Bonsoir mes p'tits poulets, c'est l'heure de poster le nouveau chapitre !
AVERTISSEMENT : LA MAJEURE PARTIE DE CE CHAPITRE EST COMPOSE D'UNE SCENE QUI NE PEUT PAS ETRE LUE PAR TOUT LE MONDE. IL S'AGIT D'UNE SCENE CHOQUANTE (NON SEXUELLE). JE PREVIENS JUSTE LES MINEURS OU MEME LES PERSONNES QUI NE VOUDRAIENT PAS LIRE DE DESCENDRE LE CURSEUR DIRECTEMENT A LA FIN.
Lots of love !
PS : Le titre est tiré de la chanson de Saez, Jeunesse lève-toi.
Merci à Ezra Robin : J'espère que la suite est à la hauteur de tes attentes ! :)
Merci à Brenda : Je suis RAVIE de tes réactions ! Ca me fait super plaisir ! Mais s'il te plaît ne meurs pas :p Et non Harry ne pouvait pas y aller lui même, où aurait été le fun ? ;) Sirius n'est pas encore à la fin de sa vie, mais oui ça approche. Nous sommes en avril, il meurt en juin. Allez enjoy ! :) Et encore merci ! Besos !
Chapitre 35 : L'âme aux creux des reins, faut aiguiser la lame.
« Je t'attendais. »
Je me retournai brusquement, mon cœur ratant un battement et me figeai en découvrant la chevelure folle de la femme qui me faisait face.
Je ne l'avais jamais vue de ma vie mais elle apparemment savait qui j'étais et ce que je venais faire ici.
Elle s'avança dangereusement vers moi, avec une démarche de prédatrice, roulant des hanches en caressant sa baguette magique tordue.
« Oh bien sûr, susurra-t-elle, je ne savais pas que ce serait toi. Je n'ai jamais eu le plaisir de te rencontrer. Et pourtant tu portes mon nom, Selena Whiteraven-Black. C'est Cissy qui m'a parlé de toi, la ravissante petite-amie de son neveu. Mais comment pouvait-elle se douter que tu étais celle qui s'était faufilée dans le Manoir et qui avait espionné les activités de ce très cher Lucius. »
Sa voix était trainante et malgré ses sourires, je savais que cela cachait une cruauté à venir. Elle comptait bel et bien dévorer sa proie. Et cette victime, c'était moi. Malheureusement, je ne voyais aucune échappatoire.
De son côté, elle continuait toujours à m'expliquer comment elle m'avait reconnue.
« Elle a une confiance entière en ma personne, ma douce sœur, et j'aurais pu lui faire part de mes soupçons immédiatement mais tu vois Selena, je ne suis pas une personne très partageuse. Déjà petite, je n'aimais pas prêter mes jouets. Même pas à elle. »
Elle s'excusa de son péché tout en continuant de triturer sa baguette.
« Mais si j'ai une qualité c'est bien mon habilité à remarquer chaque petit détail, même s'ils sont insignifiants. Je suis une perfectionniste. Quand je me suis évadée d'Azkaban, j'ai laissé mon époux rentrer seul à notre Manoir, j'ai préféré retrouver ma sœur. Elle m'a offert une chambre et figure toi que j'y ai senti un parfum que je ne connaissais pas. Les tentures étaient imprégnées d'un mélange de vanille et fleur d'oranger. Pas le genre de fragrance chaude que nous portons nous les Sang-pur. Alors j'ai mené mon enquête et j'ai découvert que quelques jours auparavant Hypérion avait demandé aux Elfes de nettoyer les draps. C'est là que j'ai mis un nom sur le parfum. Ton nom. Alors imagine ma surprise quand j'entre dans le bureau de mon beau-frère une nuit et que je sens de nouveau ton odeur. Si fraiche, si identifiable. J'ai compris que je t'avais manquée de peu et cela m'a mise en colère Selena. Je n'aime pas l'échec. Alors je t'ai attendue patiemment, soir après soir. Pendant des semaines, des mois. Et tu es finalement venue. Je t'ai enfin sous les yeux. C'est vrai que tu es ravissante ! Et crois-moi quand je te dis que cela me désole de devoir abîmer un si joli minois. Mais je n'ai pas le choix. Personne ne met en péril les plans de mon adoré maître, personne Selena. »
Elle conclut sa tirade parce une caresse du bout de la baguette sur ma joue. J'étais paralysée. Le terme terreur ne suffisait plus à exprimer comment je me sentais. J'allais souffrir. J'allais connaitre une telle douleur, alors que j'avais terriblement peur d'elle et que j'avais toujours tout fait pour l'éviter. Avant cette année. Avant Hypérion. Avant Sirius.
