Chapitre 36 : Scission
La soirée dura une bonne partie de la nuit, les derniers participants à partir furent Von Kiel et son épouse. Harlock après cela ordonna aux sexaroïdes de mettre en route les systèmes de sécurité, les volets armés furent descendus et les portes blindées verrouillées. Le système de brouillage créé par Ryo pour contrer les mouchards et les caméras espions fut activé puis le capitaine se rendit dans l'aile gauche. Avant le dîner, Hans avait demandé à ses sexaroïdes de répertorier chaque couvert avec le nom complet de leur utilisateur. Il était temps que Nynna se mette au travail. Avec deux cents couverts à analyser, elle en avait pour des heures. Il monta à l'aile ouest et fut accueilli par un Ryo Kimura anéanti.
- Il faut réveiller Nynna pour qu'elle démarre les tests, se contenta de réclamer Hans.
- Je vais le faire, accepta Ryo d'une voix blanche.
Les policiers, horriblement gênés, restaient à l'écart. La tentative pour empêcher Harlock de coucher avec Isabelle avait échoué et ils en étaient sincèrement désolés. Le procureur se leva.
- Je tiens à être présent pour les tests, rappela-t-il.
- Je sais, Nynna m'en a parlé. Tu comptes bouger, Ryo ou pas ? s'agaça Harlock sur la défensive.
Il s'attendait à ce que le chef du gouvernement se mette en colère mais pas au fait que cela lui ferait autant de mal.
- Pourquoi est-ce que tu as fait cela ? s'enquit Ryo d'une voix triste en plantant son regard dans le sien. Ellie le saura forcément. Tu tiens tant que cela à lui faire encore plus de mal ?
- Avec tout le mal que je lui ai déjà fait, il n'y a aucune chance pour qu'elle accepte qu'on se remette ensemble. Alors j'utilise un de mes meilleurs atouts pour contrecarrer les plans de ces salopards. De plus, j'ai l'impression que l'Ellie que j'ai connue n'existe plus vraiment. Maintenant, va réveiller Nynna, s'il te plait.
Ryo se leva et alla rejoindre sa femme dans sa chambre. Il la réveilla doucement et se garda bien de répondre à la question de Nynna lorsque celle-ci s'inquiéta en le voyant aussi triste. Il était trois heures du matin lorsqu'elle descendit, vêtue d'une combinaison stérile. Les policiers, les militaires, son mari, les policiers et le procureur l'attendaient. Harlock avait fixé le babyphone de ses enfants à sa ceinture. Ils avaient regroupés plusieurs sièges et attendaient les résultats des analyses de Nynna. Celle-ci fit des prélèvements sur chaque couvert et nota le nom de son utilisateur sur le tube à essai. Elle plaça le tout dans l'analyseur et lorsque le résultat s'afficha, elle fut estomaquée.
Le soleil se levait doucement sur la capitale lorsqu'elle eut les premiers résultats. Elle retira le haut de sa combinaison stérile et les relut plusieurs fois. Harlock entendit ses enfants se réveiller. Nann étant prévenue que leur papa aurait beaucoup à faire, elle s'occupa des deux bambins. Nynna attendit les résultats définitifs puis quitta la zone d'examen et se rendit auprès de ses amis. Elle regarda du côté d'Harlock qui, voyant le regard surpris de la future maman, comprit que son intuition était la bonne.
- Tu savais ce que je trouverais n'est-ce pas ? s'enquit Nynna en regardant Harlock.
- Je n'avais aucune certitude, avoua Harlock. Combien ?
- La moitié des participants ont bénéficié, si je puis dire, de la même hybridation partielle qu'Aristote Zone et les politiciens du Consortium, indiqua-t-elle en donnant la feuille au capitaine.
- Ce n'est pas vrai ! s'exclama le procureur d'une voix blanche.
- Ils ont été très malins ! commenta Harlock. Oscar en fait partie, ce dont j'étais pratiquement certain, ainsi que la moitié des participants. Von Kiel et sa fille ne font pas partie du lot, ce qui me parait logique.
- Comment ça, logique ?
- Il y a deux groupes au sein de l'aristocratie : Von Kiel et ses alliés d'un côté et Péhant et les siens de l'autre. Bien entendu, tous ceux qui sont du côté de Péhant ont subi l'hybridation.
- Les tests sont formels, conclut Nynna. La moitié de l'aristocratie a subi l'hybridation et à mon avis, Oscar va vouloir se débarrasser de ceux qui la refusent.
- Comme Von Kiel et sa fille.
- Sa fille que tu apprécies tout particulièrement, grinça Ryo.
Celui-ci se leva, excédé et alla se servir un verre de red bourbon. Il le vida d'un trait et s'en prit un second puis un troisième sous le regard éberlué de sa femme.
- Tu peux me dire ce qu'il te prend de picoler autant ? s'inquiéta celle-ci.
- Une pilule dure à avaler, elle reste coincée dans ma gorge, ironisa Ryo.
Nynna n'insista pas. Lorsque son mari était d'une telle humeur il valait mieux le laisser se calmer dans son coin.
- L'analyse m'a montré autre chose, poursuivit Nynna. Les gênes modifiés influencent le comportement des personnes et les rendent beaucoup plus fortes physiquement. C'est pour ça que le duc a pu te battre. Ce n'était pas parce que tu étais moins fort que lui en tant qu'être humain, ce sont les gênes Mazones qui l'ont rendu plus fort. Il résiste mieux aux maladies, il dispose d'une durée de vie beaucoup plus longue et d'une capacité de guérison exceptionnelle car ses cellules, en cas de blessure ou tout autre traumatisme, réagissent et se divisent beaucoup plus vite que les nôtres.
- Est-ce qu'il y a un revers à la médaille ? l'interrogea Harlock.
- Oui, un énorme je dirai. Cela affecte leur personnalité. Ils se déshumanisent progressivement.
- D'où le fait qu'un bain de sang ne dérange pas de Péhant, comprit le procureur.
- Il y a aussi de forts risques de perturbations d'ordre psychologique. Certains peuvent être à la limite de la sociopathie avec des pulsions meurtrières violentes sans compter une sexualité débridée.
- Ça me rappelle quelqu'un, ça, ricana Ann-Lynn. Von Stadt doit faire partie lui aussi des hybrides génétiques.
- Ce qui veut dire que leur hybridation est tout sauf parfaite et pourrait conduire à leur anéantissement, supposa Mitchell.
- Mais ils vont entraîner toute la galaxie avec eux, commenta Harlock. Oscar ne résistera pas longtemps à l'envie d'en découdre avec le roi Von Kiel et ensuite avec les Illumidas. Qui plus est, je ne sais même pas à quel point le groupe de Von Kiel est sous surveillance ou noyauté de l'intérieur.
- Il y aurait des agents dormants ? s'étonna Ryo.
- Je pense qu'il en a placé quelques-uns. Ce soir, j'avais deux cent convives. Je n'ai pas eu tous ceux qui étaient du côté de Von Kiel. Les agents infiltrés doivent se trouver dans les couches inférieures du groupe aristocratique de Von Kiel.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ? demanda Nynna, inquiète.
- Je vais devoir avertir Von Kiel de la situation, je pense que c'est préférable.
- Quand ? s'impatienta Nynna.
- Il est en voyage toute la semaine prochaine et ne sera de retour que pour la soirée d'Halloween organisée par son gendre. Je ne peux pas l'avertir par radio car les communications sont sûrement écoutées. Je dois lui annoncer de vive voix et je suis coincé car la reprise des cours démarre demain. Je ne peux pas m'absenter, Oscar en serait immédiatement averti, ragea Harlock, inquiet.
- Si je comprends bien, Zone a laissé des agents dormants comme de Péhant sur Terre qui ont fait exiler les familles car celles-ci auraient pu les identifier et les donner à La Résistance. De plus, en agissant ainsi, ils ont endormi la population et obtenu les pleins pouvoirs. Ils ont construit une armée en douce et vont réinstaller un pouvoir monarchique fonctionnant avec les pourris du Consortium ! s'énerva le procureur.
La colère commençait à monter chez le procureur Krieg.
- Vous avez fait une énorme connerie en laissant filer Zone et ses hommes sans compter toute son armée qui se mettra aux côtés de de Péhant ! explosa le procureur.
