Aloha ! Oui ce chapitre arrive assez rapidement après le dernier, prions pour que ça se poursuive :)
Chapitre 36 : M. & Mme Dursley
Quand James commença à méthodiquement déchirer sa serviette en papier en petits morceaux, Vernon Dursley en était à la description de son nouveau salon.
- J'avais dit à Pétunia qu'il n'y a rien de mieux que le chêne - n'est ce pas ma chérie - mais les prix sont vraiment scandaleux !
Cessant d'écouter, le jeune homme tourna son regard vers Lily mais, à sa grande surprise, la jeune fille écoutait patiemment son beau-frère en hochant la tête d'un air entendu à chacune de ses remarques sur le prix des parquets en Angleterre. James se demanda pour la n-ième fois ce qui lui avait pris d'accepter ce stupide rendez-vous au restaurant. Bien sûr, c'est lui qui avait insisté pour accompagner Lily au mariage de sa sœur, mais s'il avait su que cela impliquait de passer un déjeuner à écouter Vernon Dursley parler du cottage qu'il venait d'acheter, il y aurait repensé à deux fois. Pétunia avait insisté pour que les deux couples se rencontrent "sans chichi", résultat elle portait une coûteuse robe en soie tandis que James devait supporter le grattement du jeans que Lily l'avait forcé à mettre. Le jeune homme avala son verre de vin pour faire bonne figure et le regretta aussitôt : il n'avait pas l'habitude de cette boisson moldue et il commençait à se sentir un peu vaseux.
- Et vous James, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? demanda alors Pétunia.
Le brun à lunettes eut quelques secondes de flottement mais ce fut Lily qui répondit d'une voix aigüe :
- James est à l'école avec moi !
- Ah oui, c'est vrai que tu es dans une sorte d'école pour magiciens, renifla Vernon.
Il avait prononcé le mot "magicien" comme s'il s'était agi de la pire des insultes. James haussa les sourcils mais un coup de coude bien placé de Lily le calma. Vernon, de son côté, poursuivit en s'étalant sur sa chaise :
- Et après on s'étonne que tout aille mal dans ce pays mais les jeunes, de nos jours, n'ont plus aucune ambition !
Le serveur apporta à ce moment là les plats, ce qui dispensa James de répondre.
- Et ça ne vous dérange pas d'être un assisté ?
- Vernon !
- Enfin bon, Pétunia parlons concrètement, il s'agit de l'avenir de ta sœur tout de même ! Quel salaire pouvez vous prétendre à la sortie de votre... école ?
- Ce poulet au citron est délicieux ! dit Lily d'une voix forte.
- N'est ce pas, renchérit Pétunia. C'est une très bonne recette.
Malheureusement pour James, qui continuait à regarder son peut-être futur beau-frère avec l'air le plus insolent possible, ce dernier n'avait pas fini son petit exposé sur la déchéance nationale :
- Vous voyez cette voiture dehors ? C'est moi qui me la suis achetée avec ma première paye. Mais bon, bien sûr, il faut avoir le goût de l'effort.
- Et qu'est-ce que vous avez prévu pour le repas de mariage ? enchaina Lily.
- Pour ma part je ne pense pas que la réussite se mesure au prix de son balai, répliqua James en jetant sa serviette désormais inutilisable par terre.
- Son balai, pardon ? s'étouffa Vernon.
Lily parut avoir avaler un citron entier.
- Oui, oui. James s'est acheté... euh... un nouveau balai ! Très performant !
- C'est important d'avoir de bons outils pour faire le ménage, opina Pétunia d'un air docte.
- Quand je pense que ce sont mes impôts qui financent tout ça... soupira Vernon en avalant une gorgée de vin rouge.
- Mais figurez vous que mes parents disposent d'assez de Gallions pour m'aider ! dit James d'une voix un peu forte.
Il commençait à en avoir assez des commentaires insupportables de Vernon, des platitudes de Pétunia et de l'air gêné de Lily. Elle valait mille fois plus que sa sœur et son imbécile de fiancé réunis, alors pourquoi leur imposait-elle les humiliations de Vernon Dursley ?
- Des gallons ? Des gallons de quoi ?
- Des GALLIONS, cria James.
Plusieurs tables autour d'eux se retournèrent et une vieille dame lui lança un regard désapprobateur. Le brun à lunettes prit alors plusieurs pièces d'or dans sa poche et les lança sur la table.