« Rien ne sert de crier. » me murmura-t-elle à l'oreille avec délectation.
Et sur ce, elle m'attrapa par le bras, plantant ses ongles profondément dans ma peau, et transplana avec moi. Nous réapparûmes dans ce que je supposais être des cachots. Elle me poussa et pour la deuxième fois de la soirée je me retrouvais à terre. Je ne savais pas devant qui cette position était la plus embarrassante. Disons que j'étais tellement anesthésiée par l'épouvante que j'avais oubliée toute honte d'être sur le derrière.
Elle fit tourner sa baguette dans l'air sans dire un mot puis m'expliqua son geste. Ce n'était pas tant qu'elle se sentait obligée de le faire, mais cela l'amusait de me terrifier toujours plus et de me faire comprendre que ce qui allait se dérouler allait être douloureux, très douloureux.
« Je ne voudrais pas réveiller ma sœur chérie. Quand à Lucius… je préfère qu'il ne s'en mêle pas. C'est entre toi et moi ma chère Selena. »
Cette femme était sacrément atteinte. En la regardant, figée par la peur, j'essayais de visualiser le visage de Sirius et de le comparer avec le sien. Ils étaient supposés être cousins, ils devaient bien avoir des traits communs. Mais à côté de l'élégance de mon père, la brune ressemblait à une véritable cinglée. Son corps et son visage étaient décharnés et les seules reliques de sa défunte apparence impériale semblaient être ses lèvres maquillées de pourpre. Ses yeux eux étaient vides. Vides d'humanité, de tout bon sentiment. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. A peine plus consistante que le Baron sanglant. Mais ce soir ce n'était pas lui qui allait me torturer.
Elle se releva, pour finalement s'accroupir de nouveau devant moi alors que je m'étais recroquevillée au fond de la cave. Elle leva mon menton à l'aide de l'un de ses longs ongles vernis de noirs.
« Prend tes aises ma chère, nous allons en avoir pour des heures. »
J'avais beau être au comble de la terreur, je réussis à rassembler le peu de courage qu'il me restait.
« Que voulez-vous de moi ? Je n'ai rien à vous apprendre de plus. Vous savez déjà pourquoi j'étais là. Vous savez qui sont mes parents.
- Oh ça oui, dit-elle en éclatant d'un rire strident. Nous vous avons cherchées si longtemps, toi et ta putain de mère. Mais je dois admettre qu'elle est plutôt douée, pas que cela m'étonne, elle était à Serpentard après tout… Elle vous a cachées pendant de longues années, alors devine ma surprise quand mon mari m'a appris qu'elle était revenue en Angleterre, avec toi qui plus est. Je n'ai pas voulu croire qu'elle puisse prendre un tel risque. Elle est toujours à la fois recherchée par le Ministère et par nous. Je suppose qu'elle n'a toujours pas retrouvée la raison depuis le temps. Quel dommage, elle avait un avenir si prometteur. Elle possédait de la classe, du pouvoir, un nom, de l'intelligence et de la beauté. Mais il a fallu qu'elle s'entiche du traître qui me sert de cousin ! Quelle erreur ! Et cerise sur la tarte à la mélasse, qu'elle lui fasse un gosse ! »
Elle se balançait sur la pointe de ses pieds, comme si elle dansait une valse dans sa tête. Elle avait l'air infiniment ravie d'être là. Ce qui était loin d'être mon cas.
« En tous cas, conclut-elle, j'accorde peu d'importance à ce que tu faisais dans le bureau de mon beau-frère. Car tu ne sortiras pas en état de raconter quoi que ce soit à quiconque, supposé même que tu retrouves un jour tes petits copains de votre ridicule armée. Oui, Drago m'a tout raconté et cela m'a fait bien rire, comme tu peux l'imaginer. Quelle idée ridicule ! Avez-vous sérieusement cru qu'une bande de mioches allait défaire le grand et puissant Lord des Ténèbres ! »
Apparemment cela la faisait toujours autant rire et je baissai la tête. Moi non plus je n'y avais jamais cru. Alors pourquoi y avais-je participé ? Parce que j'avais besoin d'agir, même si c'était en vain. Et que le principal but était de contrer Ombrage, pas Voldemort.