- Vous en avez un culot ! s'emporta Ryo. On a dû faire face à deux groupes d'ennemis surarmés, on a fait ce que l'on a pu ! Ce n'est quand même pas de notre faute si la population s'est laissée endormir par des bonimenteurs !
- Je ne pense pas que s'entredéchirer arrangera les choses, conseilla Harlock. On est tous beaucoup trop fatigués pour réfléchir calmement !
- Oh vous, monsieur la sagesse, ça va ! hurla le procureur. Ne venez pas me faire la leçon surtout après avoir couché avec la fille Von Kiel ! Vous avez poussé Eliza Zone à bout et ensuite vous utilisez ça comme excuse pour vous offrir un petit moment de détente avec la jolie fille du roi ! En fait, vous êtes juste un coureur de jupons !
En entendant cela, Nynna pâlit brutalement et regarda du côté d'Harlock avec des yeux ronds.
- Ça suffit Krieg ! intima Ryo. Il a fait cela pour gagner sa confiance et obtenir des renseignements dont on a besoin !
- Ben voyons ! Dites-moi, elle est meilleure que la mère de vos jumeaux au lit ? D'après vous, comment Eliza Zone va réagir lorsqu'elle saura cela ?
- Pour l'instant, elle se fout de ce que je peux faire de mes nuits ! Il s'agit de ma vie privée ! En prime, elle a donné à Isabelle son feu vert ! tempêta Hans, excédé.
- Alors qu'elle est sous l'emprise des nanos et qu'elle pense que ses gosses sont morts ! En fait, vous vous en foutez de ce qu'elle peut ressentir ! Je dirai même que ça vous arrange !
- Bon maintenant, ça suffit ! ordonna Ryo en colère. Il s'expliquera avec Ellie le moment venu ! Pour ce qui est des tueurs du Consortium, ils sont hybrides ou pas ?
- Je n'en sais rien, avoua le procureur.
- Vous vous foutez de nous là ? explosa Ryo. Vous avez fait votre enquête ou pas ?
- Pour les tueurs sur les toits qu'Eliza Zone a éliminés, nous n'avions pas besoin d'identification génétique puisque leurs identités nous ont été données par les aristocrates. Pour ce qui est de ceux de l'assaut du siège du gouvernement, à dire vrai, on s'est occupé en priorité des autopsies des victimes et on a laissé les assaillants de côté, avoua le procureur.
- Avez-vous toujours les corps ? s'enquit Nynna.
- Oui.
- Ceux du spatio-port aussi ? insista Nynna.
- Bien sûr, affirma le procureur.
- Il suffit dans ce cas d'aller à la morgue et de faire des prélèvements, proposa-t-elle. Je viens avec vous !
- Minute, s'opposa Elliot vous oubliez que vous passez pour morte.
- Je vais me déguiser en religieuse, décida Nynna. Cela ne surprendra personne qu'une religieuse vienne apporter son soutien à des familles endeuillées dans la morgue de la ville.
- Ça me va, accepta Harlock. Nigel ?
- Oui, monsieur, répondit le majordome en entrant dans la salle de bal.
- Va chercher chez le costumier de la ville une tenue de religieuse ! Tu la fait enregistrer sous une identité d'emprunt.
- A vos ordres, monsieur.
Le majordome sortit de la pièce. Harlock poussa un soupir de lassitude. Il s'attendait à prendre une tempête de la part de Nynna mais celle-ci ne venait pas. En fait, la jeune femme était juste extrêmement triste d'avoir appris que le capitaine avait trompé son amie. Nynna s'assit et garda la tête baissée. Elle n'arrivait pas à croire qu'Harlock ait pu agir ainsi. En même temps, lui et Ellie n'étaient plus ensemble depuis la fameuse brouille sur la base secrète de la Résistance, mais de là à faire cela. Il n'était donc pas sincère dans ses sentiments.
- Est ce que tu l'aimes encore ? s'enquit Nynna.
- Pourquoi est-ce que tu me demandes cela ? s'agaça Harlock.
- Réponds, c'est tout.
- Que je l'aime ou non ne changera rien ! Les chances pour qu'elle revienne vers moi sont presque nulles et de toute manière, d'ici décembre, cela n'aura plus la moindre importance !
- Tu les avais, tes chances, avant de coucher avec la fille Von Kiel ! Si encore on pouvait garder cela caché ! Je serais prête à mentir à Ellie pour qu'elle puisse retourner auprès de toi et être heureuse comme avant. Au lieu de cela, tu as couché avec cette écervelée et elle s'empressera de l'annoncer à Ellie ! Ellie avait déjà tellement souffert ! Pourquoi faut-il que tu lui imposes cela ? s'emporta Nynna en pleurant.
- Tu dis cela parce que tu n'as pas entendu l'échange entre Isabelle et Ellie, Nynna. Elle ne ressent plus rien pour moi et cela n'a rien à voir avec les nanos, tu peux me croire ! soutint-il.
Les larmes de la jeune femme ne cessèrent pas de couler pendant tout le temps où ils attendirent l'arrivée du déguisement. Nigel l'amena une demi-heure plus tard et Nynna alla se changer. Ils filèrent ensuite à la morgue de la ville en prenant des chemins séparés. Harlock entra dans le parking souterrain de la morgue dix minutes après les policiers qui avaient emmené Nynna dans leur voiture sous la surveillance d'Elliot qui conduisait le tout-terrain blindé. Un deuil galactique de trois jours ayant été mis en place pour l'enterrement des victimes du siège du gouvernement, personne ne travaillait ce jour-là et la morgue était déserte. Ils arrivèrent sans croiser personne dans la zone où était entreposée les corps. Ils entrèrent dans la salle d'examen et repérèrent les caissons contenant les corps des tueurs du Consortium. Ceux-ci étaient entièrement métalliques. Nynna mit une blouse pour recouvrir sa tenue. Elle retira la coiffe et mit un masque chirurgical ainsi qu'un bonnet en papier. Elle posa l'analyseur sur une desserte puis se dirigea vers le premier caisson. Elle l'ouvrit et se retrouva bouche bée devant une soupe de restes humains nauséabonds. Le corps avait été entièrement dissout grâce à un acide. L'odeur envahit rapidement la pièce et même le capitaine se recouvrit le nez d'un mouchoir. Nynna, en constatant les dégâts, tenta de faire un prélèvement mais sa pipette fut dissoute instantanément au contact du liquide. Elle alla ensuite vérifier les autres corps. Ils étaient tous dans le même état, y compris ceux du spatio-port. Nynna regarda du côté des hommes qui l'accompagnaient et fit un signe négatif de la tête. Il ne restait plus rien à analyser.
- Tu ne peux vraiment pas récupérer l'ADN ? insista Harlock.
- Aucune chance ! L'acide utilisé est très particulier. Tout est détruit. On ne tirera rien des dépouilles. Ces salopards ont dû se douter qu'on approchait du but ! affirma-t-elle, écœurée.
- On n'en serait pas là si les tests avaient été faits avant, reprocha Harlock.
- Dis-toi bien que s'ils ont pris la peine de les détruire, c'est qu'ils sont hybrides eux aussi. Ils ont peut-être même été les premiers à être hybridés pour servir de cobaye, avança Ryo. Seuls des fous sanguinaires pouvaient faire un massacre comme celui qu'ils ont fait au siège du gouvernement.
- Par contre, on n'a plus la moindre preuve, enfonça Harlock pour bien faire comprendre au procureur qu'il avait fait une belle erreur.
Krieg n'avait pas besoin que le capitaine insiste si lourdement sur sa faute. Il s'en mordait les doigts. Il avait eu les preuves à sa disposition mais, s'étant laissé emporter par ses sentiments, il avait négligé les corps des assaillants pour s'occuper des victimes et de leur famille.
Le vaisseau du roi Von Kiel arriva en vue de son vaisseau de guerre escorté par sa flotte. Il était magnifique et imposant, tel qu'il le souhaitait. Le jeune prince de Turenne, à ses côtés, admirait l'imposante flotte qu'il allait avoir le plaisir de commander aux côtés d'Oscar de Péhant. Le roi avait décidé d'avancer la scission pour empêcher le procureur de mettre qui que ce soit aux arrêts. La scission serait achevée peu de temps avant la fête d'Halloween, ce qui permettrait à son gendre de donner la fête somptueuse qu'il donnait chaque année ce jour-là. Une fois à son bord, il fut mis en relation directe avec tous les responsables aristocratiques des planètes. Même Flora dépendait d'une reine.
