Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre.

Teaser Partie 2 : La paix pour laquelle ils s'étaient tant battus et avaient tant sacrifié ressemblait étrangement à la guerre, et au bout de onze longues années de conflit, même les plus braves étaient arrivés au bout de leur courage. Pour sa part, Remus n'était pas bien sûr de comprendre pour quelles raisons son cœur continuait de battre dans sa poitrine.

- Et maintenant ? demanda-t-il dans un soupir.

Dumbledore se laissa tomber sur sa chaise.

- Je ne sais pas, Remus. Je ne sais plus.

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.


RaR :

Lola : Coucou ! Comment vas-tu ? Merci beaucoup pour tes reviews ! Tu as vraiment défié toute logique en commençant par Rabbit Hole, c'est sûr ^^ Je suis d'accord que les Potter ont pas été très fins sur ce coup (mais en même temps, ils pensaient pas que Peter allaient trahir, ils avaient un plan, et tout c'est aussi passé très vite). Merci pour Trixie et Andy ^^ (paraît qu'elles se ressemblent beaucoup en plus alors ^^). Augusta Londubat fera de petit Caméo de temps en temps (juste parce que je sais pas, mais son coté « j'ai pas ma lange dans ma poche » est plutôt attachant au final).

Je suis trop contente que Narcissa te plaise ! (un peu soulagée aussi parce que vu la part de lion qu'elle s'est ménagée dans cette histoire...). Jo aurait pu lui donner plus de rôle, c'est sûr. Après, tout le monde ne peut pas être un révolutionnaire et je pense que Narcissa voulait juste protéger son fils et son mari pendant la guerre et elle se fichait bien du reste.

J'en profite pour te répondre ici pour ton autre review ^^ Déjà merci ! Et ensuite je suis contente que ça t'ait plu ! Judy et Sirius sont capables de devenir responsables avec les années ^^ (et je suppose qu'avec un petit humain dans la maison, ça s'impose très vite ^^). Quant à Wolfstar, je ne pense pas que ce soit si improbable que ça quand je vois le très large spectrum des ship sur tumblr (mais un ship rare, c'est certain. Mon cerveau m'a surpris sur ce coup). Je prends en note ton vote pour le prénom;)

Bon, je te laisse avec le tant attendu chapitre d'Halloween. Bonne descente aux Enfers !


A/N : Bonjour à toutes et à tous ! Merci à mimi70, henrismh, Sundae Vaille, Lola, Lalite, amazonepotter et lune patronus pour leurs reviews ! J'ai été super gâtée, ça fait trop plaisir !

Alors, ça baigne ?

De mon côté, ça va plutôt pas mal ! Ça sent les vacances, j'ai officiellement terminé mon dernier paquet de copie jusqu'à septembre (et vous pouvez pas savoir à quel point c'est un soulagement) et je vais pouvoir dégager du temps pour l'écriture. Vous serez content d'apprendre que j'ai terminé un nouveau chapitre depuis la dernière fois, qu'il culmine à presque 21 000 mots, et que le petit UA qui mijote gentiment sur mon pc est en passe d'atteindre les 30 000 mots de son côté...

Bref, ça avance bien tout ça !

Bon, je vous laisse avec Halloween ? Sortez les mouchoirs !

Bonne lecture !


Un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !


Au fait, la surprise de Sundae Vanille est en ligne, c'est Falling Through the Rabbit Hole et c'est aussi sucré qu'un panier de chocolats !


Black Sunset

Partie II : Black Holes.

Chapitre 6

« How can we not talk about family when family's all that we got?
Everything I went through you were standing there by my side
And now you gon' be with me for the last ride

It's been a long day without you, my friend
And I'll tell you all about it when I see you again
We've come a long way from where we began
Oh, I'll tell you all about it when I see you again »

(See you again – Wiz Khalifa)


Vendredi 30 Octobre 1981, Manoir Malefoy, Angleterre.

L'automne s'était définitivement installé sur le pays. Les arbres avaient adopté un dégradé de couleurs chaudes, et le vent qui les emportait était souvent porteur de pluie. Toutefois, Narcissa avait réussi à s'arranger pour que le soleil illumine la récréation qu'elle avait organisé, afin que son fils puisse passer du temps avec d'autres enfants.
Draco avait essayé de suivre les plus grands à travers l'immense jardin du Manoir, avant d'abandonner l'idée après une chute sans gravité. Il marchait d'un pas plus sûr maintenant, mais son équilibre n'était pas encore prête à affronter un terrain plus accidenté. Depuis, il jouait sagement avec Théodore Nott, Daphné Greengrass, Pansy Parkinson et Blaise Zabini.

Ce genre de petit rassemblement était monnaie courante dans la société magique. Bellatrix se souvenait encore de ceux organisés par sa mère. Elle y avait rencontré tous les enfants de bonne naissance, avait noué des liens avec eux bien avant Poudlard, et n'avait donc eu aucun problème pour s'intégrer une fois à l'école de sorcellerie. Cela avait aussi été l'occasion de mettre en pratique les leçons de bonne conduite qu'on lui avait inculquée depuis qu'elle était en âge de se souvenir.

Aujourd'hui, une part d'elle n'était pas peu fière de pouvoir initier sa fille à la vie en société, même si elle ne se souviendrait pas de grand chose, endormie comme elle l'était.

Narcissa revint enfin, accompagnée par trois Elfes, chacun chargé d'un immense plateau où reposaient un nombre impressionnant de tasses.

- Narcissa, tout va bien ? s'inquiéta Regina Zabini, bien que dans sa bouche, Bellatrix ait l'impression d'entendre un reproche.

Elle se tourna toutefois vers sa cadette, et lui trouva le teint brouillé, ainsi que des yeux trop rouges, signes qu'elle avait sans doute pleuré.

Narcissa se fendit d'un large sourire – particulièrement faux – et secoua la tête.

- Ne vous inquiétez pas très chère, rien de plus qu'un méchant mal de tête. Cela devrait rentrer dans l'ordre. Je pensais proposer le goûter aux enfants, si l'heure vous convient.

Toutes les mères présentes approuvèrent, et Regina Zabini perdit bien vite son air suspicieux après avoir bataillé avec son fils pour lui faire manger sa portion de fruit.

Bellatrix profita que tout le monde soit occupé à autre chose pour se pencher vers sa cadette.

- Tout va bien, Narcissa ?