« Trêve de bavardages ! »
Son souffle effleura mon visage et sans surprise me glaça les os. On y était. Pas d'issue. J'étais coincée entre elle et le mur et j'ignorais même où était passée ma baguette. La bague d'Hypérion était toujours sur mon doigt et je m'y raccrochai.
Elle s'éloigna de moi, pencha la tête en faisant passer l'extrémité de sa baguette sur sa bouche puis sans que je m'y attende lança le premier sort. Le jet de lumière rouge traversa l'air pour foncer droit sur moi mais à quelques centimètres de ma peau, alors que je m'attendais à crier et à m'arquer sous la douleur, le doloris fut comme absorbé.
« Endoloris ! » s'écria-t-elle de nouveau, furieuse.
Elle ne comprenait manifestement pas ce qu'il se passait et je devais avouer que moi non plus j'ignorais la raison de ses échecs. Elle tenta de nouveau de me jeter des sorts et après une série de Diffindo vains et poussa un cri de frustration.
J'ai cru que c'était fini mais tout d'un coup ses yeux s'écarquillèrent et elle prononça exaltée :
« Je n'ai pas l'habitude de voler les sorts des autres, mais tu commences à me fatiguer… Sectumsempra ! »
Je ne connaissais pas ce maléfice mais elle semblait excédée et manifestement il devait être son dernier recours. Pourtant de nouveau, la lumière bleue fut absorbée par une sorte de trou noir, disparaissant dans le néant avant même de me toucher.
Je vis les mains de la Mangemort se serrer si fort que les articulations de ses doigts devinrent blanches tandis que ses yeux devaient être encore plus noirs qu'ils ne l'étaient auparavant. Elle se précipita sur moi et me tira pour me relever puis m'étrangla tout en me plaquant contre le mur. Elle inspecta mon corps, arrachant ma cape au passage. Son regard hystérique parcourut mon cou, ma gorge puis descendit le long de mes bras. Elle cherchait frénétiquement ce qui pouvait bien empêcher la magie d'opérer et enfin ses pupilles délirantes tombèrent sur la chevalière des Malefoy.
« Espèce de petite traînée ! » me cracha-t-elle au visage.
Ce n'était pas agréable de me faire insultée pour la deuxième fois de la soirée mais en pensant au premier qui l'avait fait, un sourire éclot sur mon visage. Sans le vouloir il m'avait protégée, et quoi qu'il ait pu dire plus tôt, à cet instant précis, je le bénissais de tout mon cœur. J'aurais été prête à embrasser ses pieds pour lui montrer ma gratitude. Ou peut-être pas non plus.
Bellatrix tenta de m'arracher la bague mais comme me l'avait précisé Hypérion des mois plus tôt, seulement la personne qui la portait était en mesure de s'en séparer. Mais cette connaissance ne sembla pas dissuader l'aliénée qui tirait comme une forcenée sur mon doigt. J'eus peur qu'elle n'arrive à ses fins en m'arrachant carrément la phalange entière. Mais au moment où la douleur s'accentuait et que je retins un gémissement de souffrance, Lestrange fut propulsée à l'autre bout de la pièce et son dos cogna violemment le mur. La collision fut brutale et ses os craquèrent sous le choc. Si je n'étais pas encore tout à fait persuadée de sa folie, je le fus enfin quand elle rampa de nouveau vers moi, se relevant en réprimant un geignement. Elle n'avait donc aucune limite. Même presque morte, elle continuerait à vouloir se venger et à souhaiter le mal.
« Ce n'est pas grave. Je ne peux pas utiliser la magie, mais une Mangemort comme moi possède bien d'autres ressources. »
Elle s'accroupit brusquement et appuya sur le bord d'une des dalles qui se renversa et ouvrit une cachette dans le sol.
« Lucius a ses petits secrets dissimulés sous le parquet du salon, j'ai les miens ici. Rodolphus n'est pas un amateur de ce genre de choses, il n'aime guère que je garde ces objets dans notre Manoir. Et comme de toutes manières nous n'avons pas de cachots… C'est bien malheureux, tu sais parfois pendant de longues journées chargées d'ennui, il me plairait de passer le temps en m'occupant d'un ou deux Sang-de-bourbe. »
Elle fit une moue déçue pendant un instant puis, toute tristesse et souffrance oubliées et sourit de nouveau et s'interrogea tout haut d'une voix réjouie.
