commença à compter lentement, égrenant chaque seconde jusqu'à ce qu'il le revoit. 220. C'était jouable. La distance jusqu'à la forêt, où ils pourraient disparaître, n'était pas grande, 3 minutes et 40 secondes, c'est tout ce qu'ils auraient pour ne pas se faire prendre, mais c'était réalisable. Son regard se posa sur les barreaux qui obstruaient les fenêtres. Tout en surveillant les aller et retour du garde, il ouvrit celle-ci pour tester la résistance des barres métalliques. Un grognement de frustration lui échappa, elles étaient bien scellées. Il devait trouver un autre plan !

Aaron finit par sortir de la salle de bain. Bella sommeillait sur le lit, son épouse caressait tendrement ses cheveux. Il s'approcha de Lynda pour déposer un chaste baiser sur son front avant de faire de même avec son ventre. Aaron était inquiet, il voulait, il devait sauver Bella et Edward, ils étaient tellement jeunes, ils étaient fragiles, mais Lynda aussi. Lynda portait leur enfant, leur bébé, jamais il ne supporterait que Bentley, ou qui que ce soit d'autre, pose ses mains sur son épouse et encore moins sur son fils !

« -On va s'en sortir, murmura son épouse en caressant ses cheveux alors qu'il avait toujours sa tête posée sur son ventre.

-C'était de la folie Lynda.

-Je sais, mais honnêtement, me faire capturer n'était pas prévu dans mon plan, lui rappela sa femme, je ne pensais pas qu'ils disposaient d'autant de moyens.

-Moi, non plus, avoua-t-il. Il faut qu'on s'enfuie et vite.

-Je sais.

-Non, c'est urgent, je le sens. Je… »

Aaron n'eut pas le loisir de terminer sa phrase. Nathaniel accompagné du dénommé Félix venaient d'entrer. Lynda réveilla Bella, elle lui prit la main alors qu'ils suivaient leurs sentinelles vers une clairière où étaient allumés des lampions. Les adeptes étaient agenouillés dans l'herbe et leurs gardes leurs ordonnèrent de les imiter ce qu'ils firent, il tint son épouse contre lui car à cause de son ventre, la posture n'était pas évidente. Leurs geôliers ne firent aucun commentaire, bien sûr, personne n'oserait toucher à Lynda tant qu'elle était enceinte, pensa-t-il amèrement. Alors que des chants s'élevaient lorsqu'ils étaient arrivés, soudain, le silence se fit. Les trois Maîtres firent leur apparition devant leurs fidèles, Aro tendit une main et Edward les rejoignit. Aaron sut à la minute où il vit le visage de son protégé qu'il s'était passé quelque chose de grave. Le regard d'Edward était éteint, il ne semblait pas réellement présent, il agissait par automatisme.

Aaron ignora combien de temps ils assistèrent à la prière et aux louanges des Maîtres, mais son angoisse pour son protégé ne cessait de croître. Il avait remarqué la voix rauque du jeune homme lorsqu'il avait dû dire quelques mots, il avait vu ses doigts tremblants arranger régulièrement le foulard qu'il avait autour du cou et tout ceci ne laissait rien présager de bon. Une fois que la cérémonie fut terminée, il aida son épouse à se relever, il croisa son regard inquiet et il comprit qu'elle aussi avait remarqué le comportement étrange d'Edward. Plusieurs adeptes vinrent vers eux pour leur parler, ils les écoutèrent d'une oreille distraite leurs vaines tentatives pour les convertir. Aaron chercha le regard de son protégé et quand il le trouva enfin, il tenta de lui transmettre toute sa force dans ce simple échange. Edward fit un pas vers eux, mais Caïus l'arrêta d'un murmure, Aaron serra les poings quand il vit le jeune homme trembler. Impuissants, ils suivirent les fidèles pour le repas du soir. Tout en veillant sur Bella, il remarqua que son épouse observait discrètement les alentours. Lynda en était arrivé aux mêmes conclusions que lui, ils devaient s'enfuir et vite !