- Où en sommes-nous ? s'enquit-il à l'unisson devant l'écran géant de vidéoconférence.
- Tout est prêt, Votre Altesse, nous n'attendons plus que vos ordres, affirma la reine Elisabeth.
- Avez-vous pris le contrôle de toutes les institutions ?
- Elles nous sont entièrement dévouées.
- Parfait. Que nos vaisseaux se déploient. Envoyez une dizaine de vaisseaux de guerre par planète. La loi martiale est appliquée que cela soit annoncé à la télévision. Les aristocrates instaurent le régime monarchique et prennent le contrôle de la galaxie. Si Ryo Kimura refuse de quitter ses fonctions d'ici le premier décembre, nous envahirons les planètes qui sont sous régime démocratique et cela ne se fera pas sans dégâts. Que la moitié de nos forces prennent position à proximité d'Amos et se préparent pour donner l'assaut. Espérons que le chef du gouvernement se montrera raisonnable. Ce serait dommage de gâcher des missiles si durement gagnés pour exterminer quelques cafards ! ironisa le roi.
- A vos ordres, Votre Altesse, accepta en souriant l'ensemble des dirigeants aristocratiques.
La communication fut coupée et le roi éclata de rire.
Non loin de là, Oscar s'était rendu sur NeoTerra afin d'y rencontrer son mentor, Aristote Zone. Il se posa sur une zone désertique où se trouvait une base abandonnée des Mazones qui ressemblait à un vaste complexe religieux d'inspirations diverses. Il passa l'entrée principale qui était une immense porte en pierre entourée de colonnes d'inspiration grecque. Il traversa la grande place et vit au bout de celle-ci un homme en costume noir portant un chapeau à large bord de la même couleur. Oscar pressa le pas et l'homme se tourna vers lui en souriant. L'hybridation avait considérablement rajeuni Aristote Zone et il paraissait encore plus jeune que le capitaine de l'Arcadia.
Ellie et ses amies, qui avaient besoin de confirmer leur soupçon, avaient suivi de loin avec le vaisseau cité, le long convoi de vaisseaux de la milice qui escortaient ceux du duc. Elles virent le duc se rendre à son rendez-vous, escorté par une centaine de miliciens. Ceux-ci se répartirent ensuite tout autour de l'étrange centre religieux. Ellie, Sandy et Ann, restèrent à bonne distance. Ann déploya le micro longue portée et elle enregistra la conversion.
- Bonjour, Aristote, salua le duc en donnant une chaleureuse embrassade à son mentor.
- Salut, petit. Comment se passe notre plan ?
- On ne peut mieux. Von Kiel vient d'ordonner la scission. Je l'ai appris en faisant route vers toi. Il a peur qu'Harlock et moi, nous nous retrouvions à répondre aux questions du procureur. Il va prendre les populations en otage pour obtenir que Kimura dégage, annonça Oscar en souriant.
- Qui doit diriger les opérations ?
- De Turenne et moi, affirma Oscar en riant.
- C'est inespéré ! Décidément, Von Kiel est encore plus con que ce que je ne pensais ! se réjouit Aristote Zone en riant.
- De Turenne étant de notre bord, tout se passera bien. De plus, comme nous avons pu faire hybrider plus de la moitié des troupes nous n'aurons aucun problème pour nous débarrasser de Von Kiel après la Résistance.
- Il faut tous les buter, Oscar ! Je connais Kimura, il ne renoncera jamais et si les Résistants s'en sortent, on les aura à nouveau sur notre dos même si c'est vingt ans plus tard. Et les nanos ?
- Kimura nous a bien mâché le travail. La mémoire de ta fille ayant été très affectée, il a travaillé sur les nanos qui lui avaient été injectés et nous a donné ainsi la méthode pour créer des nanos qui contrôlent l'esprit humain sans que nous ayons à aller fouiller dans le vaisseau de Sylvidra.
- Est-ce que tu as pu localiser Ellie ? s'inquiéta Zone.
- Pas encore, avoua Oscar.
- Dès que tu l'as, fait-la descendre immédiatement. Elle est très dangereuse.
- Ce ne serait pas ta fille si elle ne l'était pas, plaisanta Oscar.
Cette remarque fit rire les deux hommes.
- Est-ce que c'est toi qui as autorisé que l'on bute ses enfants ?
- Pourquoi me demandes-tu cela ? s'étonna Aristote C'est Helen Westerfield qui a fait cette demande auprès de nos tueurs.
- Certes, mais ils n'acceptent pas les demandes personnelles, normalement. Ils ne se chargent que des affaires touchant directement notre organisation, douta Oscar. Tu sais que c'est le meurtre de ses petits qui a mis le feu aux poudres…
- C'est un petit prix à payer pour me débarrasser de la menace que représentait le lien qui existait entre elle et Harlock.
- Tu as fait assassiner tes petits-enfants ! s'étonna Oscar.
- Et je compte bien me débarrasser de leur mère et de leur père, dès que possible.
- Pour ce qui est d'Harlock...
- Je sais que tu le veux pour ton petit plaisir personnel.
- Je dispose de la technologie pour le contrôler et je pourrai détruire l'Arcadia bien plus facilement que si c'est lui qui le commande.
- Je n'approuve pas mais comme je sais que tu t'es sérieusement entiché de cet homme, je n'ai pas le choix.
- Il y autre chose, Aristote. Une fois que Von Kiel sera éliminé et que je serai sur le trône, je tiens à choisir la femme qui me donnera des héritiers.
- Ce qui me parait normal, approuva Aristote.
- Je veux ta fille, affirma Oscar.
Cette remarque fit ouvrir des yeux comme des soucoupes à l'ancien responsable du Consortium et fit tousser Ellie. Ses amies, abasourdies, ne comprenaient plus. Aristote, une fois sa surprise dissipée, sourit
- Tu la veux car elle a montré sa vraie nature, supposa Aristote, inquiet.
- Tu avoueras que ta fille est troublante et elle est très sexy. Je dois dire que je comprends mieux pourquoi Harlock l'a choisie pour occuper ses longues nuits de voyage vers la planète des Mazones. C'est une petite bombe ! sourit Oscar.
- Très bien, mais il va falloir que tu trouves le moyen de la planquer en attendant la chute de Von Kiel.
- Ne t'inquiètes pas pour ça. J'ai ma petite idée pour pouvoir me la garder près de moi avec son ex.
- Vaudrait mieux pour toi que les nanos soient très efficaces car vu la haine qu'elle nourrit contre Harlock, en partie grâce à moi, cela risque d'être dur pour qu'elle supporte sa présence et votre petit ménage à trois.
Les deux hommes restèrent silencieux quelques secondes.
- Est-ce que tu as demandé à nos scientifiques d'étudier le problème dont je t'ai parlé ? s'enquit Oscar, inquiet
- Des tendances sociopathes chez certaines personnes qui ont subi l'hybridation ?
- Von Stadt devient incontrôlable, de plus, je crois que ce petit imbécile en a après moi !
- Nos chercheurs n'ont pas de solution. Il faut envisager l'élimination pure et simple. Est-ce que Sylvidra est toujours en vie ?
- Oui. Kimura la garde prisonnière mais je ne pense pas qu'il ait obtenu beaucoup d'elle.
- Pas étonnant. Nous avons tellement bien noyauté les démocrates qu'il manque de personnes fiables. De plus, il est obligé de cacher désormais tous les membres importants de la Résistance pour leur sécurité. Il se retrouve seul face à une reine qui ne lâchera rien.
- Pourquoi t'inquiètes-tu de Sylvidra ?
- Elle pourrait avoir la solution. Il faudrait pouvoir la récupérer vivante et négocier avec elle.
- Ça va être très dur. Elle nous demandera un prix exorbitant pour ses connaissances
- Juste sa liberté pour elle et les sujettes qui lui restent. Je suis prêt à la lui accorder.
- La liaison que tu as eue avec elle t'a ramolli le cerveau ! Elle ne se contentera pas de cela !