« Par quoi vais-je bien pouvoir commencer ? »
Elle sortit un étui de la trappe et s'avança vers moi. Moi qui pensais que le mal était passé, je me trompais lourdement. Cela ne faisait que commencer.
« Les Moldus sont des animaux, des êtres révulsants, assoiffés de pouvoir et de sang. C'est pourquoi leurs instruments sont si intéressants. Malheureusement les Moldus sont faibles et dépossédés de toute magie. Tu ne vois pas où je veux en venir n'est-ce pas ? »
Comme si j'allais répondre ! Mais elle attendait apparemment une réponse de ma part et me foudroya du regard alors que je me taisais.
« Non, finis-je par murmurer, tremblante d'appréhension.
- Tu ne peux pas imaginer le plaisir que je tire en sentant la peau se découper sous mes doigts, quand la lame glisse gracieusement sur la chair et que l'odeur métallique du sang commence à embaumer l'air. Mais pense à ma déception lorsque c'est fini ! Quelle tristesse d'éprouver une joie si courte ! C'est pourquoi la magie est là pour me permettre de prolonger ce moment ! »
Son rire diabolique résonna dans les cachots et je tentai de fuir. Me relevant à toute vitesse, je m'élançais vers les escaliers que j'avais scrutés depuis quelques minutes mais un Petrificus totalus s'éleva dans l'air et je tombai brutalement à terre, la tête la première. Elle me traîna par les pieds, râpant la peau de mon front sur le sol dur et irrégulier. Elle me fit alors léviter et me dirigea vers des chaînes rouillées. Elle m'attacha les poignets et les chevilles puis relâcha mon corps de l'emprise du sort.
« Je veux que tu puisses t'exprimer à ta guise, crie autant que tu le souhaites, rien ne me ferait autant plaisir et je veux voir ton corps se tortiller, se mouvoir sous l'intolérable supplice que je vais te faire subir. »
Elle était sans nul doute la plus hallucinée des personnes que j'avais pu croiser dans ma vie. Même Trelawney et Luna Lovegood réunies ne lui arrivaient pas à la cheville niveau loufoquerie. C'était une névrosée, une malade ! Et j'étais sa victime. J'avais envie de crier et de pleurer en même temps mais tout ce que j'arrivais à faire, c'était la contempler alors qu'elle se demandait quelle partie de mon corps elle allait sectionner.
Elle tournoyait autour de moi comme un vautour autour de la carcasse de l'animal qu'il allait dévorer. Jouant avec son poignard qu'elle venait de sortir de son étui, elle souriait sataniquement. Elle arrêta sa danse macabre et se posta derrière moi. Puis soudainement elle saisit le haut de mon uniforme et le trancha de haut en bas d'un seul geste, si bien que la seconde suivante je me retrouvais en sous-vêtements. Je pouvais sentir sa respiration entre mes omoplates et alors que je pensais ne pas encore avoir perdu toute ma dignité, elle coupa les bretelles de mon soutien-gorge puis déchira ma petite culotte.
Je déglutis difficilement tandis qu'elle scrutait mon anatomie sans une once de honte ou de pudeur.
« Je peux voir comment Hypérion est tombé dans tes filets du diable. »
Me traitait-elle de pute ? S'en était assez ! Je ne supportais plus les insultes !
« Espèce d'illuminée ! » m'écriais-je enragée.
Mais ma tentative de révolte fut de courte durée car elle me fit taire en tailler ma peau, suivant la courbe de ma côte gauche.
« C'est ça petite Black, sors tes griffes. » susurra-t-elle.
Elle me provoquait. Elle cherchait mes réactions. Mais je n'allais pas lui faire plaisir de jouer au chat et à la souris.
« J'aurais pu t'apprécier Selena, c'est dommage. Mais c'est la vie ! »
Et sans avertissement elle planta de nouveau la lame dans ma chair, cette fois-ci fendant mon ventre. L'air humide s'infiltra dans la blessure et piqua. La coupure avait été si rapide que je ne l'avais pratiquement sentie et je me sentie soulagée. Elle était tant impatiente que la torture n'était pas lancinante, ce que je redoutais le plus. Mais comme si elle avait entendu mes pensées, elle étira les lèves sardoniquement. Morgane, pourquoi n'avais-je pas pensé à fermer mon esprit !