Sa sœur intercepta la main de Draco, alors qu'il semblait décidé à essuyer ses doigts poisseux sur sa robe, et secoua la tête.

- Bien sûr, Bellatrix. Ce n'est qu'un méchant mal de tête. Draco s'est réveillé plusieurs fois cette nuit, et tu sais très bien à quel point le manque de sommeil ne me réussit pas.

Il lui sembla que Narcissa évitait son regard, mais elle décida de ne pas s'en formaliser, puisqu'elle se sentait exceptionnellement de bonne humeur. Elle appréciait de ne pas être au Manoir Lestrange, et d'être entourée, même si c'était par des femmes qui ne comprenaient pas son engagement auprès du Seigneur des Ténèbres, et qui avaient longtemps jugé son absence de descendance.

Depuis son arrivée en début d'après-midi, elle avait surpris plus d'un regard jaloux : plus personne ne pouvait lui reprocher de faire passer le Seigneur des Ténèbres avant son propre mari, et elle s'était en plus assurée une position au sommet lorsque l'heure serait venue, ce qui était loin d'être leur cas.

- Lady Lestrange, Madame, Miss Alya est réveillée.

Bellatrix se leva aussitôt. Sa fille allait sans doute réclamer le sein dans peu de temps, et elle ne voulait pas que ses pleurs réveillent les autres bébés, tous installés dans un petit salon du rez-de-chaussée.

- Oh, nous allons pouvoir admirer la petite merveille alors ? se réjouit Laurel Grengrass. Les enfants sont tellement incroyable à cet âge...

Bellatrix salua l'intervention de la jeune femme d'un sourire poli et s'en alla rejoindre sa fille, sans réussir à mettre des mots sur le soudain malaise qu'elle ressentait à l'idée que d'autres que sa sœur et son mari puissent contempler sa fille.

Samedi 31 Octobre 1981, Cimetière Sorcier Greyfriars Kirkyard, Londres.

Sirius sentit ses poils se hérisser sur ses avant-bras quand il passa les charmes protecteurs qui gardaient le caveau familial des Black. Il se souvenait encore que, petit, il avait fait croire à son petit frère que des créatures de l'ombre hantait l'endroit.

Regulus avait tellement eu peur en sentant l'ancienne magie à l'oeuvre qu'il en avait mouillé son pantalon, mais il avait été celui qui avait reçu une punition ce jour-là.
Les choses avaient changé depuis. Un cercueil vide occupait l'endroit réservé à la sépulture de son frère, et le buste qui rappellerait son souvenir à l'histoire n'était pas encore installé.

Il ignora toutes les autres tombes, à commencer par celle de son géniteur, et alluma une cigarette pour s'occuper les mains et engourdir – même un peu – ses pensées.
Il avait reçu un hibou de Narcissa lui donnant rendez-vous ici – ce qui était une bonne idée, personne dans la société sorcière n'aurait idée de se promener dans un cimetière un 31 Octobre et seuls les Black pouvaient y entrer – et il avait une étrange envie de vomir depuis qu'il avait reconnu l'écriture élégante de sa cousine sur l'enveloppe.

Il allait enfin savoir.

Merlin, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait faire si jamais elle lui annonçait que sa fille était morte depuis le départ. Ou si elle lui annonçait qu'elle était vivante mais aux mains de Voldemort. Ou si Bellatrix avait imaginé un plan que seul son esprit sadique pouvait produire.

Mais il avait besoin de savoir, ou l'ignorance finirait par le tuer. Des et si et des peut-être hantaient ses nuits et ses jours, revenant le harceler à chaque fois qu'il baissait sa garde, ou qu'il apercevait une jeune femme blonde, un bébé dans ses bras.
Et si jamais sa fille était vivante, mais hors de portée ?

James lui avait fait promettre de ne pas se jeter tête la première dans le danger. Il devrait se montrer patient – comme si les derniers mois n'avaient pas suffi – et accepter l'aide de l'Ordre, des Aurors, de Dumbledore, voir sûrement supplier Narcissa pour qu'elle fasse quelque chose.

Quoi, il n'en avait pas la moindre idée, mais elle était la seule qui pouvait intervenir depuis l'intérieur.

Des flammes vertes apparurent soudainement dans l'âtre face à lui, et sa cousine sortit de la cheminée, vêtue d'une robe aussi noire que son nom de jeune fille.

Sirius savait qu'il s'agissait de la tradition, mais il déglutit difficilement, croyant y voir un mauvais présage. Son cœur s'accéléra douloureusement quand elle sembla se forcer pour croiser son regard.

- Alors ? marmonna-t-il, la gorge serrée.

Narcissa inspira par le nez et croisa les bras sur sa poitrine, ce qui ne suffisait pas à cacher ses mains tremblantes. En la détaillant un peu plus, il remarqua son teint trop pâle et ses yeux trop rouges. Il posa une main sur la tombe la plus proche, juste pour ne pas s'écrouler tout de suite.

- J'ai une bonne et deux mauvaises nouvelles, répondit Narcissa d'une voix qui sonnait étrangement, et pas seulement à cause des échos dans le tombeau.

Sirius resta silencieux, les dents serrées, prêt à entendre le pire, malgré l'espoir qui rongeait son ventre.

- Ta fille est vivante, Sirius. Elle est en pleine santé et on veille à son bien être.

Le soulagement lui arracha des larmes et un éclat de rire. Il plaqua ses paumes sur ses yeux pour retenir les autres qui le dévoraient, son cœur lui donnant l'impression d'être dans sa gorge à force de battre vite et fort.

Sa fille était vivante.
Il n'avait pas tout perdu. Judy ne disparaissait pas sans rien laisser derrière elle. Il y avait encore de l'espoir pour lui, pour Maellyn, et pour Grant et Burt.

Il lui fallut de longues secondes pour se convaincre qu'il ne rêvait pas, ou que tout cela n'était pas un délire dû à l'alcool ou à un poison étrange. Il ne réalisa pas tout de suite que Narcissa était restée immobile, ses lèvres serrées, de la culpabilité sur le visage.

Le soulagement laissa la place à une peur viscérale.

- Où est-elle ?

Narcissa hésita.

La peur laissa la place à la colère, et il serra les poings pour se contenir.

- Où est ma fille ?!

- Avec Bellatrix. Elle...

- Quoi ?!

Sa cousine ne lui laissa pas le temps de s'étonner plus longtemps.