- C'est vrai il faudrait songer à lui filer ton cher Harlock. Une fois qu'on lui aura rendu l'amour de sa vie, elle partira bien sagement et, de toute manière, nous n'aurons plus rien à craindre d'elle avec nos soldats hybrides et nos vaisseaux. Sans compter qu'une fois que nous aurons vaincu les Illumidas, nous disposerons de territoires supplémentaires, Sylvidra ne pourra rien contre nous. Mais pour pouvoir accomplir tout ceci, il faut que l'on sache résoudre les problèmes psychologiques occasionnés par l'hybridation. Une armée incontrôlable ne nous servirait à rien ! Certes, le fait qu'ils n'aient pas d'état d'âme, qu'ils soient des tueurs sanguinaires est un avantage, mais je ne tiens pas à ce que leur nature les pousse à se tourner contre leurs dirigeants, histoire de prendre notre place au sein de notre groupe pour pouvoir satisfaire un peu plus leur besoin de tuer ! Il faut que Sylvidra nous aide à soigner juste cet aspect de leur nature, on a besoin de brider quelque peu leur côté tueur et d'être certains de leur obéissance ! Avec Harlock en contrepartie, elle devrait accepter de nous aider !
- Elle n'est pas amoureuse d'Harlock ! objecta Oscar fermement en serrant les poings.
- Oh si, elle l'est, je dirai même à la folie, affirma Zone. Je le sais car je lui ai fait prendre du Mirasu lors d'une nuit que j'ai passée avec elle et tu peux me croire que lorsqu'elle couchait avec moi, elle n'y allait pas à fond, car une fois qu'elle fut sous Mirasu, le lendemain matin au réveil, j'étais dans un triste état et pourtant à l'époque j'étais jeune ! En ce temps-là, j'étais amoureux d'elle et je voulais savoir si c'était réciproque. J'ai vite déchanté en l'entendant gémir le nom d'Harlock pendant que je la faisais jouir, avoua Aristote. Je sais que tu aimes Harlock mais notre victoire ne se fera pas sans sacrifice.
- Très bien. Si vraiment il le faut, j'accepte, céda Oscar, dépité.
Les deux hommes après cela se séparèrent. Ellie quitta Néo-Terra avec ses amies et fila vers la planète où siégeait le gouvernement. Elle mit le bouclier d'invisibilité et fut horrifiée de voir une centaine de vaisseaux entourer la planète d'Amos. Elles arrivèrent à retourner sur la petite planète. Elles prirent le tout-terrain et alors qu'elles retournaient vers leur planque, elles trouvèrent des rues vidées de tous badauds. Aucune voiture ne circulait. Les gens se terraient chez eux. Ann alluma la télévision et la chaîne officielle attendait une déclaration du chef du gouvernement.
Ryo en quittant la morgue, vit plusieurs voitures de l'armée se précipiter vers lui puis freiner brusquement. Elliot emmena Nynna et la fit monter dans le tout-terrain. Le général Martin descendit du véhicule. Son visage était bouleversé.
- Qu'est-ce qu'il se passe, s'inquiéta Ryo.
- Une centaine de vaisseaux vient de se placer en orbite autour d'Amos. Les aristocrates en ont fait placer d'autres autour des dernières planètes sous représentation démocratique. Ils ont installé chez eux le couvre-feu et des vaisseaux sont aussi placés en orbite autour de leur planète.
- Je crois que vous allez pouvoir renoncer à vos interrogatoires, monsieur le procureur. La scission est lancée, indiqua Ryo tristement.
- Ils ont envoyé un ultimatum au siège de l'assemblée interstellaire. Bien sûr, aucun de leur représentant n'est venu siéger.
- Vu que ce sont eux qui commandent les vaisseaux de guerre, ils ne peuvent pas être à deux endroits à la fois, affirma Harlock.
- Elliot, ramenez mon épouse en sécurité ainsi que les policiers, ordonna Ryo. Je vais me rendre à l'assemblée interstellaire.
- La presse t'attend pour une déclaration officielle.
- A part les carottes sont cuites qu'est-ce que je pourrai leur dire ? ironisa Ryo avec amertume. Ils ne peuvent pas le dire eux-mêmes ?
Harlock ne répliqua pas et tout le monde se garda bien de commenter le dépit de Ryo. Il y avait de quoi être écœuré par tout cela. Ryo se tourna vers Harlock et lui sourit tristement. Il monta ensuite dans le tout-terrain du général Martin qui quitta les lieux précipitamment. Harlock savait que son ami allait au-devant d'une dure épreuve et compatissait profondément. Pour épargner des milliards de vies, il allait devoir capituler. Il poussa un long soupir triste puis s'en alla à son tour.
Il rentra directement à son château pour préparer ses affaires pour la rentrée des recrues car il savait que la vie n'allait pas tarder à reprendre son cours. L'imposante caravane destinée à escorter Ryo Kimura traversa la ville sans croiser beaucoup de véhicules. En approchant près de l'assemblée interstellaire, Ryo vit des milliers de personnes affluer vers ce lieu symbolique où la chute du régime du Consortium et de Gaia avait été proclamée. Ils regardèrent passer la voiture de Ryo et alors qu'ils approchaient de la place où se trouvait l'assemblée, il s'aperçut que l'espace disponible pour circuler s'amenuisait. Les gens envahissaient les rues. Sur leur visage, il y avait de la peur et sur certains même de la terreur.
- Tu vas au-devant d'une terrible épreuve, mon garçon, commenta tristement le général Martin.
- Je sais, mais je ne les abandonnerai pas. Ce ne sera que partie remise. On finira par les avoir tous ces salopards ! affirma Ryo.
- Je te le souhaite ! Et je compte bien tout mettre en œuvre pour que cela arrive un jour. Pour que ce rêve devienne une réalité, il faut que tu vives, Ryo, tout comme Harlock !
- Il refuse de partir, rappela Ryo, tristement.
- Je sais ! Qu'est-ce qu'il peut être obstiné, ce vieux pirate !
Alors qu'ils progressaient encore, le passage se fit de plus en plus étroit. La place était noire de monde. Tous les habitants avaient transités vers ce lieu symbolique et les véhicules ne pouvaient plus avancer. Ryo décida de descendre afin de finir le trajet à pied. Il vit, alors qu'il faisait face à ses compatriotes, que le cameraman de Cathy Malone et ceux des autres chaînes le filmaient. Ryo commença à avancer lentement. Les gens s'écartaient devant lui, contrits. Eux qui n'avaient eu de cesse de chanter les louanges des aristocrates, se rendaient compte qu'ils étaient tombés dans un terrible piège et que Ryo ne pouvait plus les sauver. Le chef du gouvernement traversa la place. Il y avait des femmes et des enfants. Il arriva près des escaliers qu'il grimpa avec un calme absolu. Malgré la tragique situation, il était parfaitement calme et serein. Von Kiel, qui observait toute la scène de loin dans immense vaisseau, fut admiratif du flegme du jeune homme. Le roi devait reconnaître que Ryo Kimura avait toujours su garder sa dignité face à toutes les épreuves. Le chef du gouvernement entra dans le bâtiment et fut accueilli par le visage grave du personnel et des membres de son gouvernement. Les soi-disant démocrates qui s'étaient ralliés aux aristocrates eurent la décence de rester chez eux. Ryo les salua d'un sourire triste mais digne et alla dans la salle des communications où il fut mis en relation avec le roi Von Kiel. Le roi ne vit aucune colère dans les yeux du jeune homme ce qui le surprit encore plus. Ryo semblait résigné à son sort.
- Votre Altesse, le salua Ryo d'une voix douce et calme.
- Monsieur Kimura, comme vous vous en doutez, je veux votre réponse, ordonna le roi.
- Ai-je droit à un délai de réflexion ? plaisanta Ryo.
Cette capacité à rire d'une situation tragique stupéfia le roi.
- Vous avez jusqu'au premier décembre si vous voulez, ragea le roi.
- Ça fait un peu court comme délai, sourit Ryo. Est-ce que vous me promettez que vous n'attaquerez pas les planètes sous régime démocratique si j'accepte ?
- Je tiens à éviter toute effusion de sang, soutint le roi. Je veux que vous me donniez votre réponse devant tout le monde, Kimura.
- Vous ne pouvez pas résister au plaisir d'une belle humiliation, n'est-ce pas ? se moqua Ryo. Si, en échange de la satisfaction de votre ego démesuré, je peux épargner des vies cela me va !
Le regard de Ryo devint dur et méprisant ce qui surprit le roi.
- Je vous conseille de vous montrer le plus servile possible, jeune homme. La passation de pouvoir peut se faire en douceur ou avec violence, cela dépendra de vous ! menaça Von Kiel.