Elle se colla à moi et je me demandai si je ne la dégoûtais pas, moi la Traître-à-mon-sang. Mais elle fit cesser mes délibérations en déposant le bout du poignard sur mon sein. La froid du métal fit instinctivement réagir mon téton qui se tendit immédiatement et je me mordais la lèvre inférieure d'épouvante. Elle n'allait tout de même pas… ? Mais avant que je n'ai pu finir ma phrase, elle descendit la lame en exerçant une pression. La dague pénétra ma peau et coupa mon sein en deux. L'affliction était telle que mes dents rentrèrent ma lèvre et que le sang inonda ma bouche. Je ne devais pas crier, surtout pas.
« Oh je vois que tu apprécies cela. Que dirais-tu de recommencer ? «
Elle agita sa baguette d'une rotation de poignet et les deux parties séparées de mon sein ne firent plus qu'une. Alors elle recommença. Une deuxième fois. Une troisième fois. La quatrième fut la bonne. Exténuée de retenir mes cris de peine, j'ouvrais les vannes et ma plainte fut longue et stridente.
Elle sembla comblée par ma douleur et poussa un soupir de contentement. Mais c'était loin d'être fini. Je compris dans son regard que qu'elle était loin d'être repue et cela n'était que la mise en bouche. Elle rangea le poignard dans son étui et fit glisser le tout dans sa poitrine, le calant dans son corsage.
« Quand j'étais petite Mère nous apprenait à coudre, à Andromeda, Narcissa et moi. Il est clair que Cissy était la plus douée. Andromeda était bien trop dissipée pour tenir en place des heures durant et moi je préférais me planter l'aiguille dans la peau pour voir là où ça faisait mal et pour savoir supporter la douleur. Seule notre sœur restait bien sage à perfectionner ses coutures que Mère applaudissaient. Elle avait abandonné l'idée de faire d'Andromeda une parfaite couturière et moi elle m'attachait les mains pendant des jours parfois pour que je cesse d'enlaidir mon corps. Qui voudrait de moi si ma peau était recouverte d'ecchymoses, de croutes et de griffures ? Mais ces années d'atelier couture m'ont permis d'apprendre deux trois petites choses, comme par exemple les endroits les plus sensibles du corps humain. Il y a donc la poitrine comme tu viens de le remarquer, mais également les doigts. »
Elle sembla me montrer quelque chose entre ses doigts et je dû plisser les yeux pour voir de quoi il s'agissait. Une aiguille. Soudainement la panique agita mon corps et je me mis à battre des poings et des pieds dans l'air. Mais les chaînes étaient solidement attachées et l'attitude détendue de l'illuminée en face de moi me fit comprendre que je n'allais aller nulle part. J'étais à elle.
La frayeur obscurcissait ma vue et je ne pus distinguer que son immense sourire s'approcher de moi. Je renversais ma tête en arrière. Je ne voulais pas voir ce qu'il allait se passer. J'aurais déjà suffisamment à le subir. Je sentis seulement son souffle sur ma poitrine nue qui glissa ensuite sur mes clavicules, mon cou, mon menton, ma bouche, mon nez, alors qu'elle s'élevait dans l'air pour être à la hauteur de mes mains. J'avais fermé les yeux et je serais mes dents, attendant la souffrance.
Et elle arriva. Cruellement elle enfonça l'aiguille sous l'ongle de mon majeur et je ne pus retenir mon hurlement. La douleur était inhumaine. Comment pouvait-on supporter une telle chose ? L'aiguille provoquait un élancement dans mon corps entier. Je ne voulais qu'une chose, que cela s'arrête. Mais elle était encore profondément enfoncée dans mon doigt et il n'y avait rien que je ne puisse faire. Ma gorge me brûlait alors que je braillais encore et toujours. Les pleurs survinrent alors que le désespoir m'envahissait. Je m'étouffais la tête en arrière et j'avais du mal à déglutir.
« Arr…Arrêtez…
- Comment on dit ? » me nargua-t-elle.
J'aurais bien aimé lui cracher au visage mais la torture était telle que je ne pensais qu'à la supplier.
« Je…vous en prie… » arrivais-je difficilement à prononcer.
Elle retira si brusquement l'aiguille que je retins un gémissement mais la replanta aussitôt dans mon index et mon calvaire reprit de plus belle. Je me fichais de ne pas paraître courageuse, mon cri emplit de nouveau l'air. Bizarrement, malgré la certitude que ce son provenait de mon être, il paraissait étranger à mes oreilles. C'était comme si une autre que moi criait mon agonie. Les larmes coulaient sur mes tempes et disparaissaient dans mes cheveux sans que je puisse les arrêter. Etait-ce ma voix qui s'exténuait sans sembler s'amenuiser ?