- Elle semble complètement convaincue qu'il s'agit de sa propre fille, annonça-t-elle à toute vitesse.

- Quoi ?! Comment... Quoi ?!

Il ne comprenait plus rien et avait l'impression de nager en plein délire. Peut-être avait-il bu finalement, et il était en train de rêver cette conversation. Le réveil allait encore être compliqué.

Sauf que jamais ses cauchemars n'avaient été aussi convainquants.

Face à lui, Narcissa perdit subitement son sang-froid, abandonnant les efforts qu'elle faisait pour se contenir.

- Viviane toute puissante, cela n'a pas le moindre sens ! Elle devrait détester cette enfant ! Parce qu'elle est à moitié toi pour commencer, et à moitié née-moldue pour continuer ! Et pourtant, je suis convaincue qu'elle la considère vraiment comme sa fille ! Je ne comprends décidément plus rien !

Narcissa reprit son souffle puis se détourna de lui, comme elle l'avait toujours fait quand elle voulait reprendre le contrôle sur ses émotions.

Sirius fixa le dos de sa cousine sans vraiment la voir, ses poings serrés tétanisant peu à peu ses bras, et une douleur sourde au niveau de sa mâchoire, essayant d'intégrer l'impensable.

Bellatrix pensait que sa fille était la sienne.

- Comment ? gronda-t-il finalement, s'obligeant à garder la tête froide, parce que s'il s'écoutait, maintenant, il serait capable de partir pour le Manoir Lestrange et de tuer tous ceux qui se dresseraient sur son chemin.

Narcissa lui fit face à nouveau. Des larmes roulaient sur ses joues pâles et ses mains tremblaient plus que jamais, comme si la panique était à deux doigts de l'emporter.

- Je ne sais pas, Sirius... Je...

- Comment ma fille a atterri chez elle ?!

Narcissa détourna le regard une folle seconde et Sirius eut l'impression que la colère venait de transformer son sang en un incendie ravageur.

Soudainement, il avait soif de vengeance parce qu'il venait de comprendre.

Bellatrix avait tué Judy.

Bellatrix avait tué Judy et avait kidnappé Maellyn.

Qu'elle soit folle à lier n'avait pas la moindre importance ! Il allait la retrouver et la tuer de ses propres mains. Il n'aurait même pas besoin de sa baguette et personne ne serait capable de l'identifier quand il en aurait terminé avec elle !

Il se détourna subitement et voulut se précipiter vers la porte – il ne pouvait pas transplaner depuis le tombeau – mais Narcissa se dressa sur son chemin. Sa baguette était pointée sur lui et elle avait un regard terriblement froid – à des années lumières de la rage qui le consumait – malgré ses yeux rougis.

- Tu ne vas nulle part, souffla-t-elle, si bas qu'il devina plus qu'il n'entendit ses mots.

Du sang battait à ses oreilles, au point que sa tête tournait presque. La main qui tenait sa baguette serrait le manche si fort que son bras était désormais tétanisé de ses doigts jusqu'à son épaule, et il ne savait pas ce qui retenait son poing gauche de fendre l'air pour se débarrasser de sa cousine.

Merlin, il devait venger Judy et récupérer sa fille !

Sauf qu'à la différence de Bellatrix, il n'était pas encore complètement cinglé. Narcissa le fixait avec une méfiance évidente, et un calme presque terrifiant. S'il se risquait à l'attaquer, il n'était pas certain de gagner.

Au contraire.

Un étrange grognement s'échappa de sa gorge – il n'avait rien d'humain – et il voulut se fondre dans son alter-ego. Laisser la bête en lui se charger d'éliminer Narcissa. C'était son seul choix s'il voulait partir d'ici et rejoindre le Manoir Lestrange au plus vite. Sa cousine ne s'y attendrait pas et Patmol était terriblement rapide malgré sa taille imposante...

- N'y pense même pas, Sirius. Je n'hésiterais pas à transformer Patmol en descente de lit si tu m'y obliges.

Les mots de sa cousine le figèrent bien mieux qu'un sortilège et elle eut un sourire en coin, celui-là même qu'il avait poli pendant des années.

- Tu n'es guère doué en Occlumentie, cousin.. Et Regulus avait deviné le secret des Maraudeurs il y a des années.

- Laisse-moi passer, gronda-t-il, les mots passant difficilement la barrière de ses lèvres à cause de ses mâchoires verrouillées.

- Non. Et comme tu n'as rien d'autre de mieux à faire, tu vas m'écouter... Je vais t'aider à récupérer ta fille Sirius, mais à la seule condition que ma sœur s'en sorte sans la moindre égratignure. Si tu t'en prends à elle, je nierai savoir quoique ce soit... Et sache-le, Sirius, tu as beau être un petit héros aux yeux de tes amis, tu es insignifiant face à l'influence politique des Lestrange et des Malefoy. Bellatrix gagnera.

A l'entente du contrat que lui proposait – infligeait – sa cousine, Sirius perdit le contrôle sur sa magie. Le buste de son père explosa à sa droite sans qu'il ne daigne sursauter et que Narcissa ne cligne des paupières.

Il ne pouvait pas accepter. Laisser Bellatrix s'en sortir alors qu'elle avait tué Judy ?! Il avait trop perdu à cause d'elle. L'absence de Judy le tuait de l'intérieur depuis la nuit où il avait découvert son corps sans vie. Il n'avait même pas réalisé que sa fille avait disparu à ce moment-là. Il...

Il avait besoin de la venger, de faire payer la coupable.

- Bellatrix est un monstre, Narcissa ! Comment peux-tu la protéger ?!

Sa cousine releva le menton avec fierté.

- Elle est ma sœur. Si nos places étaient échangées, tu agirais comme je le fais.

- JAMAIS !

- Vraiment ? Jusqu'où es-tu prêt à aller pour James Potter ?!

Il ne trouva rien à redire. Il irait jusqu'à mourir pour son frère. Sans lui, il n'était plus tout à fait Patmol.

- De plus, si tu la tues, tu termineras à Azkaban. Ta fille sera alors comme orpheline... Est-ce vraiment ce qu'aurait souhaité sa mère ?

Il déglutit difficilement alors que des larmes commencèrent à brûler ses paupières, comme à chaque fois qu'il refusait de les laisser couler.

- Grâce à Bellatrix, je ne saurais jamais ce qu'elle aurait voulu...