- C'est moi qui paye. Je vous invite. Et on s'en va.
Il se leva devant une Lily interdite.
- Mais... James...
- Vous vous moquez de moi jeune homme ! cria Vernon, le visage désormais aussi rouge que sa cravate. Qu'est-ce que c'est cette plaisanterie ? C'est de la camelote !
- Ce sont des gallions, espèce de moldu !
La situation lui échappa alors complètement : Vernon se mit à hurler que James devait être interné, Pétunia continua à manger son poulet comme si de rien n'était et Lily se leva en criant qu'elle n'avait jamais eu aussi honte de toute sa vie. Elle partit ensuite du restaurant en faisant claquer la porte, tandis que tous les serveurs présents la suivaient du regard comme s'ils avaient été au théâtre.
Puis Vernon l'attrapa par le col et James regretta que son beau frère ait choisi un plat impliquant des oignons.
- Je vous préviens espèce de voyou, je ne veux plus jamais vous revoir dans les parages ! lui cracha-t-il à la figure.
- Ne me touchez pas !
James tenta de se dégager de la poigne de Vernon, qui perçut la chose comme une déclaration d'agressivité et les deux hommes s'écrasèrent sur la table, fracassant ainsi les assiettes et faisant hurler Pétunia d'un cri strident. Puis tout se mélangea et James se retrouva empêtré dans la nappe tandis que Vernon Dursley tentait de l'assommer avec un vase et qu'une troupe de serveurs leur sautait dessus pour les maintenir. Ils furent éjectés sans autre manière du restaurant et Pétunia siffla à sa sœur "que tout était de sa faute" avant d'emmener son futur mari dans sa voiture.
Le gryffondor se massa le crâne à l'endroit où il était rentré en collision avec le vase et se retourna vers Lily qui, pâle comme la mort, se tenait les bras croisés.
- Li...
- Je ne veux même pas t'écouter !
- Attends, ça va pas être de ma faute quand même !
- Tu as insulté mon futur beau frère et tu t'es battu avec lui, évidemment que c'est de ta faute !
James trouva ses accusations complètement injustes.
- Il m'a cherché, ce sale moldu !
Il le regretta immédiatement puisque Lily fondit purement et simplement en larme. James s'approcha pour la consoler mais elle eut un mouvement de recul :
- Sale moldu ? Mais tu te prends pour qui James ? Tu penses que les sorciers sont supérieurs, c'est ça ?
- Mais jamais de la vie ! bredouilla James. Ce... Ça m'a échappé.
- Échappé ? Dis plutôt que tu l'as toujours pensé ! James Potter, celui qui vient d'une brillante famille de sorciers ! Tu t'en es assez vanté...
Le jeune homme sentit ses oreilles chauffer, ce qui chez lui traduisait un intense énervement.
- Je n'ai jamais dit ça !
- Tu l'as hurlé sur tous les toits de Poudlard ! répliqua Lily en le pointant d'un doigt accusateur.
- Mais j'étais un idiot à l'époque, je ne me rendais pas compte de ce que je disais, excuse moi de ne pas être parfait !
- Je croyais que tu étais différent, je croyais que...
- Je ne t'ai JAMAIS considérée comme inférieure, je t'ai toujours défendue contre tout le monde !
- Mais je n'ai pas besoin d'être défendue ! Tu crois que tu peux insulter un moldu sur son origine et ensuite m'expliquer qu'avec moi ce n'est pas pareil ? Tu agis EXACTEMENT comme Severus.
- Rogue ? Tu oses me comparer à Rogue ? s'étouffa-t-il.
- TU ME DÉGOUTES ! hurla Lily tandis que James passait sa colère en shootant dans une poubelle.
Vingt-quatre heures plus tard James était dans sa chambre en train de se demander comment les choses avaient pu déraper de la sorte. Non seulement, Lily était partie furieuse, mais il n'avait pas pu parler de l'incident à Sirius en rentrant au cottage de ses parents, car son meilleur ami était beaucoup trop occupé à rentrer dans les petits papiers de Dumbledore. Leur accord sur cette dernière année ensemble à Poudlard devait s'être envolé et le brun ne semblait plus qu'obséder par l'idée de rejoindre l'Ordre le plus vite possible.