Bellatrix dut en avoir assez car elle retira l'aiguille de l'intérieur de mon doigt. Je n'avais plus conscience du temps qui passait. Les minutes de torture avaient semblé durer des heures et mon souffle était court. Je me laissais aller, attachée aux fers, cessant de porter mon poids. Mes mains qui s'étaient crispées sous la douleur se relâchèrent, mes jambes plièrent sous la fatigue, ma tête bascula de nouveau en avant, mes cheveux m'empêchant de voir quoique ce soit.
« Oh non ma belle, pas déjà ! » se plaignit la sorcière.
Elle emprisonna mes boucles dans sa poigne et les tira en arrière, inclinant mon visage pour que je la voie.
« Je te croyais plus résistante ! Me cracha-t-elle. Mais il faut croire que tu n'as rien hérité de ton père. Tu es faible ! Une pathétique petite traîtresse qui croyait pouvoir me duper, moi Bellatrix Lestrange, favorite de mon Maître ! Tu n'es qu'une gamine ignorante que ton père a préféré abandonner ! »
A ces mots, mon cœur fit un bond dans ma poitrine et ce qu'il me restait de fierté me donna la force de lui cracher au visage. Ma salive atterrit sur ses yeux qui se fermèrent immédiatement et folle de rage elle sortit de nouveau la dague et enfonça le bout dans l'intérieur de ma cuisse.
« Sale petite garce ! s'écria-t-elle en remontant la lame jusqu'à mes parties génitales.
Le sang s'écoula abondamment et je crus que j'allais me vider sur place de ce qui me permettait de vivre. Elle repassa le poignard dans la blessure, lentement, en prenant soin de me faire souffrir. Un bruit aigu sortit d'entre mes lèvres alors que la douleur lancinante me tiraillait. J'avais l'impression de perdre toute humanité. Ma respiration ressemblait plus à un jappement animal qu'autre chose.
Elle retire l'arme et l'approcha de son visage si bien qu'une seconde je crus qu'elle comptait lécher mon sang. Mais elle se contenta de la ranger soigneusement après l'avoir essuyée sur sa longue jupe de velours noir.
« Tu sais ce que j'ai appris de toi ? »
Je n'avais aucune envie de lui donner le plaisir de lui avouer mon ignorance mais je n'allais pas tenter le diable. Ou plutôt la diablesse.
« Non, murmurais-je.
- Pardon ? Je n'ai pas très bien entendu.
- Non, répétais-je plus fort.
- Cela ne m'étonne pas ! Je vais te le dire. Selon Drago, tu aimes fumer ces petites choses que les Moldus appellent cigarettes, et bien à mon plus grand malheur, je n'ai aucune de ces choses en ma possession ! Mais comme tu peux le constater je semble loin d'être dépitée car vois tu, Lucius est l'heureux propriétaire d'une boîte de cigares très réputés. Je suis sûre qu'il ne m'en voudra pas d'en faire un usage tout à fait digne. »
Elle fit apparaître la fameuse boîte dans ses paumes de mains et l'ouvrit. Elle en sortit un et le coffret reparti aussi vite qu'il était venu. Du bout de sa baguette, elle l'alluma à l'aide d'un Incendio et fit le tour de mon corps suspendu dans l'air, vulnérable comme jamais. Je pus sentir son souffle rencontrer mon dos puis ma nuque. Sa respiration se faisait de plus en plus chaud et c'est ainsi que je compris qu'elle se rapprochait dangereusement de moi. Bientôt je pus discerner entièrement sa proximité quand sa poitrine vint se coller à mes omoplates et qu'elle me chanta à l'oreille :
« Je ne voudrais pas que tu te vides de ton sang, pas si vite ! Je te connais encore si peu ! »
Je devinais sa main qui se glissait entre mes cuisses et un frisson d'horreur me traversa. Mais bientôt ce ne fut plus ma préoccupation principale car elle écrasa le cigare allumé sur ma plaie béante. Je m'époumonais jusqu'à que l'air quitte entièrement mon corps. La brûlure était insoutenable. Je me débattis de nouveau, toujours en vain car les chaînes me tenaient fermement. Mes poignets, à force de tirer dessus, devenaient rouges et ma peau devenait de la charpie. Mais la douleur devenait secondaire. Il fallait que je m'enfuie !