Le tremblement de sa voix sonnait comme une amère défaite et Narcissa abaissa sa baguette avant de le prendre dans ses bras avec douceur.

Sirius ferma les yeux. La colère qui brouillonnait toujours en lui était en train de le détruire, mais ce n'était rien face à la culpabilité qu'il sentait se diffuser dans ses veines.

Parce que savoir qui avait tué Judy confirmait ce qu'il pensait depuis le départ.

Lily, James, Peter et même Minerva McGonagall avaient eu tort. Judy était morte à cause de lui, et maintenant sa fille était aux mains de la plus grande psychopathe que les Black aient jamais créés.

Il s'agrippa aux épaules de sa cousine pour ne pas perdre pied.

- Je vais t'aider à la récupérer, Sirius. Je ne sais pas encore comment, mais je vais trouver une solution. Je te le promets.

Samedi 31 Octobre 1981, Appartement de Cygnus Black, Londres, Angleterre.

Bellatrix n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle le Seigneur des Ténèbres désirait la voir seule. Elle se souvenait encore des mots durs qu'il avait eu la dernière fois, refusant qu'elle reprenne part activement aux actes de la Cause. Rodolphus lui avait expliqué qu'Il avait changé de comportement, depuis la fois où il n'avait pas pu tuer les Potter, alors qu'il s'était déplacé en personne. Elle avait décidé de faire confiance à son mari – et les dernières réunions lui avaient prouvé que le Maître ne semblait pas lui en vouloir – mais elle attendait de retrouver sa position dans la hiérarchie des Mangemorts pour oublier cet incident.
La porte du bureau de son Maître s'ouvrit et elle se leva aussitôt.

Elle manqua de percuter Peter Pettigrow de plein fouet.

Bellatrix se figea et détailla le petit traître, tandis qu'il semblait hypnotisé par la pointe de ses chaussures. Elle remarqua ses épaules droites et son air satisfait sans réussir à y voir un bon signe. Elle n'était pas certaine qu'il ait la même définition du mot réussite.

- J'espère que je ne suis pas ici pour réparer tes chaudrons fondus, Pettigrow, souffla-t-elle avant d'entrer pour rejoindre son Maître.

Elle avança jusqu'au milieu de la pièce et s'agenouilla avec déférence.

- Relève-toi Bellatrix.

Bellatrix en profita pour risquer un léger coup d'oeil vers le Seigneur des Ténèbres, essayant de deviner si Pettigrow s'était conduit en imbécile fini en se trahissant, ou s'il s'était montré pour une fois compétent.
Elle pencha pour la deuxième option en découvrant un sourire sur les lèvres de son Maître.

- Peter Pettigrow m'a confié l'adresse des Potter. Je vais me rendre ce soir chez eux et les tuer, tous les trois. Après cela, même la mort ne pourra plus m'arrêter, et nous pourrons porter le coup de grâce au Ministère et à Dumbledore. Je souhaitais que tu sois la première à savoir que la bataille finale approche, Bellatrix. C'est toi qui m'a permis de recruter Pettigrow.

- Je suis honorée par votre confiance, Maître.

Bellatrix aurait aimé que sa voix ne tremble pas, de peur que le Seigneur des Ténèbres y voit une marque de faiblesse de sa part, mais il ne sembla même pas le remarquer.

- Cependant, la mort des Potter va exposer Pettigrow, et j'ai promis d'assurer sa sécurité jusqu'à ce que mon pouvoir sur le Ministère soit total. Le Manoir Lestrange est de loin le mieux protégé.

Bellatrix dut prendre sur elle pour qu'il ne devine pas sa colère. Le seul endroit de sa demeure dont Pettigrow était digne était les cachots du Manoir, le plus sordide si possible.

Seulement, le petit traître de l'Ordre du Phénix s'était définitivement arrangé pour obtenir les grâces du Seigneur des Ténèbres.

- Le Manoir dispose de nombreuses chambres pour les invités. Je suis sûre que Pettigrow y trouvera tout le confort auquel il aurait pu rêver.

- Très bien ! C'est arrangé dans ce cas. Que Rodolphus, Rabastan, Bartémius, Lucius et toi soyez prêts : nous allons avoir beaucoup de travail dans les semaines à venir.

- Je m'en réjouis d'avance, Maître.

...

Samedi 31 Octobre 1981, Belfast, Irlande du Nord.

Sirius sortit de la Cheminée publique et s'éloigna aussitôt d'un pas qu'il voulait détendu. Il réajusta nerveusement la capuche de son sweat, puis se glissa dans un recoin sombre pour prendre la forme de Patmol, afin de se semer tout poursuivant.

Son rendez-vous avec Narcissa avait duré plus longtemps que prévu, et il avait eu besoin de boire un remontant pour digérer tout ce qu'il avait appris en quelques heures. Résultat, il était en retard malgré la promesse qu'il avait fait à son meilleur ami de manger avec lui.

Sa fille était vivante. Aux mains de Bellatrix. Qui avait tué Judy.

Et tout ça à cause de lui.

Il ne voyait pas une autre raison qui expliquerait pourquoi Bellatrix avait eu la soudaine envie de lui rendre une visite au beau milieu de la nuit, folle furieuse ou non.
Mais sa fille était vivante. Il la tiendrait bientôt dans ses bras à nouveau, et il pourrait essayer de laisser ces mois de cauchemars derrière lui. Du reste, c'était ce dont James et Lily l'avaient presque convaincu quand il leur avait tout raconté à travers leur miroir, le faisant promettre de faire confiance à Narcissa parce que la vengeance ne ramènerait pas Judy à la vie et qu'ils ne voulaient pas le voir terminer à Azkaban.

Il gagna le quartier moldu en longeant les murs, essayant d'être le plus discret possible malgré la carrure impressionnante de Patmol. Heureusement, les passants étaient rares et il rejoignit la cachette de Peter en moins d'un quart d'heure.

Il reprit forme humaine quand il fut devant le bâtiment, puis grimpa les escaliers d'un bon pas. Il n'avait pas envie d'être là. Il aurait préféré passer la nuit seul, avec une bouteille d'alcool fort pour étourdir ses pensées et finir inconscient pour plusieurs heures.
Seulement, Holloween était la fête favorite de Peter, et il était déjà assez déprimé à l'idée de la passer sans sa mère et ses bons petits plats.