Une fois le repas terminé, ils furent une nouvelle fois escortés jusqu'à leur chambre. Aaron nota que deux gardes armés surveillaient l'unique porte d'entrée de leur bâtiment et qu'un garde restait devant leur porte. Leur présence rendrait toute tentative de fuite périlleuse, il devrait assommer leur gardien pour pouvoir aller récupérer Edward à l'étage. Aaron sortit de ses pensées quand ils regagnèrent leur chambre et lorsqu'il vit que celle-ci n'était pas vide. Marcus et Edward étaient installés sur le canapé. Aaron remarqua le regard inquiet avec lequel le Maître observait son Elu. Marcus releva la tête quand il les entendit entrer, mais Edward ne bougea pas, il continuait à regarder ses chaussures avec la plus grande attention.

« -Je voulais savoir si nos préceptes vous ont interpellé ? Demanda doucement Marcus.

-Oh que oui, cingla son épouse, surtout la partie où ces pauvres gens doivent vous idolâtrer et …

Aaron prit brusquement la main de son épouse pour la serrer fermement priant pour qu'elle se taise !

-Je n'apprécie pas vos propos, Lynda, lança Marcus.

-C'est réciproque, Marcus, cracha sa femme.

En cet instant, plus que jamais, et Dieu seul savait que ça lui été souvent arrivé, il aurait aimé pouvoir faire taire son épouse d'un claquement de doigts !

-Je ne vous ai pas autorisé à m'appeler par mon prénom ! Gronda le Maître. Vous me devez le respect !

-C'est réciproque ! Répliqua Lynda.

-Pardonnez-la ! Intervint Aaron avant que les choses n'aillent trop loin. Je vous en prie, elle ne sait pas ce qu'elle dit, les hormones lui font dire n'importe quoi !

Marcus plongea son regard dans le sien et Aaron utilisa tous ses talents d'acteur pour offrir un air de repentit tout en ignorant le regard meurtrier que lui lançait son épouse. Heureusement, cette dernière n'ouvrit pas la bouche.

-Soit, oublions ce fâcheux évènement. Bien, il est temps d'aller se coucher. Anthony ?

-Oui, Maître, acquiesça Edward sans les regarder.

-Que faites-vous ici ? Demanda Caïus en les rejoignant visiblement furieux de les trouver là.

Le Maître les observa tous à tour de rôle avant de poser son regard sur Edward qui sans même savoir que Caïus l'observait se tassa un peu plus dans le canapé. Un petit cri de colère sur sa gauche lui apprit que la scène n'avait pas échappé à son épouse. Il serra sa main au risque de lui briser des doigts pour qu'elle se taise, ce n'était pas le moment qu'elle se jette sur Caïus pour le rouer de coups, même si lui-même en mourrait d'envie.

-Nous disions bonsoir, lui répondit Marcus.

-Anthony ne dort pas ici !

-Je sais, Caïus, souffla calmement Marcus, il dormira à l'étage, ne t'inquiète pas. Il a une chambre juste pour lui.

-Parfait, se réjouit Caïus.

Aaron comprit aussitôt ce qui allait se passer cette nuit et Edward aussi car il laissa échapper une légère plainte.

-Anthony ? Appela le Grand Maître en entrant. A te voilà ! Jane t'attends pour coucher Crystal.

-J'y vais, l'informa Edward d'une voix tremblante.

-A ce sujet, poursuivit Aro en passant un bras autour des épaules de l'Elu, Jane et toi, vous êtes tous les deux des adultes et j'ai remarqué que vous vous attendiez plutôt bien. Sache que je ne vois aucune objection à ce que tu partages la couche de ma fille et elle non plus, ajouta le Maître sur le ton de la confidence, qu'en penses-tu ?

-Oui, accepta rapidement Edward.

-Parfait ! S'enthousiasma Aro. Allez, va la rejoindre ! »

Edward acquiesça de la tête avant de sortir, il entendit ses pas dans les escaliers et fut soulagé qu'Aro ait, même involontairement, offert une protection au jeune homme. Rapidement, les Maîtres quittèrent la pièce les laissant seuls. C'est à cet instant qu'il remarqua que Bella était étrangement pâle, il alla lui chercher un verre d'eau pendant que son épouse la forçait à s'asseoir.