La cendre chaude descendit sur ma blessure et mon cri partit dans les aigus. Je commençais à pleurer. Je ne pouvais plus le supporter. Mes jambes s'agitaient toujours, tentant de se libérer de l'emprise de Lestrange mais ma détermination s'affaiblissait. Mes dernières consistaient à endurer la douleur sans m'évanouir. Peut-être devrais-je laisser tomber ? Ce serait sûrement plus facile… Bien sûr je ne pouvais pas savoir si j'allais éventuellement me réveiller mais quelle importance ? Egoïstement je préférais en finir maintenant que de continuer à souffrir ainsi.
« Tuez-moi. » implorais-je faiblement la femme qui se trouvait derrière moi.
Son rire strident s'éleva dans la pièce silencieuse et se mit à résonner sur les murs humides. L'éclat clairement moqueur des premières secondes se transforma rapidement en un fou rire qu'elle ne put contrôler et qui devint machiavélique.
« Tu es tout aussi ridicule que ton père ! » s'amusa-t-elle en se postant de nouveau devant moi.
Elle releva ma tête penchée en avant d'un doigt et j'eus envie de lui recracher dessus. Mais je n'avais plus assez de force pour supporter une nouvelle vague de fureur de sa part. Elle m'adressa un sourire mauvais et s'apprêta à me punir.
« Je voudrais que tu cesses de prononcer de telles idioties, et pour me l'assurer je vais faire en sorte que tu ne le puisses plus. »
Amenant le cigare à ses propres lèvres, elle inspira, toussa puis le jeta à terre. Elle se dirigea alors vers sa cachette à instruments de torture et en ressortit un nécessaire à couture.
« Je ne voudrais pas perdre notre si précieux temps à chercher la précédente aiguille, nous avons tant à faire encore ! »
Elle passa un fil noir dans le trou de la nouvelle aiguille, y fit un nœud et satisfaite, s'approcha de moi.
« Dommage, de si belles lèvres… Elles finiront par guérir ne t'en fait pas. »
Elle planta la pointe dans ma lèvre inférieure et je voulus crier mais ses doigts pinçant ma bouche m'en empêchèrent et je pleurai de désespoir. Ce n'en serait jamais fini ! Elle fit réapparaître le bout de métal dans ma lèvre supérieure tandis qu'une larme échouait sur ma bouche, se mêlant à mon sang qui perlait. Elle me gifla alors durement en me réprimandant :
« Un peu de tenue traîtresse ! Quelle honte tu fais à notre famille ! »
Sa répliqua piqua mon attention et je relevais la tête plongeant mes yeux métalliques dans les siens, sombres comme la nuit. Et alors qu'elle allait continuer sa couture sur mes lèvres, elle les écarquilla soudainement, ils devinrent vitreux et elle s'écroula sur le sol dur de la cave, l'écho de son rire flottant encore dans l'air. Sa chute provoqua en moi une montée d'adrénaline due à l'espoir qui revenait. On était venu me sauver !
Dans la pénombre environnante, je ne pus distinguer que l'éclat blond d'une chevelure et mon cœur se remit à battre fort. Lucius Malefoy, il ne pouvait s'agir que de lui. L'ombre d'une deuxième silhouette apparut et mon sang ne fit qu'un tour. Le maître de maison avait dû se rendre compte de ma présence, s'était mit en colère contre sa belle-sœur qui avait gardé ça secret et il allait charger un de ses sous-fiffres de me torturer, pour cette fois récolter des informations sur l'Ordre tout en gardant les mains propres.
Le bourdonnement dans mes oreilles m'empêchaient de comprendre distinctement ce qu'ils disaient mais la voix appartenant à l'individu blond était celle d'une femme. Je m'étais trompée !
« Dépêchez-vous, Lucius pourrait se réveiller d'une minute à l'autre. Il sent quand je ne suis pas à ses côtés. Prends-la et allez-vous en. »
La seconde silhouette s'approcha alors de moi et l'instant suivant je me retrouvais dans ses bras, libérée des chaînes. M'aggrippant à lui comme à une ancre, j'enfouis mon visage dans entre mes avant-bras, trop sonnée pour pleurer. Son odeur emplit mes narines et je relevais le visage pour faire face à mon sauveur. Je croisai le regard gris de Hypérion et tentai de poser ma main sur sa joue.
« Nous n'avons pas de temps à perdre. » déclara-t-il implacable, suspendant mon geste dans le vide.
Il fit demi-tour, posa un pied sur la première marche de l'escalier puis se retourna vers la femme qui l'avait aidé.