Il frappa à la porte selon le code sur lequel il s'était mis d'accord en début de semaine.

Aucune réponse ne lui parvint et il soupira.

- Allez, Queudver... Je suis désolé d'être en retard, mais la journée a été longue. Ouvre.

Le silence obstiné de son meilleur ami lui tira un grognement, et il s'obligea à frapper à nouveau, s'étonnant de son incroyable sang-froid.

- Peter, ce n'est pas le genre de blague à me faire en ce moment ! Ouvre !

Il poussa la poignée avec agacement.
La porte s'ouvrit avec un grincement sinistre et Sirius se figea sur le palier une folle seconde.

- Putain de bordel de merde ! Peter !

Il eut beau faire le tour des pièces, il ne trouva aucune trace de son meilleur-ami. Pendant une folle minute, il essaya de se convaincre que Peter n'était pas loin. Qu'il était parti fêter Halloween dans un bar ou peut-être même était rentré chez sa mère pour la soirée en ne le voyant pas arriver.

Sauf qu'un mauvais pressentiment lui donnait envie de vomir – et ce n'était pas que l'alcool il avait avalé avant de venir – alors il refit un tour, non plus à la recherche de Peter, mais d'une preuve qu'il allait forcément revenir.

Les placards étaient vides, il n'y avait plus rien dans le frigo, aucun produit ne traînait dans la salle de bain – malgré la collection impressionnante de Peter – et il trouva le carnet où Queudver consignait les diverses blessures infligées à chacun durant les pleines lunes par Lunard, dans les toilettes.

Comme si Peter avait voulu faire disparaître la dernière preuve qui faisait de lui un Mauraudeur.

Il n'était pas parti, et il n'y avait pas la moindre chance pour qu'il franchisse la porte d'entrée.

Il avait trahi.

Samedi 31 Octobre 1981, Manoir Lestrange, Angleterre.

Bellatrix eut tout juste la force de déposer sa fille dans son berceau quand la douleur irradia son bras, tétanisant les muscles de sa main à son épaule, et lui arrachant un cri sourd.

Alya se mit à pleurer, n'appréciant guère d'être arrachée à son repas.
Bellatrix tomba à genoux à côté du berceau, la douleur rendant sa vision trouble et lui donnant envie de vomir, comme si elle était marquée à nouveau.

Il a réussi, songea-t-elle, luttant pour remonter la manche de sa robe à cause de ses tremblements.
Elle pensait trouver la Marque des Ténèbres plus noire que jamais, au lieu de cela, elle eut tout juste le temps de la voir disparaître de sa peau.

- Non ! Comment ?! Non ! Maître !

La panique lui arracha les larmes qu'elle avait ravalé face à la douleur. Elle fixa son bras un long moment, priant pour une erreur, espérant de toutes ses forces que la Marque des Ténèbres allait réapparaître dans quelques minutes.

Il ne pouvait pas être mort !

La douleur diminua peu à peu, mais son tatouage restait invisible, comme si les dernières années n'avaient jamais existé.

Elle se laissa glisser au sol, son corps secoué de sanglots silencieux, et son bras gauche serré contre elle.

Samedi 31 Octobre 1981, Belfast, Irlande du Nord.

Sirius fixait le vide, sa main droite serrée sur sa baguette magique, l'autre perdue sur son front.

- Allez, Cornedrue, ne me laisse pas comme un con...

Le Patronus de James n'allait plus tarder. Lily et lui avaient dû partir se mettre à l'abri quand ils avaient reçu son message, et ils attendaient d'être en sécurité pour lui répondre, parce que c'était le plan sur lequel ils s'étaient mis d'accord si jamais Peter était pris.

Sauf que Peter avait trahi !

Sirius ferma les yeux une folle seconde, décidé à régler ce détail plus tard. Il devait s'assurer que James, Lily et Harry étaient en sécurité. C'était la seule chose qui importait maintenant. Il s'occuperait de Peter plus tard.

Au bout de cinq longues minutes de silence oppressant, il se décida à transplaner pour en avoir le cœur net. Godric's Hollow était déjà compromis, qu'il y transplane n'y changerait plus rien et s'il était trop tard – il déglutit difficilement, incapable d'imaginer qu'il puisse être trop tard – il pouvait encore arriver à temps pour intercepter Voldemort.

Il visualisa aussi clairement que possible la maison des Potter à Godric's Hollow, se concentra du mieux qu'il put dessus, puis se décida.

La sensation de désartibulement le frappa dès le départ. La brûlure intense au niveau de son bras droit ne pouvait être due qu'à ça. La douleur lui fit perdre le fil sur sa destination juste un instant, et son transplanage se termina près de la cheminée qui l'avait emmené à Belfast moins d'une demi-heure plus tôt. Sirius ne prit pas le temps de reprendre sa respiration, pas plus qu'il ne se soucia de vérifier l'état de son bras.

Le transplanage était exclu. Un deuxième essai après un désartibulement pouvait se terminer à Sainte-Mangouste, et il n'avait définitivement pas le temps pour ça.

Il plongea sa main valide dans la poche de son blouson, attrapa une pincée de poudre de Cheminette, et la jeta dans les flammes.

Sirius se précipita aussitôt hors de sa cheminée, sortit de sa maison à toute vitesse, et manqua de faire basculer sa Bonnie quand il l'enfourcha brutalement. Il ouvrit les gaz et s'envola, sans se soucier de vérifier si des moldus pouvaient le voir ou non. Rejoindre Godric's Hollow en moto lui prendrait une heure, un peu moins s'il ne ménageait pas son moteur et si le vent lui soufflait dans le dos. La seule chose qu'il pouvait espérer maintenant, c'était de trouver leur maison vide et les Potter loin du petit village sorcier.

Merlin, faites qu'il ne soit pas trop tard.

Samedi 31 Octobre 1981, Manoir Lestrange, Angleterre.

- Bella !

Bellatrix s'agrippa à son mari, tandis qu'il l'aidait à se redresser avec douceur, réajustant sa robe qu'elle avait déboutonnée pour nourrir sa fille. Il essuya ses joues humides et embrassa son front, sans que cela ne lui apporte le moindre réconfort.
Elle était en train de vivre un cauchemar, c'était la seule explication. Le Seigneur des Ténèbres ne pouvait pas avoir été vaincu, pas quand Il était au sommet de son pouvoir et qu'Il lui avait confié que même la mort ne pouvait rien contre lui.