« -Pourquoi… Pourquoi il nous a ignoré ? Murmura la jeune fille. Pourquoi il a accepté de dormir avec elle si… s'il ne l'aime pas ? S'il ne sait pas qu'il est le père de… de…

-Bella, crois-moi, Edward n'aime que toi, assura-t-il en lui tendant le verre, s'il a accepté de dormir avec Jane c'est uniquement pour être en sécurité.

-Tu sais ce qui lui est arrivé, n'est-ce pas ? Demanda Lynda à la jeune fille qui opina de la tête tout en pâlissant. Si Edward est avec Jane, il ne risque rien, tu comprends ?

-Oui.

-Bien, maintenant, tu vas te reposer Bella, lui ordonna-t-il doucement.

La jeune fille s'allongea sur le lit. Lynda resta à ses côtés jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Lorsque ce fut le cas, son épouse le rejoignit. Il la prit dans ses bras.

-Il faut qu'on parte, annonça-t-il.

-J'ai remarqué qu'il n'y avait pas de barreaux aux fenêtres du premier étage, dit son épouse.

-Nathaniel garde notre porte, c'est un gamin, il sera facile à éliminer.

-Nous ne connaissons pas le terrain Aaron et nous n'avons même pas de lampes torches.

-Nous sommes près de San Francisco, si mes souvenirs sont exacts, Bentley a un avion privé dans un des aéroports, une fois à bord, ils peuvent nous emmener n'importe où. Nous devons tenter notre chance tant que nous sommes aux Etats-Unis. Tu arriveras à sauter du premier étage ? S'inquiéta-t-il en posant une main sur son ventre.

-Tu n'as jamais fait des cordes avec tes draps ? Lui demanda Lynda d'un ton espiègle. »

Aaron s'autorisa à lui sourire avant de se pencher pour s'emparer de ses lèvres. Ils s'installèrent ensuite sur le canapé pour se reposer un peu tout en surveillant la course de la lune dans le ciel à travers la fenêtre.


Edward avait été soulagé de dormir dans la chambre de Jane et Crystal, jamais Caïus ou William n'oseraient venir l'y chercher. Cependant, maintenant qu'il se retrouvait en tenue de nuit face au lit, il hésitait. Jane lui fit signe de venir, mais il prétexta vouloir vérifier si Crystal dormait pour s'éloigner du lit et aller dans l'autre chambre où la petite fille sommeillait à poings fermés. Au bout de quelques minutes, il se força à regagner la chambre de Jane. La jeune femme avait déjà éteint la lampe qui était sur son chevet et avait fermé les yeux. En prenant garde de ne pas faire de bruits, il s'allongea et éteignit à son tour la lumière. Edward se sentait nauséeux. Il avait passé un long moment sous la douche, enfermé à clef dans la salle de bain, jusqu'à ce que Jane lui rappelle qu'il était tard. Maintenant, allongé dans le lit, il luttait contre le sommeil. Il avait peur de faire un cauchemar comme cela lui arrivait avant. Edward n'osait pas imaginer la colère de Caïus s'il laissait échapper, même par inadvertance, ce qui s'était passé, il n'hésiterait pas à tuer Bella. Cette pensée lui arracha plusieurs larmes.

Alors qu'il tentait de calmer ses pleurs, il lui sembla entendre le plancher craquer. Edward tendit l'oreille, mais il ne perçut pas de nouveau bruit. Il se rallongeait quand cette fois ce fut un grincement qui attira son attention. Ils n'étaient pas seuls ! Quelqu'un venait d'entrer dans leur chambre ! Son cœur se mit à battre violemment dans sa poitrine, sa respiration devint erratique quand il comprit que Caïus avait sûrement décidé de ne pas le laisser s'en sortir aussi facilement. Il devait réveiller Jane ! Elle était la fille d'Aro, jamais Caïus n'oserait lui faire du mal. Alors qu'il allait parler, une main le bâillonna, il voulut se débattre, espérant qu'ainsi il réveillerait Jane, mais il fut tiré brutalement hors du lit. Edward était littéralement terrifié lorsque son agresseur l'entraîna loin du cocon protecteur de la chambre.