Quand Sirius passa la porte, James était donc d'extrêmement mauvaise humeur à l'encontre de son ami. Le brun s'assit nonchalamment sur un fauteuil et lui balança une bièraubeurre avant d'ouvrir la sienne.
- Comment t'as eu ça ? demanda James, assez étonné.
- Fenwick, répondit Sirius. Ce mec aurait pu être un maraudeur sans problème s'il avait été à Poudlard en même temps que nous. Mais devine quoi : il était à Poufsouffle ! Dingue, non ?
- Ravi de voir que tu m'as trouvé un remplaçant, grommela James en se redressant du tas de coussin sur lequel il était affalé et en ouvrant sa bièraubeurre.
Sirius en stoppa tout mouvement.
- Pardon ? Tu passes ta vie collé à Evans, je n'allais pas t'attendre sagement en faisant du tricot !
James se crispa à l'évocation de Lily et prit une grande lampée de bièraubeurre pour faire bonne mesure. Évidemment, Sirius perçut aussitôt le malaise :
- Merlin ! Y aurait-il un nuage dans le ciel bleu parfait du couple Pottevans ?
- On est plus ensemble.
Bon, ce n'était pas tout à fait vrai. Ils n'avaient simplement plus reparlé depuis l'affaire du restaurant et James réalisait qu'il n'avait aucune envie de faire le premier pas. C'était à Lily de réaliser qu'elle avait été beaucoup trop loin.
- Mais oui bien sûr, répondit Sirius.
Voyant cependant que la situation n'avait pas changé le surlendemain, le jeune homme commença à sérieusement douter de la santé mentale de son ami.
- James, on n'attends pas une fille deux ans pour la plaquer au bout de trois mois.
Le brun grogna pour toute réponse. Heureusement pour lui, l'activité du cottage de Godric's Hollow était plus intense que jamais, ce qui lui permettait d'occuper pleinement ses journées. Mais après une semaine à supporter son air grognon, Sirius lui fourra un parchemin et une plume dans la main et le força à écrire un mot à Lily. Comme les deux amis se trouvaient alors dans la cuisine et que Benjy Fenwick était en train d'engouffrer une énorme part de tourte, ce dernier ne se priva pas pour exprimer son avis :
- Mais t'es en train de perdre toute dignité là !
- Arrête de postillonner de la tourte sur mon parchemin, grommela James.
- "Tout est de ma faute", lu Benjy par dessus son épaule. Au secours ! Tu crois que c'est comme ça qu'on récupère une fille ?
- Lily est la personne la plus bornée sur cette planète, il faut au moins ça ! intervint Sirius.
- Un jour, je te raconterais les longues aventures de Benjy le Tombeur, tu m'en diras des nouvelles.
- Si tu parles des sourires émus que te lances McGo à chaque fois qu'elle te croise, on s'en passera, j'ai pas spécialement envie de faire des cauchemars...
Benjy répliqua en lui lançant un maléfice du Saucisson et dut supporter un long sermon de Mme Potter, qui passait par là et qui déclara "qu'il ferait mieux de garder ses sortilèges pour les Mangemorts". Le jeune homme s'excusa platement ce qui permit à James, alors qu'il partait envoyer sa lettre par hibou, de pouvoir le bousculer en susurrant :
- Et c'est moi qui perds toute dignité...
Une fois les fêtes de Noël passées, James réalisa qu'il n'avait reçu aucune réponse de la part de Lily et décida d'employer les grands moyens. C'est ainsi qu'il se retrouva en costume trois pièces dans une villa moldue du sud de l'Angleterre pour le mariage de "Pétunia Evans & Vernon Dursley", comme le clamait fièrement un écriteau rose et blanc. Il commença à se dire que c'était une mauvaise idée, puis la tête que fit Vernon en le voyant débarquer dans le jardin où se tenait la cérémonie, le fit changer d'avis. Le gryffondor lui fit un grand sourire et un petit signe de la main avant de se faire violemment attraper le bras. C'était Lily.
- James !
- Je sais que t'as du mal à te retenir mais essaye de contrôler tes pulsions, je tiens à mon bras...
- Qu'est-ce que tu fais là ? cracha la jeune fille sans esquisser le moindre sourire.
- Tu m'as invité, je te signale.
La rousse avait l'air furieuse, ce qui n'augurait rien de bon, mais James était bien décidé à ne pas se laisser faire.
- J'ai cru que tu aurais assez d'intelligence pour comprendre que cela ne te concernait plus.