- Bella, nous devons partir.

Il lui sembla que Rodolphus répéta plusieurs fois sa question avant qu'elle ne réussisse à la comprendre.

- Quoi ? Pourquoi ?

Il l'obligea à la regarder droit dans les yeux.

- Le Seigneur des Ténèbres est tombé, Bellatrix, expliqua-t-il lentement. Personne ne sait comment cela a pu se produire, mais il est tombé. Nous l'avons publiquement soutenu pendant toutes ces années. Les Aurors vont nous demander des comptes. Il faut partir.

- Fuir ?

Rodolphus soupira avant d'acquiescer.

- Nous n'avons pas encore tout perdu. Nous pouvons reconstruire notre vie ailleurs, rien que toi, moi et notre fille. La famille de ma mère nous accueillera en Russie.

Bellatrix le dévisagea avant de le repousser brusquement.

- Non ! Comment ? Rodolphus ! Il n'est pas mort !Je ne sais pas ce qu'il s'est passé chez les Potter mais Il n'est pas mort !

- Bellatrix, soit raisonnable !

Mais elle ne l'écoutait déjà plus. Son Maître devait se rendre chez les Potter cette nuit, et les tuer. Comment avait-Il pu être vaincu par deux sorciers à peine sortis de l'adolescence et un bébé de tout juste un an ? Le seul sorcier qui avait les capacités magique de tenir tête au Seigneur des Ténèbres était Dumbledore ! Se pourrait-il que...

- Le sale petit bâtard ! Je vais le réduire en poussière !

Elle se leva et quitta la pièce à toute vitesse. Elle se mit à courir pour rejoindre les quartiers où elle avait installé Pettigrow, chaque pas alimentant sa colère – et son incrédulité ! Comment ce crétin avait-il pu les doubler ? –. Elle fit exploser la porte de sa chambre pour bonne mesure.

La pièce était vide.

- Elfes ! Fouillez le Manoir de fond en comble et retrouvez-moi ce sale petit traître ! Je le veux vivant !

Samedi 31 Octobre 1981, Godric's Hollow, Angleterre.

Sirius Black atterrit avec fracas sur la route qui menait à la maison des Potter.

Son cœur battait à mile à l'heure à cause de la peur viscérale qui lui donnait envie de vomir. Il venait de passer une heure à se répéter que James, Lily et Harry étaient en sécurité, et qu'il ne trouverait qu'une maison vide, parce qu'il les avait prévenu à temps.

Il n'y avait pas d'autre scénario possible.

Mais une petite voix au fond de son crâne lui faisait remarquer quel naïf Poufsouffle il faisait ! A croire que s'il souhaitait quelque chose avec assez de force, son voeux se réaliserait. N'avait-il donc rien appris de ce qui était arrivé à Judy ? Il détruisait tous ceux qu'il aimait... Alors pourquoi les choses se passeraient-elles différemment cette fois ?

Sirius s'arrêta dans un long dérapage au pied du portail de la petite maison, abandonnant derrière lui de longues traînées de caoutchouc et de métal. Il sauta aussitôt à terre, laissant sa précieuse moto s'écraser au sol, et s'élança à travers le jardin.
Il se figea avant d'atteindre la porte d'entrée et eut l'impression de recevoir une balle en plein cœur.

Il n'y avait plus de porte d'entrée.
Il n'y avait plus de vitres non plus, et une partie du toit n'était plus qu'un enchevêtrement torturé de poutres brisées.

- Non, souffla-t-il, sa respiration de plus en plus rapide, et des larmes brûlantes sous ses paupières. NON ! JAMES ! LILY ! HARRY !

Il s'obligea à avancer. Peut-être qu'il les avait prévenus à temps. Peut-être qu'ils avaient réussi à s'échapper. Peut-être que Voldemort avait détruit la maison en la découvrant vide.
Non, pas peut-être.

Tout sauf peut-être.

La peur le rongeait. Ravageant ses entrailles. Anéantissant son courage. Il avait un mauvais pressentiment depuis qu'il était arrivé, et la petite voix dans sa tête hurlait plus fort que tout le reste maintenant.
James était mort. Lily était morte. Harry était mort.

A cause de lui !

La lumière au bout de sa baguette finit par éclairer un pied alors qu'il passait enfin le seuil de la maison.

Le pied nu de James.

Il faillit bien se briser, là, sur le perron. Tomber à genoux et se rouler en boule. Trouver refuge sous la forme de Patmol. Pleurer jusqu'à l'oubli.

Mais il avança.
Parce qu'il n'était pas en train de revivre l'exacte même putain de scène que trois mois plus tôt, quand il avait trouvé Judy morte dans la chambre de leur fille. James n'était pas mort. Son frère ne pouvait pas être mort parce qu'il lui avait promis de survivre à cette foutue guerre.
James était allongé sur le dos, ses yeux chocolat, d'habitude rieurs, étaient vitreux derrière le verre de ses lunettes. Sirius fixa sa poitrine pendant une éternité, attendant un mouvement, même s'il savait déjà que son frère était mort.

Il avait vu trop de cadavres durant la guerre pour se tromper.

Un sanglot déchira sa gorge et il tomba à genoux à ses côtés, secouant la tête de droite à gauche, même si ça ne servait à rien.

Il ne voulait pas y croire, même si la vérité était sous ses yeux.

- James... James je t'en prie... Ne sois pas mort... Tu ne peux pas mourir... Tu n'as pas le droit... Putain de bordel de merde, Potter !

Il bascula et son visage s'écrasa sur la poitrine de son frère. Les sanglots de plus en plus violents secouaient son corps. La douleur était plus atroce que jamais et l'empêchait de respirer.

Un cri rauque, semblable à celui d'un animal blessé, lui échappa, suivi d'un deuxième, et puis il perdit le compte.

Avec un peu de chance, la douleur allait le tuer lui aussi.

Samedi 31 Octobre 1981, Manoir Malefoy, Angleterre.

Le Manoir de sa sœur était en effervescence en dépit de l'heure tardive. Malgré cela, son arrivée ne passa pas inaperçue, et elle faillit décocher un Doloris à son beau-frère quand il essaya de se dresser sur son chemin.

Dans ses bras, sa fille pleurait à gorge déployée, sans qu'elle n'arrive à s'en émouvoir cette fois. Son héritière pouvait attendre. Pour ce qu'elle s'en souciait, le monde pouvait même arrêter de tourner.