- Je vous demande seulement d'éviter tout massacre et je partirai sans faire d'histoire, grinça Ryo. En échange de cela, le premier décembre, vous aurez le pouvoir mais je veux que vous me laissiez ce délai pour que la transition se fasse en douceur sans provoquer de panique inutile.
- Cela me va. Une chose, Kimura, je vous accorde le droit de partir en exil avec tous ceux de la Résistance.
- Pourquoi une telle générosité ? s'étonna Ryo.
- Peut-être que cela me permet au moins de rendre hommage à votre courage et à votre dignité.
- Dites-moi, Oscar de Péhant est d'accord avec cela ? ricana Ryo.
- Il n'a pas son mot à dire, je suis le roi et lui un de mes chevaliers, affirma Von Kiel. Il ne peut contester mes décisions.
- Que vous croyez, Von Kiel, se moqua Ryo. Je n'ai que faire de votre pitié ! Je vous demande d'éloigner les vaisseaux de guerre d'Amos après que je me serai exprimé devant la foule car leur présence continue risque de faire paniquer la population. Si je m'incline, ils ne sont plus nécessaires.
- Et si vous revenez sur votre parole.
- Je n'en ai qu'une, Von Kiel ! Si j'accepte, je ne reviendrai pas sur ma décision !
- Si cela peut vous rassurer, céda le roi.
- Merci !
Ryo coupa la communication. Il ferma les yeux et respira profondément. Il sortit plusieurs minutes plus tard et se rendit devant le parterre de micros et de caméras qui attendaient sa déclaration. Le cœur de Nynna se serra en voyant le visage grave de son mari et ses larmes se mirent à couler. Elle s'était installée sur le canapé du salon pour regarder la déclaration de son époux. Nann refusa d'assister à cela. L'humiliation publique qu'allait subir Kimura la rendait malade. Harlock, en entendant Nynna pleurer, posa sa main sur son épaule pour lui redonner courage. Kimura regarda l'ensemble des journalistes présents puis il fit sa déclaration.
- Comme vous le savez tous, les aristocrates viennent de déployer une flotte très importante constituée de huit cent trente bâtiments de guerre puissamment armés. Ils réclament le rattachement des planètes sous régime démocratique aux leurs et ils ont décidé d'installer un régime monarchique dans la galaxie. Nous ne pouvons pas faire face à une armée de cette importance, surtout que nous ne disposons pas de suffisamment de recrues car la plupart se sont ralliées aux aristocrates et ont quitté les bases militaires. Je suis donc dans l'obligation de céder à leurs exigences. La passation de pouvoir sera achevée au premier décembre de cette année. Celle-ci se fera sans violence. Le roi Von Kiel m'en a donné sa parole. De plus, les vaisseaux entourant notre planète vont s'éloigner. Le roi m'a affirmé que tout se ferait pacifiquement et je pense que c'est un homme de parole. Sur ce, je vous laisse car je dois préparer à présent la transition.
Une immense clameur s'était emparée de la foule lorsque celle-ci apprit la gravité de la situation. Ryo avait essayé plus d'une fois de les prévenir en bloquant des lois imposées par les aristocrates mais les habitants n'avaient pas vu que celui-ci faisait cela en espérant sauver le régime démocratique. La population avait cru et soutenu les aristocrates et maintenant ceux-ci faisaient main basse sur toute la galaxie. Les caméras des satellites envoyèrent des images aux chaînes de télévision montrant les vaisseaux en train de quitter la périphérie d'Amos. Von Kiel tenait parole.
Ryo commença dès le jour même à préparer le changement de pouvoir. Il invita Von Kiel à lui envoyer quelques émissaires pour commencer les négociations. Nynna eut du mal à calmer ses pleurs. Les jours suivants, le calme revint sur Amos et les autres planètes. Les gens reprirent leur vie mais étrangement tout était très calme dans les rues. Les gens sortaient peu, attendant la suite des événements avec anxiété. Von Kiel mit le prince de Turenne aux commandes de son armée puis quitta son vaisseau pour venir s'installer officiellement sur Amos avec toute sa cour. Oscar de Péhant retourna à son château pour organiser la fête d'Halloween. Il savait que Von Kiel avait décidé d'épargner Kimura et les Résistants en leur accordant l'exil mais il ne l'entendait pas de cette oreille. Le premier décembre serait le dernier jour de la vie de Ryo Kimura et de tous les Résistants.
Malgré le fait qu'elles savaient que le duc trouvait Ellie à son goût, les filles maintinrent leur plan car utiliser le penchant du duc serait beaucoup trop dangereux pour leur amie. La soirée d'Halloween arriva enfin et Ellie se prépara. Elle passa un porte-jarretelle et enfila des bas noirs. Elle mit ensuite la robe. Celle-ci était très longue, avec une petite traîne et pratiquement entièrement ouverte sur le devant ce qui permettait de bien voir les jambes de la jeune femme. Le bustier était découpé verticalement en deux parties. La première était faite d'un tissu rehaussé de cristaux blancs et la deuxième d'un fin laçage qui se rejoignait au centre du corsage permettant de voir la poitrine généreuse de la jeune femme. Le laçage s'éteignait en dessous des seins, le reste étant fait d'un élégant drapé. Ellie admira la coupe parfaite et Sandy siffla d'admiration. Ellie allait sûrement taper dans l'œil du duc surtout si elle se montrait aguicheuse. Ses longs cheveux châtains avaient été teints en noir pour la soirée et entièrement raidis. Il descendait bien en dessous des fesses qui, grâce au sport, étaient devenues très fermes. Ellie mit de la poudre de riz très blanche et mit sur ses lèvres un rouge à lèvre rouge passion qui donnait à ses lèvres un aspect un peu brillant. Elle maquilla ensuite ses yeux et demanda l'avis de ses amies qui lui répondirent par des signes positifs enjoués. Ellie prit le carton d'invitation falsifié et quitta le domicile, emmenée par une limousine conduite par Sandy et Ann prit le tout-terrain. Elle stationna non loin de la propriété en couverture.
La voiture d'Ellie se gara dans la propriété. Elle présenta son carton d'invitation en faisant des œillades aguicheuses à l'homme chargé de les contrôler. Le garde du corps déglutit avec difficulté en lorgnant dans le décolleté d'Ellie puis il déposa le carton dans la corbeille qui était sur la table d'entrée. Ellie entra dans la grande salle et son arrivée fit sensation. Le duc la remarqua d'entrée et l'observa sous toutes les coutures. Ellie avança exactement comme elle l'avait fait en imaginant Harlock et le duc l'accosta directement. Il lui proposa un rafraîchissement qu'elle accepta avec un sourire aguicheur.
- Comment vous appelez-vous, belle dame ? s'enquit-il doucement.
- C'est une soirée costumée, monsieur le duc, appelez-moi Morticia, minauda-t-elle en lui faisant une œillade coquine.
- Etes-vous venue seule, Morticia ?
- En effet.
Elle prit la cerise qui trempait dans son cocktail grâce au pic planté dans celle-ci et la décrocha délicatement du bout des lèvres puis elle l'avala d'une manière sensuelle. Pour le duc, la soirée s'annonçait très prometteuse. Sa douce épouse, qui avait horreur de la fête d'Halloween, s'était réfugiée chez son père, ce qui laissait au duc la possibilité de batifoler tout à loisir et cette possible compagne de jeu l'excitait beaucoup.
Harlock n'avait aucune envie de venir à ce genre de soirée mais il accepta de s'y rendre à la demande du duc. Il portait un costume très élégant, noir composé d'un pantalon qui mettait ses formes en valeur, d'une longue veste cintrée et d'une chemise blanche éclatante. Il fut très surpris d'entendre qu'une femme avait réussi à attirer l'attention du duc dès son arrivée. Harlock regarda vers le duc et vit la mystérieuse femme discuter avec lui. Elle n'était pas très grande. Il regarda les jambes longues et élégantes puis il remonta. Il vit les hanches très féminines sans pour autant être disgracieuses, la taille fine puis la poitrine opulente dont la pâleur était naturelle, d'un rose très clair. Cette silhouette lui faisait penser à la mère de ses jumeaux. Il regarda plus attentivement. Ellie tourna la tête et vit Harlock qui la regardait. Elle se tourna à nouveau vers le duc et se colla à lui. Celui-ci murmurait des mots doux à l'oreille de la jeune femme. Harlock reconnut le visage immédiatement, c'était bien Ellie. Son cœur s'emballa. Elle était magnifique, sensuelle comme jamais. Le duc s'excusa auprès d'elle et alla saluer Harlock.