- Et pourquoi cela ? Tout ne tourne pas autour de toi Lily, ce n'est pas par ce qu'on est en froid que je vais perdre mon sens de la politesse.
- Pour perdre quelque chose, il faut l'avoir eu un jour.
La jeune fille alla ensuite se placer au premier rang et la cérémonie la plus ennuyeuse à laquelle James ait jamais assisté commença. Entre l'apparition d'une meringue blanche sous laquelle on devinait Pétunia, les reniflements émus de la vieille dame assise à côté de lui et les regards désapprobateurs que lui valu son costume qui n'était peut-être pas au goût du jour, James trouva le temps très long.
Mais le pire n'était pas encore passé. Au cours du buffet qui suivit, James repéra Lily qui discutait avec Vernon et Pétunia. L'échange ayant l'air assez tendu, il s'approcha avec un grand sourire hypocrite. La réaction du marié fut rapide puisque ce dernier tourna purement et simplement les talons. Pétunia allait pour le suivre, quand elle marcha sur sa propre traine qui se déchira sur plusieurs bons centimètres.
- LILY ! Regarde ce que tu as fait !
- Je n'y suis pour rien, protesta la jeune fille.
La rousse jeta un regard furieux à James - comme si cela avait été de sa faute - puis accompagna sa sœur jusqu'à la maison afin d'arranger l'accroc.
Le buffet apporta, bien heureusement, un peu de distraction. Un petit four à la main, le gyffondor erra alors dans l'immense demeure, dans l'espoir de retrouver Lily. Repérant la voix stridente de Pétunia, il colla sans vergogne son oreille à la porte :
- Et après tu te demandes pourquoi je ne t'ai pas choisie comme demoiselle d'honneur. Quand je pense que tu as amené ce... ce garçon ici !
- Je ne l'ai pas amené il est venu tout seul. Et ne pleure pas Tunie, tu vas faire couler ton maquillage. Je vais réparer ta robe en cinq minutes.
- Je t'interdis de sortir ta baguette ici !
- Ne sois pas stupide, c'est le seul moyen.
James entendit ensuite Lily lancer un "Reparo".
- LILY !
- Quoi, je l'ai réparée non ?
- Tu n'as pas à faire de la magie ici ! C'est mon mariage Lily, MON mariage ! Pourquoi tu t'arranges toujours pour TOUT gâcher.
- C'est la meilleure !
- Et si ton voyou de Potter fais quoi que ce soit de bizarre j'enverrais Vernon le chasser !
James jugea que Pétunia était un troll névrosé et toxique et eut envie de rentrer dans la pièce et d'arracher Lily à son emprise. Cependant, la conversation devint tout de suite très intéressante :
- Est-ce que tu viens de traiter mon petit-ami de voyou ?
- Parfaitement !
James ne sut jamais quel sortilège Lily avait bien pu lancer à sa sœur mais la réaction de Pétunia ne se fit pas attendre :
- MAMAAAAAN vient voir ce que Lily a fait !
Il n'eut pas le temps de prévoir la sortie de la rousse qui le percuta de plein fouet.
- J'en conclue que tu as tout entendu, grommela-t-elle en se frottant le nez.
- Pourquoi tu la défends ? répondit James.
- Parce que c'est ma sœur.
Elle descendit les escaliers rapidement et le jeune homme resta comme un idiot sur le palier. Il commençait à comprendre comment Lily avait pu rester aussi longtemps amie avec Severus : elle était capable de pardonner beaucoup de choses à ceux qu'elle aimait. Il ne lui restait plus qu'à espérer qu'il rentre dans cette catégorie.
Le jeune homme ne la recroisa pas de la soirée et se retrouva à boire des cocktails avec une demoiselle d'honneur éméchée qui lui faisait visiblement du gringue. Le DJ avait décidé de passer un slow et quelques récalcitrants bougeaient plus ou moins en rythme sur la piste.
- Alors comme ça vous êtes célibataire, lui demanda la jeune fille.
Elle était grande et assez massive et ne devait pas avoir plus de trente ans.
- Pas du tout, je suis avec Lily. La sœur de la mariée.
- Ah oui je vois : c'est vous qui êtes dans une institution pour décérébrée ?
- Une école de magie.
- C'est bien ce que je disais.
James se demanda si le tact était un trait totalement absent de la famille Dursley. Il mit cependant le franc parler de la jeune femme sur le compte de l'alcool.