Elle devait comprendre ce qu'il s'était passé chez les Potter. Le Maître n'était pas mort, il était possible qu'il attende que ses fidèles se portent à son secours, et qu'il soit juste trop affaibli pour les convoquer à ses côtés.

Elle devait le rejoindre, parce qu'elle refusait de croire qu'il ait pu tomber si proche de leur victoire.

- Narcissa !

Sa jeune sœur était installée dans la chambre de son fils et ne le quittait pas des yeux, comme si elle avait peur que quelqu'un vienne le lui prendre. Quand elle entra, Narcissa se leva aussitôt et l'attira dans la pièce adjacente – une salle de jeux bien trop fournie à son goût – lui ordonnant d'un regard de baisser d'un ton.
Bellatrix ne retint pas son rictus : le sommeil de Draco avait semble-t-il plus d'importance aux yeux de Narcissa que la chute du Seigneur des Ténèbres.

- Bellatrix, que fais-tu ici ? Je croyais que Rodolphus et toi quittiez le pays ?

- Rodolphus peut quitter le pays s'il le désire, mais je reste.
- Bellatrix, sois raisonnable ! Qui va élever ta fille si tu termines à Azkaban ?

- Et bien je n'ai qu'à m'arranger pour ne pas terminer à Azkaban ! Je dois retrouver le Seigneur des Ténèbres et...

- Il est mort, Bellatrix ! Mort ! C'est trop tard. La partie est terminée et il a perdu !

Bellatrix eut soudainement envie de gifler sa sœur, comme elle ne l'avait pas fait depuis bien des années. Elle se retint au prix d'un immense effort, se promettant de lui faire regretter son manque de foi plus tard, quand elle aurait porté secours à son Maître.

Il devait être sa priorité désormais.

- Je ne suis pas venue ici pour discuter de cela avec toi, siffla-t-elle entre ses dents serrées, mais pour te confier Alya. Peux-tu faire cela pour moi ? Prendre soin de ta filleule ?

Narcissa se radoucit subitement.

- Bien sûr que je peux prendre soin d'elle.

Bellatrix déposa sa fille dans les bras de sa cadette sans cérémonie, et embrassa le front rougeot du nourrisson rapidement.

- Je serai vite revenue ma fille.

Elle s'éloigna sans un regard en arrière.

Elle devait retrouver Bartémius, Stan et Rolf dans la quartier où vivait Pettigrow. Si elle voulait comprendre ce qu'il s'était passé cette nuit, elle devait commencer par retrouver le petit traître, puisqu'il avait réussi l'exploit de disparaître de son Manoir. Une fois qu'elle lui aurait arraché tous ses secrets, retrouver le Seigneur des Ténèbres et l'aider à récupérer toute sa puissance serait un jeu d'enfant.

Samedi 31 Octobre 1981, Godric's Hollow, Angleterre.

Ses genoux n'étaient plus que deux points douloureux, sa gorge une vaste plaie, et les larmes n'en finissaient plus de couler.

James serré tout contre lui, il restait là à se balancer d'avant en arrière, la poitrine secouée de spasmes, trop anéanti pour ne serait-ce que penser.

Son frère était mort. Sa sœur était morte. Son filleul était mort.

Et lui se sentait comme mort à l'intérieur.

Il aurait préféré être mort en même temps qu'eux. Arriver juste à temps pour affronter Voldemort et les accompagner pour leur dernière aventure.

Rester tout seul derrière eux, c'était pire que mourir.

A moins bien sûr que rester tout seul, bouffé par la culpabilité, c'était tout ce qu'il méritait. Rien de tout cela ne serait arrivé s'il avait été le Gardien du Secret.

C'était de sa faute. Encore. Comme Regulus, comme Judy, comme Maellyn.

Peut-être qu'il...

Le pleur d'un enfant le sortit de son état second et il se retourna quand il résonna une seconde fois.

- C'est fini, Harry. Tout va bien. Tout va bien.

La voix – familière – venait de l'étage. Les pleurs – ceux d'un enfant, familiers eux aussi – venaient de l'étage.

Sirius resta une folle seconde immobile, les yeux fixés sur les escaliers, son cœur au bord des lèvres, n'osant pas croire ce qu'il entendait, certain d'halluciner à défaut de ne pas être au beau milieu d'un cauchemar sans fin.

- Harry, souffla-t-il, relâchant sa prise sur le corps de James.

Les pleurs étaient incessants maintenant. Harry était à l'étage, et il était vivant !

Il regarda encore le visage de son meilleur ami, de son frère, pour le graver dans sa mémoire, pour ne jamais l'oublier. Il dut fournir un effort presque surhumain pour libérer le corps de James, et un autre encore plus difficile pour se lever et s'éloigner.

Il monta les marches une à une, se tenant au mur, les yeux encore noyés de larmes, mais l'espoir au creux du cœur.

La porte de la chambre d'Harry était grande ouverte, il pouvait voir le ciel étoilé depuis le couloir, une chaise était au milieu du passage, et les boîtes qui contenaient les jouets de son filleul étaient renversées au pied de la porte. Il avança encore, découvrant une silhouette immense.

- Hagrid ?

Le géant se tourna vers lui, et Sirius se retrouva dans la ligne de mire de son parapluie rose.

Il leva les mains aussitôt pour montrer son absence d'arme, mais ses yeux étaient fixés sur le paquet de couverture d'où s'échappaient les pleurs.

- Je savais bien que c'était toi que j'avais entendu, marmonna le garde-chasse, avant de ranger son parapluie. Je suis désolé pour James et Lily, Sirius.

Sirius serra les dents, et garda son regard sur Harry, refusant de baisser les yeux pour y trouver le corps de sa sœur, au risque de s'effondrer à nouveau, cette fois sans doute pour de bon.

- Harry va bien ?

- Ouais... Il a une méchante coupure au front, mais rien de grave. Le pauvre malheureux...

Sirius déglutit difficilement et s'approcha.
Harry est vivant. Harry est vivant. Harry est vivant.

Il n'était plus seul. Il avait son filleul. Harry n'était pas tout seul, il l'avait lui.

- Je... Hagrid, je suis son parrain et... Jam... J'ai promis de prendre soin de lui si jamais... Si... Donne-le moi Harry, Hagrid, je suis son parrain, je m'occuperai de lui.