- Tu as vu la femme, là-bas, c'est une bombe ! Je suis en train de la ferrer. Je sens que je vais passer une agréable nuit. Remarque, si tu veux, tu peux tenter ta chance. On verra qui elle choisira, proposa Oscar.
- Tu veux jouer au jeu de la séduction avec moi ? se moqua Harlock.
- Tu me parais bien sûr de toi, Hans. Je te parie ce que tu veux que c'est moi qui la sauterai en premier !
- Pari tenu ! soutint Harlock en souriant.
Il regarda du côté d'Ellie sans cesser de sourire. Celle-ci lui sourit à son tour.
- Si tu crois que je ne t'ai pas reconnue, ma belle, tu te leurres. Hors de question que ce sale pervers de duc effleure ta peau ! Tu es à moi, Ellie et aucun autre ne t'enlèvera à moi tant que je serai en vie ! se jura-t-il en pensée.
Oscar ricana et retourna auprès de sa proie. Ellie lui sourit sensuellement et le duc posa sa main sur sa taille. Harlock serra le poing. Il se doutait qu'Ellie était venue éliminer le duc et qu'elle était prête à coucher avec lui pour y parvenir. Ellie continua sa petite séduction avec le duc tout en regardant souvent du côté d'Harlock. Celui-ci tournait volontairement la tête pour qu'elle ne puisse voir sa colère mêlée de désir. Ellie lui faisait bouillir le sang et il se consumait à petit feu. Elle voulut s'assurer qu'Harlock ne l'avait pas reconnue et passa près de lui pour se rendre aux toilettes. Elle lui fit une œillade aguicheuse qui mit le feu aux poudres au niveau du capitaine. Malgré le désir brûlant qui incendiait son âme, le visage d'Harlock resta de marbre, ce qui fit qu'Ellie ne vit pas le brasier s'enflammer et pensa que le capitaine ne la trouvait pas à son goût. Au moins, elle pourrait accomplir sa mission sans craindre que le capitaine ne tente de la séduire pour la mettre dans son lit. Qui plus est, il semblait ne pas l'avoir reconnue ce qui lui permettrait d'accomplir sa tâche en toute sécurité. Il la regarda s'éloigner d'une manière sensuelle. Elle monta les escaliers et poursuivit sa route sans se rendre compte que le capitaine la suivait. Les toilettes devant se trouver au fond du couloir, Ellie passa la première chambre. Elle fut violemment saisie par la taille et jetée dans celle-ci. Son agresseur la plaqua contre le mur, lui tenant fermement les poignets au-dessus de sa tête grâce à une seule main. De l'autre, l'homme alluma la lumière et Ellie reconnut, surprise, le capitaine de l'Arcadia. Celui-ci la regardait d'une manière dont il ne l'avait jamais fait auparavant. Son regard paraissait brûlant et Ellie commençait à avoir peur. Harlock la regardait intensément. Le capitaine ne comprenait pas ce qui lui prenait, lui qui désirait plus que tout lui dire la vérité pour la récupérer, il se retrouvait à avoir envie de lui faire l'amour jusqu'à l'épuisement. Après tout, même s'il lui disait la vérité, elle ne le croirait jamais, il n'avait aucune preuve sur lui. En effet, par précaution, il n'avait pas de photos de ses enfants dans son portefeuille, il avait bien trop peur que le duc ne tombe dessus. Et cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas touché, qu'il ne l'avait pas aimé, il la désirait tant. Après tout, cette fameuse nuit d'Halloween pouvait être pour lui l'occasion de satisfaire quelques fantasmes. Le tout était de savoir si Ellie serait réceptive et ce, malgré l'influence des nanos. Il allait devoir y aller prudemment, Ellie devait avoir envie de le tuer et étrangement, cela attisait son désir encore plus. Si Ellie lui accordait cette nuit intense, il accepterait qu'elle le tue ensuite telle une mante-religieuse. Décidément, ses pulsions avaient pris le pouvoir dans son cerveau, son raisonnement était complètement faussé. Il était prêt à prendre tous les risques pour une nuit d'amour avec la femme de sa vie.
- T'en prendre au duc est une très mauvaise idée. C'est un pervers. Un bien trop gros morceau pour toi, tu peux me croire, gronda-t-il.
Il approcha ses lèvres des siennes et murmura :
- Tu croyais vraiment que j'allais le laisser te toucher !
Il bloqua les jambes d'Ellie avec ses genoux, prit le mouchoir qu'il avait dans sa poche et attacha les mains d'Ellie. Il la prit et la jeta sur le lit baldaquin. Il se plaça à cheval au-dessus d'elle et plaça ses mains au-dessus de sa tête.
- Hans, protesta Ellie.
- Je te conseille de te taire, il me serait facile de prévenir la sécurité et de te griller, alors tu as intérêt à être bien sage, menaça-t-il.
Le cœur d'Ellie battait la chamade. Elle sentit la main libre d'Harlock lui caresser les jambes et, en voyant son regard rempli de désir, elle se calma. Les deux ex-amants se regardèrent longuement et Ellie lui sourit avec malice.
- Ne me prends pas pour un con, Ellie ! se vexa Harlock. Tu vas m'accorder un câlin pour pouvoir me descendre, ensuite tu t'occuperas du duc, c'est-cela ?
- Tu m'as bien regardée, Hans ? Comment je ferais pour arriver à tuer un homme de ton gabarit ? plaisanta Ellie.
- Je suis sûr que tu as tout ce qu'il faut sur toi, susurra Harlock.
- Eh bien vas-y, cherche, l'invita-t-elle en lui lançant une œillade coquine.
Ellie avait décidé de jouer le jeu. Elle le sentait, Hans était brûlant de désir et elle était curieuse de voir le résultat. Elle avait réussi à l'allumer au-delà de toute espérance et elle était prête à en assumer les conséquences. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas goûté à sa peau et le fait qu'il ignorait qu'elle savait la vérité rendait la chose encore plus excitante. Sans compter que ce serait certainement la dernière fois de sa vie où elle pourrait s'unir à cet homme et elle comptait bien savourer chaque instant. Et puis, quel délice de goûter à l'amour de sa vie avant de s'occuper d'éliminer le duc. Au moment où elle subirait les avances de ce démon lubrique, elle n'aurait qu'à penser aux douces étreintes d'Harlock. Après tout, une fois qu'il serait rassasié, elle n'aurait qu'à s'éclipser et poursuivre sa mission. Harlock la souleva et la plaça correctement sur le lit. Il enleva brutalement la petite nappe d'une des tables de nuit en faisant valser la lampe de chevet qui se fracassa au sol. A la grande surprise d'Ellie, il attacha ses poignets à la tête de lit du baldaquin en fer et une fois, qu'elle fut bien bloquée, il approcha ses lèvres des siennes. Il déposa de légers et doux baisers mais aucun baiser passionné qui faisait chavirer Ellie. Ce fut la langue d'Ellie qui se glissa entre les lèvres du capitaine pour aller chercher la sienne. Une fois celle-ci trouvée, elle la caressa longtemps avec délice. Harlock s'obstinait à garder sa langue en retrait par précaution. Il se méfiait d'Ellie. Il savait que si elle voulait se venger, elle pourrait bien lui sectionner la langue avec les dents aussi préférait-il la garder sagement dans sa bouche que de l'aventurer dans celle de la jeune femme. Elle sourit et Harlock arrêta le baiser.
- Tu as peur Hans ? se moqua-t-elle. Toi qui embrasse si bien quel dommage que je ne puisse savourer un de ces baisers dont tu connais le secret.
- Si tu en veux un, ma belle, il va falloir venir le chercher, répliqua-t-il en souriant.
- Tu veux que je te supplie, susurra-t-elle en caressant de la jambe, une de celles du capitaine.
- Tu joues avec le feu, Ellie, menaça Harlock sur le point de succomber.
- Vraiment ? se moqua Ellie en riant.
- Maintenant que tu es là, je ne te laisserai pas partir tant que je n'aurai pas assouvi mes désirs, murmura-t-il.
- Vieille canaille, gloussa-t-elle. Tu crois que tu me fais peur ? Je suis sûre qu'après toi, j'aurai encore assez d'énergie pour le duc. Je ne vais faire qu'une bouchée de toi ! soutint-elle en souriant.