« Merci ma Tante. Je n'oublierai jamais. »
Elle inclina la tête vers le sol élégamment, les mains croisées sur sa longue jupe sombre.
« Merci de veiller sur Drago. »
Hypérion gravit enfin les marches et ouvrit la porte en la poussant de son épaule. Le couloir n'était pas beaucoup plus éclairé que la cave, mais au moins quelques jais des premiers rayons du jour perçaient d'entre les lourds rideaux du corridor. Tremblante contre le torse de Hypérion, je me balançais au rythme de ses pas quand tout d'un coup il se figea et mon corps cogna le sien. Je tournais la tête en suivant l'objet de son regard et je fus frappée d'horreur. Devant nous se tenait le véritable Lucius Malefoy. Il avait beau être habillé d'un simple peignoir de soie noire, il n'en perdait pas pour autant son apparence effrayante. La froideur de ses yeux suffisaient amplement à me glacer.
« Mon Oncle…tenta Hypérion. »
Mais celui-ci balaya ses paroles d'un geste sec de la main. Il nous regarda sans rien dire pendant quelques minutes puis demanda seulement :
« Bellatrix ? »
Je ne vis pas le garçon qui me tenait répondre mais le Mangemort pinça les lèvres et se contenta de dire :
« Que les choses soient bien claires, je ne suis au courant de rien de ce qui s'est passé ce soir. »
Alors que je méfaisais la réflexion que le patriarche Malefoy représentait parfaitement la lâcheté des Serpentard, le bruit satiné des pas légers de sa femme s'éleva comme un murmure et le regard de Lucius changea de destinataire.
« Narcissa, s'étonna-t-il. Etes-vous folle ? Et si votre sœur ou le Maître venaient à l'apprendre ?
- Personne n'apprendra rien, mon cher, car je lui ai lancé un sort d'Oubliettes et je compte sur vous pour ne rien ébruiter.
- C'est une trahison ! »
Il ne criait pas, comme s'il craignait qu'on l'entende, mais son intonation dévoilait clairement sa désapprobation. Pourtant, il ne bougeait pas. Sa baguette était toujours soigneusement rangée dans une de ses poches et il ne semblait pas vouloir la dégainer.
Sa femme ne disait plus rien non plus, se contentant de la dévisager. L'homme nous porta de nouveau son attention et lâcha rapidement :
« Disparaissez. »
Hypérion ne s'attarda pas sur les remerciements et se dépêcha de suivre l'odre du maître du Manoir. Le froid de l'extérieur m'enveloppa soudainement mais avant que je ne puisse frissonner, la cape de Hypérion me recouvrait entièrement.
Son regard s'attarda sur mes mains ensanglantées qui serraient fermement la source de chaleur et de la pitié apparut dans ses yeux. Je ne voulais pas qu'il éprouve de la compassion pour moi, comme si j'étais une pauvre petite chose. Ma fierté m'interdisait d'accepter une telle chose. Mais je devais la faire taire car la terreur, la souffrance et l'anéantissement que je venais de connaître résonnaient encore bien trop en moi pour que je puisse laisser mon égo surdimensionné en faire à sa tête.
Sous la cape, mes doigts meutris attrapèrent mon collier en forme d'attrape-rêve et je souhaitai que bientôt le cauchemar que je ne venais de vivre ne soit plus qu'un mauvais souvenir.
J'étais à peine consciente quand il nous fit transplaner et toqua à une porte. Mes yeux à peine ouverts ne me permirent pas de la reconnaître.
« Quel était le surnom de James Potter ? » interrogea une voix autoritaire quelques secondes plus tard.
La probabilité que Hypérion connaisse la réponse était si faible que je la lui murmurai difficilement, gênée par le fil qui liait le coin gauche de mes lèvres.
« Cornedrue. » répéta-t-il à la voix masculine derrière la porte.
Celle-ci s'ouvrit et nous entrâmes dans la maison quand soudain l'homme nous plaqua au mur et pointa sa baguette sur nous. Sa main entourait violemment le cou de celui que j'aimais et il lui cracha à la figure :
« Qui êtes-vous ? »
Cette nouvelle vague d'effroi acheva presque de me faire perdre conscience complètement mais je devais faire face pour Hypérion, lui qui avait prit tant de risques en me sauvant des griffes de Bellatrix Lestrange.
« Vous ne me connaissez pas, reconnut le blond. Mais elle si. »