- Non, Dumbledore a dit que Harry devait être confié à sa tante et à son oncle.

Sirius eut l'impression de prendre un coup de poing en plein visage.

- Je suis son oncle ! Pétunia... Pétunia ne voudra jamais s'occuper de Harry ! Donne-le moi !

La colère était en train de prendre le dessus sur le désespoir, et c'était peut-être mieux ainsi. En colère, il était capable d'agir, de se concentrer sur autre chose. Il avait laissé le désespoir gagné quand Judy était morte, et il était convaincu qu'il s'était senti aussi misérable, aussi longtemps, à cause de ça.

Pour toute réponse, Hagrid releva le bout de son parapluie rose, une expression hargneuse sur son visage malgré les larmes qui continuaient à s'échapper de ses yeux noirs.

- Dumbledore a dit « Harry va vivre chez son oncle et sa tante ». Je dois le mettre en sécurité en attendant. Et je n'hésiterais pas à te faire du mal, Black.

Sirius soutint son regard un long moment, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus supporter les pleurs de son filleul dans les bras du géant. Il savait que Hagrid s'en tiendrait à ses paroles – le garde-chasse était bien trop loyal à Dumbledore pour désobéir – et il n'était pas de taille à l'affronter – Remus avait toujours soupçonné Hagrid d'avoir des géants parmi ses ancêtres –. Il détourna finalement les yeux et surprit la silhouette immobile de Lily au sol, juste au pied du petit lit à barreaux. La mort n'avait pas effacé la résolution sur ses traits : elle s'était sans doute dressée entre Voldemort et son fils pour le protéger, parce qu'il était plus important que tout.

Harry devait être mis en sécurité. Que cet endroit soit la maison de Pétunia Evans pour un temps n'avait pas d'importance pour le moment.

- Est-ce que je peux le prendre ? Pour lui dire au revoir ? souffla-t-il finalement, incapable d'empêcher sa voix de trembler.

Hagrid soupira mais lui tendit quand même Harry. Les yeux et le nez du petit garçon étaient rouges, des larmes ne cessaient de couler de ses prunelles émeraudes, et une vilaine estafilade lui barrait le front.

- Hey bonhomme, murmura-t-il en le calant contre lui comme il avait vu Lily le faire des dizaines de fois. C'est fini, Harry... C'est fini.

Si le petit garçon se débattit, au moins autant en colère qu'effrayé, il finit par se calmer dans ses bras. Sirius se raccrocha à l'odeur de son filleul, cet étrange mélange entre celles de ses parents, les touches de poussière et de sang en plus cette fois. Harry comprenait-il qu'il était seul maintenant ? Que sa mère et son père étaient morts presque sous ses yeux ? Qu'il allait être arraché à tout ce qu'il connaissait, et placé avec des étrangers qui ne sauraient sans doute jamais l'aimer autant qu'il le méritait ?

Il perdit la notion du temps. La seule chose qui comptait était le corps chaud de son filleul contre lui, le mouvement de balancier qu'il faisait pour le bercer, murmurant une litanie de mots qui n'avaient même pas de sens, à part les « je t'aime bonhomme », les « je ne te laisse pas tomber Harry » et sa promesse de revenir le chercher, dès qu'il le pourrait.

- Sirius, je dois y aller... grogna Hagrid, en posant une main sur son épaule pour le sortir de ses pensées.

Harry s'était endormi, sûrement épuisé par les émotions de la nuit. Le cœur plus lourd que jamais, Sirius embrassa son front blessé une dernière fois.

- On se reverra toi et moi, bonhomme. Je te le promets.

Hagrid le récupéra avec précaution. Sirius se résigna à les escorter jusqu'au rez-de-chaussée, détournant le regard pour ne pas voir le corps de son frère dans l'entrée.
Sa moto était toujours au milieu de la chaussée, couchée sur le flanc.

- Tu n'as qu'à prendre ma moto, Hagrid, dit-il sans même y réfléchir à deux fois. Je n'en aurais plus besoin maintenant.

- T'es sûr ?

- Ouais... C'est une moto volante, ce sera plus simple avec Harry, et le Ministère ne pourra pas te traquer. Prends soin de lui.

Le garde-chasse ne se le fit pas répéter. Il enjamba l'engin sans hésiter, comme s'il avait déjà conduit auparavant.

- Mon père avait un scooter, expliqua-t-il avec un sourire triste. Courage, Sirius.

Il hocha la tête sans grande conviction et suivit les lumières de sa moto jusqu'à ce qu'elles soient trop loin dans le ciel.

Sirius inspira profondément pour rassembler le courage émietté au fond de son cœur, se raccrochant au fait que son filleul était vivant et bientôt en sécurité. Une part de lui était terrifiée à l'idée de le voir partir, Merlin seul savait quand il le reverrait, et il se sentait plus seul que jamais maintenant.

De nouvelles larmes lui échappèrent, qu'il essuya avec obstination, serrant les dents pour contenir les autres, se promettant de récupérer Harry plus tard, quand il se serait chargé de Pettigrow et qu'il aurait récupéré sa fille. Et que Dumbledore essaye un peu de se dresser sur sa route !

Il resta un long moment dans le froid de cette nuit d'Halloween avant de se décider à partir, mais pas avant de prendre soin de ses meilleurs amis.

Il remonta James à l'étage, l'installa dans son lit, puis fit de même avec Lily. Où qu'ils soient, ils avaient l'air tranquille, l'un à côté de l'autre.

- Je vais vous venger. Je vous le promets.


Voilà voilà... Cette fois, les menaces sont à adresser à JK Rowling, et vous pouvez le faire via son Twitter. Elle a plus l'habitude que moi en plus.

Ça fait plus d'un an que j'ai écris ce chapitre et je suis toujours en deuil de la mort de James et Lily...

J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :

- Le timing de merde pour les révélations de Cissy.

- Trixie qui va faire regretter à Peter d'être un sale petit rat (et je vais certainement pas la retenir).

- Sirius qui vit vraiment pas une vie très facile depuis quelques mois...

Vous noterez quand même que, potentiellement, Maellyn est en sécurité ? (quelle mansuétude de ma part) et si vous avez des hypothèses quant à son avenir proche (et lointain) je suis preneuse.

N'hésitez pas à aller lire Falling Through the Rabbit Hole pour vous remonter le moral !

A très vite !

Orlane.

Mis en ligne le 03/06/2017