- Si vous voulez un bon conseil, lâchez cette fille, Vernon m'a dit qu'elle avait de gros problèmes psychologiques. C'est triste... C'est pareil avec les chiens : une fois qu'on a décelé un comportement déviant, il faut mieux s'en débarrasser.
Puis elle se lança dans un long monologue sur les bouledogues et James perdit totalement le fil de la conversation. Il finit ensuite par se lever, bien décider à retrouver Lily et à fuir loin de tout ce petit monde le plus vite possible :
- Je vais y aller. Au revoir, euh...
- Marjorie. Mais vous pouvez m'appeler Marge.
- Et bien, dans ce cas, au revoir Marge.
- Et si vous êtes dans le coin venez me voir, je vous montrerais mes bouledogues.
- Je n'y manquerais pas.
Inspectant minutieusement chacune des chambres, James découvrit un groupe d'enfants endormis, pas mal de pièces vides, un couple un peu trop enthousiaste et quelques soulards ronflants. Arrivé au dernier étage, il dénicha enfin la chambre de Lily. Cette dernière était en train d'ôter ses chaussures et son maquillage avait un peu coulé. Il la trouva encore plus belle que d'habitude. Le jeune homme s'adossa à l'encadrement de la porte, n'osant pas avancer plus.
- Il faut qu'on parle.
C'était une phrase affreusement clichée mais il ne savait plus trop par où commencer. Comment avaient-ils pu passer de ces semaines de bonheur parfait à Poudlard à la situation actuelle ?
- Écoute James, cette journée fait partie des dix pires de toute ma vie. Je ne suis pas sûre d'avoir envie d'en rajouter.
- Je suis désolé d'avoir traité Vernon de sale moldu.
- Finalement, t'avais peut-être pas tort.
- Tu peux répéter ?
- Je sais bien que tu ne méprises pas les moldus, soupira la jeune fille, je l'ai bien vu aujourd'hui. N'importe quel autre sorcier se serait enfui en courant.
Jugeant l'humeur de la rousse favorable à son égard, il s'assit à côté d'elle sur le lit.
- Oh, moi j'avais plutôt envisagé d'enfoncer la tête de Vernon dans son gâteau de mariage.
- Dommage que tu ne l'aies pas fait, ça aurait pu être drôle.
Un silence s'installa et l'atmosphère devint moins légère.
- Tu sais ce que je t'ai entendu dire à Pétunia.
- Ouais je sais, soupira Lily en se prenant la tête entre les mains.
- Et je sais que tu n'es plus énervée contre moi.
Ne recevant pas de réponse, il prit doucement son visage d'une main et le tourna vers lui.
- Alors si on est encore en froid, c'est pour une autre raison.
Elle ne répondit pas et James approchant son visage du sien lui souffla :
- Je t'aime.
Il se considérait comme étant à son maximum de romantisme et commençait à être paniqué à l'idée que cela ne suffise pas.
- Je t'aime aussi mais...
- Mais ?
Leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres et James était proche d'envoyer balader toutes ses demandes d'explications quand le père de Lily rentra dans la chambre :
- Lily ?
- Papa ? répondit la jeune fille en tournant rapidement la tête et en cognant ainsi le nez de James.
- Je voulais te réconforter mais ce jeune homme semble m'avoir devancé.
James cessa de frotter son nez douloureux et se leva d'un bond pour serrer la main du père de Lily. Il fut ensuite congédié gentiment mais fermement et préféra rentrer chez lui en balai volant.
En chemin, il songea que Lily avait eu l'air très soulagée par l'intervention de son père. Quand arrêterait-elle de se cacher derrière des fausses excuses ? Elle ne savait pas ce qu'elle voulait et le jeune homme commençait à prendre conscience qu'il y avait toujours eu, même à Poudlard, un non dit entre eux sans qu'il puisse identifier d'où venait ce malaise. Sauf que James avait mûri : avoir l'Ordre du Phénix chez lui, lui faisait prendre conscience à quel point l'avenir était sombre. Il en avait assez de cette relation immature, assez de perdre son temps.
à suivre...
Le prochain chapitre sera du point de vue de Lily mais il n'a pas encore de titre. Je me débats un peu avec les 4 derniers chapitres pour rendre le tout cohérent parce que pas mal de choses vont s'enchainer.
Mynimus