- Tu ne sais pas à quoi tu t'engages, ma belle, si je me laisse aller tu me supplieras d'arrêter, affirma-t-il d'une voix douce.
Ellie continua à sourire et lui lança une œillade coquine avec un air de défi. Harlock retira sa veste et sa chemise. Ellie se mordit la lèvre de désir. Elle enrageait. Comme ses mains étaient attachées, elle ne pouvait caresser ce torse superbe. Elle le dévorait des yeux. Harlock se pencha vers elle et commença à déposer des baisers passionnés dans son cou. Elle sentait la langue d'Harlock lui caresser la gorge et elle gémit de plaisir. Il était si doux. Lorsque l'épaule d'Harlock se trouvait assez près d'elle, elle se penchait pour la caresser avec la langue et la mordiller un peu. Elle rit en se disant qu'Harlock aussi allait se retrouver avec des traces de leurs étreintes, le lendemain. Elle avait eu la possibilité de lui faire plusieurs suçons sur l'épaule. Harlock, sentant la caresse de la langue d'Ellie, s'approcha pour qu'elle puisse la faire glisser sur sa gorge. Même s'il se prêtait à ce petit jeu coquin, il était sur ses gardes, prêt à s'éloigner au moindre geste suspect de la jeune femme. Ellie parcourut la gorge d'Harlock et en profita pour laisser sa marque. Harlock, en sentant cela, sourit. Il fit glisser sa main droite sur la jambe d'Ellie et remonta. Ellie la sentit glisser entre ses cuisses et remonter jusqu'à son intimité. Elle la sentie ensuite se faufiler dans sa petite culotte et commencer à caresser son mont de Vénus. Harlock était très habile de ses doigts et Ellie le savait, il ne lui faudrait pas longtemps pour la rendre ivre de désir. Mais étrangement, Harlock se montra plus entreprenant que d'habitude et elle atteignit l'extase très rapidement. Il l'entendit crier son plaisir et l'embrassa sur la gorge. Il avait décidé de la rendre folle de plaisir et de lui faire l'amour jusqu'à l'épuisement total. Il allait vérifier son endurance. Il retira la culotte de la jeune femme puis il se plaça entre ses cuisses. Ellie pouvait sentir l'instrument gonflé de désir d'Harlock à travers le pantalon et elle ne pouvait le caresser, ce qui commençait à la faire enrager. Apparemment, elle n'aurait pas le plaisir d'y toucher.
- Détache-moi, Hans, murmura–t-elle d'une voix suave, j'ai envie de te caresser.
- Hors de question, affirma Harlock avec un sourire en coin.
- Tu ne veux pas que je te fasse du bien ? Remarque, il n'est pas nécessaire que tu me détaches pour que je prenne soin de ton instrument, il suffit de le mettre à la portée de mes lèvres, proposa-t-elle d'une voix envoûtante.
Harlock fut tenté de céder l'espace d'une seconde puis se ravisa. Pour tenir de tels propos, il avait dû attiser la libido de la jeune femme à son paroxysme et celle-ci avait balayé temporairement son désir de vengeance et de meurtre. Par curiosité, Harlock regarda Ellie dans les yeux et les vit brûlant d'une passion violente. Il défit le laçage du bustier et glissa sa main à l'intérieur, torturant délicatement le mamelon gauche. Il sourit en entendant Ellie gémir. Il caressa de sa langue sa gorge et descendit jusqu'aux seins qu'il avait sortis du corsage. Sa langue arriva au mamelon durci par l'excitation et le caressa langoureusement avec la langue avant de le mordiller un peu. Ellie n'en pouvait plus, Hans prenait un malin plaisir à la rendre folle de désir et elle était à deux doigts de le supplier de la prendre. Elle le vit enfin défaire son pantalon et il se glissa doucement en elle. Il la regarda avec convoitise, Ellie le regarda avec concupiscence. Il commença à bouger. Ellie gémissait de plaisir sous les coups de rein experts du capitaine. Elle sentait ses sens s'enflammer. Décidément cet homme était une tentation à laquelle elle ne pouvait résister. Les mouvements d'Harlock s'accélérèrent et elle gémissait sous chaque coup de rein. Ceux-ci devenaient de plus en plus forts et rapides. Un cri de plaisir envahit la pièce et Ellie peinait à reprendre son souffle. Le capitaine, quant à lui, n'avait pas cessé le mouvement et elle fut emmenée au septième ciel plusieurs fois de suite.
Il la regarda alors qu'elle s'évertuait à reprendre son souffle et elle vit dans son œil la satisfaction de la victoire ainsi qu'un désir encore plus brûlant qu'auparavant. Il la détacha du lit mais ses poignets restèrent liés. Il les plaça à côté d'elle puis il la mit sur le côté et la prit à nouveau. Ellie n'en revenait pas, Hans ne fatiguait pas et son appétit ne faisait qu'augmenter. Il la mena à l'extase à nouveau et s'abandonna en elle. Ellie pensait qu'après cela, il serait un peu calmé mais il n'en fut rien. Il l'allongea en travers du lit, souleva la jambe droite de la jeune femme en la faisant reposer sur son épaule et entra à nouveau. Son instrument n'avait pas dégonflé et il était prêt à reprendre le combat. Ses mouvements passionnés firent hurler Ellie de plaisir et après un temps d'extases multiples, il s'abandonna à nouveau en elle. Ellie avait le souffle court. Hans approcha ses lèvres des siennes. Elle fit entrer sa langue gourmande dans la bouche d'Harlock qui se prêta volontiers à cette caresse voluptueuse. Tout en l'embrassant, il lui caressait les seins. Il se leva, la tira du lit et la poussa contre le mur. Il la souleva et la plaqua contre la paroi. Les jambes d'Ellie se placèrent autour de sa taille et il la prit à nouveau. Ellie n'en pouvait plus, elle le sentait. Ses orgasmes étaient de plus en plus fréquents et, par moment, elle se sentait partir. C'était tellement fort qu'elle perdait tout contrôle. Harlock était comme enragé, il se reposait au maximum que cinq minutes et il la prenait sans s'arrêter pendant une durée si longue qu'elle perdait la notion du temps. Alors qu'elle jouissait à nouveau, elle regarda la pendulette qui était sur le bureau, elle indiquait une heure du matin. Ce qui voulait dire que cela faisait déjà près de trois heures que le capitaine de l'Arcadia l'inondait de plaisir. Elle sentit le nectar de son amant se répandre en elle à nouveau et Harlock cessa de bouger. Il le sentait Ellie fatiguait mais comme elle tenait encore, il n'allait pas s'arrêter de sitôt. Pendant qu'il reprenait des forces, il marquait la gorge de la femme qu'il aimait de ses baisers passionnés.
Le duc ne voyant pas sa proie revenir s'inquiéta un peu et décida d'aller voir pourquoi elle ne redescendait pas. Arrivé dans le couloir, il entendit des gémissements et des cris d'extase. Il s'approcha de la porte de la première chambre puis il l'ouvrit doucement. Il fut ébahi en voyant le capitaine de l'Arcadia chevaucher furieusement la femme qu'il convoitait et celle-ci était plutôt demandeuse. Il resta à les observer un moment puis redescendit dans la salle de bal. Il ne l'aurait pas cru d'Harlock mais celui-ci était inépuisable au lit, ce qui était très surprenant car il n'avait jamais accepté de coucher avec Helena avant la nuit de noces. En plus, c'était tellement torride que cela l'avait troublé énormément.
Ellie et Harlock ne s'était pas aperçus de cette intrusion et le capitaine poursuivait sans relâche la satisfaction de ses appétits tout en satisfaisant ceux d'Ellie. Il finit par l'autoriser à s'asseoir dans le fauteuil pour qu'elle puisse reprendre son souffle. Elle n'était plus en état de combattre, aussi il la détacha. Ellie se massa les poignets en s'adossant contre le dossier du siège. Harlock patienta quelques minutes puis il se pencha vers Ellie.
- Prête à remettre ça, ma belle ? demanda-t-il d'une voix suave.
Ellie le regarda et vit son regard dans lequel couvait un feu loin d'être éteint. Il écarta les jambes de son amante puis il leva son bassin à hauteur du sien et Ellie dû s'appuyer sur les accoudoirs pour ne pas tomber. Elle se cramponna de toutes ses forces et Harlock la pénétra à nouveau. Elle comprenait mieux ce qu'il voulait dire par toute la nuit, ce n'était pas une plaisanterie. Il allait lui faire l'amour sans relâche jusqu'à l'épuisement total. En atteignant l'ivresse des sens, elle planta ses ongles dans la mousse des accoudoirs et son cri fut encore plus fort que les précédents. Harlock était aux anges, il l'aimait tellement qu'il aurait voulu que ces moments où leur deux corps communiaient ensemble durent éternellement. Il savait que c'était peut-être la dernière nuit où il pourrait être avec elle, avant qu'elle ne le tue. Peu lui importait, il en était presque à souhaiter qu'elle l'élimine pendant un de leur moment d'extase commune. Ellie le sentait, Hans se livrait totalement à elle, il n'avait plus aucune réserve et ces désirs brûlants avaient eu raison de ses inhibitions à elle. Chaque moment d'extase était une pure merveille et Ellie n'arrivait plus à se contenir. Elle se consumait sous les caresses et les coups de rein d'Harlock et elle ne souhaitait pas qu'il s'arrête. Elle se moquait de s'évanouir ou de mourir. Son cœur battait si fort sous l'effort qu'elle avait l'impression qu'il allait exploser. Elle tendit ses abdominaux au maximum et se redressa en lâchant les accoudoirs. Elle se colla à Harlock et commença à lui rendre coup de rein par coup de rein. Ils atteignirent l'extase en même temps puis Harlock la posa sur le lit, sa tête reposant sur le cœur de la jeune femme. Le cœur d'Ellie battait très vite et elle avait du mal à reprendre son souffle. Elle regarda la pendulette, il était quatre heures du matin. Elle devait se faire une raison, sa mission était un échec. Elle s'en moquait, ce n'était que partie remise mais cette nuit passée avec l'homme qu'elle aimait était plus importante que tout le reste. Harlock la plaça sur le lit et leurs ébats reprirent. Deux heures d'extases multiples plus tard, Harlock était épuisé. Ellie était elle aussi à bout de force. La tête de Hans reposant sur sa poitrine, sa main se mit à caresser la masse de cheveux bruns de son amour avec douceur. Toshiro n'avait pas perdu une miette de leurs ébats. Il était non seulement horriblement gêné mais aussi terriblement inquiet. Il n'arrivait pas à croire qu'Harlock ait pris un risque pareil. L'ordinateur s'était mis en alerte, prêt à contacter de toute urgence Ryo Kimura et la police ou les aristocrates pour empêcher Ellie d'éliminer le père de ses jumeaux. Il avait poussé les capteurs de la mini radio en forme de crâne au maximum mais il n'entendait presque plus rien à part deux respirations calmes. Il espérait que les deux amants s'étaient endormis.
- Si tu veux ma vie, Ellie, prends-la, je te la donne, murmura Harlock.
Celle-ci, surprise, ne répondit pas. Depuis qu'elle avait découvert la vérité, elle tenait plus que tout à protéger la vie de l'homme qu'elle aimait mais il était vrai que pour Harlock, elle devait toujours vouloir sa mort. Hans commençait à s'endormir en écoutant le cœur de la mère de ses jumeaux et une larme roula sur sa joue puis atterrit sur le corps de la jeune femme. Il l'avait trahi de la manière la plus horrible possible et il s'en voulait. Il avait couché avec Isabelle et Ellie ne manquerait pas de l'apprendre. Nynna avait raison, il n'aurait jamais dû agir ainsi. Il ne comprenait pas la douceur dont faisait preuve Ellie à son égard. Elle devrait le haïr alors pourquoi lui caressait-elle les cheveux avec tant de tendresse, comme lors de leur retour à bord de l'Arcadia ? Son œil valide s'ouvrit brusquement et il se redressa. Son regard se planta dans celui d'Ellie et il n'y vit que de l'amour. Il ne restait plus rien de la haine qu'il avait pu constater sur les différentes vidéos de la police.
- Ellie ? paniqua Harlock.
- Il faut que tu dormes, mon amour, affirma-t-elle en lui caressant la joue.
Elle activa sa bague et un léger gaz soporifique pénétra dans le nez du capitaine et le drogua presque instantanément. Harlock sentit le sommeil l'envahir. L'accélération de son rythme cardiaque favorisa la propagation de la drogue et son endormissement. Hans tenta de s'éloigner d'Ellie et roula sur le lit. Celle-ci se releva et regarda vers Hans. Il s'était finalement endormi. Elle l'allongea correctement puis lui mit une couverture. Le soleil n'allait pas tarder à se lever, elle devait faire vite. Elle déposa un baiser sur le front du père de ses jumeaux puis elle se rhabilla. L'ordinateur, en entendant les derniers propos d'Ellie, contacta Ryo de toute urgence en lui envoyant un message écrit qui parut à l'informaticien à moitié endormi des plus énigmatiques
- Ellie est au courant de tout ! Il faut l'empêcher de partir !
- Ne fais pas ça Ellie ! hurla Toshiro à travers la mini-radio. Ne t'en vas pas ! Ne le laisse pas !
Ellie s'approcha de la mini-radio et la saisit.
- Vous êtes trop bruyant, Toshiro, vous allez finir par attirer des indésirables.
- Je t'en prie, Ellie reste avec lui ! supplia l'ami d'Harlock.
- Je suis une fugitive, Toshiro, et Hans s'est infiltré chez les aristos. Si je reste avec lui, il sera en danger.
- Depuis quand sais-tu la vérité ? s'enquit l'ordinateur.
- Depuis qu'il est sorti de l'hôpital, avoua Ellie. Je l'ai suivi alors qu'il allait rendre une petite visite à nos jumeaux.
Elle enfila ses escarpins.
- Je vais devoir vous laisser, Toshiro. Maintenant, faites silence ! ordonna-t-elle en coupant l'appareil.
Elle récupéra une feuille et un stylo et écrivit un dernier message à l'homme qu'elle aimait.
« Mon amour, je te confie la vie de nos enfants, veille bien sur eux. Fais très attention à toi. Je n'aime pas l'idée que tu aies choisi de t'infiltrer auprès des aristocrates. Je sais que tu l'as fait dans le but d'empêcher que tout le travail de la Résistance soit anéanti mais comme tu peux le constater, il ne reste plus beaucoup d'espoir. Je ne veux plus que tu te retrouves mêlé à tout ceci. Je vais faire le maximum pour les arrêter. Il faut que tu restes en vie pour nos enfants. Adieu, mon ange. »
Elle plia la lettre et la glissa à l'intérieur de la veste du capitaine. Elle agrafa la mini-radio à sa place habituelle puis elle alla sur le balcon. Elle referma soigneusement la porte-fenêtre puis elle descendit du premier étage grâce à une descente de gouttière. Elle se glissa discrètement hors de la propriété puis rejoignit Ann à l'endroit où était stationnée la camionnette. A peine fut elle à l'intérieure qu'Ann démarra en trombe.
- Je suis désolée, j'ai échoué, avoua Ellie, contrite.
- C'est vrai que, vu comment tu t'es amusé avec ton capitaine chéri, tu ne risquais pas de penser au duc.
- Comment sais-tu que…
- Il y a des micros dans les boucles d'oreille. Ne me regarde pas comme ça ! s'excusa Ann devant le visage scandalisé de son amie. C'était au cas où les aristos te coinceraient et pour s'assurer que le duc ne te ferait pas de mal.
- Tu as tout entendu ! s'exclama Ellie, scandalisée.
- J'étais aux premières loges, désolée.
- Je suis morte de honte, rougit Ellie.
- il n'y a pas de quoi, je t'assure, j'ai tout de suite coupé quand j'ai compris que tu allais passer la nuit avec le capitaine.
- Vraiment ? ricana Ellie.
- Ben oui, je savais que, comme il t'avait reconnue, il n'allait pas te laisser filer comme ça. Tu ne te rappelles pas, ma chérie, dans la vidéo ? Toute la nuit et dans toutes les positions. Il y était presque, le beau capitaine, le soleil commence à se lever.
- Je sens que Sandy va bien rigoler, soupira Ellie.
- C'est mignon, Ellie, vous êtes amoureux fou ! la consola Ann »
Les deux femmes prirent la route de leur maison ne se doutant pas qu'Ellie aurait à nouveau le cœur brisé et ce, lorsqu'elle rencontrerait à nouveau Isabelle Von Kiel.
